La langue française

Confrontation

Définitions du mot « confrontation »

Trésor de la Langue Française informatisé

CONFRONTATION, subst. fém.

A.− DR. PÉNAL. Action de confronter un prévenu avec sa victime ou un témoin (cf. confronter II A). Confrontation des témoins. Il faut bien aboutir, devant l'une ou l'autre juridiction, à la confrontation d'Esterhazy avec les experts qui le contredisent (Clemenceau, L'Iniquité,1899, p. 102).Une confrontation entre les prévenus et le plaignant aura lieu la semaine prochaine (Le Figaro,19-20 janv. 1952, p. 2, col. 8).
B.− P. ext.
1. [Des pers. sont mises en présence, mais hors du contexte jur.; cf. confronter II B 1, III A 1 et 2, III B 2] De toutes les tâches qu'il [Beethoven] a assumées, celle-ci − la « Messe » − la confrontation de l'homme avec son Dieu − est la plus haute (R. Rolland, Beethoven,t. 2, 1928, p. 328).Me voilà seul, en face de moi-même. Pour cette confrontation-là, il n'y a pas d'attitude à prendre, ni d'illusions à ménager (De Gaulle, Mémoires de guerre,1954, p. 261).
2. [Des pers. sont mises face à qqc.; cf. confronter II B 2 et III A 2] Tieck a connu, pour ne jamais y revenir, une confrontation avec le divin, qui a pris la forme d'une apparition lumineuse (Béguin, L'Âme romantique et le rêve,1939, p. 224).
3. [Des choses sont mises en présence]
a) [L'idée dominante est celle de face à face] J'avais besoin d'une grandeur. Je la trouvais dans la confrontation de mon désespoir profond et de l'indifférence secrète d'un des plus beaux paysages du monde (Camus, L'Envers et l'endroit,1937, p. 101):
1. La conclusion dernière du raisonnement absurde est (...) le rejet du suicide et le maintien de cette confrontation désespérée entre l'interrogation humaine et le silence du monde. Camus, L'Homme révolté,1951, p. 16.
b) [À l'idée de face à face s'ajoute celle d'appréciation par comparaison; cf. confronter II B 2] Action de confronter (des choses, des faits, des idées, etc.) pour mettre en évidence les rapports de ressemblance ou de différence sur lesquels fonder son opinion. La confrontation de notre souvenir à la réalité nouvelle (Proust, À l'ombre des jeunes filles en fleurs,1918, p. 917).Une œuvre d'art vaut par elle-même et non par les confrontations qu'on peut faire avec la réalité (Jacob, Le Cornet à dés,1916, préf., p. 17).L'expérience de confrontation à laquelle je me suis livré ces derniers jours entre les journaux dictés et ceux, plus anciens, écrits à la main (Du Bos, Journal,1927, p. 387).
c) [À l'idée de face à face s'ajoute celle d'affrontement, d'antagonisme, de conflit; cf. confronter II B 3] Action de confronter, de mettre face à face, de faire s'affronter, s'opposer (des choses). Croire, c'est refuser de mettre en balance; il y a, à la racine de la foi, une volonté de non-confrontation (Marcel, Journal métaphysique,1919, p. 216):
2. ... le grandissement de David. Cela est énorme. C'est la confrontation extraordinaire − du pouvoir établi et du pouvoir personnel − qui s'établit. Ce conflit est le fond philosophique de l'affaire actuelle. Valéry, Correspondance[avec Gide], 1898, p. 338.
En partic. Débat permettant à chacun d'exposer et de défendre son point de vue, face aux points de vue comparés des autres participants; conversation durant laquelle les interlocuteurs s'affrontent. Les conversations avec Xavière dégénéraient aussitôt en confrontations haineuses (S. de Beauvoir, L'Invitée,1943, p. 401).La mauvaise conscience aspire à l'aveu et au pardon, la conscience inquiète à la confrontation et au dialogue (Mounier, Traité du caractère,1946, p. 487):
3. ... la confrontation des idées, dès lors qu'elle met en cause les errements accoutumés et les hommes en place, revêt le tour intransigeant des querelles théologiques. De Gaulle, Mémoires de guerre,1954p. 14.
Rem. On rencontre ds la docum. le synon. vieilli confrontement, subst. masc. L'une des seules positions philosophiques cohérentes, c'est ainsi la révolte. Elle est un confrontement perpétuel de l'homme et de sa propre obscurité. Elle est exigence d'une impossible transparence. (Camus, Le Mythe de Sisyphe, 1942, p. 77).
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃fʀ ɔ ̃tasjɔ ̃]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. 1341 « partie limitrophe de deux propriétés » (Arch. JJ 73, fo272 rods Gdf.) − 1593, Charron ds Hug.; 2. a) 1585 confrontations de tesmoings (N. du Fail, Contes d'Eutrapel, t. 1, p. 215 ds IGLF); b) 1690 confrontation des écritures (Fur.). Empr. au lat. médiév. confrontatio attesté en 1080 au sens de « partie limitrophe de deux propriétés » et au xiiies. au sens de « collationnement de deux choses en vue d'une comparaison » (v. Du Cange). Fréq. abs. littér. : 183. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 144, b) 119; xxes. : a) 148, b) 502. Bbg. Nouv. venus. Amis lex. fr. Lex. dern. 1975, no2, p. 3.

