La langue française

Abcès

Sommaire

  • Définitions du mot abcès
  • Étymologie de « abcès »
  • Phonétique de « abcès »
  • Évolution historique de l’usage du mot « abcès »
  • Citations contenant le mot « abcès »
  • Traductions du mot « abcès »
  • Synonymes de « abcès »

Définitions du mot abcès

Trésor de la Langue Française informatisé

ABCÈS, subst. masc.

A.− MÉD. lang. commune. Amas de pus dans une cavité naturelle ou accidentelle du corps :
1. Ma femme vient d'être souffrante : dent mal arrangée, périostite, adénite, abcès et commencement de phlegmon dangereux, avec ça quasi-impossibilité d'avaler, d'où faiblesse inquiétante, etc. A. Gide, P. Valéry, Correspondance,lettre de A. G. à P. V., mars 1897, p. 288.
2. ... j'ai depuis quinze jours, au médius de la main droite, deux panaris qui se refusent à guérir. Ce sont d'abord de presque invisibles poils de velours, que le roseau vous laisse au doigt. Ces dards soyeux, il faut se hâter de les extraire, sous peine de voir se former un petit abcès, qui grossit, suppure, devient mal blanc, panaris,... A. Gide, Le Retour du Tchad,1928, p. 911.
3. Les leucocytes (...) forment dans les régions infectées des abcès, du pus dont les ferments digèrent les microbes. Ces ferments possèdent aussi le pouvoir de dissoudre les tissus vivants. Ils ouvrent à l'abcès une route, soit vers la peau, soit vers un organe creux. Et le pus s'élimine ainsi du corps. A. Carrel, L'Homme, cet inconnu,1935, p. 251.
4. Goiran, très déçu. Ai défendu Wilson contre lui et les autres. Wilson : un praticien averti, qui sait où est le foyer d'infection, et qui vide l'abcès avant de commencer son pansement. A propos d'abcès, ce bon géant de Bardot explique fort bien que l'ypérite n'est qu'une cause occasionnelle de l'abcès. Lequel, en fait, relève d'une infection secondaire, déterminée par les microbes envahissant le parenchyme à la faveur des lésions congestives provoquées par le gaz. R. Martin du Gard, Les Thibault,Épilogue, 1940, p. 1001.
Rem. 1. Abcès est en relation avec pus, infection (ex. 3, 4); il est placé en série avec phlegmon (ex. 1), mal blanc (ex. 2), panaris (ex. 2). 2. Syntagmes rencontrés dans la docum. : l'abcès naît, se forme, est formé, grossit, suppure, s'écoule, diminue; élance le malade; avoir, attraper un abcès; provoquer un abcès; débrider, ouvrir, vider, crever un abcès; l'abcès éclate, s'ouvre, crève; abcès vivant, mort, chaud, froid; syntagmes notés par les dict. : poche d'un abcès, abcès du cerveau, du foie, du poumon; de fixation :
5. Rieux tenta un abcès de fixation. Sous la brûlure de la térébenthine, le concierge hurla : « Ah! les cochons! » A. Camus, La Peste,1947, p. 1231.
Rem. Cette expr. est empl. au fig. dans les mêmes conditions que l'emploi fig. mentionné sous B (on crée artificiellement une situation intolérable pour mettre rapidement fin à un état de chose indésirable).
B.− Au fig. :
6. Je me tourmente, je me gratte. Mon roman a du mal à se mettre en train. J'ai des abcès de style et la phrase me démange sans aboutir. G. Flaubert, Correspondance,1851, p. 326.
7. Et les fantômes se précisent mieux, maintenant qu'il dort. Les enlacements lubriques des branches, l'accouplement des essences diverses des bois, les crevasses qui se dilatent, les fourrés qui s'entr'ouvrent disparaissent; les pleurs des feuillages fouettés par la bise, se tarissent; les blancs abcès des nuées se résorbent dans le gris du ciel; et − dans un grand silence − ce sont les incubes et les succubes qui passent. J.-K. Huysmans, Là-bas,t. 2, 1891, p. 21.
Partic. [notamment dans l'expr. crever ou vider l'abcès] Situation (pol., administr., etc.) anormale, devenue intolérable et appelant une intervention rapide et énergique pour y mettre fin :
8. Cresteil (rire amer). − « Ah, oui, tout était beau, c'était du cristal! Et qu'en est-il résulté? Hein? Nous avons crevé l'abcès : nous comptions sur la guérison : et, maintenant, c'est la gangrène! » (...). − « En avons-nous assez vu!... La gabegie politique, les abus d'autorité, le mercantilisme partout! R. Martin du Gard, Jean Barois,1913, p. 465.
9. Le Père Aubry, sachant avec quelle force rejettent sur un sol religieux, les plus profonds instincts que semblaient avoir chassés les prières et l'eau bénite, aurait voulu vider l'abcès! y mettre le fer et le feu. C'était bien l'avis de l'évêque. Nulle transaction avec le diable, pas d'armistice avec l'Enfer! M. Barrès, La Colline inspirée,1913, p. 272.
10. ... le curetage de l'abcès vichyssois est loin d'être complet, il y aura des retours de purulence... M. Déat, L'Œuvre,12 févr. 1941.
