La langue française

Tortiller

Sommaire

  • Définitions du mot tortiller
  • Étymologie de « tortiller »
  • Phonétique de « tortiller »
  • Citations contenant le mot « tortiller »
  • Traductions du mot « tortiller »
  • Synonymes de « tortiller »
  • Antonymes de « tortiller »

Définitions du mot tortiller

Trésor de la Langue Française informatisé

TORTILLER, verbe

A. − Empl. trans.
1. Tordre une chose souple plusieurs fois et de façon plus ou moins régulière. Tortiller du fil, de la ficelle, un mouchoir, un ruban, ses cheveux. Laurence, assise sur le tabouret du piano, tortillait nerveusement une rose entre ses doigts (Theuriet, Mais. deux barbeaux, 1879, p. 64).M. Guérou prit un journal sur la table, en fit une espèce de torche, qu'il acheva de tortiller soigneusement, l'alluma, saisit la liasse et jeta le tout, pêle-mêle, dans la cheminée (Bernanos, Imposture, 1927, p. 433).
Empl. pronom. réfl. indir. L'officier se tortille la barbiche, l'impériale (Arnoux, Paris, 1939, p. 328).
a) Spécialement
α) MENUIS. Tortiller une mortaise. ,,L'ouvrir avec un laceret ou une tarière`` (Barb.-Cad. 1971).
β) RELIURE, vieilli. ,,Tordre les ficelles du dos d'un livre quand elles ont été mises à la colle`` (Chesn. t. 2 1858).
b) Tortiller ses/les doigts, ses/les oreilles (de qqn). Les tordre, les tourner et les retourner. Petit drôle, dit l'abbé souriant et prenant l'oreille de Lucien pour la lui tortiller avec une familiarité quasi royale (Balzac, Illus. perdues, 1843, p. 712).Des petites filles en costumes locaux s'approchèrent de nos tables. (...) Au moindre geste, (...) elles tressaillaient, tortillaient leurs doigts, cachaient leurs cheveux (Barrès, Voy. Sparte, 1906, p. 41).
2. Remuer en ondulant.
Pop., fam. Tortiller ses fesses, son derrière, sa croupe. Leur imprimer un mouvement exagéré de balancement. Il pleuvait drôlement sur sa mercerie, à cette belle blonde (...) qui tortillait tant son derrière, autrefois, dans sa belle boutique bleue (Zola, Assommoir, 1877, p. 701).
Empl. pronom. Se tordre, se tourner de côté et d'autre, se trémousser. Dans les réunions publiques, il lui arrivait, en fin de séance, après être demeuré deux heures à se tortiller sur son banc, de bondir tout à coup à la tribune (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 42).Le café des Deux Magots (...) est un établissement assez prétentieux (...) où des Américaines (...), viennent bâiller et se tortiller devant les derniers surréalistes (Fargue, Piéton Paris, 1939, p. 158).
Se tortiller comme un ver. Gesticuler de tous côtés. [Flore] se tortillera comme un ver, elle jappera, elle fondra en larmes (Balzac, Rabouill., 1842, p. 517).
3. Arg. ou pop.
a) Manger. Monsieur confesse qu'à vrai dire il tortillerait volontiers quelque chose. On se met à table (Courteline, Vie mén., Retour du territ., 1927, p. 212).
Absol. J'avais une si belle faim, que je fis l'admiration de la troupe. « À la bonne heure! dit Biboche (...) c'est plaisir d'inviter des amis qui tortillent comme çà » (Malot, R. Kalbris, 1869, p. 191).
