Canal : définition de canal


Canal : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

CANAL, subst. masc.

A.− Conduit d'écoulement de forme creuse et allongée, permettant le passage des liquides ou des gaz d'un endroit à un autre.
1. Voie naturelle par laquelle les éléments liquides ou gazeux cheminent à la surface ou à l'intérieur de la terre. Canal naturel, canal souterrain des eaux. Multitude de canaux où coulent les anciens gaves (Dusaulx, Voyage à Barège,t. 1, 1796, p. 102):
1. Derrière ces murailles en ruine, le rocher, creusé en lit de torrent par l'écoulement des eaux de source et des pluies, formait une sorte de canal naturel d'où la petite cascade pleuvait à petit bruit dans le ravin. Lamartine, Le Tailleur de pierre de Saint-Point,1851, p. 410.
2. Conduit artificiel. Canal en planches, en pierre; canal cylindrique en plomb; canaux en bois nommés sluices (J.-N. Haton de La Goupillière, Cours d'exploitation des mines,1905, p. 457).Synon. conduite, tuyau, tube :
2. [Dans la chaudière Root]. Le nombre total de (...) canaux de communication est toujours double du nombre des tubes constituant un étage du faisceau tubulaire. L. Ser, Traité de phys. industr.,t. 2, 1890, p. 84.
3. La vitesse de circulation de l'eau dans le tube de prise d'eau froide sera au maximum de (...). La pompe à eau chaude n'aura qu'à puiser l'eau dans un canal d'amenée de construction relativement simple. V. Romanovsky, La Mer, source d'én.,1950, p. 38.
a) ARCHIT. Canal de larmier. Partie évidée dans le plafond d'un larmier. Canal de volute. Sillon en spirale tracé sur les circonvolutions de la volute ionique; cavité droite ou torse dont on orne le chapiteau corinthien.
b) ARMURERIE. Canal de baguette. Creux pratiqué pour loger la baguette d'un pistolet ou d'un fusil. Canal de fût. Creux pratiqué dans le fût du fusil pour recevoir le canon. Canal de lumière. Creux pratiqué pour conduire le jet de feu produit par l'amorce jusqu'à la charge. L'étoupille se place dans le canal de lumière qui traverse le mécanisme de la culasse (Capitaine Alvin, Leçons d'artill.,Matériel, 1908, p. 80).
c) AUTOMOB. et MACHINES À VAPEUR. Canal d'admission, canal d'échappement, canal d'alimentation des gicleurs (Ch. Chapelain, Cours mod. de techn. automob., 1956, p. 100, 262); canal d'arrière de chaudière (L. Ser, Traité de phys. industr.,t. 2,1890, p. 92).Canal de vidange. Canal ayant pour objet de purger automatiquement la chambre de trop-plein (A. Herdner, Constr. et conduite des locomotives à vapeur, p. 139).
d) RADIOTECHNIQUE et TÉLÉV. Voie ayant une largeur de bande déterminée et par laquelle l'information est transférée de l'unité centrale, vers les unités périphériques. En télév.Ensemble de deux ondes porteuses dont l'une véhicule le son et l'autre l'image (cf. la largeur des canaux vidéo transmis ds J.-J. Matras, Radiodiffusion et télév., 1958, p. 103).
P. anal. [Dans l'organisme animal ou végét.] Cavité, sillon se prolongeant en forme de conduit, et qui sert au passage des substances ou à la circulation des liquides.
ANAT. Organes divers qui ont pour caractéristique essentielle une disposition en forme de conduit. Canal biliaire, cystique, digestif, de Bichat, rachidien; canal dentaire (Cuvier, Leçons d'anat. comp., t. 3, 1805, p. 88), canal vertébral (Cuvier, Leçons d'anat. comp., t. 1, 1805, p. 224), canal médullaire (G. Gérard, Manuel d'anat. hum., 1912, p. 10), canal cholédoque et pancréatique (C. Bernard, Principes de méd. exp., 1878, p. 202).
BOT. Canal médullaire des plantes, canal résinifère, canaux sécréteurs. Ouvrir ses verts canaux à l'ascension de la sève (Colette, Gigi,1944, p. 242):
4. ... ils [les élus] voient l'or se filtrer dans les entrailles de la terre; ils suivent la circulation de la sève dans les canaux des plantes; et l'hysope et le cèdre ne peuvent dérober à l'œil du saint, la navette qui croise la trame de leurs feuilles, et le tissu de leur écorce. Chateaubriand, Les Natchez,1826, p. 175.
P. métaph. Le canal de la sensibilité, de l'affection, de la piété (Sainte-Beuve, Volupté,t. 2, 1834, p. 169):
5. Il y a mille canaux par lesquels la beauté de notre âme peut monter jusqu'à notre pensée. Il y a surtout le canal admirable et central de l'amour. Maeterlinck, Le Trésor des humbles,1896, p. 271.
Loc. fig. Par le canal de. Par l'intermédiaire de tel agent, ou de tel moyen de transmission. Par le canal du chef de service; par le canal des journaux (Flaubert, Correspondance,1847, p. 9):
6. Il [Maître Cornélius] obtint du roi la faveur de se servir des courriers de l'État pour ses affaires particulières (...) et vécut, dès ce moment, dans la plus profonde solitude, ne voyant guère que le roi, faisant son commerce par le canal des juifs, habiles calculateurs, qui le servaient fidèlement, afin d'obtenir sa toute-puissante protection. Balzac, Maître Cornélius,1831, p. 218.
B.− GÉOGR. PHYS.
1. Vieilli. Lit ou bras d'un cours d'eau. Canal de rivière (Bernardin de Saint-Pierre, Harmonies de la nature,1814, p. 211).La rivière formoit derrière nous un long canal (Chateaubriand, Itinéraire de Paris à Jérusalem,t. 2, 1811, p. 49):
7. Je suis arrivé ainsi, côtoyant des dunes mamelonnées comme de basses collines, jusqu'à une sorte de quai composé de larges pierres violettes rapportées et entre les rives duquel coule un canal qui est le Rhin. Du Camp, En Hollande,1859, p. 76.
2. Bras de mer resserré entre deux rivages. Canal des Dardanelles; canal formé par deux îles (Voyage de La Pérouse, t. 2, 1797, p. 110); canal de Mozambique (Bernardin de Saint-Pierre, Harmonies de la nature,1814, p. 140).Synon. détroit, passe :
