Tiède : définition de tiède


Tiède : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

TIÈDE, adj.

A. −
1. Qui est à une température modérée, qui procure une sensation thermique modérée, entre le chaud et le froid. Eau tiède; prendre un bain tiède; air, souffle, vent, pluie tiède; température tiède; chair, corps tiède; mains tièdes; odeur, parfum tiède; devenir, rendre tiède. C'est vraiment le doux automne; d'après-midi muettes et ensoleillées, de journées pluvieuses aux lentes averses tièdes (La Varende, Homme aux gants, 1943, p. 80).Le lendemain, 30 avril, une brise déjà tiède soufflait dans un ciel bleu et humide (Camus, Peste, 1947, p. 1232).V. air1ex. 1.
[En parlant du climat, de la température d'un lieu] Où il fait une température modérée. Climat, hiver tiède; tiède journée; maintenir une pièce tiède; serre tiède. Les jacinthes fleurissent sur la cheminée à la tiède atmosphère du salon (Bertrand, Gaspard, 1841, p. 189).Le printemps fut précoce; une tiède fin de mars désengourdissait le monde (Mauriac, Baiser Lépreux, 1922, p. 190).
Expr. fam. Il fait tiède. La température est douce, agréable. Il fait tiède et doux dans Paris! (Géraldy, Toi et moi, 1913, p. 49).Je vais me mettre nu, ça sera mieux (...). Vous n'aurez pas froid? Oh, j'ai l'habitude; il fait bon tiède et puis, l'herbe est bonne, et l'air est bon, et puis, je fais vite du chaud moi (Giono, Regain, 1930, p. 129).
2. Qui est encore légèrement chaud. Cendres tièdes, moteur tiède. Les enfants qui s'en vont faire bénir de tièdes brioches (Laforgue, Complaintes, 1885, p. 90).Après la compresse de bouse de vache, Adoum a posé sur ses plaies la bouillie d'herbes tièdes extraites de l'estomac d'un cabri qu'on vient de tuer (Gide, Retour Tchad, 1928, p. 897).
3. Qui réchauffe modérément. Soleil tiède. Madère, l'île caressée par de tièdes courants, est, en 1874, le point d'émigration très aristocratique (Mallarmé, Dern. mode, 1874, p. 844).Ces effets touchants et tendres que produisent de jeunes et tièdes rayons de soleil qui tombent à travers de la brume (Barrès, Cahiers, t. 8, 1910, p. 216).
4. [En parlant d'un aliment ou d'une boisson] Qu'on a laissé refroidir ou se réchauffer; qui n'est pas suffisamment chaud ou frais. Café tiède, bière tiède. Un soir, à dîner, Laurent (...) trouva que l'eau de la carafe était tiède; il déclara que l'eau tiède lui donnait des nausées, et qu'il en voulait de la fraîche (Zola, Th. Raquin, 1867, p. 192).Le maître d'hôtel (...) apporta d'autorité le champagne « maison », un affreux breuvage, tiède et sucré (Vailland, Drôle de jeu, 1945, p. 63).
Empl. adv. Boire, manger tiède. Boire des boissons ou manger des aliments tièdes. Ah! le vin! comme il fait déjà chaud, nous le mettrons rafraîchir dans un baquet sous la pompe, excepté le bordeaux, qui doit se boire tiède (Erckm.-Chatr., Ami Fritz, 1864, p. 24).
