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Aqueduc

Définitions du mot « aqueduc »

Trésor de la Langue Française informatisé

AQUEDUC, subst. masc.

A.− Canal en maçonnerie, souterrain, à fleur de sol ou plus généralement aérien, destiné à capter et à conduire l'eau d'un lieu à un autre. Aqueduc de remplissage, de vidange, de refoulement :
1. Il vient d'accorder une charte à une troisième association qui, du district de Cortland, doit amener à la ville une partie des eaux du Brunks, ruisseau considérable, situé à 25 milles de distance, et qui, au moyen d'un aqueduc, traversera la rivière de Harlem, dont la largeur est de 170 toises. Crèvecœur, Voyage dans la Haute Pensylvanie,t. 3, 1801, p. 233.
2. ... on lui avait montré un aqueduc dont les arches de pierre enjambaient un abîme, œuvre cyclopéenne qui coûtait des millions et dix années de luttes. Zola, Nana,1880, p. 1466.
3. ... et, parmi les belles formes, la plus belle est sans doute le cintre, forme naturelle du pont et de l'aqueduc, suggérée déjà par les cavernes creusées et par les cavernes naturelles, qui vont toujours à cette forme-là, par l'usure ou l'écroulement de ce qui ne la suit point. Alain, Système des beaux-arts,1920, p. 194.
Emploi adj. Pont aqueduc (Lar. 19e, Nouv. Lar. ill.).
Rem. Guérin 1892 et Lar. encyclop. donnent le synt. pont-aqueduc avec trait d'union, rétablissant ainsi la valeur subst. de aqueduc.
P. ext., région. (Canada). ,,Château d'eau, grand réservoir d'eau; ensemble des travaux servant à la distribution de l'eau; eau distribuée par aqueduc.`` (Canada 1930; attesté aussi ds Bél. 1957 et Dul. 1968).
B.− Emplois spéc. [Gén. en relation avec le sens de conduit non aérien]
1. DROIT
DR. ROMAIN. Droit d'aqueduc. ,,Le droit qu'avait le propriétaire d'un héritage, de faire passer l'eau par l'héritage d'autrui jusque dans le sien, soit par des tuyaux de terre ou de plomb, soit par une rigole ou petit fossé.`` (St-Edme t. 1 1824; attesté ds Guérin 1892 et Nouv. rép. de dr., Paris, Dalloz, t. 2, 1963, p. 264, s.v. eaux).
Servitude d'aqueduc. ,,Servitude obligeant le propriétaire d'un fonds à supporter le passage sur son fonds d'une conduite d'eau établie par le propriétaire voisin en vue d'amener les eaux sur son fonds.`` (Cap. 1936, s.v. servitude; cf. aussi Nouv. rép. de dr., Paris, Dalloz, t. 4, 1965, p. 366).
2. SC. NAT.
ANAT. Conduit qui met en communication divers organes. Aqueduc du vestibule, du limaçon :
4. Le trou où il [le nerf facial] entre au fond du canal auditif interne est l'orifice d'un canal long et diversement recourbé, nommé aqueduc de Fallope... Cuvier, Leçons d'anat. comp.,t. 2, 1805, p. 530.
5. Les deux tubercules optiques sont reliés l'un à l'autre par une commissure, passant au-dessus de l'aqueduc de Sylvius. E. Perrier, Traité de zool.,t. 4, 1893, p. 3226.
Rem. Attesté ds les dict. gén. de Ac. 1835 à Lar. Lang. fr.
BOT., vieilli. ,,Sorte de canal que forment naturellement les tiges ou les feuilles entières de certaines plantes, qui croissent dans des lieux fort chauds et fort arides.`` (Lar. 19e) :
6. C'est au sein de la zone torride que la nature fait végéter les raquettes, les aloès, les cactus, les cierges, et toutes les espèces de plantes grasses dont les feuilles semblent être des éponges pleines d'eau. Mais ces fontaines et ces citernes végétales, ces formes d'aqueducs dans les feuilles et leurs agrégations, n'ont lieu que dans les végétaux de montagnes ou des lieux arides, qui avaient sans cesse besoin d'être arrosés. Bernardin de Saint-Pierre, Harmonies de la nature,1814, p. 181.
3. TRAV. PUBL. Aqueduc-larron. Conduit d'une écluse faisant communiquer avec le sas l'aqueduc longitudinal de remplissage ou de vidange, et permettant d'accélérer le mouvement des eaux. (Attesté ds Barb.-Cad. 1963 et Lar. encyclop. Suppl. 1968).
PRONONC. ET ORTH. − 1. Forme phon. : [akdyk]. Barbeau-Rodhe 1930 donne également la possibilité d'une prononc. : agdyk (sonorisation de [k] devant [d]). 2. Hist. − La majorité des dict. écrit aqueduc. Cependant, Ac. 1798 et Land. 1834 enregistrent la forme aquéduc avec é accent aigu et recommandent de prononcer : a-ké-duc. Ac. 1835, s.v. aqueduc, signale que : ,,Plusieurs écrivent et prononcent Aquéduc.`` Pour Lar. 19e, cette façon d'écrire et de prononcer est ,,en opposition flagrante avec l'usage``. Littré admet encore parallèlement aqueduc ou aquéduc. DG ne fait que rappeler à titre hist. qu'au xviiies. on prononçait à-ké-...
ÉTYMOL. ET HIST. − 1518 acqueducte « canal destiné à conduire l'eau d'un point à un autre » (Trad. de Platine, Faicts et gestes des Sainctz Pères, 85 rods Quem. : En oultre fist plusieurs aultres acqueductes et fontaines); 1553 aqueduct (Ch. Estienne, Guide des Chemins de France, 72 ds Hug. : Sur le tiers pont est un aqueduct accommodé pour passer une fontaine d'une montagne à l'autre). Empr. au lat. aquae ductus (aussi aquaeductus), Cicéron, Att., 13, 6, 1 ds OLD, s.v. ductus.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 221. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 583, b) 388; xxes. : a) 106, b) 170.
BBG. − Bach.-Dez. 1882. − Barb.-Cad. 1963. − Bél. 1957. − Bible 1912. − Blanche 1857. − Bouillet 1859. − Cagnon (M.), Smith (S.). Le Vocab. de l'archit. en France de 1500 à 1550. Cah. Lexicol. 1971, no18, p. 99. − Canada 1930. − Chabat 1881. − Chesn. 1857. − Chevallier 1970. − Colas-Cab. 1968. − Dainv. 1964. − Dul. 1968. − Galiana Déc. sc. 1968. − Goug. Lang. pop. 1929, p. 10, 89. − Jossier 1881. − Lavedan 1964. − Littré-Robin 1865. − Marcel 1938. − Méd. Biol. t. 1 1970. − Noël 1968. − Nysten 1824. − Privat-Foc. 1870. − St-Edme t. 1 1824.

