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Supplication

Définitions du mot « supplication »

Trésor de la Langue Française informatisé

SUPPLICATION, subst. fém.

A. − Prière instante et humble. Synon. adjuration, imploration, supplique.Supplication ardente, muette. M. Adrien Sixte (...) n'avait pu résister aux supplications éperdues de la veuve qui (...) l'avait conjuré de l'aider à raffermir son fils (Bourget, Disciple, 1889, p. 238).Tâche de l'empêcher, Jérôme! Oh! qu'est-ce qu'elle va devenir?... Elle se pendait à mon épaule dans une supplication désespérée (Gide, Porte étr., 1909, p. 539).
B. − Spéc., au plur.
1. ANTIQ. ROMAINE. ,,Prières publiques ordonnées par le Sénat dans les circonstances graves`` (Ac. 1935).
2. HIST. [Sous l'Ancien Régime] ,,Remontrances de vive voix que le Parlement faisait au roi en certaines occasions`` (Ac.).
Prononc. et Orth.: [syplikasjɔ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. Ca 1175 suplicatïon (Benoît de Ste-Maure, Chron. Ducs Normandie, éd. C. Fahlin, 2197). Empr. au lat.supplicatio « prières publiques, actions de grâce rendues aux dieux », dér. de supplicatum, supin de supplicare (supplier*). Fréq. abs. littér.: 413. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 294, b) 547; xxes.: a) 947, b) 642.

Wiktionnaire

Nom commun

supplication \sy.pli.ka.sjɔ̃\ féminin

  1. Prière humble et instante.
    • L'abbé a renouvelé maintes fois ses supplications, pour que le chapitre de Notre Dame, en considération des immenses travaux qu’il se voit forcé d’entreprendre, affranchisse le monastère des dîmes qu'il paie sur les biens que nous venons de mentionner: […]. — (Léopold van Hollebeke, Lisseweghe, son église et son abbaye, Bruges : Edw. Gailliard, 1863, page 51)
    • Zaheira, sans écouter les supplications de son amie d'enfance, décida de regagner au plus vite sa quiétude de la campagne. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans "Trois contes de l'Amour et de la Mort", 1940)
    • Lorsque ce dernier franchit les portes du palais, tout vêtu d’un costume rouge, ministres et dignitaires de cour entament supplications et prières. — (Jacques Bruyas, Burkina Faso, aux sources de l’humanisme, Les Grilles d’Or, 2010, page 114)
  2. (Antiquité) Prières publiques ordonnées par le Sénat dans les circonstances graves.
  3. (Histoire) Remontrances de vive voix que le parlement faisait au roi en certaines occasions.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SUPPLICATION. n. f.
Prière humble et instante. Faire une supplication, des supplications. Il fallut en venir aux supplications. Très humble supplication. Des supplications touchantes. De vaines supplications.

SUPPLICATIONS, au pluriel, s'est dit, en termes d'Antiquité romaine, de Prières publiques ordonnées par le Sénat dans les circonstances graves. Il s'est dit aussi des Remontrances de vive voix que le Parlement faisait au roi en certaines occasions.

Littré (1872-1877)

SUPPLICATION (su-pli-ka-sion ; en vers de cinq syllabes) s. f.
  • 1Prière faite avec instance et soumission. Faire une supplication, des supplications. Ô Dieu ! suis-je assez humiliée ? je t'écris à genoux ; je baigne mon papier de mes pleurs ; j'élève à toi mes timides supplications, Rousseau, Hél. 1, 71.
  • 2 Au plur. Prières publiques qui étaient ordonnées par le sénat à Rome en des occasions importantes.
  • 3Il s'est dit des remontrances que le parlement faisait aux rois de vive voix en certaines occasions.

HISTORIQUE

XIIIe s. Et nous, leur supplication oïe, nous otroions aus choses desus dites, Liv. des mét. 375. La justice laie ne fait pas ceste contrainte, au [d'après le] commandement de le [la] justice de sainte eglise, mais à sa supplication, Beaumanoir, XI, 11.

