La langue française

Trappe

Définitions du mot « trappe »

Trésor de la Langue Française informatisé

TRAPPE1, subst. fém.

A. − CHASSE. Piège pour prendre des animaux consistant en une fosse creusée dans la terre recouverte de branchages ou d'une planche qui bascule. Synon. chausse-trappe.Trappe à loups; tendre des trappes; visiter ses trappes. Ils (...) retrouvèrent les trappes parfaitement intactes. Aucun animal n'y était tombé, et, cependant, les empreintes étaient nombreuses aux alentours (Verne, Île myst., 1874, p. 202).
P. anal. Piège formé par une planchette sur laquelle s'abat une pièce métallique mue par un ressort; piège constitué par une cage qui se referme sur l'animal vivant. On faisait des trappes à rats en fil de fer (Van der Meersch, Invas. 14, 1935, p. 376).Il avait des idées. À dix ans il avait inventé une trappe à mouches (Queneau, Loin Rueil, 1944, p. 223).
Au fig. Piège. Tomber dans une trappe. À peine engagée dans le vestibule, elle se sentait prise dans une trappe, et le moindre bruit, devant ou derrière elle, lui donnait une suffocation (Maupass.,Contes et nouv., t. 1, Rendez-vous,1889,p. 1112).Et vous, vous êtes un piège. Croyez-vous qu'ils n'ont pas prévu vos paroles? Et qu'il ne s'y cache pas des trappes que nous ne pouvons pas voir? Tout est piège (Sartre, Huis clos, 1944, V, p. 149).
B. −
1. Porte à charnière (ou parfois munie d'une grille) posée horizontalement pour fermer une ouverture pratiquée dans un plancher ou dans un plafond et donnant accès à une cave, à un grenier,... Trappe ouverte; trappe de grenier; trappe d'avion, de bateau; ouvrir, refermer, soulever une trappe; accéder à (une pièce) par une trappe. Les quatre Allemands montèrent dans leur logis par l'échelle qui leur servait tous les soirs. Dès que la trappe fut refermée, la vieille enleva l'échelle (Maupass.,Contes et nouv., t. 2, Mère sauvage,1884,p. 237).La grande cuisine dallée, les placards aux lits clos, une lourde trappe de cave taillée dans le chêne du plancher, semblaient des images de l'ancien eux-mêmes (Malègue, Augustin, t. 1, 1933, p. 194).
2. P. méton. Ouverture ainsi ménagée. Trappe béante; passer par une trappe; disparaître dans une trappe. Au travers d'une trappe pratiquée au plancher, et à l'aide d'une échelle de vaisseau, on arrivait au gîte de mon fils (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 252).Les péniches glissent, portant d'étranges familles. L'homme emmitouflé s'appuie contre la barre, une femme descend dans une trappe (Chardonne, Éva, 1930, p. 51).
Au fig. Envoyer qqc. à la trappe. Sand a ses propres ambiguïtés, mais pour la marginalité « ouverte » elle ne craint personne: avec sa pipe, son pantalon, ses amants, son « gauchisme », elle envoie à la trappe tous les conformismes et déchaîne contre elle d'ignominieuses campagnes (Les Signes du destin, Poissons, Monaco, éd. du Rocher, 1981, p. 42).
3. P. anal.
a) Petite porte à charnières fermant un compartiment, une boîte, etc. Ces tirs au pigeon où des trappes fermées reposent sur des boîtes toujours garnies (Vogüé, Morts, 1899, p. 291).Son bureau, meuble monumental à tiroirs, trappes et casiers (Duhamel, Journal Salav., 1927, p. 163).
b) Porte ou fenêtre qui s'ouvre ou se ferme en se déplaçant dans des glissières. Trappe d'une chatière, d'un poulailler; coulisse de la trappe. L'univers de Sagon se limitait à la manivelle qui commande la trappe coulissante, à une certaine poignée du parachute dont l'emplacement le préoccupa (Saint-Exup., Pilote guerre, 1942, p. 292).[Les loges] ont à leurs deux bouts des portes qui glissent de haut en bas dans des rainures. Toutes ces trappes, d'un bout à l'autre de l'enfilade, sont levées, c'est-à-dire ouvertes (T'Serstevens, Itinér. esp., 1963, p. 156).
