La langue française

Vernis

Sommaire

  • Définitions du mot vernis
  • Étymologie de « vernis »
  • Phonétique de « vernis »
  • Citations contenant le mot « vernis »
  • Traductions du mot « vernis »
  • Synonymes de « vernis »
  • Antonymes de « vernis »

Définitions du mot « vernis »

Trésor de la Langue Française informatisé

VERNIS, subst. masc.

I.
A. − ,,Solution dans l'alcool, l'essence ou une huile siccative, de gommes ou de résines, naturelles ou synthétiques, employée pour recouvrir un métal, un bois, etc., d'une couche ornementale ou protectrice plus ou moins brillante`` (Duval 1959). C'est seulement quand la surface du meuble est parfaitement polie qu'on peut soit la vernir soit l'encaustiquer. Le vernis conserve le brillant de la surface polie; il préserve le meuble de la sécheresse, de l'humidité, des insectes, des moisissures (Viaux, Meuble Fr., 1962, p. 20).V. ambre ex. 2.
Vernis copal. V. copal rem.
SYNT. Vernis bitumineux, cellulosique, fixateur, fusible, hydrofuge, inattaquable, incolore, mat, synthétique; vernis à l'alcool, à l'esprit-de-vin, à l'essence, à l'éther; vernis au tampon; vernis écaillé, de mauvaise qualité; couche, odeur, pellicule de vernis; craquelures d'un vernis; appliquer, passer un vernis.
En partic.
Vernis gras, vernis à l'huile. Vernis constitué par une dissolution de résines dans une huile siccative ou un mélange d'huiles siccatives (d'apr. Peint. 1978). Les vernis gras sont surtout employés en carrosserie, pour le bâtiment, dans l'impression et pour la protection des métaux (Lar. comm.1930).
Vernis(-)émail, vernis isolant. Variété de vernis utilisée notamment dans l'industrie électrotechnique, en particulier pour l'isolation électrique des fils dans les bobinages (d'apr. Peint. 1978).
Vernis(-)émulsion. ,,Vernis dont le liant est constitué par une émulsion aqueuse des éléments non volatils`` (Industries 1986).
Vernis-laque. Vernis, en général coloré, susceptible de produire, par séchage, des films durs et résistants qui donnent une impression de profondeur rappelant celle d'une laque (d'apr. Peint. 1978).
Spécialement
COSMÉTOL. Vernis à/pour ongles, p. ell. vernis. Produit à base d'une substance cellulosique que l'on emploie pour rendre les ongles brillants et/ou colorés (d'apr. Lar. encyclop.); p. méton., couche de vernis à ongles. Vernis incolore, rouge; faire sécher son vernis à ongles; se mettre/se passer du vernis sur les ongles. Ses ongles où le vernis se fendillait et se détachait par plaques (Roy, Bonheur occas., 1945, p. 97).Vernis laque*.
GRAV. Vernis protecteur que l'on applique sur une plaque de cuivre ou de zinc destinée à être gravée à l'eau-forte. On utilisa d'abord un vernis mou jusqu'à ce que J. Callot introduisît un vernis dur, permettant des effets plus nets; après lui cependant le vernis mou ne fut pas abandonné mais perfectionné (Nér.Hist. Art1985).P. méton. Vernis mou. ,,Procédé de gravure à l'eau-forte, dans lequel l'artiste dessine, non pas directement à la pointe sur la planche vernie, comme dans l'eau-forte ordinaire, mais à l'aide d'un crayon sur une feuille de papier recouvrant la planche, après avoir étendu sur celle-ci un vernis de composition spéciale`` (Dacier 1944); gravure obtenue par ce procédé. Ce qui distingue un vernis mou d'une héliogravure, c'est l'apparence du crayon que ne donne pas l'héliogravure (Des.-MullerImpr.1912).
ARTS DÉCOR. Vernis Martin. Vernis à base de résine de copal mis au point au xviiies. par les frères Martin pour concurrencer les laques d'Extrême-Orient; p. méton., matière enduite de ce vernis, objet recouvert de ce vernis. Songez aux bibelots chinois en vernis Martin, sous Louis XVI (Toulet, Corresp. avec un ami, 1920, p. 100).
PEAUSS. Vernis à base d'huile de lin ou de résine destiné à donner au cuir un finissage lisse et brillant (d'apr. Rama Maroq. 1975). P. méton. Cuir ayant reçu une application de vernis. Des petites bottes délicieuses à très hauts talons Louis XV, en chevreau et vernis, lacées sur le dessus, qui montaient au milieu du mollet (Gyp, Souv. pte fille, 1928, p. 349).Couche de vernis dont est enduit un cuir. Les pieds nus dans des mules au vernis craqué (Triolet, Prem. accroc, 1945, p. 116).
B. − P. anal.
1. Enduit brillant; éclat, lustre (d'une chose). L'humidité du brouillard se résout en gouttelettes et met un léger vernis sur les choses (Barbusse, Feu, 1916, p. 168).
2. Enduit organique. D'abord, par la résistance de l'épiderme et par le vernis imperméable que la matière sébacée étale à sa surface, la peau exerce un rôle de protection contre les traumatismes et les infections (Macaigne, Précis hyg., 1911, p. 169).
3. Spécialement
a) CÉRAM. Vernis (de poterie, de potier). ,,Glaçure transparente, incolore ou teintée par addition d'oxydes métalliques appliquée sur les poteries communes pour les rendre imperméables`` (Nér. Hist. Art 1985). Vernis plombifère. On imagine en Occident, à l'époque carolingienne, de recouvrir les pièces d'un enduit transparent à base de plomb, appelé vernis ou glaçure (G. Fontaine, Céram. fr., 1965, p. 4).V. alquifoux ex. 2.
b) IMPR. ,,Composant des encres qui constitue le liant dans lequel les matières colorantes sont incorporées`` (Comte-Pern. 1974). Synon. excipient.Les vernis étaient tous fabriqués autrefois avec des huiles végétales (...). Les vernis des encres modernes ont une composition plus complexe, ils contiennent des résines naturelles ou synthétiques, et une huile minérale légère, dans laquelle les résines se diffusent (Impr.1977).
C. − Au fig.
1. Aspect faussement ou exagérément flatteur sous lequel une personne dissimule sa vraie nature; affectation de sentiments que l'on n'éprouve pas. Synon. teinture.Vernis de culture, d'élégance, de politesse. Lorsque les autres vendeuses, chez lui, n'avaient qu'une éducation de frottement, le vernis qui s'écaille des filles déclassées, elle, sans élégances fausses, gardait sa grâce, la saveur de son origine (Zola, Bonh. dames, 1883, p. 706).Son vernis de douceur et de timidité s'est écaillé; je ne le reconnais plus. Ses traits laissent paraître une lourde obstination (Sartre, Nausée, 1938, p. 151).V. craqueler ex. 1.
2. Aspect superficiel, apparence trompeuse d'une chose. La diversité des choses, leur individualité n'étaient qu'une apparence, un vernis (Sartre, Nausée, 1938, p. 163).V. affecté1ex. 13.
D. − BOT. Végétal, représenté par de nombreuses espèces, fournissant un suc résineux entrant dans la préparation des vernis. Au milieu des pins, quelques bouquets de châtaigniers, de vernis, de chênes (Faure, Hist. art, 1912, p. 208).
Vernis du Japon. Synon. cour. de ailante* glanduleux.Un vernis du Japon empoisonnait l'air de son relent tenace de droguerie orientale (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 189).
II. − Coquillage bivalve comestible. On pêche le vernis à Brest, au Croisic, à Arcachon (Lar. mén.1926).
Prononc. et Orth.: [vε ʀni]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1135 verniz « enduit à base de résine que l'on applique sur certains objets en guise de protection ou d'ornement » (Couronnement de Louis, éd. Y. G. Lepage, AB, 913); b) 1600 vernis « enduit vitrifié que l'on applique sur la poterie » (O. de Serres, Le Théâtre d'agriculture, p. 233); c) 1765 p. ext. « aspect luisant, brillant » (H. J. Dulaurens, Hist. de la Sainte Chandelle d'Arras, p. 35); 2. 1698 au fig. « apparence avantageuse, brillante, qui ne correspond généralement pas à la réalité profonde » (Dancourt, Retour des offic., sc. 15 ds Littré); 3. 1765 bot. vernis du Japon (Encyclop. t. 17, p. 77b); 4. 1926 désigne un coquillage (Lar. mén.). Du lat. médiév. veronice « résine » (att. au viiieou ixes. dans un ms. de Lucques, v. A. Thomas ds Romania t. 37, p. 436; à l'orig. de l'ital. vernice « vernis », att. dep. le xiiies., Br. Latini d'apr. DEI), issu du gr. byz. β ε ρ ε ν ι ́ κ η, β ε ρ ο ν ι ́ κ η « résine; ambre » (xiies.), gr. tardif β ε ρ ε ν ι ́ κ ι ο ν, β ε ρ ο ν ι ́ κ ι ο ν « soude » (Galien d'apr. Bailly), mots dont le rapport avec β ε ρ ε ν ι ́ κ η, anc. nom d'une ville de Cyrénaïque, n'est pas prouvé. Voir W. Foerster ds Z. rom. Philol. t. 32, pp. 338-348; A. Thomas, op. cit., pp. 432-439; FEW t. 1, pp. 332b-333a; Kahane ds Rom. Philol. t. 14, pp. 289-294; Kahane Byzanz, 381, no55. Fréq. abs. littér.: 344. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 373, b) 492; xxes.: a) 586, b) 523. Bbg. Chautard Vie étrange Argot 1931, p. 431. − Gohin 1903, p. 368. − Quem. DDL t. 25 (s.v. vernis du Japon). − Sculpt. 1978, p. 660.

