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Ministère

Définitions du mot « ministère »

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MINISTÈRE, subst. masc.

A. − Fonction, office.
1. Vieilli. Charge que l'on a mission d'exercer. Exercer son ministère; ministère du médecin. Apportez une écritoire, afin que M. le Tabellion puisse entamer son ministère (Borel,Champavert, 1833, p.134).Louis XIV s'est montré roi jusqu'à la fin, avec la conscience et le respect de son rôle qui n'était pas un rôle pour lui, mais qui était un ministère (Sainte-Beuve,Nouv. lundis, t.1, 1862, p.359):
1. ...«Que celui qui veut être le plus grand entre les hommes ne soit que leur serviteur». Mot sublime devenu usuel dans les langues chrétiennes, où il a été appliqué au ministère politique comme au ministère religieux, puisque les fonctions les plus élevées s'y nomment un service, et que juger et combattre s'appellent servir. Bonald,Législ. primit., t.1, 1802, p.80.
RELIG. Ensemble des fonctions du prêtre ainsi que des services et activités attachés à sa fonction. Synon. sacerdoce.Saint ministère; ministère pastoral; ministère des autels. Il restait à me confier un pouvoir, le plus bienfaisant peut-être du ministère sacerdotal: celui d'effacer les péchés (Billy,Introïbo, 1939, p.154).V. ex. 7:
2. Je suis un ministre de paix, de réconciliation. Le ministère évangélique, la rédemption de Jésus-Christ n'ont d'autre but que d'apporter la paix à la terre. La paix avec Dieu, la paix entre eux, la paix avec eux-mêmes. Tout doit tendre à procurer cette divine paix. Dupanloup,Journal, 1876, p.103.
Absol. Courez, je vous prie, chercher notre saint directeur, et dites-lui qu'une mourante réclame son ministère (Dumas père, Don Juan, 1836, v, 1, p.91).Vite, vite, mon Révérend Père (...); c'est un malade désespéré qui réclame votre saint ministère! (Maupass.,Contes et nouv., t.2, Oncle Sosthène, 1882, p.24).V. attribut ex. 10:
3. Résignez-vous, mon ami, dit l'abbé Horteur, qui de son côté songeait à remplir son ministère consolateur. Chacun doit porter sa croix... Nous sommes tous dans la main de Dieu... Zola,Joie de vivre, 1884, p.971.
Ministère paroissial. Fonctions du prêtre ayant la charge d'une paroisse. D'autres [prêtres] aussi entrés au ministère paroissial où ils s'usent vite (Malègue,Augustin, t.2, 1933, p.264):
4. − Le ministère paroissial, reprit l'abbé du même ton, est une charge au-dessus de mes forces (...). Le dernier paysan du canton rougirait d'un curé tel que moi, sans expérience, sans lumières, sans véritable dignité. Bernanos,Soleil Satan, 1926, p.127.
Ministère de la parole. Synon. prédication.Si, revêtus du ministère de la parole sacrée, vous veniez annoncer aux hommes les vérités de la morale, on ne vous verrait point, sans doute, timides censeurs, faciles moralistes, composer avec la corruption (Courier,Pamphlets pol., Procès, 1821, p.105).À leurs directeurs religieux appartient la tâche magnifique de les fortifier dans la foi (...), d'entretenir en eux, par le ministère de la parole et par les sacrements, la vie de la Grâce (Mauriac,Bâillon dén., 1945, p.460):
5. Vous l'avouerai-je, messieurs, c'est la première fois depuis que je suis chargé du ministère de la parole divine (...) que j'aborde cette question de l'existence de Dieu... Lacordaire,Conf. de N.-D., 1848, p.21.
2. Vieilli ou littér. Intervention, entremise, intermédiaire de quelqu'un, de quelque chose dans un emploi, une fonction, un service. Par ministère d'huissier. [Le condamné privé de ses droits civils] ne peut procéder en justice, ni en défendant, ni en demandant, que sous le nom et par le ministère d'un curateur spécial, qui lui est nommé par le tribunal où l'action est portée (Code civil, 1804, art.25, p.7).La plantation de la tête sur les épaules par l'intermédiaire, par le ministère de la nuque (Péguy,V.-M., comte Hugo, 1910, p.672):
6. ... Dieu ne forme point pour chaque événement une volonté particulière, ce qui est une évidence de sens commun; car il n'y a en Dieu qu'un acte unique et infiniment simple de volonté qui est son être même, et par cet acte simple, il atteint immédiatement toutes choses, aussi bien celles qui arrivent naturellement et par le ministère des causes secondes, que celles qui arrivent miraculeusement. Massis,Jugements, 1923, p.79.
