La langue française

Phlegmon

Sommaire

  • Définitions du mot phlegmon
  • Étymologie de « phlegmon »
  • Phonétique de « phlegmon »
  • Citations contenant le mot « phlegmon »
  • Traductions du mot « phlegmon »
  • Synonymes de « phlegmon »

Définitions du mot « phlegmon »

Trésor de la Langue Française informatisé

PHLEGMON, subst. masc.

PATHOLOGIE
A.− Inflammation aiguë des tissus conjonctifs, pouvant évoluer vers la formation d'un abcès (d'apr. Duranteau 1971). Phlegmon des doigts, des gencives, à la gorge. Cette inflammation peut avoir bien des degrés différens, depuis le simple engorgement inflammatoire et la phlogose, jusqu'au phlegmon, qui est le plus haut et plus violent degré de l'inflammation (Geoffroy, Méd. prat., 1800, p.91).V. abcès ex. 1.Phlegmon périnéphrétique. ,,Suppuration des tissus graisseux entourant le rein dans sa loge`` (Duranteau 1971). Le colibacille détermine (...), des phlegmons périnéphrétiques (Widal, Lemierreds Nouv. Traité Méd.fasc. 31927, p.244).Phlegmon circonscrit. ,,Inflammation circonscrite aboutissant à un abcès chaud`` (Garnier-Del. 1972). V. circonscrit II A 2 ex. de Martin du Gard.Phlegmon superficiel. Phlegmon siégeant dans l'hypoderme dans le tissu cellulaire sous-cutané (d'apr. Lar. Méd. t.3 1972). V. circonscrit, ibid.
Phlegmon diffus. Phlegmon, sans limites déterminées, aboutissant à la nécrose des tissus atteints (d'apr. Méd. Biol. t.3 1972). Le streptocoque est (...) l'agent à peu près exclusif des phlegmons diffus (Rogerds Nouv. Traité Méd.fasc. 11926, p.139).
Phlegmon profond. Phlegmon secondaire à un processus infectieux siégeant au niveau des viscères ou des organes voisins (d'apr. Lar. Méd. t.3 1972). [La tuméfaction] est accompagnée (...) d'une induration des tissus sous-jacents, qui, au toucher, fait naître l'idée d'un phlegmon profond (Trousseau, Hôtel-Dieu, 1895, p.413).
B. − Synon. de abcès.D'autres fois, il survient des phlegmons de la mamelle, des abcès qui durent pendant trois ou quatre mois (Trousseau, Hôtel-Dieu, 1895, p.100).
Prononc.: [flεgmɔ ̃]. Étymol. et Hist. 1314 fleugmon (Chirurgie Henri de Mondeville, éd. A. Bos, 1684); 1538 flegmon (Est., s.v. phlegmone). Empr. au lat. phlegmone, -es, «id.» du gr. φ λ ε γ μ ο ν η ́ «id.», dér. de φ λ ε ́ γ ω «brûler», «enflammer».
DÉR.
Phlegmoneux, -euse, adj.,pathol. De la nature du phlegmon, propre au phlegmon. Affection, inflammation phlegmoneuse; pus phlegmoneux. L'érysipèle simple et l'érysipèle phlegmoneux, l'angioleucite, la phlébite, la diathèse purulente, ont été observés plusieurs fois à la suite de la saignée (Nélaton, Pathol. chir., t.1, 1844, p.25).La rougeur violacée, l'oedème, la présence des abcès et des fistules, donnent un aspect inflammatoire phlegmoneux (Laederichds Nouv. Traité Méd.fasc. 41925, p.422).Le rhumatisme subaigu de l'adulte (...) peut succéder lui aussi à une angine phlegmoneuse, et l'atteinte cardiaque y fait souvent défaut (Ravault, Vignon, Rhumatol., 1956, p.520).P. métaph. Il s'est formé depuis un siècle dans chaque ville ou bourg de quelque importance (et beaucoup de villages, de proche en proche, se sont trouvés atteints par contagion), un quartier phlegmoneux, sorte de plexus ou de nodosité tubéreuse, de ganglion pulsatile, d'oignon lacrymogène et charbonneux (Ponge, La Gareds Le Grand rec., 1961, p.77). [flεgmɔnø], fém. [-ø:z]. Ac. 1762-1878: ph-, f-; 1935: ph- (id. ds Littré, Rob., Lar. Lang. fr.). Prop. Catach-Golf. Orth. Lexicogr. 1971, p.209: fleg-. 1resattest. ca 1501 flegmoneux d'apr. FEW t.8, p.392b, 1538 phlegmoneux (J. Canappe, 14elivre de la méthode thérapeutique de Galien ds Fr. mod. t.18, p.271), 1545 phlegmoneux (Martin Gregoire, De la compos. des medicamens, livre I, fo12 ro); de phlegmon, suff. -eux*.

