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Estampe

Sommaire

  • Définitions du mot estampe
  • Étymologie de « estampe »
  • Phonétique de « estampe »
  • Évolution historique de l’usage du mot « estampe »
  • Citations contenant le mot « estampe »
  • Traductions du mot « estampe »
  • Synonymes de « estampe »

Définitions du mot estampe

Trésor de la Langue Française informatisé

ESTAMPE, subst. fém.

A.− TECHNOL. Outil, machine-outil servant à estamper et utilisés dans différents métiers (bijouterie, chaudronnerie, poterie, serrurerie, etc.). Pour les petites exploitations qui n'ont pas beaucoup de futailles à estamper, on fait usage des estampes à mandrin (Brunet, Matér. vinic.,1925, p. 546).
B.− P. méton. Image sur papier ou vélin obtenue par l'impression d'une plaque de cuivre ou de bois gravée en taille douce et imprégnée d'encre spéciale. Estampe japonaise; graver une estampe. Belle estampe, estampe bien noire, bien nette, bien tirée (Ac.1798-1932).J'ai le cœur chaste et vrai comme une bonne lampe; Oui, je suis en taille-douce, comme une estampe (Laforgue, Poés.,1887, p. 129).Une estampe de Breughel, gravée par Cook : « Les vierges sages et les vierges folles » (Huysmans, Là-bas,t. 1, 1891, p. 122).Estampe originale, estampe de reproduction (cf. Dacier, 1944, p. 10):
1. ... aux panneaux de toile de Jouy pendaient des estampes du grand siècle; elles représentaient les galanteries mythologiques, dessinées avec cette majesté froide qui conservait de la bienfaisance aux libertés des dieux. Vogüé, Morts,1899, p. 153.
P. ext.
1. Toute espèce d'image obtenue par un procédé d'impression. Synon. burin, eau-forte, gravure, lithographie.Pour l'enfant, amoureux de cartes et d'estampes, L'univers est égal à son vaste appétit (Baudel., Fl. du Mal,Paris, Gallimard, 1961 [1857], p. 122).Sont considérées comme gravures, estampes et lithographies originales les épreuves tirées en noir ou en couleurs, d'une ou plusieurs planches, entièrement conçues et réalisées à la main par le même artiste, quelle que soit la technique employée, à l'exclusion de tous procédés mécaniques ou photomécaniques (Comité de la Gravure françaiseds Bég. Estampe 1977, préf., [p. 3]) :
2. Le « Sunset in Tipperary » − « le coucher de Soleil en Irlande » − l'estampe que je regarde comme une des plus remarquables eaux-fortes modernes et où Seymour Haden, qui a retrouvé le noir de Rembrandt, a pour ainsi dire imprimé sur une feuille de papier la mélancolie du crépuscule. Goncourt, Journal,1894, p. 685.
Le Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale. Département de la Bibliothèque nationale constituant la plus riche collection de gravures et de dessins (cf. Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 14). P. ell. Les Estampes (Michelet, Journal,1837, p. 241).
2. Image destinée à illustrer un texte. Synon. illustration.Livre d'estampes (Ac.1798-1878):
3. Nous avions une grande bible à estampes reliée en vert avec des estampes gravées sur bois et insérées dans le texte, rien n'est mieux pour les enfants. Stendhal, Vie de Henry Brulard,t. 1, 1836, p. 101.
SYNT. Estampe libertine, politique, romantique; pieuse estampe; carton, marchand d'estampes; presse à estampe; enluminer une estampe; imprimer, tirer une estampe.
Rem. 1. Gravure remplace actuellement estampe dans son sens large. 2. On relève ds la docum. estampier, subst. masc. Celui qui fait des estampes. L'homme [Cochin] qui dessina pendant soixante-sept ans (...) le « profileur » des célébrités de son temps, l'« estampier » de tous les livres illustrés de l'époque (E. de Goncourt, Mais. artiste, 1881, p. 61).
Prononc. et Orth. : [εstɑ ̃:p]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Av. 1560 « impression [d'un document] » (Du Bellay, Lettre inédite ds Hug.); 2. 1647 « image imprimée au moyen d'une planche gravée » (Poussin, Lettre 7 avril ds Littré). Empr. à l'ital. stampa, attesté au sens de « figure gravée » dep. le xives., « impression » dep. le xvies. (d'apr. DEI), déverbal de stampare « représenter une figure, imprimer », prob. empr. au fr. estamper*. Fréq. abs. littér. : 282. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 259, b) 579; xxes. : a) 537, b) 344. Bbg. Guiraud (P.). Mél. d'étymol. arg. Cah. Lexicol. 1970, t. 16, p. 71. − Hope 1971, p. 149; pp. 192-193.