3. Ministère Public
a) HIST. Corps des officiers inamovibles chargés de la défense des intérêts fiscaux du roi, du maintien de l'ordre public et de la poursuite d'office des délits et de leur répression, placés sous les ordres du chancelier, près des cours souveraines, des bailliages et des sénéchaussées (d'apr. Lep. 1948, s.v. gens du roi). [Les évêques] appelés par leurs souverains au ministère public, et revêtus des premières dignités de l'Église, (...) y déployèrent des talens qui firent l'admiration de l'Europe (Chateaubr.,Génie, t.2, 1803, p.374):
7. La seconde partie traite de l'état ancien du Ministère [it. ds le texte] Public en France; et par cette expression à la fois religieuse et politique, j'entends, pour la société politique, le corps de la magistrature civile et militaire, vrai ministère [it. ds le texte] ou service de l'État, au même sens qu'on appelle l'ordre du sacerdoce le ministère de la religion. Bonald,Législ. primit., t.1, 1802, p.3.
b) Mod. Corps de magistrats hiérarchisés et amovibles, constituant le Parquet indépendant des magistrats du siège, établi près des Cours et tribunaux de l'ordre administratif et judiciaire, et ayant pour fonction de représenter et défendre les intérêts généraux de la société, et de veiller à l'application de la loi. Les officiers chargés du ministère public pourront se pourvoir immédiatement devant la cour de cassation, pour demander le renvoi pour cause de suspicion légitime (Code instr. crim., 1808, art.544, p.787).Art.4. − Le ministère public près de la haute cour de justice comprend un procureur général et deux avocats généraux (De Gaulle,Mém. guerre, 1959, p.409):
8. Les membres du Ministère Public, autrefois installés avec les «gens du roi», sur le parquet de l'auditoire et se levant pour prendre la parole, forment la «magistrature debout» composée du procureur général et des avocats généraux près la Cour de cassation, des procureurs généraux et des avocats généraux et substituts près les cours d'appel, des procureurs de la République et substituts près les tribunaux de grande instance. Belorgey,Gouvern. et admin. Fr., 1967, p.44.
B. − Charge, fonction de ministre (v. ce mot B); gouvernement d'un ministre.
1. HIST. [Sous la monarchie absolue] Gouvernement de l'État, direction des affaires publiques par un ministre unique. Le parlement de Paris, dans ses remontrances sur le ministère de Mazarin, rappela les promesses de Henri IV (Staël,Consid. Révol. fr., t.1, 1817, p.113):
9. Vers 1770, après les jours glorieux de Louis XIV, les roueries de la Régence et la longue tranquillité du ministère du cardinal de Fleury, les étrangers n'avaient encore à Paris que bien peu de ressources sous le rapport de la bonne chère. Brillat-Sav.,Physiol. goût, 1825, p.283.
2. Moderne
a) Fonction d'un ministre chargé d'un département de l'administration centrale (synon. portefeuille); ce département lui-même. Dans la cour, une auto du ministère attendait (Martin du G.,Thib., Été 14, 1936, p.424):
10. L'institution est ainsi organisée, qu'un ministère pourrait marcher sans ministre. Cela s'est vu plus d'une fois. Il est aisé de se rendre compte de ce phénomène. Tout est immuable dans un ministère, excepté le ministre. Le concierge salue légèrement celui qui part, profondément celui qui arrive: il n'y a rien de changé dans l'hôtel, si ce n'est un visage. Reybaud,J. Paturot, 1842, p.374.
SYNT. Ministère des Affaires Étrangères, de l'Éducation nationale, de la Guerre; budget du ministère; direction, services du ministère; quitter le ministère.
b) Ensemble des locaux qui abritent les services du ministère. Employés du ministère; bureaux du ministère. Je fis répondre que, devant aller (...) à Paris (...) pour y voir M.Briand, (...) je me rendrais moi-même au ministère à l'heure qu'il avait indiquée (Reybaud,J. Paturot, 1842, p.429).Antoine quitta le ministère, si las, si fièvreux, si bouleversé, qu'il décida (...) de se reposer un instant chez lui (Martin du G.,Thib., Été 14, 1936, p.476):
11. ... les girandoles et les étendards des galères pendus dans la cour du ministère de la Marine, immobiles par cette nuit sans air. Malraux,Espoir, 1937, p.471.