Wiktionnaire

Nom commun

aqueduc \ak.dyk\ masculin

  1. Canal ou conduite en maçonnerie (visible quand elle est surélevée) destinée à apporter de l’eau potable dans une ville, malgré la distance et la dénivelée entre la source et la ville.
    • L’aqueduc du Pont du Gard s’élève à près de 50 mètres au-dessus du Gardon.
    • Elle s’y rencontre le long de l’aqueduc qui amène de Moutrépalayam à Pondichéry l’eau qui alimente cette dernière ville. — (Hector Léveillé, Sur la présence du Turnera ulmifolia L. à Pondichéry dans Le Monde des Plantes, no 1, du 1er octobre 1892, p.3)
    • Si les vieux Ruthènes, ont été aussi réfractaires que nous le supposons à l’influence latine, d’où vient donc que nous rencontrons dans l’Aveyron tant d’importants travaux romains, à commencer par cet aqueduc qui, même aujourd’hui, donne encore à boire aux habitants du chef-lieu ? — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Un aqueduc du IIe siècle, long de 3 km amenait l’eau de la fontaine Bonnet pour alimenter des thermes gallo-romains, situés à un carrefour des voies antiques près de l’actuel presbytère d’Arthon. — (Le Petit Futé, Loire-Atlantique 2012-2013, p.119)
  2. (Québec)(Vieilli) Château d'eau. [1] (Note : à Québec on prononce /akə.dyk/)
  3. (Québec) Réseau de distribution d'eau courante. [1] [2] (Note : à Québec on prononce /akə.dyk/)
    • Une maison reliée à l'aqueduc.
  4. (Anatomie), (Par analogie) Canal qui fait communiquer entre elles certaines parties de l’organisme.
    • Dans l’oreille : l’aqueduc du vestibule, du limaçon.
    • En neurologie : Aqueduc du mésencéphale ou de Sylvius.
  5. (Héraldique) Meuble représentant l’ouvrage d’art du même nom dans les armoiries. Il suit les règles de blasonnement des ponts.
    • Coupé au premier d’azur, à un aqueduc à huit arches d’or maçonné de sable ; au deuxième de gueules, à une massette de carrier d’or emmanchée d’argent, mise en pal la tête en bas, adextrée d’un fer de moulin d’or et sénestrée d’un rencontre de bélier d’argent accornée d’or, qui est de la commune de Le Syndicat des Vosges → voir illustration « armoiries avec un aqueduc »
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