Wiktionnaire

Nom commun

phlegmon \flɛɡ.mɔ̃\ masculin

  1. (Nosologie) Inflammation du tissu cellulaire sous-cutané, accompagnée de rougeur, de gonflement et de douleur, et qui se termine soit par résolution, soit par suppuration.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

PHLEGMON (flè-gmon) s. m.
  • Terme de chirurgie. Inflammation du tissu lamineux.

    Phlegmon diffus, se dit quand l'inflammation pyogénique, au lieu d'être circonscrite, s'étend, sans limites tracées, dans une partie ou la totalité d'un membre.

HISTORIQUE

XIVe s. La cure du fleugmon des iex [yeux], H. de Mondeville, f° 80 bis.

XVIe s. Nous disons qu'un oedeme est fait de sang melancholique… un phlegmon d'un bon sang et naturel, Paré, Introd. 6.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

PHLEGMON, s. m. terme de Chirurgie, inflammation sanguine qui fait éminence au-dehors, & qui s’étend profondément dans la partie qu’elle occupe. On définit ordinairement le phlegmon, une tumeur circonscrite avec rougeur, chaleur, douleur & pulsation.

La cause du phlegmon est un engorgement dans les extrémités capillaires, artérielles, sanguines, avec constriction & érétisme des vaisseaux engorgés. Voyez Inflammation & Érétisme. L’amas du sang dans des vaisseaux dont l’action seroit abolie ou empêchée, ne produit point une tumeur inflammatoire. Voyez Apostème.

Les signes qui font connoître le phlegmon, sont la rougeur, la chaleur, la circonscription, la tumeur, la dureté, la tension, la douleur, la pulsation, la fievre & l’insomnie. L’application du doigt sur la tumeur ne fait pas évanouir pour un moment la rougeur comme dans l’érésipele. Voyez Érésipele.

Pour guérir le phlegmon, il faut tâcher de procurer la résolution de l’humeur arrêtée dans la partie : aucun remede ne peut suppléer à la saignée ; & si la plûpart des phlegmons se terminent par suppuration, c’est parce qu’on n’a point employé les saignées aussi promptement & aussi abondamment qu’il l’auroit fallu. On ne peut que par une soustraction fort considérable de la partie rouge, rendre la masse du sang assez séreuse & assez fluide, pour que cette partie rouge qui contribue à l’étranglement & à l’embarras, se trouve inondée ou détrempée au point d’être facilement déplacée & entraînée par son véhicule devenu plus abondant. Tout consiste donc à rendre le sang fort aqueux, coulant, & moins inflammable ; & il n’y a d’autre moyen pour y réussir que d’abondantes saignées pratiquées assez promptement.

Quoique la saignée soit le principal remede que l’on puisse employer pour procurer la résolution du phlegmon, il faut la seconder par d’autres remedes dont l’expérience a fait connoître l’utilité.

Dans le commencement de la maladie, on peut se servir avec succès des repercussifs. Voyez Repercussifs. Ces médicamens en resserrant, par leur vertu astringente, les vaisseaux sanguins, empêchent non seulement une partie du sang d’entrer dans les vaisseaux resserrés, mais ils forcent celui qui y est arrêté d’enfler les vaisseaux collatéraux où la circulation n’est pas empêchée. Pour peu que l’inflammation ait fait de progrès, ces remedes ne doivent point être employés ; ils attireroient la mortification : il faut avoir recours aux émolliens résolutifs pour relâcher l’étranglement qui arrête le cours du sang dans les capillaires artériels. On se sert fort efficacement du cataplasme avec la mie de pain cuite dans le lait, ou de celui des quatre farines cuites pareillement dans le lait ou dans de l’eau. Ces remedes farineux contiennent une huile mucilagineuse, relâchante, qui, secondée par les mêmes qualités qui se trouvent dans le lait, procure la détente des vaisseaux : ces remedes contiennent aussi un sel acescent qui leur donne une vertu légérement repercussive.