5. Au fig. [En parlant d'une sensation, d'un sentiment] Qui s'accompagne d'une impression de douceur agréable. Des Esseintes était incapable de remuer les jambes; un doux et tiède anéantissement se glissait par tous ses membres, l'empêchait même d'étendre la main pour allumer un cigare (Huysmans, À rebours, 1884, p. 183).
B. − Au fig.
1. [En parlant d'une pers.] Qui manque d'ardeur, de ferveur, de zèle; qui répugne à s'engager vraiment. Synon. indifférent, mou; anton. ardent, convaincu.Chrétien, communiste, militant tiède; candidat trop tiède. J'ai deux sortes d'amis. Des amis tièdes et des amis hostiles. Mais les ennemis sont ardents, cela fait compensation (Vigny, Journal poète, 1844, p. 1214).Ce serait un geste qui ne compromettrait personne; une petite chose si tu veux, mais qui serait quand même un pas vers les cléricaux; et pour les plus tièdes des républicains, c'est un signe que le vent tourne (Aymé, Jument, 1933, p. 119).V. chaud ex. 3.
Empl. subst., souvent au plur. Personne peu ardente à manifester ses sentiments, à défendre ses convictions. [Supiat] orateur à la face de renard, aux yeux fureteurs, et qui dénonçait les tièdes à la Confédération générale du Travail (R. Bazin, Blé, 1907, p. 104).
[P. réf. à l'Apocalypse 3/15-16] Oh! je sais, vous allez me répondre que le Seigneur vomit les tièdes. Quels tièdes au juste? Nous l'ignorons. Sommes-nous sûrs de définir comme lui cette sorte de gens? Pas du tout (Bernanos, Journal curé camp., 1936, p. 1083).
2. [P. méton.; en parlant d'un comportement, d'une manière de sentir ou de penser] Où se manifeste peu d'ardeur, d'enthousiasme. Anton. ardent, chaleureux.Accueil un peu tiède; applaudissements, encouragements tièdes; tiède compromis; sentiments tièdes; dévotion, foi tiède. La police (...) montrait un empressement assez tiède à rechercher le fugitif (Rolland, J.-Chr., Maison, 1909, p. 1083).Mais quoi, la paix n'aurait-elle pas ses démons aussi bien que le trouble: les démons de la régularité, du confort, des tièdes habitudes? (Bremond, Hist. sent. relig., t. 4, 1920, p. 264).
[En parlant d'une œuvre] Qui est ou qui laisse indifférent. Je cours à vos lettres entre cent mille écritures. Il faudrait me voir quand il m'en arrive quelqu'une au milieu d'une pacotille d'autres! Je laisse la pacotille, et dans un coin je lis, je relis, puis je passe aux indifférentes, aux tièdes (E. de Guérin, Lettres, 1833, p. 39).Or, les plus saisissantes de nos résurrections sont souvent les plus significatives; ni les Rois de Chartres, ni le Dévôt Christ, ni celui de Grünewald ne sont des œuvres tièdes (Malraux, Voix sil., 1951, p. 615).
Empl. subst. masc. sing. à valeur de neutre, rare. Cette nature toute de feu et de glace ne pouvait admettre le tiède (...). Bête de race elle était, bête de race elle voulait Paul (Cocteau, Enfants, 1929, p. 69).
