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Maire

Sommaire

  • Définitions du mot maire
  • Étymologie de « maire »
  • Phonétique de « maire »
  • Citations contenant le mot « maire »
  • Images d'illustration du mot « maire »
  • Traductions du mot « maire »
  • Synonymes de « maire »

Définitions du mot « maire »

Trésor de la Langue Française informatisé

MAIRE, subst. masc.

A. − HIST. Maire du palais. Premier intendant de la maison du roi qui, sous les Mérovingiens, prit progressivement en main l'administration des affaires de l'État. Un monarque peut remettre à un seul la conduite des affaires, et lui confier toute son autorité, comme faisaient autrefois nos rois aux maires du palais (Marat,Pamphlets,Suppl. Offrande à la Patrie, 1789, p. 44):
1. Le changement de dynastie se fit sans secousses (752) (...). Le dernier Mérovingien avait disparu, l'opinion publique approuvait (...). La substitution fut si naturelle qu'elle passa presque inaperçue. Le maire du palais était devenu roi. Bainville,Hist. Fr.,t. 1, 1924, p. 33.
B. −
1. HIST. Premier officier qui autrefois dans les villes de communes dirigeait le corps municipal. Débarqué le 25 février 1232, Jean fut reçu comme un libérateur à Saint-Jean d'Acre et proclamé maire de la commune qui s'y était constituée (Grousset,Croisades,1939, p. 341):
2. ... le duc Philippe (...) fit son entrée à Dijon le 19 février; il y jura d'entretenir et de confirmer, à l'exemple de ses prédécesseurs, les privilèges de la ville, et reçut les sermens des maires et échevins, ainsi que ceux des députés des autres villes du duché. Barante,Hist. ducs Bourg.,t. 4, 1821-24, p. 358.
2. Premier magistrat de la commune, élu par le conseil municipal parmi ses membres pour exécuter les décisions du conseil, représenter la commune et exécuter sous l'autorité du préfet des fonctions d'agent du pouvoir central. Maire de campagne, du pays, du village; élection du maire; s'adresser au maire; adjoint au maire; maire de Londres (v. lord-maire). Puisque tu as de l'ambition, deviens maire de ta commune et marguillier de ta paroisse (Sandeau,Sacs, 1851, p. 2).Le sous-préfet arriva dans sa voiture qui stationna quelques maisons plus loin, le maire et l'adjoint étaient là également, tout ce qui comptait dans la ville (Simenon,Vac. Maigret,1948, p. 101).V. aussi adjoint ex. 10 et 11:
3. ... malgré la répugnance qu'il inspirait, on ne pouvait s'empêcher de rire toujours en sa compagnie. Toutes les portes s'ouvrirent pour lui. Il est maire de sa commune aujourd'hui. Maupass.,Contes et nouv.,t. 2, Orphelin, 1883, p. 843.
En appos. Député-maire (v. député rem. 2), sénateur-maire (v. sénateur).
En partic. Officier municipal qui, à Paris, avant les élections municipales de 1979, était nommé par décret et qui dans chaque arrondissement était chargé d'accomplir les fonctions d'agent du pouvoir central. Le maire du dixième arrondissement, sanglé de son écharpe, se promenait dans une grande salle nue (About,Nez notaire,1862, p. 202).
Rem. En 1979, la ville de Paris a eu un maire élu comme les autres villes par le conseil municipal; depuis 1982, les villes de Paris, Lyon et Marseille ont des maires d'arrondissement élus par leurs conseils municipaux respectifs et un maire à la tête de chacune de ces villes, élu par l'ensemble des conseillers municipaux.