11. Les abcès administratifs diffèrent des collections purulentes en ce qu'ils ne crèvent pas seuls. Ils ne s'ouvrent pas spontanément, pour l'excellente raison, qu'ils ne sont pas des abcès, mais des... « fromages ». O. Brien, L'Œuvre,9 mars 1941.
12. Puisque le malentendu est une méprise invétérée, le plus expédient est sans doute de ne pas laisser à l'ordre chronique du malentendu le temps de se former; il faut, pour cela, crever l'abcès tout de suite, tuer dans l'œuf la fausse situation. V. Jankélévitch, Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien,1957, p. 183.
Rem. Dans ces emplois, abcès fonctionne soit comme suj. (l'abcès se résorbe, ex. 6; l'abcès crève, l'abcès s'ouvre, ex. 10), soit comme obj. notamment avec le verbe crever (ex. 7, 11). Le mot associé peut être un subst. du vocab. méd. curetage de l'abcès (ex. 9). Le cont. est souvent pol., plus rarement psychol.
C.− Argot :
13. Abcès, s. m. Homme au visage boursouflé, au nez à bubelettes... On a dit cela de Mirabeau, et on le dit tous les jours... A. Delvau, Dict. de la langue verte,Argots parisiens comparés, 1866, p. 2.
Prononc. ET ORTH. − 1. Forme phon. : [ab̭sε]. On donne traditionnellement pour rég., par rapport à l'orth., la prononc. ouverte de la voyelle finale (cf. Rouss.-Lacl. 1927; Fouché Prononc. 1959; etc.). Toutefois, Rouss. et Lacl. signalent une prononc. avec « e moyen ». Enq. : /apse1/. 2. Dér. et composés : cf. abcéder. 3. Hist. − L'orth. étymol. abscès (lat. médiév. abscessus) se trouve en dernier lieu ds Trév. 1771 avec la mention « plus ordinairement abcès ». Abcès se trouve déjà ds Rich. 1680.
ÉTYMOL. − Corresp. rom. : esp. abscesco; cat. abscès; port. abcesso. 1537 « amas de pus dans une partie du corps », terme de méd. (Jehan Canappe, Trad. du Quatrième livre de Thérapeutique de Galien ds Fr. Mod., t. 18, p. 270 : abcès). Empr. au lat. abscessus (dep. Cicéron au sens de « éloignement » ds TLL s.v., 147, 25), terme méd. dep. Celse, qui l'emploie comme équiv. du gr. α ̓ π ο ́ σ τ η μ α, terme méd. « abcès » (Hippocrate, De Medicina, livre 2, chap. 1, p. 28 D ds TLL s.v., 147, 61 : tunc lippitudines, pusulae, profusio sanguinis, abscessus, quae α ̓ π ο σ τ η ́ μ α τ α Graeci nominant ... oriri solent). α ̓ π ο ́ σ τ η μ α proprement « éloignement » dér. de α ̓ φ ι ́ σ τ η μ ι « éloigner, écarter », et terme méd. « s'écarter, se désagréger, se dissoudre » : τ α ̀ α ̓ φ ε σ τ ε ω ̃ τ α « abcès formés » Galien, ds Bailly s.v. HIST. − Dès son apparition en fr. (xvies.), abcès, emprunté au lat., est en concurrence avec apostume (emprunté anciennement au gr. par l'intermédiaire du lat., cf. ds DG, xiiies., J. de Meung, Rose, 14561) et avec apostème, plus tardif (cf. ds DG, xvies., Rabelais, III, 40) et sav., alors que apostume est le terme cour. : Absces (...) Le peuple l'appelle aposthume. Trév. 1752. Apostume (...) les Médecins disent aposthème (...); on l'appelle autrement abcès, et ce mot est plus usité. Trév. 1752. A partir de Ac. 1878 abcès l'emporte sur apostume et apostème, qui deviennent archaïques et ne figurent plus que ds qq. dict. (Littré, Lar. 20e, Rob.). A.− Sens méd. (cf. sém. A), apparu en 1537 (cf. étymol.), subsiste : xvies. : Abscès et apostemes. Tagault, Instit. chirurg., [1544], 27 (DG). xviies. : Il y avait un abcès dans la poitrine qui s'est crevé. Mmede Sévigné, Lettres, 364 (Littré). xviiies. : Tumeur contre nature, qui tend à corruption. Amas d'humeurs, ou de sang, qui se forme dans une partie du corps. Trév., 1752. − Rem. Cf. Nysten 1814-20, s.v. : ,,(...) Ce nom ne convient proprement qu'à une collection de pus formée dans le tissu cellulaire ou à l'intérieur d'un viscère; et même dans ce dernier cas, le nom de vomique est plus usité. (...) On a distingué très anciennement les abcès en chauds et en froids. L'abcès chaud n'est autre chose que le phlegmon. Voy. ce mot. L'abcès froid est celui qui succède à une inflammation lente et sourde, et qui donne un pus plus ou moins sérieux : on l'a aussi nommé abcès par congestion; mais les modernes distinguent ce dernier de l'abcès froid, en ce que le pus qui se forme tire son origine d'une partie plus ou moins éloignée, au lieu que dans l'abcès froid le pus a été sécrété dans la partie même où il s'amasse.`` B.− Sens fig. (cf. sém. B), attesté dès le xviies., subsiste : [Par la confession] dès qu'on a percé l'abcès et qu'on l'a jeté dehors, on sent tout à coup la sérénité se répandre dans l'âme. Bourdaloue, Pensées, t. 1, p. 330, (Littré).
STAT. − Fréq. abs. litt. : 156.
BBG. − Bouillet 1859. − Garnier-Del. 1961 [1958]. − Littré-Robin 1865. − Nysten 1814-20. − Porot 1960. − Privat-Foc. 1870. − Quillet Méd. 1965.

