La langue française

Barder

Sommaire

  • Définitions du mot barder
  • Étymologie de « barder »
  • Phonétique de « barder »
  • Évolution historique de l’usage du mot « barder »
  • Citations contenant le mot « barder »
  • Traductions du mot « barder »
  • Synonymes de « barder »
  • Antonymes de « barder »

Définitions du mot barder

Trésor de la Langue Française informatisé

BARDER1, verbe trans.

I.− Emploi trans. Vx. Barder un cheval, un combattant. Couvrir un cheval de bardes, un combattant d'une armure.
1. P. anal. ,,Enfermer, serrer comme dans une armure`` (Lar. 19e) :
1. ... − à quoi, Mon Dieu, passer le temps l'hiver, à la campagne? − Il faut se tenir coi, Écouter un dandy, Brummel de la province, Beau papillon manqué qui, pour être plus mince, Barde ses flancs épais d'un corset et d'un busc ... T. Gautier, Premières poésies,1830-45, p. 148.
Spéc., ART CULIN. Garnir une viande, une volaille, un gibier de bandes de lard :
2. Tel bâtit des palais qui couche sur la dure, tel barde des faisans qui n'a pas déjeuné! ... Bouilhet, Melaenis,1857, p. 182.
P. métaph. :
3. Il existe donc un perpétuel combat entre le public retardataire qui se refuse à payer les contributions parisiennes, et les percepteurs qui, vivant de leurs recettes, lardent le public d'idées nouvelles, le bardent d'entreprises, le rôtissent de prospectus, l'embrochent de flatteries, et finissent par le manger à quelque nouvelle sauce dans laquelle il s'empêtre, et dont il se grise, comme une mouche de sa plombagine. Balzac, Gaudissart II,1844, p. 10.
2. P. métaph. ou au fig. :
4. La cuirasse toute chargée d'histoire et d'allégories, qui bardent l'empereur de bas-reliefs, dont la saillie d'art rappelle le casque du centurion de Pompéi, et dont les couleurs effacées, délavées, font songer au rose pâle des vieux ivoires. E. et J. de Goncourt, Journal,1867, p. 336.
5. Nouvel ami, il entendait me gaver de gâteaux, me barder de cigares. Céline, Voyage au bout de la nuit,1932, p. 271.
Rem. En ce sens, barder s'emploie fréquemment à la forme passive; barder finit par ne plus signifier qu'« avoir en abondance » :
6. Un curieux défilé, que celui de tous les gens, hommes et femmes, revenant du pont de Neuilly. Tout le monde est bardé de sacs, de nécessaires, de poches, qu'on voit gonflées de quelque chose qui se mange. E. et J. de Goncourt, Journal,1871, p. 736.
7. C'est facile de demander et de redemander des histoires de guerre. Ces compagnons-là en étaient bardés. Je pouvais me croire revenu aux plus beaux jours de l'hôpital. Céline, Voyage au bout de la nuit,1932, p. 153.
II.− Emploi pronom. Se couvrir d'une cuirasse; se protéger :
8. Il [Angelo] dédaigna le plastron et garda le masque relevé dans ses cheveux... « Ça coupe, dit le sergent qui, lui s'était bardé. Vous m'embarrassez beaucoup. Je n'oserai pas tailler. » Giono, Angelo,1958, p. 223.
P. métaph. :
9. En proie à des remords rendus cuisants par sa religiosité qui lui conservait la notion du péché, il priait, pleurait, se bardait de résolution et une nuque ou un bout de jupe relevée le rendait au rut. J. Péladan, Le Vice suprême,1884, p. 294.
10. Volontiers familier, Vime savait à l'occasion se barder de gravité... − Mes félicitations, monsieur, dit-il, en décapuchonnant son stylo. H. Bazin, La Barbe,1957, p. 31.
Au fig. :
11. ... On fut cruel pour toi? Sois indulgent et juste; Rends le bien pour le mal, c'est le vrai talion. Mais, t'étant bien bardé le cœur d'orgueil robuste, Va! calme comme un sage et seul comme un lion. F. Coppée, Poésies complètes,1865-1908, p. 115.
12. Et par exemple, il en est de ce « moralisme » chez Beethoven, comme chez Tolstoï. Tolstoï s'en bardait et s'en sanglait, pour combattre contre sa nature. Beethoven s'y raidissait, pour ne pas succomber dans le combat contre le sort. Dans les deux cas, c'est une armure, qui déforme les membres, mais qui aide à vivre. R. Rolland, Beethoven,t. 1, 1928, p. 56.
P. ext. Se couvrir, se vêtir :
13. En s'introduisant dans cette défroque, le baron se disait qu'il eût été sans doute plus glorieux de se barder de buffle et de fer comme ses ancêtres que de se travestir à l'histrionne pour représenter un faux brave, lui qui était un véritable vaillant capable de prouesses et de coups de main héroïques; ... T. Gautier, Le Capitaine Fracasse,1863, p. 178.
PRONONC. : [baʀde], (je) barde [baʀd].
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. 1493 « couvrir (un homme) d'une armure » (Comm., I, ii dans Gdf. Compl. : Il y avoit quinze cens hommes d'armes bien montez et la plupart bardez), attest. isolée; repris dans Besch.; 1493 « id. (cheval) » (Id., ibid.); av. 1787 « couvrir à profusion » (B. de St.-P., Et., III, 206 dans Gohin, p. 376 : pagnes bardés de rouge et de bleu); 2. 1680 art culin. (Rich.). Dér. de barde2*; dés. -er.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 8.