AQUEDUC. n. m.
Canal construit le plus souvent en maçonnerie, pour conduire de l'eau d'un lieu à un autre, malgré l'inégalité du terrain. Les Romains ont bâti un grand nombre d'aqueducs élevés sur des arches pour traverser les plaines. Les regards d'un aqueduc. En termes d'Anatomie, il signifie, par analogie, Canal qui fait communiquer entre elles certaines parties de l'organisme. Aqueduc du vestibule, du limaçon (parties de l'oreille).

Littré (1872-1877)

AQUEDUC (a-ke-duk ou a-ké-duk) s. m.
  • 1Canal en maçonnerie pour conduire les eaux d'un lieu à un autre. Les regards d'un aqueduc.
  • 2 Terme d'anatomie. Conduit qui fait communiquer entre eux différents organes. Aqueduc du limaçon.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

AQUEDUC, s. m. bâtiment de pierre, fait dans un terrein inégal, pour conserver le niveau de l’eau, & la conduire d’un lieu dans un autre. Ce mot est formé d’aqua, eau, & de ductus, conduit.

On en distingue de deux sortes ; d’apparens, & de soûterrains : les apparens sont construits à travers les vallées & les fondrieres, & composés de tremeaux & d’arcades ; tels sont ceux d’Arcueil, de Marly & de Bucq près Versailles. Les soûterrains sont percés à travers les montagnes, conduits au-dessous de la superficie de la terre, bâtis de pierre de taille & de moilons, & couverts en-dessus de voûtes ou de pierres plattes, qu’on appelle dalles ; ces dalles mettent l’eau à l’abri du soleil ; tels sont ceux de Roquencourt, de Belleville, & du Pré S. Gervais.

On distribue encore les aqueducs en doubles ou triples, c’est-à-dire, portés sur deux ou trois rangs d’arcades ; tel est celui du Pont-du-Gard en Languedoc, & celui qui fournit de l’eau à Constantinople ; auxquels on peut ajoûter l’aqueduc que Procope dit avoir été construit par Cosroës roi de Perse, pour la ville de Petra en Mingrelie ; il avoit trois conduits sur une même ligne, les uns élevés au-dessus des autres.

Souvent les aqueducs sont pavés ; quelquefois l’eau roule sur un lit de ciment fait avec art, ou sur un lit naturel de glaise. Ordinairement elle passe dans des cuvettes de plomb, ou des auges de pierre de taille, auxquelles on donne une pente imperceptible pour faciliter son mouvement : aux côtés de ces cuvettes sont ménagés deux petits sentiers où l’on peut marcher au besoin. Les aqueducs, les pierriers, les tranchées, &c. amenent les eaux dans un réservoir ; mais ne les élevent point. Pour devenir jaillissantes, il faut qu’elles soient resserrées dans des tuyaux. (K)

