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Grotte

Sommaire

  • Définitions du mot grotte
  • Étymologie de « grotte »
  • Phonétique de « grotte »
  • Citations contenant le mot « grotte »
  • Images d'illustration du mot « grotte »
  • Traductions du mot « grotte »
  • Synonymes de « grotte »

Définitions du mot grotte

Trésor de la Langue Française informatisé

GROTTE, subst. fém.

A. −
1. Caverne naturelle dans un rocher − quelquefois souterraine ou sous-marine −, ou qui est creusée de main d'homme, et sert parfois de lieu d'habitation. Synon. région. baume2.Grotte funéraire, préhistorique; grotte marine; grotte fraîche, obscure, profonde; grotte miraculeuse, de la Nativité; grotte de Fingal, de Lascaux. De nombreuses grottes antiques, creusées par la nature ou par la main des hommes, servirent de retraite aux solitaires (Lenoir, Archit. monast.,1852, p. 1).Les eaux d'infiltration, en arrivant à l'air abandonnent une partie du calcaire qu'elles tiennent en dissolution et le déposent sur les parois des grottes sous forme de stalactites et de stalagmites (Boule, Conf. géol.,1907, p. 13) :
1. Les millions de haches éclatées trouvées dans les cavernes (...), les fresques découvertes sur les parois des grottes représentent évidemment la production d'une très longue série de siècles (...). L'art des troglodytes n'est pas fait de tâtonnements obscurs, il se développe avec une logique et un accroissement d'intelligence qu'on devine et dont on peut embrasser les grandes lignes... Faure, Hist. art,1909, p. 26.
P. métaph. La rime éveille, par le son et l'écho, les génies engourdis dans la grotte de la conscience, prisonniers de l'oubli ou de l'indifférence (L. Daudet, Hérédo,1916, p. 12).
2. P. anal. Abri de verdure, formé d'arbres entrelacés. Les vignes sauvages, les bignonias, les coloquintes (...) s'élancent de l'érable au tulipier, du tulipier à l'alcée, en formant mille grottes, mille voûtes, mille portiques (Chateaub., Génie, t. 2, 1803, p. 175) :
2. J'aimais surtout à m'arrêter sous les marronniers immenses quand ils étaient jaunis par l'automne. Que d'heures j'ai passées dans ces grottes mystérieuses et verdâtres à regarder au-dessus de ma tête les murmurantes cascades d'or pâle qui y versaient la fraîcheur et l'obscurité! Proust, Plais. et jours,1896, p. 234.
B. − ARTS DÉCORATIFS. Construction artificielle, en forme de grotte, faite de roches rapportées, ornée de coquilles, de fleurs, de jets d'eau, réalisée dans un parc, un jardin (ou en intérieur, souvent sous forme miniaturisée). Synon. rocaille, grotte rustique.Grotte de Médicis, de Meudon. Un filet d'eau minuscule s'égouttait d'une grotte en rocaille (Rolland, J.-Chr., Buisson ard., 1911, p. 1343).En dehors de la grotte des Tuileries dont on possède quelques débris, rien ne peut lui être attribué [à Bernard Palissy] avec certitude (G. Fontaine, Céram. fr.,1965, p. 24) :
3. ... jusqu'aux grottes incrustées de coquillages, et où sommeillent des amours d'un autre siècle, tout, en ce domaine antique, a gardé sa physionomie des vieux âges... Maupass., Contes et nouv., t. 1, Jadis, 1883, p. 597.
Représentation de la grotte de Lourdes dans une église ou un lieu de pèlerinage. Une église romane qu'on avait rafistolée comme on avait pu. Il y avait de belles statues de plâtre (...). La grotte de Lourdes fut longtemps ce qu'Armand imagina de plus beau sur la terre, avec sa Vierge au manteau bleu (Aragon, Beaux quart.,1936, p. 54).
Prononc. et Orth. : [gʀ ɔt]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. 1280 grote (Doc. en fr. des Arch. angevines de Naples, II, 154 d'apr. R. Arveiller ds R. Ling. rom. t. 35, p. 217); début xives. (Geste des Chiprois, éd. G. Raynaud, p. 189), attest. isolées dans des textes italianisants; 2. [1537 grotte (trad. du Courtisan de Castiglione d'apr. Dauzat 1973 et Lar. Lang. fr.)] 1555 grotte (Ronsard, Meslanges ds Œuvres, éd. P. Laumonnier, t. 6, p. 179, 46). Empr. deux fois à l'ital.grotta, attesté au sens de « cavité naturelle » dep. 1300-13 (Dante, Enfer, ds Batt.; déjà attesté au mil. xiiies. au sens d'« escarpement », Novellino, ibid.), du lat. crypta « grotte » (cf. crypte); a supplanté l'a. m. fr. cro(u)te « caverne », attesté de ca 1223 (G. de Coinci, Mir. Vierge, éd. V. F. Koenig, II Mir. 28, 460) à 1671 (Pomey), encore attesté dans les dial. (v. FEW, t. 2, p. 1384b) et directement issu de crypta. Fréq. abs. littér. : 1 236. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 2 775, b) 1 929; xxes. : a) 1 470, b) 969. Bbg. Archit. 1972, p. 180. - Dauzat (A.). Notes étymologiques... Fr. mod. 1940, t. 8, pp. 310-318. - Hope 1971, p. 201. - Kohlm. 1901, p. 47. - Quem. DDL t. 1, 6. - Vidos (B.E.). Contribution à l'ét. du lex. français... Fr. mod. 1940, t. 8, pp. 133-142. - Wind 1928, p. 39, 43, 149.- Wis (M.). Zur ältesten Geschichte von Grotte. Neuphilol. Mitt. 1963, t. 64, pp. 129-143.