4. Spécialement
a) Plaque de tôle placée dans une cheminée pour intercepter l'air froid. Quelle singulière science! ruminait Durtal, en relevant la trappe de sa cheminée et en se chauffant les pieds (Huysmans, Là-bas, t. 1, 1891, p. 134).
b) Petite porte placée sur une cheminée, en général, sur le coffre, pour le ramonage. Thénardier, en arrivant sur le toit du bâtiment-neuf, avait trouvé le reste de la corde de Brujon qui pendait aux barreaux de la trappe supérieure de la cheminée (Hugo, Misér., t. 2, 1862, p. 177).
c) BÂT. Trappe d'accès. ,,Ouvrage permettant l'accès sur la couverture`` (Barb.-Cad. 1963).
d) TECHNOL. Petite porte permettant de fermer un conduit, d'accéder à un mécanisme, à un moteur. Trappe de réservoir (à combustibles); trappe de visite (d'un appareil ménager). La question des ordures ménagères est importante; leur évacuation par des trappes et des conduits ne peut être prévue que dans les agglomérations urbaines (Lar. mén.1926, p. 466).
e) THÉÂTRE Emplacement rond, ovale ou carré pratiqué dans le plancher de la scène et pouvant s'ouvrir et se fermer mécaniquement pour permettre les apparitions et disparitions de personnages. Soudain, de derrière un rocher surgissent (par une trappe) Don Rodrigue et le Chinois (Claudel, Soulier, 1944, 1repart., 1rejournée, 6, p. 965).
5. Arg. Bouche, gosier. Fermer sa trappe. Je vais lui écraser la trappe!... Je veux plus qu'il cause! (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 388).
Prononc. et Orth.: [tʀap]. Homon. trapp, trappe2. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) 1174-77 « piège formé d'une fosse creusée dans le sol et recouverte d'une bascule ou de branchages » (Renart, éd. M. Roques, IIIa, 4766); b) 1176 au fig. « piège, ruse insidieuse » (Chrétien de Troyes, Cligès, éd. A. Micha, 6384); 2. 1260 « panneau, porte fermant une ouverture pratiquée dans un plancher ou un plafond » (Étienne Boileau, Métiers, éd. G.-B. Depping, p. 106); 3. 1694 « porte ou fenêtre mobile dans une coulisse » (Ac.); 4. a) 1755 « plaque mobile de l'ouverture de devant d'un fourneau, par où l'on introduit le bois » (Encyclop. t. 5, p. 201); b) 1872 « porte en tôle d'une cheminée » (Littré); 5. 1761 « partie mobile du plancher de la scène d'un théâtre qui s'ouvre et se referme mécaniquement » (Rousseau, La Nouvelle Héloïse ds Œuvres compl., éd. B. Gagnebin et M. Raymond, t. 2, p. 284); 6. 1936 « bouche, gosier » (Céline, loc. cit.). De l'a. b. frq. *trappa « piège » (cf. le m. néerl. trappe « id. »), att. au vies. sous la forme trappa dans la Loi salique VII, 10 (éd. K. A. Eckhardt, t. 2, 1, 1955, p. 138), de la même famille germ. que le m. néerl. trappe « marche », le b. all. treppe, trappe « id. », et le m. all. treppe « id. ».
DÉR.
Trappillon, subst. masc.,théâtre. Ouverture pratiquée dans le plancher de la scène pour le passage et le jeu des décors. Le trappillon laisse passer les fermes et les chassis (Moynet, Machinerie théâtre, 1893, p. 11).P. métaph. Pour que passe un rayon, Quel brave machiniste Ouvre ce trappillon Sur notre monde triste? (Rostand, Musardises, 1890, p. 36). [tʀ ɑpijɔ ̃]. 1resattest. a) 1772 « ouverture pratiquée dans le plancher de la scène d'un théâtre pour livrer passage aux décors » (Encyclop. t. 31, Machines de théâtre, planche 1), b) 1872 « dispositif qui tient une trappe fermée » (Littré); de trappe1, suff. -illon (-ille*, -on1*).
BBG.Guinet 1982, p. 194. − Hotier Cirque 1973 [1972] p. 130. − Poirier (Cl.). L'Anglicisme au Québec et l'héritage fr. Trav. de ling. québécoise. 2. Québec, 1978, p. 59. − Quem. DDL t. 12.