* Les aqueducs de toute espece étoient jadis une des merveilles de Rome : la grande quantité qu’il y en avoit ; les frais immenses employés faire venir des eaux d’endroits éloignés de trente, quarante, soixante, & même cent milles sur des arcades, ou continuées ou suppléées par d’autres travaux, comme des montagnes coupées & des roches percées ; tout cela doit surprendre : on n’entreprend rien de semblable aujourd’hui : on n’oseroit même penser à acheter si cherement la commodité publique. On voit encore en divers endroits de la campagne de Rome de grands restes de ces aqueducs, des arcs continués dans un long espace, au-dessus desquels étoient les canaux qui portoient l’eau à la ville : ces arcs sont quelquefois bas, quelquefois d’une grande hauteur, selon les inégalités du terrein. Il y en a à deux arcades l’une sur l’autre ; & cela de crainte que la trop grande hauteur d’une seule arcade ne rendît la structure moins solide : ils sont communément de briques si bien cimentées, qu’on a peine à en détacher des morceaux. Quand l’élevation du terrein étoit énorme, on recouroit aux aqueducs soûterrains ; ces aqueducs portoient les eaux à ceux qu’on avoit élevés sur terre, dans les fonds & les pentes des montagnes. Si l’eau ne pouvoit avoir de la pente qu’en passant au-travers d’une roche, on la perçoit à la hauteur de l’aqueduc supérieur : on en voit un semblable au-dessus de Tivoli, & au lieu nommé Vicovaro. Le canal qui formoit la suite de l’aqueduc, est coupé dans la roche vive l’espace de plus d’un mille, sur environ cinq piés de haut & quatre de large.

Une chose digne de remarque, c’est que ces aqueducs qu’on pouvoit conduire en droite ligne à la ville, n’y parvenoient que par des sinuosités fréquentes. Les uns on dit qu’on avoit suivi ces obliquités pour éviter les frais d’arcades d’une hauteur extraordinaire : d’autres, qu’on s’étoit proposé de rompre la trop grande impétuosité de l’eau qui, coulant en ligne droite par un espace immense, auroit toûjours augmenté de vîtesse, endommagé les canaux, & donné une boisson peu nette & mal-saine. Mais on demande pourquoi y ayant une si grande pente de la cascade de Tivoli à Rome, on est allé prendre l’eau de la même riviere à vingt milles & davantage plus haut ; que dis-je vingt milles, à plus de trente, en y comptant les détours d’un pays plein de montagnes. On répond que la raison d’avoir des eaux meilleures & plus pures suffisoit aux Romains pour croire leurs travaux nécessaires & leurs dépenses justifiées ; & si l’on considere d’ailleurs que l’eau du Teveron est chargée de parties minérales, & n’est pas saine, on sera content de cette réponse.

Si l’on jette les yeux sur la planche 128 du IV. volume des Antiquités du P. Montfaucon, on verra avec quels soins ces immenses ouvrages étoient construits. On y laissoit d’espace en espace des soûpiraux, afin que si l’eau venoit à être arrêtée par quelque accident, elle pût se dégorger jusqu’à ce qu’on eût dégagé son passage. Il y avoit encore dans le canal même de l’aqueduc des puits où l’eau se jettoit, se reposoit & déchargeoit son limon, & des piscines où elle s’étendoit & se purifioit.

L’aqueduc de l’Aqua-Marcia a l’arc de seize piés d’ouverture : le tout est composé de trois différentes sortes de pierres ; l’une rougeâtre, l’autre brune, & l’autre de couleur de terre. On voit en haut deux canaux dont le plus élevé étoit de l’eau nouvelle du Teveron, & celui de dessous étoit de l’eau appellée Claudienne ; l’édifice entier a soixante & dix piés romains de hauteur.

A côté de cet aqueduc, on a dans le P. Montfaucon la coupe d’un autre à trois canaux ; le supérieur est d’eau Julia, celui du milieu d’eau Tepula, & l’inférieur d’eau Marcia.

L’arc de l’aqueduc d’eau Claudienne est de très-belle pierre de taille ; celui de l’aqueduc d’eau Néronnienne est de brique ; ils ont l’un & l’autre soixante-douze piés romains de hauteur.

Le canal de l’aqueduc qu’on appelloit Aqua-Appia mérite bien que nous en fassions mention par une singularité qu’on y remarque ; c’est de n’être pas uni comme les autres, d’aller comme par degrés, ensorte qu’il est beaucoup plus étroit en-bas qu’en-haut.

Le consul Frontin, qui avoit la direction des aqueducs sous l’empereur Nerva, parle de neuf aqueducs qui avoient 13594 tuyaux d’un pouce de diametre. Vigerus observe que dans l’espace de 24 heures, Rome recevoit 500000 muids d’eau.

