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Littérature

Définitions du mot « littérature »

Trésor de la Langue Française informatisé

LITTÉRATURE, subst. fém.

I. − Vieilli
A. − Connaissance des lettres, culture générale. Ton père me devina (...) c'était un homme sans grande éducation, sans littérature (...) mais qui avait le coup d'œil juste (Labiche, Cigale chez Fourmis,1876, 1, p. 194).
B. − Corps des gens de lettres. Ah! mais il faut que je vous dise que la littérature voyant ma canne, mes boutons travaillés, a décidé que j'étais le Benjamin d'une vieille anglaise (Balzac, Lettres Étr.,1834, p. 211).
II.
A. − Usage esthétique du langage écrit. La littérature; histoire et littérature; langue et littérature; théorie de la littérature; doctrines, tendances de la littérature. C'est ce que Flaubert exprimait sous cette forme paradoxale : « les bourgeois ont la haine de la littérature ». La preuve que ce n'est pas « l'art » qui a séduit le public dans Madame Bovary, c'est qu'il n'a jamais pu lire Salammbô (Lemaitre, Contemp.,1885, p. 82).Jamais le problème de la littérature n'avait été, jusqu'à Edgar Poe (...), abordé au moyen d'une analyse où la logique et la mécanique des effets étaient délibérément employées (Valéry, Variété II,1929, p. 143):
1. J'ai écrit (...) ceci qui me paraît d'une évidente vérité : « C'est avec les beaux sentiments qu'on fait de la mauvaise littérature. » (...) J'aurais aussi bien pu écrire que les meilleures intentions font souvent les pires œuvres d'art et que l'artiste risque de dégrader son art à le vouloir édifiant. Gide, Journal,1940, p. 52.
B. − Ensemble des productions intellectuelles qui se lisent, qui s'écoutent.
1. [La production est définie par sa matière]
a)
α) Littérature + adj.
Littérature + adj. précisant l'orig. géogr. des œuvres.Littérature anglaise, chinoise, française. On sait que la littérature britannique pousse la chasteté jusqu'à la pruderie (Baudel., Paradis artif.,1860, p. 402).Boylesve était radicalement clos à tout ce qui était étranger : (...) il avait pour les littératures étrangères en général une antipathie si involontaire qu'elle en prend comme une valeur de trait éthique (Du Bos, Journal,1926, p. 134).
Littérature + adj. précisant une période.Littérature ancienne, médiévale. Après le collège, on dévore la littérature contemporaine (Lemaitre, Contemp.,1885, p. 289).
Littérature + adj. ou compl. de nom précisant un genre d'œuvres.Littérature décadente, dramatique, enfantine, engagée, érotique, légère, marginale, pieuse, populaire; littérature de gare, de masse. Les procédés inhérents à la littérature d'observation (Bourget, Nouv. Essais psychol.,1885, p. 213).Les jours de la littérature psychologique à affabulation romanesque sont comptés (Breton, Nadja,1928, p. 17).
β) P. méton., péj. [P. oppos. à la réalité] Ce qui possède un caractère peu authentique, artificiel, superficiel. Et tout le reste est littérature (Verlaine, Œuvres poét. compl., Jadis, Paris, Gallimard, 1962 [1884], p. 327).Elle [Mmede Sévigné] voyait un peu de littérature dans ce désespoir d'être séparée de cette ennuyeuse Mmede Grignan (Proust, J. filles en fleurs,1918, p. 762).
En emploi interjectif :
2. mme arrow : Quand il ne rançonne pas, il tue. courpière : Littérature! mme arrow : Réalité!... Je le sais, peut-être! Hermant, M. de Courpière,1907, III, 3, p. 23.
