« Empreint » ou « emprunt » : quelle différence ?
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« Empreint » et « emprunt » font partie de ces paires de mots que l’on confond souvent à l’écrit. Leur prononciation est quasiment identique, pourtant leur sens n’a rien en commun. L’un vient du verbe « empreindre » et signifie « marqué de », l’autre du verbe « emprunter » et désigne un prêt. Je vous explique comment ne plus les confondre.
Comme le souligne l’Académie française, la confusion s’explique par une évolution de la prononciation. On tend aujourd’hui à ne plus distinguer les sons « un » et « in ». La différence entre brun et brin est de moins en moins nette. Par conséquent, « empreint » (prononcé avec le son « in ») et « emprunt » (prononcé avec le son « un ») finissent par se confondre à l’oral, puis à l’écrit.
L’astuce pour ne plus les confondre consiste à interroger leur sens :
- Si vous pouvez remplacer le mot par « marqué de » ou « imprégné de », il faut écrire « empreint ».
- En revanche, si le mot désigne une somme d’argent ou un objet obtenu à titre de prêt, il faut écrire « emprunt ».
- Accord : « empreint » s’accorde en genre et en nombre (empreinte, empreints, empreintes), tandis qu’« emprunt » reste invariable en tant que nom.
On écrit « empreint » : participe passé d’« empreindre »
On écrit « empreint » quand on veut dire « marqué de, qui porte la trace de ». Ce mot est le participe passé du verbe « empreindre », issu du latin imprimere (« appuyer sur, imprimer »). Ce verbe littéraire signifie « marquer par pression une forme sur quelque chose ». On l’emploie surtout au figuré pour décrire un visage, un ton ou une atmosphère qui portent la marque d’un sentiment.
On le retrouve presque toujours sous sa forme participiale : empreint de, suivi d’un nom abstrait.
Exemples :
- Un visage empreint de tristesse.
- Des paroles empreintes de sincérité.
- Un silence empreint de gravité.
Exemples d’usage d’« empreint » en littérature
Les beaux ouvrages ne vieilliraient jamais s’ils n’étaient empreints que d’un sentiment vrai.
Delacroix, Journal
Et, de la cuisine, elle continuait à l’entretenir d’une façon aimable, un peu détachée et surtout empreinte de politesse.
Gabrielle Roy, Bonheur d’occasion
Une gravité où il y avait de l’ombre s’empreignit sur son visage.
Victor Hugo, Les Misérables
Le mot « empreinte » (nom féminin) désigne quant à lui la marque laissée par pression : une empreinte digitale, l’empreinte d’un pas dans la neige. Il ne faut pas le confondre avec « emprunte », conjugaison du verbe « emprunter ».
On écrit « emprunt » : nom dérivé d’« emprunter »
On écrit « emprunt » quand on désigne l’action d’obtenir quelque chose à titre de prêt, ou la chose ainsi obtenue. Ce nom masculin vient du verbe « emprunter », issu du latin populaire impromutuare (« prendre en prêt »). On parle ainsi d’un emprunt bancaire, d’un emprunt linguistique ou de vêtements d’emprunt.
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Exemples :
- Faire un emprunt à la banque.
- Le mot « parking » est un emprunt à l’anglais.
- Il portait des habits d’emprunt.
Exemples d’usage d’« emprunt » en littérature
Le vieux vigneron, par un simple emprunt de chevaux fait à ses fermiers, se mit en mesure d’aller y vendre le sien.
Balzac, Eugénie Grandet
L’emprunt d’où j’attends ma délivrance souffre mille difficultés ; les prêteurs sont rares en ce moment.
Maurice de Guérin, Correspondance
Il se déshabilla et se rhabilla vivement mais distraitement, déposa sur une chaise ses habits d’emprunt.
Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes
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