Nous pourrions encore faire mention de l’aqueduc de Drusus & de celui de Rimini : mais nous nous contenterons d’observer ici qu’Auguste fit réparer tous les aqueducs ; & nous passerons ensuite à d’autres monumens dans le même genre, & plus importans encore, de la magnificence romaine.

Un de ces monumens est l’aqueduc de Metz, dont il reste encore aujourd’hui un grand nombre d’arcades ; ces arcades traversoient la Moselle, riviere grande & large en cet endroit. Les sources abondantes de Gorze fournissoient l’eau à la Naumachie ; ces eaux s’assembloient dans un réservoir ; de-là elles étoient conduites par des canaux soûterrains faits de pierre de taille, & si spacieux qu’un homme y pouvoit marcher droit : elles passoient la Moselle sur ces hautes & superbes arcades qu’on voit encore à deux lieues de Metz, si bien maçonnées & si bien cimentées, qu’excepté la partie du milieu, que les glaces ont emportées, elles ont résisté & résistent aux injures les plus violentes des saisons. De ces arcades, d’autres aqueducs conduisoient les eaux aux bains & au lieu de la Naumachie.

Si l’on en croit Colmenarès, l’aqueduc de Ségovie peut être comparé aux plus beaux ouvrages de l’antiquité. Il en reste cent-cinquante-neuf arcades toutes de grandes pierres sans ciment. Ces arcades avec le reste de l’édifice ont cent deux piés de haut ; il y a deux rangs d’arcades l’un sur l’autre ; l’aqueduc traverse la ville & passe par-dessus la plus grande partie des maisons qui sont dans le fond.

Après ces énormes édifices, on peut parler de l’aqueduc que Louis XIV a fait bâtir proche Maintenon, pour porter les eaux de la riviere de Bucq à Versailles ; c’est peut-être le plus grand aqueduc qui soit à présent dans l’univers ; il est de 7000 brasses de long sur 2560 de haut, & a 242 arcades.

Les cloaques de Rome, ou ses aqueducs soûterrains, étoient aussi comptés parmi ses merveilles ; ils s’étendoient sous toute la ville, & se subdivisoient en plusieurs branches qui se déchargeoient dans la riviere : c’étoient de grandes & hautes voûtes bâties solidement, sous lesquelles on alloit en bateau ; ce qui faisoit dire à Pline que la ville étoit suspendue en l’air, & qu’on navigeoit sous les maisons ; c’est ce qu’il appelle le plus grand ouvrage qu’on ait jamais entrepris. Il y avoit sous ces voûtes des endroits où des charrettes chargées de foin pouvoient passer ; ces voûtes soûtenoient le pavé des rues. Il y avoit d’espace en espace des trous où les immondices de la ville étoient précipitées dans les cloaques. La quantité incroyable d’eau que les aqueducs apportoient à Rome y étoit aussi déchargée. On y avoit encore détourné des ruisseaux, d’où il arrivoit que la ville étoit toûjours nette, & que les ordures ne séjournoient point dans les cloaques, & étoient promptement rejettées dans la riviere.

Ces édifices sont capables de frapper de l’admiration la plus forte : mais ce seroit avoir la vûe bien courte que de ne pas la porter au-delà, & que de n’être pas tenté de remonter aux causes de la grandeur & de la décadence du peuple qui les a construits. Cela n’est point de notre objet. Mais le lecteur peut consulter là-dessus les Considérations de M. le président de Montesquieu, & celles de M. l’abbé de Mably ; il verra dans ces ouvrages, que les édifices ont toûjours été & seront toûjours comme les hommes, excepté peut-être à Sparte, où l’on trouvoit de grands hommes dans des maisons petites & chétives : mais cet exemple est trop singulier pour tirer à conséquence.

Aqueduc, s. m. les Anatomistes s’en servent pour désigner certains conduits qu’ils ont trouvé avoir du rapport avec les aqueducs.

L’aqueduc de Fallope est un trou situé entre les apophyses styloïde & mastoïde ; on a aussi nommé ce trou stylo-mastoïdien. Voyez Styloide & Mastoide.

L’aqueduc de Sylvius est un petit canal du cerveau dont l’anus est l’orifice postérieur, & la fente qui va à l’infundibulum, est l’intérieur. Voyez Cerveau, Anus, & Infundibulum.