Loc. fam. Aller chez, passer devant (monsieur) le maire. Se marier civilement. Quant au mariage, si tu parles sérieusement, tu m'auras fait le plus grand plaisir de ma vie, et nous irons chez M. le Maire quand tu voudras (Verlaine,Corresp.,t. 2, 1893, p. 305).
Prononc. et Orth.: [mε:ʀ]. Homon. mère. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1170 hist. médiév. «celui qui dirigeait le corps municipal» (Guillaume d'Angleterre, éd. M. Wilmotte, 2228); 2. 1789 «chef du corps municipal élu» (Point du jour, 26 nov., noCXLIV, t. 4, p. 277). B. 1573 maire du palais (Dupuys, s.v. maire). A substantivation de l'anc. adj. maire «plus grand» ca 1165 (Benoît de Sainte-Maure, Troie, éd. L. Constans, 6031), issu du nominatif lat. major, comparatif de magnus «grand», v. majeur. Cf. le lat. médiév. major attesté comme subst. aux sens de «juge local, maire de village» (977 ds Nierm.), «maire de commune» (1136, ibid.) développés à partir du sens plus anc. de «officier domanial» (début vies. ds St. Scoones, Les Noms de quelques officiers féodaux, p. 62, attesté en b. lat. au sens de «chef, principal personnage» dès le ives. ds Blaise Lat. chrét.) se rattachant prob. à l'acception déjà class. de respect, autorité, puissance contenue dans l'adj. magnus (v. St. Scoones, op. cit., pp.58-67). En a. fr. maire se trouve en concurrence avec la forme encore mentionnée par Cotgr. 1611 maieur attestée dès la fin du xes., et qui survit dans un sens spécial, v. maïeur, issue de l'acc. lat. mājōrem (v. aussi majeur), mais très tôt ces formes perdent leur valeur casuelle. B est un calque du lat. médiév. major palatii (xiies. ds Latham), attesté au plur. majores palatii «dignitaires du palais» dès 501 (ds Nierm.). Fréq. abs. littér.: 2045. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 2591, b) 4024; xxes.: a) 3215, b) 2395.
DÉR.
Mairesse, subst. fém.a) Souvent p. plaisant. Femme du maire. Les braves époux La Ruaz (maire et mairesse de Mornex) (Amiel,Journal,1866, p. 475).Madame - c'est ainsi qu'il ne manquait jamais de nommer la mairesse (Bernanos,M. Ouine,1943, p. 1516).b) Rare. Femme exerçant les fonctions de maire. (Ds Rob., Lexis 1975). L'usage administratif actuel veut que l'on dise Madame le maire.[mε ʀ εs]. 1resattest. xiiies. «femme d'un maire» (Romans et Pastourelles, éd. K. Bartsch, II, 24, 49), ne subsiste plus dep. le xixes. 1840 (Ac. Compl. 1842) que comme terme de plaisant.; de maire, suff. -esse2* sur le modèle de mots tels que comte/comtesse*, cf. le lat. médiév. majorissa «chef des esclaves féminines employées dans le ménage» (av. 830 ds Nierm.; 1251 ds Latham) et «femme de maire, ou femme maire» (xiiies. ibid.), v. aussi le m. fr. mairesse «femme qui exerce des fonctions de direction» (Guillaume de Digulleville, Pélerinage vie hum., éd. J. J. Stürzinger, 11102). Fréq. abs. littér.: 24.
BBG. Morin (Y.-Ch.). Maintien du e final ds l'évolution hist. des mots du type faire et maire en fr. R. Canad. de Ling. 1979, t. 24, no2, pp. 95-118. _ Ranft 1908, p. 82.