c) Temps durant lequel un ministre a exercé ses fonctions. Long ministère. Mais ni l'un ni l'autre [M. Joly de Fleury et M. d'Ormesson] n'avaient la moindre idée de la manutention des finances, et l'on peut regarder leur ministère comme un temps d'anarchie à cet égard (Staël,Consid. Révol. fr., t.1, 1817, p.89).[L'Allemagne] eut ses crises (...) qu'une action franco-anglaise aurait pu exploiter si M. Delcassé, dans son long ministère, avait pu s'assurer les forces matérielles capables de donner un corps au platonisme de sa diplomatie (Maurras,Kiel et Tanger, 1914, p.218):
12. Avec son successeur [Gallieni], mes relations, pendant son court ministère, furent cordiales en dépit des inévitables divergences (...) qui s'élevèrent parfois entre nous. Joffre,Mém., t.2, 1931, p.386.
d) Ensemble des ministres constituant le gouvernement. Changement de ministère; chute du ministère; former le ministère. Je reçus aussi la visite du colonel Ware, dont la femme avait sa soeur mariée à un des membres du ministère actuel (Las Cases,Mémor. Ste-Hélène, t.2, 1823, p.506).Lorsque M. de Villèle fut renversé, on me consulta sur la nomination d'un autre ministère (Chateaubr.,Mém., t.3, 1848, p.302):
13. Le Cabinet était depuis quelques mois violemment attaqué; on prévoyait sa chute pour l'une des prochaines séances. Mais l'on prévoyait aussi que le président du Conseil resterait le même, et qu'il se bornerait à remanier son ministère. Arland,Ordre, 1929, p.271.
SYNT. Constituer, renverser le ministère; ancien, nouveau ministère; ministère actuel; ministère anglais; le ministère tombe.
Ministère + nom propre.Gouvernement désigné par le nom du premier ministre ou président du conseil qui l'a dirigé; durée de celui-ci. Ministère Clemenceau; second ministère Mendès-France. Le 31 octobre 1915, quand le ministère Briand se fut constitué sans lui (...), il vint déjeuner à mon grand quartier général de Chantilly (Joffre,Mém., t.2, 1931, p.141).
REM.
Ministériat, subst. masc.a) Hist. Fonction de ministre; durée pendant laquelle s'exerce cette fonction. Synon. ministère (supra B 2 a et c). (Ds Littré, Guérin 1892, Lexis 1975).b) Sous l'Ancien Régime, à certaines époques, prépondérance de fait prise par un membre du Conseil du Roi, qui, en accord avec le roi, dirigeait la politique générale ainsi que les affaires de l'État en coordonnant les différentes activités des différents ministères. Depuis trente années et même plus, car l'origine remonte à Concini, le régime de la France avait été celui du «ministériat», le gouvernement au nom du roi, par un ministre (Bainville,Hist. Fr., t.1, 1924, p.224).
Prononc. et Orth.: [ministε:ʀ]. Ac. 1694 et 1718: -stere; 1740: -stére; dep. 1762: -stère. Étymol. et Hist. 1. Ca 1200 ministere «charge que l'on doit remplir» (Dialogue Grégoire, éd. W. Foerster, 145, 20); spéc. 1545 «concours, entremise de quelqu'un» (Calvin, Institution chrétienne, livre IV, chap.3, no3, éd. J.-D. Benoit, p.57); 2.1536 «fonctions de ministre protestant» (Calv., Op. IX, col. 6, Confession de la Foy d'apr. W. Richard ds Romanica Helvetica t.57, p.120); 1541 ministère de la Parolle «prédication» (Calvin, op. cit., no13, p.66); 1545 «sacerdoce, fonction de prêtre» (Id., ibid., VI, 3, no16, p.70); 3. 1762 ministère public «fonctions réservées aux Avocats et Procureurs généraux» (Ac.); 4. av. 1679 pol. «ensemble des ministres, cabinet» (Retz, Mém., éd. A. Feillet, t.1, p.201); 1686 «fonctions d'un ministre, durée de ces fonctions» (Boss., Le Tellier ds Littré); 1690 (Fur.: Ministere, se dit aussi du gouvernement de l'Estat sous l'autorité souveraine); 1834 (Land.: Ministère, Employés, hôtel, bureaux d'un ministre). Empr. au lat. ministerium «fonction de serviteur, service», «serviteur», «office, aide, assistance», au plur. désigne «les différents services ou départements établis auprès des empereurs», également att. en lat. chrét. «service de Dieu» (av. 430 ds Blaise Lat. chrét.), «fonction de diacre» (av. 258, ibid.) et en lat. médiév. «ministère pastoral» (855 ds Nierm.), dér. de minister, v.ministre. Fréq. abs. littér.: 3316. Fréq. rel. littér.: xixes.: a)6787, b) 3508; xxes.: a) 5159, b) 3326. Bbg. Quem. DDL t.18 (s.v. ministériat). _ Richard (W.) 1959, p.117, 119. - Vardar Soc. pol. 1973 [1970], p.267.

