La langue française

Chipoter

Sommaire

  • Définitions du mot chipoter
  • Étymologie de « chipoter »
  • Phonétique de « chipoter »
  • Évolution historique de l’usage du mot « chipoter »
  • Citations contenant le mot « chipoter »
  • Traductions du mot « chipoter »
  • Synonymes de « chipoter »
  • Antonymes de « chipoter »

Définitions du mot chipoter

Trésor de la Langue Française informatisé

CHIPOTER, verbe intrans. et trans.

Familier
A.− Vieilli
1. Emploi intrans. Manger du bout des dents, lentement et sans appétit. Je bouffais à plein bec, moi, pendant que tu chipotais (Huysmans, Les Sœurs Vatard,1879, p. 127).Une Céline au bord des larmes (...) chipotant vaguement dans son assiette (H. Bazin, L'Huile sur le feu,1954, p. 109).
2. Emploi trans. [Le compl. d'obj. interne désigne une chose comestible] Nana chipota la viande, se contenta de sucer l'os (Zola, Nana,1880, p. 1128):
1. ... ce manieur d'haltères (...) gobelotant un verre de porto, chipotant un biscuit, suçotant une cigarette toujours éteinte, ... A. Arnoux, Paris-sur-Seine,1939, p. 211.
P. métaph. Les occupations mutuelles chipottent toutes mes journées (Gide, Correspondance[avec Valéry], 1895, p. 230):
2. Sur ma table voici (...) Virgile qui m'apprend des merveilles, Rossetti que je chipote lentement et sa vie qui me fait rêver longuement. Valéry, Correspondance[avec Gide], 1891, p. 116.
B.− Au fig., usuel
1. Emploi intrans. Chipoter (sur des marchandises). Ergoter, discuter sur de menues dépenses, marchander longuement et avec mesquinerie. Ses craintes lui gâtaient l'humeur. Il chipotait sur toutes les dépenses et gémissait (G. Duhamel, Chronique des Pasquier,Le Désert de Bièvres, 1937, p. 179).Savez-vous ce qui est pénible dans les affaires? C'est qu'il faut toujours chipoter, même quand le gain est indifférent (Montherlant, Celles qu'on prend dans ses bras,1950, I, 1, p. 770).
P. ext. Discuter sur des riens, ergoter, s'arrêter à des vétilles. Ah! ne chipotons pas sur les mots! (Gyp, L'Éducation d'un prince,1890, p. 36).Pourvu qu'on se repente bien, en gros, il [Dieu] ne chipote pas sur les détails (J. Richepin, Le Cadet,1890, p. 255):
3. Le gouvernement va demander au pays un effort énorme, (...). Il ne sera plus question de chipoter. Les paperasses et les règlements compteront moins que les nécessités immédiates. Romains, Les Hommes de bonne volonté,Verdun, 1938, p. 160.
2. Emploi trans.
a) [Le compl. d'obj. interne désigne une marchandise] Tâter, tripoter, examiner avec insistance et sans délicatesse. Où qu'elles s'amènent les crécelles pour chipoter la camelote, c'est plus qu'un massacre (Céline, Mort à crédit,1936, p. 163).
P. ext. Discuter avec mesquinerie, disputer. Chipoter les comptes (Nouv. Lar. ill.-Lar. encyclop.). Si on me chipote les crédits, comment voulez-vous que je garantisse les délais d'exécution (Dub.).
b) [Le compl. d'obj. désigne une pers.] Tracasser, tourmenter.
Chipoter qqn sur ou pour qqc. (dépense, etc.). Elle chipotait la cuisinière pour deux sous de salade (Mirbeau, Le Journal d'une femme de chambre,1900, p. 343).
Qqc. (un souci, etc.) qui chipote qqn. Parlons d'la chose qui m'chipote (Gyp, Madame la Duchesse,1893, p. 105).
Rem. Rob. et Dub. enregistrent un emploi pronom. réciproque avec le sens de ,,se chamailler, se disputer``.
Prononc. et Orth. : [ʃipɔte], (je) chipote [ʃipɔt]. Var. chipottent avec 2 t (supra Gide, loc. cit.). Étymol. et Hist. 1. 1458 chipotrer « tourmenter, contrarier » (Greban, Mist. de la pass., 22. 158 G. Paris, ds Gdf.); 2. 1561 « faire des difficultés, vétiller » (Calv., Comm. s. l'harm. évang., p. 125 ds Gdf. Compl. : chippoter sur chacun mot); 3. 1704 « manger par petits morceaux » (Trév.). Dér. de chipe*; suff. -oter*. Fréq. abs. littér. : 34.
DÉR.
Chipoterie, subst. fém.,fam. Discussion ou dispute sur des vétilles, souvent avec un esprit de chicane. Le système constitutionnel (...) c'est le gouvernement du juste-milieu, de la médiocrité, des chipoteries (Balzac, Petites misères de la vie conjugale,1846, p. 86). [ʃipɔtʀi]. 1reattest. a) ca 1618-25 « marchandage mesquin » (D'Aubigné, Lettre à M. le comte de la Suze ds Œuvres, éd. E. Réaume et de Caussade, t. I, p. 271); b) 1611 « bricole, vétille » (Gotgr.); c) 1675 « chicane inutile » (J.-H. Widerhold, Nouv. dict. fr.-all. et all.-fr., Bâle); de chipoter, suff. -erie*.
BBG. − Goug. Lang. pop. 1929, p. 151.

