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Chocolat

Variantes Singulier Pluriel
Masculin chocolat chocolats

Définitions de « chocolat »

Trésor de la Langue Française informatisé

CHOCOLAT, subst. masc.

A.− Aliment composé essentiellement de cacao et de sucre. On est convenu d'appeler chocolat le mélange qui résulte de l'amande du cacao grillée avec le sucre et la cannelle (Brillat-Savarin, Physiol. du goût,1825, p. 114).
1.
a) Au sing. Pâte solidifiée composée de ce produit auquel sont incorporés parfois des aromates ou divers autres éléments. Un morceau (une tablette) de chocolat; du chocolat praliné (cf. Balzac, La Cousine Bette, 1846, p. 408); du chocolat purgatif (H. Bazin, Vipère au poing,1948, p. 53):
1. Nous possédions les plus précieuses monnaies d'échange, chocolat et cigarettes. Contre ces richesses nous obtînmes des produits plus substantiels et qui nous faisaient défaut : ... Ambrière, Les Grandes vacances,1946, p. 316.
Emploi à valeur adj., en PÂTISS. Au chocolat. Crème, éclair, soufflé au chocolat.
b) Au sing. ou au plur. Bonbon au chocolat. Je lui ai envoyé ce sonnet au lieu de fleurs ou chocolats (Valéry, Correspondance[avec Gide], 1918, p. 461).Une demi-livre de chocolats mélangés (Guéhenno, Journal d'une « Révolution », 1937, p. 92).
2. P. méton. Boisson préparée avec du chocolat en morceaux ou en poudre, dissout ou cuit dans de l'eau ou du lait. Une tasse de chocolat; prendre du (son) chocolat :
2. Dès sept heures du matin, elle m'apportait elle-même une tasse de chocolat. Je n'en ai jamais bu de pareil. Un chocolat à s'en faire mourir, moelleux, velouté, parfumé, grisant. Je ne pouvais ôter ma bouche des bords délicieux de sa tasse. Maupassant, Contes et nouvelles,t. 1, Ce cochon de Morin, 1882, p. 853.
B.− Invar. Couleur chocolat, et, p. ell. chocolat. Couleur brun rouge foncé. Un gilet chocolat (Sue, Atar Gull,1831, p. 5):
3. ... le teint de ces jeunes personnes, vêtues à l'orientale, variait du bistre à l'olivâtre, et arrivait, chez la dernière, au chocolat le plus foncé. Nerval, Voyage en Orient,t. 1, 1851, p. 160.
Arg. Boîte à chocolat. Cercueil couvert d'une toile brune (cf. Esn. 1966). Nous allons à la Charité. (...). Nous assistons à la visite et nous voyons mettre dans la boîte à chocolat un paquet noué aux deux bouts, qui est une morte (E. et J. de Goncourt, Journal,1860, p. 856).
C.− Emploi adj. invar., pop. [Être] chocolat. Être attrapé, dupé, déçu. « Elle vient se faire régler une petite note, voilà tout. Et elle a peur de repartir chocolat » (P. Bourget, Nos actes nous suivent,1926, p. 159).
Emploi subst. Faire le chocolat. Faire le naïf, le crédule (cf. Temps, 1886 ds G. Fustier, Suppl. au dict. de la lang. verte d'A. Delvau, 1889, p. 522).
Rem. On rencontre ds la docum. a) L'adj. chocolateux, euse, péj. Ces éclairs vomitivement chocolateux (Colette, Claudine s'en va, 1903, p. 68). b) Le subst. fém. chocolatine. Bonbon au chocolat (cf. E. Brumpt, Précis de parasitologie, 1910, p. 72).