Wiktionnaire

Nom commun

maire \mɛʁ\ masculin et féminin identiques

  1. (France), (Canada), (Suisse) Le premier officier municipal d’une commune, municipalité ou (Canada) arrondissement, élu, en France, par les conseillers municipaux à l’issue des élections municipales, en Suisse, directement par le corps électoral.
    • Rabalan se sentit troublé. Du moment que le maire affirmait d’une façon aussi autoritaire qu’il était sorcier, il fallait le croire... Ça l’étonnait pourtant. — (Octave Mirbeau, Rabalan)
    • Ne s'organise-t-il pas, assez souvent, de ces beuveries monstrueuses, du genre de celles que le préfet du Morbihan crut devoir, au début de la présente année, dénoncer, dans une lettre adressée aux maires ? — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • M. Donnet, son père, a été maire de Caen pendant toute la durée du gouvernement de Juillet. Pourchassé sous le second Empire il perdra tout son avoir. — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942, p. 13)
    • Pour procéder méthodiquement, il commença par se rendre chez le maire et s’enquit de l’état des sources alimentant la commune. — (Louis Pergaud, Un petit logement, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Je ne saisis pas, quant à moi, un seul mot de leur jargon. Ni le maire, ni le curé je ne les entends. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Qui sont les maires ? Aussitôt posée, la question suscite une nouvelle interrogation : de quels maires parle-t-on ? Entre le maire de la commune de Rouvroy-Ripont (Marne), passée de... deux à sept habitants en l’an 2000 et celui de Paris, Lyon ou Marseille, ce n’est pas seulement la taille qui change mais aussi le « poids » des titulaires du poste. — (Jean-Baptiste Legavre, « Des maires en représentation », dans la revue Projet 2001/1 (n° 265), éd. CERAS, 2001, p. 43)
    • Hélène Mandroux, la maire de Montpellier, est revenue mercredi matin sur Europe 1 sur le titre de champion de France de football remporté dimanche soir par le club héraultais après sa victoire 2-1 à Auxerre. — (Europe 1, article C'était de la folie à Montpellier, site Europe 1.fr, le 21 Mai 2012)
  2. (Autrefois) Sorte de conseiller du roi qui, en fait, sous les mérovingiens, exerçait le pouvoir.
    • Le maire du palais.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MAIRE. n. m.
Le premier officier municipal d'une ville, d'une commune. Le maire de Bordeaux. Les maires de Paris. Adjoint du maire, adjoint au maire, Officier municipal qui assiste le maire dans ses fonctions et qui peut le remplacer en cas d'absence ou de maladie. Maire du palais, Le principal officier qui avait l'administration des affaires de l'État, sous les rois de la première race. Maire du palais d'Austrasie, de Neustrie. Lord-maire, Le maire de la cité de Londres, élu annuellement par les corps de métiers.

Littré (1872-1877)

MAIRE (mê-r') adj.
  • 1Plus grand ; ce qui est le sens propre du mot, sens très usité dans l'ancienne langue, et qui a complétement péri, excepté dans certaines locutions, vieillies elles-mêmes.

    Juge maire, le même que juge mage. Un mien cousin est juge maire, La Fontaine, Fabl. IV, 7.

    Bateau maire, nom d'une espèce de bateau de commerce défini dans l'ordonnance suivante : Déclarons bateau maire dans les grandes rivières celui qui est chargé [de sel] aux embouchures et mentionné aux brevets et rescriptions des officiers qui y sont établis ; et dans les moindres rivières qui ne pourront porter les bateaux chargés aux embouchures, déclarons bateau maire celui qui est à la tête de l'équippe ou navée, Ordonn. mai 1680.

  • 2 S. m. Sous les Mérovingiens, le maire a d'abord été l'intendant de la maison, major domus, conservé dans majordome.
  • 3Maire du palais, le principal officier qui, de l'administration de la maison royale, passa dans l'administration des affaires de l'État, sous les rois de la première race. Les rois … Laissaient leur sceptre aux mains ou d'un maire ou d'un comte, Boileau, Lutr. II. La première fonction des maires du palais fut le gouvernement économique des maisons royales, Montesquieu, Esp. XXXI, 5. Avant ce temps le maire était le maire du roi, il devint le maire du royaume : le roi le choisissait, la nation le choisit, Montesquieu, ib. 3. Warnachaire avait été l'âme de la conjuration contre Brunehauld : il fut fait maire de Bourgogne, Montesquieu, ib. 1.
  • 4Aujourd'hui, le premier officier municipal d'une ville, d'une commune.

    Adjoint du maire, officier municipal qui assiste le maire dans ses fonctions, et qui peut le remplacer en cas d'absence ou de maladie.

    Anciennement, maire né, maire non électif et qui était, de droit, maire de la commune. Les officiers qui se disent maires nés et perpétuels en d'aucunes villes où les maires ne sont point électifs, prétendent…, Arrêt du conseil du 19 avril 1670.