8. Vers quatre heures, Pencroff, laissant sur sa gauche la pointe de l'îlot, entrait dans le canal qui le séparait de la côte, et, à cinq heures, l'ancre du Bonadventure mordait le fond de sable à l'embouchure de la Mercy. Verne, L'Île mystérieuse,1874, p. 411.
Expr. À mi-canal entre les îles (Voyage de La Pérouse,t. 2, 1797, p. 377).Faire canal. Se dit en marine d'une embarcation côtière qui, pour aller d'un lieu à un autre, prend la haute mer.
3. Cours d'eau artificiel creusé par l'homme et utilisé soit pour la navigation, soit pour l'irrigation, etc. Bords du canal, canal navigable, écluses du canal, se jeter dans le canal; creuser un canal (Barante, Hist. des ducs de Bourgogne, t. 1, 1821-24, p. 154); l'ouverture d'un canal (Say, Traité d'écon. pol., 1832, p. 414); canal de Suez (Fromentin, Voyage en Égypte, 1869, p. 122); péniche de canal (La Navigation intérieure en France, 2, 1952, p. 5); le percement d'un canal (Bergson, L'Évolution créatrice,1907, p. 95):
9. − Vous faites beaucoup d'affaires, dit Pellerault en se mettant à table auprès de Claparon avec intention. − Excessivement, par grosses, répondit le banquier; mais elles sont lourdes, épineuses, il y a les canaux. Oh! Les canaux! Vous ne vous figurez pas combien les canaux nous occupent! Et cela se comprend. Le gouvernement veut des canaux. Le canal est un besoin qui se fait généralement sentir dans les départements et qui concerne tous les commerces, ... Balzac, César Birotteau,1837, p. 171.
Rem. On rencontre ds la docum. le néol. canelet, subst. masc. Poétiquement. Petit canal qui irrigue les champs. L'air est froid. L'horizon est clair; la prairie galonnée par l'argent des canelets, s'étend douce et grasse sous les yeux avec un charme infini (Du Camp, En Hollande, 1859, p. 152).
En partic. Canal principal d'une cité construite sur l'eau. Canal d'Ostende, d'Amsterdam; le grand canal de Venise (Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 4, 1848, p. 751).
SYNT. (Autres types de canaux). Canal d'arrosage (Giono, Un de Baumugnes, 1929, p. 124); canal d'irrigation (Michelet, Journal, 1835, p. 195). Canaux destinés à conduire et à répartir les eaux captées à travers la campagne afin d'augmenter la fertilité des terres. Canal d'assèchement (Foch, Mémoires, t. 1, 1929, p. 210); canal de drainage (Daniel-Rops, Mort, où est ta victoire? 1934, p. 47); canal de dessèchement. Canaux creusés pour dessécher un sol humide, ou un terrain marécageux. Canal collecteur (Hugo, Les Misérables, t. 2, 1862, p. 518). Canal chargé de récupérer les eaux des égouts. Canal d'écoulement (Crèvecœur, Voyage dans la Haute Pensylvanie, t. 1, 1801, p. 291). Canal ayant pour but de lutter contre l'érosion des sols. Canal de dérivation (Zola, La Débâcle, 1892, p. 439). Canal destiné à remplacer un cours d'eau naturel dont la navigation est imparfaite. Canal latéral (J. Bourde, Les Trav. publ., t. 2, 1929, p. 358). Canal qui longe un cours d'eau et qui est alimenté par les eaux de ce dernier. Canal de jonction. Canal destiné à relier deux cours d'eau. Canal de jonction entre la Saône et la Loire (Vidal de La Blache, Tabl. de la géogr. de la France, 1908, p. 231). Canal de navigation (Say, Traité d'écon. pol., 1832, p. 211). Canal creusé pour le transport des denrées et des marchandises.
C.− Spéc., ARCHIT. Pièce d'eau étroite et longue servant d'ornement dans les jardins de style français, bordée de vastes parterres de gazon et de longues avenues :
10. Le jardin français, avec le grand canal de Louis XIV, nous a conduits à Avon, paroisse misérable des rois de France : Bezout, Daubenton. Michelet, Journal,1834, p. 120.
Prononc. et Orth. : [kanal], plur. [-o]. Ds Ac. 1694-1932. Fér. Crit. t. 1 1787 : ,,L'Ab. Laugier ou son Imprimeur, écrit caneaux au pl. C'est canaux qu'il faut écrire``. Homon. canot. Étymol. et Hist. A. 1. 1remoitié xiies. « lit d'une rivière, d'un ruisseau » (Voy. de Charlemagne, 792 ds Littré); 2. 1538 « cours d'eau artificiel creusé pour distribuer, pour faire évacuer les eaux » (Est.); 1606 canal de Venise (Nicot); 1549 « bras de mer » (Est.). B. d'où p. anal. 1. 1538 archit., sculpt. « cannelure de piédestal ou de chapiteau » (Est.); 2. av. 1680 anat. « cavité ou conduit cylindrique autre que les artères et les veines » (Deg [ori, Dict. des mots de médecine] ds Rich. 1680 : [...] Le canal de la matrice [...] Le canal de l'épine du dos); 3. 1690 technol. « conduit d'écoulement pour les eaux [eaux pluviales] » (Fur.); 4. 1813 bot. canal médullaire (De Candolle, Théor. élém. Botan., 327 ds Baillon); 5. 1679, 20 juill. fig. « intermédiaire, moyen » (Sév., p. 723). Empr. au lat. canalis attesté dep. Plaute, au sens de « caniveau qui se déversait dans la Cloaca Maxima » (TLL s.v., 224, 50), plus spéc. de « conduite d'eau » (César, Civ., 2, 10, 6, ibid., 224, 15); emploi fig. (Pline, Nat., 11, 148, ibid., 225, 76); emplois analogiques : anat. canalis animae « trachée artère » (Id., op. cit., 829, ibid., 225, 32); archit. « filet creusé dans la volute ionienne » (Vitruve, 3, 5, 7, ibid., 225, 56). Fréq. abs. littér. : 3 655. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 11 486, b) 2 865; xxes. : a) 2 855, b) 2 488. Bbg. Delamaire (J.). Môniers et moulins à eau. Vie Lang. 1971, p. 12. − Gohin 1903, p. 375. − Rommel (A.). Die Entstehung des klassischen französischen Gartens im Spiegel der Sprache. Berlin, 1954, p. 48, 58, 175, 176, 187, 191.