Wiktionnaire

Nom commun

abcès \ab.sɛ\ masculin

  1. (Médecine) Poche de pus dans une cavité formée au dépens des tissus environnants.
    • Pour guérir le dernier-né de la Reine, qui souffrait d'un abcès à la gorge et qu’Hadès semblait encore une fois attirer dans ses ténèbres, le médecin Olympos avait jugé qu'il fallait prendre les grands moyens : une incubation, et à Canope. — (Françoise Chandernagor, Les Enfants d'Alexandrie, éd. Albin Michel, 2011)
  2. (Médecine) Amas d'urine et de matière stercorale
  3. (Figuré) Endroit où l'on laisse se cristalliser une situation mauvaise pour éviter son extension.
    • Les abcès peuvent affecter tous les animaux. Ils se développent généralement sur la peau à la faveur d’une lésion mais ils peuvent être dus à une maladie et se développer sous la peau ou dans les tissus profonds. — (Bill Forse, Christian Meyer, et al., Que faire sans vétérinaire ?, Cirad / CTA / Kathala, 2002, page 201)

Nom commun

abcès [aˈt͡sɛs] masculin

  1. (Médecine) Abcès.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ABCÈS. n. m.
T. de Médecine. Amas de pus dans quelque partie du corps. Avoir un abcès au poumon, au foie. Vider un abcès. L'abcès a percé, a crevé.

