La langue française

Serre

Sommaire

  • Définitions du mot serre
  • Étymologie de « serre »
  • Phonétique de « serre »
  • Traductions du mot « serre »
  • Synonymes de « serre »

Définitions du mot serre

Trésor de la Langue Française informatisé

SERRE1, subst. fém.

A. −
1. [Corresp. à serrer II A 1] Action de soumettre à une pression; résultat de cette action.
VITIC. Pressurage du raisin; résultat de celui-ci. Dans la préparation du Champagne on appelle première serre, deuxième serre, etc., les produits successifs du pressurage (...). La première serre donne le vin de cuvée (Lich.Vins1984).
2. [Corresp. à serrer II C] Dispositif destiné à assujettir quelque chose, à maintenir un contact étroit entre plusieurs éléments.
a) FOND. Presse ou pinces qui permet(tent) de serrer l'une contre l'autre les deux parties d'un moule. (Dict. xixeet xxes.).
b) MAR. ,,Ceinture intérieure longitudinale du bâtiment, chevillée à tous les couples par leur face intérieure`` (Merrien 1958).
c) ORFÈVR. Petit cadre qui s'enchâsse dans les moules où l'on fond l'or et l'argent. (Dict. xixeet xxes.).
B. − [Corresp. à serrer II A 1 b] Au plur. Griffes de rapaces; p. ext., griffes d'oiseaux. Serres d'un aigle, d'un faucon, d'un vautour; serres d'un corbeau, d'une mouette. L'oiseau (...) vint se poser (...) sur le tronc d'un bouleau (...). C'était une buse des bois. Debout (...), les serres implantées dans l'écorce (Genevoix,Raboliot, 1925, p. 298).Une image qui représentait un pygargue en train d'enfoncer, la tête sous l'eau, ses serres dans le dos d'un gros brochet (Fargue,Piéton Paris, 1939, p. 10).
P. métaph. Un soir, nous vîmes dans notre retraite quelqu'un entrer à la dérobée par une fenêtre et sortir par une autre: c'était M. Laborie; il se sauvait des serres de Bonaparte (Chateaubr.,Mém., t. 2, 1848, p. 34).
Loc. verb. fig., fam. Tenir dans ses serres. Tenir à sa merci. Elle traita Conrad comme un ennemi; elle le déchira à plaisir, et lui fit tout le mal dont elle put s'aviser, et, comme elle le tenait terrassé dans ses serres, elle eut satisfaction entière de son procédé! (Gobineau,Pléiades, 1874, p. 322).
Rem. Au sing. dans des cont. littér. ou métaph. La griffe et la serre ont une sensualité monstrueuse; c'est le mouvement obscur de la bête emprisonnée dans leur tenaille (Hugo, Misér., t. 1, 1862, p. 569). J'ai trouvé les enfants dans la serre des gens de loi (Claudel, Violaine, 1901, IV, p. 644).
C. −
1. [Corresp. à serrer I] Vx. Endroit clos où l'on conserve quelque chose. (Dict. xixeet xxes.). Synon. resserre.Serre à légumes (Rob. 1985).
2. Construction en verre ou plastique, fixe ou démontable, parfois chauffée, utilisée pour mettre les plantes à l'abri de l'hiver et pour cultiver les plantes exotiques ou délicates, hâter la production de certains fruits, fleurs ou légumes ou protéger les semis fragiles. M. Legonidec fit enlever dans la serre quinze palmiers, qu'il envoya pour son jour de l'an à une cocotte (Goncourt,Journal, 1871, p. 717).Il existe de nombreux modèles de serres de jardin, de balcon (adossées), d'appartement (mini-serre). Dans sa forme la plus sophistiquée, la serre peut devenir un salon-serre, un jardin d'hiver. Une véranda fait parfois office de serre (Bén.-Vaesk.Jard.1981).
SYNT. Serre chaude (de plus 15oà plus 30o), tempérée (de plus 8oà 10/12o), froide (de plus 3oà 5/10o); serre humide, sèche; serre à forcer; serre démontable; serre d'horticulteur, de pépiniériste, du jardin des Plantes; raisin, fleurs de serre; culture en serre; mettre une plante en serre.
Chaleur, température de serre. Chaleur humide et étouffante; température excessive. « Princesse, je vous dérange, » dit le comte en entrant dans l'atelier dont la chaleur de serre lui fit monter le sang aux oreilles (Péladan,Vice supr., 1884, p. 91).Un feu de bois, malgré la saison, entretient une température de serre dans la pièce (Martin du G.,Notes Gide, 1951, p. 1394).