Canal : définition du Wiktionnaire

Nom commun

canal \ka.nal\ masculin

  1. Conduit par où l’eau passe. En ce sens il se dit des aqueducs et des tuyaux de fontaines.
    • Il contemplait les pousses des palmiers arrosées par de petit canaux d’eau boueuse […] — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
    • Parallèlement à la rivière, afin de régulariser le cours de l'eau, les paysans ont d'abord creusé puis cimenté un canal de dérivation équipé de batardeaux, ouvrages permettant de régler le débit de l'eau. — (Michelle Jeanguyot & ‎Nour Ahmadi, Grain de riz, grain de vie, CIRAD/Magellan & Cie, 2002, page 55)
  2. Voies naturelles par lesquelles les eaux, les vapeurs, les gaz, etc., circulent dans le sein de la terre, y pénètrent ou s’en échappent.
    • Les eaux circulent dans le sein de la terre par une multitude de canaux.
    • Certains phénomènes conduisent à penser que de secrets canaux unissent les foyers de plusieurs volcans.
  3. (Anatomie) Vaisseau. — Note d’usage : il se dit plus particulièrement de certaines parties dont les unes servent de couloirs à des substances liquides ou molles et dont d’autres renferment des organes particuliers.
    • Anatomiquement ces manchons éversibles sont en relation avec une cellule sphérique qui flotte librement dans l'abdomen, par un canal chitineux assez long. — (René Guy Busnel, Études physiologiques sur le Leptinotarsa decemlineata Say, Paris : libr. E. Le François, 1939, p.109)
    • Canal déférent.
    • Canal alimentaire ou digestif.
    • Canal thoracique, etc.
    • Canal de l’urètre — canal par où sort l’urine
  4. Lit ou cours d’une rivière.
    • On voit de là le canal de la rivière.
    • Le fleuve offre partout un canal tranquille.
  5. (Transport) Tranchée creusée de main d’homme pour établir des communications par eau d’un lieu à un autre et faciliter le transport des denrées et des marchandises.
    • Le moulin de Montgon ayant été supprimé par suite de la création du canal des Ardennes, outre l’indemnité d’expropriation due au propriétaire, il en était dû une au fermier […] — (Germain Roche & Félix Lebon, Recueil général des arrêts du Conseil d’état, t. 5, 1848, page 95)
    • C’est un pays tout coupé, tout traversé de canaux.
    • Dans la plupart des canaux, les barques montent et descendent au moyen de sas et d’écluses. En ce sens on dit aussi « canal navigable » et « canal de navigation ».
  6. Certaines pièces d’eau étroites et longues qui servent d’ornement dans les jardins.
    • Creuser un canal.
    • Vider un canal.
    • Nettoyer un canal.
    • Le canal est à sec.
    • Canal en cascade.
  7. (Géographie) Certains lieux où la mer se resserre entre deux rivages.
    • Le canal du Mozambique.
    • Le canal des Dardanelles, du Bosphore.
    • Le canal Saint-Georges.
  8. (Figuré) Voie, moyen, entremise dont on se sert pour quelque chose.
    • Étant donné la nature ambivalente du Corps des carabiniers du Chili (force de police et force constituant virtuellement une quatrième Arme), c’est par un double canal que se sont développées ses relations avec les États-Unis. — (Armando Uribe, Le Livre noir de l’intervention américaine au Chili, traduction de Karine Berriot & Françoise Campo, Seuil, 1974, p. 25)
    • Vous ne réussirez dans cette affaire que par ce canal, que par le canal d’un tel.
    • Front de libération de la Corse — canal historique
  9. (Télécommunications) Fréquence ou bande de fréquence utilisée pour une transmission par radiofréquences.
    • Comment régler les canaux de ma télévision ?
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Canal : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CANAL. n. m.