TRAPPE2, subst. fém.

RELIG. CATH.
A. − [Avec majuscule] Ordre monastique des trappistes; ordre cistercien de la stricte observance, issu de la réforme de l'abbaye de la Trappe par l'abbé de Rancé au xviies. et caractérisé par sa grande austérité. L'ordre de la Trappe; les frères, les moines de la Trappe; aller, entrer à la Trappe. Les rigueurs de la Trappe (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 1, 1840, p. 25).Cîteaux, c'est l'Étroite Observance recodifiée en 1892; c'est la Trappe rétablie en 1813; c'est la Trappe sauvée en 1791 à la Val-Sainte par Augustin de Lestranges; c'est la Trappe restaurée en 1666 par l'Abbé de Rancé (Ch. Grolleau, G. Chastel, La Trappe, 1932, p. 5).
B. −
1. [Avec majuscule] Abbaye de la Trappe dans l'Orne, maison mère de cet ordre. En 1672, on établit à la Trappe l'ancienne manière de jeûner le carême, de ne faire qu'un seul repas et de ne manger qu'à quatre heures du soir. Par ces règlements, Rancé avait mis à exécution ses deux grands projets: prière et silence. La prière n'était suspendue que par le travail (Chateaubr., Rancé, 1920, [1844], p. 175).
2. [Avec ou sans majuscule] Couvent de cet ordre. L'immense prière de tous ceux qui dans la nuit des Chartreuses, des Carmels et des Trappes, supplient, pour l'âme de ceux qui ont oublié leur âme, la miséricorde de Jésus crucifié (Daniel-Rops, Mort, 1934, p. 371).Fromages fabriqués dans les diverses trappes (Courtine1972).
Prononc. et Orth.: [tʀap]. Homon. trapp, trappe1. Étymol. et Hist. 1. a) 1671 La Trappe « abbaye mère de l'ordre » (Mmede Sévigné, Corresp., éd. R. Duchêne, t. 1, p. 221); b) 1671 « lieu où règne le calme, la solitude » (Id., ibid., p. 199); 2. 1691 « ordre des Cisterciens réformés de la stricte observance » (Id., ibid., t. 3, p. 979); 3. 1832 « monastère, abbaye de trappistes » (Raymond). Empl. du nom de l'abbaye de La Trappe (auj. commune de Soligny-la-Trappe dans l'Orne), fondée en 1140 et rénovée au xviies. par Armand-Jean de Rancé.
STAT.Trappe1 et 2. Fréq. abs. littér.: 419. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 408, b) 698; xxes.: a) 728, b) 621.

Trésor de la Langue Française informatisé

TRAPPE1, subst. fém.