Spéc. Effet (de) serre
CLIMATOL. Rétention de l'énergie calorifique du soleil due à l'absorption sélective de l'atmosphère. Mélangé aux autres polluants, il [le CO2] forme un écran qui perturbe le va-et-vient des rayons solaires réfléchis par la surface de la Terre: l'« effet de serre », comme disent les climatologues (L'Express, 28 févr. 1981, p. 98, col. 3).La forêt [amazonienne] ne peut en aucun cas être sacrifiée sans une augmentation de la réflexion du soleil sur les zones équatoriales et un accroissement du gaz carbonique dans l'air. Deux « effets serre » qui pourraient radicalement modifier le climat sur terre (Le Point, 27 avr. 1981, p. 86, col. 3).
PHYS. Phénomène selon lequel un milieu isolé par une paroi transparente à la lumière solaire s'échauffe en raison de l'opacité de cette même paroi au rayonnement infra-rouge émis par les corps ainsi isolés dans ce milieu. Solution à la crise du pétrole? Sans aucun doute, car la « serre » fournira 87 pour cent des besoins en énergie à l'ensemble des habitations. Principalement grâce à l'effet de serre et à une batterie de capteurs solaires placés sur les toits (Le Point, 27 août 1979, p. 56, col. 1).
P. métaph. ou p. anal. Fleur/plante de serre. Être ou chose délicat(e), fragile ou inconsistant(e), issu(e) d'un milieu très protecteur. Ils allèrent aux bains de mer, mais à regret, pensant sur les plages de l'océan aux trottoirs des boulevards. Leur amour lui-même s'y ennuya. C'était une fleur de la serre qui avait besoin du grand lit gris et rose, (...) de l'aube dorée du petit salon (Zola,Curée, 1872, p. 497).
Loc. Cela est venu en serre (chaude); c'est un fruit de serre (chaude). C'est un talent peu solide dont le succès est obtenu dans des conditions anormalement favorables. Un riche ne peut pas être un grand artiste (...). Même s'il y parvient, il est toujours un fruit de serre (Rolland,J.-Chr., Amies, 1910, p. 1124).
REM.
Serriste, subst.Spécialiste de la culture en serres. Les entrepreneurs paysagistes, les pépiniéristes (...) et les serristes accroissent leur volume d'affaires (Le Soleil, 13 avr. 1985, E1, col. 2).
Prononc. et Orth.: [sε:ʀ]. Homon. cerf, serf, serre2et formes de servir. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. a) Ca 1150 « ce qui serre, presse » ici « branche du mors d'un cheval » (Roman de Thèbes, éd. G. Raynaud de Lage, 4604); b) α) 1481 mar. « planche servant au revêtement intérieur des membres du navire » (Bull. du Comité Trav. Hist., 1897, p. 109 ds IGLF); 1691 serre de mât (Ozanam); β) 1723 terme de fond. (Savary); γ) 1812 terme d'orfèvr. (Mozin-Biber); c) α) 1549 « fait d'être serré, pressé » (Rabelais, Sciomachie, III, 398 ds Hug.); β) 1732 « action de presser les fruits dans un pressoir » (N.-A. Pluche, Le Spectacle de la nature, t. 2, p. 363 ds Trév. 1752); 2. 1549 « griffe, ongle des oiseaux de proie » (Est., p. 668); fig. 1579 tenir en ses serres (H. Estienne, Prec., 130 ds IGLF). B. 1. Ca 1220 « endroit clos, prison » (Gui de Cambrai, Barlaam et Josephat, 130 ds T.-L.); 2. 1642 « lieu où l'on met les fruits pour les conserver » (Oudin Fr.-Ital.); 1660 « lieu où on renferme les plantes » (Oudin Esp.-Fr.); 1762 serre chaude (Encyclop. Planches t. 1, p. 15b); fig. 1791 (Mirabeau, Collection, t. III, p. 232 ds Littré); 3. 1877 « local où à la banque, on garde les valeurs » (Littré Suppl.). Déverbal de serrer*. Fréq. abs. littér.: 675. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 712, b) 1 532; xxes.: a) 1 102, b) 774. Bbg. Archit. 1972, p. 180. − Françon (M.). Note sur le mot serre. Fr. mod. 1949, t. 17, pp. 182-184.

