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Empirisme

Sommaire

  • Définitions du mot empirisme
  • Étymologie de « empirisme »
  • Phonétique de « empirisme »
  • Évolution historique de l’usage du mot « empirisme »
  • Citations contenant le mot « empirisme »
  • Traductions du mot « empirisme »
  • Synonymes de « empirisme »
  • Antonymes de « empirisme »

Définitions du mot empirisme

Trésor de la Langue Française informatisé

EMPIRISME, subst. masc.

A.− Vieilli, MÉD. Pratique de la médecine (dont l'origine remonte à l'Antiquité) qui se fonde uniquement sur l'expérience, l'observation, le hasard, rejetant ainsi tout recours à la théorie ou au raisonnement :
1. L'empirisme le désolait. Du moment que la médecine n'était pas une science expérimentale, mais un art, il demeurait inquiet devant l'infinie complication de la maladie et du remède, selon le malade. Les médications changeaient avec les hypothèses : que de gens avaient dû tuer jadis les méthodes aujourd'hui abandonnées! Le flair du médecin devenait tout, le guérisseur n'était plus qu'un devin heureusement doué, marchant lui-même à tâtons, enlevant les cures au petit bonheur de son génie. Zola, Le Docteur Pascal,1893, p. 197.
Péj. Pratique de la médecine sans connaissance médicale particulière. Synon. charlatanisme.Ces malades abandonnés de leur médecin, qui demandent une guérison impossible à l'empirisme des charlatans (Du Camp, Mém. suic.,1853, p. 116).Le charlatanisme apparaît, à bien des égards, comme une variante inopérante ou malhonnête de l'empirisme millénaire (Bariéty, Coury, Hist. méd.,1963, p. 815).
B.− Cour. Méthode qui ne s'appuie que sur l'expérience concrète, particulière. L'empirisme régnant derrière le voile des idéologies (Reynaud, Syndic. Fr.,1963, p. 224):
2. J'ai appris à redouter chez les hommes politiques, même chez les grands, un empirisme qui les soumet à l'événement. Mauriac, Le Nouveau Bloc-notes,1961, p. 98.
P. ext. Synon. de expérience (cf. également bon sens, connaissance, sens commun).Industrieux, il excellait dans l'empirisme (Gide, Prométhée,1899, p. 337):
3. ... le fraiseur use d'instruments mécaniques de précision; le luthier se guide, avant tout, sur la sensibilité de l'oreille et des doigts. Il ne serait bon ni que le fraiseur se contentât de l'empirisme du luthier, ni que le luthier prétendit singer le fraiseur. M. Bloch, Apologie pour l'hist.,1944, p. 4.
Péj. Expérience, habitude :
4. Jamais d'ailleurs la pratique seule, qui n'est guidée que par l'empirisme et qui est parfois alourdie par la routine, ne peut donner d'aussi bons résultats qu'une étude scientifique. Wilbois, Comment fonctionne une entr.,1941, p. 43.
Spéc. État imparfait ou incomplet d'une science dont les faits bruts et les observations particulières ne sont pas encore ordonnés de manière générale et logique :
5. L'empirisme n'est (...) pas le contraire de la science; c'est une période nécessaire qui précède la science et qui l'accompagne. Car toutes les sciences, même les plus avancées théoriquement, ont aussi des parties obscures et encore empiriques à côté des parties où la théorie brille de tout son éclat. C. Bernard, Principes de méd. exp.,1878, p. 180.
C.− PHILOS. (gén. et dans la philos. class.). Doctrine selon laquelle l'expérience est la donnée première et la source de la connaissance. L'empirisme de Locke, de Hume (cf. formes de l'empirisme : associationnisme, évolutionnisme, sensualisme). Anton. innéisme, idéalisme, rationalisme.Le mécanisme est aussi éloigné de l'empirisme que pouvait l'être la philosophie de Leibniz (Ruyer, Esq. philos. struct.,1930, p. 342):
6. Si donc c'est avec les sens ou la conscience que vous abordez l'infini, il vous est nécessairement obscur et même inaccessible; si c'est avec la raison, rien de plus clair, jusque là que c'est alors le fini qui s'obscurcit à vos yeux et vous échappe. Et voilà comment l'empirisme, qui s'appuie exclusivement sur l'expérience interne ou externe, est tout naturellement conduit à nier l'infini; tandis que l'idéalisme, qui s'appuie exclusivement sur la raison, conçoit très bien l'infini, mais a très grand'peine à admettre le fini qui n'est pas son objet propre. Cousin, Hist. de la philos. du XVIIIes.,t. 1, 1829, p. 186.
Empirisme logique. Orientation de la philosophie contemporaine qui emprunte à la science ses méthodes d'observation des faits et son esprit, condamnant ainsi tout recours à la métaphysique :
7. J'appelle empirisme logique un courant philosophique dont les trois manifestations principales furent l'atomisme logique en Grande-Bretagne, le néo-positivisme ou positivisme logique issu du Cercle de Vienne, et la philosophie logique contemporaine qui, particulièrement florissante aux États-Unis, tend à reconquérir l'Europe continentale. Ces philosophies présentent des traits communs : attachement à l'expérience sensible, défiance à l'égard de la spéculation et des prétendues évidences du sens intime, goût de la rigueur logique dans les inférences, effort vers la clarté et la netteté dans l'exposé. L. Vax, L'Empirisme logique,Paris, P.U.F., 1970, p. 5.
Rem. On rencontre ds la docum. le subst. masc. empiriocriticisme qui désigne la doctrine (née à la fin du xixes. en Allemagne et dont les représentants sont R. Avenarius et E. Mach) affirmant la relativité et la subjectivité de la connaissance scientifique. Anton. matérialisme (matérialisme dialectique en partic.). C'est ainsi que les hommes vulgaires [ceux qui éprouvent le poids des événements] ont le dernier mot sur la philosophie qu'ils ont d'abord jugée par ses conséquences. C'est ainsi qu'Anytos juge Socrate, que Lénine juge l'empiriocriticisme (Nizan, Chiens garde, 1932, p. 26).
Prononc. et Orth. : [ɑ ̃piʀism̥]. Ds Ac. 1762-1932. Cf. empirique. Étymol. et Hist. 1. 1732 [à propos de la médecine] (Ph. Hecquet, Le Brigandage de la medecine, I, 39, ds Quem. Fichier); 2. 1782 « procédé de pensée qui ne s'appuie que sur l'expérience » (L.-S. Mercier, Tabl. Paris, t. 2, p. 290 : l'empirisme de Laws); 3. 1829 philos. (Cousin, Hist. philos. t. 1, p. 160). Dér. avec suff. -isme* du rad. du gr. ε ̓ μ π ε ι ρ ι ́ α « expérience (par opposition à la théorie ou à la science pure) »; cf. angl. empirism 1716 ds NED. Fréq. abs. littér. : 397. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 119, b) 1 786; xxes. : a) 98, b) 570. Bbg. Arveiller (R.). R. Ling. rom. 1972, t. 36, p. 231. − Dub. Dér. 1962, p. 35.

