La langue française

Irrésistible

Sommaire

  • Définitions du mot irrésistible
  • Étymologie de « irrésistible »
  • Phonétique de « irrésistible »
  • Citations contenant le mot « irrésistible »
  • Images d'illustration du mot « irrésistible »
  • Traductions du mot « irrésistible »
  • Synonymes de « irrésistible »

Définitions du mot irrésistible

Trésor de la Langue Française informatisé

IRRÉSISTIBLE, adj.

Auquel on ne peut pas résister.
A. − Qui agit, se développe avec une telle force qu'il n'est pas possible de résister.
[En parlant d'une force matérielle] Attaque, courant irrésistible. [Les] irrésistibles escadrons des Gaulois et des Espagnols (Michelet, Hist. romaine, t. 2, 1831, p. 316).Un croc-en-jambe sec, nerveux, irrésistible comme la détente d'un ressort d'arbalète (Gautier, Fracasse,1863, p. 216).Une irrésistible poussée de foule les bouscula, les entraîna (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 554).
[En parlant d'un processus soc. ou parfois hist.] La Grande-Bretagne donne le spectacle de transformations lentes, sinueuses, irrésistibles et tout empiriques (Vedel, Dr. constit.,1949, p. 32).Ce fut, du cubisme aux écoles abstraites, l'irrésistible montée des recherches « plastiques » (Huyghe, Dialog. avec visible,1955, p. 62):
1. ... il se produit une commotion inévitable, un soulèvement irrésistible, et la guerre civile latente entre les classes se dénoue enfin par « l'effondrement violent de la bourgeoisie ». Jaurès, Ét. soc.,1901, p. XXXV.
[En parlant d'un affect, d'une réaction physique, psychol.] Synon. incoercible, irrépressible.Il y avait là un besoin que rien ne rassasiait, un appel irrésistible vers l'inaccessible, l'inconnaissable (Zola, Dr Pascal,1893, p. 83).Dans un irrésistible haut-le-cœur, Frédie revomit le tout sur la robe de chambre de sa mère (H. Bazin, Vipère,1948, p. 53):
2. À cette pensée si simple, qui ne m'était pas encore venue, je me sentis un découragement irrésistible. Je jetai les yeux sur la campagne, regardant çà et là l'horizon. Une grande faiblesse s'empara de moi; j'étais épuisé de fatigue. Musset, Confess. enf. s.,1836, p. 187.
SYNT. Amour, élan, besoin, désir, envie, impulsion, entraînement, sentiment, tendance, tentation irrésistible; fou-rire, larmes, toux irrésistible(s).
B. − Qui force l'adhésion intellectuelle, émotive, sans que l'on puisse s'y opposer.
[En parlant d'une pers.] Amuseur irrésistible. Votre savoir autant que votre esprit vous a fait éloquent, l'amour doit vous rendre irrésistible (Balzac, Enf. maudit,1831-36, p. 439):
3. Tout fondateur dans l'ordre spirituel doit se préoccuper de se rendre irrésistible. Les uns nous enveloppent de leurs charmes; les autres nous réduisent par la rigueur; Descartes nous communique sa vie... Valéry, Variété II,1929, p. 14.
[En parlant de qqc.] Gadget, nouveauté irrésistible. Les réclames irrésistibles multipliant leurs prestiges grossiers (Valéry, Variété II,1929p. 111):
4. Les préjugés populaires, dont Pascal entreprend la défense, sont fondés sur cette sorte d'instinct ou d'habitude de la nature sensitive, comme de s'en laisser imposer ou d'être ébloui, rempli de respect et de crainte par les signes extérieurs et l'appareil de la force, de la puissance, d'une autorité irrésistible, etc... Maine de Biran, Journal,1817, p. 81.
SYNT. Ascendant, force, persuasion irrésistible; argument, évidence irrésistible; allégresse, comique, effet irrésistible.
Emploi subst. masc. sing. à valeur de neutre :
5. Le génie ne va pas sans une force qui dans ses origines (...) est turbulence et grossièreté. Vous voyez l'éclat, vous subissez le choc et les effets, mais il y faut secrètement de l'indomptable, du forcené, de l'irrésistible et de l'impitoyable. Barrès, Cahiers, t. 14, 1923, p. 171.
C. − Qui a un tel pouvoir de séduction qu'on lui cède sans résistance. Charmant, séduisant et irrésistible.
[En parlant d'une pers.] Séducteur irrésistible. Il paraît qu'il avait été irrésistible, que toutes les femmes en étaient amoureuses (Léautaud, Essais,1903, p. 186).On la disait irrésistible auprès de la clientèle. « Elle aurait fait acheter un chapeau pour un âne » (Pesquidoux, Livre raison,1925, p. 112):
6. Lancelot vint. Il arrivait du Lac. Il était environné d'audace, de surnaturel et d'une sorte de phosphorescence. Il était jeune, beau, brave, irrésistible (...). Nul ne résistait à son prestige. Et vous l'aimiez et nous l'aimions... Cocteau, Chev. Table Ronde,1937, I, p. 151.
P. anal. Le printemps comme on l'imagine dans les contes de fées, l'exubérant, l'éphémère, l'irrésistible printemps du Midi, gras, frais, jailli en brusques verdures (Colette, Vagab.,1910, p. 260).
Emploi subst. M. Vidocq qui, comme vous le savez déjà, est un Lovelace, un irrésistible (Raban, Marco Saint-Hilaire, Mém. forçat, t. 1, 1828-29, p. 40).
[En parlant d'un comportement, d'une qualité] Attrait, charme, grâce, séduction irrésistible; sourire irrésistible. Elle a des façons qui sont irrésistibles (...) Jean, attendri, avoue à son tour le sortilège (Morand, Ouv. la nuit,1922, p. 198).Le marquis prit à partie MmeLigneul et se montra avec elle d'une galanterie irrésistible (Drieu La Roch., Rêv. bourg.,1939, p. 66).V. aussi irritant ex. 1.
En partic. [En parlant d'une chose] Des gilets de velours d'un galbe irrésistible (Mirbeau, Journal femme ch.,1900, p. 192).Je me suis offert un merveilleux galurin anglo-tyrolien irrésistible, dont je n'avais aucun besoin (Gide, Journal,1934, p. 1209).
Prononc. et Orth. : [ir(r)ezistibl̥]. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. 1. 1687 théol. (Nouvelles de la République des Lettres, mars, éd. P. Bayle, p. 258 : la grace resistible ou irresistible); 2. av. 1727 curiosité irresistible (Disc. fam. du café in Desfontaines, Dict. néologique, 2eéd., s.v. résistible d'apr. Proschwitz ds St. neophilol. t. 27, p. 232); 3. 1787 « à qui on ne peut résister » (Fér. Crit.). Dér. de résistible « à quoi on peut résister », terme de théol. (1687 grace resistible, supra) et terme gén. (Desfontaines, supra), dér. du rad. de résister*, suff. -ible*; un b. lat. irresistibilis est signalé par Forc., cf. FEW t. 10, p. 301b, note 4. Cf. dès 1478 le m. fr. irresistable « qui ne peut résister » (Leseur, Hist. de Gaston IV de Foix, éd. H. Courteault, t. 1, p. 14 : feblesse irresistable), dér. de resistable « capable de résister » (xives. ds Gdf.). Fréq. abs. littér. : 1 475. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 514, b) 1 762; xxes. : a) 2 904, b) 2 288.
DÉR.
Irrésistibilité, subst. fém.Caractère de ce qui est irrésistible. Louis a sur moi une manière d'ascendant − un extraordinaire pouvoir d'irrésistibilité (Valéry, Corresp. [avec Gide], 1893, p. 188).Cette suggestibilité s'exerce parfois à rebours, avec la même irrésistibilité : il a envie de rire quand tout le monde est sérieux (Mounier, Traité caract.,1946, p. 420).[ir(r)ezistibilite]. Att. ds Ac. 1798. 1resattest. av. 1715 théol. (Fénelon, Lettres au P. Lami sur la grâce ds Œuvres, éd. Versailles, 1820, t. 3, p. 309 : l'irrésistibilité de la grâce, c'est-à-dire son efficacité par sa propre nature ou essence), 1752 irrésistibilité (d'une évidence) (Trév.); de irrésistible, suff. -(i)té*.