Wiktionnaire

Nom commun

vernis \vɛʁ.ni\ masculin singulier et pluriel identiques

  1. Enduit liquide dont on couvre la surface d’une chose pour la rendre lisse et luisante, ou pour la préserver de l’action de l’air, de l’humidité, etc.
    • Vernis à l’essence, à l’alcool, gras.
    • Mettre une couche de vernis.
    • Passer un vernis sur un tableau, sur un meuble.
  2. (Par extension) Enduit composé de substances vitrifiables, dont on recouvre des vases de terre, de la porcelaine, etc.
  3. (Figuré) Ce qui donne une apparence trompeuse ou qui dissimule la nature réelle de quelqu’un ou de quelque chose.
    • Au point de vue religieux les Berbères sont des musulmans de surface, dont le vernis islamique ne recouvre que très imparfaitement leurs croyances primitives. — (Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, p. 43)
  4. (Botanique) Divers végétaux qui produisent des sucs résineux servant à la fabrication du vernis.
    • Vernis du Japon.
  5. (Vitrerie) Se dit de la surface réfrangible du verre. Verre dépoli - Verre dont on à détruit le vernis en frottant sa surface avec du sable ou de l'émeri et une molette de grès. Dépolir - Frotter une pièce de verre avec un autre verre, ou avec un morceau de grès et du sable pour détruire son vernis naturel.
  6. Coquillage bivalve comestible, du genre Callista.
    • Parallèlement à l’étude Manche-Ouest, depuis 1985, l’IFREMER analyse les pêcheries coquillères du sud Bretagne qui depuis 10 ans, exploitent les spisules, palourdes roses, vernis et amandes. — (revue Équinoxe, 1987, volumes 13 à 20, page 13)
    • Les vernis fauves (Callista chione) vivent faiblement enfoncés dans le sable, à 150 mètres de profondeur tout au plus. — (sJean-Philippe Derenne, Cuisiner en tous temps, en tous lieux - L’amateur de cuisine 3, 2010)

Forme de verbe

vernis \vɛʁ.ni\

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif du verbe vernir.
  2. Deuxième personne du singulier du présent de l’indicatif du verbe vernir.
  3. Première personne du singulier du passé simple du verbe vernir.
  4. Deuxième personne du singulier du passé simple du verbe vernir.
  5. Deuxième personne du singulier du présent de l’impératif du verbe vernir.
  6. Participe passé masculin pluriel du verbe vernir.