Wiktionnaire

Nom commun

estampe \ɛs.tɑ̃p\ féminin

  1. (Arts) Image imprimée sur du papier, sur du vélin, par le moyen d’une planche de métal ou de bois, qui est gravée.
    • Un art gardait le privilège de la sincérité dans le détail des figures nues : la gravure. On peut affirmer que depuis l'invention de l’estampe jusqu'au XIXe siècle la majorité des graveurs fut hostile à toute suppression. — (Pierre Louÿs, La statue de la Vérité, dans Archipel, 1932)
    • Il l'accepta d'autant plus volontiers qu'il se crut libre désormais de cultiver sa passion : les estampes et les beaux livres. — (Pierre-Henri Simon, Les Raisins verts, 1950)
    • Estampe bien noire, bien nette, bien tirée.
    • Les estampes du XVIIIe siècle.
    • Estampes chinoises, coréennes ou japonaises.
  2. (Serrurerie) (Maréchalerie) Se dit de certains outils de serrurerie et de maréchalerie qui servent à estamper.

Forme de verbe

estampe \ɛs.tɑ̃p\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de estamper.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de estamper.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de estamper.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de estamper.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de estamper.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ESTAMPE. n. f.
Image imprimée sur du papier, sur du vélin, par le moyen d'une planche de cuivre, d'acier ou de bois, qui est gravée. Estampe bien noire, bien nette, bien tirée. Les estampes du XVIIIe siècle. En termes d'Arts, et spécialement en termes de Serrurerie et de Maréchalerie, il se dit de Certains outils qui servent à estamper.

Littré (1872-1877)

ESTAMPE (è-stan-p') s. f.
  • 1Image imprimée par le moyen d'une planche gravée. Le cabinet des estampes. Je ne doute pas que le vulgaire des peintres ne dise que l'on change de manière, si tant soit peu l'on sort du ton ordinaire ; car la pauvre peinture est réduite à l'estampe, Poussin, Lett. 7 avril 1647. J'ai tout Callot, hormis une seule, qui n'est pas, à la vérité, de ses bons ouvrages ; au contraire, c'est un des moindres, mais qui m'achèverait Callot ; je travaille depuis vingt ans à recouvrer cette estampe, La Bruyère, XIII.
  • 2 Terme de maréchalerie. Outil servant à estamper.
  • 3 Terme de raffinerie. Mastic dont on garnit le fond d'une forme.
  • 4 Terme de serrurerie. Outil pour river les boutons.
  • 5 Terme d'orfévrerie. Plaque de fer gravée en creux, sur laquelle on frappe la feuille d'or ou d'argent dont on veut former ou couvrir un ornement quelconque.

HISTORIQUE

XIVe s. Pour avoir taillié et feru en estampe grans quantité de très petits bacins, De Laborde, Émaux, p. 307.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ESTAMPE. Ajoutez :

6Expressions de nouvelle estampe, s'est dit pour expressions d'un caractère nouveau. Ce style consiste en certaines expressions de nouvelle estampe, auxquelles ces orateurs de ruelle ont voulu comme clouer l'éloquence, pour parler comme eux, De Courtin, la Civilité française, p. 169, Paris, 1695.

SYNONYME

ESTAMPE, GRAVURE. Estampe, empreinte de la planche gravée : c'est le mot propre pour désigner l'image, l'espèce de tableau que l'on obtient par le moyen de la gravure en taille-douce. Il est plus correct et plus exact, en ce sens, de dire estampe que gravure ; c'est à tort que l'usage de cette dernière locution a prévalu depuis quelques années, Boutard, Dict. des arts du dessin, Estampe, 1826.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

ESTAMPE, s. f. (Gravure.) On appelle estampe, une empreinte de traits qui ont été creusés dans une matiere solide. Pour parvenir à m’expliquer plus clairement, je vais remonter à la Gravure, comme à la cause dont l’estampe est l’effet ; & j’employerai dans cette explication les secours généraux qui m’ont été fournis par M. Mariette. Cet illustre amateur travaille à l’histoire de la Gravure, & à celle des fameux artistes qui ont gravé. Cet ouvrage, dont on peut juger d’avance par les connoissances de l’auteur, nous fournira sans doute des matériaux pour enrichir un second article que nous donnerons au mot Gravure, comme un supplément nécessaire à celui-ci.