b) Bibliographie d'un sujet. P. ext. Ensemble d'ouvrages produits dans une matière, de publications éditées par un groupe social. Littérature médicale, scientifique. Caroline (...) lut d'abord, avec la profonde indifférence qu'on a pour la littérature municipale, ces premières lignes : « Arrêt de la cour d'assises de Poitiers... » (Gozlan, Notaire,1836, p. 127).L'efficacité du sérum antitétanique, pour ceux qui étaient au courant de la littérature de la question, paraissait un fait bien établi (Camus, Gournayds Nouv. Traité Méd. fasc. 2 1928, p. 798).
2. [La production se définit par son moyen d'expression]
a) Littérature orale. Catégorie d'œuvres d'expression orale non écrite. Jusqu'au xixesiècle les peuples balkaniques ont vécu presque exclusivement sur leur fonds de littératures orales : contes surnaturels en prose et chants populaires (Arts et litt.,1936, p. 52-4):
3. ... on s'est souvent demandé pourquoi les mythes, et plus généralement la littérature orale, font un si fréquent usage de la duplication, triplication ou quadruplication d'une même séquence. Lévi-Strauss, Anthropol. struct.,1958, p. 254.
b) MUS. Ensemble d'œuvres musicales relatives à un instrument. Les arpèges sont très usités dans la littérature du piano et dans la musique de chambre (Koechlin, Harm., t. 2, 1930, p. 102).
C. − Travail qui aboutit à cette production :
4. Pourquoi ne travaillez-vous pas davantage? Le seul moyen de supporter l'existence, c'est de s'étourdir dans la littérature comme dans une orgie perpétuelle. Le vin de l'art cause une longue ivresse et il est inépuisable. C'est de penser à soi qui rend malheureux. Flaub., Corresp.,1858, p. 277.
P. méton. Carrière des lettres. Je sais que la littérature ne nourrit pas son homme. Par bonheur, je n'ai pas très faim (Renard, Journal,1902, p. 724).Tu seras éternellement le petit jeune homme qu'il a lancé dans la littérature et qui lui doit tout (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 141).
D. − Fonctionnement du langage qui constitue cette production. Synon. littérarité :
5. Ce que l'école admire dans l'écriture d'un Maupassant ou d'un Daudet, c'est un signe littéraire enfin détaché de son contenu, posant sans ambiguïté la Littérature comme une catégorie sans aucun rapport avec d'autres langages, et instituant par là une intelligibilité idéale des choses. R. Barthes, Le Degré zéro de l'écriture, Paris, éd. du Seuil, 1972 [1953], p. 50.
E. − Ensemble d'études sur cette production. Cours, professeur de littérature; histoire de la littérature. Le nombre des œuvres littéraires qui survivent autrement que dans les manuels de littérature (...), qui influencent encore les destinées individuelles sont extrêmement rares (Mauriac, Journal 2,1937, p. 161).Des travaux de littérature comparée, des études sur le « préromantisme français » et sur les « sources occultes » communes aux deux pays [l'Allemagne et la France] (Béguin, Âme romant.,1939, p. 327):
6. J'ai bien retrouvé sur sa figure, surtout quand il parle de M. Mairobert, l'âcreté qui fait la seule vie des articles de littérature compris dans le pamphlet rouge. Stendhal, L. Leuwen, t. 3, 1835, p. 112.
REM. 1.
Littéraillerie, subst. fém.,hapax. En voilà bien assez sur ma littéraillerie et sur tout ce qui n'est pas plaisant (Balzac, Lettres Étr.,1834, p. 162).