b) Vaincre, battre quelqu'un (dans un jeu ou un combat). Salut, Pépito, qu'est-ce que tu racontes à ce damier? [demanda Bernard] − J'm'exerce pour battre Jacquot. Cette petite rosse m'a tortillé comme un bleu, l'autre soir qu'il est venu (Fallet, Banl. Sud-Est, 1947, p. 207).
c) Tuer, faire mourir. Elle raconta l'agonie de Madame Bijard (...) Le ventre a enflé. Sans doute, il lui avait cassé quelque chose à l'intérieur. Mon dieu! en trois jours, elle a été tortillée (Zola, Assommoir, 1877, p. 614):
... Nicolo disait au serrurier: − Vois-tu, l'enfant, pour tortiller proprement un homme, ce n'est pas plus malin que ça... On lui prend le cou entre ses dix doigts, et puis on appuie le pouce juste sur la pomme d'Adam, tu sais? On appuye un coup sec, bien fort... Et v'là tout, l'homme est flambé! Ponson du Terr., Rocambole, t. 1, 1859, p. 546.
4. Au fig., fam. Rendre plus compliqué en prenant des détours. Tortiller sa pensée, ses idées. Ils ont fourré des participes, tendu des embûches de pluriels équivoques, dans cette dictée qui arrive à n'avoir plus aucun sens, tant ils ont tortillé et hérissé toutes les phrases (Colette, Cl. école, 1900, p. 195).
B. − Empl. intrans.
1. Tortiller des hanches, des fesses, de la croupe. Se déplacer avec un déhanchement exagéré. Chemin faisant, à la recherche d'un gîte, nous apercevons deux petites femmes qui tortillent des hanches; nous les suivons (Huysmans, Soir. Médan, Sac au dos, 1880, p. 134).
Empl. pronom. Se tordre avec des mouvements répétés. C'était un gamin de quatorze ans que les gardes-marine avaient découvert à fond de cale et amené au patron de la barque.Vingt coups de garcette, s'était écrié le capitaine, et flanquez-le-moi par-dessus bord! Le pauvre gosse se tortillait de la croupe, hurlait, invoquait la sainte Vierge (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 11).
2. Vx, pop. Tortiller de l'œil. Mourir. Synon. tourner de l'œil*.Mon cher Monsieur Eugène, répondit-elle, vous savez tout comme moi que le père Goriot n'a plus le sou. Donner des draps à un homme en train de tortiller de l'œil, c'est les perdre, d'autant qu'il faudra bien en sacrifier un pour le linceul (Balzac, Goriot, 1835, p. 300).
3. Au fig.
a) Pop., fam. User de détours, de subterfuges. Synon. hésiter, louvoyer, tergiverser.Carabin, répliquait une voix de femme, parlez-moi avec la franchise de votre âge. Je veux sauver mon Jérôme, voyez-vous. Si vous n'êtes pas de force, avouez-le sans tortiller. J'irai chercher M. Dupeytrin, s'il le faut. Il en coûtera ce qu'il en coûtera (Reybaud, J. Paturot, 1842, p. 40).
Locutions (Il n')y a pas à tortiller (pop., fam.). Il n'y a pas à hésiter. − Il n'y a plus à tortiller, s'écria Pierrefonds: Notre argent, nos papiers, et bon voyage. Vous voyez vous-même comme ça chauffe, Monsieur Maurice (Gozlan, Notaire, 1836, p. 261).Voici mon plan de campagne. Demain, Ferdinand, tu t'arranges pour que maman t'accompagne à Paris. Pas à tortiller. Le prétexte est simple (Duhamel, Terre promise, 1934, p. 190).
Y a pas à tortiller du cul (pour chier droit) (vulg.). S'il avait été tué, on lui aurait trouvé son corps, on l'aurait eu vu d'l'observatoire. Y a pas à tortiller du cul et des fesses (Barbusse, Feu, 1916, p. 255).