3. [En parlant d'un endroit, d'une région, d'un pays] Où les risques, les dangers sont relatifs, moyens. Au début de l'été 1980, on comptait en Afrique cinq zones « chaudes », où se déroulaient des opérations de guerre classique ou de guérilla, et huit zones « tièdes », où divers conflits entre états ou civils pourraient éclater ou reprendre (Réalités, août 1980, p. 42, col. 1).
Prononc. et Orth.: [tjεd]. Ac. 1694, 1718: tiede, dep. 1740: tiède. Étymol. et Hist. 1. a) 1174-75 adj. eve tieve « qui est entre le chaud et le froid » (Guernes de Pont-Ste-Maxence, St Thomas, 3577 ds T.-L., s.v. teve); 1380 tiede (Roques t. 2, p. 411, no12296); b) 1830 fig. « qui procure une sensation ou une impression de douceur agréable » (Lamart., Harm., p. 487); 2. a) fin xiies. adj. « qui manque de ferveur » les teues cuers (Sermons St Grégoire sur Ézéchiel, éd. K. Hofmann, p. 37); 1559 tiede (Amyot, Lyc., 28 ds Littré); 1656 subst. « id. » (Corneille, L'Imitation de Jésus-Christ, I, XXV, 2588 ds Œuvres, éd. Ch. Marty-Laveaux, t. 8, p. 170); b) 1674 « (en parlant d'une manière d'agir, de penser) qui manque d'ardeur, de ferveur » ma joie ... ne peut être tiède (Sévigné, Corresp., éd. R. Duchêne, t. 1, p. 693). Du lat. d'époque impériale tepidus « tiède » au propre et au fig. dér. du lat. class. tepere « être tiède ». L'a. fr. tieve, teve (supra) s'explique par la réduction par apocope, répandue dans l'Est de la France du proparoxyton lat. (v. FEW t. 13, 1, p. 234a et Horning ds Z. rom. Philol. t. 5, p. 501). Fréq. abs. littér.: 1 991. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1 430, b) 3 318; xxes.: a) 4 410, b) 2 816.
DÉR. 1.
Tiédasse, adj.,péj. D'une tiédeur désagréable. Bière, eau, potage tiédasse. La liqueur sirupeuse et l'eau tiédasse (Arnoux, Solde, 1958, p. 54). [tjedas], [tjε-]. [-ε-] sous l'infl. de tiède. 1reattest. 1941 une gamelle d'eau tiédasse (L'Œuvre, 9 mars); de tiède, suff. -asse*.
2.
Tièdement, adv.a) D'une manière douce et agréable. Elle fit un mouvement avec ses deux mains, ses deux bras tièdement parfumés (Noailles, Domination, 1905, p. 40).b) Avec tiédeur, sans ardeur, sans conviction. Approuver, remercier tièdement; être tièdement accueilli. M'occuper moins de vous, vous aimer tièdement? C'est quelque chose d'incompréhensible pour moi (M. de Guérin, Corresp., 1837, p. 284).L'abbé (...) ne lâchait guère son chevet priant avec ferveur pour le salut de son âme, plus tièdement pour celui de sa guenille périssable (Arnoux, Rossignol napol., 1937, p. 147). [tjεdmɑ ̃]. Ac. 1694, 1718: tiedement; dep. 1740: tièdement. 1resattest. ca 1235 tevement (La Règle Cistercienne, éd. R. Jungbluth, 595, 33 et 609, 3 ds Rom. Forsch. t. 10, p. 622), 1294 [ms.] aimer tiedement (Laurent, Somme, B. N. 938, fo13 rods Gdf. Compl.), cf. xives. (Manuscrit cité par Leroquais, Livres d'Heures, II, 339 ds Fr. mod. t. 6, p. 175); de tiède, suff. -ment2*.