Wiktionnaire

Nom commun

empirisme \ɑ̃.pi.ʁism\ masculin

  1. (Philosophie) Système de philosophie dans lequel l’origine de nos connaissances est uniquement attribuée à l’expérience.
    • Mais, avec le triomphe du Newtonisme et de l’Empirisme en Angleterre, du Cartésianisme en France, le règne de la Scolastique prend fin. — (Louis Rougier, Histoire d’une faillite philosophique : la Scolastique, 1966)
    • L’empirisme de Locke fut combattu par Leibnitz.
  2. (Par extension) Toute méthode qui prétend ne s’appuyer que sur l’expérience.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

EMPIRISME. n. m.
Système de philosophie dans lequel l'origine de nos connaissances est uniquement attribuée à l'expérience. L'empirisme de Locke fut combattu par Leibnitz. Il se dit dans un sens plus général de Toute méthode qui prétend ne s'appuyer que sur l'expérience.

Littré (1872-1877)

EMPIRISME (an-pi-ri-sm') s. m.
  • 1Recherche de l'expérience seule, sans aucune théorie.

    Terme de philosophie. Système dans lequel l'origine de nos connaissances est uniquement attribuée à l'expérience. L'empirisme écossais.

  • 2État d'une science quand les faits n'y sont encore liés par aucun fait général ou théorie. L'empirisme a été banni entièrement de l'astronomie, qui maintenant est un grand problème de mécanique, dont les éléments du mouvement des astres, leurs figures et leurs masses sont les arbitraires, seules données indispensables que cette science doive tirer des observations, Laplace, Exp. IV, préface.
  • 3En mauvaise part, aveugle routine.

    Empirisme médical, pratique qui ne tient aucun compte de la théorie. Empirisme politique se dit de la politique qui n'a d'autre règle que les faits sans théorie.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

EMPIRISME, s. m. (Med.) medecine-pratique uniquement fondée sur l’expérience. Rien ne paroît plus sensé qu’une telle medecine : mais ne nous laissons pas tromper par l’abus du mot ; démontrons-en l’ambiguité avec M. Quesnai, qui l’a si bien dévoilée dans son ouvrage sur l’œconomie animale.