b) Arg. Avouer. Synon. se mettre à table*.Sur quatre que vous étiez [pour ce vol], il y en a un qui a tortillé (Vidocq, Mém., t. 3, 1828-29, p. 202).
C. − Empl. pronom.
1. Se tortiller + compl. prép.
a) S'enrouler sur soi ou autour de quelque chose. Quelques vignes maigres se tortillent autour de leurs échalas (Hugo, Rhin, 1842, p. 135).Ses petits cheveux, frisés en toison, des cheveux de soie fine et d'or pâle (...) se tortillaient sur sa tête en mille boucles (Goncourt, Man. Salomon, 1867, p. 351).
b) Effectuer un parcours sinueux ou en spirale; tourner. Une petite route se tortillait de plaisir entre des boqueteaux et des prairies (Romains, Copains, 1913, p. 126).Tous ces escaliers suivis de rampes noires, qui mènent en se tortillant dans les étages et les caves (Triolet, Prem. accroc, 1945, p. 182).
2. [Sans compl. prép.]
a) Adopter une forme enroulée; s'enrouler sur soi-même. Les balcons, les grilles, les frises, rien n'est droit, tout se tortille, se contourne, s'épanouit en fleurons, en volutes, en chicorées (Gautier, Tra los montes, 1843, p. 301).
b) Au fig. User de complications, faire des efforts désespérés pour. Quand je vois que nos artistes se tortillent à chercher du nouveau et de l'inouï, je me permets de rire (Alain, Propos, 1921, p. 226).
Empl. pronom. réfl. indir. Et voilà cette poseuse à se tortiller (...) l'esprit à l'effet de nous étonner par l'originalité de ses idées (Goncourt, Journal, 1894, p. 602).
REM.
Tortillé, -ée, part. passé en empl. adj.,hérald. [En parlant de la tête de Maure] Dont le tortil est d'un autre émail qu'argent (d'apr. Crayencour Hérald. 1985).
Prononc. et Orth.: [tɔ ʀtije], (il) tortille [tɔ ʀtij]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. Verbe trans. 1. ca 1200 tortoiller « tordre serré » (Roman de Renart, éd. M. Roques, branche V, 12799); 1752 tortiller une mortoise (Trév. Suppl.); 1858 tortiller les ficelles (Chesn. t. 2); 2. 1360-70 « tourner de çà de là à plusieurs reprises » (Baudoin de Sebourc, XVII, 138 ds Gdf. Compl.); 1573 se tortiller la queue (Larivey, Nuits de Strapar., t. I, p. 93, ibid.); 3. 1821 « manger » (Ansiaume, Bagne Brest, fo35, ro,435). B. Verbe intrans. 1. 1640 tortiller des fesses (Oudin Curiositez); 1690 tortiller du cul (Fur.); 1783 tortiller des hanches (Beaumarchais, Mariage de Figaro, III, 5); 2. 1669 « chercher des détours, des subterfuges » (Widerhold Fr.-all.); 1723 il n'y a pas à tortiller (Guy, Voyage Littérature de la Grèce, p. 199); 3. 1808 tortiller de l'œil (Hautel t. 2). C. Verbe pronom. 1. 1768 « se tordre avec des mouvements répétés » (Diderot, Salon de 1767, p. 186); 2. 1842 « être disposé en spirale » (Hugo, loc. cit.); 3. 1842 « faire des efforts en vue de quelque chose » (Sue, Myst. Paris, t. 3, p. 29). Dér. régr. de entortiller* plutôt qu'issu d'un lat. pop. *tortiliare, dont l'existence n'est appuyée par aucune forme rom. (FEW t. 4, p. 771). Fréq. abs. littér.: 263. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 163, b) 555; xxes.: a) 423, b) 420. Bbg. Quem. DDL t. 19, 32.