A. − CHASSE. Piège pour prendre des animaux consistant en une fosse creusée dans la terre recouverte de branchages ou d'une planche qui bascule. Synon. chausse-trappe.Trappe à loups; tendre des trappes; visiter ses trappes. Ils (...) retrouvèrent les trappes parfaitement intactes. Aucun animal n'y était tombé, et, cependant, les empreintes étaient nombreuses aux alentours (Verne, Île myst., 1874, p. 202).
P. anal. Piège formé par une planchette sur laquelle s'abat une pièce métallique mue par un ressort; piège constitué par une cage qui se referme sur l'animal vivant. On faisait des trappes à rats en fil de fer (Van der Meersch, Invas. 14, 1935, p. 376).Il avait des idées. À dix ans il avait inventé une trappe à mouches (Queneau, Loin Rueil, 1944, p. 223).
Au fig. Piège. Tomber dans une trappe. À peine engagée dans le vestibule, elle se sentait prise dans une trappe, et le moindre bruit, devant ou derrière elle, lui donnait une suffocation (Maupass.,Contes et nouv., t. 1, Rendez-vous,1889,p. 1112).Et vous, vous êtes un piège. Croyez-vous qu'ils n'ont pas prévu vos paroles? Et qu'il ne s'y cache pas des trappes que nous ne pouvons pas voir? Tout est piège (Sartre, Huis clos, 1944, V, p. 149).
B. −
1. Porte à charnière (ou parfois munie d'une grille) posée horizontalement pour fermer une ouverture pratiquée dans un plancher ou dans un plafond et donnant accès à une cave, à un grenier,... Trappe ouverte; trappe de grenier; trappe d'avion, de bateau; ouvrir, refermer, soulever une trappe; accéder à (une pièce) par une trappe. Les quatre Allemands montèrent dans leur logis par l'échelle qui leur servait tous les soirs. Dès que la trappe fut refermée, la vieille enleva l'échelle (Maupass.,Contes et nouv., t. 2, Mère sauvage,1884,p. 237).La grande cuisine dallée, les placards aux lits clos, une lourde trappe de cave taillée dans le chêne du plancher, semblaient des images de l'ancien eux-mêmes (Malègue, Augustin, t. 1, 1933, p. 194).
2. P. méton. Ouverture ainsi ménagée. Trappe béante; passer par une trappe; disparaître dans une trappe. Au travers d'une trappe pratiquée au plancher, et à l'aide d'une échelle de vaisseau, on arrivait au gîte de mon fils (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 252).Les péniches glissent, portant d'étranges familles. L'homme emmitouflé s'appuie contre la barre, une femme descend dans une trappe (Chardonne, Éva, 1930, p. 51).
Au fig. Envoyer qqc. à la trappe. Sand a ses propres ambiguïtés, mais pour la marginalité « ouverte » elle ne craint personne: avec sa pipe, son pantalon, ses amants, son « gauchisme », elle envoie à la trappe tous les conformismes et déchaîne contre elle d'ignominieuses campagnes (Les Signes du destin, Poissons, Monaco, éd. du Rocher, 1981, p. 42).
3. P. anal.
a) Petite porte à charnières fermant un compartiment, une boîte, etc. Ces tirs au pigeon où des trappes fermées reposent sur des boîtes toujours garnies (Vogüé, Morts, 1899, p. 291).Son bureau, meuble monumental à tiroirs, trappes et casiers (Duhamel, Journal Salav., 1927, p. 163).
b) Porte ou fenêtre qui s'ouvre ou se ferme en se déplaçant dans des glissières. Trappe d'une chatière, d'un poulailler; coulisse de la trappe. L'univers de Sagon se limitait à la manivelle qui commande la trappe coulissante, à une certaine poignée du parachute dont l'emplacement le préoccupa (Saint-Exup., Pilote guerre, 1942, p. 292).[Les loges] ont à leurs deux bouts des portes qui glissent de haut en bas dans des rainures. Toutes ces trappes, d'un bout à l'autre de l'enfilade, sont levées, c'est-à-dire ouvertes (T'Serstevens, Itinér. esp., 1963, p. 156).
4. Spécialement
a) Plaque de tôle placée dans une cheminée pour intercepter l'air froid. Quelle singulière science! ruminait Durtal, en relevant la trappe de sa cheminée et en se chauffant les pieds (Huysmans, Là-bas, t. 1, 1891, p. 134).
b) Petite porte placée sur une cheminée, en général, sur le coffre, pour le ramonage. Thénardier, en arrivant sur le toit du bâtiment-neuf, avait trouvé le reste de la corde de Brujon qui pendait aux barreaux de la trappe supérieure de la cheminée (Hugo, Misér., t. 2, 1862, p. 177).
c) BÂT. Trappe d'accès. ,,Ouvrage permettant l'accès sur la couverture`` (Barb.-Cad. 1963).
d) TECHNOL. Petite porte permettant de fermer un conduit, d'accéder à un mécanisme, à un moteur. Trappe de réservoir (à combustibles); trappe de visite (d'un appareil ménager). La question des ordures ménagères est importante; leur évacuation par des trappes et des conduits ne peut être prévue que dans les agglomérations urbaines (Lar. mén.1926, p. 466).
e) THÉÂTRE Emplacement rond, ovale ou carré pratiqué dans le plancher de la scène et pouvant s'ouvrir et se fermer mécaniquement pour permettre les apparitions et disparitions de personnages. Soudain, de derrière un rocher surgissent (par une trappe) Don Rodrigue et le Chinois (Claudel, Soulier, 1944, 1repart., 1rejournée, 6, p. 965).
5. Arg. Bouche, gosier. Fermer sa trappe. Je vais lui écraser la trappe!... Je veux plus qu'il cause! (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 388).
Prononc. et Orth.: [tʀap]. Homon. trapp, trappe2. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) 1174-77 « piège formé d'une fosse creusée dans le sol et recouverte d'une bascule ou de branchages » (Renart, éd. M. Roques, IIIa, 4766); b) 1176 au fig. « piège, ruse insidieuse » (Chrétien de Troyes, Cligès, éd. A. Micha, 6384); 2. 1260 « panneau, porte fermant une ouverture pratiquée dans un plancher ou un plafond » (Étienne Boileau, Métiers, éd. G.-B. Depping, p. 106); 3. 1694 « porte ou fenêtre mobile dans une coulisse » (Ac.); 4. a) 1755 « plaque mobile de l'ouverture de devant d'un fourneau, par où l'on introduit le bois » (Encyclop. t. 5, p. 201); b) 1872 « porte en tôle d'une cheminée » (Littré); 5. 1761 « partie mobile du plancher de la scène d'un théâtre qui s'ouvre et se referme mécaniquement » (Rousseau, La Nouvelle Héloïse ds Œuvres compl., éd. B. Gagnebin et M. Raymond, t. 2, p. 284); 6. 1936 « bouche, gosier » (Céline, loc. cit.). De l'a. b. frq. *trappa « piège » (cf. le m. néerl. trappe « id. »), att. au vies. sous la forme trappa dans la Loi salique VII, 10 (éd. K. A. Eckhardt, t. 2, 1, 1955, p. 138), de la même famille germ. que le m. néerl. trappe « marche », le b. all. treppe, trappe « id. », et le m. all. treppe « id. ».
DÉR.
Trappillon, subst. masc.,théâtre. Ouverture pratiquée dans le plancher de la scène pour le passage et le jeu des décors. Le trappillon laisse passer les fermes et les chassis (Moynet, Machinerie théâtre, 1893, p. 11).P. métaph. Pour que passe un rayon, Quel brave machiniste Ouvre ce trappillon Sur notre monde triste? (Rostand, Musardises, 1890, p. 36). [tʀ ɑpijɔ ̃]. 1resattest. a) 1772 « ouverture pratiquée dans le plancher de la scène d'un théâtre pour livrer passage aux décors » (Encyclop. t. 31, Machines de théâtre, planche 1), b) 1872 « dispositif qui tient une trappe fermée » (Littré); de trappe1, suff. -illon (-ille*, -on1*).
BBG.Guinet 1982, p. 194. − Hotier Cirque 1973 [1972] p. 130. − Poirier (Cl.). L'Anglicisme au Québec et l'héritage fr. Trav. de ling. québécoise. 2. Québec, 1978, p. 59. − Quem. DDL t. 12.