2.
Littératuriser, verbe intrans.,hapax. En le flattant sur la littérature, on se rend intime (parce qu'il littératurise avec vous, que vous lui fournissez la jouissance d'amour-propre dont il a besoin) (Stendhal, Journal,1810p. 341).
3.
Littératurisme, subst. masc.Caractère de ce qui appartient à la littérature. Ont peut affirmer que le littératurisme, si l'on appelle ainsi la volonté de la littérature de relever de lois propres et de repousser celles de l'intellectualité, n'eut jamais d'opposants plus effectifs (...) que les classiques français du grand siècle (Benda, Fr. byz.,1945, p. 170).
4.
Littératuriste, adj.,hapax. Aujourd'hui, MM. Alexandre Dumas et Victor Hugo, qui savent mieux que personne à quoi s'en tenir sur la valeur de la spécialité littératuriste, (...) s'en viennent (...) protester contre toute espèce d'organisation (Proudhon, Confess. Révol.,1849, p. 377).
5.
Littératurite, subst. fém.,hapax. Ces commentaires sont des types parfaits de « littératurite » à propos d'art (Bremond, Poés. pure,1926, p. 133).
Prononc. et Orth. : [liteʀaty:ʀ]. [lit(t)-] ds Barbeau-Rodhe 1930. V. littéraire. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1121-34 « ce qui est écrit, le sens littéral (d'un texte) » (Philippe de Thaon, Bestiaire, éd. E. Walberg, 955), seulement au xiies. (v. T.-L. et FEW t. 5, p. 379). B. 1. 1495 « érudition, connaissance (acquise dans l'étude des livres) » (J. de Vignay, Miroir hist. ds DG); ca 1500 (Philippe de Commynes, Mémoires, éd. J. Calmette, t. 2, p. 340); 2. 1680 « le corps des gens de lettres » (Rich.); 3. 1736-40 « ensemble des productions littéraires » (F. Granet, Réflexions sur les ouvrages de littérature); 4. 1758 « ensemble de ce qui a été écrit sur un sujet donné » (Duhamel du Monceau, La physique des arbres, Dissertation sur les méthodes de bot., t. 1, p. xlvij); 5. 1884 emploi péj. (Verlaine, Jadis et naguère, p. 207 : ... Et tout le reste est littérature). Empr. au latinlitteratura (de litterae « lettres ») « écriture », « ce qui concerne l'étude des lettres » et « production littéraire »; l'a. m. fr. avait lettreüre « érudition » issu du lat. litteratura et attesté du xiieau xives. (v. T.-L. et FEW, loc. cit.). Fréq. abs. littér. : 5 340. Fréq. rel. littér. : xixs. : a) 5 725, b) 6 152; xxes. : a) 10 898, b) 7 972.
DÉR.
Littératurer, verbe intrans.Faire de la littérature. Tâchez d'être seule dimanche prochain dans l'après-midi, afin que nous ayons nos aises pour littératurer à loisir. Il y a moyen, je crois, en huit jours, de faire de ce livre un chef-d'œuvre ou quelque chose d'approchant (Flaub., Corresp.,1861, p. 420).Emploi adj. L'Existentialisme, au théâtre et en philosophie, Sartre et tous ces jeunes littérateurs littératurants qui se trémoussent dans les caves de Saint-Germain-des-Prés (Cendrars, Lotiss. ciel,1949, p. 302).[liteʀatyʀe], (il) littérature [liteʀaty:ʀ]. 1reattest. 1861 (Flaub., loc. cit.); de littérature, dés. -er.
BBG. Escarpit (R.). La Déf. du terme Littérature. In : Congrès de l'Assoc. Internat. de Litt. comp. Bordeaux, 1961, pp. 1-7; In : Congrès de l'Assoc. Internat. de Litt. comp. 3, 1962. Utrecht, 1965, pp. 77-89. - Léonard (A.). La Crise du concept de littérature en France au xxes. Paris, 1974, 270 p.