Prononc. et Orth. : [ʃ ɔkɔla] ou [-lɑ]. a) Timbre de l'initiale. [ɔ] ouvert ds la majorité des dict. Barbeau-Rodhe 1930 note [o] fermé quand on prononce [ɑ] post. à la finale. b) Timbre de la finale. [a] ant. ds DG, Dub., Pt Rob., Pt Lar. 1968 et Lar. Lang. fr.; cf. aussi ds Grammont Prononc. 1958, p. 138. [a] ou [ɑ] post. ds Passy 1914 et ds Warn. 1968. [ɑ] post. quand l'initiale se prononce [o] fermé ds Barbeau-Rodhe 1930. Fouché Prononc. 1959, p. 61 note que pour la finale -at on peut prononcer un [ɑ] bref très légèrement post. dans chocolat et chocolats; cf. aussi Kamm. 1964, p. 92, Rouss.-Lacl. 1927, p. 138 et Mart. Comment prononce 1913, p. 18 : ,,Le mot chocolat, au moins à Paris [se prononce avec [ɑ] post.]. C'est peut-être à cause de son étymologie espagnole chocolate, mot qui a l'accent sur l'a; mais cet a est destiné à s'ouvrir [= devenir ant.] comme dans les autres mots en -at, et on n'est nullement obligé de le fermer [= de le prononcer post.].`` Buben 1935, § 9 propose une autre explication : ,,Trois mots en -at ont subi l'influence des mots en -ât (dans lesquels on prononce [ɑ] post.) et se prononcent avec les deux timbres ([a] ou [ɑ]) : chocolat, climat, grabat.`` Fér. Crit. t. 1 1787 rappelle : ,,Trév. (en 1704) met chocolate. Richelet les met tous deux chocolat ou chocolate.`` On rencontre encore la var. chocolate ds Ac. 1694 à côté de la forme moderne. Puis de Ac. 1718-1932 uniquement chocolat. Étymol. et Hist. 1598 chocolate « breuvage fait avec des amandes de cacao » (Hist. nat. et mor. des Indes tant or. qu'occ. comp. en cast. par J. de Acosta et trad. en fr. par Rob. Regnault Cauxois, fol. 172b [à propos du Pérou] ds König, p. 66); 1640 chocolate (J. de Laet, L'Hist. du Nouv. Monde ou Descr. des Indes Occ., p. 127 [à propos du Mexique], ibid.) − 1740 (Trév.); 1659 chocolat « substance alimentaire composée essentiellement de cacao et de sucre » (Lettres patentes données à Toulouse, citées ds un texte de 1666 ds Félibien, Hist. de la ville de Paris, 1725, t. 5, p. 204 d'apr. Arv., p. 178). Empr. à l'esp. chocolate « id. », attesté dep. ca 1580 (sous la forme chocollatl, Fr. Hernandez d'apr. Cor. et Fried.; cf. chocolate en 1590, Acosta, Hist. Nat. y Mor. de las Indias, original de la trad. citée supra, ds Fried.), lui-même empr. à un mot nahuatl dont la formation est difficilement analysable, à l'exception du suff. -atl « eau » (v. FEW t. 20, pp. 63-64; Cor.; R. Loewe ds Z. vergl. Sprachforsch., t. 61, pp. 94-95; König, pp. 66-68; Fried.). Fréq. abs. littér. : 701. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 602, b) 635; xxes. : a) 1 017, b) 1 514.
DÉR. 1.
Chocolaté, ée, adj.Qui contient du chocolat, qui est parfumé au chocolat. Bouillie, farine, poudre chocolatée. [ʃ ɔkɔlate]. 1reattest. 1771 (Trév., t. 2, p. 148b); de chocolat, suff. *. Fréq. abs. littér. : 2.
2.
Chocolaterie, subst. fém.a) Rare. Fabrication du chocolat. Une usine de chocolaterie (G. Brunerie, Les Industr. alim.,1949, p. 36).b) P. méton., usuel. Fabrique de chocolat. L'insubordination ouvrière pouvait mettre en péril les affaires de la chocolaterie (Aragon, Les Beaux quartiers,1936, p. 42). [ʃ ɔkɔlatʀi]. Passy 1914 transcrit [-lɑ-] avec [ɑ] post.; à ce sujet cf. chocolat. 1reattest. 1867 (Lar. 19e); de chocolat, suff. -erie*. Fréq. abs. littér. : 8.
BBG. − Arv. 1963, p. 178. − Baudez (J.). Le Cirque et son lang. Vie Lang. 1962, p. 246. − Escarpit (R.). Du Nahuatl au fr. Vie Lang. 1953, p. 250. − Goug. Mots. t. 1. 1962, p. 29, 32. − Guiraud (P.). Le Champ morpho-sém. du mot tromper. B. Soc. Ling. 1968, t. 63, no1, p. 101; Mél. d'étymol. arg. Cah. Lexicol. 1970, t. 16, no1, p. 69. − L'Intermédiaire des linguistes curieux. Vie Lang. 1955, p. 37. − Pohl (J.). Contribution à l'hist. de qq. mots. Arch. St. n. Spr. 1969, t. 205, no5, p. 362. − Quem. 2es. t. 3, 1972. − Spitzer (L.). Z. fr. Spr. Lit. 1917, t. 44, p. 220.