XIVe s. Là sont par dever li en supplication Maint conte et maint princhier dont je ne say le nom, Hugues Capet, v. 4211.

XVe s. S'en alla en l'hostel de la ville faire requeste et supplication pour les deux dessusditz, Commines, v, 17.

XVIe s. [Raisins empaquetés en feuilles de figuier] Les gens du Vivarès appellent ces paquets-là supplications et gibets : et à Paris, où quelquesfois les marchands y en apportent, virecots, De Serres, 242.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

SUPPLICATION, s. f. (Gram.) l’action de supplier. Voyez Supplier & Supplique.

Supplication, (Antiq. rom.) les supplications chez les Romains étoient ou publiques ou particulieres.

Les supplications publiques se faisoient ou dans les occasions pressantes, comme dans le tems de peste ou de quelque maladie populaire, ou, comme nous le dirons dans la suite, après quelque victoire inespérée, lorsque celui qui venoit d’être élu général, demandoit au sénat sa confirmation, & en même tems la supplication, pour se rendre les dieux favorables, & pour d’autres sujets encore.

Ces supplications étoient des jours solemnels, où il n’étoit pas permis de plaider pour quelque sujet que ce fût, & on les célebroit par des sacrifices, des prieres & des festins publics. Quelquefois le sénat bornoit à un jour la durée de cette fête ; quelquefois on y en employoit plusieurs ; & l’histoire nous apprend qu’il y en a eu qui ont duré jusqu’à cinquante jours.

Il y avoit une autre espece de supplication publique, qu’on nommoit le lectisterne. Voyez Lectisterne.

Les supplications particulieres n’étoient autre chose que les prieres que chacun faisoit aux dieux, ou pour obtenir la santé, une bonne récolte, &c. ou pour les remercier des biens qu’on en avoit reçus. Une seule formule des prieres des payens, suffira pour en donner quelque idée : je trouve celle-ci, qui a été conservée dans une inscription que Camilla Amata fait à la fievre pour son fils malade. Divinæ febri, sanctæ febri, magnæ febri, Camilla Amata pro filio malè affecto. « P. Camilla Amata offre ses prieres pour son fils malade, à la divine fievre, à la sainte fievre, à la grande fievre ».

Les vœux peuvent encore être regardés comme des supplications particulieres. Voyez Vœux.

Les supplications publiques qu’on faisoit dans les féries impératives des Romains, avoient beaucoup de rapport à nos processions, car il s’y trouvoit un nombre indéterminé, mais assez considérable d’enfans de l’un & de l’autre sexe, nés libres, ayant encore leurs peres & leurs meres, patrimi & matrimi, couronnés de fleurs & de verdure, ou tenant à la main droite une branche de laurier, qui marchoient à la tête, & chantoient des hymnes à deux chœurs.

Dianam teneræ dicite virgines,
Intonsum pueri dicite cynthium.

Ils étoient suivis des pontifes, après lesquels on voyoit les magistrats, les sénateurs, les chevaliers, les plébéïens, tous habillés de blanc, & avec les marques les plus éclatantes du rang que chacun tenoit dans la république : les dames mêmes, séparées des hommes, & avec leurs plus beaux atours, faisoient quelquefois le plus brillant ornement de ces fêtes. Il a eu des tems où il ne leur étoit permis de porter de l’or & des habits de diverses couleurs, que dans ces grandes solemnités : ces jours-là n’étoient point compris dans la loi oppia.

On alloit dans cet ordre se présenter devant les dieux de la premiere classe, diis majorum gentium, qu’on trouvoit couchés sur des lits dressés exprès, & rehaussés de paquets ou gerbes de vervene, ou bien debout sur des estrades, d’où ils paroissoient respirer l’encens qu’on leur brûloit, & accepter les victimes qu’on leur immoloit. Toute cette cérémonie est exprimée dans Tite-Live par ces mots, ire supplicatum ad omnia pulvinaria.

