La langue française

Balafre

Sommaire

  • Définitions du mot balafre
  • Étymologie de « balafre »
  • Phonétique de « balafre »
  • Citations contenant le mot « balafre »
  • Traductions du mot « balafre »
  • Synonymes de « balafre »

Définitions du mot balafre

Trésor de la Langue Française informatisé

BALAFRE, subst. fém.

A.− Blessure de forme allongée, généralement faite par une arme tranchante, spécialement au visage :
1. À travers les déchirures de sa tunique on apercevait ses épaules rayées par de longues balafres. Flaubert, Salammbô,t. 1, 1863, p. 8.
2. ... le prisonnier (...) s'était taillé dans la figure une longue balafre qui débutait (...) jusque sous le menton et laissait couler le sang sur les dentelles du jabot. Boylesve, La Leçon d'amour dans un parc,1902, p. 136.
P. ext. :
3. ... quelques-uns même qui s'étaient levés dès avant l'aube, n'ayant pas vu clair à se faire la barbe, avaient des balafres en diagonale sous le nez, ... Flaubert, Madame Bovary,t. 1, 1857, p. 29.
P. anal. [En parlant des dommages causés par la guerre, le temps, à une ville, une constr., etc.] :
4. Les bâtiments de la ferme bordent la cour au sud. Un morceau de la porte nord, brisée par les Français pend accroché au mur. Ce sont quatre planches clouées sur deux traverses, et où l'on distingue les balafres de l'attaque. Hugo, Les Misérables,t. 1, 1862, p. 368.
5. Je parcours les quartiers bombardés. Toujours des trous, des balafres, des écorniflures; ... E. et J. de Goncourt, Journal,1871, p. 731.
6. Voici que devant nous se dresse une muraille recouverte de terre. Elle porte des balafres et par ces fissures les pierres ont coulé dans le fossé. Bordeaux, Les Derniers jours du fort de Vaux,1916, p. 59.
B.− Marque, cicatrice laissée par cette blessure, spécialement au visage :
7. ... il (...) me dit qu'il s'était beaucoup battu contre les nôtres en Flandre. (Il avait été chasseur ou dragon sous le duc d'York.) Il en portait les marques, me disait-il, en montrant plusieurs balafres; ... Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène,t. 1, 1823, p. 848.
8. Comme il se regardait dans une glace, il vit une rougeur sur sa joue gauche. Il s'approcha, s'examina. La cravache n'avait laissé là qu'une légère éraflure. Il pourrait expliquer cela par un accident quelconque. Mais, si la peau gardait à peine la balafre d'une mince ligne rose, lui sentait de nouveau, dans la chair, profondément, la brûlure ardente du cinglement qui lui avait coupé la face. Zola, Son Excellence E. Rougon,1876, p. 121.
P. compar. :
9. ... la rase campagne s'étalait au bout. Dans l'écartement de deux vallons, elle développait sa verte étendue sillonnée en balafres noires par les lignes capricieuses des haies, ... Flaubert, Par les champs et par les grèves,1848, p. 294.
P. métaph. :
10. Les portraits de Van Dyck et de son temps ont toujours, derrière, un ciel d'orage : c'est la vie du temps... Il y a des traînées d'éclairs sur un ciel noir à leur horizon. Des balafres d'orage rayent le fond sur lequel se détache un homme en noir, calme. E. et J. de Goncourt, Journal,1862, p. 1082.
11. Sur tout son corps, la ville portait les longues balafres noirâtres de la pluie. Derrière elle, d'énormes montagnes violettes gonflées d'eau dormaient sous le ciel sombre. Giono, Le Chant du monde,1934, p. 122.
12. Dans le ciel où croulait une avalanche de nuages ronds, le moulin de la prison se profilait, étonnamment précis encore. Son aile unique barrait d'un trait appuyé l'étroite balafre rouge du couchant. Vercel, Capitaine Conan,1934, p. 233.
PRONONC. ET ORTH. : [balafʀ ̥] ou [balɑ:fʀ ̥]. Land. 1834 écrit balâfre.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1505 « longue entaille » (Gonneville, Relation authentique, 105 dans Quem. : Des Indiens [...] incisés en maints endroits de la peau, par balafres, pour paroistre plus beaux fils); 1586 fig. « déchirure » (Resp. de J. Bod. à Malestr. ds Gdf. Compl. : Les chausses, ou l'on emploie le triple de ce qu'il en faut, avec tant de balafres et dechiquetures, que les pauvres gens ne s'en peuvent servir, apres que monsieur en est degousté). Issu du croisement de l'a. fr. leffre « lèvre » attesté du xiiies. (Tournoi de Chauvency, 3556, éd. M. Delbouille dans T.-L. : La veissiez vallet escoure Et le hustin encommencier, Celui a cel autre tencier, Et couteler de ces espees, Leffres et faces decopees) au xives. (E. Deschamps, ibid.) avec balèvre* p. anal. entre les lèvres d'une plaie et les lèvres du visage. Leffre est empr. à l'a. h. all. leffur (Graff t. 2, p. 205); l'hyp. selon laquelle balafre est une forme assimilée de belafre altération de l'a. fr. balèfre (fr. mod. balèvre*) lui-même empr. au frq. *bal-leffur (EWFS2) fait difficulté, la forme *balèfre « balèvre » ne semblant pas attestée.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 59.