Wiktionnaire

Adjectif - français

chocolat \ʃɔ.kɔ.la\ ou \ʃɔ.kɔ.lɑ\[1] invariable

  1. Couleur brun-marron foncé moyennement saturé. #5A3A22
  2. Déçu, embarrassé.
    • Être chocolat, se trouver chocolat […] — (François Déchelette, L'argot des Poilus, les éditions de Paris Max Chaleil, 1918 (édition 2004), page 71)

Nom commun - français

chocolat \ʃɔ.kɔ.la\ ou \ʃɔ.kɔ.lɑ\[1] masculin

  1. (Cuisine) Pâte solidifiée de cacao mélangée à du sucre et souvent du beurre de cacao (ainsi qu'à d'autres ingrédients, éventuellement), et consommée sous diverses formes (tablettes, boissons, bonbons, etc.).
    • Lorsque l’on ouvre une cabosse, les fèves qui s’y trouvent sont blanches et n’ont pas du tout le goût de chocolat. Ce sont les étapes de fermentation puis de torréfaction, comme pour le café, qui lui donneront ses arômes et sa couleur. — (Stéphanie Maccioni, « Valeur calorique et intérêt nutritionnel du chocolat », France 3 le 3 avril 2017)
    • Après, nous avons, en vrac, les addicts au poker, aux jeux en ligne, au tchat, à Facebook. Et, pour finir, les addicts... au chocolat. Oui, au chocolat. — (Didier Pourquery, Les mots de l'époque: 100 tics, trouvailles et autres extravagances du langage quotidien, Éditions Autrement, 2014)
  2. Petite friandise au chocolat.
    • À ce stade, cette fête semble à l’avantage des hommes, mais attention : le 14 mars, les choses se corsent. Dans un deuxième temps : les hommes qui ont reçu des chocolats le jour de la Saint-Valentin (don) doivent à leur tour, offrir un présent (contre-don) aux valentines. — (Fanny Parise, « La Saint-Valentin des Japonais est longue et très codifiée » Slate.fr le 13 février 2017)
    • « La vie est une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber », disait Forrest Gump. — (Richard Martineau, Dans quel monde vont grandir nos enfants?, Le Journal de Québec, 14 décembre 2020)
  3. (Par métonymie) Boisson faite à partir de cette substance, mais aussi avec du cacao en poudre.
    • – Votre chocolat, par exemple, moi je n’arrive pas à l’avaler. J’y mets du sel, du poivre, des oignons, et encore c’est-y pas bon !
      Il ne fut pas, du reste, celui des deux qui rit le moins quand le médecin lui apprit comment se doit préparer un bon chocolat.
      — (Charles-Louis Philippe, Dans la petite ville, 1910, réédition Plein Chant, page 105)
    • Elle s’approcha de la petite table, posa une tasse de chocolat épais et brûlant, me reprit des mains la petite cuiller et me mit elle-même quatre cuillerées de sucre. — (Zakhar Prilepine, Le singe noir, Actes Sud, 2012)
    • Je m’empiffrai de « pistolets », de « couques au chocolat », de « couques aux raisins » avec du fromage et des œufs brouillés. Le tout, accompagné d’un chocolat chaud. — (Évelyne Dress, Les Chemins de Garwolin, Éditions Glyphe, 2016, chapitre 15)
  4. (Par ellipse) Couleur du chocolat, sorte de marron foncé.
  5. (Vieilli) (Péjoratif) (Argot poilu) (Vulgaire) Nègre.
    • Ce sont les chocolats qui attaquent. — (François Déchelette, L’argot des Poilus, les éditions de Paris Max Chaleil, 1918 (édition 2004), page 71)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CHOCOLAT. n. m.
Substance alimentaire composée de cacao, de sucre et souvent de quelques aromates. Un bâton, une tablette de chocolat. Des pastilles de chocolat. Chocolat à la vanille. Il se dit, par extension, de la Boisson faite avec cette pâte dissoute dans de l'eau ou dans du lait. Chocolat au lait. Prendre une tasse de chocolat. Faire bien mousser le chocolat. Une crème au chocolat. Une glace au chocolat. Par apposition, Couleur chocolat, Couleur semblable à celle du chocolat, c'est-à-dire brun-rouge foncé. Par extension, Robe chocolat.