Littré (1872-1877)

ABCÈS (ab-sê ; l's en liaison ne se prononce pas d'ordinaire dans la conversation. L'abcès est ouvert, dites : l'ab-sê est ouvert. Mais, dans la lecture soutenue, on dirait : l'ab-sê-z est ouvert) s. m.
  • 1 Terme de chirurgie. Amas de pus dans une cavité accidentelle dont la formation est due à la production de ce liquide au milieu des tissus. On reconnaît les abcès par la fluctuation. Ouvrir, percer un abcès. Vider un abcès. Il y avait un abcès dans la poitrine qui s'est crevé, Sévigné, 364.
  • 2 Fig. [Par la confession] dès qu'on a percé l'abcès et qu'on l'a jeté dehors, on sent tout à coup la sérénité se répandre dans l'âme, Bourdaloue, Pens. t. I, p. 330.

SYNONYME

ABCÈS, ÉPANCHEMENT DE PUS, INFILTRATION DE PUS. L'abcès est dans une cavité accidentelle ; l'épanchement de pus est dans une cavité naturelle du corps ; il y a un épanchement de pus dans l'articulation. Dans l'infiltration purulente, le pus est en contact immédiat avec les tissus, tandis que, dans l'abcès, il en est séparé par une couche molle de nouvelle formation.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ABCÈS. Ajoutez : - HIST. XVIe s. Cure generale du phlegmon lorsqu'il est degeneré en abcès, Paré, VII, 10.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

ABCÈS, s. m. est une tumeur qui contient du pus. Les Auteurs ne conviennent pas de la raison de cette dénomination. Quelques-uns croyent que l’abcès a été ainsi appellé du mot latin abcedere, se séparer, parce que les parties qui auparavant étoient contiguës se séparent l’une de l’autre : quelques autres, parce que les fibres y sont déchirées & détruites ; d’autres, parce que le pus s’y rend d’ailleurs, ou est séparé du sang : enfin d’autres tirent cette dénomination de l’écoulement du pus, & sur ce principe ils assûrent qu’il n’y a point proprement d’abcès jusqu’à ce que la tumeur creve & s’ouvre d’elle-même. Mais ce sont là des distinctions trop subtiles, pour que les Medecins s’y arrêtent beaucoup.

Tous les abcès sont des suites de l’inflammation. On aide la maturation des abcès par le moyen des cataplasmes ou emplâtres maturatifs & pourrissans. La chaleur excessive de la tumeur & la douleur pulsative qu’on y ressent sont avec la fievre les signes que l’inflammation se terminera par suppuration. Les frissons irréguliers qui surviennent à l’augmentation de ces symptomes sont un signe que la suppuration se fait. L’abcès est formé lorsque la matiere est convertie en pus : la diminution de la tension, de la fievre, de la douleur & de la chaleur, la cessation de la pulsation, en sont les signes rationels. L’amollissement de la tumeur & la fluctuation sont les signes sensuels qui annoncent cette terminaison. Voyez Fluctuation.

On ouvre les abcès par le caustique ou par l’incision. Les abcès ne peuvent se guérir que par l’évacuation du pus. On préfere le caustique dans les tumeurs critiques qui terminent quelquefois les fievres malignes. L’application d’un caustique fixe l’humeur dans la partie où la nature semble l’avoir déposé ; elle en empêche la résorption qui seroit dangereuse & souvent mortelle. Les caustiques déterminent une grande suppuration & en accélerent la formation. On les employe dans cette vûe avant la maturité parfaite. On met aussi les caustiques en usage dans les tumeurs qui se sont formées lentement & par congestion, qui suppurent dans un point dont la circonférence est dure, & où la conversion de l’humeur en pus seroit ou difficile ou impossible sans ce moyen.

Pour ouvrir une tumeur par le caustique, il faut la couvrir d’un emplâtre fenestré de la grandeur que l’on juge la plus convenable ; on met sur la peau à l’endroit de cette ouverture, une traînée de pierre à cautere. Si le caustique est solide, on a soin de l’humecter auparavant ; on couvre le tout d’un autre emplâtre, de compresses & d’un bandage contentif. Au bout de cinq ou six heures, plus ou moins, lorsqu’on juge, suivant l’activité du caustique dont on s’est servi, que l’escarre doit être faite, on leve l’appareil, & on incise l’escarre d’un bout à l’autre avec un bistouri, en pénétrant jusqu’au pus ; on panse la plaie avec des digestifs, & l’escarre tombe au bout de quelques jours par une abondante suppuration.