Pour produire une estampe, on creuse des traits sur une matiere solide ; on remplit ces traits d’une couleur assez liquide pour se transmettre à une substance souple & humide, telle que le papier, la soie, le velin, &c. On applique cette substance sur les traits creusés, & remplis d’une couleur détrempée. On presse, au moyen d’une machine, la substance qui doit recevoir l’empreinte, contre le corps solide qui doit la donner ; on les sépare ensuite, & le papier, la soie ou le vélin, dépositaires des traits qui viennent de s’y imprimer, prennent alors le nom d’estampe.

Cette manœuvre (dont j’ai supprimé les détails, pour les réserver aux places qui leur sont destinées, telles que les articles Impression, Gravure, &c.) suffit pour faire entendre d’une maniere générale ce que signifie le mot estampe ; mais comme il y a plusieurs sortes d’estampes, & que l’art de les produire, par une singularité très-remarquable, est moderne, tandis que la Gravure a une origine si ancienne qu’on ne peut la fixer, je vais entrer dans quelques détails.

On ne peut douter de l’ancienneté de la Gravure, puisque, sans parler d’une infinité de citations & de preuves de toutes especes, les ouvrages des Egyptiens, qui existent encore, sur-tout leurs obélisques ornés de figures hyéroglifiques gravées, sont des preuves incontestables que cet art étoit en usage chez un des peuples les plus anciens qui nous soient connus. Il est même vraissemblable que pour fixer l’origine de cet art, il faudroit remonter à l’époque où les premiers hommes ont cherché les moyens de se faire entendre les uns aux autres sans le secours des sons de la voix. La premiere espece d’écriture a été sans doute un choix de figures & de traits marqués & enfoncés sur une matiere dure, qui pût, en résistant aux injures de l’air, transmettre leur signification ; & si cette conjecture est plausible, de quelle ancienneté ne peut pas se glorifier l’art de graver ? Cependant l’un de ses effets (le plus simple, & en même tems le plus précieux), l’art de multiplier à l’infini par des empreintes, les traits qu’il sait former, ne prend naissance que vers le milieu du xv. siecle. Les Italiens disent que ce fut un orfévre de Florence, nommé Maso ou Thomas Finiguerra, qui fit cette découverte. Les Allemands prétendent au contraire que la petite ville de Bockholt dans l’évêché de Munster, a été le berceau de l’art des estampes : ils nomment celui à qui l’on doit l’honneur de cette découverte ; ce fut, à ce qu’ils assûrent, un simple berger appellé François. Ce qui paroît certain, c’est que de quelque côté qu’elle soit venue, elle fut uniquement l’effet du hasard. Mais si l’industrie des hommes se voit ainsi humiliée par l’origine de la plus grande partie de ses plus singulieres inventions, elle peut s’enorgueillir par la perfection rapide à laquelle elle conduit en peu de tems les moyens nouveaux dont le hasard l’enrichit.

Un orfévre ou un berger s’apperçoit que quelques traits creusés sont reproduits sur une surface qui les a touchés, il ne faut pas trois siecles pour que toutes les connoissances humaines s’enrichissent par le moyen des estampes. Ce court espace de tems suffit pour que chacun des hommes qui s’occupent de sciences & d’arts, puissent joüir à très-peu de frais de tout ce qui a existé de plus précieux avant lui dans le genre qu’il cultive. Enfin c’en est assez pour que d’avance on prépare à ceux qui nous suivront un amas presqu’intarissable de vérités, d’inventions, de formes, de moyens qui éterniseront nos Sciences, nos Arts, & qui nous donneront un avantage réel sur les anciens.

En effet, comme on ne peut pas douter que des routes par lesquelles les idées parviennent à notre conception, celle de la vûe ne soit la plus courte, puisqu’il est certain que les explications les plus claires parviennent plus lentement à notre esprit que la figure des choses décrites ; combien serions-nous plus instruits sur les miracles de l’antiquité, si à leurs ouvrages ils avoient pû joindre des cartes géographiques, les plans de leurs monumens, la représentation des pieces détaillées de leurs machines, enfin des portraits & les images des faits les plus singuliers ? Cependant il est nécessaire, comme on le sent aisément, que les secours que l’on tire des estampes pour ces différens objets, soient fondés sur la perfection de leur travail ; ce qui les soûmet à l’art de la Peinture dont elles font partie.