Wiktionnaire

Nom commun

confrontation \kɔ̃.fʁɔ̃.ta.sjɔ̃\ féminin

  1. Action de confronter des personnes ou des choses.
    • Pas encore, répondit Camuso; mais demain, après votre confrontation avec Jacques Collin, vous serez sans doute libre. — (Honoré de Balzac,Splendeurs et misères des courtisanes, 1838)
    • Le Beaujolais, qui a connu après la Seconde Guerre mondiale à la fois un enrésinement massif et une extension viticole grâce au succès du Beaujolais nouveau, offre un terrain particulièrement riche pour étudier la confrontation, voire le conflit entre la vigne et la forêt résineuse. — (Vincent Moriniaux, En Beaujolais, du pin et du vin, dans Forêt et vigne , bois et vin XVIe-XXe siècle, L'Harmattan, 2002, p.173)
    • La connaissance, dis-je, avancera par la discussion, la confrontation, parlons... — (Philippe Sollers, Éloge de l’infini, Gallimard, page 897)
    • Le cours de cette année a poursuivi l'étude des moyens d’expression de l'espace dans l’art paléolithique et, par confrontation, dans différents arts rupestres postérieurs. — (André Leroi-Gourhan, L'art pariétal: langage de la préhistoire, Éditions Jérôme Millon, 1992, p. 245)
    • […] lorsqu'une interpellation a lieu, on nous demande de réentendre les baceux et d'organiser la confrontation avec les policiers de la brigade, à une seule fin : permettre aux parquetiers d'être plus à l'aise devant les avocats. — (« Sécurité publique au quotidien — la parole aux acteurs de terrain », table ronde animée par Frédéric de Lanouvelle, publiée dans La police de sécurité publique en France : Quelles ambitions pour demain ?, ouvrage collectif, Éditions du Cerf, 2019)

Nom commun

confrontation

  1. Confrontation.
  2. Affrontement.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CONFRONTATION. n. f.
Action de confronter des personnes ou des choses. Confrontation de témoins. Confrontation de deux écritures.

Littré (1872-1877)

CONFRONTATION (kon-fron-ta-sion) s. f.
  • 1 Terme de procédure criminelle. Action de confronter. Ordonner la confrontation de l'accusé avec les témoins. On recommencera à travailler à cette chambre [la chambre ardente pour juger l'affaire des poisons] plus tôt qu'on ne pensait ; on dit qu'on a bien des confrontations à faire, Sévigné, 403.
  • 2 Par extension. La confrontation des écritures fit reconnaître le faux.