Wiktionnaire

Nom commun

grotte \ɡʁɔt\ féminin

  1. Cavité plus ou moins profonde, dans un rocher ou dans une montagne, naturelle ou faite de main d’homme.
    • Ce que, dans l’obscurité, ils avaient pris pour une simple excavation, était une grotte naturelle, comme on en rencontre tant dans ces contrées. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
    • A peu de distance de Dinant, en Belgique, dans la vallée de la Lesse, il existe un assez grand nombre de ces grottes qui ont dû servir d’habitation ou de refuge à nos ancêtres ; […] — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 176)
    • Pendant qu'on décharge mes bêtes, je me précipite vers la grotte fraîche et ombreuse où jaillit la source et j'en prends possession pour le reste de la journée. — (Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, p. 256)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

GROTTE. n. f.
Cavité plus ou moins profonde, dans un rocher, dans une montagne naturelle ou faite de main d'homme. Grotte profonde. À l'entrée de la grotte. Au fond de la grotte. Faire une grotte dans un jardin. Une grotte de rocailles et de coquillages. La grotte de Calypso.

Littré (1872-1877)

GROTTE (gro-t') s. f.
  • Caverne naturelle ou faite de main d'homme. Remplissez l'air de cris en vos grottes profondes, Pleurez, nymphes de Vaux, faites croître vos ondes, La Fontaine, Élég. pour Fouquet. On lira avec un plaisir mêlé d'horreur le récit de leur descente dans la grotte d'Antiparos, c'est-à-dire dans trois ou quatre abîmes affreux qui se succèdent les uns aux autres, Fontenelle, Tournefort. Qui est-ce qui est sorti des grottes d'Arcy, sans être convaincu par la vitesse avec laquelle les stalactites s'y forment et s'y réparent, que ces grottes se rempliront un jour et ne formeront plus qu'un solide immense ? Diderot, Interprét. de la nat. n° 37. Chanter Pomone et Pan, les ruisseaux, les moissons, Les vierges aux doux yeux et les grottes muettes, Et de l'âge d'amour les ardeurs inquiètes, Chénier, Idylles, Épilogue.

HISTORIQUE

XIe s. Ad Apolin [ils] courent en une crute, Ch. de Rol. CLXXXIII.

XIIe s. Par ces noveles furent mult li moine esmaié, E pur ço l'unt es crutes enterré e mucié, Th. le mart. 155.