TRAPPE2, subst. fém.

RELIG. CATH.
A. − [Avec majuscule] Ordre monastique des trappistes; ordre cistercien de la stricte observance, issu de la réforme de l'abbaye de la Trappe par l'abbé de Rancé au xviies. et caractérisé par sa grande austérité. L'ordre de la Trappe; les frères, les moines de la Trappe; aller, entrer à la Trappe. Les rigueurs de la Trappe (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 1, 1840, p. 25).Cîteaux, c'est l'Étroite Observance recodifiée en 1892; c'est la Trappe rétablie en 1813; c'est la Trappe sauvée en 1791 à la Val-Sainte par Augustin de Lestranges; c'est la Trappe restaurée en 1666 par l'Abbé de Rancé (Ch. Grolleau, G. Chastel, La Trappe, 1932, p. 5).
B. −
1. [Avec majuscule] Abbaye de la Trappe dans l'Orne, maison mère de cet ordre. En 1672, on établit à la Trappe l'ancienne manière de jeûner le carême, de ne faire qu'un seul repas et de ne manger qu'à quatre heures du soir. Par ces règlements, Rancé avait mis à exécution ses deux grands projets: prière et silence. La prière n'était suspendue que par le travail (Chateaubr., Rancé, 1920, [1844], p. 175).
2. [Avec ou sans majuscule] Couvent de cet ordre. L'immense prière de tous ceux qui dans la nuit des Chartreuses, des Carmels et des Trappes, supplient, pour l'âme de ceux qui ont oublié leur âme, la miséricorde de Jésus crucifié (Daniel-Rops, Mort, 1934, p. 371).Fromages fabriqués dans les diverses trappes (Courtine1972).
Prononc. et Orth.: [tʀap]. Homon. trapp, trappe1. Étymol. et Hist. 1. a) 1671 La Trappe « abbaye mère de l'ordre » (Mmede Sévigné, Corresp., éd. R. Duchêne, t. 1, p. 221); b) 1671 « lieu où règne le calme, la solitude » (Id., ibid., p. 199); 2. 1691 « ordre des Cisterciens réformés de la stricte observance » (Id., ibid., t. 3, p. 979); 3. 1832 « monastère, abbaye de trappistes » (Raymond). Empl. du nom de l'abbaye de La Trappe (auj. commune de Soligny-la-Trappe dans l'Orne), fondée en 1140 et rénovée au xviies. par Armand-Jean de Rancé.
STAT.Trappe1 et 2. Fréq. abs. littér.: 419. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 408, b) 698; xxes.: a) 728, b) 621.

