Éternité : définition de éternité


Éternité : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

ÉTERNITÉ, subst. fém.

A.−
1. Ce qui n'a ni commencement ni fin. L'immobile éternité, incompréhensible comme l'éternité. Dieu est de toute éternité (Ac.). Ils croyaient [les mages], dit Chardin, à l'éternité d'un premier être, qui est la « lumière » (Dupuis, Orig. cultes,1796, p. 318).En chinois l'idée d'éternité est exprimée par le caractère « eau » avec un point au-dessus (Claudel, Art poét.,1907, p. 194):
1. Éternité de l'essence pensante. (...) les vérités « immortelles » sont soustraites au devenir : elles voudraient mourir qu'elles ne le pourraient pas! Leur éternité est donc toute positive. Jankél., La Mort,Paris, Flammarion, 1966, p. 355.
2. Durée qui a un commencement, mais pas de fin. Dieu existe, la mort vient, l'éternité va commencer (Flaub., Tentation,1849, p. 334).Il ne faudra pas moins que l'éternité pour admirer la beauté absolue, indicible des choses (Bloy, Journal,1903, p. 169):
2. ... je ne demandais rien de plus à Dieu, s'il existe un paradis, que d'y pouvoir frapper contre cette cloison les trois petits coups que ma grand'mère reconnaîtrait entre mille, (...) et qu'il me laissât rester avec elle toute l'éternité, qui ne serait pas trop longue pour nous deux. Proust, Sodome,1922, p. 763.
En partic. La vie future. Éternité bienheureuse, malheureuse; une éternité de béatitude. Sortez du temps, entrez d'avance dans cette éternité que vous devez habiter un jour (Lamennais, Lettres Cottu,1822, p. 127).C'est le bien-être de la tombe où je vais goûter l'éternité avec tout ce que j'ai de meilleur (Barrès, Cahiers,t. 1, 1896-98, p. 51):
3. Pour lui, le dilemme de Pascal n'existait plus. Il écrivait : « À miser sur l'éternité, de toute façon je gagne, puisque je m'assure dans le renoncement le seul bonheur terrestre possible... » Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 298.
Expr. Être sur le rivage, sur le seuil, au bord de l'éternité. Être sur le point de mourir. Ici c'est une chose plus sublime, c'est le mourant qui parle de la mort. Aux portes de l'éternité, il la doit mieux connaître qu'un autre (Chateaubr., Génie,t. 2, 1803, p. 395).
P. ext. Gloire durable dévolue à un héros, un chef, un grand artiste, etc. Entrer dans l'éternité. Synon. immortalité.
3. P. hyperb. Temps très long. Il y a une éternité que je vous attends. Cette maison durera une éternité (Besch.1845).C'est vrai, Odette, il y a des siècles, des éternités que je ne vous ai vue (Proust, J. filles en fleurs,1918, p. 597):
4. Ce petit mot, mis à la poste tout simplement, vous arrivera vite. À Berlin, l'éternité se passait avant que l'on reçut des nouvelles de ses amis. Chateaubr., Corresp.,t. 3, 1822, pp. 3-4.