XIIIe s. Il voit Renart qui poi le doute ; Car il s'est mis dedenz sa croute, Ren. 716. Son sepulcre et sa crois nous avoit il laissie ; Jherusalem ont pris la pute gent haïe, El moustier n'a autel ne croute beneïe, Que lor palefroi n'ait ordée [salie] et cunceïe [conchiée], Ch. d'Ant. I, 820.

XVe s. En ce terme que il [Espaignolet] le tint [le chastel de Cremale], il fit une croute en terre qui vuidoit aux champs et entroit en la salle, Froissart, II, III, 23.

XVIe s. Ou bien s'il a quelque soin, C'est de s'endormir au coin De quelque grotte sauvage, Ronsard, Odes, v, 16.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

GROTTE, s. f. cripta, (Hist. nat.) On nomme ainsi les cavernes, les creux ou les espaces vuides qui se rencontrent dans le sein de la terre, & surtout dans l’intérieur des montagnes. Buttner & la plûpart des Naturalistes attribuent la formation des grottes aux bouleversemens causés par le déluge universel ou par d’autres révolutions particulieres, telles que celles qu’ont pu causer les feux soûterreins ; ou aux eaux qui en pénétrant au-travers des montagnes & des roches qui les composent, ont entraîné & détaché les substances, telles que la terre, le sable, &c. qui leur présentoient le moins de résistance, & n’ont laissé subsister que les plus solides qu’elles n’ont pû entraîner avec elles. Les grottes varient pour la grandeur & pour les phénomenes qu’elles présentent ; il n’y a guere de pays montagneux où l’on n’en trouve quelques-unes.

La grotte de Baumann, située dans le duché de Brunswick, entre Blankenbourg & Elbingrode, est une des plus fameuses que l’on connoisse en Europe ; elle est d’une étendue très-considérable, & composée d’un grand nombre de cavernes qui communiquent les unes aux autres. Ces cavernes sont remplies de stalactites & de concrétions pierreuses, qui offrent aux yeux des figures tout-à-fait singulieres, & que l’imagination prévenue rend peut-être encore plus merveilleuses. Il y auroit même lieu de soupçonner que l’art a quelquefois aidé à perfectionner des ressemblances que la nature n’avoit fait qu’ébaucher ; tel est peut-être le cheval, &c. que l’on dit être ou avoir été dans cette grotte. On trouve encore dans la roche qui forme cette grotte, des ossemens d’animaux, que la crédulité a fait regarder comme des os de géants. L’on vante encore l’unicornu fossile, ou le squelette d’un animal fabuleux appellé licorne, mais que l’on ne regarde actuellement que comme le squelette du poisson appellé narwal. Voyez Behrens, Hercynia curiosa.

Le célebre Tournefort nous a donné dans son voyage du Levant, tome I. pag. 190. une description très-curieuse de la fameuse grotte d’Antiparos, dans l’Archipel : elle est remarquable par la beauté des stalactites & des concrétions d’une forme singuliere qu’elle présente. Ces stalactites sont de l’espece de marbre veiné & couleur d’onyx, que l’on nomme communément albâtre oriental, & qui ne doit être regardé que comme un marbre plus épuré, entraîné par les eaux, & déposé ensuite sur les parois de la grotte par ces mêmes eaux, après qu’elles ont été filtrées au-travers de la pierre.

La France fournit un grand nombre de grottes, aussi curieuses & intéressantes pour les observateurs de l’Histoire naturelle, que celles d’aucune autre contrée de l’Univers : telle est entre autres la grotte ou caverne d’Arcy dans la Bourgogne, décrite à l’article Arcy, sans compter celles qui se trouvent en plusieurs autres endroits du Dauphiné, de la Franche-Comté, &c. & en général dans les pays montagneux. Voyez l’artic. Glaciere naturelle. La plûpart de ces grottes & cavernes sont sujettes à se remplir peu-à-peu, au point que des endroits où l’on passoit librement, se trouvent resserrés au bout d’un certain tems, & finissent même par se boucher entierement. Cela arrive par le concours continuel d’une eau chargée de parties lapidifiques, qui tombe goutte-à-goutte de la voûte ou partie supérieure de ces cavernes.