Forme d’adjectif

vernis \Prononciation ?\

  1. Masculin pluriel de verni.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

VERNIS (vèr-nî) s. m.
  • 1Nom commun des solutions de résine et de gommes-résines dans l'alcool, les essences, la benzine, etc. dont on couvre la surface de certaines choses pour les rendre lisses et brillantes, ou pour les préserver de l'action de l'air ou de l'humidité. Les vernis ont plusieurs mauvais effets ; ils jaunissent, ils s'écaillent, ils altèrent les couleurs, Diderot, Peint. en cire, Œuv. t. XV, p. 387 et 388, dans POUGENS. Les vernis sont des espèces de liquides qu'on applique en couche mince sur les corps pour les préserver de l'action des agents extérieurs, Thenard, Traité de chim. t. III, p. 257, dans POUGENS. Les vernis gras s'appliquent sur les voitures de luxe, le fer, le laiton, le cuivre, le bois ; on en recouvre aussi les lampes, certaines théières…, Thenard, ib. t. III, p. 259. L'odeur suffit pour faire distinguer les vernis à l'essence des vernis à l'alcool… le vernis dit résine liquide employé par les brasseurs, Tarif des douanes, 1869, p. 164.

    Fig. (Quand j'aurai passé sur l'ouvrage le vernis d'une belle poésie, Voltaire, Lett. en vers et en prose, 17.

  • 2Enduit composé de substances vitrifiables, dont on couvre la poterie et la porcelaine. Il est dangereux d'employer des vases enduits de vernis pour renfermer les substances acides ou fermentées ; car elles peuvent dissoudre les sels de plomb qui entrent dans les vernis, Legoarant

    Terme de potier. Vernis en carton, sulfure de plomb parfaitement nettoyé. Vernis sec, sulfure de plomb qui renferme des parties étrangères.

  • 3 Fig. Ce qui donne aux actions, aux manières, une apparence comparée à celle des objets vernis. On a toutes les peines du monde à lui remettre un bon vernis sur la réputation, Dancourt, Retour des offic. sc. 15. C'était un scélérat qui avait le vernis de l'esprit ; le vernis s'en est allé, et le coquin est demeuré, Voltaire, Lett. Thiriot, 14 févr. 1737. Le P. Berthier, professeur de physique, auquel, malgré quelque léger vernis de pédanterie, je m'étais attaché par un certain air de bonhomie que je lui trouvais, Rousseau, Conf. x. Les mœurs des villes que le vernis dont on les couvre rend si séduisantes, Rousseau, Ém. II. Il y a comme un vernis d'austérité à présent, qui s'étend partout, Th. Leclercq, Prov. t. III, p. 172, dans POUGENS.
  • 4Sumac au vernis ou vernis du Japon, noms sous lesquels on a confondu le sumac vénéneux (térébinthacées) et le sumac vernicifère (rhus vernicifera, D. C.).

    L'ailante glanduleux (térébinthacées), qui est originaire de la Chine et des Moluques, a été appelée aussi vernis du Japon, bien que ce ne soit pas l'arbre dont on extrait le vernis.

    Vernis du Canada ou arbre au vernis, le badamier.

HISTORIQUE

XIIe s. Et fiert [il frappe] Aliaume en l'escu de chantel, Fust et vernis li trancha et la pel, Raoul de C. 182.

XIIIe s. Nulz vers ne la puet pertuisier, Ne son vernis amenuisier, J. de Meung, Tr. 635.

XIVe s. Roches sont moult agues… Car li ors croist desous et argens et vernis, Qœuvres [cuivre], metaus, estains, tout croist en ce pourpris, Baud. de Seb. XIII, 63.

XVe s. Une boeste d'argent doré, pour mettre vernis à getter sur escripture, De Laborde, Ém. p. 537. Il ne doibt mectre nulle coulleurs qui se gastent au vernis…, Ordonn. déc. 1496.

XVIe s. Au lieu du vernis, dont l'on se sert en plusieurs vases de terre, les anciens se servoient de la poix mixtionnée, De Serres, 233.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

VERNIS. Ajoutez :
5Cuir verni. Cet habile escamoteur, chaussé de vernis, ganté de frais, était entré dans le débit de tabac situé…, Gaz. des Trib. 28 mars 1875, p. 302, 4e col.
6Vernis Martin, sorte de vernis employé en peinture. Chardin en avait apporté de Perse les secrets, et c'est alors qu'apparut chez nous le vernis qu'on appela vernis Martin, du nom du peintre français qui en propagea l'usage, A. de Beaumont, Rev. des Deux-Mondes 1er nov. 1867, t. LXXII, p. 147. On songe involontairement au fameux salon de Potsdam, en vernis Martin vert, E. Gautier, Journ. offic. 7 mars 1876, p. 1600, 1re col.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

VERNIS de la Chine, (Arts étrangers.) gomme qu’on tire par incision & qu’on applique avec art sur le bois pour le conserver, & lui donner un éclat durable.

