La langue française

Aboucher

Définitions du mot « aboucher »

Trésor de la Langue Française informatisé

ABOUCHER, verbe trans.

I.− Forme active. [Le suj. ou l'agent est toujours un animé ou une part. d'animé par nature ou par personnification (cf. ex. 4)]
A.− Aboucher qqn ou qqc.
1. [Le compl. d'obj. dir. est un animé ou une entité qui concerne un animé] Mettre en rapport, en communication verbale, étroite, directe, comme bouche contre bouche :
1. ... prenez tout de suite rendez-vous avec lui; je m'en vais vous aboucher sur-le-champ. P. Mérimée, Chronique du temps de Charles IX,1829, p. 92.
2. Il ne s'agissait plus que de trouver un trait d'union convenable pour aboucher ces deux fantaisies qui venaient de se réveiller si vivaces. Tout en marchant, Musette regardait Marcel, et Marcel regardait Musette. H. Murger, Scènes de la vie de Bohème,1851, p. 177.
2. [Le compl. d'obj. dir. est un inanimé] Mettre en communication étroite, comme bouche contre bouche :
3. Le jeune homme s'écarta brusquement de cette grotte à clochards pour regagner les lumières, dépassant le grand magasin citrons-primeurs, pour gagner le carrefour qui abouche la rue des halles, la rue du Pont-Neuf et la rue Berger. L. Aragon, Les Beaux quartiers,1936, p. 320.
Rem. Abouche dans l'ex. 3 fonctionne comme l'anton. de débouche, le 1erva du plus large au plus étroit, le 2edu plus étroit au plus large.
MÉDECINE :
4. On abouche les lèvres vésicales et cutanées de l'incision... Hudelo ds(F. Widal, P.-J. Teissier, G.-H. Roger, Nouveau traité de médecine,1920-24, fasc. 1, p. 526).
3. Dial. [L'obj. désigne une pers.] Coucher bouche contre terre :
5. Quand vous retirez de l'eau un noyé, ne l'abouchez pas. J. Humbert, Nouveau glossaire genevois,1852, p. 3.
[L'obj. désigne un vase] :
6. V. a. Mettre sur la bouche, mettre sur l'ouverture, mettre à bouchon, tourner en sens contraire. Aboucher un pot, aboucher une seille pour l'égoutter. J. Humbert, Nouveau glossaire genevois,1852, p. 3.
B.− Aboucher qqn ou qqc. avec.[Le compl. est un animé ou une partie d'animé] Mettre en rapport, en communication verbale étroite avec :
7. Gavard, à partir de ce jour, fut persuadé qu'il faisait partie d'une société secrète et qu'il conspirait. Le cercle ne s'étendit pas, mais Logre promit de l'aboucher avec d'autres réunions qu'il connaissait. É. Zola, Le Ventre de Paris,1873, p. 746.
MÉDECINE :
8. Ortègue aussi, je l'aurais opéré. Je vous l'ai dit souvent, et j'avais raison. Je lui aurais abouché sa vésicule biliaire avec une anse intestinale. P. Bourget, Le Sens de la mort,1915, p. 295.
C.− Aboucher qqn ou qqc. à.Mettre en communication, faire adhérer étroitement.
Par la bouche :
9. Les enfants en travers sur elle étaient couchés, Leurs visages charmants à son corps abouchés : On eût dit, à la fin d'une longue journée, Aux cris de ses enfants la mère retournée, En leur donnant le sein surprise de sommeil, Et dormant avec eux seule et nue au soleil! A. de Lamartine, La Chute d'un ange,1838, p. 1077.
Au fig. :
10. Et dans une suprême exhalation, l'esprit d'adoption abouche au père toute l'humanité et toute la création. Nos noms, en tant que chrétiens, sont désormais inclus dans le sien. Sois ressouvenant, seigneur, dit le psaume LXXXVIII, 51, de cet opprobre que j'ai contenu dans mon sein, que j'ai comme absorbé en moi, de peuples innombrables. P. Claudel, Un poète regarde la croix,1938, p. 168.
II.− Forme pronom.
A.− S'aboucher avec qqn ou qqc.Se mettre ou être en rapport, en communication étroite avec.
1. MÉD. [Le suj. et le compl. désignent des inanimés ou des parties d'animés] :
11. ... pour peu que les circonstances favorisent leur coalition [des viscères] réciproque, bientôt les nerfs et les vaisseaux des derniers s'étendent et s'abouchent avec des nerfs et des vaisseaux correspondants, dont l'œil peut suivre la formation accidentelle dans cette espèce d'enduit organisé dont ils sont recouverts. P. Cabanis, Rapports du physique et du moral de l'homme, t. 2, 1808, p. 327.