Wiktionnaire

Adjectif

irrésistible \i.ʁe.zis.tibl\ masculin et féminin identiques

  1. À quoi l’on ne peut résister.
    • Toi et moi, nous ne sommes que les instruments aveugles d’une fatalité irrésistible qui nous entraîne comme deux vaisseaux poussés l’un vers l’autre par la tempête, qui se heurtent, se brisent et périssent. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Si l'on parle, le moindre mot possède une irrésistible puissance. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
    • Or savez-vous quels sont ses deux instincts naturels, irrésistibles dans l'ordre psychique ? c'est l'amour et la liberté. Ces deux instincts naturels se sont socialement combattus jusqu'à présent ; il a fallu que l'homme immolât ou plutôt subordonnât l'un à l'autre. — (Alexandre Dumas fils, La question du divorce, 1880, 12e éd., p.131)
    • L'avenir est à ceux qui savent le prédire. Se réformer, c'est se conformer à l'évolution irrésistible et lente des sociétés en marche vers le but inconnu. — (Pierre Louÿs, Liberté pour l'amour et pour le mariage, 1900, dans Archipel, 1932)
    • C’était un chaud lapin, disait-on au village, où il passait pour user envers les femmes d’arguments irrésistibles. — (Louis Pergaud, Joséphine est enceinte, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Henri Fagerolle, jeté brusquement dans une sorte de tourbillon irrésistible, avait entièrement perdu pied. Il se laissait glisser, ballotter, secouer dans les remous d'une existence qui ne lui accordait aucun répit. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 88)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

IRRÉSISTIBLE. adj. des deux genres
. À quoi on ne peut résister, au sens figuré. Charme irrésistible. Un penchant irrésistible m'entraîne. Force irrésistible.

