La langue française

Accueil > Dictionnaire > Définitions du mot « sépulture »

Sépulture

Variantes Singulier Pluriel
Féminin sépulture sépultures

Définitions de « sépulture »

Trésor de la Langue Française informatisé

SÉPULTURE, subst. fém.

A. − Vx ou littér. Inhumation; cérémonies d'usage qui accompagnent l'ensevelissement d'un mort. Lieu, rites de sépulture. Cette sainte femme (...) l'oignit avec des parfums avant sa sépulture (Saint-Martin, Homme désir, 1790, p. 145).Il n'avait pas reçu d'autorisation pour permettre une sépulture isolée (Mérimée, Colomba, 1840, p. 45).
RELIG. CATH.
Droit de sépulture. Droit d'être inhumé dans un lieu déterminé, spécialement dans un lieu saint. Pour récompenser Jean V de sa largesse, le clergé lui avait accordé le droit de sépulture (...) dans une chapelle de l'abside (Zola, Rêve, 1888, p. 47).
Sépulture chrétienne, ecclésiastique. Ensemble des rites religieux qui accompagnent l'inhumation, et qui sont réservés aux chrétiens morts dans la communion de l'Église. Privation de la sépulture ecclésiastique (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 4, 1859, p. 206).Il s'agissait bien d'un suicide, mais l'Église (...) lui a donné la sépulture chrétienne (Green, Journal, 1943, p. 40).
[Comme marque d'hommage ou d'opprobre au défunt] Donner, refuser une sépulture, les honneurs de la sépulture; recevoir, être privé de sépulture; mort sans sépulture. Il reçut une honorable sépulture dans l'église de Sainte-Catherine (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 1, 1821-24, p. 276).Chaque poteau chargé d'un corps sans sépulture Marque une date abjecte (Hugo, Légende, t. 3, 1877, p. 295).
B. − Lieu d'inhumation (fosse, tombe, mausolée). Violation de sépulture. Sa tête lentement se pencha vers le marbre (...) et son voile se répandant autour d'elle couvrit les angles blancs de la sépulture aimée, comme un deuil nouveau (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Tombales, 1881, p. 1210).On a retrouvé la sépulture de famille où fut enterrée, du Ierau IVesiècle, la lignée chrétienne des Acilii (Sorel, Réflex. violence, 1908, p. 274).
Prononc. et Orth.: [sepylty:ʀ]. Ac. 1694, 1718: se-; dep. 1740: sé-. Étymol. et Hist. 1. Déb. xiies. « action d'inhumer un mort » faire sepulture (Benedeit, St Brendan, 351 ds T.-L.); 2. 1160-74 « tombeau » (Wace, Rou, éd. A. J. Holden, III, 3219). Empr. au lat.sepultura « derniers devoirs, sépulture » dans la lang. class.; « tombeau » dans la lang. chrét. (déb. iiies., Tertullien ds Blaise Lat. chrét.). L'a. fr. a tenté une adapt. du mot lat.: sepouture dep. 1176, Chrétien de Troyes, Cligès, éd. A. Micha, 6337). Fréq. abs. littér.: 456. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 812, b) 865; xxes.: a) 728, b) 344.