Conduit par où l'eau passe. En ce sens il se dit des Aqueducs et des tuyaux de fontaines. Canal de bois, de plomb, de pierre. Conduire l'eau par canaux. Les canaux de la fontaine sont rompus... Il se dit aussi des Voies naturelles par lesquelles les eaux, les vapeurs, les gaz, etc., circulent dans le sein de la terre, y pénètrent ou s'en échappent. Les eaux circulent dans le sein de la terre par une multitude de canaux. Certains phénomènes conduisent à penser que de secrets canaux unissent les foyers de plusieurs volcans. En termes d'Anatomie, il signifie Vaisseau; mais il se dit plus particulièrement de Certaines parties dont les unes servent de couloirs à des substances liquides ou molles et dont d'autres renferment des organes particuliers. Canal déférent. Canal alimentaire ou digestif. Canal médullaire. Canal vertébral. Canal thoracique, etc. Canal de l'urètre, Canal par où sort l'urine. En termes de Botanique, Canal médullaire, Le creux qui est au centre de la tige de certains végétaux ligneux et qui en contient la moelle. Il se dit aussi du Lit ou du cours d'une rivière. On voit de là le canal de la rivière. Le fleuve offre partout un canal tranquille. Il se dit encore d'une Tranchée creusée de main d'homme pour établir des communications par eau d'un lieu à un autre et faciliter le transport des denrées et des marchandises. Le canal de Languedoc. Le canal de l'Ourcq. C'est un pays tout coupé, tout traversé de canaux. Dans la plupart des canaux, les barques montent et descendent au moyen de sas et d'écluses. En ce sens on dit aussi Canal navigable et Canal de navigation. Canal latéral, Canal alimenté par les eaux d'un fleuve dont il suit le cours. Canal de dérivation, Canal qui sert à détourner en partie les eaux d'un ruisseau, d'une rivière, etc. Canaux d'arrosage, canaux d'irrigation, Canaux qui ne servent qu'à distribuer des eaux pour l'arrosage des terres. Dans le sens contraire, Canaux de dessèchement. Il se dit aussi de Certaines pièces d'eau étroites et longues qui servent d'ornement dans les jardins. Creuser un canal. Vider un canal. Nettoyer un canal. Le canal est à sec. Canal en cascade. Il se dit, en termes de Géographie, de Certains lieux où la mer se resserre entre deux rivages. Le canal de Mozambique. Le canal des Dardanelles, du Bosphore. Le canal de Saint-Georges. Il signifie au figuré Voie, moyen, entremise dont on se sert pour quelque chose. Vous ne réussirez dans cette affaire que par ce canal, que par le canal d'un tel. Il est le canal de toutes les grâces. Les sacrements sont les canaux par lesquels Dieu répand ses grâces.

Canal : définition du Littré (1872-1877)

CANAL (ka-nal) s. m.
  • 1Conduit qui amène de l'eau. Les canaux de la fontaine. On amène de loin les eaux de la rivière par des canaux.
  • 2Voie naturelle par laquelle les liquides ou les gaz cheminent dans la terre. Les eaux du puits artésien de Paris arrivent de Bourgogne par de secrets canaux.
  • 3 Par extension, toute espèce de voie pour le passage des liquides. L'impétueuse ardeur de ses transports nouveaux à son sang prisonnier ouvre autant de canaux, Corneille, Att. V, 6.
  • 4En anatomie, nom de différentes parties configurées comme des canaux. Le canal médullaire des os, cavité des os qui contient la moelle. Le canal vertébral, trajet formé par la cavité du corps des vertèbres et où est enfermée la moelle épinière. Le canal intestinal, portion de l'appareil digestif qui s'étend de l'estomac à l'anus. Le canal de l'urèthre, conduit qui mène l'urine au dehors de la vessie.

    En général, les canaux, les voies qui sont dans le corps pour le passage des substances et la circulation des liquides. Le voyage, l'exercice des eaux qui lavent le sang et qui débouchent les canaux rétablissent presque toujours la machine, Voltaire, Lett. Damilaville, 2 avril 1764.

    En botanique, les canaux de la séve. Le sureau a un large canal médullaire.

  • 5Lit d'une rivière. Le fleuve offre partout un canal tranquille Semblable à ces fleuves qui se creusent un nouveau canal…, Fléchier, Lam. Si l'on veut trouver dans un canal horizontal la vitesse moyenne de l'eau entre celle du fond qui est la plus grande et celle de la superficie qui est la plus petite, on voit que cette vitesse est toujours placée aux 4/9 de la hauteur du canal divisé du haut en bas, Fontenelle, Guglielmini.
  • 6Rivière creusée de main d'homme. Canal de navigation. Un pays coupé de canaux. Menzikoff flatta le Czar de l'idée de percer un canal du Holstein dans la mer Baltique, Voltaire, Russie, II, 4. Plusieurs rivières entre lesquelles on peut tirer des canaux qui serviraient de lit aux inondations, Voltaire, ib. I, 1.