Dans les cas ordinaires des abcès, il est préférable de faire l’incision avec l’instrument tranchant qu’on plonge dans le foyer de l’abcès. Lorsque l’abcès est ouvert dans toute son étendue, on introduit le doigt dans sa cavité, & s’il y a des brides qui forment des cloisons, & séparent l’abcès en plusieurs cellules, il faut les couper avec la pointe des ciseaux ou avec le bistouri. Il faut que l’extrémité du doigt conduise toûjours ces instrumens, de crainte d’intéresser quelques parties qu’on pourroit prendre pour des brides sans cette précaution. Si la peau est fort amincie, il faut l’emporter avec les ciseaux & le bistouri. Ce dernier instrument est préférable, parce qu’il cause moins de douleur, & rend l’opération plus prompte. On choisit la partie la plus déclive pour faire l’incision aux abcès. Il faut, autant que faire se peut, ménager la peau ; dans ce dessein on fait souvent des contre-ouvertures, lorsque l’abcès est fort étendu. Voyez Contre-ouverture. Les abcès causés par la présence de quelques corps étrangers ne se guérissent que par l’extraction de ces corps. Voyez Tumeur.

Lorsque l’abcès est ouvert, on remplit de charpie mollette le vuide qu’occupoit la matiere, & on y applique un appareil contentif. On panse, les jours suivans, avec des digestifs jusqu’à ce que les vaisseaux qui répondent dans le foyer de l’abcès se soient dégorgés par la suppuration. Lorsqu’elle diminue, que le pus prend de la consistance, devient blanc & sans odeur, le vuide se remplit alors de jour en jour de mammelons charnus, & la cicatrice se forme à l’aide des pansemens méthodiques dont il sera parlé à la cure des ulceres. Voyez Ulcere.

M. Petit a donné à l’Académie Royale de Chirurgie un Mémoire important sur les tumeurs de la vésicule du fiel qu’on prend pour des abcès au foie. Les remarques de ce célebre Chirurgien enrichissent la Pathologie d’une maladie nouvelle. Il rapporte les signes qui distinguent les tumeurs de la vésicule du fiel distendue par la bile retenue, d’avec les abcès au foie. Il fait le parallele de cette rétention de la bile & de la pierre biliaire avec la rétention d’urine & la pierre de la vessie, & propose des opérations sur la vésicule du fiel à l’instar de celles qu’on fait sur la vessie. V. le vol. I. des Mem. de l’Acad. de Chirurgie.

Il survient fréquemment des abcès considérables au fondement, qui occasionnent des fistules. Voyez ce qu’on en dit à l’article de la Fistule a l’anus. (Y)

* M. Littre observe, Histoire de l’Académie, an. 1701, page 29, à l’occasion d’une inflammation aux parois du ventricule gauche du cœur, que les ventricules du cœur doivent être moins sujets à des abcès qu’à des inflammations. Car l’abcès consiste dans un fluide extravasé qui se coagule, se corrompt & se change en pus, & l’inflammation dans un gonflement des vaisseaux causé par trop de fluide. Si donc on suppose que des arteres coronaires qui nourrissent la substance du cœur, il s’extravase & s’épanche du sang qui ne rentre pas d’abord dans les veines coronaires destinées à le reprendre ; il sera difficile que le mouvement continuel de contraction & de dilatation du cœur ne le force à y rentrer, ou du moins ne le brise & ne l’atténue, de sorte qu’il s’échappe dans les ventricules au-travers des parois. Quant à l’inflammation, le cœur n’a pas plus de ressources qu’une autre partie pour la prévenir, ou pour s’en délivrer.

* On lit, Histoire de l’Acad. an. 1730, p. 40. la guérison d’un abcès au foie qui mérite bien d’être connue. M. Soullier Chirurgien de Montpellier fut appellé auprès d’un jeune homme âgé de 13 à 14 ans qui, après s’être fort échauffé, s’étoit mis les piés dans l’eau froide & avoit eu une fievre ordinaire, mais dont la suite fut très-fâcheuse. Ce fut une tumeur considérable au foie, qu’il ouvrit. Il trouva ce viscere considérablement abcédé à sa partie antérieure & convexe. Il s’y étoit fait un trou qui auroit pû recevoir la moitié d’un œuf de poule, & il en sortoit dans les pansemens une matiere sanguinolente, épaisse, jaunâtre, amere & inflammable : c’étoit de la bile véritable accompagnée de floccons de la substance du foie.