Ces supplications s’ordonnoient pour deux raisons tout-à-fait opposées, pour le bien & pour le mal. Par exemple, un général d’armée qui avoit remporté une victoire signalée, ne manquoit pas d’envoyer au sénat des lettres ornées de feuilles de laurier, par lesquelles il lui rendoit compte du succès de ses armes, & lui demandoit qu’il voulût bien décerner en son nom des supplications en actions de grace aux dieux ; & le decret du sénat étoit souvent une assurance du triomphe pour le vainqueur, triumphi prærogativa.

On ne doit pas s’étonner du grand nombre de jours que duroient ces fêtes, sur-tout vers la fin de la république. Le sénat en ordonna quinze au nom de Jules-César pour les victoires qu’il avoit remportées sur les Gaulois ; & ce qui n’avoit encore été fait pour personne, il en ordonna cinquante en faveur de D. Brutus, qui avoit vaincu Marc-Antoine, dont l’ambition devenoit aussi pernicieuse à la république, que l’avoit été celle de Jules-César.

Cicéron en fit ordonner autant au nom de C. Octavien, d’Hirtius & de Pansa, comme il le dit dans la philippique xiv. mais environ vingt ans auparavant il avoit eu le plaisir de voir décerner des supplications en son nom, pour autant de jours qu’on en eût jamais accordé aux plus grands capitaines, & cela pour avoir étouffé la conjuration de Catilina, & remis le calme dans toute l’étendue de l’empire romain. L’orateur consul ne manqua pas de faire valoir cette distinction, en exhortant tout le peuple à célebrer ces fêtes avec toute la joie qu’on est capable de goûter, lorsqu’on connoît la grandeur du péril qu’on a couru, & le miracle par lequel on a été préservé.

L’autre occasion de faire des supplications n’étoit pas si fréquente ; mais comme l’on est plus sensible au mal qu’au bien, quand il étoit question de parer les traits de la colere céleste, on redoubloit son zele, on n’épargnoit ni peine, ni dépense ; les prieres, les vœux, les sacrifices, les spectacles mêmes, pour lesquels on s’imaginoit que les dieux ne devoient pas avoir moins de sensibilité que les hommes, tout étoit mis on usage. (D. J.)

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Étymologie de « supplication »

(Siècle à préciser) Du latin supplicatio.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Prov. supplicacion ; espagn. suplicacion ; ital. supplicazione ; du lat. supplicationem, de supplicare, supplier.

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Phonétique du mot « supplication »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
supplication syplikasjɔ̃

Citations contenant le mot « supplication »

  • Quelle que soit la langue qui l'exprime, la prière est une humiliation ; la demande, une déchéance, la supplication, une indignité. De Yvette Naubert / Les Pierrefendre
  • Faire de la politique, ce n’est pas se contenter d’ouvrir le guichet des demandes et des supplications plus ou moins menaçantes. De Dominique Voynet / Meeting de Montpellier - 2 Mars 2007
  • S’adressant directement au Seigneur dans une supplication dramatique, seul devant une Place Saint-Pierre vide, sous la pluie et la pénombre, le Pape a évoqué les péchés de l’humanité. «Dans notre monde, que tu aimes plus que nous, nous sommes allés de l’avant à toute vitesse, en nous sentant forts et capables dans tous les domaines. Avides de gains, nous nous sommes laissé absorber par les choses et étourdir par la hâte. Nous ne nous sommes pas arrêtés face à tes rappels, nous ne nous sommes pas réveillés face à des guerres et à des injustices planétaires, nous n’avons pas écouté le cri des pauvres et de notre planète gravement malade. Nous avons continué notre route, imperturbables, en pensant rester toujours sains dans un monde malade. Maintenant, alors que nous sommes dans une mer agitée, nous t’implorons : “Réveille-toi Seigneur !”» , Supplication au Seigneur pour la guérison d'un monde blessé et souffrant - Vatican News

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Vidéos relatives au mot « supplication »

Traductions du mot « supplication »

Langue Traduction
Anglais supplication
Espagnol súplica
Italien supplica
Allemand flehen
Chinois 恳求
Arabe الدعاء
Portugais súplica
Russe мольба
Japonais 嘆願
Basque erregu
Corse supplicazione
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Synonymes de « supplication »

Source : synonymes de supplication sur lebonsynonyme.fr

Supplication

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