Tiède : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

TIÈDE, adj.

A. −
1. Qui est à une température modérée, qui procure une sensation thermique modérée, entre le chaud et le froid. Eau tiède; prendre un bain tiède; air, souffle, vent, pluie tiède; température tiède; chair, corps tiède; mains tièdes; odeur, parfum tiède; devenir, rendre tiède. C'est vraiment le doux automne; d'après-midi muettes et ensoleillées, de journées pluvieuses aux lentes averses tièdes (La Varende, Homme aux gants, 1943, p. 80).Le lendemain, 30 avril, une brise déjà tiède soufflait dans un ciel bleu et humide (Camus, Peste, 1947, p. 1232).V. air1ex. 1.
[En parlant du climat, de la température d'un lieu] Où il fait une température modérée. Climat, hiver tiède; tiède journée; maintenir une pièce tiède; serre tiède. Les jacinthes fleurissent sur la cheminée à la tiède atmosphère du salon (Bertrand, Gaspard, 1841, p. 189).Le printemps fut précoce; une tiède fin de mars désengourdissait le monde (Mauriac, Baiser Lépreux, 1922, p. 190).
Expr. fam. Il fait tiède. La température est douce, agréable. Il fait tiède et doux dans Paris! (Géraldy, Toi et moi, 1913, p. 49).Je vais me mettre nu, ça sera mieux (...). Vous n'aurez pas froid? Oh, j'ai l'habitude; il fait bon tiède et puis, l'herbe est bonne, et l'air est bon, et puis, je fais vite du chaud moi (Giono, Regain, 1930, p. 129).
2. Qui est encore légèrement chaud. Cendres tièdes, moteur tiède. Les enfants qui s'en vont faire bénir de tièdes brioches (Laforgue, Complaintes, 1885, p. 90).Après la compresse de bouse de vache, Adoum a posé sur ses plaies la bouillie d'herbes tièdes extraites de l'estomac d'un cabri qu'on vient de tuer (Gide, Retour Tchad, 1928, p. 897).
3. Qui réchauffe modérément. Soleil tiède. Madère, l'île caressée par de tièdes courants, est, en 1874, le point d'émigration très aristocratique (Mallarmé, Dern. mode, 1874, p. 844).Ces effets touchants et tendres que produisent de jeunes et tièdes rayons de soleil qui tombent à travers de la brume (Barrès, Cahiers, t. 8, 1910, p. 216).
4. [En parlant d'un aliment ou d'une boisson] Qu'on a laissé refroidir ou se réchauffer; qui n'est pas suffisamment chaud ou frais. Café tiède, bière tiède. Un soir, à dîner, Laurent (...) trouva que l'eau de la carafe était tiède; il déclara que l'eau tiède lui donnait des nausées, et qu'il en voulait de la fraîche (Zola, Th. Raquin, 1867, p. 192).Le maître d'hôtel (...) apporta d'autorité le champagne « maison », un affreux breuvage, tiède et sucré (Vailland, Drôle de jeu, 1945, p. 63).
Empl. adv. Boire, manger tiède. Boire des boissons ou manger des aliments tièdes. Ah! le vin! comme il fait déjà chaud, nous le mettrons rafraîchir dans un baquet sous la pompe, excepté le bordeaux, qui doit se boire tiède (Erckm.-Chatr., Ami Fritz, 1864, p. 24).
5. Au fig. [En parlant d'une sensation, d'un sentiment] Qui s'accompagne d'une impression de douceur agréable. Des Esseintes était incapable de remuer les jambes; un doux et tiède anéantissement se glissait par tous ses membres, l'empêchait même d'étendre la main pour allumer un cigare (Huysmans, À rebours, 1884, p. 183).
B. − Au fig.
1. [En parlant d'une pers.] Qui manque d'ardeur, de ferveur, de zèle; qui répugne à s'engager vraiment. Synon. indifférent, mou; anton. ardent, convaincu.Chrétien, communiste, militant tiède; candidat trop tiède. J'ai deux sortes d'amis. Des amis tièdes et des amis hostiles. Mais les ennemis sont ardents, cela fait compensation (Vigny, Journal poète, 1844, p. 1214).Ce serait un geste qui ne compromettrait personne; une petite chose si tu veux, mais qui serait quand même un pas vers les cléricaux; et pour les plus tièdes des républicains, c'est un signe que le vent tourne (Aymé, Jument, 1933, p. 119).V. chaud ex. 3.
Empl. subst., souvent au plur. Personne peu ardente à manifester ses sentiments, à défendre ses convictions. [Supiat] orateur à la face de renard, aux yeux fureteurs, et qui dénonçait les tièdes à la Confédération générale du Travail (R. Bazin, Blé, 1907, p. 104).
[P. réf. à l'Apocalypse 3/15-16] Oh! je sais, vous allez me répondre que le Seigneur vomit les tièdes. Quels tièdes au juste? Nous l'ignorons. Sommes-nous sûrs de définir comme lui cette sorte de gens? Pas du tout (Bernanos, Journal curé camp., 1936, p. 1083).