2. Stylistiquement neutre et plus gén. [Le suj. et le compl. désignent des animés] Entrer en communication verbale, notamment pour traiter une affaire :
12. On manquait de tissus là-bas, tout était confisqué pour l'armée. Et des débrouillards, profitant de ce qu'ils faisaient la guerre en France occupée, s'abouchaient avec certains trafiquants et expédiaient tout ce qu'ils trouvaient pour le compte des grands magasins allemands. A. Van der Meersch, L'Invasion 14,1935, p. 149.
13. Il s'aboucha avec un fabricant local, qui accepta de sous-traiter pour les dix-sept mille paires, en laissant à Haverkamp un bénéfice de 1 fr. 75 par paire. J. Romains, Les Hommes de bonne volonté,Verdun, 1938, p. 168.
Rem. Il est dans la nature même du verbe de s'entourer d'un cont. péj. Cette prédisposition est évidente dans les ex. 12, 13, 15.
B.− S'aboucher à qqc.[Le suj. et le compl. sont des inanimés] Être en communication étroite avec qqc. par son orifice :
14. Je suis monté jusque-là, plus haut, jusqu'au point où la conduite s'abouche au lac, à 15 mètres au-dessous. Il y a là un val délicieux, comme une conque. J. de Pesquidoux, Le Livre de raison,t. 1, 1925, p. 189.
C.− Emploi absolu, rare. S'aboucher.Se mettre en communication avec des gens :
15. Il est le visiteur oblique et louche Qui, de ferme en ferme, s'abouche, Quand la détresse et la ruine Ronflent en tempêtes sur les chaumines. É. Verhaeren, Les Campagnes hallucinées,1893, p. 24.
Emplois techn. [Le suj. est un animé ou une part. d'animé] Être en contact étroit.
ANATOMIE :
16. Enfin, les parties complètement organisées, mises en contact, sans qu'un épiderme épais, ou des humeurs aqueuses empêchent leur réunion, se collent, comme les arbres dans la greffe en approche : leurs nerfs et leurs vaisseaux respectifs s'abouchant et s'allongeant de l'une à l'autre, y pénètrent par une vive impulsion; de sorte qu'elles ne forment plus qu'une seule partie, vivent d'une vie commune; ... P. Cabanis, Rapports du physique et du moral de l'homme, t. 2, 1808, p. 327.
ZOOLOGIE :
17. ... les deux individus s'accolent de manière que les deux coquilles s'abouchent étroitement ... E. Perrier, Traité de zoologie,t. 2, 1893, p. 420.
Dial. [Le suj. est un animé] Se reposer, la bouche sur le lit ou la litière :
18. V. pron. Se dit des personnes et de certains animaux. Un tel ne dort jamais sur le dos : il s'abouche. Quand vous retirez de l'eau un noyé, ne l'abouchez pas. En parlant d'un cheval, s'aboucher signifie : Tomber sur les genoux. J. Humbert, Nouveau glossaire genevois,1852, p. 3.
Stylistique − Le statut du verbe aboucher s'est modifié au cours de la période. Cour. au xixes., (H. Murger l'emploie en 1851 dans Scènes de la vie de Bohème, ex. 2; A. de Lamartine en 1838 dans La Chute d'un ange, ex. 9), il n'est utilisé actuellement que dans un cont. ou bien très litt. (chez L. Aragon, ex. 3; P. Claudel, ex. 10), ou techn. (ex. 4, 8, 11, anat.). Dans les ex. qui ne sont ni litt., ni techn. aboucher est péj. (ex. 7, 12, 13, 14).
Prononc. − 1. Forme phon. : [abuʃe], j'abouche [ʒabuʃ]. Enq. : /abuʃ/. Conjug. parler. 2. Dér. et composés : abouchement, aboucheur, abouchon. Cf. boucher.
Étymol. − 1. a) D'animés, xiiies. [date ms. 1 ds éd. Koenig.] « se prosterner bouche contre terre » (G. de Coincy, Mir. N. D., B. N. 818, fo43c ds Gdf. : A mie nuit i est allez A aorer s'est abochez); b) apr. 1225 « se rencontrer, entrer en contact (pour le combat) » (Tristan menestrel, extr. de la Continuat. de Perceval par Gerbert ds Romania XXXV, 827 ds T.