C’est l’expérience qui a fait connoître l’excellence de ces remedes ; car en suivant l’idée qu’on s’est toujours faite de la résolution des tumeurs, on a donné le nom de résolutifs à des médicamens qui ont une vertu atténuante, incisive, pénétrante, propre à subtiliser l’humeur & à la faire évaporer par les pores de la peau : tels que sont tous les remedes remplis de sels volatils, d’huiles éthérées ; les liqueurs spiritueuses, chargées d’huiles alkoolisées & d’huiles essentielles, ou d’huiles éthérées distillées. Mais tous ces remedes n’ont aucunement la vertu qu’on leur attribue ; loin de dissoudre & d’atténuer le sang, ils l’épaississent & le condensent pour la plûpart : ces remedes sont des stimulans violens qui n’agissent qu’en irritant les solides, & qui sont capables d’augmenter beaucoup l’inflammation, & d’en causer même où il n’y en a point.

Il semble cependant que ces remedes en excitant le jeu des vaisseaux, devroient procurer le même effet que s’ils atténuoient les humeurs en agissant sur elles immédiatement ; parce que l’action des vaisseaux augmentée paroît devoir les briser & les subtiliser : cet effet peut avoir lieu à l’égard des tumeurs œdémateuses causées par une crudité pituiteuse ; mais il n’en est pas de même du sang qu’un jeu des vaisseaux trop violent durcit & racornit. Si l’action violente des vaisseaux étoit un remede contre l’inflammation, la maladie, selon l’expression de M. Quesnay, seroit à elle-même son propre remede, puisqu’elle consiste dans cette action même devenue excessive ; il ne seroit pas nécessaire d’avoir recours à des remedes capables d’exciter cette action déja trop animée. L’usage inconsidéré des remedes résolutifs procure l’induration des tumeurs inflammatoires. Voyez Induration.

Lorsque le phlegmon est dans son état, on applique les émolliens tout simples en forme de cataplasme, voyez Émolliens ; & si la maladie donne des signes de résolution, on joindra les résolutifs aux émolliens, pour passer ensuite par degrés aux résolutifs seuls. Voyez Résolutifs & Résolution.

Si la tumeur donne des signes qu’elle suppurera, voyez Suppuration, on se sert des remedes gras & onctueux, voyez Suppuratifs ; & lorsque le pus est formé, le phlegmon est dégénéré en abscès. Voyez Absces. (Y)

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Étymologie de « phlegmon »

Φλεγμόνη, de φλέγειν, brûler (voy. FLEGME).

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Du latin phlegmone, issu du grec ancien φλεγμονή, phlegmonè « chaleur ardente ».
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Phonétique du mot « phlegmon »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
phlegmon flɛgmɔ̃

Citations contenant le mot « phlegmon »

  • Le phlegmon amygdalien est le plus souvent une complication d’une angine. Medisite, Phlegmon amygdalien : quels symptômes et traitements ?
  • Le traitement de l’angine n’est pas simple. Déjà faut-il déterminer si elle est virale ou bactérienne pour prescrire ou non des antibiotiques. A présent, il semble que la prise en charge de la douleur associée à cette infection pose problème. Ainsi, une étude épidémiologique menée en 2017 a montré que la prise d’anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) augmentait le risque de phlegmon, un abcès de la gorge. Destination Santé, Angine : les anti-inflammatoires augmentent le risque d’abcès de la gorge - A la une - Destination Santé
  • Qu’est-ce que c’est ? Le phlegmon péri-amygdalien correspond à une infection purulente de la partie arrière de la gorge - l’oropharynx – qui se traduit par l’apparition d’une boule de pus près des amygdales. C’est une complication de l’angine bactérienne dans la grande majorité des cas. Capital.fr, Soigner un mal de gorge : médecin, urgences ou Samu ? - Capital.fr

Traductions du mot « phlegmon »

Langue Traduction
Anglais phlegmon
Espagnol flemón
Italien flemmone
Allemand phlegmon
Chinois 蜂窝织炎
Arabe الفلغمون
Portugais phlegmon
Russe флегмона
Japonais
Basque phlegmon
Corse flegmon
Source : Google Translate API

Synonymes de « phlegmon »

Source : synonymes de phlegmon sur lebonsynonyme.fr
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