Loc. De toute éternité. De temps immémorial. Cela est là de toute éternité (Ac.). Gérard, persuadé que s'unissent dans l'amour des êtres promis l'un à l'autre de toute éternité... (Durry, Nerval,1956, p. 122).
B.−
1. Qualité de ce qui est éternel. L'éternité de l'âme, de Dieu. Platon démontre l'éternité de l'être, et, par conséquent, notre immortalité (P. Leroux, Humanité,t. 2, 1840, p. 349):
5. ... qui parle mieux à l'âme d'éternité que le flot sans cesse recommencé, que l'océan inlassable, dont chaque vague succède à la précédente, sans début ni fin? Huyghe, Dialog. avec visible,1955, p. 33.
2. Expérience subjective de cette qualité dans le temps. L'éternité dans l'instant, une minute d'éternité. Elle est retrouvée. Quoi? − L'éternité. C'est la mer allée Avec le soleil (Rimbaud, Dern. vers,1872, p. 160).Cette divine éternité d'un quart d'heure qui s'appelle la « Ballade en fa dièse » de Gabriel Fauré (Jankél., Je-ne-sais-quoi,1957, p. 44):
6. L'éternité a duré une minute. Un autre courant d'idées vous emporte (...). On vit plusieurs vies d'homme en l'espace d'une heure. Baudel., Paradis artif.,1860, p. 338.
Rem. On rencontre ds la docum. a) Éternalisme, subst. masc. Attitude morale qui pose la réalité de l'éternité. Une voie du milieu (...) avait été préconisée par le buddha de la tradition entre les extrêmes soit éthiques, ascétisme et hédonisme, soit philosophiques, éternalisme et nihilisme (Philos., Relig., 1957, p. 5215). b) Éternisme, subst. masc. ,,Idée d'un instant infini, ayant une valeur d'éternité`` (J. Guitton, Essai sur l'amour humain, 1938, p. 66, cité par Rheims 1969). Une perpétuelle négation du présent n'introduit pas non plus l'éternité dans le temps, comme le feint l'« éternisme morose » (Mounier, Traité caract., 1946, p. 321). c) Éternitaire, adj. Qui a le caractère permanent, intemporel d'une essence éternelle. La vocation éternitaire de la pensée est ainsi brutalement démentie par la mort du penseur (Jankél., op. cit., p. 376).
Prononc. et Orth. : [etε ʀnite]. Noter une différence quant au timbre de la seconde voyelle entre Fér. 1768 et Fér. Crit. t. 2 1787 : ,,è moyen``, ,,ê ouvert``. Même observation en ce qui concerne éternel, éternellement, éterniser. Enq. : /eteʀnite/. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. Ca 1175 eternitez (B. de Ste-Maure, Ducs Normandie, éd. C. Fahlin, 26103). Empr. au lat. class. aeternitas, -atis, de même sens. Fréq. abs. littér. : 2 821. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 4 325, b) 3 230; xxes. : a) 4 127, b) 4 092. Bbg. Darm. Vie 1932, p. 47.