Wiktionnaire

Nom commun

littérature \li.te.ʁa.tyʁ\ féminin

  1. Ensemble des productions littéraires d’une nation, d’un pays, d’une époque.
    • Malgré la critique amère des bouffons ignorants, nous osons assurer que les lettres peuvent seules polir l'esprit, perfectionner le goût, et prêter des grâces aux sciences. Il faut même pour être profond dans la Littérature, abandonner les auteurs qui n'ont fait que l'effleurer et puiser dans les sources de l'antiquité, la connaissance de la religion, de la politique, du gouvernement, des lois, des mœurs, des coutumes, des cérémonies, des jeux, des fêtes, des sacrifices et des spectacles de la Grèce et de Rome. — (Diderot, Encyclopédie, art. Littérature (Jaucourt), 1772)
    • […] c’était l’époque où, toute froissée de nos malheurs, si grands et si récents, la littérature semblait n’avoir d’autre occupation que de consoler notre vanité malheureuse. — (Stendhal, De l’Amour, 1822, 3e préface du 15 mars 1843)
    • On affirme trop souvent qu’après la première génération félibréenne et les œuvres de Roumanille, d’Aubanel et de Mistral, la littérature de langue d’oc n’a point soutenu sa valeur, et que, Mistral disparu, le Félibrige a reçu un coup mortel. — (Émile Ripert, Le Félibrige, 1924, p. 129)
    • La plus belle époque de la littérature arabe est celle qui précède le siècle des croisades. Nos premiers chevaliers sont entrés en Orient au milieu de la splendeur dont elle témoignait, car la littérature est le miroir des temps. — (Pierre Louÿs, La Femme dans la poésie arabe, dans Archipel, 1932)
    • L’anglais paie le prix fort de son hégémonie. Car le « globish » disgracieux que l’on ânonne d’un bout à l’autre de notre monde globalisé n’a rien à voir avec la langue abondante, élégante et infiniment plastique qui a fait les riches heures de la littérature d’expression anglaise […]. — (Élie Barnavie, « L’Anglais, langue en péril », dans Marianne (magazine), no 689, 3 juillet 2010)
  2. Histoire littéraire, critique littéraire (portant sur des œuvres littéraires contemporaines)
    • J'ai bien retrouvé sur sa figure, surtout quand il parle de M. Mairobert, l'âcreté qui fait la seule vie des articles de littérature compris dans le pamphlet rouge. — (Stendhal, Lucien Leuwen,1835)
  3. (Par extension) Domaine particulier de production éditoriale.
    • La littérature érotique embrasse plus de réalités psychologiques que la morale bourgeoise ne voulait en connaître, et que le puritanisme n'en tolère. Or ces réalités, quoiqu'on en juge, sont au moins aussi quotidiennes et obsédantes que les réalités économiques, […]. — (Denis de Rougemont, Comme toi-même : Essais sur les Mythes de l'Amour, Albin Michel, 1961, p.41)
    • La lecture de la littérature gynécologique et, en particulier, celle des articles consacrés à la lutte contre la stérilité, renforce l’impression d’une grande monotonie et surtout d’une grande brièveté dans l’acte. — (Alain Corbin, Les Filles de noce, 1978)
    • Parmi la maigre littérature, en particulier francophone, concernant la malherbologie, il manquait une synthèse taxonomique sur la flore des champs cultivés. — (Philippe Jauzein, Flore des champs cultivés, Éditions Quae, 2011, p. 7)
  4. (Par extension) Ensemble d'ouvrages ou de simples écrits typiques, produits par un groupe social particulier, ou pour un public ciblé.
    • On crie et on chante. Le boulangisme engendre toute une littérature de chansons - souvent d'une prosodie peu heureuse. — (Alexandre Zévaès, Histoire de la Troisième République 1870 à 1926, Éditions Georges-Anquetil, 1926, p.299)
    • Les écrivains anarchistes qui demeurèrent fidèles à leur ancienne littérature révolutionnaire, ne semblent pas avoir vu de très bon œil le passage de leurs amis dans les syndicats […]. — (Georges Sorel, Lettre à Daniel Halévy, 15 juillet 1907, dans Réflexions sur la violence, 1908)
    • Certains articles sentent la pression, tantôt légère, tantôt brutale. Il y a un mot pour ce genre de littérature.
      — Je sais : chantage. […] Mais le chantage est un délit, Monsieur le juge. Il faut l’établir.
       — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930)
  5. (En particulier) (Péjoratif) Développement bavard, spécieux, peu sérieux et souvent amphigourique.
    • Que ton vers soit la bonne aventure
      Éparse au vent crispé du matin
      Qui va fleurant la menthe et le thym…
      Et tout le reste est littérature.
      — (Verlaine, Art Poétique, in Jadis et Naguère - Poésies, 1884)
  6. (Spécialement) Bibliographie sur un sujet. Liste des ouvrages spécialisés consacrés à un sujet précis.
    • Ajoutez que dès les premiers pas, on risque de perdre pied dans la littérature myrmécophile. Elle est aussi abondante que la littérature apicole […]. — (Maurice Maeterlinck, La Vie des Fourmis, Paris : bibliothèque Charpentier - Fasquelle Editeurs, 1930, p.11)
  7. (Désuet) Connaissance des classiques, de l'art littéraire, des principes des belles-lettres, des procédés de style, etc. Emploi vieilli ou comique ; remplacé par le mot culture en français moderne.
    • N’avoir point de littérature. - Avoir beaucoup de littérature.