Un ouvrage d’un bois vernis doit être fait à loisir. Un été suffit à-peine pour donner à l’ouvrage de vernis toute la perfection qu’il doit avoir. Il est rare que les Chinois ayent de ces sortes d’ouvrages de prêts, presque toujours ils attendent l’arrivée des vaisseaux pour y travailler, & se conformer au goût des européens.

Ce que c’est que le vernis chinois. Le vernis que les Chinois nomment tsi, est une gomme roussâtre qui découle de certains arbres par des incisions que l’on fait à l’écorce jusqu’au bois, sans cependant l’entâmer. Ces arbres se trouvent dans les provinces de Kiang si & de Se-tehuen : ceux du territoire de Kant-tcheou, ville des plus méridionales de la province de Kiang si, donnent le vernis le plus estimé.

Son choix. Pour tirer du vernis de ces arbres, il faut attendre qu’ils ayent 7 ou 8 ans. Celui qu’on en tireroit avant ce tems-là ne seroit pas d’un bon usage. Le tronc des arbres les plus jeunes dont on commence à tirer le vernis, a plus d’un pié de circuit. On dit que le vernis qui découle de ces arbres vaut mieux que celui qui découle des arbres plus vieux, mais qu’ils en donnent beaucoup moins.

Arbre d’où découle le vernis. Ces arbres dont la feuille & l’écorce ressemblent assez à la feuille & à l’écorce du frêne, n’ont jamais guere plus de 15 piés de hauteur ; la grosseur de leur tronc est alors de deux piés & demi de circuit, ils ne portent ni fleurs, ni fruits : voici comme ils se multiplient.

Sa culture. Au printems quand l’arbre pousse, on choisit le rejetton le plus vigoureux, qui sorte du tronc & non pas des branches ; quand ce rejetton est long d’environ un pié, on l’enduit par le bas de mortier fait de terre jaune. Cet enduit commence environ deux pouces au-dessous du lieu où il sort du tronc, & descend au-dessous quatre ou cinq pouces ; son épaisseur est au-moins de trois pouces. On couvre bien cette terre, & on l’enveloppe d’une natte qu’on lie avec soin pour la défendre des pluies & des injures de l’air. On laisse le tout dans cet état depuis l’équinoxe du printems jusqu’à celui d’automne. Alors on ouvre tant-soit-peu la terre pour examiner en quel état sont les racines que le rejetton a coutume d’y pousser, & qui se divisent en plusieurs filets ; si ces filets sont de couleur jaunâtre ou roussâtre, on juge qu’il est tems de séparer le rejetton de l’arbre, on le coupe adroitement sans l’endommager, & on le plante. Si ces filets sont encore blancs, c’est signe qu’ils sont trop tendres, ainsi on recouvre l’enduit de terre comme il étoit auparavant, & on differe au printems suivant à couper le rejetton pour le planter. Mais soit qu’on le plante au printems ou en automne, il faut mettre beaucoup de cendres dans le trou qu’on a préparé, sans quoi les fourmis dévoreroient les racines encore tendres, ou du-moins en tireroient tout le suc, & les feroient sécher.

Saison du vernis. L’été est la seule saison où l’on puisse tirer le vernis des arbres ; il n’en sort point pendant l’hiver, & celui qui sort au printems & en automne est toujours mêlé d’eau.

Sa récolte. Pour tirer le vernis on fait plusieurs incisions de niveau à l’écorce de l’arbre au-tour du tronc, qui selon qu’il est plus ou moins gros, peut en fournir plus ou moins. Le premier rang des incisions n’est éloigné de terre que de sept pouces. A la même distance plus haut se fait un second rang d’incisions, & ainsi de sept en sept pouces jusqu’aux branches qui ont une grosseur suffisante.

On se sert pour faire ces incisions d’un petit couteau fait en demi-cercle. Chaque incision doit être un peu oblique de bas-en-haut, aussi profonde que l’écorce est épaisse, & non pas davantage ; celui qui la fait d’une main, a dans l’autre main une coquille dont il insere aussi-tôt les bords dans l’incision autant qu’elle peut y entrer. Ces coquilles sont plus grandes que les plus grandes coquilles d’huitres qu’on voie en Europe. On fait ces incisions le soir, & le matin on va recueillir ce qui a coulé dans les coquilles ; le soir on les insere de nouveau dans les incisions, & l’on continue de la même maniere jusqu’à la fin de l’été.

Ce ne sont point d’ordinaire les propriétaires de ces arbres qui en tirent le vernis, ce sont des marchands qui, dans la saison, traitent avec les propriétaires, moyennant cinq sous par pié. Ces marchands louent des ouvriers auxquels ils donnent par mois une once d’argent tant pour leur travail que pour leur nourriture. Un de ces ouvriers suffit pour cinquante piés d’arbre.

Précaution nécessaire à la récolte du vernis. Il y a des précautions à prendre pour garantir les ouvriers des impressions malignes du vernis. Il faut avoir préparé de l’huile de rabette, où l’on aura fait bouillir une certaine quantité de ces filamens charnus qui se trouvent entremêlés dans la graisse des cochons, & qui ne se fondent point quand on fait le saindoux. Lorsque les ouvriers vont placer ces coquilles aux arbres, ils portent avec eux un peu de cette huile dont ils se frottent le visage & les mains le matin ; lorsqu’après avoir recueilli le vernis, ils reviennent chez les marchands, ils se frottent encore plus exactement de cette huile.

Après le repas, ils se lavent tout le corps avec de l’eau chaude, dans laquelle on a fait bouillir de l’écorce extérieure & hérissée de chataignes, de l’écorce de bois de sapin, du salpêtre crystallisé, & d’une herbe qui est une espece de blette qui a du rapport au tricolor. Toutes ces drogues passent pour être froides.