Wiktionnaire

Nom commun

ministère \mi.nis.tɛʁ\ masculin

  1. Emploi ou charge qu’on exerce.
    • Ces sortes d'affaires s'instruisent sans huissiers ni défenseurs. Le ministère de ceux-ci est déclaré n'être pas obligatoire, et le surcroît de frais qu'il eût occasionné être irrépétible. — (Revue pratique de droit français: jurisprudence, doctrine, législation, dirigée par A. Marescq & E. Dujardin, tome 28, 1880, p. 208)
    • Satisfaire aux obligations, remplir les devoirs de son ministère.
  2. (En particulier) (Droit) Fonction d’un huissier.
    • Opérer une saisie par ministère d’huissier.
  3. (En particulier) (Religion) Sacerdoce, fonctions d’un prêtre.
    • Je fus un instant sur le point de céder, et de me servir de son ministère, non point pour lui dire ce qu'il attendait sans doute, un grand secret, mais afin de m'éprouver moi-même, et de savoir ce que ces secours religieux produiraient sur mon esprit. — (Barthélémy Saint-Hilaire, Louvel, dans la Revue des deux mondes, V.6, 1832, p.288)
  4. Entremise de quelqu’un dans une affaire, le service qu’on rend à une autre personne dans quelque emploi, dans quelque fonction.
    • Il nous a offert, il nous a prêté son ministère. — Vous pouvez compter sur son ministère.
  5. (En particulier) Fonction des ministres chargés du soin des affaires publiques et dont l’ensemble constitue le gouvernement.
  6. (Spécialement) Le département qu’ils administrent.
    • La première escarmouche se produit avec la discussion relative aux crédits nécessités par la création de deux ministères nouveaux : celui des Postes et Télégraphes et celui des Beaux-Arts. — (Alexandre Zévaès, Histoire de la Troisième République 1870 à 1926, Éditions Georges-Anquetil, 1926, p.209)
  7. Temps pendant lequel la personne dont on parle a été ministre.
    • Il s’est fait de grandes choses pendant son ministère.
  8. (Par extension) Ensemble des bureaux placés sous la direction d’un ministre et aussi le bâtiment où se trouvent ces services et la résidence du ministre.
    • Les bureaux d’un ministère.
    • Aller au ministère.
    • Il passa devant le ministère de la Guerre.
  9. (Collectivement) (Vieilli) (Politique) Ensemble des ministres ; gouvernement.
    • Le ministère était opposé à cette proposition.
    • Entrer dans le ministère. — La chute du ministère. — Former, remanier un ministère.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MINISTÈRE. n. m.
L'emploi, la charge qu'on exerce. Satisfaire aux obligations, remplir les devoirs de son ministère. Cela n'est pas de mon ministère. Se bien acquitter de son ministère. Le ministère des autels, le saint ministère, Le sacerdoce, les fonctions de prêtre. Se vouer au ministère des autels. On dit, dans le même sens, Se consacrer au ministère paroissial, Aux fonctions de prêtre d'une paroisse. Faire une assignation, opérer une saisie par ministère d'huissier, Se servir, pour une assignation, une saisie, de l'officier ministériel appelé Huissier. En termes de Palais, Ministère public, Magistrature établie près de chaque tribunal pour y veiller au maintien de l'ordre public et y requérir l'application des lois. La poursuite des crimes est réservée au ministère public. Le ministère public a soutenu l'accusation.