Éternité : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

ÉTERNITÉ, subst. fém.

A.−
1. Ce qui n'a ni commencement ni fin. L'immobile éternité, incompréhensible comme l'éternité. Dieu est de toute éternité (Ac.). Ils croyaient [les mages], dit Chardin, à l'éternité d'un premier être, qui est la « lumière » (Dupuis, Orig. cultes,1796, p. 318).En chinois l'idée d'éternité est exprimée par le caractère « eau » avec un point au-dessus (Claudel, Art poét.,1907, p. 194):
1. Éternité de l'essence pensante. (...) les vérités « immortelles » sont soustraites au devenir : elles voudraient mourir qu'elles ne le pourraient pas! Leur éternité est donc toute positive. Jankél., La Mort,Paris, Flammarion, 1966, p. 355.
2. Durée qui a un commencement, mais pas de fin. Dieu existe, la mort vient, l'éternité va commencer (Flaub., Tentation,1849, p. 334).Il ne faudra pas moins que l'éternité pour admirer la beauté absolue, indicible des choses (Bloy, Journal,1903, p. 169):
2. ... je ne demandais rien de plus à Dieu, s'il existe un paradis, que d'y pouvoir frapper contre cette cloison les trois petits coups que ma grand'mère reconnaîtrait entre mille, (...) et qu'il me laissât rester avec elle toute l'éternité, qui ne serait pas trop longue pour nous deux. Proust, Sodome,1922, p. 763.
En partic. La vie future. Éternité bienheureuse, malheureuse; une éternité de béatitude. Sortez du temps, entrez d'avance dans cette éternité que vous devez habiter un jour (Lamennais, Lettres Cottu,1822, p. 127).C'est le bien-être de la tombe où je vais goûter l'éternité avec tout ce que j'ai de meilleur (Barrès, Cahiers,t. 1, 1896-98, p. 51):
3. Pour lui, le dilemme de Pascal n'existait plus. Il écrivait : « À miser sur l'éternité, de toute façon je gagne, puisque je m'assure dans le renoncement le seul bonheur terrestre possible... » Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 298.
Expr. Être sur le rivage, sur le seuil, au bord de l'éternité. Être sur le point de mourir. Ici c'est une chose plus sublime, c'est le mourant qui parle de la mort. Aux portes de l'éternité, il la doit mieux connaître qu'un autre (Chateaubr., Génie,t. 2, 1803, p. 395).
P. ext. Gloire durable dévolue à un héros, un chef, un grand artiste, etc. Entrer dans l'éternité. Synon. immortalité.
3. P. hyperb. Temps très long. Il y a une éternité que je vous attends. Cette maison durera une éternité (Besch.1845).C'est vrai, Odette, il y a des siècles, des éternités que je ne vous ai vue (Proust, J. filles en fleurs,1918, p. 597):
4. Ce petit mot, mis à la poste tout simplement, vous arrivera vite. À Berlin, l'éternité se passait avant que l'on reçut des nouvelles de ses amis. Chateaubr., Corresp.,t. 3, 1822, pp. 3-4.
Loc. De toute éternité. De temps immémorial. Cela est là de toute éternité (Ac.). Gérard, persuadé que s'unissent dans l'amour des êtres promis l'un à l'autre de toute éternité... (Durry, Nerval,1956, p. 122).
B.−
1. Qualité de ce qui est éternel. L'éternité de l'âme, de Dieu. Platon démontre l'éternité de l'être, et, par conséquent, notre immortalité (P. Leroux, Humanité,t. 2, 1840, p. 349):
5. ... qui parle mieux à l'âme d'éternité que le flot sans cesse recommencé, que l'océan inlassable, dont chaque vague succède à la précédente, sans début ni fin? Huyghe, Dialog. avec visible,1955, p. 33.
2. Expérience subjective de cette qualité dans le temps. L'éternité dans l'instant, une minute d'éternité. Elle est retrouvée. Quoi? − L'éternité. C'est la mer allée Avec le soleil (Rimbaud, Dern. vers,1872, p. 160).Cette divine éternité d'un quart d'heure qui s'appelle la « Ballade en fa dièse » de Gabriel Fauré (Jankél., Je-ne-sais-quoi,1957, p. 44):
6. L'éternité a duré une minute. Un autre courant d'idées vous emporte (...). On vit plusieurs vies d'homme en l'espace d'une heure. Baudel., Paradis artif.,1860, p. 338.
Rem. On rencontre ds la docum. a) Éternalisme, subst. masc. Attitude morale qui pose la réalité de l'éternité. Une voie du milieu (...) avait été préconisée par le buddha de la tradition entre les extrêmes soit éthiques, ascétisme et hédonisme, soit philosophiques, éternalisme et nihilisme (Philos., Relig., 1957, p. 5215). b) Éternisme, subst. masc. ,,Idée d'un instant infini, ayant une valeur d'éternité`` (J. Guitton, Essai sur l'amour humain, 1938, p. 66, cité par Rheims 1969). Une perpétuelle négation du présent n'introduit pas non plus l'éternité dans le temps, comme le feint l'« éternisme morose » (Mounier, Traité caract., 1946, p. 321). c) Éternitaire, adj. Qui a le caractère permanent, intemporel d'une essence éternelle. La vocation éternitaire de la pensée est ainsi brutalement démentie par la mort du penseur (Jankél., op. cit., p. 376).
Prononc. et Orth. : [etε ʀnite]. Noter une différence quant au timbre de la seconde voyelle entre Fér. 1768 et Fér. Crit. t. 2 1787 : ,,è moyen``, ,,ê ouvert``. Même observation en ce qui concerne éternel, éternellement, éterniser. Enq. : /eteʀnite/. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. Ca 1175 eternitez (B. de Ste-Maure, Ducs Normandie, éd. C. Fahlin, 26103). Empr. au lat. class. aeternitas, -atis, de même sens. Fréq. abs. littér. : 2 821. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 4 325, b) 3 230; xxes. : a) 4 127, b) 4 092. Bbg. Darm. Vie 1932, p. 47.