Wiktionnaire

Nom commun

trappe \tʁap\ féminin

  1. Sorte de porte posée horizontalement sur une ouverture au niveau du sol.
    • Au bout de vingt minutes, ils découvrirent une espèce de trappe. Des cris faibles et inarticulés se faisaient entendre au-dessous. [… ] Ce ne fut qu’après un temps assez long et avec des peines infinies qu’ils parvinrent à lever la trappe. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
  2. (Par extension) Cette ouverture elle-même.
    • Monter dans un grenier par une trappe.
  3. Sorte de porte, de fenêtre qui se hausse et qui se baisse dans une coulisse.
    • Fermer la trappe du colombier. Aux cages des bêtes féroces il y a ordinairement des trappes.
  4. Plaque de tôle, de fonte placée dans une cheminée pour la fermer à l’occasion.
    • Baisser la trappe.
  5. (Chasse) Trou que l’on fait en terre et que l’on couvre d’une bascule ou de branchages et de feuillages, afin qu’une bête sauvage, venant à passer sur la bascule ou sur les branchages, tombe dans le trou.
    • Ces trappes consistaient uniquement en lourds madriers, supportés sur un 4 formé de trois morceaux de bois, disposés dans un équilibre instable, et dont le moindre attouchement provoquait la chute. C'était, sur une grande échelle, la trappe même que les oiseleurs tendent dans les champs. L'extrémité du morceau de bois horizontal était amorcée au moyen de débris de venaison, et tout animal de moyenne taille, renard ou martre, qui y portait la patte, ne pouvait manquer d'être écrasé. Telles sont les trappes que les fameux chasseurs, dont Cooper a si poétiquement raconté la vie aventureuse, …. — (Jules Verne, Le Pays des fourrures, J. Hetzel et Cie, Paris, 1873)
  6. Maison de trappistes. → voir Trappe
    • Se retirer dans une trappe.
  7. (Architecture des ordinateurs) Interruption émise par le processeur en réaction à la détection par le matériel d'une erreur logicielle.
    • Aussi, de la même manière que pour les interruptions, une trappe est caractérisée par un numéro et un gestionnaire de trappe lui est associé, dont l’adresse en mémoire est rangée dans la table des vecteurs d’interruptions. — (http://desvigne.org/cours/NSY-103/NSY-103--notes_de_cours1.0b.doc)
  8. (Par extension) (Québec) (Vulgaire) La bouche.

Forme de verbe

trappe \tʁap\

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de trapper.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de trapper.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de trapper.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de trapper.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de trapper.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

TRAPPE (tra-p') s. f.
  • 1Porte posée horizontalement sur une ouverture à rez-de-chaussée ou au niveau du plancher. Ces deux hommes levèrent une grande trappe de bois, couverte de terre et de broussailles, qui cachait l'entrée d'une longue allée en pente et souterraine, Lesage, Gil Blas, I, 3.
  • 2L'ouverture elle-même. Monter au premier par une trappe.
  • 3Espèce de porte, de fenêtre qui se hausse et qui se baisse dans une coulisse. La trappe d'un colombier.
  • 4Espèce de porte en tôle, dans une cheminée à la prussienne ou autre.

    Pièce de tôle servant à intercepter l'air froid d'une cheminée.

    Petite porte que l'on place sur un coffre de cheminée pour le service des ramoneurs.

  • 5Pièce de fer qui s'engage dans les dents du cric des berlines.
  • 6Piége pour prendre des bêtes, formé d'un trou pratiqué en terre et recouvert de branchages, ou d'une bascule. Tendre une trappe. Dresser une trappe.

HISTORIQUE

XIIe s. …cil qui delivrera Tous ces qui sont pris à la trape Au reaume dont nus n'eschape, la Charrette, 1934.

XIIIe s. Ne huchier ne huissier ne pueent [peuvent] ne ne doivent faire ne trappe ne huis ne fenestre, sans goujons de fust ou de fer par leurs seremens, Liv. des mét. 106. Or est Renart en male trape, Que li chien durement le hape, Ren. 2059.