MINISTÈRE désigne aussi l'Entremise de quelqu'un dans une affaire, le service qu'on rend à une autre personne dans quelque emploi, dans quelque fonction. Il nous a offert, il nous a prêté son ministère. Vous pouvez compter sur son ministère.

MINISTÈRE signifie particulièrement Fonction des ministres chargés du soin des affaires publiques et dont l'ensemble constitue le gouvernement. Il désigne spécialement le Département qu'ils administrent. Le Ministère de la Justice, des Affaires étrangères, des Finances, de l'Intérieur, de la Guerre, de la Marine. Il signifie aussi Temps pendant lequel la personne dont on parle a été ministre. Il s'est fait de grandes choses pendant son ministère. Il désigne, par extension, les Bureaux placés sous la direction d'un ministre et aussi le Bâtiment où se trouvent ces services et la résidence du ministre. Les bureaux d'un Ministère. Aller au Ministère. Il passa devant le Ministère de la Guerre. Il se dit, collectivement, de l'Ensemble des ministres. Le ministère était opposé à cette proposition. Entrer dans le ministère. La chute du ministère. Former, remanier un ministère.

Littré (1872-1877)

MINISTÈRE (mi-ni-stè-r') s. m.
  • 1Service manuel, métier. Deux enfants à l'autel prêtaient leur ministère, Racine, Athal. II, 5. Il était d'une fort basse naissance, originaire de Tarente, où il avait exercé les plus vils ministères, et d'où il avait été chassé pour avoir voulu livrer sa ville aux Romains, Rollin, Hist. anc. Œuvres, t. VIII, p. 234, dans POUGENS.
  • 2Fonction, office. Un magistrat qui n'a rien ignoré ni rien négligé dans son ministère, Fléchier, Lamoignon. Le ministre [Richelieu] s'appliquait aux affaires d'État, et lui laissait [à Mme d'Aiguillon] le ministère de ses libéralités et de ses aumônes, Fléchier, Aiguillon. Il prie, il exhorte, il catéchise, il se partage et fait lui seul tous les ministères de l'Église, Fléchier, Panég. III, 365. Ce n'est pas, messieurs, que je veuille blâmer ici ces ministères honorables où la Providence de Dieu l'avait élevé, qui sont les fruits de la réputation et du mérite, Fléchier, le Tellier. N'ai-je en vue que ces ministères laborieux dans l'héritage de Jésus-Christ ? Massillon, Confér. Vocation, 1. Leur désintéressement [d'avocats] et le vôtre sont dignes de l'illustre profession dont le ministère est de défendre l'innocence opprimée, Voltaire, Polit. et législ. Lett. à M. Élie de Beaumont. Le consul m'a chargé d'un autre ministère, Saurin, Spartacus, III, 4.

    Le ministère de la parole, de l'éloquence, etc. les fonctions qui exigent le talent de l'orateur, etc. La prière et le ministère de la parole, c'était l'unique occupation des pasteurs, Massillon, Confér. Excell. du sacerd.

  • 3Le ministère des autels, le saint ministère, ou, absolument, le ministère, le sacerdoce. Ils [les lévites] seront employés dans le ministère, et ils camperont autour du tabernacle, Sacy, Bible, Nomb. I, 50. La Providence, qui m'a honoré du saint ministère où je m'emploie par ses ordres, Bourdaloue, Exhort. sur l'observ. des règles, t. I, p. 221. Il n'est que trop à craindre que cette sainteté ne soit que dans le ministère, sans être dans les ministres, Bourdaloue, 5e dim. après la Pentecôte, Dominic. t. II, p. 480. Voyant, au travers des défauts de l'humeur et de l'esprit de ceux que Dieu souffrait dans ses ministères, l'honneur de leur vocation et la dignité de leur sacerdoce, Fléchier, Dauphine.

    Le ministère quotidien, se disait, dans l'ancienne Église, de la patène avec le calice.