2. [P. méton.; en parlant d'un comportement, d'une manière de sentir ou de penser] Où se manifeste peu d'ardeur, d'enthousiasme. Anton. ardent, chaleureux.Accueil un peu tiède; applaudissements, encouragements tièdes; tiède compromis; sentiments tièdes; dévotion, foi tiède. La police (...) montrait un empressement assez tiède à rechercher le fugitif (Rolland, J.-Chr., Maison, 1909, p. 1083).Mais quoi, la paix n'aurait-elle pas ses démons aussi bien que le trouble: les démons de la régularité, du confort, des tièdes habitudes? (Bremond, Hist. sent. relig., t. 4, 1920, p. 264).
[En parlant d'une œuvre] Qui est ou qui laisse indifférent. Je cours à vos lettres entre cent mille écritures. Il faudrait me voir quand il m'en arrive quelqu'une au milieu d'une pacotille d'autres! Je laisse la pacotille, et dans un coin je lis, je relis, puis je passe aux indifférentes, aux tièdes (E. de Guérin, Lettres, 1833, p. 39).Or, les plus saisissantes de nos résurrections sont souvent les plus significatives; ni les Rois de Chartres, ni le Dévôt Christ, ni celui de Grünewald ne sont des œuvres tièdes (Malraux, Voix sil., 1951, p. 615).
Empl. subst. masc. sing. à valeur de neutre, rare. Cette nature toute de feu et de glace ne pouvait admettre le tiède (...). Bête de race elle était, bête de race elle voulait Paul (Cocteau, Enfants, 1929, p. 69).
3. [En parlant d'un endroit, d'une région, d'un pays] Où les risques, les dangers sont relatifs, moyens. Au début de l'été 1980, on comptait en Afrique cinq zones « chaudes », où se déroulaient des opérations de guerre classique ou de guérilla, et huit zones « tièdes », où divers conflits entre états ou civils pourraient éclater ou reprendre (Réalités, août 1980, p. 42, col. 1).
Prononc. et Orth.: [tjεd]. Ac. 1694, 1718: tiede, dep. 1740: tiède. Étymol. et Hist. 1. a) 1174-75 adj. eve tieve « qui est entre le chaud et le froid » (Guernes de Pont-Ste-Maxence, St Thomas, 3577 ds T.-L., s.v. teve); 1380 tiede (Roques t. 2, p. 411, no12296); b) 1830 fig. « qui procure une sensation ou une impression de douceur agréable » (Lamart., Harm., p. 487); 2. a) fin xiies. adj. « qui manque de ferveur » les teues cuers (Sermons St Grégoire sur Ézéchiel, éd. K. Hofmann, p. 37); 1559 tiede (Amyot, Lyc., 28 ds Littré); 1656 subst. « id. » (Corneille, L'Imitation de Jésus-Christ, I, XXV, 2588 ds Œuvres, éd. Ch. Marty-Laveaux, t. 8, p. 170); b) 1674 « (en parlant d'une manière d'agir, de penser) qui manque d'ardeur, de ferveur » ma joie ... ne peut être tiède (Sévigné, Corresp., éd. R. Duchêne, t. 1, p. 693). Du lat. d'époque impériale tepidus « tiède » au propre et au fig. dér. du lat. class. tepere « être tiède ». L'a. fr. tieve, teve (supra) s'explique par la réduction par apocope, répandue dans l'Est de la France du proparoxyton lat. (v. FEW t. 13, 1, p. 234a et Horning ds Z. rom. Philol. t. 5, p. 501). Fréq. abs. littér.: 1 991. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1 430, b) 3 318; xxes.: a) 4 410, b) 2 816.
DÉR. 1.
Tiédasse, adj.,péj. D'une tiédeur désagréable. Bière, eau, potage tiédasse. La liqueur sirupeuse et l'eau tiédasse (Arnoux, Solde, 1958, p. 54). [tjedas], [tjε-]. [-ε-] sous l'infl. de tiède. 1reattest. 1941 une gamelle d'eau tiédasse (L'Œuvre, 9 mars); de tiède, suff. -asse*.
2.
Tièdement, adv.a) D'une manière douce et agréable. Elle fit un mouvement avec ses deux mains, ses deux bras tièdement parfumés (Noailles, Domination, 1905, p. 40).b) Avec tiédeur, sans ardeur, sans conviction. Approuver, remercier tièdement; être tièdement accueilli. M'occuper moins de vous, vous aimer tièdement? C'est quelque chose d'incompréhensible pour moi (M. de Guérin, Corresp., 1837, p. 284).L'abbé (...) ne lâchait guère son chevet priant avec ferveur pour le salut de son âme, plus tièdement pour celui de sa guenille périssable (Arnoux, Rossignol napol., 1937, p. 147). [tjεdmɑ ̃]. Ac. 1694, 1718: tiedement; dep. 1740: tièdement. 1resattest. ca 1235 tevement (La Règle Cistercienne, éd. R. Jungbluth, 595, 33 et 609, 3 ds Rom. Forsch. t. 10, p. 622), 1294 [ms.] aimer tiedement (Laurent, Somme, B. N. 938, fo13 rods Gdf. Compl.), cf. xives. (Manuscrit cité par Leroquais, Livres d'Heures, II, 339 ds Fr. mod. t. 6, p. 175); de tiède, suff. -ment2*.