Wiktionnaire

Nom commun - français

sépulture \se.pyl.tyʁ\ féminin

  1. Inhumation ; action de déposer un mort dans un tombeau.
    • Il faudrait dire à l'armée par un ordre du jour, que l'homme qui se suicide manque de cœur, qu'il déserte lâchement son poste, qu'il renie son drapeau; que, déclaré traître à la patrie, son nom sera ignominieusement rayé des contrôles de l'armée, sa mémoire flétrie et son corps privé des honneurs de la sépulture militaire. — (Artigues, Travaux sur le recrutement & l'hygiène morale de l'armée, dans Le Spectateur militaire: Recueil de science, d'art et d'histoire militaires, vol.40, 1862, page 256)
    • L’idée d'une sépulture intentionnelle est donc d'emblée refusée, malgré la présence d'une vingtaine de cyprées d'origine méditerranéenne disposées par paire à divers endroits du corps, […]. — (Marc Groenen, Pour une histoire de la préhistoire: le Paléolithique, Éditions Jérôme Millon, 1994, page 227)
    • Nous n'avons pas l'intention de tracer un tableau exhaustif et minutieux de tous ceux à qui la sépulture ecclésiastique peut être refusée. — (Jacqueline Thibaut-Payen, Les morts, l'Église et l'État, Fernand Lanore, 1977, page 94)
    • Dans la même tombe, les deux modes de sépulture sont représentés, l’inhumation et la crémation. — (Michel Kaplan & ‎Nicolas Richer, Le monde grec, Éditions Bréal, 1995, page 35)
  2. Lieu où l’on enterre un mort.
    • Une sépulture mégalithique a aussi été explorée au lieu dit le cimetière des Anglais, commune de Vauréal, près Pontoise, Seine-et-Oise, par M. A. de Caix de Saint-Aymour. — (Matériaux pour l'histoire primitive et naturelle de l'homme, sous la direction de G. de Mortillet, Paris : M. Reinwald , mai 1868, n°5, page 188)
    • L'étude des divers éléments appartenant au mobilier funéraire d’Hérouvillette a permis d’établir une évaluation chronologique suffisamment précise pour une vingtaine de sépultures. — (Joseph Decaëns, Un nouveau cimetière du haut moyen age en Normandie : Hérouvillette, CRAHM, 1971, page 91)
    • Afin de couvrir les sépultures, ils se sont servi de tuiles, parfois entières, souvent fragmentaires. C'est un geste naturel dans un atelier de potiers où elles sont si abondantes et réutilisées pour mille usages : […]. — (H. Duday, ‎Fanette Laubenheimer & ‎Anne-Marie Tillier, Sallèles d'Aude: nouveau-nés et nourrissons gallo-romains, Presses Univ. Franche-Comté, 1995, page 97)
    • Selon les termes de la loi sur les sépultures militaires, seul le secrétariat d'État aux Anciens Combattants et Victimes de guerre est habilité à procéder à l’exhumation des sépultures militaires. — (Alain Denizot & ‎Jean Louis, L'énigme Alain-Fournier 1914-1991, Nouvelles Éditions Latines, 2000, page 168)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SÉPULTURE. n. f.
Inhumation, action de déposer un mort dans un tombeau. Les pyramides d'Égypte étaient destinées à la sépulture des rois. Les apprêts de sa sépulture. Les frais de sépulture. Il fut porté au lieu de sa sépulture. Être privé de sépulture, rester sans sépulture, N'être point inhumé. Être privé des honneurs de la sépulture ou simplement Être privé de la sépulture, N'être pas inhumé avec les cérémonies convenables, usitées. Être privé de la sépulture ecclésiastique, N'être point inhumé en terre sainte. Droit de sépulture, Le droit qu'on a d'être enterré en tel lieu. Droits de sépulture, Ce qui est dû pour l'inhumation d'un mort.

SÉPULTURE désigne encore le Lieu où l'on enterre un mort. Cette famille a sa sépulture dans tel cimetière. Saint-Denis est la sépulture des rois de France. Violation de sépulture.

Littré (1872-1877)

SÉPULTURE (sé-pul-tu-r') s. f.
  • 1Action de mettre en terre un mort. Allons à nos martyrs donner la sépulture, Corneille, Poly. V, 6. Il parle de lui et de sa sépulture avec une humilité vraiment chrétienne qui plaît et qui touche infiniment, Sévigné, 483. C'est à ce philosophe [Molière] que l'archevêque de Paris, Harlai, si décrié pour ses mœurs, refusa les vains honneurs de la sépulture, Voltaire, Louis XIV, Écrivains, Molière. Lorsque le curé de Saint-Sulpice, Languet… refusa la sépulture à Mlle Lecouvreur, qui avait légué mille francs à son église, Voltaire, Lett. Mlle Clairon, 27 août 1761. J'admirais la sagesse des anciens législateurs qui imprimèrent un caractère de sainteté à la sépulture et aux cérémonies qui l'accompagnent, Barthélemy, Anach. ch. 8. L'Égypte est le pays qui paraît avoir porté au plus haut point les dépenses de la sépulture de ses rois ; il est remarquable que Pausanias ne cite en Grèce aucun grand monument de sépulture, Quatremère de Quincy, Instit. Mém. hist. et litt. anc. t. IV, p. 417.

    Fig. Ne pouvais-je saisir, déchirer le parjure, Donner à ses lambeaux la mer pour sépulture ? Delille, Énéide, IV.

    Être privé de sépulture, rester sans sépulture, n'être point mis en terre. Que de corps entassés ! que de membres épars, Privés de sépulture ! Racine, Esth. I, 5.

    Être privé des honneurs de la sépulture, ou, simplement, être privé de la sépulture, n'être pas mis en terre avec les cérémonies convenables, usitées. Aussitôt qu'un homme était mort [en Égypte], on l'amenait en jugement ; l'accusateur public était écouté : s'il prouvait que la conduite du mort eût été mauvaise, on en condamnait la mémoire, et il était privé de la sépulture, Bossuet, Hist. III, 3.