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Étymologie de « aqueduc »

(1518) acqueducte, du latin aquaeductus (« conduite d’eau »).
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Aquæductus, de aqua, eau (voy. EAU), et ductus, conduite, de ducere, conduire (voy. DUC) ; Berry, arcaduc ; ital. aquidoccio.

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Phonétique du mot « aqueduc »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
aqueduc akdyk

Évolution historique de l’usage du mot « aqueduc »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « aqueduc »

  • Jules César avait installé dans la région de Nyon, une colonie appelée «Colonia Julia Equestris», romanisant le nom celte de la ville de Noviodûnon en Noviodunum, centre de la colonie. La ville devant devenir un centre important, l’aqueduc était prévu pour alimenter une ville de 25 000 habitants mais le développement démographique prévu n’a pas eu lieu. L'Essor Savoyard, Divonne : quand un aqueduc amenait l’eau jusqu’à Nyon - L'Essor Savoyard
  • Au début du mois de juillet, les occupants de sept résidences du chemin d’Anjou, à Boucherville, verront avec grande satisfaction débuter les travaux d’installation de l’aqueduc municipal. On se rappellera que depuis plusieurs années les propriétaires de ces maisons ont exprimé leurs inquiétudes face à la contamination potentielle de leurs puits artésiens. En effet, en amont de leurs habitations se trouve l’ancienne carrière Landreville dont une portion est contaminée. « Les travaux de réhabilitation environnementale en cours sécuriseront le site à long terme. Nonobstant, il a été décidé, de concert avec la Ville de Boucherville, d’appliquer le principe de précaution et de desservir en eau potable cette portion habitée du chemin d’Anjou », a expliqué Jacques Dion, adjoint au vice-président exécutif et directeur du projet chez Sanexen Services Environnementaux inc., maître d’œuvre des travaux. Ce site appartient maintenant à Carrières Rive-Sud inc. (CRS). Les travaux de réhabilitation, débutés en 2018, culmineront d’ici cinq à sept ans sur un legs du site à la Ville de Boucherville aux fins de parc. Une contribution financière majeure de SANEXEN Il y a presque un an, le conseil de ville de Boucherville autorisait le maire, Jean Martel, à signer le protocole d’entente entre la Ville et SANEXEN. Au cœur de cette entente, SANEXEN s’est engagée à contribuer financièrement à 50 % des coûts des travaux de prolongement du réseau d’aqueduc, jusqu’à une contribution maximale de 433 333 $. Le reste des coûts est assumé par la ville de Boucherville. Le protocole prévoit la mise en place de différentes mesures visant à réduire et surveiller les impacts sur l’environnement et la qualité de vie de la collectivité. L’aqueduc sera installé sur une partie du chemin d’Anjou et une portion de la rue de Montbrun. Les travaux devraient commencer le 26 juin pour se terminer à la fin août 2020. Pour plus d’information sur les travaux www.boucherville.ca/residants/info-travaux/avis-de-travaux-2020/ Un projet primé Dans le cadre du projet de réhabilitation du site CRS, SANEXEN a déployé une vaste démarche de développement durable tant et si bien que l’entreprise s’est vu décerner, en 2019, le prix Conscientia Innovation en environnement et développement durable, prix remis par le Conseil régional de l’Environnement de la Montérégie. SANEXEN Services Environnementaux inc., chef de file au Canada en réhabilitation de sites contaminés, fait partie de la famille LOGISTEC Corporation (LGT). SANEXEN est un partenaire de services et de technologie en environnement comptant plus de 3 000 employés dans sa grande famille et plus de 450 spécialisés en environnement, dont neuf sont habilités en vertu de l’article 31.65 de la LQE. Éric Sauvageau, vice-président exécutif, est fier du protocole conclu avec la Ville de Boucherville. Pour lui, l’entente démontre que Sanexen est une entreprise qui veut toujours travailler en concertation avec les différents milieux où elle intervient. « Une de nos forces est notre capacité d’adaptation » a-t-il indiqué. La Relève, L’aqueduc sur le chemin d’Anjou : enfin une réalité - La Relève