Tiède : définition du Wiktionnaire

Adjectif

tiède \tjɛd\ masculin et féminin identiques

  1. Qui est entre le chaud et le froid.
    • De l’eau tiède.
    • Un bain tiède.
    • Un vent tiède.
    • Un corps encore tiède.
  2. (Figuré) Qui manque d’ardeur, de ferveur, de zèle.
    • Un amant tiède.
    • Une dévotion tiède.
    • Je l’ai trouvé bien tiède sur cette affaire.
    • Il est devenu bien tiède pour ses amis.

Nom commun 1

tiède \tjɛd\ masculin

  1. Personne qui manque d’ardeur, de ferveur, de zèle.
    • Les tièdes ne sont pas agréables à Dieu.
    • Les vomisseurs de tièdes n'aiment pas Luc parce qu'ils le trouvent trop bien élevé, trop policé, trop homme de lettres. — (Emmanuel Carrère, Le Royaume, 2014, p. 577)

Nom commun 2

tiède \tjɛd\ féminin

  1. (Suisse) Forte chaleur.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Tiède : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

TIÈDE. adj. des deux genres
. Qui est entre le chaud et le froid. De l'eau tiède. Un bain tiède. Un vent tiède. Un corps encore tiède. Il signifie, au figuré, Qui manque d'ardeur, de ferveur, de zèle. Un amant tiède. Une dévotion tiède. Je l'ai trouvé bien tiède sur cette affaire. Il est devenu bien tiède pour ses amis. Il s'emploie substantivement en ce sens. Les tièdes ne sont pas agréables à Dieu.

Tiède : définition du Littré (1872-1877)

TIÈDE (tiè-d') adj.
  • 1En parlant des liquides, qui est entre le chaud et le froid. Un bain tiède. Tous deux, en la trouvant sans fièvre, Dirent qu'elle prendrait huit jours le lait de chèvre, Et que celui de vache après l'allait guérir, Surtout qu'il ne fallait lui donner que mi-tiède, Poisson, Œuv. diverses, poésies.
  • 2 Par extension, il se dit d'autre chose que des liquides. Un certain loup dans la saison Que les tièdes zéphirs ont l'herbe rajeunie, La Fontaine, Fabl. v, 8. Les hivers y sont tièdes, et les rigoureux aquilons n'y soufflent jamais, Fénelon, Tél. VIII. [Crucifix] Dans mes tremblantes mains tu passas, tiède encore De son dernier soupir, Lamartine, Médit. II, 22.

    Fig. Mon cœur est tiède encor des feux de ma jeunesse, Lamartine, Harm. II, 12.