    Maire de Londres, premier magistrat de Londres élu annuellement par tous les corps de métiers. Elle avait gagné un maire de Londres dont le crédit était fort grand, Bossuet, Reine d'Anglet.

HISTORIQUE

XIIIe s. [Dieu] Qui de tous mefais est sire, prevos et maire, Berte, LXIX. Johans empetra letres dou roi ou meor d'Arraz en ceste forme que…, Liv. de jost. 13. Jà ne sui-ge prevoz ne mere, Que je l'en doie nul droit fere, Ren. 109, 87. À sages homes valans et honiestes le majeur et les jurés de St-Quentin, Bibl. des ch. 2e sér. t. III, p. 422. Quant vile de commune a à fere, il ne convient pas que toute la commune voist [aille] au plet, ains soufist se li meres et deus de ses jurés y vont, Beaumanoir, 82.

XVe s. Maire de Londres a fort grande puissance en icelle ville, et l'on porte l'espée devant luy quant il va parmi la ville, J. Chartier, Hist. de Charles VII, p. 136, dans LACURNE.

XVIe s. Maistre François Chauvelin, advocat en la cour de parlement, maire de la haulte justice de Saincte Genevieve, Coust. génér. t. II, p. 45.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

MAIRE, s. m. (Jurisprud.) signifie chef ou premier d’un tribunal ou autre corps politique ; les uns dérivent ce titre de l’allemand meyer, qui signifie chef ou surintendant, d’autres du latin major. Il y a plusieurs sortes de maires, sçavoir :

Maire en charge, s’entend ou d’un maire de ville érigé en titre d’office, ou d’un maire électif qui est actuellement en exercice. Voyez Maire perpétuel, Maire de ville.

Maire du palais, quasi magister palatii seu major domus regiæ, étoit anciennement la premiere dignité du royaume. Cet office répondoit assez à celui qu’on appelloit chez les Romains préfet du prétoire. Les maires du palais portoient aussi le titre de princes ou ducs du palais, & de ducs de France. L’histoire ne fait point mention de l’institution de cet office, qui est aussi ancien que la monarchie ; il est vrai qu’il n’en est point fait mention sous Clovis I. ni sous ses enfans ; mais quand Gregoire de Tours & Fredegaire en parlent sous le regne des petits-fils de ce prince, ils en parlent comme d’une dignité déja établie. Ils n’étoient d’abord établis que pour un tems, puis à vie, & enfin devinrent héréditaires. Leur institution n’étoit que pour commander dans le palais, mais leur puissance s’accrut grandement, ils devinrent bientôt ministres, & l’on vit ces ministres sous le regne de Clotaire II. à la tête des armées. Le maire étoit tout-à-la fois le ministre & le général né de l’état ; ils étoient tuteurs des rois en bas âge ; on vit cependant un maire encore enfant exercer cet office sous la tutelle de sa mere : ce fut Théodebalde, petit-fils de Pepin, qui fut maire du palais sous Dagobert III. en 714.

L’usurpation que firent les maires d’un pouvoir sans bornes ne devint sensible qu’en 660, par la tyrannie du maire Ebroin ; ils déposoient souvent les rois, & en mettoient d’autres en leur place.

Lorsque le royaume fut divisé en différentes monarchies de France, Austrasie, Bourgogne & Aquitaine, il y eut des maires du palais dans chacun de ces royaumes.

Pepin, fils de Charles Martel, lequel fut après son pere, maire du palais, étant parvenu à la couronne en 752, mit fin au gouvernement des maires du palais. Ceux qui les ont remplacés ont été appellés grands sénéchaux, & ensuite grands-maîtres de France, ou grands-maîtres de la maison du Roi. Voyez dans Moréry & dans M. le président Henault, la suite des maires du palais ; Gregoire de Tours, Pasquier, Favin, Ducange, & l’auteur du livre des maires de la maison royale.

Maire perpétuel, est un maire de ville érigé en titre d’office. Voyez ci-après Maire de ville.