Littré (1872-1877)

CHOCOLAT (cho-ko-la ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire) s. m.
  • 1Pâte alimentaire préparée avec des amandes de cacao, du sucre ou du miel et souvent quelques aromates. Une tablette de chocolat. Du chocolat à la vanille.
  • 2Boisson préparée avec cette pâte, dissoute dans de l'eau ou du lait. Une tasse de chocolat. D'abord deux filles jolies et proprement mises servirent du chocolat, qu'elles firent très bien mousser, Voltaire, Cand. 25.
  • 3Adjectif invariable. Couleur chocolat. Teinte chocolat. Étoffe chocolat.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

* CHOCOLAT, s. m. (Œcon. domest. & Diete.) espece de gâteau ou tablette préparée de différens ingrédiens, dont la base est la noix de cacao. Voyez Cacao. La boisson qu’on fait avec cette tablette, retient le même nom ; elle est originairement Américaine : les Espagnols la trouverent fort en usage au Mexique, lorsqu’ils en firent la conquête vers l’an 1520.

Les Indiens qui usoient de cette boisson de tems immémorial, la préparoient d’une maniere fort simple : ils rôtissoient leur cacao dans des pots de terre, & le broyoient entre deux pierres après l’avoir mondé, le délayoient dans de l’eau chaude, & l’assaisonnoient avec le piment, voyez Piment ; ceux qui y faisoient un peu plus de façon, y ajoûtoient l’achiote (voyez Roucou) pour lui donner de la couleur, & l’atolle pour en augmenter le volume. L’atolle est une bouillie de farine de may ou blé d’inde, assaisonnée de piment par les Mexicains, mais relevée de goût par les religieuses & dames Espagnoles, qui ont substitué au piment le sucre, la canelle, les eaux de senteur, l’ambre, le musc, &c. On fait dans ces pays le même usage de l’atolle, que de la creme de ris au Levant. Tout cela joint ensemble donnoit à cette composition un air si brute & un goût si sauvage, qu’un soldat Espagnol disoit qu’elle étoit plus propre à être jettée aux cochons, que d’être présentée à des hommes ; & qu’il n’auroit jamais pû s’y accoûtumer, si le manque de vin ne l’avoit contraint à se faire cette violence, pour n’être pas obligé à boire toûjours de l’eau pure.

Les Espagnols instruits par les Mexicains, & convaincus par leur propre expérience que cette boisson rustique étoit un aliment salutaire, s’étudierent à en corriger les desagrémens par l’addition du sucre, de quelques aromates de l’Orient, & de plusieurs drogues du pays, dont il seroit inutile de faire ici le dénombrement, puisque nous n’en connoissons guere que le nom, & que de tant d’ingrédiens il n’y a presque que la seule vanille qui soit parvenue jusqu’à nous (de même que la canelle est le seul aromate qui ait eu l’approbation générale) & qui soit restée dans la composition du chocolat.

La vanille est une gousse de couleur brune, & d’une odeur fort suave ; elle est plus plate & plus longue que nos haricots, & renferme une substance mielleuse, pleine de petites graines noires, & luisantes. On doit la choisir nouvelle, grasse, & bien nourrie, & prendre garde qu’elle n’ait été ni frottée de baume, ni mise en lieu humide. Voyez Vanille.

L’odeur agréable & le goût relevé qu’elle communique au chocolat, l’ont rendue très-recommandable ; mais une longue expérience ayant appris qu’elle échauffe extrèmement, son usage est devenu moins fréquent ; & des personnes qui préferent le soin de leur santé au plaisir de leurs sens, s’en abstiennent même tout-à-fait. En Espagne & en Italie le chocolat préparé sans vanille, s’appelle présentement le chocolat de santé ; & dans nos îles Françoises de l’Amérique, où la vanille n’est ni rare ni chere, comme en Europe, on n’en use point du tout, quoiqu’on y fasse une consommation de chocolat aussi grande qu’en aucun autre endroit du monde.