  • 3 Fig. Sans action, nonchalant, sans ardeur, sans ferveur. Fi ! ne me parlez point, pour être vrais amants, De ces gens qui pour nous n'ont nuls emportements, De ces tièdes galants, de qui les cœurs paisibles Tiennent déjà pour eux les choses infaillibles, Molière, Fâch. II, 4. Ne craignez point… que ma joie se refroidisse ; elle a un fond si chaud qu'elle ne peut être tiède, Sévigné, 5 févr. 1674. Je résolus de vous écrire des lettres tièdes et languissantes, pour jeter dans l'esprit de celle à qui vous les donniez, que l'on cessait de vous aimer, La Fayette, Princ. Clèves, Œuv. compl. t. II, p. 118, dans POUGENS. Ce zèle avec lequel elle animait les âmes les plus tièdes à secourir le prochain, Fléchier, Mme d'Aiguillon. Ah ! si j'étais secondé ! mais les frères sont tièdes, les frères ne sont point rassemblés, Voltaire, Lett. Damilaville, 6 juill. 1764. On est bien tiède aujourd'hui à Paris sur l'intérêt public ; on va à l'Opéra Comique le jour qu'on brûle le chevalier de la Barre, et qu'on coupe la tête à Lalli, Voltaire, Lett. Chabanon, 7 août 1769. Vous pouvez juger si, se sentant prête à les quitter [ses enfants], ses caresses furent tièdes et modérées, Rousseau, Hél. VI, 11.

    Communion tiède, celle qui se fait avec peu de préparation et sans dévotion.

    Substantivement, en parlant des personnes. Mais le lâche et le tiède a douleur sur douleur, Et voit fondre sur lui tout ce qu'il appréhende, Corneille, Imit. I, 25. Votre zèle est égal à votre raison ; je hais les tièdes, Voltaire, Lett. Damilaville, 15 mars 1765. [L'archevêque Mailly] jaloux de la considération dont jouissait le cardinal de Noailles, entreprit de se distinguer dans le parti opposé, et y laissa bientôt derrière lui les plus fanatiques qu'il appelait les tièdes, Duclos, Œuv. t. v, p. 424.

    L'enfer des tièdes, par allusion au passage de l'Enfer de Dante, III, où il place ceux qui ne sont ni pour Dieu ni pour le diable.

  • 4Adverbialement. Boire tiède

HISTORIQUE

XIIIe s. … Et de vin teve Les plaies que il a lui leve [lave], Bi. et Jehan, 4437. Prendés un drapiel, si le molliés en ewe tieve, Alebrand, f° 14.

XIVe s. Laissier refroidier jusques à tiedc, Ménagier, II, 5.

XVIe s. Cela maintenoit les deux parties en ardeur et appetit de nouveaux amoureux, non tiedes, ne languissans, Amyot, Lyc. 28. Vous avez trop d'esgard, de conseil, de sagesse ; Mon humeur n'est pas propre à si tiede maistresse, Desportes, Élég. II, 1.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

TIÈDE. - HIST. Ajoutez : XIIe s. Ce ke il [Hély] encontre les visces de ses sogez fut teddes, enarst [s'alluma] sor lui la destrenzons del parmanable governeor, li Dialoge Gregoire lo pape, 1876, p. 367.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « tiède »

Étymologie de tiède - Littré

Poitou, tude ; prov. tebe ; catal. tebi ; espagn. tibio ; ital. tepido, tiepido ; du lat. tepidus, tiède, tepor, chaleur ; sanscr. tapas, chaleur. On remarque que les formes romanes en v ou b font abstraction du d et gardent le p ; c'est l'inverse pour le français tiède.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de tiède - Wiktionnaire

Du latin tĕpĭdus qui donne tieve en ancien français ; tiède est issu des dialectes de l’est de la France.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « tiède »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
tiède tjɛd play_arrow

Citations contenant le mot « tiède »