HISTORIQUE

XVIe s. Les confrontations du jardin devers le costé du vent de sus, seront prairies, Palissy, 80. Quant ce fust au recolemens et confron tations des tesmoins, ils se trouverent fort variables, Castelnau, 7.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

CONFRONTATION. - HIST. Ajoutez : XIVe s. Sur la confrontation de une certaine place vuide, laquelle estoit partie maçonnée et partie à maçonner, Bib. des ch. 1872, p. 356.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

CONFRONTATION, f. f. (Jurispr.) est la représentation d’une personne ou d’une chose vis-à-vis d’une autre. Dans le Languedoc & quelques autres provinces, on l’appelle acarement ou acaration

L’usage le plus ordinaire de la confrontation est, en matiere criminelle, pour représenter à l’accusé les témoins qui ont déposé contre lui, afin qu’ils le reconnoissent, & qu’ils déclarent si c’est de lui qu’ils ont entendu parler dans leur déposition ; que l’accusé puisse fournir contre eux ses reproches, s’il en a, & les témoins y répondre.

C’étoit la coûtume chez les Hébreux, que les témoins mettoient leurs mains sur la tête de celui contre lequel ils avoient déposé au sujet de quelque crime : ce qu’ils pratiquoient en conséquence d’un précepte du Lévitique, ch. xxjv. v. 14. C’est de-là que dans l’histoire de Susanne il est dit, que les deux vieillards qui l’accuserent mirent leurs mains sur sa tête : cela servoit de confirmation de leur déposition, & tenoit lieu chez eux de la confrontation dont on use aujourd’hui.

Nous lisons dans Dion, liv. LX. que du tems de l’empereur Claude, un soldat ayant accusé de conspiration Valérius-Asiaticus, il prit à la confrontation pour Asiaticus un pauvre homme qui étoit tout chauve : ce qui fait voir que la confrontation étoit aussi usitée chez les Romains, & que pour éprouver la fidélité des témoins, on leur confrontoit quelquefois une autre personne au lieu de l’accusé.

On en usa de même dans un concile des Ariens, où S. Athanase fut accusé par une femme de l’avoir violée : Timothée prêtre se présentant à elle, & feignant d’être Athanase, découvrit la fourberie des Ariens & l’imposture de cette femme.

Le récollement des témoins n’étoit point en usage chez les Romains, mais on y pratiquoit la confrontation.

Elle a pareillement lieu suivant le droit canon, & se pratique dans les officialités ; comme il résulte du chapitre præsentium xxxj. extra de testibus & attestationibus.

On pratiquoit en France la confrontation dès les premiers tems de la monarchie : en effet on voit dans Grégoire de Tours, liv. VI. f°. 363. que Chilperic, lequel commença à régner en 450, ayant interrogé lui-même deux particuliers porteurs de lettres injurieuses à S. M. manda un évêque qu’on en vouloit rendre complice, les confronta les uns aux autres, même à ceux qu’ils chargeoient par leurs réponses.

Il y a plusieurs anciennes ordonnances qui font mention de la confrontation des témoins.

Celle de François I. en 1536, chap. ij. art. 4. en prescrit la forme : mais comme ce n’étoit qu’une loi particuliere pour la Bretagne, nous ne nous arrêterons qu’à celle de 1539, qui est générale pour tout le royaume.

Elle ordonne, art. 14. & suiv. que les témoins seront recollés & confrontés à l’accusé dans le délai ordonné par justice, selon la distance des lieux, la qualité de la matiere & des parties, à moins que l’affaire ne fût si legere, qu’il n’y eût lieu de recevoir les parties en procès ordinaire ; que dans les matieres sujettes à confrontation, les accusés ne seront élargis pendant les délais qui seront donnés pour faire la confrontation ; que quand les témoins comparoîtront pour être confrontés, ils seront d’abord recollés en l’absence de l’accusé, & que sur ce qu’ils persisteront & qui sera à la charge de l’accusé, ils lui seront aussi-tôt confrontés séparément & à part l’un après l’autre ; que pour faire la confrontation, l’accusé & le témoin comparoîtront devant le juge, lequel en la présence l’un de l’autre, leur fera faire serment de dire vérité, qu’ensuite il demandera à l’accusé s’il a quelques reproches à fournir contre le témoin qui est présent, & lui enjoindra de les dire promptement, qu’autrement il n’y sera plus reçu ; que si l’accusé n’allegue aucuns reproches, & déclare ne le vouloir faire, & se vouloir arrêter à la déposition des témoins, ou s’il demande un délai pour fournir ses reproches, ou enfin s’il a mis par écrit ceux qu’il auroit allégué sur le champ ; dans tous ces cas il sera procédé à la lecture de la déposition du témoin pour confrontation, après laquelle il ne sera plus reçu à proposer aucun reproche ; que les confrontations faites & parfaites, le procès sera mis entre les mains du ministere public pour prendre des conclusions, &c.