Wiktionnaire

Verbe

chipoter \ʃi.pɔ.te\ transitif et intransitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se chipoter)

  1. (Familier) Manger avec réticence ou bouderie ; faire le difficile devant un aliment.
    • Quelle corvée pour la faire manger, Ninon chipote à chaque bouchée !
    • Nana chipota la viande, se contenta de sucer l’os. — (Émile Zola, Nana, 1881)
  2. (Figuré), (Familier) Faire des difficultés pour des riens, ergoter, marchander d’une façon mesquine. Donner à regret ou partiellement.
    • Il chipote sur des détails.
    • Si mairie nous chipote les crédits, nous aurons du mal à boucler le budget.
  3. (Pronominal) Se disputer, se quereller.
    • Ils se sont encore chipotés toute la matinée.
  4. (Belgique) Tergiverser.
  5. (Belgique) Tripoter, fouiller.
    • Tu as chipoté dans ses affaires.
    • – Ils essayent d’ouvrir. Ils chipotent à la serrure. — (Thomas Gunzig, Manuel de survie à l’usage des incapables, Gallimard, 2013, p. 147)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CHIPOTER. v. intr.
Manger du bout des dents. Fig., il signifie Faire des difficultés pour des riens, marchander d'une façon mesquine. Il est familier.

Littré (1872-1877)

CHIPOTER (chi-po-té) v. n.
  • 1Faire un travail, une besogne avec négligence ou lenteur.
  • 2S'arrêter à des riens, faire des difficultés pour se décider. Vive les gens faciles en affaires ! la vie est trop courte pour chipoter, Voltaire, Lett. Chauvelin, 3 octobre 1760.

    Marchander mesquinement. Ceux qui chipotent et qui s'en vont disant : l'aurons-nous in-4°, l'aurons-nous in-8° (Corneille avec le commentaire) ? aurons-nous pour deux louis huit ou dix volumes…, Voltaire, Lett. d'Argental, 24 août 1761.

HISTORIQUE

XVIe s. Ce ne sera jamais fait pour qui voudra chipoter tous les mots, Tabourot, dans le Dict. de DOCHEZ.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « chipoter »

Wall. kipotî, manier d'une façon rude et indiscrète. Grandgagnage demande s'il faut y voir le hollandais poote, bas-saxon pote, patte, avec ki qui répond au latin cum. Mais il est plus probable qu'il y a là le radical qui se trouve dans chipe, chiffe (voy. CHIFFE).

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De l’ancien français chipe (« chiffon »). → voir chiffe et chiper
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « chipoter »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
chipoter ʃipɔte

Évolution historique de l’usage du mot « chipoter »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « chipoter »

  • Si l’on veut être précis, et chipoter, cela fait exactement 11016 jours que Liverpool a décroché son dernier sacre national. C’était le 28 avril 1990. Eurosport, Liverpool champion : les chiffres qui résument l'incroyable disette des Reds - Premier League 2019-2020 - Football - Eurosport
  • faut pas "chipoter " sur les mots ... 3 millions de dollars c'est précieux ! (même si l'état l'escroque lourdement !) lindependant.fr, Le mineur artisanal devient millionnaire après avoir trouvé deux grosses pierres de tanzanite - lindependant.fr

Traductions du mot « chipoter »

Langue Traduction
Anglais quibble
Italien cavillare
Allemand herumstochern
Portugais ser picuinhas
Source : Google Translate API

Synonymes de « chipoter »

Source : synonymes de chipoter sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « chipoter »

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