Forme de verbe

littérature \li.te.ʁa.tyʁ\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de littératurer.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de littératurer.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de littératurer.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de littératurer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de littératurer.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

LITTÉRATURE. n. f.
Ensemble des productions littéraires d'une nation, d'un pays, d'une époque. La littérature française. La littérature du moyen âge, du dix-septième siècle. Les littératures étrangères. Histoire de la littérature. Cours de littérature. Il s'emploie aussi au sens péjoratif pour désigner des Développements spécieux plutôt que solides. Tout cela, c'est de la littérature. Il signifie aussi Connaissance des principes, des procédés admis dans les ouvrages de l'esprit. N'avoir point de littérature. Avoir beaucoup de littérature.

Littré (1872-1877)

LITTÉRATURE (li-té-ra-tu-r') s. f.
  • 1Connaissance des belles-lettres. Aujourd'hui que littérature Est en fort mauvaise posture, Scarron, Virg. VI. Gens d'esprit et qui n'étaient pas sans littérature, Bossuet, Var. 2. Ceux-là pensent être les plus raisonnables qui sont vains des dons de l'intelligence, les savants, les gens de littérature, les beaux esprits, Bossuet, Serm. Honn. 1. Gens d'un bel esprit et d'une agréable littérature, La Bruyère, XVI. Chapelain avait une littérature immense, et, ce qui peut surprendre, c'est qu'il avait du goût et qu'il était un des critiques les plus éclairés, Voltaire, Louis XIV, 25. La littérature est dans la plus déplorable situation où elle ait jamais été, D'Alembert, Lett. à Voltaire, 6 avr. 1773. Qu'ont fait ces nains lettrés qui, sans littérature, Au-dessous du néant soutiennent le Mercure ? Chénier M. J. Ép. à Voltaire. La littérature, science expérimentale au plus haut degré, s'étend, se renouvelle, se rajeunit suivant tous les accidents de la pensée humaine, Villemain, Littér. franç. 18e siècle, 2e part. 4e leçon. La littérature commence où la grammaire finit, c'est-à-dire que, quand la grammaire s'est occupée du langage, de ses formes, de ses qualités et de ses défauts, la littérature classe et étudie les ouvrages où toutes ces parties déjà connues doivent se retrouver, Jullien, Gramm. Table alphab.
  • 2L'ensemble des productions littéraires d'une nation, d'un pays, d'une époque. La littérature française. La littérature du moyen âge. La littérature allemande n'est véritablement intéressante que depuis quarante ans, Genlis, Adèle et Théod. t. I, p. 122, dans POUGENS. Il vous en adviendra quelque mésaventure, Ô grand Perrin-Dandin de la littérature [La Harpe], Chénier M. J. les Nouveaux saints. Fi ! ne m'en parlez pas, opprobre de la littérature, honte du siècle et de la nation, qu'il se puisse trouver des auteurs, des imprimeurs et des lecteurs de semblables impertinences [les pamphlets politiques], Courier, Pamphlet des pamphlets. La littérature grecque est la seule qui ne soit pas née d'une autre, mais produite par l'instinct et le sentiment du beau chez un peuple poëte, Courier, Préface d'une trad. d'Hérodote.
  • 3Les gens de lettres. Pour mieux connaître de quoi la basse littérature est capable, il faut savoir que les auteurs de ces gentillesses, ayant manqué leur coup, firent à Liége une nouvelle édition du même ouvrage…, Voltaire, Mél. litt. Honnêt. littér. 20.

HISTORIQUE

XIIIe s. Si r'ont clers plus grant avantage D'estre gentiz, cortois et sage, Que n'ont li princes ne li roi Qui ne sevent de letreüre, la Rose, 18839.

XIVe s. Fut de moult grant lettreüre, Chron. fr. mss. de G. de Nangis, dans LACURNE.

XVIe s. Ordonnons que tous les notaires qui par nous seront creez et constituez soubz nostre autorité et jurisdiction, seront tout premier examinez par nostre juge mayeur sur la suffisance et litterature d'iceux, Nouv. coust. génér. Il [l'empereur Julien] estoit très excellent en toute sorte de litterature, Montaigne, III, 82.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

LITTÉRATURE, s. f. (Sciences, Belles-Lettres, Antiq.) terme général, qui désigne l’érudition, la connoissance des Belles-Lettres & des matieres qui y ont rapport. Voyez le mot Lettres, où en faisant leur éloge on a démontré leur intime union avec les Sciences proprement dites.

Il s’agit ici d’indiquer les causes de la décadence de la Littérature, dont le goût tombe tous les jours davantage, du moins dans notre nation, & assurément nous ne nous flattons pas d’y apporter aucun remede.