Pour vuider la matiere de cet abcès, M. Soullier imagina une cannule d’argent émoussée par le bout qui entroit dans le foie, sans l’offenser, & percée de plusieurs ouvertures latérales qui recevoient la matiere nuisible & la portoient en dehors, où elle s’épanchoit sur une plaque de plomb qu’il avoit appliquée à la plaie, de maniere que cette matiere ne pouvoit excorier la peau. L’expédient réussit, la fievre diminua, l’embonpoint revint, la plaie se cicatrisa, & le malade guérit.

* On peut voir encore dans le Recueil de 1731, page 515, une observation de M. Chicoyneau pere, sur un abcès intérieur de la poitrine accompagné des symptomes de la phthisie & d’un déplacement notable de l’épine du dos & des épaules ; le tout terminé heureusement par l’évacuation naturelle de l’abcès par le fondement.

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Étymologie de « abcès »

Du latin abscessus.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Abcessus, de abcedere, abcéder.

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Phonétique du mot « abcès »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
abcès absɛ

Évolution historique de l’usage du mot « abcès »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « abcès »

  • La vérité ? Un coup de couteau qui peut débrider parfois une plaie, crever un abcès. De Henri Duvernois / Beauté
  • Cet abcès est dû à l’accumulation de pus suite à une infection localisée. Les abcès sont des lésions susceptibles de faire leur apparition dans n’importe quelle zone du corps. En tant qu’inflammations, les abcès qui sont visibles sont rouges, chauds, douloureux et gonflés. Néanmoins, diverses autres formes d’abcès existent. L’abcès dentaire désigne donc une accumulation de pus située au niveau d’une dent ou de la gencive. Il existe deux formes d’abcès : l’abcès parodontal et l’abcès péri-apical. Medisite, Abcès dentaire : que faire ?
  • Autiste, non-voyant et handicapé, Arnaud Cassagne, 30 ans, souffre d’un abcès dentaire depuis pus d’un mois. Mais à cause des protocoles sanitaires, aucune intervention chirurgicale n’est possible avant plusieurs mois. À Lannemezan, ses parents appellent à l’aide. nrpyrenees.fr, La souffrance d’Arnaud, autiste et handicapé avec un abcès - nrpyrenees.fr
  • L’homme était probablement contaminé depuis 10 à 14 mois : c’est la période d’incubation nécessaire pour que des abcès au niveau de la jambe se forment et qu’un ou plusieurs vers qui se sont développés dans son intestin n’émergent de la peau. www.pourquoidocteur.fr, Vietnam : un homme infecté par un ver parasitaire inconnu en Asie
  • C'est un cas rare qui a été pris en charge dans un hôpital vietnamien au début du mois de juin. Un jeune homme présentant des abcès aux pieds et aux mains provoqués par un ver nématode parasite, jamais observé dans la région. Futura, Cet homme a été infecté par un ver parasite qui a quasiment disparu
  • À savoir. Les experts distinguent 3 stades de la maladie de Verneuil : le stade 1 (ou "stade léger") est le plus fréquent puisqu'il concerne 75 % des patients. On observe alors des abcès uniques, sans complications. Topsante.com, Maladie de Verneuil : une maladie de la peau aggravée par le stress - Top Santé
  • Cette prise en charge englobe les interventions sur tous types de hernie (ombilicale, inguinale, crurale), les interventions sur vésicule et voies biliaires, les appendicectomies, les cholécystectomies (ablation de vésicule biliaire), la chirurgie proctologique (abcès des hémorroïdes, fistule et fissure anale), les interventions sur un kyste pilonidal, l’éventration abdominale, le traitement chirurgical des varices des membres inférieurs. , Le centre hospitalier de Falaise relance l'activité de la chirurgie viscérale | Les Nouvelles de Falaise

Traductions du mot « abcès »

Langue Traduction
Anglais abscess
Espagnol absceso
Italien ascesso
Allemand abszess
Portugais abcesso
Source : Google Translate API

Synonymes de « abcès »

Source : synonymes de abcès sur lebonsynonyme.fr
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