Éternité : définition du Wiktionnaire

Nom commun

éternité \e.tɛʁ.ni.te\ féminin

  1. Durée qui n’a ni commencement ni fin.
    • De toute éternité, de temps immémorial.
    • Pour de nombreux croyants, Dieu est de toute éternité.
    • Le temps n’est qu’une partie de l’éternité.
    • Comme si on pouvait tuer le temps sans blesser l’éternité. — (Henry David Thoreau)
  2. Durée qui a un commencement, mais qui n’aura pas de fin. — Note : Dans ce sens on l’emploie surtout en parlant de la vie à venir.
    • […]; et, quand M. de Bonald est venu réclamer à la Chambre, en 1816, au nom de la religion catholique redevenue religion de l’État, le rétablissement de l’indissolubilité du mariage, il s'est bien gardé de réclamer en même temps et au même titre le rétablissement de l’éternité des vœux ecclésiastiques. — (Alexandre Dumas fils, La question du divorce, 12e éd., 1880, p.176)
    • […] ils n'ignorent rien de tout cela et savent notamment fort bien que c'est en l’affirmant qu'ils créeront cette éternité de barbarie nécessaire au maintien des institutions qui leur sont chères. — (Julien Benda, La trahison des clercs, 1927, édition revue & augmentée, Grasset, 1946, p.194)
    • En outre, l'organisation de la famille française s'est achevée sous l'influence du droit canon et du droit romain qui revêtaient hier encore un aspect d'éternité et qui nous surprennent aujourd'hui par l'imminence de leur déclin. — (Pierre Louÿs, Liberté pour l'amour et pour le mariage, 1900, dans Archipel, 1932)
  3. (Par hyperbole) Temps fort long.
    • Le doigt sur la détente de nos armes, tous les muscles tendus, ne respirant plus, nous attendons... et il me semble qu'il se passe une éternité... — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 47)
  4. (Langage savant) Caractère de ce qui est éternel.
    • L'éternité de la matière
  5. (Religion) La vie éternelle après la mort.
    • Le passage de la vie à l’éternité est court mais terrible ; il ne me reste que bien peu d’instants pour me préparer à la mort. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • L’éternité c'est long, surtout vers la fin. — (Woody Allen)
  6. (Héraldique) (Très rare) Meuble représenté par un serpent en anneau se mordant la queue dans certaines armoiries. Cette terminologie du blason n’est utilisée que par quelques auteurs à titre symbolique. On lui préfère ouroboros ou ourobore.
    • Éternité : Quelques auteurs la symbolisent ainsi, avec un serpent, formant un cercle, en se mordant le bout de la queue. — (Le Blason, dictionnaire et remarques, Amédée de Foras, 1883, consultable sur Gallica)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Éternité : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ÉTERNITÉ. n. f.
Durée qui n'a ni commencement ni fin. L'éternité de Dieu. Dieu est de toute éternité. Le temps n'est qu'une partie de l'éternité. Il se dit aussi d'une Durée qui a un commencement, mais qui n'aura point de fin. L'Empire romain s'était promis l'éternité. Dans ce sens on l'emploie surtout en parlant de la Vie à venir. Éternité bienheureuse. Il ne songe point à l'éternité. Il désigne encore, par exagération, un Temps fort long. Ces bâtiments dureront une éternité. En voilà pour une éternité. Cette année d'attente fut pour moi une éternité. De toute éternité, De temps immémorial.