    Canal latéral, canal qui longe un fleuve.

    Canal de dérivation, canal qui sert à détourner des eaux.

    Canal d'irrigation, canal qui distribue des eaux dans la campagne.

    Canal de desséchement, canal qui évacue les eaux stagnantes.

  • 7Pièce d'eau étroite et longue pour l'ornement des jardins. Creuser, nettoyer un canal. Mais un canal formé par une source pure, Se trouve en ces lieux écartés, La Fontaine, Fabl. I, 11.

    Il y a eu canal à Fontainebleau, c'est-à-dire la cour a fait une partie de canal ou de bateau ; locution des gens de cour, d'après DE CAILLIÈRES, 1690.

  • 8 Terme de géographie. Nom de certains détroits. Le canal de Mozambique.
  • 9 Terme de marine. Sur la Méditerranée, faire canal, traverser un golfe, un espace entre deux îles, etc. ou naviguer hors de vue de la terre.
  • 10 Fig. Intermédiaire, moyen. Le cœur affligé Par le canal des yeux vidant son amertume, Malherbe, VI, 18. Cela ne passera pas en d'autres mains que celles que vous avez choisies pour nous servir de canal, Bossuet, Projet. Je suis un canal par où passent les instructions, Bossuet, Lett. abb. 199. Ils accablent ceux qui entreprennent d'aller à eux [les rois] par un autre canal que le leur, Fénelon, Tél. XI. La prière, le canal des grâces, Massillon, Tiéd. 2. Les charges, les emplois, et le bien et le mal Passent par cette main, coulent par ce canal, Tristan, Mort de Chrispe, IV, 11.
  • 11 Terme d'architecture. Refouillement droit ou courbe, simple ou multiple.
  • 12Creux où se met la baguette d'un fusil.

    Morceau de bois qui garantit des pointes d'aiguilles l'ouvrier en velours ciselé.

    Cannelure du métier à drap.

HISTORIQUE

XIIe s. L'eve ist de la citet ; si s'en vait par les plaines, Reentre en son canal ; les rives en sont pleines, Voy. de Charlemagne, 792.

XIIIe s. Del Nil qui chiet en mer par quatre mestres channiex, Hist. occid. des croisades, t. II, p. 571. En milieu sort une fontaine, En un prael, et clere et saine ; En quarrel est fais li canal, Fl. et Bl. V. 2041.

XVIe s. Le coulement et laps de la fontaine estoyt par troys tubules et canalz, faictz de marguarites fines, Rabelais, Pant. V, 42. Marius luy feit caver une grande tranchée et canal, dedans laquelle il destourna bonne partie de l'eau de la riviere, Amyot, Marius, 25. Leur rugissement faisoit retentir les montagnes d'alenviron, et le canal de la riviere, Amyot, ib. 35. Le canal ouvert, dont l'on se sert generalement en toutes sortes d'aqueducts, De Serres, 754.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

CANAL. Ajoutez :
13 Terme de géométrie. Canal, surface canal, enveloppe de toutes les positions d'une sphère de rayon constant dont le centre se meut sur une courbe donnée.
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Canal : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

* CANAL ARTIFICIEL, (Hist. & Architecture.) lieu creusé pour recevoir les eaux de la mer, d’une ou plusieurs rivieres, d’un fleuve, &c. Les rivieres ne contribuent pas seulement à la richesse naturelle des campagnes en les arrosant, elles font encore la richesse artificielle des provinces, en facilitant le transport des marchandises. Plus leur cours est étendu dans un état, & plus elles communiquent les unes avec les autres, plus les parties du corps de cet état sont liées & disposées à s’enrichir mutuellement. Si la nature, comme il arrive toûjours, n’a pas fait pour les hommes tout ce qu’il y avoit de plus avantageux à faire, c’est à eux à achever ; & les Hollandois, ou pour prendre sur la foi des voyageurs un exemple considérable, les Chinois qui ont un pays d’une étendue sans comparaison plus grande, ont bien fait voir jusqu’où peut aller, en fait de canaux & de navigation, l’industrie humaine, & quelle en est la récompense. Mais l’avantage des canaux est une chose très-anciennement connue. Les premiers habitans de la terre ont travaillé à rompre les isthmes & à couper les terres, pour établir entre les contrées une communication par eau. Hérodote rapporte que les Cnidiens, peuples de Carie dans l’Asie mineure, entreprirent de couper l’isthme qui joint la presqu’île de Cnide à la terre ferme, mais qu’ils en furent détournés par un oracle. Plusieurs rois d’Egypte ont tâché de joindre la mer Rouge à la Méditerranée. Cléopatre eut le même dessein. Soliman II. empereur des Turcs, y employa 50000 hommes, qui y travaillerent sans effet. Les Grecs & les Romains projetterent un canal à-travers l’isthme de Corinthe qui joint la Morée & l’Achaïe, afin de passer ainsi de la mer Ionienne dans l’Archipel. Le roi Démétrius, Jules-César, Caligula, & Néron, y firent des efforts inutiles. Sous le regne de ce dernier, Lucius Verus, un des généraux de l’armée Romaine dans les Gaules, entreprit de joindre la Saone & la Moselle par un canal, & de faire communiquer la Méditerranée & la mer d’Allemagne par le Rhone, la Saone, la Moselle & le Rhin ; ce qu’il ne put exécuter. Charlemagne forma le dessein de joindre le Rhin & le Danube, afin d’établir une communication entre l’Océan & la mer Noire, par un canal de la riviere d’Almutz qui se décharge dans le Danube, à celle de Reditz qui se rend dans le Mein, qui va tomber dans le Rhin près de Mayence : il fit travailler une multitude innombrable d’ouvriers ; mais différens obstacles qui se succéderent les uns aux autres, lui firent abandonner son projet. Bernard propose, dans son traité de la jonction des mers, une communication entre la mer de Provence & l’Océan, vers la côte de Normandie, en joignant l’Ouche à l’Armanson. On traverseroit ainsi la France par le Rhone, la Saone, l’Ouche, l’Armanson, l’Yonne, & la Seine.