Trésor de la Langue Française informatisé

TORTILLER, verbe

A. − Empl. trans.
1. Tordre une chose souple plusieurs fois et de façon plus ou moins régulière. Tortiller du fil, de la ficelle, un mouchoir, un ruban, ses cheveux. Laurence, assise sur le tabouret du piano, tortillait nerveusement une rose entre ses doigts (Theuriet, Mais. deux barbeaux, 1879, p. 64).M. Guérou prit un journal sur la table, en fit une espèce de torche, qu'il acheva de tortiller soigneusement, l'alluma, saisit la liasse et jeta le tout, pêle-mêle, dans la cheminée (Bernanos, Imposture, 1927, p. 433).
Empl. pronom. réfl. indir. L'officier se tortille la barbiche, l'impériale (Arnoux, Paris, 1939, p. 328).
a) Spécialement
α) MENUIS. Tortiller une mortaise. ,,L'ouvrir avec un laceret ou une tarière`` (Barb.-Cad. 1971).
β) RELIURE, vieilli. ,,Tordre les ficelles du dos d'un livre quand elles ont été mises à la colle`` (Chesn. t. 2 1858).
b) Tortiller ses/les doigts, ses/les oreilles (de qqn). Les tordre, les tourner et les retourner. Petit drôle, dit l'abbé souriant et prenant l'oreille de Lucien pour la lui tortiller avec une familiarité quasi royale (Balzac, Illus. perdues, 1843, p. 712).Des petites filles en costumes locaux s'approchèrent de nos tables. (...) Au moindre geste, (...) elles tressaillaient, tortillaient leurs doigts, cachaient leurs cheveux (Barrès, Voy. Sparte, 1906, p. 41).
2. Remuer en ondulant.
Pop., fam. Tortiller ses fesses, son derrière, sa croupe. Leur imprimer un mouvement exagéré de balancement. Il pleuvait drôlement sur sa mercerie, à cette belle blonde (...) qui tortillait tant son derrière, autrefois, dans sa belle boutique bleue (Zola, Assommoir, 1877, p. 701).
Empl. pronom. Se tordre, se tourner de côté et d'autre, se trémousser. Dans les réunions publiques, il lui arrivait, en fin de séance, après être demeuré deux heures à se tortiller sur son banc, de bondir tout à coup à la tribune (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 42).Le café des Deux Magots (...) est un établissement assez prétentieux (...) où des Américaines (...), viennent bâiller et se tortiller devant les derniers surréalistes (Fargue, Piéton Paris, 1939, p. 158).
Se tortiller comme un ver. Gesticuler de tous côtés. [Flore] se tortillera comme un ver, elle jappera, elle fondra en larmes (Balzac, Rabouill., 1842, p. 517).
3. Arg. ou pop.
a) Manger. Monsieur confesse qu'à vrai dire il tortillerait volontiers quelque chose. On se met à table (Courteline, Vie mén., Retour du territ., 1927, p. 212).
Absol. J'avais une si belle faim, que je fis l'admiration de la troupe. « À la bonne heure! dit Biboche (...) c'est plaisir d'inviter des amis qui tortillent comme çà » (Malot, R. Kalbris, 1869, p. 191).
b) Vaincre, battre quelqu'un (dans un jeu ou un combat). Salut, Pépito, qu'est-ce que tu racontes à ce damier? [demanda Bernard] − J'm'exerce pour battre Jacquot. Cette petite rosse m'a tortillé comme un bleu, l'autre soir qu'il est venu (Fallet, Banl. Sud-Est, 1947, p. 207).
c) Tuer, faire mourir. Elle raconta l'agonie de Madame Bijard (...) Le ventre a enflé. Sans doute, il lui avait cassé quelque chose à l'intérieur. Mon dieu! en trois jours, elle a été tortillée (Zola, Assommoir, 1877, p. 614):
... Nicolo disait au serrurier: − Vois-tu, l'enfant, pour tortiller proprement un homme, ce n'est pas plus malin que ça... On lui prend le cou entre ses dix doigts, et puis on appuie le pouce juste sur la pomme d'Adam, tu sais? On appuye un coup sec, bien fort... Et v'là tout, l'homme est flambé! Ponson du Terr., Rocambole, t. 1, 1859, p. 546.
4. Au fig., fam. Rendre plus compliqué en prenant des détours. Tortiller sa pensée, ses idées. Ils ont fourré des participes, tendu des embûches de pluriels équivoques, dans cette dictée qui arrive à n'avoir plus aucun sens, tant ils ont tortillé et hérissé toutes les phrases (Colette, Cl. école, 1900, p. 195).
B. − Empl. intrans.
1. Tortiller des hanches, des fesses, de la croupe. Se déplacer avec un déhanchement exagéré. Chemin faisant, à la recherche d'un gîte, nous apercevons deux petites femmes qui tortillent des hanches; nous les suivons (Huysmans, Soir. Médan, Sac au dos, 1880, p. 134).
Empl. pronom. Se tordre avec des mouvements répétés. C'était un gamin de quatorze ans que les gardes-marine avaient découvert à fond de cale et amené au patron de la barque.Vingt coups de garcette, s'était écrié le capitaine, et flanquez-le-moi par-dessus bord! Le pauvre gosse se tortillait de la croupe, hurlait, invoquait la sainte Vierge (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 11).