Éternité : définition du Littré (1872-1877)

ÉTERNITÉ (é-tèr-ni-té) s. f.
  • 1Durée qui n'a ni commencement ni fin. Dieu est de toute éternité. Je vois ces effroyables espaces de l'univers qui m'enferment, et je me trouve attaché à un coin de cette vaste étendue, sans que je sache pourquoi je suis plutôt placé en ce lieu qu'en un autre, ni pourquoi ce peu de temps qui m'est donné à vivre m'est assigné à ce point plutôt qu'à un autre de toute l'éternité qui m'a précédé et de toute celle qui me suit, Pascal, Pensées, art. IX. Quand je considère la petite durée de ma vie, absorbée dans l'éternité précédant et suivant… je m'effraie…, Pascal, ib. art. XXV, 16. Que l'on célèbre ses ouvrages Au delà du temps et des âges, Au delà de l'éternité, Racine, Esth. III, 9. Avant Aristote, plusieurs de nos pythagoriciens et entre autres Ocellus de Lucanie avaient admis l'éternité du monde, Barthélemy, Anach. ch. 64. J'ai réservé pour moi L'éternité qui te précède, L'éternité qui s'avance est à toi, Delille, Dithyr. [J'ai] Quelquefois, sur l'Atlas, médité, près des dieux, L'éternité du temps, l'immensité des cieux, Ducis, Abufar, II, 7. Roulez dans vos sentiers de flamme, Astres, rois de l'immensité ; Insultez, écrasez mon âme Par votre presque éternité, Lamartine, Harm. IV, 9.

    De toute éternité, dans l'éternité, c'est-à-dire d'après le dessein éternellement le même de Dieu. Son heure était marquée de toute éternité, Sévigné, 345. Les nœuds en [de cette alliance] étaient serrés dans l'éternité, Fléchier, Mar. Th.

    De toute éternité, signifie aussi de temps immémorial. Cela est ainsi de toute éternité.

  • 2Temps qui n'aura point de fin. Et j'estimerai plus une mort qui lui plaise… Qu'une éternité qui ne lui plairait pas, Rotrou, Vencesl. IV, 6. C'est un fait constant que l'Église chrétienne a toujours cru la divinité de Jésus-Christ, l'immortalité de l'âme et l'éternité des peines, Bossuet, Var. XV, § 118. Ce grand empire qui s'était vainement promis l'éternité, Bossuet, Hist. III, 4. La bonté de Dieu n'exclut point l'éternité des peines, ni l'éternité des peines n'est point contraire à la bonté de Dieu, Bourdaloue, Serm. 19e dim. après la Pentec. Dominic.
  • 3La vie future. Il est une autre voie et plus sûre et plus prompte Que dans l'éternité j'aurais lieu de bénir, Corneille, Théod. III, 3. Près du grand voyage de l'éternité, Sévigné, 481. Il a élevé votre ennemi dans le temps pour vous sauver dans l'éternité, Massillon, Car. Pardon. L'affaire de l'éternité ne va qu'après toutes les autres, Massillon, Car. Impén. Que faites-vous pour l'éternité que vous ne rendiez au monde au centuple ? Massillon, Car. Salut. Devant votre tribunal il attend la décision de son éternité, Massillon, Or. fun. Villeroy.

    L'éternité bienheureuse, le bonheur sans fin des élus. L'éternité malheureuse, le malheur sans fin des damnés. La foi doit nous confirmer dans la créance de l'éternité malheureuse, Bourdaloue, Serm. 19e dim. après la Pentec. Dominic.

  • 4 Au plur. Éternités, l'éternité passée et l'éternité à venir. Un philosophe nommé Timée a dit, il y a plus de deux mille cinq cents ans, que notre existence se trouve entre deux éternités ; et les jansénistes, ayant trouvé ce mot dans les paperasses de Pascal, ont cru qu'il était de lui, Voltaire, Lett. à Mme du Deffand, 4 mai 1772. La nature m'a donné la permission de passer encore quelque temps dans ce monde, c'est-à-dire une seconde entre ce qu'on appelle deux éternités, comme s'il pouvait y en avoir deux, Voltaire, Lett. Diderot, 20 avril 1773.