Cependant comme il y a encore bien des gens qui sont prévenus en faveur de la vanille, & qu’il est juste de déférer en quelque façon à leur sentiment, on va employer la vanille dans la composition du chocolat, qui paroît la meilleure & la mieux dosée. On dit seulement qu’elle paroît telle ; car comme il y a dans les goûts une diversité infinie d’opinions, chacun veut qu’on ait égard au sien, & l’un ajoûte ce que l’autre retranche ; quand même on conviendroit des choses à mélanger, il n’est pas possible de fixer entr’elles des proportions universellement approuvées ; & il suffira de les choisir telles qu’elles conviennent au plus grand nombre, & qu’elles forment par conséquent le goût le plus suivi.

Lorsque la pâte du cacao est bien affinée sur la pierre (voyez l’article Cacao.), on y ajoûte le sucre en poudre passé au tamis de soie ; la véritable proportion du cacao & du sucre est de mettre le poids égal de l’un & de l’autre : on diminue pourtant d’un quart la dose du sucre, pour empêcher qu’il ne desseche trop la pâte, & ne la rende aussi trop susceptible des impressions de l’air, & plus sujette ensuite à être piquée de vers. Mais ce quart de sucre supprimé est remplacé quand il s’agit de préparer en boisson le chocolat.

Le sucre étant bien mêlé avec la pâte de cacao, on y ajoûte une poudre très-fine, faite avec des gousses de vanille & des bâtons de canelle pilés & tamisés ensemble : on repasse encore ce mêlange sur la pierre ; & le tout bien incorporé, on met la pâte dans des moules de fer blanc, où elle prend la forme qu’on a voulu lui donner, & sa dureté naturelle. Quand on aime les odeurs, on y verse un peu d’essence d’ambre avant que de la mettre dans les moules.

Lorsque le chocolat se fait sans vanille, la proportion de la canelle est de deux dragmes par livre de cacao ; mais lorsqu’on y employe la vanille, il faut diminuer au moins la moitié de cette dose de la canelle. A l’égard de la vanille, la dose en est arbitraire ; une, deux, ou trois gousses, & même davantage, par livre de cacao, suivant la fantaisie.

Les ouvriers en chocolat pour faire paroître qu’ils y ont employé beaucoup de vanille, y mêlent le poivre, le gingembre, &c. Il y a même des gens accoûtumés aux choses de haut goût, qui ne le veulent point autrement ; mais ces épiceries n’étant capables que de mettre le feu dans le corps, les gens sages ne donneront pas dans ces excès, & seront attentifs à n’user jamais de chocolat qu’ils n’en sachent sûrement la composition.

Le chocolat composé de cette maniere a cela de commode, que lorsqu’on est pressé de sortir du logis, ou qu’en voyage on n’a pas le tems de le mettre en boisson, on peut en manger une tablette d’une once, & boire un coup par dessus ; laissant agir l’estomac pour faire la dissolution de ce déjeûné à l’inpromptu.

Aux Antilles on fait les pains de cacao pur & sans addition. V. Cacao. Et quand on veut prendre le chocolat réduit en boisson, voici comme on y procede.

Préparation du chocolat à la maniere des îles Françoises de l’Amérique. On ratisse légerement les pains de cacao avec un couteau, ou plûtôt avec une rape plate, quand ils sont assez secs, pour ne pas l’engraisser ; quand on a ratissé la quantité qu’on souhaite, (par exemple quatre grandes cueillerées combles qui pesent environ une once) on y mêle deux ou trois pincées de canelle en poudre passée au tamis de soie, & environ deux grandes cueillerées du sucre en poudre.

On met ce mêlange dans une chocolatiere avec un œuf frais entier, c’est-à-dire jaune & blanc ; on mêle bien le tout avec le moulinet, on le réduit en consistance de miel liquide ; surquoi ensuite on se fait verser la liqueur bouillante (eau ou lait, suivant la fantaisie) pendant qu’on fait rouler soi-même le moulinet avec force, pour bien incorporer le tout ensemble.

Enfin on met la chocolatiere sur le feu, ou au bain-marie dans un chauderon plein d’eau bouillante ; & dès que le chocolat monte, on en retire la chocolatiere ; & après avoir fortement agité le chocolat avec le moulinet, on le verse à diverses reprises & bien moussé dans les tasses. Pour en relever le goût on peut avant que de le verser y ajoûter une cueillerée d’eau de fleur d’orange, où on a fait dissoudre une goutte ou deux d’essence d’ambre.