XVe s. Chien et chat, la trape aux souris, Deschamps, Poésies mss. f° 418.

XVIe s. De vous tenir près des herses, trappes et bacules, de peur qu'on ne les abatte, Carloix, V, 12. Qui fait la trappe, qu'il n'y cheie, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 392. La trape des cieux, Cotgrave Toute personne prenant, en quelque part que ce soit, pigeons à trappe, fillets, ou collets, est par laditte coustume punissable comme ayant commis larcin, Coust. gén. t. I, p. 244.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. TRAPPE. Ajoutez :
7 Planche de hêtre, dite aussi doublette, de 0m,33 largeur, et 0m,075 à 0m,081 épaisseur, Nanquette, Exploit. débit et estim. des bois, Nancy, 1868, p. 79.
8Retraite à pigeons (voy. TRIE 2 au Supplément).
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

TRAPPE, s. f. (Archit.) fermeture de bois composée d’un fort chassis & d’un ou deux venteaux, qui étant au niveau de l’aire de l’étage au rez-de-chaussée, couvre une descente de cave. (D. J.)

Trappe, s. f. (terme de Chasse.) sorte de piege qu’on met dans une fosse ou autre lieu pour prendre les loups, les renards & autres bêtes carnacieres. (D. J.)

Trappe, moines de la, (Géog. mod.) cette abbaye est de l’ordre de Citeaux, située dans un grand vallon de la province du Perche, diocèse de Seez, entre les villes de Seez, de Mortagne, de Verneuil & de l’Aigle. Les collines & les forêts qui environnent cette abbaye, sont disposées de telle sorte, qu’elles semblent vouloir la cacher au reste de la terre. Elles enferment des terres labourables, des plans d’arbres fruitiers, des pâturages, & neuf étangs qui sont autour du monastere, & qui en rendent les approches si difficiles, que l’on a besoin d’un guide pour y arriver.

Cette abbaye fut fondée en 1140 par Rotrou, comte de Perche, & consacrée sous le nom de la sainte Vierge en 1214, par Robert, archevêque de Rouen. Rien n’est plus solitaire que ce désert ; car quoiqu’il y ait plusieurs bourgades à trois lieues à l’entour, il semble pourtant qu’on soit dans une terre étrangere & dans un autre pays. Le silence regne partout ; si l’on entend du bruit, ce n’est que le bruit des arbres lorsqu’ils sont agités des vents, & celui de quelques ruisseaux qui coulent parmi des cailloux.

Les religieux de la Trappe se couchent en été à huit heures, & en hiver à sept. Ils se levent la nuit à deux heures pour aller à matines, ce qui dure jusqu’à quatre heures & demie. Une heure après ils disent prime, & se rendent ensuite au chapitre. Sur les sept heures ils vont à leurs divers travaux jusqu’à huit heures & demi, qu’on dit tierce, la messe & sexte ; après cela ils reviennent dans leur chambre, vont ensuite chanter none, & se rendent au réfectoire à midi.

Les tables sont propres, nues & sans nappe. Ils ont devant eux du pain, un pot d’eau & chopine de Paris de cidre. Leur potage est sans beurre & sans huile ; leurs sausses sont d’eau épaissie avec un peu de gruau & de sel. Une heure après le repas, ils retournent au travail du matin. A six heures on dit complies, à sept on sonne la retraite ; chacun se couche sur des ais où il y a une paillasse piquée, un oreiller rempli de paille & une couverture. Tout cela se fait en silence, & sans aucun entretien des uns avec les autres.

L’abbaye de la Trappe étoit tombée dans un grand relâchement, lorsque M. l’abbé de Rancé l’a reformée. Sa vie a été donnée ou plutôt déguisée au public sous les couleurs de la pure adulation, par M. de Maupeou, M. Marsolier, & dom le Nain, frere de M. de Tillemont.

Dom Armand Jean le Bouthillier de Rancé, dit M. de Voltaire, commença par traduire Anacréon, & institua la réforme effrayante de la Trappe en 1664. Il se dispensa, comme législateur, de la loi qui force ceux qui vivent dans ce tombeau, à ignorer ce qui se passe sur la terre. Quelle inconstance dans l’homme ! Après avoir fondé & gouverné son institut, il se démit de sa place, & voulut la reprendre. Il mourut en 1700, à 74 ans.