L’estampe peut donc aussi se définir une espece de peinture, dans laquelle premierement on a fixé par des lignes le contour des objets ; & secondement l’effet que produisent sur ces objets les jours & les ombres qu’y répand la lumiere. Le noir & le blanc sont les moyens les plus ordinaires dont on se sert ; encore le blanc n’est-il que négativement employé, puisque c’est celui du papier qu’on a soin de réserver pour tenir lieu de l’effet de la lumiere sur les corps.

Cette lumiere dans la nature frappe plus ou moins les surfaces, en raison de leur éloignement du point dont elle part & se répand.

Il résulte de-là que les surfaces les plus éclairées sont indiquées sur l’estampe par le blanc pur : celles qui sont moins lumineuses, y sont représentées foiblement obscurcies par quelques traits legers ; & ces traits qu’on appelle tailles, deviennent plus noirs, plus pressés ou redoublés, à mesure que l’objet doit paroître plus enveloppé d’ombre, & plus privé de lumiere. On sentira aisément par cette explication, que cette harmonie qui résulte de la lumiere & de sa privation (effet qu’en terme de Peinture on appelle clair-obscur), & la justesse des formes, sont les principes de la perfection des estampes, & du plaisir qu’elles causent. L’on croira aisément aussi que les deux couleurs auxquelles elles sont bornées, les privent de l’avantage précieux & du secours brillant que la peinture tire de l’éclat & de la diversité du coloris ; cependant l’art des estampes, en se perfectionnant, a fait des efforts pour vaincre cet obstacle, qui paroît insurmontable. L’adresse & l’intelligence des habiles artistes ont produit des especes de miracles, qui les ont fait franchir les bornes de leur art.

En effet, les excellens graveurs qu’ont employés Rubens, Vandeyck & Jordans, se sont distingués par leurs efforts dans cette partie. Si l’impossibilité absolue les a empêchés de présenter la couleur locale de chaque objet, ils sont parvenus du moins, par des travaux variés, & analogues à ce qu’ils vouloient représenter, à faire reconnoître la nature de la substance des différens corps. Les chairs représentées dans leurs ouvrages, font naître l’idée de la peau, des pores, & de ce duvet fin dont l’épiderme est couvert. La nature des étoffes se distingue dans leurs estampes ; on y démêle non-seulement la soie d’avec la laine, mais encore dans les ouvrages où la soie est employée, on reconnoît le velours, le satin, le taffetas. Représentent-ils un ciel ? leurs travaux en imitent la legereté, les eaux sont transparentes. Enfin il ne faut que s’arrêter sur les belles estampes de ces graveurs, & sur celles de Corneille Vischer, d’Antoine Masson, des Nanteuils, des Drevets, & de tant d’autres, pour avoüer que l’art des estampes a été porté à la plus grande perfection.

Pour approfondir davantage cet art, il faudroit en décomposer les moyens, décrire les outils, diviser les especes de productions. Cette division s’étendroit & dans l’exécution méchanique dépendante des matieres qu’on employe, & dans les genres de gravure, qui sont les routes différentes qu’on peut prendre dans une exécution raisonnée & sentie. Mais il me semble que ces choses appartiennent plus directement à la cause qu’à l’effet ; ainsi nous dirons à l’article Gravure, ce qui pourra donner une idée plus exacte de ces détails ; sans oublier dans l’article Impression, ce que l’opération d’imprimer produit de différence sur les estampes, pour leur plus ou moins grande perfection.

J’ajoûterai à cette occasion que l’estampe regardée comme le produit de l’impression, s’appelle épreuve : ainsi l’on dit d’une estampe mal imprimée, c’est une mauvaise épreuve ; on le dit aussi d’une estampe dont la planche est usée, ou devenue imparfaite. Article de M. Watelet.

* Estampe, (Gram.) outil quelquefois d’acier, dans lequel il faut distinguer trois parties ; la tête, la poignée, & l’estampe. L’estampe est la partie convexe ou concave qui donne à la piece que l’on estampe la forme qu’elle a ; la poignée est la partie du milieu que l’ouvrier tient à sa main en estampant, & : la tête est celle sur laquelle il frappe pour donner à la piece la forme de l’estampe.

Estampe quarrée, outil d’Arquebusier ; c’est un morceau de fer exactement quarré, sur lequel on plie un morceau de fer plat, auquel on pratique des côtés quarrés. Pour cet effet on pose l’estampe sur l’enclume ; on met une plaque de fer rouge dessus, & l’on frappe avec un marteau à main, jusqu’à ce que la plaque de fer soit pliée en deux.