Chaque ouvrier remplit de cette eau un petit bassin, & s’en lave en particulier ; ce bassin doit être d’étain.

Dans le tems qu’ils travaillent près des arbres, ils s’enveloppent la tête d’un sac de toile qu’ils lient autour du cou où il n’y a que deux trous vis-à-vis des yeux. Ils se couvrent le devant du corps d’une espece de tablier fait de peau de daim passée, qu’ils suspendent au cou par des cordons, & qu’ils arrêtent par une ceinture ; ils ont aussi des bottines de la même matiere, & aux bras des gants de peau fort longs.

Vases pour la récolte. Quand il s’agit de recueillir le vernis, ils ont un vase fait de peau de bœuf attaché à leur ceinture ; d’une main ils dégagent les coquilles, & de l’autre ils le raclent avec un petit instrument de fer, jusqu’à ce qu’ils en ayent tiré tout le vernis. Au bas de l’arbre est un panier où on laisse les coquilles jusqu’au soir. Pour faciliter la récolte du vernis, les propriétaires des arbres ont soin de les planter à peu de distance les uns des autres.

Attelier du vernis. Le marchand tient prêt un grand vase de terre sur lequel est un chassis de bois soutenu par quatre piés, à-peu-près comme une table quarrée dont le milieu seroit vuide ; sur le chassis est une toile claire arrêtée par les quatre coins avec des anneaux. On tient cette toile un peu lâche, & on y verse le vernis. Le plus liquide s’étant écoulé de lui-même, on tord la toile pour faire couler le reste. Le peu qui demeure dans la toile se met à part, on le vend aux droguistes parce qu’il est de quelque usage dans la médecine. On est content de la récolte, lorsque dans une nuit mille arbres donnent vingt livres de vernis.

Maladie qu’il occasionne. Il en coûte cher aux ouvriers qui recueillent le vernis, quand ils négligent de prendre les précautions nécessaires dont nous venons de parler. Le mal qui les attaque commence par des especes de dartres qui leur couvrent en un jour le visage & le reste du corps : bien-tôt le visage du malade se bouffit, & son corps qui s’enfle extraordinairement, paroît tout couvert de lepre.

Pour guérir un homme attaqué de ce mal, on lui fait boire d’abord quelques écuellées de l’eau droguée dont les ouvriers se servent pour prévenir ces accidens. Cette eau le purge violemment. On lui fait ensuite recevoir une forte fumigation de la même eau, en le tenant bien enveloppé de couvertures, moyennant quoi l’enflure & la bouffissure disparoissent ; mais la peau n’est pas si-tôt saine ; elle se déchire en plusieurs endroits, & rend beaucoup d’eau. Pour y remedier on prend de cette espece de blette qui a du rapport au tricolor : on la seche & on la brûle ; puis on en applique la cendre sur les parties du corps les plus maltraitées. Cette cendre s’imbibe de l’humeur âcre qui sort des parties déchirées ; la peau se seche, tombe, & se renouvelle.

Propriétés du vernis. Le vernis de la Chine, outre l’éclat qu’il donne aux moindres ouvrages auxquels on l’applique, a encore la propriété de conserver le bois & d’empêcher que l’humidité n’y pénetre. On peut y répandre tout ce qu’on veut de liquide en passant un linge mouillé sur l’endroit, il n’y reste aucun vestige, pas même l’odeur de ce qui y a été répandu. Mais il y a de l’art à l’appliquer, & quelque bon qu’il soit de sa nature, on a encore besoin d’une main habile & industrieuse pour le mettre en œuvre. Il faut sur-tout de l’adresse & de la patience dans l’ouvrier pour trouver ce juste tempérament que demande le vernis, afin qu’il ne soit ni trop liquide, ni trop épais, sans quoi il ne réussiroit que médiocrement dans ce travail.

Manieres de l’appliquer. Le vernis s’applique en deux manieres ; l’une qui est simple, se fait immédiatement sur le bois. Après l’avoir bien poli, on passe deux ou trois fois de cette espece d’huile que les Chinois appellent tang-yeou : quand elle est bien seche, on applique deux ou trois couches de vernis. Si on veut cacher toute la matiere sur laquelle on travaille, on multiplie le nombre des couches de vernis, & il devient alors si éclatant qu’il ressemble à une glace de miroir. Quand l’ouvrage est sec, on y peint en or & en argent diverses sortes de figures, comme des fleurs, des hommes, des oiseaux, des arbres, des montagnes, des palais, &c. sur lesquels on passe encore une légere couche de vernis, qui leur donne de l’éclat, & qui les conserve.

L’autre maniere qui est moins simple, demande plus de préparation ; car elle se fait sur une espece de petit mastic qu’on a auparavant appliqué sur le bois. On compose de papier, de filasse, de chaux & de quelques autres matieres bien battues, une espece de carton qu’on colle sur le bois, & qui forme un fond très-uni & très-solide, sur lequel on passe deux ou trois fois de l’huile dont nous avons parlé, après quoi l’on applique le vernis à différentes couches qu’on laisse sécher l’une après l’autre. Chaque ouvrier a son secret particulier qui rend l’ouvrage plus ou moins parfait, selon qu’il est plus ou moins habile.

Moyens de rétablir le vernis. Il arrive souvent qu’à force de répandre du thé ou des liqueurs chaudes sur des ustensiles de vernis, le lustre s’en efface parce que le vernis se ternit & devient jaune ; le moyen de lui rendre le noir éclatant qu’il avoit, est de l’exposer une nuit à la gelée blanche, & encore mieux de le tenir quelque tems dans la neige. Observations curieuses sur l’Asie ; & du Halde, description de la Chine, (D. J.)