BARDER2, verbe trans.

I.− Emploi trans. Charger sur un bard. Barder des pierres, du bois, du fumier (Ac. 1835-1932).
II.− Emploi intrans., arg. Être plein; être lourd à force d'être plein. Une poche barde quand elle est pleine (d'objets) (Det.1846dans Esn. 1966).
Emploi pronom., arg. Se barder de qqc. (cf. se charger de qqc.). ,,Porter, se coltiner quelque chose`` (Esn. 1966). Se barder des cocos (Nouméa 1910 dans Esn. 1966).
PRONONC. : [baʀde].
ÉTYMOL. ET HIST. − V. barder3.

BARDER3, verbe intrans.

A.− Pop. [En parlant du travail] Ça barde. Cela devient très pénible :
1. ... le dur service avait repris, le bon temps était fini, cela bardait comme au bagne et les nouveaux officiers nous faisaient baver pour avoir les hommes bien en main. Cendrars, L'Homme foudroyé,1945, p. 18.
Au fig. [En parlant d'une dispute trop vive, etc.] :
2. C'est elle qui excitait c'vieux nœud contre nous : sans elle, il était plus bête que méchant, mais du coup qu'elle était là, i' d'venait plus méchant qu'bête. Alors, tu parles si ça bardait... Barbusse, Le Feu,1916, p. 262.
[Avec une idée d'appréhension ou de menace] Ça va barder :
3. Fuzet, lui, est coffré : on l'accuse d'être l'auteur des mains sanglantes, tu sais, l'affiche contre l'État-Major... Ça va barder, faut s'y attendre, mes petits. R. Martin du Gard, Les Thibault,L'Été 1914, 1936, p. 545.
B.− Arg. des casernes. Faire un travail pénible, trimer. Nous allons barder; il va nous faire barder (Sold. ds Esn.1966).
Région. Aller vite (cf. étymol.).
Rem. On rencontre dans la docum. la loc. adv. à toute barde (où barder est sans doute un subst. déverbal) : à toute vitesse, à toute allure :
4. ... Et cette recharge demande l'arrivée des gaigousses, apportées à toute barde par les mousses dans leur seau de cuir... J. de La Varende, Jean Bart pour de vrai,1957, p. 121.
ÉTYMOL. ET HIST. − A.− 1751 « charger » (Encyclop. t. 2 : Barder, c'est [...] l'action de charger une pierre sur un chariot, sur un bar [...] pour la mener du chantier au pié du tas). B.− 1846 « être lourd » arg. dans Esn., supra barder2II; 1901 arg. (Rossignol, Dict. d'arg., arg.-fr. et fr.-arg., p. 11 : C'est probablement de barda [= havresac du troupier que vient le mot barder...] Barder, être lourd. − « J'ai coltiné toute la journée des colis qui bardaient »). C.− 1889 arg. mil. « travailler dur » dans Esn. supra barder3B; d'où 1894 « devenir pénible » (Sold. dans Esn. : ça barde pour ton matricule). D. 1908 dial. ang. mar. (Verr.-On., p. 74 : Barder [...] Drosser, affaler [...] Le vent les a bardés contre la pile du pont); 1920 arg. parisien (Sain. Lang. par., p. 169 : Barder [...] Courir vite − du cheval −, aller de côté et d'autre − d'une voiture rapide); 1925 (G. Collinet, Recueil des régionalismes de la haute montagne : Barder. Une voiture barde lorsque les roues glissent de côté sans tourner. La voiture barde lorsqu'elle est trop chargée). A est dér. de bard*; dés. -er. D paraît dér. d'un type *barrum « boue » bien représenté en prov. dep. ca 1190 (v. Levy; Mistral et FEW t. 1, p. 263) le sens originel étant alors « glisser (comme dans la boue) »; cf. embardée. B et C se rattachent soit à A (« charger », « être lourd », « peiner ») soit à D (« patiner », « peiner », « être lourd »); mais il est possible que A et D aient déjà été confondus au xixes. comme le reflète l'ex. de 1925 cité sous D.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 18.