-L. : Abouchiés sont d'anbes deus pars); ca 1587 réfl. « venir en conférence » [d'apr. Littré] (Lanoue, Discours polit. et milit., 557 ds Littré : Que trente chevaux legers de part et d'autre, six heures devant que s'aboucher descouvriroient la campagne); 2emoitié xvie-début xviies. « adresser la parole à qqn » (E. Pasquier, Œuvres, éd. 1723, Recherches, V, 8 ds Hug. : un bon religieux nommé Colombain ... le vint aboucher et lui remontra rudement ...); xviies. « mettre en relation (2 pers.) » (Racine, Lettres, 62 ds DG : il m'a aussi abouché avec M. d'Espagne); 2. a) d'un inanimé, fin xives. « déboucher, aboutir par l'ouverture », intrans. (Froissart, Chron., XI, 218, éd. Kervyn ds Gdf. : Ne savés vous point ou elle [soubsterrine] abouche ne ou elle wide?); 1616-1620 « reposer sur la bouche » (D'Aubigné, Hist., I, 157 ds Littré : Les canons abouchés en terre); b) d'un animé 1544 « arriver, aboutir à » intrans. (M. Scève, Délie, éd. Parturier, 28 ds Hug. : ... ce grand pape abouchant à Marseille). Dér. de bouche* : 1, de bouche 1; 2, de bouche 2; préf. a-*. HIST. − L'étymon lat. bŭcca pris au propre (bouche, partie du corps hum.) ou au fig. (bouche, « ouverture quelconque ») se retrouve dans tous les sens du verbe. Le préf. a- < ad lat. suggère, en plus, une idée de mouvement accompagnée d'une idée de jonction (rapprocher de façon à joindre). D'où les accept. citées inf. I et II. Un grand nombre d'accept. ne survivent pas au-delà du xvies. Dès lors on ne trouve plus que 2 grands sens : « faire communiquer de bouche à bouche » (de bouche, « ouverture ») concernant les inanimés et « mettre en relation 2 personnes », verbe trans. ou « s'entretenir avec qqn » verbe pronom. (de bouche, « partie du corps hum. ») concernant les animés. Ce dernier sens prend dans la lang. contemp. une valeur péj. (cf. sém.). I.− Disparitions av. 1789. − A.− « Approcher la bouche, abaisser le visage, se pencher en avant, tomber », réfl., 1reattest. xiiies. (cf. étymol. 1 a), subsiste jusqu'au début du xviies. : Des cerfs... longuement pourchassés et malmenés ... s'abouchans a une claire et fraische fontaine tirent a eux la fraischeur de ses belles eaux. St François de Sales, Amour de Dieu, [1616], V, 1 (Hug.) B.− « Se rencontrer pour le combat », réfl., 1 attest. isolée xiiies., cf. étymol. 1 b. C.− « Presser avec la bouche », 1 attest. isolée, xviies. : ... Bien que vous n'ayez, comme vostre germaine, Abouché mon tetin, je vous ay toutes fois Pendue a mon colet et mille et mille fois. Schelandre, Tyr et Sidon, [1608], 2ejourn., I, 3 (Gdf.) D.− Aboucher qqn « adresser la parole à, avoir des pourparlers avec qqn », 1reattest. xvies. (cf. étymol. 1, c) ne subsiste que jusqu'au xviiies. : On ne peut aboucher cet homme-là, tant il a d'affaires. Trév. 1752. E.− « Déboucher, aboutir », 1 attest. isolée fin xives., cf. étymol. 2 a. Repris au xxes. par souci de style (cf. ex. 5). F.− « Arriver », 1 attest. isolée xvies., cf. étymol. 2 b. II.− Hist. des sens et accept. attestés apr. 1789. − A.− « Faire communiquer de bouche à bouche », attesté ds Gdf. sans ex. Ce sens est repris au xviiies., dans le vocab. techn. : 1. Méd., 1reattest. 1680, sous la forme pronom., subsiste (cf. ex. 5, 8, 11 et 17) : Le mot se dit en terme d'anatomie, et il veut dire se rencontrer, et s'unir. [Les rameaux de la grande artere s'abouchent avec ceux de la veine cave]. Rich. 1680. 2. Arts et métiers, 1reattest. 1690, subsiste (cf. sém.) : aboucher, se dit aussi dans les Arts, des Tuyaux qui entrent l'un dans l'autre, qui se touchent, qui se communiquent. Fur. 1690. B.− « S'entretenir, conférer avec », 1reattest. xvies. (cf. étymol. 1 c), subsiste, mais devient péj. au xxes. (cf. cém.). C.− « Mettre en relation 2 personnes », 1reattest. xviies., cf. étymol. 2 c in fine, mais semble peu empl. car, dit Fur. 1690 ,,on le dit plus volontiers avec le pronom personnel`` (cf. sup. II B). Il a disparu au xxes. D.− Régionalismes (accept. disparues de la lang. cour. mais ayant gardé leur vitalité dans des vocab. région.). 1. « reposer sur la bouche », attesté au xviies. (cf. étymol. 2 a in fine). 2. « se reposer sur la bouche », cf. ex. 17. 3. « se cambrer sous le poids de l'âge ou de la peur », cf. Verr.-On. 1908.
STAT. − Fréq. abs. litt. : 87.
BBG. − Barb.-Card. 1963. − Chesn. 1857. − Jossier 1881. − Nysten 1814-20.