Les rochers dont les Alpes sont composés, sont remplis en quelques endroits de cavités ou de grottes, d’où les habitans de la Suisse vont tirer le crystal de roche. On reconnoît la présence de ces cavités, lorsqu’en frappant avec de grands marteaux de fer sur les roches, elles rendent un son creux. Ce qui les indique d’une maniere encore plus sûre, c’est une veine ou zone de quartz blanc, qui coupe la roche en differens sens ; elle est beaucoup plus dure que le reste de la roche. Les habitans de la Suisse la nomment bande ou ruban. Un autre signe auquel on connoît la présence d’une grotte contenant du crystal de roche, c’est lorsqu’il suinte de l’eau au-travers du roc, près des endroits où l’on a observé ce qui précede. Lorsque toutes ces circonstances se réunissent, on ouvre la montagne avec une grande apparence de succès, soit à coups de ciseau, soit à l’aide de la poudre à canon ; on forme ensuite un passage à peu-près semblable aux galeries des mines. On a remarqué qu’il se trouvoit toûjours de l’eau dans ces grottes ; elle s’amasse dans le bas après être tombée goutte à goutte par la partie supérieure.

Il y a tout lieu de croire qu’on acquerroit beaucoup de connoissances sur la formation des crystaux & des pierres, si on examinoit attentivement la maniere dont la nature opere dans les grottes, & si l’on analysoit par les moyens que fournit la Chimie, les eaux qu’on y rencontre, & auxquelles sont dus tous les phenomenes qu’on y remarque. Voy. Crystal, Crystallisation, & Pierre. (—)

Grotte du Chien, (Géogr. & Hist. nat.) en italien grotta del cane, buco velenoso, grotte ou caverne d’Italie, au royaume de Naples, célebre de tout tems par ses exhalaisons mortelles.

Les anciens l’ont nommé spiracula & scrobes Charoneæ ; Pline en fait mention liv. II. ch. cxiij. Elle est située proche du lac d’Agnano, entre Naples & Pouzzoles, sur le chemin qui conduit à cette derniere ville, à deux milles de la premiere, & au pié de la montagne appellée de nos jours la solfatara, autrefois forum Vulcani, & leucogæi colles.

Cette fameuse mofeta a pris le nom moderne qu’elle porte, de ce qu’on éprouve communément ses effets pernicieux sur les chiens ; elle ne laisse pas cependant d’être également funeste aux autres animaux qui se trouvent exposés à la portée de ses vapeurs. On dit que Charles VIII. roi de France en fit l’essai sur un âne, & que deux esclaves qui y furent mis la tête en-bas par ordre de Pédro de Tolede, vice-roi de Naples, y perdirent la vie ; je ne garantis point ces sortes de traits historiques : une exacte description de la grotte est ici l’objet le plus important.

Elle a environ huit piés de haut, douze de long, sur six de large. Il s’éleve de son fond une vapeur chaude, ténue, subtile, qu’il est aisé de discerner à la vûe. Cette vapeur ne sort point par petites parcelles, mais elle forme un jet continuel qui couvre toute la surface du fond de la grotte ; & il y a cette différence entre cette vapeur & les vapeurs ordinaires, que la vapeur malfaisante de la grotte du chien ne se disperse point dans l’air, & qu’elle retombe un moment après s’être élevée. La couleur des parois de notre grotte est la mesure de son élévation : car les parois sont d’un verd foncé jusque-là, & de couleur de terre ordinaire au-dessus, à la hauteur de plus de dix pouces.

Le docteur Méad s’est tenu debout dans la grotte, la tête haute, sans en recevoir aucune incommodité ; & tout animal dont la tête se trouve au-dessous de cette marque, ou que sa petitesse empêche de porter sa tête au-dessus de la vapeur, perd tout-d’un-coup le mouvement, comme s’il étoit étourdi ; ensuite au bout d’une trentaine de secondes, il paroît comme mort ou en défaillance : bien-tôt après ses membres sont attaques de tremblemens convulsifs ; à la fin, j’entends dans l’espace d’une minute, il ne conserve d’autre signe de vie qu’un battement presqu’insensible du cœur & des arteres, qui ne tarde même pas à cesser, lorsqu’on laisse l’animal un peu trop long-tems, je veux dire deux ou trois minutes, & pour lors sa mort est infaillible. Si au contraire, d’abord après la défaillance on le tire dehors de la grotte, il reprend ses sens & ses esprits, sur-tout lors qu’on le plonge dans le lac d’Agnano, qui est à vingt pas de-là.