  • La découverte de l’aqueduc romain du Gier – le site du Plat de l’Air à Chaponost 2020-06-27 10:00:00 10:00:00 – 2020-06-27 Le Plat de l’Air Aqueduc romain du Gier – Site du Plat de l’Air Chaponost Rhône Chaponost Unidivers, La découverte de l’aqueduc romain du Gier – le site du Plat de l’Air à Chaponost Chaponost samedi 27 juin 2020
  • Parcours : La Porte Maillot est un vrai bazar en temps normal. Avec le chantier du prolongement du RER E jusqu’à Mantes-la-Jolie, c’est pire encore. Pour s’en échapper au plus vite, on suit le GR 11, mythique chemin de grande randonnée qui part du curieux monument dédié au général Koenig, « Le vent des batailles », situé dans un petit square. De là, on gagne le bois de Boulogne où l’on chemine le long du ruisseau d’Armenonville qui file entre les arbres avant de se jeter dans l’Etang inférieur. Très prisée des parisiens de l’ouest, cette pièce d’eau de 19 hectares mais de seulement un mètre de profondeur fait partie des nombreuses réalisations de l’ingénieur Adolphe Alphand, le « jardinier d’Haussmann ». On quitte ensuite le lac pour rejoindre le ruisseau de Longchamp. Attention de ne pas en perdre le fil après la traversée de l’Allée de la Reine Marguerite. La cascade dans laquelle le ruisseau termine sa course a été construite avec des rochers de la forêt de Fontainebleau. Au pied de la cascade, on traverse les très fréquentées Allée de Longchamp et Route de Suresnes. On gagne enfin l’Allée du bord de l’eau par un petit chemin de terre qui descend du pont de Suresnes. Sur un peu plus d’un kilomètre, on marche le long de la Seine sur les seules berges parisiennes non artificialisées. Au bout de cette allée, on prend la passerelle piétonne de l’Avre, en réalité un aqueduc conçu par Gustave Eiffel et qui fournit Paris en eau venue de Normandie. De cette passerelle, on jouit d’une splendide vue sur La Défense et la tour Eiffel. Il faut ensuite marcher un peu dans les rues de Saint-Cloud où l’on croise les dernières sentes de l’ancien village, évocation des Hauts-de-Seine d’avant le boom immobilier des Trente Glorieuses. L’entrée dans le parc de Saint-Cloud se fait par la discrète Allée des Lilas. On gagne ensuite les parties basses du parc puis les voies sur berges où l’on découvre le parc de l’île-Monsieur Après avoir été guinguette princière – d’où son nom – l’île (aujourd’hui rattachée aux berges) devint au XXe siècle un lieu de stockage des usines Renault. C’est désormais une importante base nautique d’où l’on aperçoit la Seine musicale et le Pont de Sèvres, point final de la balade. Enlarge your Paris, Balade au fil de l’eau dans le bois de Boulogne et le parc de Saint-Cloud
  • De la fontaine Bacchus au parc Micaud, se laisser conter la longue histoire de l'eau à Besançon. Port du masque. Réservation obligatoire au guichet de l'Office de Tourisme et des Congrès ou en ligne (pas de règlement auprès du guide) https://www.besancon-tourisme.com/fr/sortir/visites-guidees.html Le méandre que décrit le Doubs a favorisé, dès les origines, l’implantation de la cité et lui confère aujourd’hui sa physionomie unique. Deux itinéraires vous content la longue histoire de l’eau à Besançon, de l’époque gallo-romaine à nos jours et vous font découvrir les plus belles réalisations nées de cette conquête : fontaines, quais, aqueduc... , Retour aux sources circuit 2 : Visite guidee a Besancon
  • «Ces dispositions sont mises en place en raison d’une réparation sur une conduite à la suite d’un bris d’aqueduc survenu au coin de la rue Garon et du boulevard de Port-Royal. La fuite était toujours en cours de réparation jeudi matin.» Le Nouvelliste, Coupure du réseau d’aqueduc et avis d’ébullition à Bécancour | Actualités | Le Nouvelliste - Trois-Rivières

Traductions du mot « aqueduc »

Langue Traduction
Anglais aqueduct
Espagnol acueducto
Italien acquedotto
Allemand aquädukt
Chinois 渡槽
Arabe قناة مائية
Portugais aqueduto
Russe акведук
Japonais 水道橋
Basque akueduktu
Corse aqueductu
Source : Google Translate API

Synonymes de « aqueduc »

Source : synonymes de aqueduc sur lebonsynonyme.fr

Aqueduc

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