Wiktionnaire

Verbe 1

aboucher \a.bu.ʃe\ 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : s’aboucher)

  1. (Transitif) (Vieilli) Arranger la rencontre entre deux ou plusieurs personnes afin qu’elles parlent ensemble.
    • Et comme, pour résoudre avec votre maîtresse
      Des biais qu’on doit prendre à terminer vos vœux,
      Je voulais en secret vous aboucher tous deux, [...]

      — (Molière, L’Étourdi ou les Contretemps, 1654, acte IV, scène 1)
    • Sidonie colportait, avec un sourire pâle, ces demandes et ces offres; elle faisait deux lieues pour aboucher les gens. — (Émile Zola, La curée, A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie, 1871, page 72)
  2. (Pronominal) Entrer en communication avec quelqu’un.
    • Il s’est abouché avec un client potentiel, s’aboucher avec quelqu’un, nous devons nous aboucher au premier jour.
    • Il s’aboucha même une fois avec une agence de renseignements pour savoir l’adresse, l’emploi du temps de l’inconnu qui ne le laisserait respirer que quand il serait parti en voyage, et dont il finit par apprendre que c’était un oncle d’Odette mort depuis vingt ans. — (Marcel Proust, Un amour de Swann, 1913, réédition Le Livre de Poche, page 142)
    • « Élaborons donc notre plan d’action : dès ma libération, je m’abouche avec le gardien-chef du sémaphore. Je suppose que vos dollars le convainquent. Il consent à envoyer le radiogramme. Je suppose encore que la princesse se rende à votre appel. » — (Maurice Dekobra, La Madone des sleepings, 1925, réédition Le Livre de Poche, page 186)
    • Il s'abouche avec la bande de Muriel Granner. — (Jean Ray, Harry Dickson, Les Yeux de la lune, 1934)
    • Les patriotes de droite refusaient de s'aboucher avec eux [les communistes] ; mais la gauche non communiste n'aurait pas répugné à un raprochement. — (Simone de Beauvoir, La force de l'âge, Gallimard, 1960, p. 647)
    • (Figuré)Il visita la Grande Galerie dont il détailla la splendeur, la parqueterie, les pilastres de marbre, les bronzes et les antiques qui paraissaient s’aboucher à travers les trois cent cinquante-sept miroirs. — (Laurent Dingli, Dans l’ombre des Lumières, Flammarion, 2010)
  3. (Pronominal) (Anatomie) Pour un tube, rejoindre à une extrémité ; communiquer en parlant de deux vaisseaux.
    • Ces deux conduits sortent du hile du foie, se réunissent pour former le canal hépatique, qui s’abouche bientôt au canal cystique pour constituer le canal cholédoque. — (Hilarion Denis Vigouroux, Traité complet de médecine pratique à l'usage des gens du monde, Letouzey et Ané, 1932, page 125)

Verbe 2

aboucher \a.bu.ʃe\ 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : s’aboucher)