Cette derniere circonstance n’est point toutefois d’une nécessité absolue. On lit dans l’hist. de l’ac. des Scienc. qu’un chien qui servit à l’épreuve ordinaire, en présence de M. Taitbout de Marigny, consul à Naples, fut simplement jetté sur l’herbe, & que peu de tems après il reprit sa vigueur au point de courir ; on conçoit même que si on jettoit le chien au sortir de la grotte, assez avant dans le lac pour qu’il y nageât, immobile comme il est dans ce moment, il périroit plutôt que de revenir.

J’ajoute en terminant la description de la grotte de Naples, qu’on ne la laisse point ouverte ; que celui qui en a la clé, fait ordinairement son expérience sur un chien quand quelqu’un desire de la voir ; & enfin qu’il couche toûjours cet animal à terre dans la grotte, en faisant son expérience.

Peut-être que les animaux qu’on éprouve de cette maniere, respirent au lieu d’air, des vapeurs minérales, suffoquantes, c’est-à-dire une vapeur ténue, imprégnée de certaines particules, qui étant unies ensemble, composent des masses très-pesantes, lesquelles bien-loin de faciliter le cours du sang dans les poumons, sont plus propres à chasser l’air de leurs vésicules, & à retrécir les vaisseaux par leur trop grande pesanteur ; au moyen de ce poids subit, les vésicules pulmonaires s’affaissent, & la circulation du sang vient à cesser. Lors au contraire qu’on tire à tems l’animal de cette vapeur minérale, la petite portion d’air qui reste dans les vésicules après chaque expiration, peut avoir assez de force pour expulser ce fluide pernicieux, sur-tout si l’on plonge l’animal dans l’eau ; en effet, il arrive que l’eau aidant par sa froideur la contraction des fibres, fait reprendre au sang son premier cours, comme on l’éprouve tous les jours dans les syncopes ; mais si cette stagnation continue trop long-tems, il est aussi impossible de rendre la vie à l’animal, que s’il étoit parfaitement étranglé ; & le lac d’Agnano même n’est d’aucune utilité dans ce dernier cas, ce qui montre que son eau n’a pas plus de vertu qu’une autre, & qu’elle n’est point un spécifique particulier contre le poison de la grotte.

Il semble présentement qu’on est dispensé de recourir à un poison singulier des vapeurs minérales de la caverne, pour expliquer la mort des animaux qui y périssent, si l’on considere que ces animaux, quand on les tire promptement hors de cet endroit, reviennent à eux sans conserver aucun signe de foiblesse, ni aucun des symptomes que l’on remarque dans ceux qui ont respiré un air imprégné de particules malignes par elles-mêmes ; de plus, les corpuscules venéreux, s’il y en avoit, devroient infecter pour le moins à quelque degré l’air qui regne dans la partie supérieure de la grotte, & cependant ils ne causent aucun dommage à ceux qui le respirent. Ajoûtez, que par l’ouverture faite des animaux auxquels l’air du bas de la grotte a causé la mort, on ne découvre rien d’extraordinaire ni dans leurs fluides, ni dans leurs solides.

Cependant j’avoue que toutes ces raisons ne suffisent pas, pour porter la conviction dans l’esprit, parce que la nature & les effets des poisons nous sont entierement inconnus ; celui-ci peut n’exercer son empire qu’à une certaine distance, & ne produire aucun changement dans le cadavre. Tout ce qu’on a pu découvrir de la qualité des particules minérales qui s’élevent en vapeurs dans la grotte du chien, c’est qu’elles doivent être pour la plupart vitrioliques, du-moins à en juger par la couleur verdâtre de la terre, & par son goût aigrelet qui tient beaucoup de celui du phlegme de vitriol.