La France a plusieurs grands canaux : celui de Briare fut commencé sous Henri IV. & achevé sous Loüis XIII. par les soins du cardinal de Richelieu. Il établit la communication de la riviere de Loire à la riviere de Seine par le Loing. Il a onze grandes lieues de longueur, à le prendre depuis Briare jusqu’à Montargis. C’est au-dessous de Briare qu’il entre dans la Loire, & c’est à Cepoi qu’il finit dans le Loing. Les eaux du canal sont soûtenues par quarante-deux écluses, qui servent à monter & à descendre les trains de bois & les bateaux, qu’on construit pour cet effet d’une longueur & d’une largeur proportionnée. On paye un droit de péage à chaque écluse pour l’entretien du canal & le remboursement des propriétaires.

Le canal d’Orléans fut entrepris en 1675 pour la communication de la Seine & de la Loire. Il a vingt écluses. C’est Philippe d’Orléans, régent de France qui l’a fait achever sous la minorité de Louis XV. Il porte le nom d’une ville dans laquelle il ne passe pas. Il commence au bourg de Combleux, qui est à une petite lieue d’Orléans.

Le projet du canal de Picardie pour la jonction des rivieres de Somme & d’Oise, a été formé sous les ministeres des cardinaux de Richelieu & de Mazarin, & sous celui de M. de Colbert.

Mais un des plus grands & des plus merveilleux ouvrages de cette espece, & en même tems un des plus utiles, c’est la jonction des deux mers par le canal de Languedoc, proposé sous François I. sous Henri IV. sous Loüis XIII. entrepris & achevé sous Loüis XIV. Il commence par un réservoir de quatre mille pas de circonférence, & de quatre-vingts piés de profondeur, qui reçoit les eaux de la montagne Noire. Elles descendent à Naurouse dans un bassin de deux cents toises de longueur, & de cent cinquante de largeur, revêtu de pierre de taille. C’est-là le point de partage d’où les eaux se distribuent à droite & à gauche dans un canal de soixante & quatre lieues de long, où se jettent plusieurs petites rivieres, soûtenues d’espace en espace de cent quatre écluses. Les huit écluses qui sont voisines de Besiers, forment un très-beau spectacle : c’est une cascade de cent cinquante-six toises de long sur onze toises de pente.

Ce canal est conduit en plusieurs endroits sur des aquéducs & sur des ponts d’une hauteur incroyable, qui donnent passage entre leurs arches à d’autres rivieres. Ailleurs, il est coupé dans le roc tantôt à découvert, tantôt en voûte, sur la longueur de plus de mille pas. Il se joint d’un bout à la Garonne près de Toulouse : de l’autre traversant deux fois l’Aude, il passe entre Agde & Besiers, & va finir au grand lac de Tau, qui s’étend jusqu’au port de Cette.

Ce monument est comparable à tout ce que les Romains ont tenté de plus grand. Il fut projetté en 1666, & démontré possible par une multitude infinie d’opérations longues & pénibles, faites sur les lieux par François Riquet, qui le finit avant sa mort, arrivée en 1680. Quand les grandes choses sont exécutées, il est facile à ceux qui les contemplent de les imaginer plus parfaites & plus grandes. C’est ce qui est arrivé ici. On a proposé un réservoir plus grand que le premier, un canal plus large, & des écluses plus grandes : mais on a été arrêté par les frais.

Nous n’entrerons pas dans tous les détails de la construction de ce canal, mais nous ne pouvons guere nous dispenser d’expliquer le méchanisme & le jeu des écluses ou réservoirs d’eau, qu’on peut regarder comme de grands coffres qu’on remplit à discrétion, & à l’aide desquels on fait monter ou descendre un bâtiment d’une portion de canal dans une autre.

Il faut observer d’abord, que dans les canaux l’eau est de niveau dans chaque partie, c’est-à-dire entre une écluse & une autre écluse, & que les eaux des différentes parties sont dans des niveaux différens.

Une écluse est composée de deux murs paralleles 12, 34, voy. Pl. du canal de Lang. à la fin de nos Pl. d’Hyd. fig. 1. & 4. la hauteur NM de ces murs est de deux piés ou environ plus haute que depuis le fond du canal inférieur jusqu’au niveau de la surface de l’eau du canal supérieur : ces deux murs sont éloignés l’un de l’autre d’autant qu’il convient, pour que les bâtimens puissent passer commodément ; & ils doivent être bâtis solidement sur pilotis ou terre franche & un peu en talud, pour qu’ils puissent mieux soûtenir l’effort des terres.