  1. (Pronominal) (Rare) (Désuet) ou (Vieilli) (Rhône-Alpes) (Franche-Comté) Se coucher à plat ventre (la bouche vers le bas).
    • En parlant ainsi, Mme la Duchesse s’abouche sur une ottomane, en criant : — Punissez, monsieur, punissez une pécheresse. — (Claude-Henri de Fusée de Voisenon, Les exercices de dévotion de M. Henri Roch avec Mme la duchesse de Condor, 1786 (posthume), chapitre 2)
    • Elle s’était dégrobée de sa chaise en paille du plus vite qu’elle avait pu, avait serré ses volets et s’était abouchée à plat de lit, en tremblant comme une feuille. — (Andrea Camilleri, Privé de titre (traduit de l’italien), Fayard, 2007)
  2. (Pronominal) (Rare) (Désuet) ou (Vieilli) (Rhône-Alpes) (Franche-Comté) Tomber en avant, s’étaler (éventuellement en s’empilant).
    • Après avoir vu s’aboucher, comme des capucins de carte, quatre gouvernements les uns sur les autres, l’ancien ministre de Louis-Philippe devrait bien savoir qu’on ne gouverne pas avec des compliments et que l’eau bénite de Cour ne féconde rien. — (Jacques Barbien, Boniment, La Mascarade - journal politique, 14/04/1872, page 1)
  3. (Pronominal) (Rare) (Désuet) ou (Vieilli) (Rhône-Alpes) (Franche-Comté) Laisser sa tête reposer dans ses bras, assis au bord d’une table.
    • Et lors s’abouchant sur une table, se mit à sangloter comme s’il eût voulu mourir. — (Honoré d'Urfé, L’Astrée, 1607-1627, livre 7, partie 3)
    • Je m’abouche sur la table,
      La trou trou, la deri dera,
      Je m’abouche sur la table,
      Au lieu de parler je ris (bis).

      — (Chanson de mon village : La mort du mari, Paroles et musique recueillies par Eugène Muller, Musée des familles, 13/08/1896, page 526)
    • Le papa s’endort, abouché au coin de la table, la tête dans ses bras. — (Laurence Sémonin, La madeleine Proust, une vie, Pygmalion, 2013, chapitre 6)
  4. (Par extension) (Rare) (Désuet) ou (Vieilli) (Rhône-Alpes) (Franche-Comté) Retourner un objet creux (notamment un contenant, tel qu’un seau, un pot, un verre) en le faisant reposer sur son ouverture (sa « bouche »).
    • Une méthode mieux entendue est de prendre un panier vide, de l’aboucher sur une ruche pleine des mouches & de provisions, & de faire passer les mouches dans le panier vide. — (Philippe Macquer Dictionnaire portatif des arts et métiers, tome 1, Arkstée et Merkus (Amsterdam), 1767, page 278)
    • Garnissez l’intérieur de la couronne d’un moule à savarin avec de la pâte à marrons, abouchez le moule sur une abaisse de pâte sucrée, bien cuite. — (L. Dufour Le Savoisien (entremets), Le Journal des confiseurs-pâtissiers, chocolatiers, fabricants de biscuits, confitures, fruits confits, sirops, liqueurs, conserves, 15/08/1894, page 99)
    • Après cette étape, le lait pris est coulé en faisselle sur les tables dans la fromagerie. Au bout de quelques heures les fromages sont tournés et salés. Puis, ils sont abouchés sur des grilles en plastique et commence la première étape de l’affinage dans le haloir. — (Ferme des roches (Saint-Maurice-de-Gourdans), La fromagerie, fermedesroches.free.fr, consulté le 02/11/2018)

Verbe

aboucher \Prononciation ?\ 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Segré) Se courber sous le poids de l'âge ou de la peur.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ABOUCHER. v. tr.
Faire trouver deux ou plusieurs personnes dans un lieu, pour qu'elles confèrent ensemble. Il faut les aboucher. S'aboucher avec quelqu'un. Nous devons nous aboucher au premier jour. Il se dit, en termes d'Anatomie, de Deux vaisseaux qui communiquent.

Littré (1872-1877)

ABOUCHER (a-bou-ché) v. a.
  • 1Mettre face à face, en conférence. Je voulais en secret vous aboucher tous deux, Molière, l'Étourdi, IV, 1. L'on doit l'aboucher avec vous, Molière, l'Av. II, 1.

    S'ABOUCHER, v. réfl.

  • 2Conférer avec quelqu'un. Ils se sont abouchés, et sont convenus de la marche à suivre.
  • 3En anat. se dit de deux vaisseaux qui communiquent. Le canal thoracique s'abouche dans la veine sous-clavière.

HISTORIQUE

XVe s. Et savez où elle [une grotte, un conduit souterrain] vide, ni où elle abouche [débouche], dit messire Gautier, Froissart, II, III, 23.