Littré (1872-1877)

IRRÉSISTIBLE (i-rré-zi-sti-bl') adj.
  • 1À quoi on ne peut résister. Une attaque irrésistible. Une curiosité irrésistible, Disc. fam. du café, dans DESFONTAINES. Ce diable d'homme a toujours ses poches pleines d'arguments irrésistibles [d'argent], Beaumarchais, Barb. de Sév. IV, 8.

    Terme de théologie. Grâce irrésistible, grâce à laquelle on ne peut résister. Croire que la grâce est irrésistible est une hérésie.

  • 2À qui on ne peut résister, contre lequel on ne peut se défendre. C'est un homme irrésistible.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

IRRÉSISTIBLE, (Gramm.) à quoi on ne peut résister.

Tous ces termes sont négatifs, & l’on trouvera ce qu’ils comportent d’explication à leur acception positive, Remede, Pardon, Réparation, Reprendre, Reprocher, &c. Voyez ces mots.

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Étymologie de « irrésistible »

Lat. irresistibilis (QUICHERAT, Addenda), de in… 1, et resistere, résister.

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(XVIIe siècle) Dérivé de résistible avec le préfixe ir-.
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Phonétique du mot « irrésistible »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
irrésistible iresistibl

Citations contenant le mot « irrésistible »

  • La mode est la méthode la plus irrésistible et la plus efficace de manipuler de grandes collectivités humaines. De Konrad Lorenz / Les huit péchés capitaux de notre civilisation
  • Personne n'est jeune après quarante ans mais on peut être irrésistible à tout âge. De Coco Chanel
  • A vingt ans, la Parisienne est adorable ; à trente ans, irrésistible ; à quarante, charmante. Après quarante ans ? Jamais une Parisienne ne dépasse quarante ans. De André Maurois
  • Notre esprit a une irrésistible tendance à considérer comme plus claire l'idée qui lui sert le plus souvent. De Henri Bergson
  • Les idéals ayant un penchant si irrésistible à nous décevoir, c’est sagesse que d’en avoir plusieurs. De Henry de Montherlant / Service inutile
  • Il se dégage de certains êtres une séduction qui, favorisée par les circonstances, peut devenir irrésistible tout à coup ! De Sacha Guitry / Quadrille
  • Poussé par une irrésistible injonction à être soi, l'individu se rêve de plus en plus maître de sa vie. De Serge Chaumier / La déliaison amoureuse
  • Tous, nous sommes portés par un penchant irrésistible à désirer connaître la science, en laquelle nous estimons qu’exceller est une belle chose. De Cicéron
  • J'avais pour les étables un goût plus irrésistible que jamais courtisan pour les antichambres royales ou impériales. De Rosa Bonheur
  • La caractéristique vestimentaire du con consiste en un besoin irrésistible de s'habiller comme tout le monde. De Pierre Desproges / Manuel du savoir-vivre
  • La voix de Dieu est silencieuse, elle exerce une pression infiniment légère, jamais irrésistible, Dieu ne donne pas des ordres, il lance des appels... De Paul Evdokimov / L'Amour fou de Dieu
  • La lettre d'amour s'exalte en écrivant : plus les mots vont plus vous aimez, à la fin c'est irrésistible. De Jacques Folch-Ribas / Le Valet de plumes
  • Quand les gens te sourient, ce n'est pas inclination naturelle, ce n'est que l'épanchement irrésistible du plaisir grossier qu'ils éprouvent à se sentir écoutés, sollicités. De Réjean Ducharme / L'océantume
  • La mort. C'est la perte totale, l'anéantissement définitif, irrésistible d'une conscience, le retrait absolu du mouvement. De Wilfrid Lemoine / Le Déroulement
  • L'appel du sang est assurément irrésistible, et on ne fait jamais d'une hyène un mouton. De Ahmadou Kourouma / En attendant le vote des bêtes sauvages

Images d'illustration du mot « irrésistible »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « irrésistible »

Langue Traduction
Anglais irresistible
Espagnol irresistible
Italien irresistibile
Allemand unwiderstehlich
Chinois 不可抗拒的
Arabe لا يقاوم
Portugais irresistível
Russe непреодолимый
Japonais たまらない
Basque liluragarria
Corse irresistibile
Source : Google Translate API

Synonymes de « irrésistible »

Source : synonymes de irrésistible sur lebonsynonyme.fr
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