SERRE2, subst.

GÉOGR. Crête étroite, longue de plusieurs kilomètres, faisant partie d'un relief de hauteurs isolées par des vallées parallèles découpant un plateau. Les serres de l'Agenais, les serres cévenoles (George 1984).
Prononc.: [sε:ʀ]. Homon. cerf, serf, serre1et formes de servir. Étymol. et Hist. Ca 1726 (Légende d'une carte manuscrite des Sevennes ds F. de Dainville, Le Langage des géographes [termes, signes, couleurs des cartes anciennes, 1500-1800], p. 174: serre est le sommet d'une montagne). Mot région. (repris par les géographes), dont l'aire d'empl. va de la Franche Comté au Sud Ouest, dans les régions où les chaînes montagneuses sont présentes (v. FEW t. 11, p. 525b; serre, dans les Pyrénées désigne « une montagne à crête », dans les Alpes « une colline de forme allongée »; il semble que la serre est spécifiée par l'allongement du sommet plus que par l'altitude [F. de Dainville, loc. cit.]), issu du lat. serra « crête dentée », « montagne », dep. le vies. (v. Ern.-Meillet et FEW t. 11, p. 527; cf. aussi Du Cange qui a relevé le mot serra « montagne, colline » dans des chartes du Haut Moyen Âge), évolution sém. du lat. serra « scie ». Cf. a. fr. serre « montagne » (xiiies., Les Loherains, ms. Montpellier, f o92a ds Gdf., attest. isolée); a. prov. serra « colline, côteau, monticule » (xiiies. ds Levy et Rayn.); ital. serra; esp. sierra; port. serra.