Wiktionnaire

Nom commun

balafre \ba.lafʁ\ féminin

  1. Longue entaille, plaie faite particulièrement au visage.
    • Grande balafre.
    • Quelques-uns même qui s’étaient levés dès avant l’aube, n’ayant pas vu clair à se faire la barbe, avaient des balafres en diagonale sous le nez. — (Gustave Flaubert, Madame Bovary, Michel Lévy frères, Paris, 1857)
  2. (En particulier) Cicatrice qui reste quand la blessure est guérie.
    • Hermann était un ancien guerrier dont la figure était labourée de cicatrices, de balafres, suite des blessures que lui avait faites le sabre des Musulmans. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Un soldat trapu, avec des cils blancs dans sa figure rubiconde coupée d’une balafre, apparut sur le seuil. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 247 de l’éd. de 1921)
    • J’oublie facilement cette balafre : ce fut le dernier coup de lance d’un uhlan, dans une houblonnière en Alsace, il y a près de trente-cinq ans. — (Marcel Pagnol, Le château de ma mère, 1958, collection Le Livre de Poche, page 279)
    • Elle revoyait, profilé sur la grille, un homme de haute taille, un peu trop corpulent pour son âge, avec à la joue une balafre supposée due à un duel au sabre, mais les étudiants allemands de l’époque se faisaient souvent charcuter par genre. — (Marguerite Yourcenar, Souvenirs pieux, 1974, collection Folio, page 306)

Forme de verbe

balafre \ba.lafʁ\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de balafrer.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de balafrer.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de balafrer.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de balafrer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de balafrer.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

BALAFRE (ba-la-fr') s. f.
  • 1Taillade faite, particulièrement sur le visage, par une arme tranchante.
  • 2Cicatrice qui reste quand la blessure est guérie.
  • 3 Fig. Le plus aimable des hommes qui me fait des balafres et crie qu'il est égratigné, Voltaire, Roi de Prusse, 129.

HISTORIQUE

XVIe s. La balafre du duc recevant quelque eau ou de l'œil ou d'elle mesme, Larchant lui fit aporter un mouchoir, D'Aubigné, Hist. III, 151. Et il fit une grand balafre à ce tabourin [le creva] avec ce couteau, Despériers, Contes, XXXII. Oultre ce que les taches s'agrandissent selon l'eminence et clarté du lieu où elles sont assises, et qu'un seing et une verrue au front paroissent plus que ne faict ailleurs une balafre, Montaigne, I, 332.

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Étymologie de « balafre »

(1505) Croisement de balèvre par analogie entre les lèvres d’une plaie et les lèvres du visage, et de l’ancien français laffru, lavru (« lippu »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Wallon, barlafre ; namurois, berlafe ; milanais, barleffi ; ital. sberleffe. Diez le tire de la particule bar, bes, bis, qui signifie de travers, mal, et l'ancien haut-allemand Leffur, lèvre ; de sorte que cela signifierait une mauvaise lèvre (lèvre dans le sens de plaie béante) ; et il cite le champenois berlafre, qui signifie mal à la lèvre. Grandgagnage est porté à croire que balafre est de même origine que le wallon lafrer, lofrer, dans dilafrer, gâter, avec bar, de travers ; une balafre serait donc une blessure oblique. Ce sont, on le voit, seulement des conjectures ; d'autant plus qu'on peut alléguer aussi le bas-latin balafardus, balasardus, sorte d'épée courte, qui est le même que balisarde, la fameuse épée que se disputent les paladins dans l'Arioste.

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Phonétique du mot « balafre »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
balafre balafr

Citations contenant le mot « balafre »

  • L'un présentait une impressionnante balafre verticale sur le côté gauche de son visage. L'autre, un œil tuméfié et des pansements sur son crâne, signes d'une précédente bagarre pour laquelle il a déposé plainte. Nice-Matin, Il défigure son voisin à coups de cutter à Nice - Nice-Matin
  • Un homme en colère serre la main de son voisin, qui a des choses à se reprocher, et le balafre. L’inculpé prétend être malade. L'Expression, L'Expression: La chronique judiciaire - «J’ai sorti le poignard et ...»

Traductions du mot « balafre »

Langue Traduction
Anglais scar
Espagnol cicatriz
Italien cicatrice
Allemand narbe
Chinois 瘢痕
Arabe ندب
Portugais cicatriz
Russe шрам
Japonais 傷跡
Basque orbaina
Corse cicatrice
Source : Google Translate API

Synonymes de « balafre »

Source : synonymes de balafre sur lebonsynonyme.fr
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