Au reste, il est très-apparent qu’on pourroit creuser ici sur la même ligne d’autres grottes funestes, où les mêmes effets se feroient sentir.

Quoi qu’il en soit, l’antiquité nomme plusieurs autres cavernes célebres par des exhalaisons mortiferes. Telle étoit la Méphitis d’Hiérapolis, dont il est parlé dans Cicéron, dans Galien, & dans Strabon, qui avoient été témoins de ses effets. Telle étoit encore la caverne de Corycie, specus Corycius, dans la Cilicie, qui, à cause de ses exhalaisons empestées, pareilles à celles que les Poëtes donnent à Typhon, étoit appellée l’antre de Typhon, cubile Typhonis. Pompomus Mela n’a pas oublié de la décrire, & elle paroit aussi ancienne qu’Homere : car le mont Arima où il place cette caverne méphitique, étoit à ce que dit Eustathius, une montagne de Cilicie.

Enfin les vapeurs pernicieuses de toute nature ne sont pas rares : & bien qu’elles soient plus fréquentes dans les mines, dans les puits, dans les carrieres, & dans d’autres lieux semblables, on ne laisse pas d’en rencontrer quelquefois sur la surface de la terre, sur-tout dans les pays qui abondent en minéraux, ou qui renferment des feux soûterreins, tels que sont en Europe la Hongrie, la Sicile, & l’Italie. Voyez Exhalaison, Mophete, &c. (D. J.)

Grotte d’Arcy, voyez l’article Arcy.

Grotte du desert de la tentation, (Géog.) grotte de la Palestine, où l’on suppose sans aucun fondement que Jesus-Christ fut tenté par le démon dans un lieu desert ; je dis, où l’on suppose sans aucun fondement, parce que les Evangélistes qui nous donnent le détail de la tentation, ne parlent point de grotte : cependant le P. Nau prétend dans son voyage de la Terre-Sainte, liv. IV. ch. jv. qu’elle se voit sur une montagne de la Palestine, dont le sommet est extrèmement élevé, & dont le fond est un abysme. Il ajoûte que cette montagne se courbant de l’occident au septentrion, présente une façade de rochers escarpés, qui s’ouvrent en plusieurs endroits, & forment plusieurs grottes de différentes grandeurs. Voilà donc chacun maître de fixer à sa fantaisie sur cette montagne la grotte prétendue de la tentation de notre Sauveur ; & comme tout y est également desert, le choix ne sera que plus facile. (D. J.)

Grotte de Naples, (Géog.) quelques-uns l’appellent aussi grotte de Pouzzoles, parce qu’elle conduit de Naples à Pouzzoles au-travers de la montagne Pausilipe. Voyez Pausilipe. (D. J.)

Grotte de Pouzzoles, (Géog.) voyez Pausilipe.

Grotte de Notre Dame de la Balme, (Géog. & Hist. nat.) grotte de France dans le Dauphiné, sur le chemin de Grenoble. On lui donnoit autrefois 50 toises d’ouverture & 60 de largeur ; mais il est arrivé par un nouvel examen que cette spacieuse caverne a diminué prodigieusement de dimension : & les physiciens modernes après bien des recherches, n’ont pû trouver de nos jours, ni le goufre, ni le lac dont parle Mézeray dans la vie de François Lannée 1548. Ce gouffre affreux a entierement disparu, & ce vaste lac se réduit à un petit ruisseau. (D. J.)

Grotte de Quingey, (Géogr. & Hist. nat.) grotte de Franche-Comté, à une lieue de Quingey, & à cinquante pas du Doux. Elle est longue & large, & la nature y a formé des colonnes, des festons, des trophées, des tombeaux, enfin tout ce que l’on veut imaginer : car l’eau dégouttant sur diverses figures, s’épaissit, & fait mille grotesques. Cette caverne est habitée par des chauves-souris du-haut en-bas ; ainsi ceux qui voudront la visiter, doivent faire provision de flambeaux & de just-au-corps de toile, tant pour y voir clair, que pour ne pas gâter leurs habits. Le terrein est fort inégal, selon les congelations qui s’y sont faites ; il est même vraissemblable qu’avec le tems il sera entierement bouché. Voyez la description que M. l’abbé Boizot a donnée de cette grotte dans le journal des savans, du 9 Septembre 1686. (D. J.)