Vernis du Japon, (Art exotique.) l’arbre qui donne le véritable vernis du Japon s’appelle urusi ; cet arbre produit un jus blanchâtre, dont les Japonois se servent pour vernir tous leurs meubles, leurs plats, leurs assiettes de bois qui sont en usage chez toutes sortes de personnes, depuis l’empereur jusqu’au paysan : car à la cour, & à la table de ce monarque, les ustensiles vernissés sont préférés à ceux d’or & d’argent. Le véritable vernis est une espece particuliere au Japon ; il croît dans la province de Fingo & dans l’île de Tricom ; mais le meilleur de tous est celui de la province de Jamatto.

Cet arbre a peu de branches ; son écorce est blanchâtre, raboteuse, se séparant facilement : son bois est très-fragile, & ressemble à celui du saule ; sa moëlle est très-abondante ; ses feuilles semblables à celles du noyer, sont longues de huit à neuf pouces, ovales & terminées en pointe, point découpées à leur bord, ayant au milieu une côte ronde, qui regne dans toute leur longueur jusqu’à la pointe, & qui envoie de chaque côté jusqu’au bord plusieurs moindres nervures. Ces feuilles ont un goût sauvage, & quand on en frotte un panier elles le teignent d’une couleur noirâtre ; les fleurs qui naissent en grappe des aisselles des feuilles, sont fort petites, d’un jaune verdâtre, à cinq pétales, un peu longs & recourbés. Les étamines sont en pointes & très courtes aussi-bien que le pistil qui est terminé par trois têtes. L’odeur de ces fleurs est douce & fort gracieuse, ayant beaucoup de rapport à celle des fleurs d’orange. Le fruit qui vient ensuite à la figure & la grosseur d’un pois chiche : dans sa maturité il est fort dur & d’une couleur sale.

L’arbre du vernis qui croît dans les Indes, & que Kæmpfer juge être le véritable anacarde est tout-à-fait différent de l’urusi du Japon. A Siam on l’appelle toni-rack, c’est-à-dire l’arbre du rack. Il se tire de la province de Corsama & du royaume de Cambodia ; on en perce le tronc d’où il sort une liqueur appellée nam-rack, c’est-à-dire jus de rack ; il croît & porte du fruit dans la plûpart des contrées de l’Orient ; mais on a observé qu’il ne produit point son jus blanchâtre à l’ouest du Gange, soit à cause de la stérilité du terroir, ou par l’ignorance des gens du pays qui ne savent pas la maniere de le cultiver.

La composition du vernis japonois ne demande pas une grande préparation ; on reçoit le jus de l’ursi après qu’on y a fait une incision, sur deux feuilles d’un papier fait exprès, & presque aussi mince que des toiles d’araignées. On le presse ensuite avec la main pour en faire couler la matiere la plus pure ; les matieres grossieres & hétérogènes demeurent dans le papier ; puis on mêle dans ce jus environ une centieme partie d’une huile appellée toi, faite du fruit d’un arbre nommé kiri, & on verse le tout dans des vases de bois qui se transportent où l’on veut.

Le vernis s’y conserve parfaitement, si ce n’est qu’il se forme à la superficie une espece de croute noirâtre que l’on jette. On rougit le vernis quand on veut avec du cinabre de la Chine, ou avec une espece de terre rouge, que les Hollandois portoient autrefois de la Chine au Japon, & que les Chinois y portent présentement eux-mêmes ; ou enfin avec la matiere qui fait le fond de l’encre du pays : le jus du vernis, tant de celui du Japon que de celui de Siam, a une odeur forte qui empoisonneroit ceux qui l’emploient, leur causeroit de violens maux de tête, & leur feroit enfler les levres, s’ils n’avoient soin de se couvrir la bouche & les narines avec un linge, quand ils le recueillent. On trouvera la description & la figure de l’arbre du vernis des Indes dans les Aménités exotiques de Kæmpfer ; il n’y a rien d’assez particulier pour l’ajouter ici. (D. J.)

Vernis d’ambre jaune, (Chimie.) c’est une dissolution d’ambre à petit feu, ensuite pulvérisé & incorporé avec de l’huile seche. Le docteur Shaw nous indique le procédé de ce vernis.

Prenez, dit-il, quatre onces d’ambre jaune, mettez-les dans un creuset, & faites-les fondre précisément au juste degré de chaleur qui convient à cette substance, c’est-à-dire à très-petit feu. Quand la matiere sera en fusion, versez-la sur une plaque de fer ; lorsqu’elle sera refroidie vous réduirez l’ambre en poudre, & vous y ajouterez deux onces d’huile seche (c’est-à-dire d’huile de semence de lin préparée ou épaissie par un peu de litharge avec laquelle on l’aura fait bouillir), & une pinte d’huile de térébenthine ; faites ensuite fondre le tout ensemble & vous aurez du vernis.

Cette méthode de faire le vernis d’ambre a été regardée jusqu’à présent comme un secret, dont un très-petit nombre de personnes étoient instruites ; cependant il mérite qu’on le rende public, parce que ce procédé peut nous diriger, dans la conduite des moyens propres à perfectionner l’art des vernis, & particulierement celui du Japon, ou dans la maniere de dissoudre l’ambre, d’où dépend la perfection de plusieurs arts, tels en particulier que l’art des embaumemens. On perfectionneroit beaucoup en effet ce dernier, si l’on pouvoit parvenir à conserver le corps humain dans une espece d’enveloppe transparente d’ambre, comme nous voyons les mouches, les araignées, les sauterelles, &c. qu’on conserve de cette maniere dans la plus grande perfection.

Pour parvenir à ce but, du-moins par approximation, on a substitué utilement à l’ambre une belle résine cuite jusqu’à la consistence de colophone, ou sous la forme d’une substance transparente & compacte, quoique fragile ; on fait dissoudre cette résine à une chaleur douce, & l’on y trempe ensuite à plusieurs reprises successivement les corps de quelques insectes, par ce moyen ils sont revêtus de colophone. Cette substance en effet ressemble en quelque façon à l’ambre, il faut seulement avoir soin de la préserver du contact de la poussiere si l’on veut lui conserver sa transparence.