    Le bonheur éternel des élus, le malheur éternel des damnés. L'horrible nécessité d'être éternellement ou anéantis ou malheureux, sans qu'ils sachent laquelle de ces deux éternités leur est à jamais préparée, Pascal, Pensées, art. IX.

  • 5 Par exagération, un temps fort long. Cela est solide et durera une éternité. Cette heure si douloureuse m'a paru une éternité.
  • 6Titre que l'on donnait aux empereurs romains. Prince sublime [Galérius], je vais commencer à punir les factieux qui blasphèment ton éternité, Chateaubriand, Mart. 397.
  • 7Mémoire éternelle. Il ne faut pas que tu penses Trouver de l'éternité En ces pompeuses dépenses Qu'invente la vanité, Malherbe, II, 2.

REMARQUE

Corneille a mis ce mot au pluriel pour dire un temps fort long. Ah ! combien ces moments de quoi vous me flattez, Alors pour mon supplice auraient d'éternités ! Héracl. III, 1. Voltaire l'en a repris et avec raison.

HISTORIQUE

XIIIe s. Devant le commencement n'estoit nul tens, mais sa eternité [de Dieu], Latini, Trésor, I, I, 10.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ÉTERNITÉ. Ajoutez :
8L'immortalité, une gloire immortelle. J'en tirerai de la gloire [d'un livre de Chapelain] et non pas vous, qui êtes un vrai moqueur de me mander si souvent que vous me devrez votre éternité, et que je vous donne ce que je pense plutôt recevoir de vous, Guez de Balzac, Lett. inédites, LXXXIII (éd. Tamizey-Larroque). L'éternité que promet La montagne au double sommet, Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne. Tout ce qu'à tes vertus il reste à désirer, C'est que les beaux esprits les veuillent honorer, Et qu'en l'éternité la Muse les imprime, Malherbe, ib.
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Étymologie de « éternité »

Étymologie de éternité - Wiktionnaire

Du latin aeternitas.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Étymologie de éternité - Littré

Provenç. eternitat ; espagn. eternidad ; ital. eternità ; du lat. æternitatem (voy. ÉTERNEL).

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Phonétique du mot « éternité »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
éternité etɛrnite play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « éternité »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « éternité »