Grotte de la Sibylle, (Géog. & Hist. nat.) grotte d’Italie au royaume de Naples, auprès du lac d’Averne. La principale entrée en est déjà comblée, & celle par laquelle on y parvient aujourd’hui, s’affaisse & se bouche tous les jours ; c’est une des merveilles d’Italie qu’il faut rayer de ses fastes. (D. J.)

Grottes de la Thébaïde, (Géog.) Ces grottes sont de vraies carrieres qui, selon le récit des voyageurs, occupent un terrein de dix à quinze lieues, & qui sont creusées dans la montagne du levant du Nil. Voyez Thébaïde. (D. J.)

Grotte artificielle, (Hist. des Arts.) Les grottes artificielles sont des bâtimens rustiques faits de la main des hommes, & qui imitent des grottes naturelles autant que l’on le juge à-propos ; on les décore au-dehors d’architecture rustique ; on les orne en-dedans de statues & de jets-d’eau ; on y employe les congelations, les pétrifications, les marcassites, les crystaux, les amétistes, le nacre, le corail, l’écume de fer, & généralement toutes sortes de minéraux fossiles, & de coquillages ; chaque nation porte ici son goût particulier ; mais un des ouvrages des plus nobles & des plus achevés qu’il y ait eu en ce genre, étoit la grotte de Versailles, qui ne se voit plus qu’en estampe. (D. J.)

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Étymologie de « grotte »

(Siècle à préciser) Emprunté à l’italien grotta, du latin crypta, prononcé populairement \ˈkrup.ta\, lui-même emprunté au grec ancien κρύπτη, krúptē (« voûte souterraine ») → voir crypte.
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Génev. croton, cachot ; provenç. crota, clota, cropta ; ital. grotta ; du bas-lat. crupta, grupta, dans un texte de 887, qui représente le latin crypta, caverne (voy. CRYPTE).

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Phonétique du mot « grotte »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
grotte grɔt

Citations contenant le mot « grotte »