Le tems est arrivé dans ce pays, où l’on ne tient pas le moindre compte d’un savant, qui pour éclaircir, ou pour corriger des passages difficiles d’auteurs de l’antiquité, un point de chronologie, une question intéressante de Géographie ou de Grammaire, fait usage de son érudition. On la traite de pédanterie, & l’on trouve par-là le véritable moyen de rebuter tous les jeunes gens qui auroient du zele & des talens pour réussir dans l’étude des humanités. Comme il n’y a point d’injure plus offensante que d’être qualifié de pédant, on se garde bien de prendre la peine d’acquérir beaucoup de littérature pour être ensuite exposé au dernier ridicule.

Il ne faut pas douter que l’une des principales raisons qui ont fait tomber les Belles-Lettres, ne consiste en ce que plusieurs beaux-esprits prétendus ou véritables, ont introduit la coutume de condamner, comme une science de collége, les citations de passages grecs & latins, & toutes les remarques d’érudition. Ils ont été assez injustes pour envelopper dans leurs railleries, les écrivains qui avoient le plus de politesse & de connoissance de la science du monde. Qui oseroit donc après cela aspirer à la gloire de savant, en se parant à propos de ses lectures, de sa critique & de son érudition ?

Si l’on s’étoit contenté de condamner les Hérilles, ceux qui citent sans nécessité les Platons & les Aristotes, les Hippocrates & les Varrons, pour prouver une pensée commune à toutes les sectes & à tous les peuples policés, on n’auroit pas découragé tant de personnes estimables ; mais avec des airs dédaigneux, on a relégué hors du beau monde, & dans la poussiere des classes, quiconque osoit témoigner qu’il avoit fait des recueils, & qu’il s’étoit nourri des auteurs de la Grece & de Rome.

L’effet de cette censure méprisante a été d’autant plus grand, qu’elle s’est couverte du prétexte spécieux de dire, qu’il faut travailler à polir l’esprit, & à former le jugement, & non pas à entasser dans sa mémoire ce que les autres ont dit & ont pensé.

Plus cette maxime a paru véritable, plus elle a flatté les esprits paresseux, & les a porté à tourner en ridicule la Littérature & le savoir ; tranchons le mot, le principal motif de telles gens, n’est que d’avilir le bien d’autrui, afin d’augmenter le prix du leur. Incapables de travailler, à s’instruire, ils ont blamé ou méprisé les savans qu’ils ne pouvoient imiter ; & par ce moyen, ils ont répandu dans la république des lettres, un goût frivole, qui ne tend qu’à la plonger dans l’ignorance & la barbarie.

Cependant malgré la critique amere des bouffons ignorans, nous osons assurer que les lettres peuvent seules polir l’esprit, perfectionner le goût, & prêter des graces aux Sciences. Il faut même pour être profond dans la Littérature, abandonner les auteurs qui n’ont fait que l’effleurer & puiser dans les sources de l’antiquité, la connoissance de la religion, de la politique, du gouvernement, des lois, des mœurs, des coutumes, des cérémonies, des jeux, des fêtes, des sacrifices & des spectacles de la Grece & de Rome. Nous pouvons appliquer à ceux qui seront curieux de cette vaste & agréable érudition, ce que Plaute dit plaisamment dans le prologue des Ménechmes : « La scène est à Epidamne, ville de Macédoine ; allez-y, Messieurs, & demeurez-y tant que la piece durera ». (D. J.)

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Étymologie de « littérature »

(Vers 1120) [1] Du latin litteratura (« écriture, grammaire, philologie, érudition ») [2].
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Lat. litteratura, de litteratus (voy. LETTRÉ) : proprement, l'alphabet, la connaissance des caractères de l'alphabet et de la grammaire.