Maire de religieux, major, on appelloit ainsi dans quelques monasteres celui qui étoit le premier entre les religieux, qu’on appelle à présent prieur. La fondation faite à saint Martin-des-Champs, par Philippe de Morvilliers, porte que le maire des religieux de ce couvent présentera deux bonnets, & au premier huissier des gants & une écritoire. Voyez Ducange au mot Major, & l’éloge du parlement par de la Baune.

Maire royal, est le juge d’une jurisdiction royale qui a titre de mairie ou prevôté.

Maire de ville, est le premier officier municipal d’une ville, bourg ou communauté. Le maire est à la tête des échevins ou des consuls, comme à Paris & dans quelques autres grandes villes, le prevôt des marchands ; dans quelques provinces, on l’appelle maïeur.

Les maire & échevins tiennent parmi nous la place des officiers que les Romains appelloient deffensores civitatum. Ce fut vers le regne de Louis VII. que les villes acheterent des seigneurs, le droit de s’élire des maire & échevins.

Dans toutes les villes un peu importantes, les maires même électifs doivent être confirmés par le roi.

Il y a des villes qui ont droit de mairie par chartes, c’est-à-dire le privilege de s’élire un maire. Les villes de Chaumont, Pontoise, Meulan, Mantes, Eu, & autres, ont des chartes de Philippe Auguste, des années 1182 & 1188, qui leur donnent le droit de mairie.

On trouve aussi un mandement de ce prince adressé au maire de Sens & autres maires & communes, parce que dans ce tems-là la justice temporelle étoit exercée dans les villes par les communes, dont les maires étoient les chefs ; en quelques endroits ils ont retenu l’administration de la justice, en d’autres ils n’ont que la justice fonciere ou basse-justice.

S. Louis fit deux ordonnances en 1256, touchant les maires.

Il régla par la premiere que l’élection des maires seroit faite le lendemain de la saint Simon saint Jude ; que les nouveaux maires & les anciens, & quatre des prud’hommes de la ville viendroient à Paris aux octaves de la saint Martin, pour rendre compte de leur recette & dépense, & qu’il n’y auroit que le maire, ou celui qui tient sa place, qui pourroit aller en cour ou ailleurs pour les affaires de la ville, & & qu’il ne pourroit avoir avec lui que deux personnes avec le clerc & le greffier, & celui qui porteroit la parole.

L’autre ordonnance qui concerne l’élection des maires dans les bonnes villes de Normandie, ne differe de la précédente, qu’en ce qu’elle porte que le lendemain de la saint Simon, celui qui aura été maire, & les notables de la ville, choisiront trois prud’hommes, qu’ils présenteront au Roi à Paris, aux octaves de la saint Martin, dont le Roi choisira un pour être maire.

Les maires ont été électifs, & leur fonction pour un tems seulement, jusqu’à l’édit du mois d’Août 1692, par lequel le Roi créa des maires perpétuels en titre d’office dans chaque ville & communauté du royaume, avec le titre de conseiller du Roi, à l’exception de la ville de Paris & de celle de Lyon, pour lesquelles on confirma l’usage de nommer un prevôt des marchands.

Il fut ordonné que ces maires en titre jouiroient des mêmes honneurs, droits, émolumens, privileges, prérogatives, rang & séance, dont jouissoient auparavant les maires électifs ou autres premiers officiers municipaux, tant ès hôtels de ville, assemblées & cérémonies publiques ou autres lieux.

Il fut aussi ordonné que ces maires convoqueroient les assemblées générales & particulieres ès hôtels-de-ville, où il s’agiroit de l’utilité publique du bien du service du Roi, & des affaires de la communauté ; qu’ils recevroient le serment des échevins ou autres officiers de ville, pour celles où il n’y a point de parlement.

L’édit leur donne droit de présider à l’examen, audition & clôture des comptes des deniers patrimoniaux, & autres appartenans aux villes & communautés.

Le secrétaire des maisons-de-ville ne doit signer aucun mandement ou ordre concernant le payement des dettes & charges de villes & communautés, qu’il n’ait été signé d’abord par le maire.

Les officiers de ville ne peuvent faire l’ouverture des lettres & ordres qui leur sont adressés, sinon en présence du maire, lorsqu’il est sur les lieux.

