Abouler : définition de abouler


Abouler : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

ABOULER, verbe trans.

A.− Emploi trans., pop. [L'obj. est un n. désignant une somme d'argent comptant; le verbe est souvent à l'impér. ou inséré dans une proposition hypothétique ou négative] Donner, apporter sans retard et quoi qu'il en coûte, payer :
1. On dit que tu as poissé nos philippes (filouté nos pièces d'or), reprit le Biffon d'un air menaçant. − Tu vas nous abouler du carle (tu vas nous donner de l'argent) demanda Fil-De-Soie. H. de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes,1848, p. 541.
2. Alors, vous comprenez, quand il m'a ordonné de vous faire la cour, j'ai bien été obligé d'obéir... Sans cela, il aurait refusé d'abouler... non... non... de me faire payer ma pension. H. Meilhac, L. Halévy, La Cigale,1877, II, 5, p. 72.
3. Si la maison Charpentier ne me paie pas immédiatement ce qu'elle me doit et ne m'aboule pas une forte somme pour la féerie, Bouvard et Pécuchet iront ailleurs. G. Flaubert, Correspondance,1880, p. 35.
4. Compris. Aboulez la galette, dit Dagobert. Le révérend père posa sur la table un sac que lui avait remis, les larmes aux yeux, le distillateur des conils. − Topez là, firent les trois compagnons. Ainsi fut scellé ce pacte solennel. A. France, L'Île des pingouins,1908, p. 234.
S'abouler.[Suivi d'un compl. d'obj. désignant un denrée comestible] Rare :
5. Je vais faire ma copie pour le père Magnier, puis je vais m'abouler deux ou trois tasses de thé par le bec. G. Flaubert, Correspondance,1838, p. 34.
Rem. 1. Dans l'ex. de G. Flaubert s'abouler semble transposer le fam. se payer, croisé avec s'envoyer, également fam. 2. On rencontre également abouler avec d'autres termes : chez H. de Balzac (1835) ,,quant aux biscuits, aboulez``.
B.− Emploi intrans., pop. Arriver rapidement :
6. Cependant, on n'attendait plus que Mes-Bottes, qui n'avait pas encore paru. − Ah! zut! cria Coupeau, mettons-nous à table. Vous allez le voir abouler; il a le nez creux, il sent la boustifaille de loin... É. Zola, L'Assommoir,1877, p. 451.
7. « ... Et pardieu! quel est donc ce saumâtre gallipoteux? Monsieur, qui êtes seul et qui attendez quelqu'un, aboulezz au pas gymn! Respectueusement, j'aboulai, c'est-à-dire j'approchai... » (Virenque, Album d'un Saint-Cyrien). E. Titeux, Saint-Cyr,1898, p. 532.
8. − Chut!... Aboule par ici! L'autre l'emmena dans l'arrière-boutique. R. Benjamin, Gaspard,1915, p. 124.
Rem. Abouler s'emploie souvent à l'impér. : aboule, aboulez. La prononc. aboulezz (ex. 7) est propre à l'arg. de Saint-Cyr; on rencontre également l'expr. ,,aboulez monsieur qu'êtes 3, 4, 5, etc...`` comme apostrophe d'un ancien à un groupe de nouveaux. (P. Eudel, L'Argot de Saint-Cyr. 1893).
C.− Emploi pronom. S'abouler.[Le suj. est toujours un animé] Arriver rapidement :
9. « Et l'pitaine fait un rapport au commandant. Mais v'là que l'commandant, furieux, i' s'aboule, en s'couant le rapport dans sa patte : « de quoi, qu'i' dit, où elle est c'te soupe qui fait cette révolte, que j'y goûte? » On y en apporte dans une gamelle propre. I' r'nifle. « Ben quoi, qu'i dit, ça sent bon! On vous en foutra, d'la soupe riche comme ça!... » H. Barbusse, Le Feu,1916, p. 263.
10. Ah! nom de dieu de nom de dieu! On n'a pas idée d'être déveinards à ce point-là! Des gars vernis, ce sont ceux de la compagnie Ménétrier qui s'aboulaient, leur barda sur le dos et traînant les godasses. J. Romains, Les Hommes de bonne volonté,Verdun, 1938, p. 36.
Rem. Le verbe simple intrans. est représenté par plus d'ex. au xixes. S'abouler est plus récent et tend à l'emporter actuellement. Dub. 1966 et Pt Rob. 1967 ne notent que s'abouler au sens de « arriver », « venir ».
Prononc. − 1. Forme phon. : [abule]. Enq. : /abul/. Conjug. parler. 2. Dér. et composés : aboulage, aboulement, Cf. bouler.
Étymol. ET HIST. − 1. 1790 terme d'arg., trans. « apporter, donner vivement (qqc.) » (Le Rat du Châtelet, livret anonyme, p. 14-15) : aboulez une rouillarde d'eau-daffe [bouteille d'eau de vie]; 1790 id., trans. « mener (qqn) » (ibid., p. 17 : Mais comme la marque crossait [la femme récriminait] indignement, il m'a fait abouler ici); 2. 1790 id., intrans. « venir » (ibid., p. 17 : Les mistringues [agents de police] aboulent, on me trimbale chez le cardeuil [commissaire de police]); 3. 1836 « accoucher », Vidocq, Les Voleurs, d'apr. Esn. 1965. Abouler aux sens 1 et 2 est dér. de bouler : préf. a-1*. Abouler très largement attesté dans les dial. au sens de « rouler », voir FEW, I, s.v. bulla, p. 612; cf. m. fr. aboulir « se précipiter (d'une pers.) », Fossetier ds Gdf. Abouler au sens 3 serait un croisement de (s')ébouler « accoucher » (dial. d'apr. FEW, I, s.v. botellus, 464b) lui-même dér. de l'a. fr. boele « entrailles », du lat. botellus (boyau*), avec abouler des sens 1 et 2 « apporter » et « venir ».
STAT. − Fréq. abs. litt. : 18.