Cette maniere de faire le chocolat a plusieurs avantages qui lui sont propres, & qui la rendent préférable à toute autre.

En premier lieu, on peut s’assûrer qu’étant bien exécutée, le chocolat est d’un parfum exquis & d’une grande délicatesse de goût ; il est d’ailleurs très-leger sur l’estomac, & ne laisse aucune résidence ni dans la chocolatiere, ni dans les tasses.

En second lieu, on a l’agrément de le préparer soi-même & selon son goût, d’augmenter & de diminuer à sa volonté les doses du sucre & de la canelle, d’y ajoûter ou d’en retrancher l’eau de fleur d’orange, & l’essence d’ambre ; en un mot d’y faire tel autre changement qu’on aura pour agréable.

En troisieme lieu, en n’y substituant rien qui puisse détruire les bonnes qualités du cacao, il est si tempéré qu’on le peut prendre à toute heure & à tout âge, en été comme en hyver, sans en craindre la moindre incommodité : au lieu que le chocolat assaisonné de vanille & d’autres ingrédiens acres & chauds, peut quelquefois être dangereux, sur-tout en été, aux jeunes gens & aux constitutions vives & seches. Le verre d’eau fraîche qu’on a coûtume de lui faire précéder ou succéder, ne fait que pallier pour un tems l’impression de feu qu’il laisse dans le sang & dans les visceres, après que l’eau s’est écoulée par les voies ordinaires.

En quatrieme lieu, ce chocolat est à si bon marché que la tasse ne revient presqu’à un sou. Si les artisans en étoient une fois instruits, il y en a peu qui ne missent à profit un moyen si aisé & si gracieux de déjeûner à peu de frais, & de se soûtenir avec vigueur jusqu’au dîner sans autre aliment solide ni liquide. Hist. nat. du cacao. Voyez Cacao.

Chocolat. (Diete.) L’usage du chocolat ne mérite ni tout le bien ni tout le mal qu’on en a dit : cette espece d’aliment devient à-peu-près indifférent par l’habitude, comme tant d’autres. Une nation entiere en vit presque : manquer de chocolat chez les Espagnols, c’est être réduit au même point de misere que manquer de pain parmi nous ; & l’on ne voit pas que ce peuple tire de grandes utilités de cet usage, ni qu’il en éprouve des maux sensibles.

Il y a long-tems qu’on a appellé le chocolat le lait des vieillards : on le regarde comme très-nourrissant, & comme très-propre à réveiller les forces languissantes de l’estomac. Ces prétentions s’accordent assez avec ce qu’on connoît de la nature des différens ingrédiens de notre chocolat, & elles sont confirmées par l’expérience. Effectivement le cacao contient une substance farineuse, & une quantité considérable d’une matiere huileuse ou butyreuse, qui peuvent fournir abondamment l’une & l’autre une substance propre à la réparation de nos humeurs ou à la nutrition. Le sucre qui entre dans la composition du chocolat, & le jaune d’œuf ou le lait avec lequel on le prend ordinairement, sont encore des matieres très-nourrissantes.

La vanille, la canelle, & les autres aromates dont on l’anime, sont capables d’exciter l’appétit, fortifier l’estomac, &c.

Le chocolat de santé même, c’est-à-dire celui qui est préparé sans aromate, n’est pas absolument privé de cette propriété tonique & stomachique : on observe assez communément qu’après en avoir pris le matin, on attend le dîner avec plus d’impatience que si on étoit resté à jeûn. Mais ce sont les gens peu habitués à son usage chez qui il produit cet effet ; il soûtient assez bien au contraire ceux qui en prennent journellement le matin, pour ne manger ensuite que le soir. C’est encore ici, comme on voit, une affaire d’habitude. (b)

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Étymologie de « chocolat »

Espagn. chocolate ; ital. cioccolata ; du mexicain calahuatl, chocolatl, chocolat.