On confond volontiers & avec un plaisir secret, dans la pratique ordinaire de la Medecine, trois sortes d’exercices sous le beau nom d’expérience ; savoir, 1°. l’exercice qui se borne à la pratique dominante dans chaque nation ; 2°. l’exercice habituel d’un vieux praticien, qui privé de lumieres, s’est fixé à une routine que l’empirisme ou ses opinions lui ont suggérée, ou qu’il s’est formé en suivant aveuglément les autres praticiens ; 3°. enfin l’exercice des medecins instruits par une théorie lumineuse, & attentifs à observer exactement les différentes causes, les différens caracteres, les différens états, les différens accidens des maladies, & les effets des remedes qu’ils prescrivent dans tous ces cas. C’est de cette confusion que naissent toutes les fausses idées du public sur l’expérience des praticiens.

On rapporte à l’expérience, comme nous venons de le remarquer, l’exercice des medecins livrés aux pratiques qui dominent dans chaque nation : ce sont ces medecins mêmes qui croyent s’être assûrés par leur expérience, que la pratique de leur pays est préférable à celle de tous les autres : mais si cet exercice étoit une véritable expérience, il faudroit que ceux qui se sont livrés depuis plus d’un siecle à différentes pratiques dans chaque pays, eussent acquis des connoissances décisives, qui les eussent déterminés à abandonner, comme ils ont fait, la pratique générale & uniforme, que leurs maîtres suivoient dans les siecles précédens ; cependant nous ne voyons pas dans leurs écrits, que l’expérience leur ait fourni de telles découvertes sur un grand nombre de maladies ; seroit-ce donc les anciens medecins de chaque pays qui n’auroient acquis aucune expérience dans la pratique qu’ils suivoient ? ou seroit-ce les modernes qui abandonnant les regles des anciens, auroient suivi différentes pratiques sans être fondés sur l’expérience ?

On pensera peut-être que ces différentes méthodes de traiter les mêmes maladies en différens pays, sont le fruit des progrès de la théorie de la Medecine ; mais si cette théorie avoit introduit & reglé les différentes méthodes de chaque pays, elle concilieroit aussi les esprits, tous les medecins des différens pays reconnoîtroient les avantages de ces diverses pratiques : cependant ils sont tous bien éloignés de cette idée, ils croyent dans chaque pays que leur pratique est la seule qu’on puisse suivre avec sûreté, & rejettent toutes les autres comme des pratiques pernicieuses, établies par la prévention. Or les Medecins mêmes, en se condamnant ainsi réciproquement, ne prouvent-ils pas qu’il seroit ridicule de confondre l’expérience avec l’exercice de ce nombreux cortege de praticiens, assujettis à l’usage, livrés à la prévention, & incapables de parvenir par des observations exactes, aux différentes modifications qui pourroient perfectionner la pratique dans les différens pays.

Si l’exercice de tant de medecins attachés à ces différentes pratiques, présente une idée si opposée à celle qu’on doit avoir d’une expérience instructive, ne sera-t-il pas plus facile encore de distinguer de cette expérience le long exercice d’un praticien continuellement occupé à visiter des malades à la hâte, qui se regle sur les évenemens, ou se fixe à la méthode la plus accréditée dans le public, qui toûjours distrait par le nombre des malades, par la diversité des maladies, par les importunités des assistans, par les soins qu’il donne à sa réputation, ne peut qu’entrevoir confusément les malades & les maladies ? Un medecin privé de connoissances, toûjours dissipé par tant d’objets différens, a-t-il le tems, la tranquillité, la capacité nécessaire pour observer & pour découvrir la liaison qu’il y a entre les effets des maladies, & leurs causes ?

Fixé à un empirisme habituel, il l’exerce avec une facilité, que les malades attribuent à son expérience ; il les entretient dans cette opinion par des raisonnemens conformes à leurs préjugés, & par le récit de ses succès : il parvient même à les persuader, que la capacité d’un praticien dépend d’un long exercice, & que le savoir ne peut former qu’un medecin spéculatif, ou pour parler leur langage, un medecin de cabinet.

Cependant ces empiriques ignorans & présomptueux se livrent aux opinions de la multitude, & n’apperçoivent les objets qu’à-travers leurs préjugés. C’est à des gens de cet ordre que M. de Voltaire répondit plaisamment, quand ils voulurent le traiter avant qu’il vînt à Genève : « Messieurs, je n’ai pas assez de santé pour risquer avec vous le peu qui me reste ». Mais il n’a pas hésité de confier ce reste de santé entre les mains de l’Esculape du pays, homme rare, né pour le bonheur des autres, joignant l’étude perpétuelle & la plus profonde théorie, aux observations d’une savante pratique, & ne connoissant d’expérience que celle de tous les lieux & de tous les siecles.