Wiktionnaire

Nom commun 1

serre \sɛʁ\ féminin

  1. (Désuet) Action de serrer, résultat de cette action.
    • Donner une serre, serrer la main.
    • Il a la serre bonne, se dit d'un homme qui a le poignet vigoureux.
  2. (Viticulture) Pressurage ; produits successifs du pressurage.
    • Le vin de première serre contient plus d’alcool que le vin de traite lui-même il est aussi plus riche en matières colorantes et en principes acides, mais moins agréable à boire que le vin de goutte, grâce un excès d'acide qui assure sa conservation.— (Louis Caille, Petit traité de l’art de faire le vin dans les départements du sud-est de la France, 1892, page 53)
    • Dans la préparation du Champagne on appelle première serre, deuxième serre, etc.
  3. (Agriculture) Lieu clos et transparent où l’on cultive des plantes craignant le gel.
    • Il existe une annexe à la serre principale, c'est également une serre froide, composée de deux compartiments parallèles et conjugués. On y remarque un fort Phœnix canariensis en bac, un Phœnix spinosa, un Livistona australis, un beau Sabal Adansoni, un beau Cibotium Schiedei, une belle touffe de Bambusa Thouarsii, des Cactées géantes, une belle collection d’Agaves, un Dracœna Brownnii, un fort Livistona chinensis. Cette serre communique avec la serre à Camélias, qui renferme une belle collection de ces plantes ; on y remarque quelques forts spécimens. Tous les Camélias sont cultivés en pleine terre. À côté des serres monumentales se trouvent deux serres où sont hivernées des plantes d’orangerie et surtout de fort exemplaires d’Agaves, ainsi qu'une belle collection d’Agaves hybrides obtenus dans les cultures du parc de la Tête-d'Or. Le groupe des petites serres de collections forme un carré d’environ 4,000 mètres. Il est composé de trois serres principales : une serre chaude, une serre tempérée et une serre froide, orientées de l’est à l’ouest. La serre chaude se trouve au midi du carré, la serre tempérée au milieu et la serre froide au nord.— (Joseph Paquet, Les Serres du parc de la Tête d’or à Lyon in Annales de la Société d'horticulture de la Haute-Garonne, 1904, page 135)
    • Dès le lendemain matin nous nous présentons chez l'horticulteur Lemoine, qui […] se fait un plaisir de nous faire visiter ses serres, ses jardins. Que de merveilles! grands dieux! — (Gustave Fraipont, Les Vosges, 1923)
    • Elle dit que les serres étaient des couvents d’où sortaient des fleurs plus sages, plus froides, plus dociles aussi que les fleurs qui s’ouvrent au plein air des saisons. — (Louise de Vilmorin, Madame de, Gallimard, 1951, réédition Folio, page 44)
    • Retirer, sortir les orangers de la serre ; les rentrer dans la serre.
    • Serre chaude, serre où l’on entretient une température permettant d’obtenir des fruits ou des légumes avant la saison, et de conserver des plantes exotiques qui ne supportent pas notre climat.
    • On n’obtient ce fruit-là que dans la serre chaude.
    • Un fruit de serre chaude.
    • On est dans cet appartement comme dans une serre chaude.
    • Le château de Michel Pacha est entouré d’un jardin planté d’essences exotiques et de palmiers, avec escaliers à double volée, exèdres à degrés, kiosque-belvédère en forme de tempietto, volières, serres, nymphées, fontaines et édicules de rocaille à la marseillaise. — (Bernard Toulier, auteur de l’avant-propos de Tamaris entre Orient et Occident de Nathalie Bertrand, 2003, Actes Sud)
    • Culture en serre chaude, se dit de procédés artificiels dont on se sert pour hâter l’éclosion de talents auxquels on ne laisse pas le temps de se développer naturellement.
    • C’est un fruit de serre chaude.
  4. (Zoologie) Pied des oiseaux de proie, (main en fauconnerie).
    • L’aigle a les serres très fortes.
    • Cet oiseau de proie tenait une perdrix dans ses serres.
    • Hedwige lança un hululement sonore et s'envola si brusquement que ses serres lui griffèrent l'épaule. — (J.K. Rowling, Harry Potter et la coupe de feu, traduit par Jean-François Ménard, 2000)
  5. (Marine) (Vieilli) Pièce de la charpente d'un bateau, bordage intérieur appelé aussi vaigre.
    • Serre-bauquière, celle placée immédiatement au-dessous de la bauquière.
    • Serre-gouttière, celle placée au-dessus de la fourrure de gouttière, pour seconder l'effort de cette ceinture.
    • Serres de mât, pièces de bois qu'on met au pied des mâts pour les affermir.
  6. (liégeois) (Charbonnage) Massif de houille laissé en place lors du déhouillage[1].
    • Entre les Chantiers (d’Abattage), on laissait subsister des serres, ou piliers abandonnés, d’une épaisseur de 4 toises (environ 8 m), c’est-à-dire des massifs de charbon volontairement inexploités afin de servir de soutènement aux galeries.

Nom commun 2

serre \sɛʁ\ féminin

  1. Crête étroite, longue de plusieurs kilomètres, faisant partie d'un relief de hauteurs isolées par des vallées parallèles découpant un plateau.
    • Les serres cévenoles.