2. Vx, pop. Tortiller de l'œil. Mourir. Synon. tourner de l'œil*.Mon cher Monsieur Eugène, répondit-elle, vous savez tout comme moi que le père Goriot n'a plus le sou. Donner des draps à un homme en train de tortiller de l'œil, c'est les perdre, d'autant qu'il faudra bien en sacrifier un pour le linceul (Balzac, Goriot, 1835, p. 300).
3. Au fig.
a) Pop., fam. User de détours, de subterfuges. Synon. hésiter, louvoyer, tergiverser.Carabin, répliquait une voix de femme, parlez-moi avec la franchise de votre âge. Je veux sauver mon Jérôme, voyez-vous. Si vous n'êtes pas de force, avouez-le sans tortiller. J'irai chercher M. Dupeytrin, s'il le faut. Il en coûtera ce qu'il en coûtera (Reybaud, J. Paturot, 1842, p. 40).
Locutions (Il n')y a pas à tortiller (pop., fam.). Il n'y a pas à hésiter. − Il n'y a plus à tortiller, s'écria Pierrefonds: Notre argent, nos papiers, et bon voyage. Vous voyez vous-même comme ça chauffe, Monsieur Maurice (Gozlan, Notaire, 1836, p. 261).Voici mon plan de campagne. Demain, Ferdinand, tu t'arranges pour que maman t'accompagne à Paris. Pas à tortiller. Le prétexte est simple (Duhamel, Terre promise, 1934, p. 190).
Y a pas à tortiller du cul (pour chier droit) (vulg.). S'il avait été tué, on lui aurait trouvé son corps, on l'aurait eu vu d'l'observatoire. Y a pas à tortiller du cul et des fesses (Barbusse, Feu, 1916, p. 255).
b) Arg. Avouer. Synon. se mettre à table*.Sur quatre que vous étiez [pour ce vol], il y en a un qui a tortillé (Vidocq, Mém., t. 3, 1828-29, p. 202).
C. − Empl. pronom.
1. Se tortiller + compl. prép.
a) S'enrouler sur soi ou autour de quelque chose. Quelques vignes maigres se tortillent autour de leurs échalas (Hugo, Rhin, 1842, p. 135).Ses petits cheveux, frisés en toison, des cheveux de soie fine et d'or pâle (...) se tortillaient sur sa tête en mille boucles (Goncourt, Man. Salomon, 1867, p. 351).
b) Effectuer un parcours sinueux ou en spirale; tourner. Une petite route se tortillait de plaisir entre des boqueteaux et des prairies (Romains, Copains, 1913, p. 126).Tous ces escaliers suivis de rampes noires, qui mènent en se tortillant dans les étages et les caves (Triolet, Prem. accroc, 1945, p. 182).
2. [Sans compl. prép.]
a) Adopter une forme enroulée; s'enrouler sur soi-même. Les balcons, les grilles, les frises, rien n'est droit, tout se tortille, se contourne, s'épanouit en fleurons, en volutes, en chicorées (Gautier, Tra los montes, 1843, p. 301).
b) Au fig. User de complications, faire des efforts désespérés pour. Quand je vois que nos artistes se tortillent à chercher du nouveau et de l'inouï, je me permets de rire (Alain, Propos, 1921, p. 226).
Empl. pronom. réfl. indir. Et voilà cette poseuse à se tortiller (...) l'esprit à l'effet de nous étonner par l'originalité de ses idées (Goncourt, Journal, 1894, p. 602).
REM.
Tortillé, -ée, part. passé en empl. adj.,hérald. [En parlant de la tête de Maure] Dont le tortil est d'un autre émail qu'argent (d'apr. Crayencour Hérald. 1985).
Prononc. et Orth.: [tɔ ʀtije], (il) tortille [tɔ ʀtij]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. Verbe trans. 1. ca 1200 tortoiller « tordre serré » (Roman de Renart, éd. M. Roques, branche V, 12799); 1752 tortiller une mortoise (Trév. Suppl.); 1858 tortiller les ficelles (Chesn. t. 2); 2. 1360-70 « tourner de çà de là à plusieurs reprises » (Baudoin de Sebourc, XVII, 138 ds Gdf. Compl.); 1573 se tortiller la queue (Larivey, Nuits de Strapar., t. I, p. 93, ibid.); 3. 1821 « manger » (Ansiaume, Bagne Brest, fo35, ro,435). B. Verbe intrans. 1. 1640 tortiller des fesses (Oudin Curiositez); 1690 tortiller du cul (Fur.); 1783 tortiller des hanches (Beaumarchais, Mariage de Figaro, III, 5); 2. 1669 « chercher des détours, des subterfuges » (Widerhold Fr.-all.); 1723 il n'y a pas à tortiller (Guy, Voyage Littérature de la Grèce, p. 199); 3. 1808 tortiller de l'œil (Hautel t. 2). C. Verbe pronom. 1. 1768 « se tordre avec des mouvements répétés » (Diderot, Salon de 1767, p. 186); 2. 1842 « être disposé en spirale » (Hugo, loc. cit.); 3. 1842 « faire des efforts en vue de quelque chose » (Sue, Myst. Paris, t. 3, p. 29). Dér. régr. de entortiller* plutôt qu'issu d'un lat. pop. *tortiliare, dont l'existence n'est appuyée par aucune forme rom. (FEW t. 4, p. 771). Fréq. abs. littér.: 263. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 163, b) 555; xxes.: a) 423, b) 420. Bbg. Quem. DDL t. 19, 32.