L’ordonnance de 1670 contient un titre exprès des recollemens & confrontations, qui est le quinzieme : il est dit que si l’accusation mérite d’être instruite, le juge ordonnera que les témoins seront recollés en leurs dépositions, & si besoin est, confrontés à l’accusé ; l’ordonnance dit si besoin est, parce que si les témoins se rétractoient au recollement, & qu’il n’y eût plus de charges contre l’accusé, il seroit inutile de lui confronter les témoins.

Il est ordonné que les témoins seront recollés & confrontés ; la déposition de ceux qui n’auront point été confrontés, ne sera point de preuve, s’ils ne sont décédés pendant la contumace : il en est de même s’ils sont morts civilement pendant la contumace, ou si à cause d’une longue absence, d’une condamnation aux galeres ou bannissement à tems, ils ne pouvoient être confrontés, suivant ce qui est dit tit. xvij. art. 22. & 23. Voyez aussi ci-après les articles Confrontation figurative & litterale.

Dans les crimes qui peuvent mériter peine afflictive, le juge peut ordonner le recollement & la confrontation des témoins, si cela n’a pas été fait, & que les dépositions chargent considérablement l’accusé.

En voyant le procès, on fait lecture de la déposition des témoins qui vont à la décharge de l’accusé, quoiqu’ils n’ayent été ni recollés ni confrontés, pour y avoir par les juges égard.

Les accusés qui sont decrétés de prise de corps, doivent tenir prison pendant le tems de la confrontation, & on en doit faire mention dans la procédure, si ce n’est que les cours en jugeant l’appel en ordonnassent autrement.

Les confrontations doivent être écrites en un cahier séparé, & chacune en particulier paraphée & signée du juge dans toutes les pages, par l’accusé & par le témoin, s’ils savent ou veulent signer, sinon on doit faire mention de la cause de leur refus.

L’accusé étant mandé après le serment preté par lui & par le témoin en présence l’un de l’autre, le juge les interpellera de déclarer s’ils se connoissent.

On fait lecture à l’accusé des premiers articles de la déposition du témoin, contenant son nom, âge, qualité, & demeure, la connoissance qu’il aura dit avoir des parties, & s’il est leur parent ou allié.

L’accusé est ensuite interpellé par le juge de fournir sur le champ ses reproches contre le témoin, si aucuns il a ; & le juge doit l’avertir qu’il n’y sera plus reçu après avoir entendu lecture de la déposition, & on en doit faire mention.

Les témoins sont enquis de la vérité des reproches, & tout ce que l’accusé & eux disent doit être rédigé par écrit.

Après que l’accusé a fourni ses reproches, ou déclaré qu’il n’en veut point fournir, on lui fait lecture de la déposition & du recollement du témoin, avec interpellation de déclarer s’ils contiennent vérité, & si l’accusé est celui dont il a entendu parler dans ses dépositions & recollement, & tout ce qui est dit de part & d’autre doit pareillement être écrit.

L’accusé n’est plus reçu à fournir de reproches contre le témoin, après qu’il a entendu lecture de sa déposition ; il peut néanmoins en tout état de cause proposer des reproches, s’ils sont justifiés par écrit.

Si l’accusé remarque dans la déposition du témoin quelque contrariété ou circonstance qui puisse éclaircir le fait & justifier son innocence, il peut requérir le juge d’interpeller le témoin de les reconnoître, sans pouvoir lui-même faire interpellation du témoin ; & ces remarques, interpellations, reconnoissances, & réponses, sont aussi rédigées par écrit.

Quoique l’accusé refuse de répondre aux interpellations qui lui sont faites, on ne laisse pas de procéder à la confrontation du témoin.