  • Ignorant presque tout de la jouissance féminine, conscient sans vouloir se l'avouer de ses propres faiblesses, l'homme est à jamais terrifié par l'énigme irrésolue de la grotte primitive. De Henri Barte / Pourquoi les hommes et les femmes ne s'entendent plus
  • Foissac, c’est le nom d’un village de l’Ouest Aveyron mais aussi celui d’une grotte préhistorique découverte en 1965 par les spéléologues de la ville de Capdenac toute proche. En bordure du causse du Quercy et sur un plateau calcaire qui domine la vallée du Lot, la grotte de Foissac a la même datation que celle de Lascaux mais sans en posséder l’égale notoriété. Car ses responsables, depuis son exploitation en 1973, ont toujours essayé de trouver le juste équilibre entre économie (mise à mal tout dernièrement avec la Covid-19) et conservation. "Cette grotte a un équilibre naturel à l’image d’un corps humain. Ses boyaux sont comme un intestin avec ses propres défenses immunitaires, ses bonnes et mauvaises bactéries. Il faut faire confiance à la nature, moins on y touche, mieux c’est", indique Sébastien Du Fayet, qui la protège depuis une vingtaine d’années. Car cette pépite présente d’innombrables richesses dans un état exceptionnel à cause ou grâce à l’effondrement brutal de son entrée il y a 5 000 ans, qui a ainsi permis de conserver intactes les traces de ses dernières occupations. "Elle est restée telle quel, dans son jus ! Ses vestiges sont originaux car ils sont restés en place. Rien n’a été sorti. Ce sont les archéologues qui ont appris à les déchiffrer d’après leurs prises de vues, et sans gratter. Si ça se trouve, il y a encore des trésors inestimables en dessous", confie le responsable. "Elle a été aménagée au public en même temps qu’elle était étudiée". C’est aussi ça l’originalité de la grotte de Foissac ! ladepeche.fr, La grotte préhistorique de Foissac, "un site passion" - ladepeche.fr
  • Située sur le plateau du Bosc de Lacalm, la grotte du Bosc, découverte le 2 septembre 1936 par une équipe de spéléo dont Raoul Régi faisait partie et qui en deviendra propriétaire en 1938, est un des lits primitifs de la rivière du Bosc. Entre 1936 et 1938, la grotte fut électrifiée et aménagée. L’aménagement fut modernisé à plusieurs reprises. Repreneur en 1979 de l’organisation touristique des visites de la grotte initiée par ses parents dès 1938, Pierre Régi a fermé la grotte en avril 2019 désireux de prendre sa retraite. Fort de ce constat, la communauté de communes Quercy Rouergue & Gorges de l’Aveyron a décidé de racheter les parcelles abritant la grotte afin qu’elle reste ouverte au public. La Grotte du Bosc est un de nos petits trésors uniques par la variété de ses couleurs et l’exceptionnelle richesse de ses concrétions. Partie intégrante de notre patrimoine géologique local, elle redevient accessible aux visiteurs suite à de nombreux aménagements et mises aux normes réalisées par les équipes de la Communauté de Communes QRGA. Notamment construction de toilettes avec accès handicapé et assainissement par phytoépuration et à terme remise en état et aux normes du bâtiment d’accueil, aménagement d’un parking, d’un sentier d’interprétation autour de la grotte… Visite sur réservation auprès de l’Office de tourisme intercommunal ladepeche.fr, Saint-Antonin-Noble-Val. Réouverture de la Grotte du Bosc. - ladepeche.fr
  • En plus d’avoir réduit le nombre de visiteurs, les propriétaires de la grotte ont dû rendre le port du masque obligatoire pour les personnes de plus de 11 ans. Du gel hydroalcoolique est également à disposition au début de la visite. "C’est une autre façon de gérer les choses, affirme Sylvie Crozat, la gérante du lieu. Mais les gens sont compréhensifs". petitbleu.fr, Retour progressif des touristes dans les grottes de Lastournelle - petitbleu.fr
  • Après la découverte de cette grotte naturelle souterraine, les chercheurs supposent que cet édifice symbolisait la relation entre l’allée des Morts et le monde souterrain humide, la pyramide faisant office d’ancre représentant la terre. Fredzone, Découverte d'une grotte naturelle sous la Pyramide de la Lune à Teotihuacan
  • Par temps de fortes chaleurs estivales, c’est l’un des endroits en Gironde où l’on est sûr de trouver de la fraîcheur. La grotte célestine de Rauzan, située sous la ville du même nom, rouvre ses portes ce lundi 13 juillet. SudOuest.fr, Gironde : la grotte célestine de Rauzan rouvre ses portes ce lundi 13 juillet
  • Et si nous suivions Daphné Michelas dans une grotte, devenue haut lieu historique après les événements de la Seconde Guerre mondiale. France Bleu, La Grotte de la Luire, entre site de mémoire et site naturel.
  • Véritable expérience immersive, cette réplique de la grotte Cosquer s’effectuera à bord de « wagonnets » pouvant accueillir six personnes. Il se déplaceront à la vitesse de 400 mètres/heure, « soit dix fois moins vite que la vitesse de marche », explique Kleber Rossillon. « Le circuit de 200 mètres devrait durer un peu plus de 30 minutes. C’est pensé pour permettre d’admirer au mieux chaque oeuvre. D’autant que les nacelles pivotent sur elles-mêmes afin que le spectateur les admire dans la meilleure position ». Made in Marseille, La réplique de la Grotte Cosquer dévoile ses premières images

Images d'illustration du mot « grotte »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « grotte »

Langue Traduction
Anglais cave
Espagnol cueva
Italien grotta
Allemand höhle
Chinois 洞穴
Arabe كهف
Portugais caverna
Russe пещера
Japonais 洞窟
Basque haitzuloan
Corse grotta
Source : Google Translate API

Synonymes de « grotte »

Source : synonymes de grotte sur lebonsynonyme.fr
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