Wiktionnaire

Verbe

tortiller \tɔʁ.ti.je\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se tortiller)

  1. Tordre à plusieurs tours. Ne se dit qu’en parlant des choses souples, comme le papier, la filasse, le ruban, etc.
    • Tortiller du ruban, une corde, un cordon, du papier.
    • Je ne sais plus que penser, Camille, expliqua-t-elle en arpentant la pièce et en tortillant son mouchoir. — (Georges Simenon, Le Blanc à lunettes, ch. VIII, Gallimard, 1937)
  2. (Intransitif) (Familier) Chercher des détours, des subterfuges.
    • Cet homme ne fait que tortiller dans les affaires.
    • Il ne faut point tant tortiller, il n’y a pas à tortiller, il faut aller droit.
  3. (Intransitif) (Figuré) Marcher avec un mouvement, un balancement trop marqué des hanches.
    • Tortiller des hanches. — Tortiller du cul.
  4. (Pronominal) Se tordre ou se replier sur soi-même.
    • En m'approchant, j'ai vu qu'il s'agissait d'un tout jeune chiot, un loulou qui ne devait pas mesurer plus de douze centimètres. Six autres piaillaient en se tortillant dans le panier, et tous étaient à vendre. — (Jack Finney, Le Voyage de Simon Morley, traduit de l'anglais (U.S.A.) par Hélène Collon, Éditions Denoël, 1993)
    • Voyez comme ce serpent se tortille.
  5. (Pronominal) S'agiter en tous sens, comme par gêne.
    • Cependant, il se tortillait sur la banquette et, de sa lourde main ornée d’une chevalière et d’un assez joli brillant, promenait le cul de son verre sur le marbre de la table […] — (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