Aussi les vrais medecins ne se prévalent-ils jamais d’une routine habituelle ; ils croiroient deshonorer la Medecine, & se dégrader eux-mêmes, s’ils insinuoient dans le public que la capacité des Medecins s’acquiert comme celle des artisans, qui n’ont besoin que des sens & de l’habitude pour se perfectionner dans leurs métiers. En effet les praticiens qui ont une juste idée de la Medecine, & qui méritent leur réputation, ne se sont livrés au public qu’après avoir acquis un grand fonds de savoir ; & malgré un exercice presque continuel, ils ménagent chaque jour une partie de leur tems, pour entretenir & augmenter leurs connoissances par l’étude, & ils ne se décident dans la pratique que par les lumieres d’une théorie solide.

Ainsi tous ceux qui ont réduit l’expérience à l’empirisme particulier de chaque praticien, c’est-à-dire à quelques connoissances insuffisantes, obscures, équivoques, séduisantes, dangereuses, n’ont pas compris que la véritable expérience, la seule digne de ce nom, est l’expérience générale qui résulte des découvertes physiques, chimiques, anatomiques, & des observations particulieres des Medecins de tous les tems & de tous les pays ; que cette expérience est renfermée dans la théorie, & que par conséquent l’expérience approfondie, & la théorie expérimentale ou la vraie théorie, ne sont pas deux choses différentes. Ce n’est donc point par l’exercice seul de la Medecine qu’on acquiert cette théorie, ou cette expérience lumineuse qui forme les vrais medecins.

On dira peut-être qu’un grand exercice de la Medecine procure du moins aux Medecins une habitude qui les rend plus expéditifs dans la pratique : mais ne doit-on pas comprendre que cette facilité ne les rend que plus redoutables, lorsqu’ils ne sont pas suffisamment instruits ? & ne doit-on pas s’appercevoir aussi que la vraie habitude qu’on peut desirer d’un medecin, est la science théorique, puisque ce n’est que par le savoir qu’il peut se conduire facilement & sûrement dans la pratique.

Il est vrai que moins un praticien se livre à la routine, & que plus il est instruit, plus il connoît toutes les méprises dans lesquelles on peut tomber, plus aussi il hésite, plus il refléchit, plus il délibere, par ce qu’il apperçoit les difficultés : mais c’est toûjours pour la sûreté des malades qu’il est si attentif & si circonspect dans ses jugemens. Ce sont les connoissances mêmes, & non le défaut d’expérience ou d’habitude, qui retiennent un medecin prudent, & qui l’obligent, dans les cas douteux, à démêler, à examiner, à balancer, avant que de se décider.

Si le public voyoit de près les Medecins, lorsqu’ils sont eux-mêmes attaqués de quelque maladie inquiétante, il ne retrouveroit plus en eux cet air de fermeté, ce ton décisif & imposant, si ordinaire à ceux qui traitent les malades par empirisme ; & il comprendroit alors combien l’assûrance & la précipitation sont déplacées dans l’exercice d’un art si difficile & si dangereux.

Enfin, & nous ne saurions trop le répéter, ce n’est point la routine, quelque longue qu’elle puisse être, qui peut former un medecin clinique à la bonne méthode curative des maladies ; la routine ne sert qu’à multiplier ses fautes, son impéritie, & son aveuglement. Je sai bien que le public grossier établit follement sa confiance dans l’empirisme d’un vieux medecin, & que c’est la routine greffée sur l’âge, qui lui donne le crédit & la réputation. Aveugle & funeste préjugé. Le praticien le plus consommé sera fort ignorant, s’il a négligé (comme c’est la coûtume) de s’approprier par une lecture perpétuelle des livres de son art, l’expérience des autres praticiens.

J’avoue qu’un medecin qui est simplement savant, qui n’a pas acquis l’habitude, & qui n’a pas observé par lui-même, est un medecin incomplet : mais il est beaucoup moins imparfait que le premier ; car les lumieres de la Medecine naissent presque toutes d’une expérience dûe aux observations d’une multitude d’hommes, & qui ne peut s’acquérir que par l’étude. Jamais un medecin ne réussira sans cette étude, & sans la profonde théorie de l’art qui doit lui servir de boussole, quoi qu’en disent les ignorans, qui ne font tort qu’à eux-mêmes en méprisant les connoissances, parce qu’elles sont au-dessus de leur portée. C’est par cette profonde théorie que Boerhaave a fixé les principes de la science médicinale, qui, à proprement parler, n’en avoit point avant lui, & qu’il a élevé par son génie & par ses travaux à ce haut degré de lumiere, qui lui a mérité le titre de réformateur de l’art.