XVIe s. Les refformés ne peurent faire autre chose que d'emplir et couvrir les canons, abouchés en terre, d'un grand amas de poudre et y mettre le feu, D'Aubigné, Hist. I, 157. Que trente chevaux legers de part et d'autre, six heures devant que s'aboucher [venir en conférence], descouvriroient la campagne, Lanoue, 557.

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Étymologie de « aboucher »

(Verbe 1) (XIIIe siècle) Composé de bouche avec le préfixe a- et la désinence -er, en ancien français: abocher, aboicher, aboucher, abouchier, dérivés du latin bucca (« bouche »). Les nombreuses acceptions d’aboucher ont disparu, pour la plupart, et celles qui ont subsisté sont désuètes ou recherchées (usage littéraire). Au XVIIe siècle, on ne trouvait plus que deux emplois principaux : « mettre bouche (ouverture) contre bouche », en parlant d’objets, et « (se) mettre en relation », en parlant de personnes.
(Verbe 2) (XIIIe siècle) Verbe partageant la même étymologie, mais avec un basculement sémantique ancien, dérivant du sens initial de « se prosterner la bouche contre terre » vers « être penché, la tête tournée vers le sol », « se coucher à plat ventre », « s’effondrer la tête en avant », etc. Disparu du français « standard » au XVIIIe siècle, ce verbe, soutenu par ses équivalents francoprovençaux (pays lyonnais : abochi), est resté vivace régionalement (Rhône-Alpes, Jura, avec un grand nombre de nuances et d’acceptions locales), bien qu’il puisse être considéré comme presque désuet aujourd’hui.
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À et bouche ; aboucher à Genève veut dire coucher sur la bouche, sur le ventre.

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Phonétique du mot « aboucher »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
aboucher abuʃe

Évolution historique de l’usage du mot « aboucher »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « aboucher »

  • C’est le cœur nucléaire de la médecine d’urgence. Et le bout de la chaîne. Au service «réanimation», tout se joue finalement en termes simples : la vie ou la mort. Quand un malade est admis ici, c’est la seule question qui se pose. On commence par l’intuber, par l’aboucher à un respirateur artificiel pour lui apporter l’oxygène que ses poumons lui refusent, les alvéoles paralysées, collées par le virus qui empêche toute transmission avec le sang. Quand on décide de le débrancher de la machine à respirer, c’est parce qu’il est sauvé. Ou mort. Huit personnes extubées récemment en réa : quatre guéris, quatre décédés. Libération.fr, En réa, le cauchemar à venir des «pertes illégitimes» - Libération
  • Malgré ce genre de choses irrecevables - et le livre en regorge - ce segment de 536 pages est le meilleur, même si la chasse aux Japs que pratiquent (au lance-flammes) les marines dans les collines d’Okinawa est assez insupportable. Il est suivi d’un passage assommant quand Jack, une fois démobilisé, se marie avec une chieuse folle du cul nommée Sharon, lui fait un enfant, ne trouve pas de travail et doit rempiler, cette fois dans l’US Army. On le retrouve affecté en Allemagne, où il lit beaucoup (Algren, Dreiser, Clausewitz, Waugh, Steinbeck) et s’abouche avec une bibliothécaire plus mûre que lui nommée Judy Wisdom («sagesse»). La subtilité n’est pas le fort de Thompson, qui donne aussi vraiment une nouvelle signification au mot s’aboucher. Par tous les trous. Cela dure jusqu’à ce que Jack se fasse expédier en Corée. Thompson nous donne sa version de la guerre de Corée, expliquant pourquoi les Américains se sont initialement fait enfoncer sur toutes les coutures. Il n’a pas lu Clausewitz pour rien. Le général MacArthur est un taré politicard, au mieux un bon administrateur, et c’est Walton Walker, ancien aide de Patton, qui était l’homme de la situation. Et ce n’est pas le fichu MacArthur qui périrait dans un accident de jeep au front. Bizarrement, la guerre de Jack Andersen sur le Yalu ne dure qu’une vingtaine de pages. Il est tellement obsédé du cul que pendant un bombardement intense sur ses lignes il ne peut s’empêcher de songer aux jolies petites Chinoises qui ont empaqueté les obus dans leurs caisses de six. Libération.fr, «Tattoo» : un pavé dans la mort - Culture / Next

Traductions du mot « aboucher »

Langue Traduction
Anglais anastomose
Italien conferire
Allemand stumpfschweissen
Source : Google Translate API

Synonymes de « aboucher »

Source : synonymes de aboucher sur lebonsynonyme.fr

Aboucher

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