  • 4Le ministère de la justice, les fonctions de magistrat. Il [un magistrat ambitieux] change en une souplesse de cour le rigide et inexorable ministère de la justice, Bossuet, le Tellier.

    Ministère public, magistrature établie près de chaque tribunal pour y veiller au maintien de l'ordre public, et y requérir l'exécution et l'application des lois.

  • 5Entremise de quelqu'un dans une affaire. Je vous offre en cela mon ministère. Vous ne me refuserez pas votre ministère pour telle chose. Voyez-vous bien quel est le ministère infâme Qu'ose exiger de nous la haine d'une femme ? Corneille, Rodog. II, 4. Il veut frapper le coup sans notre ministère, Corneille, Héracl. III, 3. Il [saint Grégoire] apprenait [par ses lettres] à saint Augustin [l'apôtre de l'Angleterre] à trembler parmi les miracles continuels que Dieu faisait par son ministère, Bossuet, Hist. I, 11. C'est peu que, le front ceint d'une mitre étrangère, Ce lévite à Baal prête son ministère, Racine, Ath. I, 1. Les rois ne doivent régner qu'afin que les lois règnent par leur ministère, Fénelon, Tél. VIII. Je n'ai point refusé ce ministère affreux…, Voltaire, Alz. V, 5. De tout Cythère Sois le courtier ; On payera bien ton ministère, Béranger, Ami Robin.
  • 6La fonction d'un ministre ayant un département. Ci-gît le fameux Chamillard, De son roi le protonotaire ; Il fut un héros au billard, Un zéro dans le ministère, Épitaphe de Chamillard. Les hommes du monde ont souvent écrit sur la religion dans la retraite, au déclin de leur vie… mais il est bien rare que, dans cet intervalle de deux ministères, au milieu de toutes les vicissitudes d'une pareille attente, un homme d'État [Necker] se soit voué à un travail sans rapport immédiat avec l'administration, Staël, Lett. sur les écrits et le caract. de J. J. Rousseau, Lett. 3.

    Le département d'un ministre. Le ministère des finances, des affaires étrangères.

    Le temps pendant lequel la personne dont on parle a été ministre. Le grand cardinal de Richelieu achevait son glorieux ministère, et finissait tout ensemble une vie pleine de merveilles, Bossuet, le Tellier.

    Le lieu où sont établis les bureaux d'un ministère. Aller au ministère des finances, de la guerre.

    Collectivement, le corps des ministres ayant département. D'lberville, gentilhomme canadien, qui avait fait à la baie d'Hudson, en Acadie, et à Terre-Neuve des coups de maître très hardis et non moins heureux, réveille en 1697 l'attention du ministère, Raynal, Hist. phil. XVI, 3.

HISTORIQUE

XVIe s. Il est defendu au concile de Calcedoine de recevoir un homme au ministere absolument, c'est à dire sans lui assigner un lieu auquel il exerce son office, Calvin, Instit. 871. La verité de Dieu est conservée en l'Eglise par le ministere de la predication, Calvin, ib. 930.

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Étymologie de « ministère »

Du latin ministerium.
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Provenç. ministeri ; espagn. et ital. ministerio ; du lat. ministerium, de minister, ministre. Ministerium avait donné, dans l'ancienne langue, mestier (voy. MÉTIER).

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Phonétique du mot « ministère »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
ministère mɛ̃istɛr

Citations contenant le mot « ministère »