  • C'était il y a une éternité, en 1950. Ray Bradbury publiait ses « Chroniques martiennes », suite de nouvelles à la poésie indécise et crépusculaire, comme les arides plateaux de la Planète rouge quand les balaie une tempête de poussière. Soixante-dix ans plus tard, Francis Rocard nous livre ces « Dernières nouvelles de Mars ». La plume de l'astrophysicien, en charge des programmes d'exploration du Système solaire au Centre national d'études spatiales (CNES), est aussi froidement analytique que celle de Bradbury était nimbée de mystère. La poésie a fait place à la technicité, les récits légendaires aux considérations financières. Mais c'est qu'entre-temps, ce qui n'était encore, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, qu'un rêve inatteignable, est en passe de devenir réalité. L'homme sur Mars est sorti du domaine de la littérature pour entrer dans celui de la conquête spatiale effective. Celle qui se fait à coup de milliards de dollars, et a déjà envoyé Neil Armstrong et Buzz Aldrin sur la Lune le 21 juillet 1969. Les Echos, Mars, la nouvelle frontière | Les Echos
  • Quant à Agnès Buzyn, elle veut s’inscrire dans la durée, consciente que la victoire est peu probable, voire impossible. L’ancienne ministre de la Santé se voit en opposante en chef à Anne Hidalgo et candidate dans six ans. Une éternité en politique… Franceinfo, PODCAST. L’éternité (et la campagne à Paris), c’est long... surtout vers la fin
  • Bernard Kudlak lui répond en écho, un texte écrit d’un jet, aux Arènes de Lutèce, ode à cette grande toile bleue et les hommes autour « La toile était flasque. Hésitante cathédrale et sac de voyage. Le vent orientait sa silhouette un peu à droite, un quart à gauche »… Ces hommes d’avant la lumière et des habits de couleurs accrochés là comme une preuve supplémentaire que tout cela a bel et bien existé. Alors le pendulum de Tempus Fugit, offre une nouvelle ballade sur ce chemin perdu entre hier et demain. Ce chemin d’éternité et de saut périlleux. , Culture - Loisirs | Exposition du cirque Plume à La Saline Royale : l’éternité du saut périlleux
  • “The Old Guard” sur Netflix : des justiciers immortels aussi ennuyeux que l’éternité Télérama, “The Old Guard” sur Netflix : des justiciers immortels aussi ennuyeux que l’éternité
  • Tout amour pense à l'instant et à l'éternité, mais jamais à la durée. De Friedrich Nietzsche
  • Nos enfants, c’est notre éternité. De Robert Debré / Ce que je crois
  • L'amour commence là où commence l'éternité. De Manoel de Abreu
  • Lorsque vous êtes amoureux l’éternité est encore trop courte. De Anonyme
  • Guillotine : petite lucarne donnant sur l'éternité. De Adrien Decourcelle
  • On crée pour l’éternité, même si elle se charge de démentir. De François Mitterrand
  • Le Temps est l’image mobile de l’éternité immobile. De Platon
  • Notre existence se trouve entre deux éternités. De Timée
  • C'est dans l'éternité que, dès à présent, il faut vivre. Et c'est dès à présent qu'il faut vivre dans l'éternité. Qu'importe la vie éternelle, sans la conscience à chaque instant de cette durée. De André Gide / Dostoïevski
  • S’il y avait sentiment d’éternité sur scène, ce serait l’éternité de la musique. De José Van Dam / Le Figaro et vous, 27 février 2015
  • Si le paradis est un avant-goût d’éternité dans l’instant présent, alors l’enfer est une éternité de chagrin dans l’instant présent. De Toni Bentley / Ma reddition
  • L'amour sans éternité s'appelle angoisse : l'éternité sans amour s'appelle enfer. De Gustave Thibon / L'Ignorance étoilée
  • Ce qui existe, c'est l'éternité masculine et l'éternité féminine. La première est le jour, la seconde, la nuit. De Anonyme
  • Comme si l'on pouvait tuer le temps sans insulter à l'éternité. Henry David Thoreau, Walden, Economy
  • La lumière a son temps qui lui est mesuré, Mais le règne de la nuit Ne connaît ni temps ni espace, Le sommeil a pour lui toute l'éternité ! Friedrich, baron von Hardenberg, dit Novalis, Hymnes à la nuit Hymnen an die Nacht
  • Je prends ce que je peux prendre d'éternité. Dezső Kosztolányi, Les Plaintes du pauvre petit enfant