On a placé entre ces deux murs les portes 24, 13, fig. 1. la premiere pour empêcher l’eau du canal supérieur d’entrer dans le coffre ou dans l’écluse ; & la seconde, pour arrêter & soûtenir l’eau quand elle en est remplie. Ces portes doivent être très-fortes, & tourner librement sur leurs pivots : c’est pour les pouvoir ouvrir & fermer avec facilité, qu’on y ajuste les longues barres Ab, Ca, au moyen desquelles on les meut comme le gouvernail d’un vaisseau par sa barre ou son timon. Il faut aussi les construire de maniere qu’elles soient bien étanchées, & qu’elles laissent passer le moins d’eau qu’il est possible. Les deux battans de chaque porte s’appuient l’un contre l’autre, & forment un angle saillant du côté où l’eau fait effort contre eux.

Outre ces parties, une écluse a encore deux canaux soûterrains G, H ; K, F. Le canal GH qui descend obliquement, sert à lâcher l’eau du canal supérieur D, fig. 2. dans le corps de l’écluse, où elle est retenue par la porte C qui est supposée fermée. On lâche cette eau en levant la pelle DG, qui en ferme l’ouverture. Voyez fig. 3. le canal GH ouvert en G, & l’autre canal KF fermé en K. Quand au contraire on veut vuider le coffre de l’écluse, on ferme le canal GH, en baissant la pelle G ; & l’on ouvre le canal KF en levant la pelle K : l’eau n’étant plus retenue, s’écoule par le canal KF dans le canal inférieur B ; ensorte qu’elles se mettent de niveau dans le canal & dans l’écluse. Voyez la fig. 2.

Jeu des écluses. Si l’on propose, par exemple, de faire monter le bateau B du canal inférieur dans le canal supérieur G, fig. 2. la porte A & la pelle G du canal supérieur étant fermées, on laissera écouler par le canal KF toute l’eau que contient l’écluse, si elle n’est pas vuide : on ouvrira ensuite les grandes portes C, en tournant leurs barres Ca, ou en tirant leurs battans fig. 1. & 4. ce qui sera facile, puisque l’eau qu’elles ont de part & d’autre est en équilibre. Les portes étant ouvertes, on fera entrer le bateau dans le corps de l’écluse ; on refermera ensuite les portes C & la pelle K ; ensuite on ouvrira la pelle G pour remplir l’écluse de l’eau du canal, jusqu’à ce qu’elle soit de niveau avec celle du canal D, comme on voit fig. 3. Le bateau s’élevera à mesure que l’écluse se remplira d’eau, & il arrivera à la hauteur B. Les choses étant en cet état, on ouvrira la porte A, & le bateau passera dans le canal D ; ce que l’on s’étoit proposé de faire.

S’il eût été question de faire descendre le bateau du canal D fig. 3. dans le canal inférieur, il faudroit commencer par remplir l’écluse d’eau, ouvrir la porte A, y faire ensuite passer le bateau, refermer cette porte & la pelle G, ouvrir ensuite la pelle K, pour laisser écouler l’eau de l’écluse dans le canal inférieur. Le bateau baissera à mesure que l’écluse se vuidera ; & lorsque l’eau de l’écluse sera au niveau de celle du canal inférieur, on ouvrira la porte C pour faire sortir le bateau & le faire passer dans le canal B. Voyez l’article Ecluse.

Canal, (Jardin.) c’est ordinairement une longue piece d’eau, pratiquée dans un jardin pour l’ornement & la clôture.

Canal, chez les Fontainiers, se prend encore pour un tuyau de fontaine.

Canal en cascade, (Jardinage.) est un canal interrompu par plusieurs chûtes qui suivent l’inégalité du terrein. On en voit à Fontainebleau, à Marly, au théatre d’eau à Versailles, & dans les jardins de Couvances.

Canaux soûterreins, sont des aquéducs enfoncés en terre, qui servent à conduire les eaux. Voyez Aquéduc.

Ce sont aussi les tuyaux & conduits dont on se sert pour amener les eaux, lesquels se trouvent tout recouverts de terre lorsqu’ils sont posés. (K)

Canal de l’étrave, c’est, en Marine, le bout creusé ou cannelé de l’étrave, sur quoi repose le beaupré quand on n’y met point de coussin.

Canal, faire canal, (Marine.) ce terme n’est guere usité que pour la navigation des galeres. Une galere fait canal lorsqu’elle fait un trajet de mer assez considérable pour perdre la côte de vûe, avant que d’arriver au lieu vers lequel elle fait route. (Z)

Canal, en Anatomie, est un mot pris généralement pour exprimer tous les vaisseaux du corps, tels que les veines, les arteres, &c. par lesquels différents fluides circulent. Voyez Vaisseau, Artere &c.

Le canal arteriel, Voy. Arteriel.
Le canal veineux, Veineux.
Le canal hépatique, Hépatique.
Le canal cystique, Cystique.
Les canaux hepati-cystiq. Hépati-cystiq.
Le canal cholidoque, Cholidoque.
Le canal thorachique, Thorachique.
Le canal pancréatique, Pancréatique.
Les canaux déférens, Déférent.
Les canaux adipeux. Adipeux.