Le maire a une clé des archives de la ville. C’est lui qui allume les feux de joie.

Il a droit de porter la robe & autres ornemens accoutumés, même la robe rouge, dans les villes où les présidiaux ont droit de la porter.

Dans les pays d’états, il a entrée & séance aux états, comme député né de la communauté.

Le privilege de noblesse fut attribué aux maires en titre d’office dans les villes où il avoit été rétabli & confirmé, comme à Poitiers.

On leur accorda aussi l’exemption de tutelle & curatelle de la taille personnelle dans les villes taillables, de guet & de garde dans toutes les villes, du service du ban & arriere-ban, du logement des gens de guerre, & autres charges & contributions, même des droits de tarif qui se levent dans les villes abonnées, & des octrois dans toutes les villes pour les denrées de leurs provisions.

On leur donna la connoissance avec les échevins de l’exécution du réglement de 1669 concernant les manufactures, & de toutes les autres matieres dont les maire & échevins avoient connu jusqu’alors.

Il fut aussi créé en même tems des offices d’assesseurs des maires, & par édit du mois de Mai 1702, on leur donna des lieutenans, & par un autre édit du mois de Décembre 1706, il fut créé des maires & lieutenans alternatifs & triennaux.

Dans plusieurs endroits tous ces offices furent levés par les provinces, villes & communautés, & réunis aux corps de ville.

Il fut même permis aux seigneurs de les acquérir, soit pour les réunir, ou pour les faire exercer.

Tous ces offices furent dans la suite supprimés.

On commença par supprimer en 1708 les lieutenans de maires alternatifs & triennaux ; & en 1714 on supprima tous les offices de maire & de lieutenant qui restoient à vendre.

En 1717 on supprima tous les offices de maire, lieutenant & assesseur, à l’exception des provinces où ces offices étoient unis aux états, & il fut ordonné qu’à l’avenir les élections des maires & autres officiers municipaux, se feroient en la même forme qu’elles se faisoient avant la création des offices supprimés.

Ces offices de maire en titre furent rétablis en 1722, & supprimés une seconde fois en 1724, à l’exception de quelques lieux où ils furent conservés ; mais depuis, par édit de 1733, ces offices ont encore été rétablis dans toutes les villes, & réunis au corps des villes, lesquelles élisent un maire, comme elles faisoient avant ces créations d’offices.

Sur la jurisdiction des maire & échevins, voyez Pasquier, Loyseau, & aux mots Echevin & Echevinage. (A)

Maire de Londres, (Hist. d’Angl.) premier magistrat de la ville de Londres, & qui en a le gouvernement civil. Sa charge est fort considérable. Il est choisi tous les ans du corps des vingt-six aldermans par les citoyens le 29 de Septembre ; & il entre dans l’exercice de son emploi le 29 Octobre suivant.

Son autorité s’étend non-seulement sur la cité & partie des faubourgs, mais aussi sur la Tamise, dont il fut déclaré le conservateur par Henri VII. Sa jurisdiction sur cette riviere commence depuis le pont de Stones jusqu’à l’embouchure de Medway. Il est le premier juge de Londres, & a le pouvoir de citer & d’emprisonner. Il a sous lui de grands & de petits officiers. On lui donne pour sa table mille livres sterling par an ; pour ses plaisirs, une meute de chiens entretenue, & le privilege de chasser dans les trois provinces de Middlesex, Sussex & Surrey. Le jour du couronnement du roi, il fait l’office de grand échanson. Une chose remarquable, c’est que lorsque Jacques I. fut invité à venir prendre possession de la couronne, le lord-maire signa le premier acte qui en fut fait, avant les pairs du royaume. Enfin, le lord-maire est commandant en chef des milices de la ville de Londres, le tuteur des orphelins, & a une cour pour maintenir les lois, privileges & franchises de la ville. Je l’appelle toujours lord maire, quoiqu’il ne soit point pair du royaume ; mais on lui donne ce titre par politesse. C’est par la grande chartre que la ville de Londres a le droit d’élire un maire : il est vrai que Charles II. & Jacques II. révoquerent ce privilege ; mais il a été rétabli par le roi Guillaume, & confirmé par un acte du parlement. (D. J.)