  • Si, comme Alexandre, tu prétends à la vie éternelle, cherche-la sur les lèvres roses de cette ravissante beauté. Chamsoddin Mohammed HafezChams al-Din Muhammad Hafiz, Ghazals, XIII
  • Ce qui était, était de toute éternité et sera de toute éternité. Mélissos, de Samos, De la nature (traduction J. Zafiropulo)
  • L'âme humaine ne peut pas être absolument détruite avec le corps, mais il en demeure quelque chose qui est éternel. Baruch Spinoza, L'Éthique, Livre V
  • J'ai caressé l'éternité j'ai cru en elle et dans le vif silence de ta vigne j'ai enterré le souvenir et l'amertume. Tristan Tzara, Le Signe de vie, Bordas
  • N'espère rien de l'homme s'il travaille pour sa propre vie et non pour son éternité. Antoine de Saint-Exupéry, Citadelle, Gallimard
  • Le Temps, cette image mobile De l'immobile éternité. Jean-Baptiste Rousseau, Odes, III, 2
  • Elle est retrouvée. Quoi ? - L'Éternité. C'est la mer allée Avec le soleil. Arthur Rimbaud, Derniers Vers, l'Éternité
  • Il faut bien voir enfin qu'on n'aime que dans l'éternité, c'est pourquoi il faut prendre soin de se conduire en toute chose comme si ce qu'on fait devait être éternel. Charles-Ferdinand Ramuz, Taille de l'homme, Mermod
  • Que l'on célèbre ses ouvrages Au-delà des temps et des âges, Au-delà de l'éternité ! Jean Racine, Esther, III, 9, le chœr
  • L'amour, cette absence de mémoire, ne retient de nous que notre éternité. Henri Petit, Ordonne ton amour, Grasset
  • On ne meurt qu'une fois, et c'est pour si longtemps ! Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, Le Dépit amoureux, V, 3, Mascarille
  • […] l'éternité, qu'est-elle donc, sinon le premier instant sans fin d'un premier amour ? Oscar Vladislas de Lubicz-Milosz, dit O. V. de L. Milosz, Les Arcanes, la Relation du Beth à l'Aleph , Teillon
  • La mort […] ne peut être pensée puisqu'elle est absence de pensée. Il faut donc vivre comme si nous étions éternels. André Maurois, Ce que je crois, Grasset
  • Tel qu'en Lui-même enfin l'éternité le change […]. Stéphane Mallarmé, Poésies, Hommages et tombeaux, le Tombeau d'Edgar Poe
  • Ne cultivons pas notre peine, L'Éternité s'en chargera […]. Maurice Maeterlinck, Treize Chansons de l'âge mûr, Fasquelle
  • Tu n'as qu'un jour pour être juste, J'ai l'éternité devant moi ! Alphonse de Prât de Lamartine, Premières Méditations poétiques, la Providence à l'homme
  • Je tâte dans la nuit ce mur, l'éternité. Victor Hugo, La Fin de Satan
  • Je sais à présent goûter la quiète éternité dans l'instant. André Gide, Les Nouvelles Nourritures, Gallimard
  • Il y a, en nous, une part d'éternité dépendant de l'ombre. Pierre Fournier, dit Pierre Gascar, L'Arche, Gallimard
  • Hélas ! rien d'éternel sinon l'éternité. Paul Fort, Ballades françaises, Vivre en Dieu , Flammarion
  • Je marche entre deux éternités. Denis Diderot, Salon de 1767
  • Les anges n'ont pas de sexe, puisqu'ils sont éternels. Auguste Comte, Catéchisme positiviste
  • Le temps des hommes est de l'éternité pliée. Jean Cocteau, La Machine infernale, Grasset
  • L'éternité n'est guère plus longue que la vie. René Char, Feuillets d'Hypnos, Gallimard
  • […] Ce jour présent est le seul point de l'éternité auquel vous ayez droit. Louis Bourdaloue, Sermon sur le retardement de la pénitence
  • Il n'est rien de plus précieux que le temps, puisque c'est le prix de l'éternité. Louis Bourdaloue, Sermon sur la perte de temps
  • […] Le temps peut être en quelque sorte dans l'éternité. Jacques Bénigne Bossuet, Oraison funèbre de Mme de Monterby
  • Car c'est enfin, Seigneur, le meilleur témoignage Que nous puissions donner de notre dignité, Que cet ardent sanglot qui roule d'âge en âge Et vient mourir au bord de votre éternité ! Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, les Phares

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Traductions du mot « éternité »

Langue Traduction
Corse l'eternità
Basque betikotasunaren
Japonais 永遠
Russe вечность
Portugais eternidade
Arabe خلود
Chinois 永恒
Allemand ewigkeit
Italien eternità
Espagnol eternidad
Anglais eternity
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Synonymes de « éternité »

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