TORTILLER (tor-ti-llé, ll mouillées, et non tor-ti-yé) v. a.
  • 1Tordre à plusieurs tours une chose facile à plier. Tortiller du papier, des cheveux. Comme elle tortillait son tablier avec une petite moue gentille ! Genlis, Théât. d'éduc. Vrai sage, II, 4.

    Terme de corderie. Réunir ensemble plusieurs fils de caret pour en former un toron.

    Terme de manége. Tortiller la croupe, lui faire faire un mouvement prononcé.

  • 2Rouler sur le genou et sur le tablier, du plat de la main, les ficelles du dos des livres, quand elles ont été mises à la colle.

    Former des cierges en manière de vis ou de spirale.

    Terme de construction. Tortiller une mortaise, l'ouvrir avec le laceret ou la tarière.

  • 3 Populairement. Manger vite, avaler rondement. En un moment nous avions tortillé ce gigot.
  • 4 Fig. Donner diverses tournures à des paroles, à des pensées. Lorsque je lui vois tortiller En cent façons une pensée, Ducerceau, Poésies, Valise du poëte.
  • 5 V. n. Familièrement. Tortiller des hanches, marcher en se balançant. Rencontrez-vous une de ces jolies personnes qui vont trottant menu, les yeux baissés, coudes en arrière, et tortillant un peu des hanches ? Beaumarchais, Mar. de Fig. III, 5.
  • 6 Fig. Tourner autour de quelqu'un, employer de petits manéges. Enfin, elles ont tant tortillé autour de moi, qu'ayant tâté et trouvé le terrain favorable, elles m'ont avoué qu'elles avaient fait écrire cette lettre par Demonville, Sévigné, 435. Lorsque vous le sentez [le serpent, le démon] approcher avec de telles insinuations, et qu'il tortille, pour ainsi parler, par derrière et autour de vous, Bossuet, Élévat. sur myst. VIII, 1.
  • 7Chercher des détours, des subterfuges. L'ordre est formel, il n'y a pas à tortiller. Si vous étiez un honnête homme, vous ne tortilleriez pas tant pour répondre, Collé, Part. de chasse de Henri IV, II, 11.
  • 8Se tortiller, v. réfl. Se tordre, se replier sur soi-même en plusieurs façons. Voyez comme ce serpent se tortille.

HISTORIQUE

XVe s. Une bien petite fourchette d'or, à manche tortillié, pour mengier meures, De Laborde, Émaux, p. 324.

XVIe s. Ils tortillent leur fil avecques de petites pincettes, deux ou trois tours, puis le coupent assez près, Paré, VI, 17.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

TORTILLER, v. act. & neut. c’est plier en tordant irrégulierement, unir, serrer, mêler. On tortille une corde, des cheveux, un fil : le serpent se tortille sur lui-même.

Tortiller une mortoise, terme de Charpentier, c’est l’ouvrir avec le laceret ou la tariere. (D. J.)

Tortiller les ficelles, (Reliure.) on tortille les ficelles qui sortent des nerfs du dos des livres cousus sur le genou droit avec le creux de la main droite, quand on les a mises à la colle, & on tortille celles des grands volumes, comme in-4°. & in-fol. entre les deux mains, toujours tournant du même sens, on dit tortiller les ficelles.