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Phonétique du mot « littérature »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
littérature literatyr

Citations contenant le mot « littérature »

  • Le plagiat est la base de toutes les littératures, excepté de la première, qui d'ailleurs est inconnue. Jean Giraudoux, Siegfried, I, 6, Robineau , Grasset
  • La littérature est le chant du cœur du peuple et le peuple est l'âme de la littérature. De Jiang Zilong / La Vie aux mille couleurs
  • Le vrai littéraire ne saurait être le vrai de la nature. Honoré de Balzac, Le Cabinet des antiques, Préface
  • La littérature est l'expression de la société, comme la parole est l'expression de l'homme. Louis, vicomte de Bonald, Pensées sur divers sujets
  • Dites-vous bien que la littérature est un des plus tristes chemins qui mènent à tout. André Breton, Manifeste du surréalisme, Pauvert
  • Quand on légifère dans la littérature, il faut avoir au moins la courtoisie et la prudence de dire aux œuvres Après vous Louis Poirier, dit Julien Gracq, Lettrines, José Corti
  • Au fond, en littérature, on arrive, comme dans l'armée, à l'ancienneté ; le principal est de débuter. Georges Charles, dit Joris-Karl Huysmans, Lettre, 2 mars 1901
  • La littérature, d'accord avec la faim, consiste à supprimer le monsieur qui reste en l'écrivant […]. Stéphane Mallarmé, La Musique et les lettres, Gallimard
  • Qu'on ne dise pas que je n'ai rien dit de nouveau : la disposition des matières est nouvelle ; quand on joue à la paume, c'est une même balle dont joue l'un et l'autre, mais l'un la place mieux. Blaise Pascal, Pensées, 22 Pensées
  • J'ai écrit, et je suis prêt à récrire encore ceci qui me paraît d'une évidente vérité : C'est avec les beaux sentiments qu'on fait de la mauvaise littérature. Je n'ai jamais dit, ni pensé, qu'on ne faisait de la bonne littérature qu'avec les mauvais sentiments. André Gide, Journal, Gallimard
  • La critique devrait, en matière de littérature, être une sorte de pédagogie de l'enthousiasme. Louis Aragon, J'abats mon jeu, Éditeurs français réunis
  • Je ne conçois pas de littérature sans éthique. Marcel Arland, La Route obscure, Gallimard
  • Toutes les crises morales de la littérature sont les crises morales de la bourgeoisie. Charles-Louis Philippe, In Littérature contemporaine, par G. Le Cardonnel et Ch. Velay Mercure de France
  • La poésie, dans une œuvre, c'est ce qui fait apparaître l'invisible. Nathalie Sarraute, Tel quel, n° 9
  • Le monde peut fort bien se passer de la littérature. Mais il peut se passer de l'homme encore mieux. Jean-Paul Sartre, Situations II, Gallimard
  • On aimerait à savoir si c'est la littérature qui corrompt les moeurs ou les moeurs au contraire qui corrompent la littérature. De Alfred Capus / Notes et pensées
  • - Oui, que la Littérature existe et, si l'on veut, seule, à l'exclusion de tout. Stéphane Mallarmé, La Musique et les lettres, Gallimard
  • Littérature populaire ne signifie pas littérature lue par le peuple, c’est une littérature qui se doit de fournir en premier lieu une lecture pour le plus grand nombre de gens possible. De Jean-Bernard Pouy / Evene.fr - Juin 2006
  • Il n’y a pas d’heure pour la littérature ; la littérature n’est jamais à l’heure. De Bernard-Henri Lévy
  • Le bon goût en littérature est, à quelques égards, comme l'ordre sous le despotisme, il importe d'examiner à quel prix on l'achète. Anne Louise Germaine Necker, baronne de Staël-Holstein, dite Mme de Staël, De l'Allemagne
  • Il faut n'appeler Science que l'ensemble des recettes qui réussissent toujours. Tout le reste est littérature. Paul Valéry, Moralités, Gallimard
  • Que ton vers soit la bonne aventure Éparse au vent crispé du matin Qui va fleurant la menthe et le thym Et tout le reste est littérature. Paul Verlaine, Jadis et naguère, Art poétique , Messein
  • Le fait qu'une littérature ne mette rien en discussion signifie qu'elle est en train de perdre toute signification. Georg Brandes, Principaux courants de la littérature du XIXe siècle
  • Notre littérature est comme une poule, elle pond sans cesse. Et les ufs se ressemblent terriblement. Jalmari Finne, Jeune Finlande
  • Tout ce qui n'est pas littérature m'ennuie, et je le hais. Franz Kafka, Journal, 21 août 1913 Tagebücher