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De l’espagnol chocolate, traditionnellement supposé tiré du nahuatl xocolātl (« eau amère »). Toutefois, la formation du mot (xocolia (« rendre amer ») + ātl (« eau »)) et l’existence précolombienne de l’étymon xocolātl (« chocolat à boire ») sont discutées, le mot xocolātl n’étant attesté nulle part. Après d’autres — K. Dakin, S. Wichmann, T. Kaufman, J. Justeson —, Magnus Pharao Hansen propose l’étymologie nahuatl chicolātl (« boisson de cacao »), peut-être à relier au mot nahuatl chihcōlli (« crochet (pour battre la boisson) »).
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Phonétique du mot « chocolat »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
chocolat ʃɔkɔla

Évolution historique de l’usage du mot « chocolat »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « chocolat »

  • D'autres aliments ne sont que nourriture. Mais le chocolat est chocolat. De Patrick Skene Catling
  • La plupart des biscuits aux pépites de chocolat ne renferment pas assez de pépites de chocolat. De Judith Olney
  • Chaque jour, je mange les quatre éléments nutritifs indispensables à la santé : du chocolat au lait, du chocolat noir, du chocolat blanc et du cacao. De Debra Tracy
  • Le chocolat est ruine, bonheur, plaisir, amour, extase, fantaisie... De Elaine Sherman
  • Neuf personnes sur dix aiment le chocolat ; la dixième ment. De John G. Tullius
  • Mes tablettes de chocolat sont devenues de la marmelade. De Grand Corps Malade / Midi 20
  • Le chocolat est bon avec... de la vanille, du lait, des fraises, de la crème glacée, du chocolat ! De Anonyme / Le Petit Livre du chocolat
  • Ne croyez pas que le chocolat soit un substitut à l'amour... L'amour est un substitut au chocolat. De Miranda Ingram
  • La notion de chocolat contredit-elle le principe du libre arbitre ? De Sandra Boynton
  • Qu'est-ce que la santé ? C'est du chocolat ! De Anthelme Brillat-Savarin
  • Une vie sans chocolat est une vie à laquelle manque l'essentiel. De Marcia Colman et Frederic Morton
  • Prenez du chocolat afin que les plus méchantes compagnies vous paraissent bonnes. De Madame de Sévigné
  • Le chocolat est, plutôt que le nectar ou l’ambroisie, la vraie nourriture des dieux. De Joseph Bachot
  • Mon désir de chocolat a rarement diminué, même en période de grand péril. De Marcel Desaulnier
  • La gourmandise n'est pas un vilain défaut, c'est une grande qualité au contraire. Mais comme il faut savoir être parfois raisonnable et limiter les apports en glucides et en lipides, les recettes healthy légères sont nos meilleures amies. Encore plus quand il y a du chocolat dans la liste des ingrédients.  Cosmopolitan.fr, La recette du gâteau au chocolat à 50 calories - Cosmopolitan.fr
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  • Du chocolat avec… du gingembre et du wasabi ! Chez Glazed, l'association de ce sorbet « Black Sugar Sex Magic » étonne certes, mais elle fonctionne à plein, encore et encore (à partir de 3,50 € la boule)… Les Echos, Top 5 : les meilleures glaces au chocolat | Les Echos
  • À défaut de rencontrer le fantasque Willy Wonka, le maître chocolatier du conte Charlie et la chocolaterie de Roal Dahl, les heureux vainqueurs de la loterie organisée par le Salon Cacao’t remporteront un panier gourmand d’une valeur de 50 euros. À partir de ce samedi 27 juin, trois tickets d’or seront dissimulés dans des tablettes de chocolat vendues dans la boutique du salon de thé. « Une surprise que nous avons organisé pour célébrer le premier anniversaire de notre établissement. La fête était prévue le 15 avril, mais en raison de la crise du Covid-19, le cœur n’y était pas. Nous avons donc eu l’idée de cette animation très spéciale », explique Gwenn Lanoë, responsable du salon de thé installé dans le quartier du Capitole. Le Journal Toulousain, journal de solutions et JAL, Cacao'T cache des tickets d'or dans ses tablettes de chocolat à Toulouse

Images d'illustration du mot « chocolat »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « chocolat »

Langue Traduction
Anglais chocolate
Espagnol chocolate
Italien cioccolato
Allemand schokolade
Portugais chocolate
Source : Google Translate API

Synonymes de « chocolat »

Source : synonymes de chocolat sur lebonsynonyme.fr

Chocolat

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