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « tortiller »

(1419) D’entortiller, par dépréfixation. (vers 1200) tortoillier.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Tortille ; bourg. toteuilli ; Berry, tortiller, se donner du mouvement sans faire beaucoup de besogne.

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Phonétique du mot « tortiller »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
tortiller tɔrtije

Citations contenant le mot « tortiller »

  • En général les vies semblent virer abruptement d’une chose à une autre, se bousculer, se cogner, se tortiller. De Paul Auster / La Chambre dérobée
  • Bonne opération du jour – Jazz : on va pas tortiller de postérieur pour déféquer droit, avec deux matchs seulement au compteur les calculs sont vite fait. Et si les Lakers ont plu que conforté une première place qui ne peut pas leur échapper, c’est évidemment le Jazz qui fait la belle affaire du jour en restant bien au chaud à la quatrième place, celle qui offre un premier tour de Playoffs à dom… ah bah non. Victoire importante malgré tout dans l’optique des match-ups du premier tour, ça comptera peut-être double dans quinze jours. TrashTalk, La course aux Playoffs : les Pelicans ont intérêt à se mettre à gagner, c'est pas comme s'ils avaient trois mois pour se chauffer
  • Dans un temps bien avant la toute première saison des pluies d’Afrique, les éléphants avaient une trompe toute petite, noiraude et pataude. Une trompinette qu’ils pouvaient tortiller de droite et de gauche mais certainement pas pour porter à leur bouche de la nourriture ou ramasser des objets...Cette histoire est racontée en théâtre d’ombres, manipulation d’objets et de matière, accompagnée d’un univers musical propre. Les silhouettes minutieusement ciselées, articulées et colorées se glissent au milieu de décors lumineux, mouvants, profonds d’une luxurieuse végétation africaine. frequence-sud.fr, Enfant d'éléphant - 13/03/2021 - Draguignan - Frequence-sud.fr
  • Disons-le sans tortiller comme un ruisseau : les milliers de traileurs qui, chaque année, grimpent et dévalent à toute vitesse les pentes du Mondarrain passent à côté de l’essentiel. Conscients d’avoir manqué le gros du spectacle, beaucoup reviennent d’ailleurs sur leurs pas, jumelles et appareil photo en bandoulière. SudOuest.fr, Pays basque : En balade sur les flancs hors du temps du Mondarrain
  • Il n’y a pas à tortiller, de tous les scénarios qu’il avait dû imaginer dans sa tête avant le match, pas une seule fois Loïc Perrin n’aurait pensé vivre un tel cauchemar pour ce qui restera certainement comme le dernier de sa carrière. A 34 ans, l’emblématique capitaine des Verts devrait, sauf retournement de dernière minute, faire ses adieux au football, et cette finale gâchée par une expulsion mettra du temps à s’estomper. , PSG-ASSE : Tacle de boucher et blessure de Mbappé... Capitaine Perrin a raté sa dernière sortie avec Saint-Etienne
  • Kreizler se sent comme le personnage le plus greffé sur l’action, plutôt qu’au centre. La meilleure scène de l’épisode met en évidence ce problème. Kreizler sort dîner avec Karen Stratton, ce qui est très amusant, mais se sent tellement déconnecté du reste de l’épisode. Regarder Kreizler se tortiller sous le microscope est un peu amusant d’inversion de rôle, mais la présence de la scène aide simplement à souligner le fait que Kreizler s’est senti inessentiel à l’histoire de la saison. , The Alienist: Angel of Darkness Episode 5 Review: Le ventre de la bête – L'Observateur de Troyes

Traductions du mot « tortiller »

Langue Traduction
Anglais squirm
Espagnol retorcerse
Italien contorcersi
Allemand winden
Chinois 蠕动
Arabe تشنج
Portugais contorcer
Russe извиваться
Japonais もがく
Basque squirm
Corse squadra
Source : Google Translate API

Synonymes de « tortiller »

Source : synonymes de tortiller sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « tortiller »

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