Si l’on pouvoit dissoudre l’ambre sans diminuer sa transparence, ou en former une masse considérable, en unissant par le moyen de la fusion plusieurs morceaux ensemble, ce procédé tendroit non-seulement à perfectionner l’art des embaumemens, mais parviendroit à rendre l’ambre une matiere d’usage dans plusieurs circonstances, au-lieu de bois, de marbre, de glace, d’argent, d’or, & d’autres métaux ; car alors on pourroit en faire aisément différentes especes de vaisseaux & d’instrumens.

Notre expérience pousse encore plus loin la découverte, & nous apprend que l’ambre contient une certaine partie visqueuse, aqueuse ou mucilagineuse. En conséquence il exige ordinairement qu’on le fasse évaporer à un très-grand degré de chaleur avant que de pouvoir se dissoudre aisément dans l’huile, avec laquelle il forme ensuite une substance d’une nature composée de celle d’une huile, d’une gomme, & d’une résine. L’huile éthérée de térébenthine ne la dissoudroit même pas à-moins qu’elle ne fût épaissie, & qu’on ne l’eût rendue propre à ce dessein par le moyen d’une huile seche. Il paroît donc évidemment d’après ces observations, que l’ambre n’est pas seulement résineux, mais aussi mucilagineux ; ainsi lorsqu’on voudra tenter de fondre ensemble de petits morceaux d’ambre pour en former une seule masse, on fera bien de considérer cette substance comme une résine mucilagineuse, & par conséquent propre à se dissoudre ; 1°. dans une huile épaissie par une évaporation préalable de ses parties aqueuses, ou par la destruction de sa portion la plus mucilagineuse ; 2°. il est possible de la dissoudre en la faisant bouillir dans une lessive de sel de tartre ou de chaux vive, ou dans quelque autre substance plus âcre & plus alkaline encore ; 3°. & que le digesteur paroit très-propre à dissoudre cette substance résineuse & mucilagineuse par le moyen d’une huile par expression qu’on ajoute à l’ambre qu’on a d’abord réduit en poudre subtile. On empêche ensuite l’une & l’autre de brûler par l’interposition de l’eau ; nous recommandons sur-tout dans cette opération, une digestion lente & modérée, plutôt qu’un très-grand degré de chaleur. L’expérience que nous venons de donner indique donc trois différentes méthodes pour dissoudre l’ambre sans détruire considérablement sa texture, ou du-moins nous met en état de pouvoir lui rendre sa premiere forme, & d’en refaire une espece d’ambre par une opération très-utile. Shaws, Essais chimical. (D. J.)

Vernis, terme d’Imprimeur, composition de térébenthine & d’huile de noix ou de lin, cuits séparément, puis mêlées & incorporées l’une avec l’autre, dont ils font leur encre à imprimer, en la broyant avec du noir de fumée. (D. J.)

Vernis à la bronze, (Peint.)on le compose en prenant une once de gomme-laque plate, qu’on réduit en poudre très-fine, & qu’ensuite on met dans un matras de verre de Lorraine qui tienne trois demi-septiers, voyez Matras ; alors on verse par-dessus un demi-septier d’esprit-de-vin, & l’on bouche le matras, le laissant reposer quatre jours durant pour laisser dissoudre la gomme laque ; il faut néanmoins pendant ce tems-là remuer le matras, comme en rinçant, quatre ou cinq fois par jour, afin d’empêcher que la gomme laque ne se lie en une masse, & ne s’attache aux parois du matras. Mais si au bout de ces quatre jours la gomme n’est pas dissoute, on mettra le matras sur un petit bain de sable, à un feu très-doux, voyez Bain de sable, pour la faire dissoudre entierement, & lorsque la laque sera dissoute, le vernis sera fait. En mettant l’esprit-de-vin sur la gomme qui est dans le matras, vous le verserez peu-à-peu, afin qu’il pénetre mieux la poudre, & de tems-en-tems il faut cesser de verser l’esprit-de-vin & remuer le matras en rinçant, & continuer jusqu’à ce qu’on y ait mis tout l’esprit-de-vin, pour qu’il soit bien mêlé avec la gomme laque.

Vernis pour les plâtres, prenez quatre gros du plus beau savon, & quatre gros de la plus belle cire blanche dans une pinte d’eau. L’on met l’eau sur les cendres chaudes, l’on ratisse le savon & la cire que l’on fait fondre dans cette eau dans un vase neuf & vernissé : on y trempe le plâtre en le soutenant un moment ; un quart-d’heure après, on le retrempe de même ; cinq ou six jours après, lorsqu’il est entierement sec, on le polit en frottant avec un doigt enveloppé de mousseline. Ce vernis ne fait aucune épaisseur, & conserve au plâtre sa blancheur.

Vernis de plomb, (Arts.) on fait le vernis de plomb en jettant du charbon pilé dans du plomb bien fondu, & en les remuant long-tems ensemble. On en sépare le charbon en le lavant dans l’eau, & le faisant sécher. Les Potiers de terre se servent du vernis de plomb ou de plomb minéral pulvérisé, pour vernir leurs ouvrages. On voit par une lampe vernissée, que M. de Caylus a fait graver dans ses antiquités, que les anciens ont connu l’art de vernir avec le plomb les ouvrages de terre, comme nous le faisons aujourd’hui. Il est vrai qu’il y a peu d’exemples de leurs connoissances dans cette matiere ; mais celle-là suffit pour prouver que les anciens ont connu un très-grand nombre de pratiques des arts, que plusieurs modernes leur ont refusées. (D. J.)