Si le témoin que l’on veut confronter est malade, la confrontation se fait en sa maison, & pour cet effet on y transfere l’accusé.

Les experts entendus en information sur ce qui est de leur art, doivent être confrontés comme les autres témoins.

On observe les mêmes formalités dans les confrontations qui sont faites des accusés ou complices les uns aux autres. Ils peuvent fournir des reproches les uns contre les autres : mais cette confrontation ne doit être faite qu’après celle des témoins.

Lorsque dans un même procès il y a des accusés laïques prisonniers dans les prisons royales, & des accusés clercs dans les prisons de l’officialité, & qu’il s’agit de les confronter les uns aux autres, on amene les accusés & complices laïques des prisons royales à l’officialité ; & Decombes dit qu’en pareil cas la confrontation des laïques à l’accusé clerc, fut faite par les deux juges, c’est-à-dire par le juge laïque & par l’official conjointement : mais que la confrontation de l’accusé clerc aux laïques, fut faite par le juge laïque seul, les accusés étant laïques. Voyez Imbert, liv. III. ch. xiij. Decombes, recueil des procédures de l’officialité. Bornier, sur les titres xv. & xvij. de l’ordonnance.

Confrontation des Accusés les uns aux autres, voyez ci-devant à la fin du mot Confrontation.

Confrontation des Complices, voyez ibid.

Confrontation d’écritures, voyez ci-dev. Comparaison d’écritures.

Confrontation d’Experts, voyez ci-devant vers la fin du mot Confrontation.

Confrontation figurative, est la confrontation que l’on fait d’un témoin à l’accusé, sans néanmoins lui représenter ce témoin. Elle a lieu lorsque le témoin est décédé ou absent pour cause légitime, & se fait par l’affirmation tacite de la déposition du côté de la partie civile, s’il y en a une, ou à la requête de la partie publique ; sauf à l’accusé à proposer ses reproches, s’il en a quelqu’un à opposer pour sa justification, & pour atténuer la déposition. On demande donc à l’accusé s’il a connu le témoin défunt ou absent, s’il l’estimoit homme de bien, s’il veut & entend s’en tenir à sa déposition ; & après ses réponses à chaque question, qui doivent être rédigées par écrit avec les reproches, s’il en a proposé, on lui fait lecture de la déposition du témoin : c’est ensuite à la partie civile, s’il y en a une, ou au ministere public, à justifier s’il se peut par actes ou autrement, ce qui étoit des bonnes vie & mœurs du témoin défunt ou absent, afin de faire tomber les reproches. Il est parlé de cette confrontation figurative, dans le style du parlement de Toulouse par Cayron, l. IV. tit. xviij. c’est ce qu’il appelle acaration figurative, selon le langage du pays. Il y a des exemples que la confrontation figurative s’est aussi pratiquée en certains cas dans les autres parlemens ; ainsi qu’il fut observé dans le procès de MM. de Cinqmars & de Thou, en 1642 : on fit même dans ce procès une espece de confrontation figurative. Monsieur, frere du Roi, ayant une déclaration à faire, avoit obtenu du Roi qu’il ne seroit point confronté aux accutés. M. le chancelier reçut sa déposition avec les mêmes formes avec lesquelles on a coûtume de prendre la déposition des autres témoins : on prit seulement de plus la précaution de la relire à Monsieur en présence de M. le chancelier & de sept ou huit conseillers d’état ou maîtres des requêtes, qui la signerent avec lui, après qu’il eut persisté avec serment à ce qu’elle contenoit : & comme le droit & les ordonnances veulent que tout témoin soit confronté, le procureur général crut que dans ce cas il falloit user de quelques formalités pour suppléer à la confrontation ; & pour cet effet il requit que la déclaration de Monsieur lui fût lûe après que les accusés auroient déclaré s’ils avoient des reproches à fournir contre lui, ce qu’ils pourroient faire avec plus de liberté en l’absence de Monsieur qu’en sa présence ; qu’ensuite les reproches & réponses des accusés lui seroient communiqués : ce qui fut ordonné par arrêt, & exécuté par M. le chancelier.