Au reste les lecteurs curieux de plus grands détails peuvent lire la description de l’abbaye de la Trappe par Félibien, Paris 1671 & 1692, in-8°. (D. J.)

Trappe, abbaye de la, (Hist. ecclés.) elle est de l’ordre de Cîteaux, située dans le Perche, aux confins de la Normandie, à quatre lieues de Mortagne, vers le nord ; elle fut fondée par Rotrou comte de Perche en 1140, sous le pontificat d’Innocent II & le regne de Louis VII. elle fut dans son origine de l’ordre de Savigny ; en 1148. Seslon quatrieme abbé de Savigny, réunit son ordre à celui de Cîteaux, à la sollicitation & par l’entremise de S. Bernard. En 1214 l’église de l’abbaye de la Trappe fut consacrée sous le nom de la sainte Vierge ; en 1200, la comtesse Matilde avoit fondé l’abbaye des Clairistes ; l’abbé de la Trappe fut le premier abbé de cette abbaye de femmes, & ses successeurs ont encore le droit d’en élire les peres & supérieurs. La Trappe d’abord fut célebre par la sainteté de ses premiers religieux ; mais ils dégénererent, sort de toutes les choses humaines, de la vertu de leurs fondateurs. L’abbaye de la Trappe fut plusieurs fois saccagée par les Anglois, pendant les guerres que nous avions alors avec eux. Les religieux de la Trappe eurent le courage de demeurer quelque tems dans leur maison ; la continuité du péril auquel ils étoient exposés, les en chassa ; la guerre venant à cesser, ils rentrerent tous dans leur monastere ; mais ils avoient eu le tems de se corrompre dans le monde. En 1526, la Trappe eut des abbés commendataires ; en 1662, l’abbé Jean le Boutilier de Rancé, converti non par la mort subite, je crois, de la belle madame de Montbazon, dont il étoit amant favorisé, mais par une circonstance extraordinaire qui l’a suivie, porta la réforme la plus austere à la Trappe. C’est-là que se retirent ceux qui ont commis quelques crimes secrets dont les remords les poursuivent ; ceux qui sont tourmentés de vapeurs mélancoliques & religieuses ; ceux qui ont oublié que Dieu est le plus miséricordieux des peres, & qui ne voient en lui que le plus cruel des tyrans ; ceux qui réduisent à rien les souffrances, la mort, & la passion de Jesus-Christ, & qui ne voient la religion que du côté effrayant & terrible. C’est de-là que partent des cris, & là que sont pratiquées des austérités qui abregent la vie, & qui font injure à la divinité.

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Étymologie de « trappe »

De l’ancien français trape, de l’ancien bas francique *trappa « pas, piège » (cf. néerlandais trap « coup de pied ; escalier »), que l'on peut déduire du latin médiéval trappa ; apparenté à l’allemand Treppe « escalier », au norvégien régional tropp « marche d’escalier » ; l'anglais trap a conservé le sens original de « piège » ; → voir trépigner.
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Provenç. trapa ; espagn. trampa ; portug. trapa ; ital. trappola ; du bas-lat. trappa (qui est dans la loi salique), lequel vient de l'anc. haut-all. trapo, piége.

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Phonétique du mot « trappe »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
trappe trap

Citations contenant le mot « trappe »

  • MONTRÉAL — Le mouvement pour la régularisation des travailleurs essentiels qui demandent l’asile craint de passer à la trappe, deux mois après que Québec et Ottawa se sont engagés à reconnaître la contribution de ces «anges gardiens». L’actualité, Le mouvement pour régulariser les demandeurs d'asile craint de passer à la trappe | L’actualité
  • Photographier, c'est tendre un piège. Soit on met en place la trappe et on attend que la victime tombe dedans, et on appelle cela du reportage ; soit on déplace la trappe pour qu'elle tombe dedans à coup sûr, et on parle d'art. De Pierre Movila / Petits écrits à propos de la boite à image - 1998

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Traductions du mot « trappe »

Langue Traduction
Anglais hatch
Espagnol escotilla
Italien schiudere
Allemand luke
Chinois 孵化
Arabe فقس
Portugais escotilha
Russe люк
Japonais ハッチ
Basque eskotila
Corse cova
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Synonymes de « trappe »

Source : synonymes de trappe sur lebonsynonyme.fr

Trappe

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