Forme de verbe

serre \sɛʁ\

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de serrer.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de serrer.
    • Si un Serin a le flux de ventre, ce qui se voit facilement lorsque, tout débiffé, il remue et serre sa queue, et que sa fiente est liquide, dans ce cas il faut lui déplumer la partie qui avoisine l’anus,et le lui graisser d’huile d’amende douce ou de beurre frais, et ensuite lui donner de la graine de laitue et de melon mondé pendant quatre ou cinq jours. — (François Nicolas Martinet, Histoire des oiseaux, volume 1, 1790, page 19)
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de serrer.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de serrer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de serrer.
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Littré (1872-1877)

SERRE (sê-r') s. f.
  • 1Action de serrer ; résultat de cette action. Donner une serre.

    Populairement. Il a la serre bonne, se dit d'un homme qui a le poignet vigoureux.

    Fig. Cela se dit d'un homme avare ou rapace.

    Il a la serre bonne, se dit aussi d'un homme qui dans un écrit pince fortement un adversaire. Il [Linguet] a de l'esprit pourtant, et a quelquefois la serre assez forte, Voltaire, Lett. d'Alembert, 23 déc. 1768.

  • 2Action de serrer, de presser les fruits dans un pressoir. La première serre. La seconde serre.
  • 3Presse pour serrer l'une contre l'autre les deux parties d'un moule de fondeur.

    En chirurgie, serre-fine, voy. SERRE-FINE.

  • 4Petit cadre qui s'enchâsse dans les moules où l'on jette en lames les matières d'or et d'argent.

    Coin pour affermir un châssis.

  • 5 Terme de marine. Synonyme de vaigre, planche qui sert au revêtement intérieur des membres du navire.

    Serre-bauquière, serre placée immédiatement au-dessous de la bauquière.

    Serre-gouttière, serre placée au-dessus de la fourrure de gouttière, pour seconder l'effort de cette ceinture.

    Serres de mât, pièces de bois qu'on met au pied des mâts pour les affermir.

  • 6Pied des oiseaux de proie ; dit main en termes de fauconnerie. Le milan a les serres bonnes. L'aigle a les serres très fortes. Mais la pauvrette [l'alouette] avait compté Sans l'autour aux serres cruelles, La Fontaine, Fabl. V, 17. Le peuple vautour, Au bec retors, à la tranchante serre, La Fontaine, Fabl. VII, 8.

    Fig. La serre du malheur me tient, Staël, Corinne, XVIII, 5. Comme un vautour qui plonge sur sa proie, Le malheur… Et pressant l'univers dans sa serre cruelle…, Lamartine, Médit. I, 7. Quand l'imposture ou la bassesse Livraient l'innocente faiblesse Aux serres du crime puissant, Lamartine, Harm. IV, 1.

    Fig. La serre, la rapacité. Chaque jour le fer du soldat et la serre des agents français flétrissent les beautés naturelles de Rome, Courier, Lett. I, 34.

    Terme de fauconnerie. Chausser la grande serre de l'oiseau, entraver l'ongle du gros doigt du faucon avec un petit morceau de peau.

    La Fontaine a dit serre en parlant de l'ours. Car il [l'ours] s'approchait de bien près, Te retournant avec sa serre, Fabl. V, 20.

  • 7Galerie close de vitrages dans une exposition chaude, où l'on serre pendant l'hiver les plantes qui craignent la gelée. On admet trois espèces de serres : les serres chaudes, où le degré de chaleur doit être maintenu depuis quinze degrés jusqu'à trente ; la serre tempérée, où le thermomètre ne doit pas descendre en hiver au-dessous de six degrés, ni monter au delà de quinze ; et la serre froide, où le thermomètre ne doit pas descendre au delà du terme de la congélation, ni monter au-dessus de huit ou dix degrés.

    Fig. Cela est venu en serre chaude, c'est un fruit de serre chaude, se dit de talents précoces dont on a hâté la maturité par un travail forcé.