L’ordonnance de 1670 ne parle pas nommément de la confrontation figurative ; mais elle dit, titre xv. art. 8. que la déposition des témoins non confrontés ne fera pas preuve, s’ils ne sont décédés pendant la contumace ; ce qui suppose que dans ce cas il y a quelque formalité qui tient lieu de la confrontation ordinaire : & dans le titre xvij. art. 22. & 23. il est parlé de la confrontation littérale, qui est la même chose que la confrontation figurative. Voyez ci-après Confrontation littérale, & Bornier, sur l’art. 8. du tit. xv.

Confrontation littérale, est celle qui est faite à l’accusé de la déposition d’un témoin, qui après avoir été recollé en sa déposition, est décédé ou mort civilement pendant la contumace de l’accusé : dans ce cas, au lieu de confronter à l’accusé la personne du témoin, on lui confronte seulement sa déposition, dont on lui fait lecture en la forme ordinaire pour les confrontations. On en use de même pour les témoins, qui ne peuvent être confrontés à cause d’une longue absence, d’une condamnation aux galeres ou bannissement à tems, ou quelque autre empêchement légitime, pendant le tems de la contumace.

Dans cette confrontation littérale, les juges ne doivent avoir aucun égard aux reproches, s’ils ne sont justifiés par pieces. Voyez l’ordonnance de 1670, tit. xvij. art. 22. & 23. & ci-devant Confrontation figurative. (A)

Confrontation de Témoins, voyez ci-dev. Confrontation. (A)

Confrontation en Tourbe ou Turbe, se fait lorsque l’accusé soupçonne le témoin de fausseté ; il peut requérir qu’on montre avec lui d’autres personnes au témoin, afin de voir si le témoin reconnoîtra l’accusé, ou si faussement il accuse l’un pour l’autre. Il dépend de la prudence du juge de le permettre quelquefois ; au lieu d’user de cette confrontation par turbe, on présente seulement une autre personne au lieu de l’accusé, pour voir si le témoin le reconnoîtra. Voyez Despeisses, tome II. part. I. tit. viij. n. 11. (A)

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Étymologie de « confrontation »

Du latin médiéval confrontatio.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Confronter ; provenç. confrontatio ; espagn. confrontacion ; ital. confrontazione.

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Phonétique du mot « confrontation »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
confrontation kɔ̃frɔ̃tasjɔ̃

Évolution historique de l’usage du mot « confrontation »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « confrontation »