En un mot on n’est habile dans la pratique qu’autant qu’on a les lumieres nécessaires pour déterminer la nature de la maladie qu’on traite, pour s’assûrer de sa cause, pour en prévoir les effets, pour démêler les complications, pour appercevoir les dérangemens intérieurs des solides, pour reconnoître le vice des liquides, pour découvrir la source des accidens, pour saisir les vraies indications, & les distinguer des apparences qui peuvent jetter dans des méprises & dans des fautes très-graves. Or c’est uniquement par une science lumineuse qu’on peut saisir, pénétrer, discerner tous ces objets renfermés dans l’intérieur du corps, & réellement inaccessibles à l’empirisme. Voyez Théorie, Pratique, Praticien, & tout sera dit sur cette importante matiere. Article de M. le Chevalier de Jaucourt.

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Étymologie de « empirisme »

(1732) D’empirique, lui-même du grec ancien έμπειρία, empeiria (« expérience ») avec le suffixe -isme.
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Voy. EMPIRIQUE.

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Phonétique du mot « empirisme »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
empirisme ɑ̃pirism

Évolution historique de l’usage du mot « empirisme »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « empirisme »

  • Ô ! l'Éden immédiat des braves empirismes ! Jules Laforgue, L'Imitation de Notre-Dame la Lune, Nobles et touchantes divagations sous la lune
  • Leurs œuvres se correspondent. Armelle Allouis pratique le raku, une technique ancestrale japonaise, une technique qui laisse une grande place à l’empirisme et à l’imprévisible. Noir et blanc pour aller à l’essentiel. Passionné par la nature et la faune sauvage, Jean-Paul Le Gall capte des instants fugaces, des animaux photographiés dans leur milieu naturel et les tempêtes à Penmarc’h. Le Telegramme, Raku et photographie se conjuguent cette semaine à l’étuve - Treffiagat-Léchiagat - Le Télégramme
  • Je suis photographe-auteure, et plasticienne. J’ai démarré en autodidacte très jeune, vers dix ans. J’ai d’abord fait des études de géographie en environnement, ce qui a aiguisé mon sens de l’observation, en adéquation avec mon regard. À la fin de mes études, j’avais commencé à m’orienter vers la photographie à travers les observatoires photographiques du paysage, structures qui font état des changements des paysages dans le temps. Mon objectif était de travailler dans le domaine de la recherche, mais il n’y avait pas de débouchés. J’ai alors fait une année sabbatique avant de trouver une école de photographie (EFET) grâce à une bourse que j’ai pu décrocher par les conseils reçus à Pôle emploi. Ça m’a permis de consolider tout ce que j’avais appris par empirisme, et de développer un sens critique. Artistikrezo, Juliette Berny : "Mes créations mêlent onirisme et journal intime à travers l'acte photographique" - Artistikrezo
  • 2) aucun des décès survenus au Sénégal (45 à ce jour) n’est dû aux effets secondaires de ce traitement, mais à la comorbidité affectant les malades: le diabète, l’insuffisance rénale, les troubles respiratoires ou l’âge. C’est pourquoi, le communiqué numéro 94 du ministère de la Santé et de l’Action sociale datant de ce jour (3 juin 2020) fait état de 2 063 guéris. C’est fort de ce résultat que le Sénégal a souverainement décidé de poursuivre le Protocole Raoult fondé sur l’empirisme, malgré les attaques de l’étude de The Lancet fondé sur l’algorithme du Big data. L’une des leçons de cette épidémie, c’est de nous offrir en spectacle, hors des coulisses, ce conflit entre l’expérience, les convictions de l’homme et l’Intelligence artificielle. Aussi, cette épidémie a-t-elle permis de trancher les frontières entre la gouvernance mondiale de la santé, incarnée par l’OMS, et la souveraineté nationale. Afrik.com, Sénégal : le Covid-19 « a permis de trancher les frontières entre la gouvernance mondiale de la santé, incarnée par l'OMS, et la souveraineté nationale »

Traductions du mot « empirisme »

Langue Traduction
Anglais empiricism
Espagnol empirismo
Italien empirismo
Allemand empirismus
Chinois 经验主义
Arabe التجريبية
Portugais empirismo
Russe эмпиризм
Japonais 経験主義
Basque enpirismo
Corse empirisimu
Source : Google Translate API

Synonymes de « empirisme »

Source : synonymes de empirisme sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « empirisme »

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