  • La nourriture très chaude peut détruire la muqueuse de l’estomac et ainsi provoquer un ulcère. Il est donc préférable de manger tiède, confie à Sputnik un médecin russe. , Évitez de manger chaud, conseille un médecin - Sputnik France
  • Appliquez du gel d’aloe vera sur la cloque et laissez sécher. Cela peut tout d’abord vous donner une sensation de brûlure ou de démangeaison, mais c’est à ce moment que vous savez que le processus de guérison est en cours. Une fois sec, lavez l’endroit à l’eau tiède. Il est préférable de le faire deux fois par jour pendant le temps nécessaire à la réduction de l’ampoule. Des idées de l'intérieur, du jardin, de l'ameublement et de la décoration., 5 remèdes de grand-mère pour soulager une ampoule
  • Pour cuisiner le persil voici un entremets parfumé qui se déguste chaud, tiède ou froid dans tous les cas l’accompagner d’une belle salade bien aromatisée. France Bleu, Entremets au persil
  • Pour faire les gaufres, mélanger la farine le sucre et le sel. Dissoudre la levure dans le lait tiède puis y battre les œufs. Incorporer progressivement le mélange liquide au mélange des produits secs. Incorporer le beurre pommade à l’aide d’une spatule. Laisser poser 30 minutes et réserver au frais.   Franceinfo, À la carte. Portraits de chefs. Thibaut Gamba entre terre et mer
  • Appliquez la pâte sur la racine des cheveux secs et peignés en terminant par les pointes. Massez le cuir chevelu, laissez agir le produit entre 30 minutes et une heure puis rincez à l’eau tiède (l’eau chaude favorise la production de sébum). Cosmopolitan.fr, Ce produit naturel est la solution idéale pour ne avoir les cheveux gras - Cosmopolitan.fr
  • Et puis à l’opposé, dans la catégorie changement de cap, on a toutes ces ballades qui fleurissent au grès de l’album. Des ballades assez inégales, allant de la pépite brumeuse « Oh Such A Spring » à la tiède « Sunny », pour clôturer l’album sur la jolie « No »… On pourra dire que la voix de Grian a évolué. Qu’elle est plus profonde sur « Love Is The Main Thing » et bien plus chantée et douce sur « You Said ». On pourra dire qu’ils citent de nouvelles références bien moins irlandaises et post-punk qu’avant (Beach Boys, Leonard Cohen), preuve d’une volonté de s’ouvrir à autre chose à travers ces ballades. Oui. On peut honnêtement dire tout ça. , Nouvel album "A Hero's Death" : le tiède été de Fontaines D.C.
  • L'Eternité c'est tiède, doux et ça serre très fort... C'est le poing de mon bébé enroulé sur mon pouce. De Patrick Sébastien / Carnet de notes
  • Le rêve maternel, C’est le tiède tapis, C’est le nid cotonneux Où les enfants tapis, Comme de beaux oiseaux Que balancent les branches, Dorment leur doux sommeil plein de visions blanches ! De Arthur Rimbaud / Les Etrennes des orphelins
  • On se laisse attirer par la faiblesse, parce que c'est doux et tiède, et on s'y abandonne, et on finit pas sombrer dans la veulerie. De Jean-François Somcynsky / Encore faim
  • On rince les bébés dans deux eaux de rinçage tièdes, puis on les sèche dans un linge éponge. Ne jamais les frotter ni les tordre. De Anonyme / Le Nouvelliste - 27 Août 1954
  • La modestie est la vertu des tièdes. De Jean-Paul Sartre / Le diable et le bon dieu
  • L'affection est un sentiment fade, c'est l'amour des gens tièdes. De Paul Léautaud / Journal Littéraire
  • Il y a trois choses, dans la vie, que je ne supporte pas : le café brûlant, le champagne tiède et les femmes froides. De Orson Welles

Traductions du mot « tiède »

Langue Traduction
Corse caldu
Basque epeletan
Japonais ぬるい
Russe тепловатый
Portugais morno
Arabe فاتر
Chinois
Allemand lauwarm
Italien tiepido
Espagnol tibio
Anglais lukewarm
Source : Google Translate API

Synonymes de « tiède »

Source : synonymes de tiède sur lebonsynonyme.fr

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