Maire, détroit de, (Géog.) détroit qui est au-delà de la terre del Fuego, entre laquelle est le continent de l’Amérique, & le détroit de Magellan au sud. Ce détroit est ainsi nommé de Jacques le Maire, fameux pilote hollandois, qui le découvrit le premier l’an 1615. Nous avons la relation de son expédition dans le recueil des voyages de l’Amérique, imprimés à Amsterdam en 1622 in-folio ; mais les détroits de le Maire & de Magellan sont devenus inutiles aux navigateurs ; car depuis qu’on sait que la terre de Feu, del Fuego, est entre ces deux détroits & la mer, on fait le tour pour éviter les longueurs & les dangers du vent contraire, des courans, & du voisinage des terres. (D. J.)

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Étymologie de « maire »

Bourg. moire ; du lat. major, plus grand. Májor, avec l'accent sur ma, a donné maire ; majórem, avec l'accent sur jo, a donné maior, ou meor, ou majeur.

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Du latin major (« plus grand »).
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Phonétique du mot « maire »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
maire mɛr

Citations contenant le mot « maire »

  • Il est grave : il est maire et père de famille. Son faux-col engloutit son oreille. Ses yeux Dans un rêve sans fin flottent insoucieux, Et le printemps en fleur sur ses pantoufles brille. Paul Verlaine, Poèmes saturniens, Monsieur Prudhomme , Messein
  • Après la démission de six élus sur sept, le dernier élu, Laurent Duchêne, a accepté d’être maire « suppléant ». Une situation inacceptable pour Alain Nice, tête de liste. Journal L'Union abonné, Un maire suppléant jusqu’aux élections à Bosmont-sur-Serre
  • La majorité de gauche de la nouvelle maire de Marseille Michèle Rubirola a dévoilé mardi la liste des délégations d'adjoints. Une équipe municipale à 28, amputée au final de deux élus récemment placés en garde à vue dans une enquête ouverte sur des procurations douteuses pour les municipales. France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur, Municipales : voici les 28 adjoints de la nouvelle maire de Marseille Michèle Rubirola
  • La mesure est prise au nom du principe de précaution. Pour éviter tout développement de cluster de coronavirus dans sa ville de La Rochelle (Charente-Maritime), prisée par les touristes, le maire Jean-François Fountaine a annoncé lundi 20 juillet avoir signé un arrêté pour rendre obligatoire le masque sur le Vieux-Port et dans l’hypercentre pour les personnes de plus de 11 ans. L'Obs, Le maire de La Rochelle rend le port du masque obligatoire en extérieur, sur le Vieux-Port
  • Cette professeure des sciences de l’ingénieur en classe préparatoire a été élue au second tour des municipales avec 41 % des voix face à un autre élu PCF de l’ancienne majorité (33,75 %) et au candidat soutenu par le RN (21,28 %). Elle succède à Marc Bury – maire pendant 31 ans - qui l’avait adoubée. La Voix du Nord, Sandrine Gombert, maire de Petite-Forêt: «j’ai toujours été engagée» à gauche
  • Mardi 21 juillet, Brigitte Jacquesson, deuxième adjointe à la mairie de Thonon, a déposé sa démission. Elle reproche au maire, Christophe Arminjon, de lui avoir fait miroiter une délégation qu’elle n’obtiendra finalement pas. Ce dernier s’en défend. Le Messager, Thonon-les-Bains : la 2e adjointe démissionne, le maire s’explique - Le Messager

Images d'illustration du mot « maire »

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Traductions du mot « maire »

Langue Traduction
Anglais mayor
Espagnol alcalde
Italien sindaco
Allemand bürgermeister
Chinois 市长
Arabe عمدة
Portugais prefeito
Russe мэр
Japonais 市長
Basque alkateak
Corse primariu
Source : Google Translate API

Synonymes de « maire »

Source : synonymes de maire sur lebonsynonyme.fr
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