Estampe, en terme d’Eperonnier, est un poinçon de fer qui a quelque grosseur, dont l’extrémité arrondie sert à amboutir les fonceaux ou autres pieces sur l’amboutissoir. Voyez Fonceaux, Amboutir, Amboutissoir. Voyez la figure 2. Planc. de l’Eperonnier.

Estampe, outil d’Horloger ; c’est en général un morceau d’acier trempé & revenu, couleur de paille, auquel on donne différentes figures, selon les pieces que l’on veut estamper. Tantôt on le fait cylindrique, & on lui donne peu d’épaisseur, pour estamper des roues de champ ou des roues de rencontre : tantôt on le fait quarré & un peu long, pour pouvoir estamper des trous quarrément : enfin, comme nous l’avons dit, sa figure varie selon les différens usages auxquels on veut l’employer. Voyez Roue de champ, Roue de rencontre, &c. & la fig. 70. Planche XVI. de l’Horlogerie. (T)

Estampe, (Manége, Maréchall.) instrument dont les Maréchaux se servent pour percer, c’est-à-dire pour estamper les fers qu’ils forgent, & qu’ils se proposent d’attacher aux piés des chevaux. Cet instrument n’est autre chose qu’un morceau de fer quarré d’environ un pouce & demi, & d’un demi-pié de longueur, fortement acéré par le bout, lequel est formé en pyramide quarrée, tronquée d’un tiers, ayant pour base la moitié de la longueur qui lui reste. On doit en acérer la tête, non-seulement pour assûrer la durée de cet outil, mais encore pour mettre à profit toute la percussion du marteau. Quand la tête n’est point acérée, une partie du coup se perd en l’écachant, & l’estampure en est moins franche. Communément au tiers inférieur de sa longueur est un œil dans lequel est engagé un manche dont s’arme la main gauche du maréchal qui doit estamper, tandis que de l’autre il est occupé à frapper sur l’estampe avec le févretier. Voyez Forger. (e)

Estampe, en terme d’Orfévre en grosserie, est encore une plaque de fer gravée en creux de quarrés continus, sur laquelle on frappe la feuille d’argent dont on veut couvrir le bâton d’une crosse, &c. On appelle cet outil poinçon à feuilles, plus ordinairement qu’estampe.

Estampe, en terme de Rafineur de sucre, n’est autre chose qu’une poignée de sucre qu’on mastique dans le fond d’une forme à vergeoise. Voyez Vergeoise & Estamper.

Estampé, Broquette estampée, terme de Cloutier ; c’est la plus forte de toutes les broquettes : il y en a de deux sortes ; la premiere, qui pese deux livres le millier ; & l’autre, qui va de deux livres & demie à trois livres le millier. Voyez Broquette.

Ces sortes de broquettes ont la tête hémisphérique : on fait ces têtes avec une estampe qui est au poinçon, qui, au lieu d’être aigu, a une cavité de la forme & grandeur que l’on veut donner aux têtes. Voyez la figure 26. Planche du Cloutier.

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Étymologie de « estampe »

De l’italien stampa.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Déverbal de estamper (« fouler »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Ital. stampa (voy. ESTAMPER).

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Phonétique du mot « estampe »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
estampe ɛstɑ̃p

Évolution historique de l’usage du mot « estampe »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « estampe »