Wiktionnaire

Verbe

barder \baʁ.de\ transitif 1er groupe, défectif (voir la conjugaison)

  1. (Cuisine) Entourer d’une barde de lard pour empêcher le dessèchement à la cuisson.
    • On doit les vuider, les barder, faire une farce avec les foies, lard, fines herbes, […], on en farcit le corps des oisons ; on les met à la broche. — (L’agronome ou dictionnaire portatif du cultivateur, Rouen, 1787)
    • Pendant huit semaines, à raison de 35 heures ­hebdomadaires, elles apprennent à ­barder des rôtis, cuire le thon en tataki, réaliser de parfaites ravioles… — (Anne-Laure Pineau, Reconversion : redémarrer derrière les fourneaux, Le Monde. Mis en ligne le 15 février 2019)
  2. (Construction) Poser des bardeaux, du bardage.
  3. (Vieilli) Enfermer ou serrer comme dans une armure.
  4. (Vieilli) Charger sur un bard.
    • Barder du bois, du fumier, des briques.
  5. (Par extension) Charger quelqu’un de cadeaux, d’attentions, etc. Note : La forme passive est très usitée dans ce sens.
    • Pour le premier rendez-vous, elle s’est carrée dans son fauteuil, encadrée par deux collaboratrices, comme le font certains grands patrons qui débarquent en interview bardés d’avocats. — (Raphaëlle Bacqué, Sibeth Ndiaye, langue de bois et paroles cash au service du macronisme, Le Monde. Mis en ligne le 7 juin 2019)
    • Elle est bardée de diplômes mais elle ne trouve pas d’emploi.
  6. (Intransitif) (Familier) Y aller fort, se dérouler de façon terrible.
    • Demain dans le bureau du directeur, ça va barder ! Ça va barder pour ton matricule !

Verbe

barder masculin

  1. Paver.
    • De barder et paver la place qui… (1427)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

BARDER. v. tr.
Charger sur un bard. Barder du bois, du fumier. Barder des briques.

Littré (1872-1877)

BARDER (bar-dé) v. a.
  • Charger sur un bard. Barder des pierres, en charger un petit chariot dans les chantiers.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

BARDER, verb. act. c’est, parmi les cuisiniers, couvrir une piece de viande d’une bande de lard coupée fort mince, pour ralentir l’action du feu sur cette piece, qui se secheroit trop sans cette précaution, ou même brûleroit, & pour en relever le goût.

Barder, c’est, en Architecture, l’action de charger une pierre sur un chariot, sur un bar (Voyez Bar & Chariot) pour la mener du chantier au pié du tas. (P)

Barder un cheval (Manege.) c’est lui mettre une barde. Voyez Barde. Dans les carrousels, on voit des chevaux bardés & caparaçonnés. V. Carrousels. (V)

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « barder »

Dérivé soit de bard (« civière, chariot ») avec la terminaison en -er des verbes du premier groupe, soit de l’arabe بردعة, barda (« bât, selle »). → voir bardot, barde et barda
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Le TLFi[1] à bardeau, souligne que : « Les représentants de *bard dans le domaine gallo-roman ne révèlent jamais le sens « planche de bois », mais régulièrement celui de « boue, dalle à paver », et sont principalement issus du domaine occitan […] ; ils semblent sans rapport avec bardeau. » Le verbe serait alors issu du latin vulgaire *bardum, d’origine gauloise.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « barder »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
barder barde

Évolution historique de l’usage du mot « barder »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « barder »

  • Ça va barder!, crie le cuisinier lorsqu’il s’apprête à entourer d’une très fine tranche de lard une viande ou une volaille pour éviter que la cuisson ne les dessèche. Metro, 24 termes culinaires pour tout comprendre en ouvrant la carte d'un restaurant | Metro

Traductions du mot « barder »

Langue Traduction
Anglais be hell to pay
Espagnol armar la gorda
Italien faccio pagare
Allemand gibt ärger
Portugais levar
Source : Google Translate API

Synonymes de « barder »

Source : synonymes de barder sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « barder »

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