Les canaux demi-circulaires sont trois canaux dans le labyrinthe de l’oreille, qui s’ouvrent par autant d’orifices dans le vestibule. Voyez Oreille.

Ils sont au nombre de trois, un vertical supérieur, un vertical postérieur, & un horisontal. Ce dernier est ordinairement le plus petit des trois ; le vertical postérieur est souvent le plus grand, quelquefois c’est le vertical supérieur qui surpasse les autres. Ils varient souvent suivant la différence des sujets : mais ils sont toûjours semblables dans la même personne. Valsalva conjecture que l’intention de la nature, en donnant des grandeurs différentes à ces canaux, dans lesquels une partie du nerf auditif est logée, a été de les accommoder à la différence des sons, dont les impressions eussent toûjours été les mêmes si ces canaux avoient été de même grandeur : & quoiqu’on remarque quelque différence dans leur forme & leur grandeur dans différentes personnes, ils ne laissent pas d’être entierement semblables dans le même homme ; car sans cette précaution, il n’eût pas manqué d’y avoir de la discordance dans les organes de l’oüie. (L)

Les canaux aqueux, ductus aquosi Nuckii, sont certains canaux dans la sclérotique, que M. Nuck a découverts, par lesquels on croit que l’humeur aqueuse de l’œil est apportée dans l’intérieur des membranes qui renferment cette liqueur : mais cette découverte n’est pas généralement reçûe. Voyez Aqueux & Œil.

Canal, (Maréchalerie.) on appelle ainsi le creux qui est au milieu de la mâchoire inférieure de la bouche du cheval, qui est destiné à placer la langue, & qui étant borné de part & d’autre par les barres, se termine aux dents mâchelieres. C’est dans ce canal que croissent les barbillons.

Quand le canal est large, le gosier s’y loge facilement, & le cheval peut bien brider : mais lorsqu’il est trop étroit, le cheval est contraint de porter le nez au vent. (V)

Canal ; c’est dans un aquéduc de pierre ou de terre, la partie par où passe l’eau qui se trouve dans les aquéducs antiques, revêtue d’un corroi de mastic de certaine composition, comme au pont du Gard en Languedoc.

Canal ou Gouttiere. Voyez Gouttiere.

Canal d’un larmier, en Architecture, c’est le plafond creusé d’une corniche, qui fait le pendant à mouchettes. Voyez Larmier & Sophii.

Canal de volute ; c’est dans la volute ionique, la face des circonvolutions renfermée par un sistel, & dont le chapiteau est entre le sistel & l’ove.

Canal, terme d’Architecture, se dit des cavités droites ou torses, dont on orne les tigelles des caulicoles d’un chapiteau.

Canal de triglyphe. Voyez Triglyphe.

* Canal des espolins, (manufacture de soie.) machine de fer blanc, sur laquelle on range les espolins, quand l’étoffe n’est pas assez large pour les contenir, ou qu’ils sont en trop grande quantité. Le canal est plus large que l’étoffe.

* Canal de l’ensuple, se dit dans les mêmes manufactures, d’une cannelure dans laquelle on place la verge qui est attachée à la tête ou au chef de l’étoffe, ou plûtôt à la queue de la chaîne.

* Canal désigne encore chez les mêmes ouvriers, un morceau de bois cave, en forme de tuile creuse, dont la concavité imite la convexité de l’ensuple. Il est long de deux piés ou environ, il s’applique sur l’ensuple même, & sert à garantir l’ouvrier des pointes d’aiguille qui arrêtent l’étoffe dans le velours ciselé, & à garantir l’étoffe même du frotement dans le velours uni. Voy. les articles Velours & Aiguille d’ensuple .

Canal (le) ou la Manche, (Géograp.) c’est le nom qu’on donne ordinairement à la mer qui sépare la France de l’Angleterre.

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Étymologie de « canal »

Étymologie de canal - Littré

Bourg. caineau ; provenç. et espagn. canal ; ital. canale ; du latin canalis.

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Étymologie de canal - Wiktionnaire

(Vers 1140) Du latin canalis.
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Phonétique du mot « canal »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
canal kanal play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « canal »

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Citations contenant le mot « canal »

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  • Les bateaux de croisière ont repris depuis début juin leur navigation sur le canal du Midi au départ du port de Carcassonne, mais le public manque encore à l'appel.  lindependant.fr, Carcassonne : les croisières reprennent petitement au fil du canal du Midi - lindependant.fr
  • C'est une algue verte invasive qui prolifère sous l'effet de la chaleur. Le canal Saint Martin à Saint-Quentin dans l'Aisne en est envahi. Difficile de pêcher mais aussi de naviguer dans de telles conditions. France 3 Hauts-de-France, A Saint-Quentin, le canal est envahi par une algue verte
  • On s’est aperçu qu’il n’y avait pas de montagnes entre l’Angleterre et la France ; il y a seulement un canal. De Charles de Gaulle / Conférence de presse - Février 1965
  • Le surnaturel baisse comme un lac qu'un canal épuise ; la science à tout moment recule les limites du merveilleux. De Guy de Maupassant / La Peur
  • La situation de l’artiste est humble. Il est essentiellement un canal. De Piet Mondrian

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Traductions du mot « canal »

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Synonymes de « canal »

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