Abouler : définition du Wiktionnaire

Verbe

abouler \a.bu.le\ 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : s’abouler)

  1. (Transitif) (Argot) Donner, remettre, payer.
    • C’est étonnant, monsieur Rodolphe, comme depuis que je vous connais il m’aboule des choses qui ont l’air de se manigancer là-haut ! — (Eugène Sue, Les Mystères de Paris, 1843)
    • Aboule ta main, pour m’aider à me lever. Hop ! Voilà, merci ! — (Pierre Benoit, Monsieur de la Ferté, Albin Michel, 1934, Cercle du Bibliophile, page 339)
    • Vos petits gâteaux sont trop grands, dit Vautrin, ils ont de la barbe. Mais quant aux biscuits, aboulez ! — (Honoré de Balzac, Le Père Goriot, Calmann-Lévy, 1910, page 216)
    • Ainsi seront-ils nombreux à tenter ce pari jugé risqué : demander au spectateur gâté par un été de spectacles gratuits d’abouler l’automne venu un prix d’entrée. — (Sylvain Cormier, Le Devoir, 29 août 2004)
  2. (Intransitif) (Argot) Arriver ou survenir avec une certaine soudaineté, débouler, débarquer.
    • Là!... maintenant, M. Poupardin et sa fille peuvent abouler quand bon leur semblera. — (Eugène Labiche et Auguste Lefranc, Deux papas très bien ou la Grammaire de Chicard, 1844, scène 2)
  3. (Intransitif) (Canada) (Familier) (Vieilli) Venir, aboutir, en finir.
  4. (Pronominal) (Argot) Arriver, survenir avec une certaine soudaineté.
    • Un goupil un peu morne, par la puanteur rappliqué, s’aboule et lui tint à peu près ce baratin.
    • Je promenais mon ventre, lorsque tout à coup, j’vois mam’zelle Hélène, sauf votre respect, qui s’aboule avec cette machine. — (Pierre Souvestre et Marcel Allain, Fantômas, La Guêpe rouge, 1912, Éditions Robert Laffont, Bouquins, tome 5, page 613)

Verbe

abouler \Prononciation ?\ 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Montjean-sur-Loire) Donner, remettre, verser.
  2. Arriver en groupe, affluer.
  3. Amener, abattre, jeter en roulant.
  4. (Pêche) Battre avec un bouloir les herbes au bord de l’eau pour en faire sortir le poisson.
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Abouler : définition du Littré (1872-1877)

ABOULER (a-bou-lé) v. n.

Terme populaire.

  • 1Payer, s'acquitter d'une dette, non sans regret. Il faut abouler.
  • 2Venir, entrer. Ils peuvent abouler quand ils voudront.
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Étymologie de « abouler »

Étymologie de abouler - Littré

À, et un verbe fictif bouler, rouler comme une boule.