  • Ce n'est pas avec la philosophie qu'on soutient les ministères. Anatole François Thibault, dit Anatole France, La Vie littéraire, Calmann-Lévy
  • Un ministère qu'on soutient est un ministère qui tombe. Charles Maurice de Talleyrand-Périgord,
  • Le ministère des Finances devrait s'appeler ministère de la Misère puisque le ministère de la Guerre ne s'appelle pas ministère de la Paix. De Jacques Prévert / Histoires
  • Le ministère de la Culture doit être aussi le ministère de l’Economie de la culture. De Jean-Jacques Aillagon / Le Film français - 16 Mai 2003
  • Les chaînes de l'humanité torturée sont en papiers de ministères. De Franz Kafka
  • La politique, c'est avant tout le ministère de la parole. De Noël Mamère / Ma république
  • Un escalier de ministère est un endroit où des gens qui arrivent en retard croisent des gens qui partent en avance. De Georges Clemenceau
  • La prière du professeur de ZEP : "Donne-moi aujourd'hui le courage d'y aller. Pardonne à ceux qui vont m'offenser comme je pardonnerai au ministère qui m'a laissée tomber." De Anne Roumanoff
  • Grâce aux incessants changements d'intitulé des ministères, un remaniement gouvernemental qui attriste souvent quelques politiciens fait toujours le bonheur des imprimeurs. De Philippe Bouvard / Mille et une pensées
  • Grève des enseignants : 30 % des profs absents selon le ministère, 60 % selon les syndicats et 100 % selon ce que les élèves ont dit aux parents ! De Laurent Ruquier / Il faut savoir changer de certitudes
  • Si le ministère de la Culture a une responsabilité à l’égard de la beauté, ce n’est certainement pas pour la normaliser, la rendre acceptable, la contraindre, mais au contraire pour permettre qu’elle soit vivante, diverse, vibrante voire insolente. De Catherine Trautmann / Conférence de presse “La Beauté” - 1 Mars 2000
  • INTERVIEW - Pour le grand spécialiste maritime Christian Buchet, le nouveau ministère de la Mer peut permettre d'immenses avancées concrètes pour les Français, et réconcilier économie et écologie. Le Figaro.fr, Le ministère de la Mer, joyau stratégique du gouvernement Castex ?
  • Justice : on ne se bouscule pas au ministère Libération.fr, Gérald Darmanin doit quitter le ministère de l'Intérieur - Libération
  • Suivre le ministère sur les réseaux sociaux France Diplomatie - Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, Communiqué du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères – OSCE (20.07.20) - Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
  • Elle s'est illustrée pendant les trois premières années du quinquennat à la tête du secrétariat d'État chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes. Là voilà qui change de ministère et de grade : Marlène Schiappa a été nommée ministre déléguée à la Citoyenneté au ministère de l'Intérieur.  RTL.fr, Marlène Schiappa : à quoi va ressembler son ministère délégué à la Citoyenneté ?
  • Selon les informations de France Inter, le ministère de la mer est chargé en partie de la pêche, des aires marines protégées, mais aussi des ressources minières de l’océan. La ministre Annick Girardin devra trouver un équilibre entre écologie et économie. France Bleu, Un ministère de la mer, pour quoi faire ?
  • Avec le remaniement, un nouveau portefeuille est apparu, celui de la mer. Annick Girardin, qui s'occupait jusque-là du ministère des Outres-Mer se consacrera désormais essentiellement aux questions maritimes. Pourquoi et quelles seront ses prérogatives, rien n'est certain pour le moment. Les Echos, Le grand retour du ministère de la mer | Les Echos
  • Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a annoncé jeudi pour 2021 des augmentations d'effectifs pour la justice, la police et la santé, et des réductions dans d'autres ministères, soit au total des effectifs de l'Etat devant rester "stables". La Tribune, Le gouvernement veut réduire le nombre d'emplois publics
  • Or, depuis des années, le rapport de force entre le ministère de la Culture et le secteur culturel vise précisément à limiter voire abolir les contraintes du marché pesant sur ce secteur : ne se concevant pas comme tributaires d'une économie (ou d'un marché), les acteurs culturels ont demandé à l'Etat de les en immuniser. Protestant de son exception, clamant sa soustraction aux basses nécessités de l'intendance, obtenant enfin toutes les garanties pour prendre des risques artistiques (réels) bien souvent exempts de risque économique, le secteur culturel s'est constitué en contre-économie. La tension permanente entretenue avec les nombreux ministres de la Culture successifs a eu pour conséquence de dissoudre la raison d'être du ministère dans une sorte de clientélisme tacite dont tout le monde semblait s'accommoder, les ministres eux-mêmes y trouvant bien leur compte politiquement.   LExpress.fr, Sylvain Fort : Le ministère de la Culture, un "tiroir-caisse" à l'influence amoindrie - L'Express

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Traductions du mot « ministère »

Langue Traduction
Anglais ministry
Espagnol ministerio
Italien ministero
Allemand ministerium
Chinois
Arabe الوزارة
Portugais ministério
Russe министерство
Japonais
Basque ministerio
Corse ministeru
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Synonymes de « ministère »

Source : synonymes de ministère sur lebonsynonyme.fr

Ministère

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