Vernis, s. m. (Poterie de terre.) espece d’enduit brillant que l’on met sur les ouvrages de poterie, & sur ceux de fayance. Le plomb sert à la vernissure de la premiere, & la potée pour vernisser l’autre. (D. J.)

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Étymologie de « vernis »

Wallon, vierni ; prov. vernis, vernitz ; cat. barnis ; esp. barniz ; port. verniz ; ital. vernice ; allem. Firniss ; angl. varnish ; bas-lat. vernicium, fernisium ; d'après Ménage, approuvé par Diez, d'un verbe fictif vitrinire, de vitrinus, qui a le caractère du verre, dérivé de vitrum, verre.

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(1135) Attesté en ancien français sous la forme verniz, « enduit à base de résine » ; du latin médiéval veronice, « résine » (huitième ou neuvième siècle) qui est à l’origine de l'italien vernice, « vernis », attesté au treizième siècle. Le latin est issu du βερενίκη, βερονίκη, vereníkê, veroníkê (« résine, ambre »), du grec ancien βερενίκιον, βερονίκιον, bereníkion, beroníkion (« soude »), nom lui même dérivé de la ville de Bérénice (actuellement Benghazi) d'où était issus ces produits dans l'antiquité.
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Phonétique du mot « vernis »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
vernis vɛrni

Citations contenant le mot « vernis »

  • La netteté est le vernis des maîtres. De Vauvenargues
  • Aucun vernis à ongle ne rajeunit les vieilles mains. De Proverbe allemand
  • L'argent ça achète tout sauf le vernis. De Michel Tremblay / Des nouvelles d'Edouard
  • Grattons tout Québécois et c'est le coureur des bois qui surgit sous le vernis. De Marcel Mélançon / L'Homme de la Manic ou la terre de Caïn
  • Le style doit être comme un vernis transparent : il ne doit pas altérer les couleurs, ou les faits et pensées sur lesquels il est placé. De Stendhal / Mélanges de littérature
  • Le vernis jaune est une couleur idéale pour l’été. Son petit plus ? Elle convient à toutes les carnations. Si votre peau est déjà assez bronzée, optez pour un jaune plus foncé à l’image de la couleur du pissenlit. Si les rayons du soleil n’ont pas encore caressé votre peau, préférez des tons pastel à l’instar du jaune mimosa. , Ces couleurs de vernis à ongles sublimeront votre bronzage - Elle
  • [SHOPPING] Plus respectueux de notre santé et de notre planète, les nouveaux vernis  ongles "green" (re) donnent des lettres de noblesse à la manucure. Petit shopping estival. Topsante.com, Vernis : écolo jusqu'au bout des ongles - Top Santé
  • FAUX. Pour certaines, stocker ses vernis au réfrigérateur permettrait de conserver la qualité du vernis. Mais c'est loin d'être prouvé. On recommande en revanche de conserver son vernis à température ambiante (entre 5 °C et 25 °C) et dans un endroit sec. Et comme la lumière peut affecter certaines couleurs, on préfère les en protéger.  Magazine Avantages, Vrai / Faux : les idées reçues sur le vernis - Magazine Avantages
  • L'entrepreneur fait alors modifier la formule de ses résines pour l'adapter aux ongles. Son produit élaboré, il sillonne la Californie et l'Ouest américain pour le faire tester en salon de beauté. Le succès est au rendez-vous. George Schaeffer s'associe à sa belle-sœur Suzi Weiss-Fischmann, qui déplore que le choix de couleurs de faux ongles ne soit pas plus large et souhaite en étendre les nuances. Ils lancent alors les premiers vernis à ongles O.P.I en 1989. Marie Claire, Vernis à ongles Big Apple Red d'O.P.I - Marie Claire
  • S'ils peuvent être le signe d'une pathologie plus ou moins grave (diabète, jaunisse, mycose...), les ongles jaunes ont en général une cause bénigne, comme la consommation de nicotine ou l'utilisation trop régulière de vernis à ongles. Dans ces cas-là, comment se débarrasser de cette coloration, ô combien inesthétique ? Voilà quelques astuces de grand-mères.  , Fil Info | Nicotine, vernis, ongles jaunes et recettes de grand-mères
  • Et dans ce grand récit du rapport entre identités et style, le vernis à ongles tient une place majeure. David Bowie et Kurt Cobain l'affichaient avec grâce et irrévérence, comme un trait d'union entre les genres musicaux. Des scènes fashion de créateurs comme Marc Jacobs aux publications du rappeur et mannequin A$AP Rocky, son histoire évolue : on parle désormais de "nail art", cet art du vernis qui sublime les mains masculines. , Beauté : pourquoi les hommes se mettent-ils au vernis à ongles ? - Terrafemina
  • A l’initiative du concept, Maëva, une jeune Aixoise diplômée en sciences des cosmétiques. Depuis toujours, sa mère lui inculque la valeur des produits, transvase les restants de ses vernis dans d’autres,  « Car le pinceau est trop court. Au moins, ça ne se gaspille pas », répète-t-elle systématiquement. Un geste a priori écologique, qui met pourtant à mal son corps. C’est ce que découvre sa fille au cours de ses études, un état de faits qui la pousse à repenser notre rapport aux vernis à ongles. Made in Marseille, Clever Beauty, le vernis à ongles bio et anti-gaspi, fabriqué en Provence
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Traductions du mot « vernis »

Langue Traduction
Anglais varnish
Espagnol barniz
Italien vernice
Allemand lack
Chinois
Arabe الورنيش
Portugais verniz
Russe лак
Japonais ワニス
Basque barniz
Corse vernice
Source : Google Translate API

Synonymes de « vernis »

Source : synonymes de vernis sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « vernis »

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