    Être privé de la sépulture ecclésiastique, n'être point inhumé en terre sainte.

  • 2Il s'est dit quelquefois pour la mort, la fin de la vie. Vivez, régnez, seigneur, jusqu'à la sépulture, Et laissez faire après ou Rome ou la nature, Corneille, Nic. II, 3. J'en ai vu [des chrétiens], que le temps prescrit par la nature Était près de pousser dedans la sépulture, Dessus les échafauds presser ce dernier pas, Et d'un jeune courage affronter le trépas, Rotrou, Saint Genest, II, 7. Reçut une blessure Qui le mit dans la sépulture, La Fontaine, Fiancée.
  • 3Droit de sépulture, le droit qu'on a d'être enterré en tel lieu.

    Droits de sépulture, ce qui est dû à une église pour l'inhumation d'un mort.

  • 4Le lieu où l'on enterre les morts. Saint-Denis est la sépulture des rois de France. Nous voyons dans l'Écriture que les méchants rois étaient privés de la sépulture de leurs ancêtres, Bossuet, Hist. III, 3. Parmi ces tombeaux, Des princes de ma race antiques sépultures, Racine, Phèdre, V, 1. Avant Adrien, les empereurs n'eurent certainement pas d'autre sépulture que celle d'Auguste, Sainte-Croix, Instit. Mém. hist. et litt. anc. t. II, p. 550.

    Il se dit quelquefois pour tombeau. M. le Tellier l'avait bien connu, que cette dignité et cette gloire dont on l'honorait n'était qu'un titre pour la sépulture, Fléchier, le Tellier.

HISTORIQUE

XIIe s. L'evesques chante la messe hautement… Puis enfoïrent le vasal combatant ; Sa sepouture sevent bien li auquant, Raoul de Camb. 145.

XIIIe s. Là sus enmi cele costure Me fetes une sepouture Entre ce plain et ce jardin, Ren. 10094. Et furent ses os gardés en un escrin et enfouis à Saint Denis en France, là où il avoit eslue sa sepulture, ouquel lieu il fut enterré, Joinville, 303. Après je eslis et voudré avoir ma sepouture en Val nostre Dame, Du Cange, sepultura.

XIVe s. Homme ne femme de ladite ville et franchise ne y doivent [au cimetière] rien paier de sebolture, mais ce qu'il leur plaira tant seulement, Du Cange, ib.

XVe s. Qui estoit cestuy qui est gisant Sous ceste froide sepulture ? Un riche avare qui, vivant, ne buvoit que l'eau toute pure, Basselin, LVII. N'y est memoire d'eulx [des Français en Sicile] que pour les sepultures de leurs predecesseurs, Commines, VI, 3.

XVIe s. Platon, en ses Lois, ordonne sepulture ignominieuse à celuy qui a privé son plus proche et plus amy, sçavoir est soy mesme, de la vie et du cours des destinées, Montaigne, II, 28.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

SÉPULTURE, (Droit naturel.) on entend en général par sépulture dans le droit naturel, les derniers devoirs rendus aux morts, soit qu’on enterre leurs corps, soit qu’on les brûle ; car tout dépend ici de la coutume qui détermine la maniere d’honorer la mémoire du défunt.

Le droit de sépulture est fondé sur la loi de l’humanité, & en quelque façon même sur la justice. Il est de l’humanité de ne pas laisser des cadavres humains pourrir, ou livrés en proie aux bêtes. C’est un spectacle affreux aux vivans ; & il leur en proviendroit un dommage réel par l’infection de l’air. Ainsi les personnes les plus indifférentes sont obligées par cette seule raison de donner elles-mêmes la sépulture aux morts, lorsqu’il n’y a point de gens, de parens ou d’amis à portée de leur rendre ce dernier devoir. Que si l’on empêche les parens ou les amis de s’en acquitter, on leur fait une injure. On augmente la douleur qu’ils ressentent de la perte d’une personne qui leur étoit chere, on leur ôte la consolation de lui rendre ce qu’ils regardent comme un devoir. C’est sur ce pié-là que la chose a été envisagée de tout tems parmi les nations qui n’ont pas été plongées dans la barbarie. C’est aussi en partie là-dessus que sont fondées les lois qui privent de la sépulture ceux qui ont commis de très grands crimes ; car elles se proposent autant de rendre chacun soigneux de détourner de tels crimes ses enfans, ses parens, ses amis, que d’intimider le criminel.