    Fig. Être tenu en serre chaude, n'avoir aucune liberté d'action. Nous ne songeons pas que cette énorme population [de Paris] a été longtemps entretenue, comme en serre chaude, par l'ancien ordre de choses, Mirabeau, Collection, t. III, p. 232.

    Serre chinoise, serre enfoncée dans la terre.

  • 8Serre à légumes, espèce de cellier.
  • 9 Terme de pêche. Chambre de la bourdigue, qui sert de décharge à la dernière tour, quand il y a beaucoup de poissons.

HISTORIQUE

XIIIe s. De Got et de Magot que il enclost et prist, Et estoupa la serre del mur que il i fist, Rom. d'Alexandre, dans LACURNE. Bien t'ai apris à ceste fois, Comment et par quel art tu dois Amor acointer et requerre ; Or te vueil doner cles et serre, Par quoi lonctens garder porras L'amor que porchacie auras, Ovide, ms. de St-Germ. f° 95, dans LACURNE. Li crestien, cil de sa terre, Ne doutoient prison ne serre, Gui de Cambrai, Barl. et Jos. p. 4. Et maintenant vinrent as portes, et brisierent les sieres sans le seu dou castelain, Chr. de Rains, 140. Desor un palefroi norrois, Dont les regnes erent d'orfrois, La cheveciere ert bien ovrée ; Un fevre i mist une jornée Qui fist les faces et les serres, Blanchandin, mss. de St-Germain, f° 177, dans LACURNE. Com li cuers el ventre vous serre, Quant Diex a mis sitost en serre Lou conte à la doutée enseigne ! ID. I, 61.

XIVe s. Ne cuit pas [ne pense pas] que je te decuevre Tel mien secret qui m'est tant cher, Se premier tu ne vas cercher Le germe de tous les metaulx, Des animaulx et vegetaulx Qui sunt en mon pouvoir tenus Et en ma serre detenus, Nat. à l'alch. err. 62.

XVe s. L'amour tient vostre cueur en serre, Orléans, Rép. à Fred. De toute honeur [du Guesclin] estoit la droicte serre : Plourez, plourez, flour de chevalerie, Deschamps, Mort de du Guesclin. Et aussi moins est femme en serre, Et moins est du mari guettée, Et tant sera meilleur trouvée, Que celle à la quelle on deffent D'aler au marchié où l'en vent, Deschamps, Poés. mss. f° 554.

XVIe s. …Et le mauvais en enfer tiendra serre, Fust le sien corps sous l'autel enserré, Marot, III, 289. Non les palays, maisons, loges, gualeryes et eschaffaultz seullement estoyent plains de gens en bien grande serre, mais aussy les toictz, Rabelais, Sciomach. Nous empeschons la prinse et la serre de l'ame en luy donnant tant de choses à saisir, Montaigne, IV, 154. Il languissoit d'estre tenu en serre, Ne demandant que d'aller à la guerre, Amyot, Agis et Cléom. 67. Plus asseurée marque que nulle autre est celle qui se fait en la serre ou griffe des pigeons, De Serres, 402. [Ils] mettent leur corps aux champs, et tiennent leur esprit en serre, Charron, Sagesse, II, 2.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

SERRE. Ajoutez :
10 Dans le Puy-de-Dôme, réservoir où l'on recueille l'eau des sources, les Primes d'honneur, p. 442, Paris, 1874.
11Le local où, dans le Trésor ou à la Banque, on garde les valeurs (voy. RESSERRE au Supplément).
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

SERRE, s. f. (Econom. rust.) couvert pour mettre certaines plantes pendant l’hiver ; c’est une espece de salle de trois, quatre ou cinq toises de largeur sur une longueur proportionnée au rez-de-chaussée d’un jardin, exposée pour le mieux au midi, bien percée pour en recevoir le soleil, & close de portes & chassis doubles, dans lesquelles on serre les arbrisseaux, les orangers, les fleurs & les fruits, qui ne peuvent pas souffrir la rigueur de l’hiver.