  • La grande littérature est simplement du langage chargé de sens au plus haut degré possible. Ezra Loomis Pound, How to Read, I, 4
  • La différence entre littérature et journalisme, c'est que le journalisme est illisible et que la littérature n'est pas lue. Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde, The Critic as an Artist
  • Il y a tout d'abord la littérature de la connaissance, et secondement, la littérature de la puissance. La fonction de la première est d'enseigner ; la fonction de la seconde est d'émouvoir. De Thomas de Quincey / Essais sur les poètes : Pope
  • Si Dieu existe, à quoi bon la littérature ? Si Dieu n'existe pas, alors à quoi bon faire de la littérature ? De Eugène Ionesco / Le Monde - 29 Novembre 1987
  • Il suffit d'ouvrir un manuel de littérature grecque ou latine pour constater que les belles époques littéraires sont d'un demi-siècle alors que les littératures dites de décadence durent six cent ans. De Julien Benda / La France Byzantine
  • Gardez foi en vous-mêmes, et vous garderez foi en la littérature. Comme toute valeur, la littérature ne vit que de foi. De Gilbert Choquette / La Flamme et la forge
  • Les lois de l'espace scénique sont différentes de celles de la littérature, mais l'enjeu reste toujours de faire passer le plus possible de littérature sur l'espace scénique. De Ricardo Prieto
  • La vie est la source de la littérature et la littérature doit être fidèle à la vie. De Gao Xingjian / La Montagne de l'âme
  • La littérature n'a rien à voir avec les souffrances des écrivains ou l'idée qu'ils se font de la littérature. De Christine Angot / Quitter la ville
  • Le roman policier est-il un genre dans la littérature ou une façon d'écrire hors littérature ? De Alain Demouzon / Entretien avec Jacques Jaubert - Mai 1980
  • La littérature ne change ni l'homme ni la société. Pour autant, l'absence de littérature rendrait l'homme encore plus infréquentable. De Tahar Ben Jelloun / Lire - Mars 1999
  • Le cinéma se nourrit de littérature, et la littérature se nourrit de tout, notamment de cinéma. De Martin Page / Evene.fr - Septembre 2005
  • ENQUÊTE - Pendant le confinement, les Français en ont profité pour lire ou relire les grandes œuvres de la littérature. Le Figaro.fr, Littérature: un besoin vital de classiques
  • QUIZ - Les maîtres de la littérature ont habité des demeures parfois étonnantes. Testez vos connaissances sur ces lieux à visiter cet été un livre à la main. Le Figaro.fr, Savez-vous où sont nés les chefs-d’œuvre de la littérature française?
  • Le roman francophone marocain d’aujourd’hui semble se caractériser par son orientation sur les « questions qui fâchent », selon la belle expression d’Asma Lamrabet. Plutôt que « concertante », tenant sagement sa voix dans le concert culturel national, cette littérature demeure « déconcertante » : elle s’attache volontiers à des thèmes sensibles, longtemps restés tabous, comme la sexualité, les Années de plomb, la migration clandestine et de manière générale, les carences politico-sociales du Maroc contemporain. En même temps, les écrivains marocains d’aujourd’hui travaillent à un renouveau de l’imaginaire et des formes littéraires. C’est leur voix propre que ce dossier de RELIEF désire faire entendre. Myriam Alaoui, Mokhtar Chaoui, Youssouf Amine Elalamy, Fouad Laroui, Mohamed Nedali, Abdelhak Serhane et Abdellah Taïa : autant d’écrivains qui sont à l’avant-scène de la littérature marocaine d’aujourd’hui et dont les œuvres sont étudiées ici dans leur spécificité. En outre, ce numéro propose trois fictions inédites et un essai sociologique sur les défis de l’édition au Maroc.TABLE DES MATIERESEditorialAnnelies Schulte Nordholt,  , RELIEF, revue électronique de littérature française, n° 14 : "Écritures francophones du Maroc contemporain"

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Traductions du mot « littérature »

Langue Traduction
Anglais literature
Espagnol literatura
Italien letteratura
Allemand literatur
Chinois 文学
Arabe المؤلفات
Portugais literatura
Russe литература
Japonais 文献
Basque literatura
Corse literatura
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Synonymes de « littérature »

Source : synonymes de littérature sur lebonsynonyme.fr

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