  • Le MNAAG propose ainsi de dévoiler quelque 70 estampes japonaises sorties de ses réserves. Cette présentation prendra place dans les salles d’exposition temporaire du rez-de-jardin, afin de bénéficier d’un espace plus confortable permettant de respecter les règles de distanciation physique, mais, plus encore, de mieux apprécier ces œuvres insignes. , Le Mont Fuji sous la neige, un volcan et des estampes
  • Les Oiseaux par les grands maîtres de l’estampe japonaise nous immerge au cœur d’estampes du style kachō-ga, ou « Images de fleurs et d’oiseaux ». Ce recueil de 250 estampes nous entraîne sous les pinceaux des plus grands maîtres japonais, mondialement connus, comme Hokusai, ou beaucoup moins renommés en Europe, comme Keibun ou Koson. Avoir Alire - Critiques de films, Livres, BD, musique, séries TV, Spectacles, Les Oiseaux par les grands maîtres de l'estampe japonaise – Anne Sefrioui - critique
  • Chaque œuvre, de petit format, réalisée en unique exemplaire - chose très rare dans le domaine de l’estampe - est le fruit d’un savant et délicat travail de gravure dans lequel l’artiste n’hésite pas à multiplier les techniques, utilisant à la fois la taille directe (pointe sèche, burin, etc.) et la taille indirecte à l’eau-forte ou aquatinte. Certaines œuvres ont nécessité le passage de cinq plaques et les pigments utilisés sont d’origine naturelle. Le Telegramme, « Gravité », la nouvelle exposition de Mariela Canchari - Plobannalec-Lesconil - Le Télégramme
  • ● Saint-Bonnet-de-Chavagne. Samedi 11 juillet, de 10h à 17h, au château de l’Arthaudière, Rémi de Chiara, plasticien, propose « une marche » autour du château, donnant l’occasion de fabriquer un carnet de voyage qui servira de matière première à un temps de travail autour de l’estampe. Au programme : 10h-12h balade et collecte ; 14h-17h atelier de gravure. Inscription obligatoire au 04 76 36 05 26 ou nallecentredar+t.simplybook.it. Ce même jour, à 19h, spectacle musical intergénérationnel «  Voyage au Pernambouc » ; des comédiens de 7 à 75 ans racontent en théâtre, danses et percussions, un bien original voyage au Pernambouc (Brésil). Entrée libre, réservation conseillée au 06 58 11 35 26. , Culture - Loisirs | Le château de l’Arthaudière s’anime à partir de samedi
  • Le mont Fuji, un cône magique surmonté de neiges éternelles et dominant Honshu avec ses 3776 mètres d’altitude, est bien plus que le point culminant du Japon, il incarne véritablement le Pays du Soleil Levant dans l’art. Sa symétrie parfaite et sa forme triangulaire, presque géométrique, ont constitué une véritable source d’inspiration pour de nombreux artistes comme Hokusai. Il figure sur des rouleaux peints, des estampes, des objets d’art mais aussi des éléments architecturaux. Il a également donné lieu à de multiples représentations des variations climatiques, une technique en vogue chez les impressionnistes, qui saisiront les différentes tonalités de la lumière, bien des années plus tard. , * Exposition Fuji, pays de neige au musée Guimet | Arts in the City
  • Ces trois jours permettront de découvrir la linogravure ou de se perfectionner avec l’apport de la couleur ! Ce sera aussi un moment convivial de recherche, de création par la pratique directe et de découverte de l’image imprimée à la main. Car les stagiaires réaliseront une estampe en plusieurs exemplaires, accompagnés par l’artiste dans les différentes étapes du travail, graphiques et techniques. SudOuest.fr, Rochefort : un stage de gravure en couleurs cet été
  • Avec l’entrée de la flotte américaine dans la baie de Tokyo en 1853, dans un Japon fermé aux navires étrangers depuis deux siècles, l’Occident découvre l’art nippon, ses estampes et son raffinement. Bientôt, le japonisme submerge tous les arts : peinture, arts décoratifs, musique et danse. Habitée par un Extrême-Orient imaginaire, l’avant-garde artistique européenne, composée de Manet, Monet, Degas, Van Gogh ou Whistler, s’empare de cette esthétique pour mener sa révolution, de laquelle émergeront les mouvements impressionniste et nabi. Daily Geek Show, Retour sur la mode du japonisme, qui influença les peintres impressionnistes
  • Si comme nous vous vous baladez à pied, vous avez dû tomber nez à nez avec quelques uns de ses collages à Cannes sur la devanture d’une boutique de Céramique ! Quelques traces poétiques de sa période de résidence d’artiste au Suquet des Arts ! Sinon vous pouvez filez à Aubagne pour découvrir quelques "estampes urbaines" d’Olivia Paroldi ! , Réouverture de l'Expo Olivia Paroldi - Estampes urbaines (...) - Art Côte d'Azur
  • Il y a des moments où je me demande si le Musée d’art et d’histoire de Genève (MAH) ne devrait pas faire l’objet d’un feuilleton télévisé bas de gamme. Il s’y passe toujours quelque chose de l’ordre des catastrophes programmées. La dernière en date se situe du côté du Cabinet des arts graphiques, ex-Cabinet des estampes. Laissez-moi vous raconter. Bilan, Conservatrice en chef déplacée. Encore un couac au Musée d'art et d'histoire - Bilan

Traductions du mot « estampe »

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Synonymes de « estampe »

Source : synonymes de estampe sur lebonsynonyme.fr
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