  • C'est la confrontation avec les autres qui vous permet de dévoiler toutes vos facettes. De Björk
  • Haine. Sentiment approprié à la confrontation de la supériorité d'autrui. De Ambrose Bierce / Le Dictionnaire du diable
  • Une confrontation permanente entre théorie et expérience est une condition nécessaire à l'expression de la créativité. De Pierre Joliot / La Recherche passionnément
  • Dans la contradiction, l’amour se renforce. Dans la confrontation et la transformation, l’amour se préserve. De Paulo Coelho / Le Zahir
  • Une théorie qui entend prendre pour objet la pratique humaine dans son ensemble doit se prémunir contre toute tentation idéaliste qui la porte à négliger la confrontation avec les faits. De Jürgen Habermas / Le Monde de l'éducation - Juillet - Août 2001
  • L'opposition fondamentale qui constitue l'armature de toutes les oppositions binaires dont l'homme se sert pour exprimer ses pensées et ses raisonnements prend sa source dans la confrontation de l'identique au différent. De Françoise Héritier / Julie Chupin - Le Monde de l'éducation - Mai 2001
  • L’axe Nord-Sud, c’est l’axe richesse-pauvreté. L’axe Est-Ouest est moins fondamental : il oppose deux cultures, deux philosophies. Le dialogue semble possible et la confrontation est piquante. L’axe Nord-Sud cloue toutes les gorges. De Amélie Nothomb / Péplum
  • Ce monde en lui-même n'est pas raisonnable, c'est tout ce qu'on peut en dire. Mais ce qui est absurde, c'est la confrontation de cet irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l'appel résonne au plus profond de l'homme. De Albert Camus / Le mythe de Sisyphe
  • euh, R* vous êtes au courant que tout le monde s'en branle de votre mode confrontation et que les joueurs son déjà tous level 20 dans les 4 lieux de productions ? Jeuxvideo.com, Red Dead Online triple les récompenses dans les modes confrontation - Actualités - jeuxvideo.com
  • Entre Novalis et Mallarmé, et en dépit de la distance historique de près d’un siècle,  d’indéniables correspondances de contextes et de projets, de thèmes, d’images et de formes, ont déjà été mentionnées par les commentateurs. On veut  ici approfondir ces correspondances, analogies et différences,  par une confrontation plus systématique de l’ensemble des deux œuvres, et par une exploration nouvelle, tenant compte des récentes recherches, en allemand, en anglais  et en français, concernant ces deux auteurs. , A. Stanguennec, Novalis-Mallarmé. Une confrontation
  • Dans la nuit de lundi 14 à mardi 15 juin, vingt soldats indiens ont péri dans une confrontation avec l’armée chinoise sur la frontière disputée au Ladakh, dans le nord de l’Inde. C’est le premier accrochage militaire meurtrier en 45 ans entre les deux géants asiatiques. La Croix, Une confrontation mortelle entre l’Inde et la Chine fait 20 morts
  • Désormais, entre l’administration américaine et le Hezbollah, c’est la confrontation directe. Depuis quelques mois, plusieurs responsables américains, à commencer par le secrétaire d’État Mike Pompeo, son adjoint David Schenker, et jusqu’à l’ambassadrice au Liban Dorothy Shea, se relaient pour attaquer la formation chiite et expliquer aux Libanais qu’elle est responsable de tous les malheurs qu’ils connaissent actuellement, de la crise financière et économique à l’institutionnalisation de la corruption et au manque de crédibilité de l’État, lequel décourage toutes les parties arabes et internationales de chercher à l’aider. L'Orient-Le Jour, Entre l’ambassade US et le Hezbollah, la confrontation est désormais directe - L'Orient-Le Jour
  • Les confrontations en montagne se sont multipliées ces dernières années entre les armées indienne et chinoise, ce que l'administration américaine et les analystes interprètent comme un signe de l'agressivité croissante de la Chine dans la région. TV5MONDE, Confrontation Inde-Chine: bruits de bottes au Ladakh
  • Les Etats-Unis ont dit mardi espérer que l'Inde et la Chine parviennent à régler pacifiquement leurs différends après une confrontation frontalière dans laquelle l'armée indienne a annoncé avoir perdu vingt soldats. «L'Inde et la Chine ont toutes les deux exprimé leur volonté d'un apaisement, et nous soutenons une solution pacifique à la situation actuelle», a déclaré un porte-parole du département d'Etat américain après ce premier accrochage militaire meurtrier en 45 ans entre les deux géants asiatiques. Le Figaro.fr, Washington espère une «solution pacifique» après la confrontation Inde-Chine
  • Dans un micromessage diffusé samedi sur Twitter, la police régionale de Halton dit être au courant de cette vidéo montrant une confrontation entre des policiers et un homme à Oakville. L’actualité, Un policier est sous le coup d'une suspension après une confrontation violente | L’actualité
  • Srinagar (Inde), 9 juin 2020 (AFP) - Leur douceur n'a d'égale que leur prix mais les châles en pashmina pourraient devenir encore plus rares et luxueux dans les années à venir, victimes collatérales de la confrontation frontalière entre l'Inde et la Chine. FashionNetwork.com, Le pashmina, victime collatérale de la confrontation Inde-Chine - Actualité : industrie (#1222327)

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Vidéos relatives au mot « confrontation »

Traductions du mot « confrontation »

Langue Traduction
Anglais confrontation
Espagnol confrontación
Italien confronto
Allemand konfrontation
Chinois 对抗
Arabe مواجهة
Portugais confronto
Russe конфронтация
Japonais 対決
Basque norgehiagokak
Corse scontru
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Synonymes de « confrontation »

Source : synonymes de confrontation sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « confrontation »

Confrontation

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