Il y a beaucoup d’art & d’intelligence dans la construction des serres, & plusieurs jardiniers, faute d’en être instruits, en ont souvent éprouvé du dommage, comme, par exemple, si les personnes qui ont bâti des serres pour conserver des plantes en hiver, n’ont pas eu soin d’y donner accès au soleil par des fenêtres disposées de façon que les rayons puissent parvenir jusqu’au fond ; sans quoi, toutes choses d’ailleurs égales, il se trouve une humidité froide qui venant à tomber sur les plantes, fait périr presque toutes les plus tendres. Il faut donc que ces serres exposées directement au midi soient construites de maniere qu’elles aient des vitrages bien transparens, & qui s’étendent, s’il est possible, jusqu’au pavé, en faisant avec la perpendiculaire un angle de 14 degrés 30′. Ensuite le plafond doit être bâti de sorte que dans le pays où l’élévation du pole est de 52 degrés , il fasse avec la ligne horisontale tirée du haut des fenêtres vers la paroi opposée, un angle de 20 degrés 30′.

Le détail de la bonne construction des serres nous conduiroit trop loin, & demanderoit des figures en nombre. Il faut en prendre des modeles sur celles de Hollande & d’Angleterre ; car notre nation n’est pas encore assez éclairée sur ces sortes de bâtimens consacrés à l’avancement de la Botanique ; nous aimons mieux des avenues éloignées, & des champs stériles. Voyez les Pl. d’Agricult. (D. J.)

Serre, (Géog. mod.) nom d’une riviere & de deux bourgs de France, que nos géographes appellent petites villes.

La riviere coule en Champagne, prend sa source dans la Thiérache, & se jette dans l’Oise à la Fere.

Les deux bourgs sont dans le Dauphiné : l’un à quatre lieues de Saint-Marcellin, élection de Romans ; l’autre est dans les montagnes, à cinq lieues de Sisteron. (D. J.)

Serre, (Fonderie.) terme de fondeurs des menus ouvrages ; c’est une des deux sortes de presses dont ces ouvriers se servent pour serrer, & presser l’une contre l’autre les deux parties de leurs moules. (D. J.)

Serre, s. f. (Sucrerie.) coin long & plat de fer & de buis, dont on se sert pour arrêter les rouleaux ou cylindres de bois, dont on remplit les tambours de fer des moulins à sucre. (D. J.)

Serre, s. f. (terme de Vigneron.) pressurage du marc de raisin au pressoir. Ce mot énergique ne devroit pas rester confiné dans les provinces qui produisent du vin blanc.

Pour faire ce vin blanc, on commence par jetter les raisins sur le pressoir sans les fouler dans la cuve. Après avoir donné proprement la premiere serre, on releve les raisins qui se sont écartés de la masse, & on donne la seconde serre ; ensuite avec une grande pelle tranchante ou taille quarrément les extrémités de la masse des raisins, on rejette par-dessus tout ce qui a été taillé des côtés, & on donne la troisieme serre qu’on appelle pour cette raison la premiere taille. (D. J.)

Serres, terme de Fauconnerie, ce sont les ongles & les griffes d’un oiseau de proie.

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Étymologie de « serre »

(Nom commun 1) Déverbal sans suffixe de serrer.
(Nom commun 2) Apparenté à sierra, de l’occitan serre.
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Bourguig. et Berry, sarre ; provenç. et ital. serra ; du lat. sĕra, barre pour fermer une porte, serrure.

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Phonétique du mot « serre »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
serre sɛr

Traductions du mot « serre »

Langue Traduction
Anglais tight
Espagnol apretado
Italien stretto
Allemand fest
Chinois
Arabe ضيق
Portugais justa
Russe плотно
Japonais タイト
Basque estua
Corse strettu
Source : Google Translate API

Synonymes de « serre »

Source : synonymes de serre sur lebonsynonyme.fr
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