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Étymologie de abouler - Wiktionnaire

(1790) Dérivé de à et de bouler (« rouler »). Le vieux français avait aboulir (« se précipiter »). Ou de l'occitan abolar (« donner, apporter »)[1].
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Phonétique du mot « abouler »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
abouler abule play_arrow

Conjugaison du verbe « abouler »

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Évolution historique de l’usage du mot « abouler »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « abouler »

  • Le Banquet des Sorciers, qui aura lieu au Manège militaire, lancera les festivités. Ce souper spectacle gastronomique de trois heures ne sera cependant pas à la portée de tous les sorciers puisqu’il faudra abouler 298,94 $ par tête de pipe pour y assister et que l’histoire ne dit pas si l’organisation accepte aussi les noises, les mornilles et les gallions...  Le Soleil, Québec aura un Festival de sorcellerie | La Capitale | Actualités | Le Soleil - Québec
  • Cette Force-2019 est en passe de prendre l’allure d’un gigantesque « Mastata Fi sabililahi » national ! Au début, on avait dit que le Chef s’était fait fort de débloquer 1000 milliards de francs pour faire face aux conséquences sanitaires et économiques du redoutable coronavirus (qui, soit dit en passant, n’a encore fait aucun mort au Sénégal, c’est dire à quel point il est dangereux pour les Nègres que nous sommes mais passons…). Puis, on a vu des télévisions organiser des « téléthons » pour recueillir des contributions « volontaires ». Il paraît qu’au vu de la maigreur de la collecte, le Chef aurait piqué une colère…marron-beige et menacé de ses foudres ces radins d’hommes d’affaires nationaux. Lesquels pourtant sont en passe d’être étranglés financièrement par son régime. Qu’à cela ne tienne, dès qu’il les a menacés de ses foudres, du moins selon des confrères, alors les données du problème ont changé. A partir de ce moment-là, il ne s’agissait plus de contributions « volontaires » mais bel et bien d’un racket — c’est en tout cas comme ça qu’en privé certains d’entre eux considèrent les choses. Désormais c’est, pour ces entreprises gagnant du pognon au Sénégal, la bourse ou la vie ! Pistolet sur la tempe, elles sont tenues d’abouler le pognon. D’où cette avalanche de contributions « volontaires » complaisamment relayées par la presse. Entreprises du privé national, filiales de multinationales, banques surliquides c’est-à-dire croulant sous l’oseille, hommes d’affaires surendettés auprès de ces mêmes banques mais tenus de donner pour faire illusion…tout le monde est tenu de passer à la caisse. On ne sait si c’est Al Capone avec « la bourse ou la vie » ou Kagne (dont la forêt située près de Thiès porte le nom) et son « adou kalpé »mais le résultat est là : quand l’Etat fauché a besoin d’argent pour mener sa croisade contre un ennemi pour le moment largement imaginaire, eh bien il braque les possédants ! Ce même si, dans le même temps, il tend aussi la sébile aux institutions internationales et autres partenaires, pour leur dire : « Fi Sabililahi Nguir Yallah ! » SenePlus, L'OEIL DU TEMOIN DE CE MARDI | SenePlus
  • Givry 1er Cru Clos Salomon 2016, Ludovic du Gardin, Côte chalonnaise, Bourgogne, France (51,25 $ — 12212123) : J’ai toujours pensé que, quelle que soit la réputation ou la qualité intrinsèque d’un vin, il était inutile d’abouler plus de 50 $ pour une bouteille. Même pour un romanée-conti. Hélas, la rareté étant trop souvent le corollaire de l’offre et de la demande, les prix s’emballent et n’ont plus aucun rapport avec la réalité du terrain. En ce sens, ce givry est une affaire. Une délicieuse affaire, qui plus est. Une cuvée déjà émancipée, multipiste et complexe, offrant une bouche de belle densité tout en préservant une élégance, une finesse, une profondeur dignes des grands terroirs. Faites-vous plaisir pendant qu’il en reste ! (10 +) ★★★★ © Moyenne du groupe : ★★★★ Le Devoir, Vin: mort aux pesticides! | Le Devoir

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Traductions du mot « abouler »

Langue Traduction
Italien mostrami
Anglais hand
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Synonymes de « abouler »

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