Mais en refusant la sépulture à quelqu’un, ne viole-t-on point en quelque maniere envers lui l’humanité & la justice ? M. Thomasius & quelques autres ne le croient pas, parce que le mort ne sent point l’outrage qu’on fait à son cadavre ; cependant ce n’est pas toujours assez pour être lésé, de sentir l’offense que l’on nous fait ; on fait du tort à un insensé, quoiqu’il ne comprenne par le préjudice qu’on lui cause. Après tout les raisons qui se tirent de l’injure faite aux vivans, suffisent pour en inférer, que la sépulture refusée malicieusement, fournit un juste sujet de vengeance aux parens ou amis du défunt, & que les lois même de la guerre ne s’étendent pas jusqu’à refuser la sépulture aux morts de l’armée ennemie ; c’étoit là du moins l’idée de Platon, & à son autorité on peut ajouter celles que Grotius cite en assez grand nombre, l. II. c. xix. (D. J.)

Sépulture, (Antiq. greque & rom.) le soin de la sépulture est du droit naturel & du droit des gens. Tous les peuples peuples se sont accordés à penser ainsi, & l’antiquité a regardé la sépulture des morts comme un devoir inviolable, dont on ne pouvoit se dispenser sans encourir la vengeance des dieux.

Dans l’Iliade d’Homere, Priam obtient une suspension d’armes pour enterrer les morts de part & d’autre. Jupiter envoie Apollon pour procurer la sépulture à Sarpedon. Iris est dépêchée des dieux pour engager Achille à rendre ce devoir à Patrocle, & Thétis lui promet d’empêcher que ce corps ne se corrompe, au cas qu’on le laisse une année entiere sans sépulture. Homere se fonde ici sur la coutume des Egyptiens qui refusoient la sépulture au défunt, s’il avoit mal vécu. Ce refus faisoit qu’on ne permettoit pas de transporter le corps des impies au-delà du fleuve près duquel étoient les sépultures des justes. De-là venoit l’idée que la privation de la sépulture fermoit à une ame les champs élisiens, & la couvroit d’infamie.

Je me sers ici du mot de sépulture pour les tems même d’Homere, où l’on brûloit les corps, d’autant qu’il restoit toujours des os ou des cendres du cadavre qu’on mettoit en terre enfermés dans des urnes.

L’usage de brûler les corps eut de la peine à s’établir chez les Romains, parce que Numa Pompilius défendit qu’on brûlât le sien ; cette coutume devint cependant générale sur la fin de la république ; mais elle se perdit au commencement du regne des empereurs chrétiens, & s’abolit entierement sous Gratien.

Personne, & même les criminels ne pouvoient être privés de la sépulture parmi les juifs. Josephe, antiq. judaïq. l. IV. c. vj. dit que Moïse avoit commandé qu’on donnât la sépulture à tous ceux qu’on condamneroit à mort pour leurs crimes. Nous voyons que les Romains étoient assez dans le même usage, car Pilate permit qu’on détachât le corps de J. C. & qu’on le mît dans le sépulchre, quoiqu’il l’eût fait mourir comme criminel de lése-majesté. Les empereurs Dioclétien & Maximien marquerent par un de leurs rescripts, qu’ils n’empêcheroient pas qu’on donnât la sépulture à ceux qu’on avoit suppliciés.

Au commencement de la république, tous les Romains avoient leur sépulture dans la ville, mais la loi des douze tables le défendit pour éviter l’infection que les corps enterrés pouvoient causer dans un climat aussi chaud que l’Italie. La république n’accorda le droit de sépulture dans Rome qu’aux vestales, & à un petit nombre de particuliers qui avoient rendu des services considérables à l’état. Les Claudiens eurent le privilege de conserver leur sépulture sous le capitole. Le peuple romain accorda de même par une ordonnance expresse à Valérius Publicola & à ses descendans, l’honneur de la sépulture dans la ville. Plutarque écrit néanmoins que de son tems, ceux de cette race se contentoient, lorsque quelqu’un d’eux mouroit, de mettre une torche ardente sur le tombeau de famille, qu’ils retiroient aussitôt, pour montrer qu’ils avoient ce privilege, mais qu’ils s’en déportoient en faisant enterrer leurs parens dans la contrée de Vélie.

Adrien mit une amende de quatre pieces d’or contre les contrevenans, & étendit cette peine aux magistrats qui l’auroient permis. Il voulut encore, pour me servir des termes du jurisconsulte Ulpien, que le lieu de la sépulture fût confisqué & profané, & qu’on exhumât le corps ou les cendres de celui qu’on y auroit enseveli. Cette ordonnance fut renouvellée par Dioclétien & Maximien, l’an 290 de l’ere chrétienne.

Des lois si formelles obligerent les Romains d’établir leur tombeaux hors de l’enceinte de Rome, & les élever sur les grands chemins les plus fréquentés, comme sur la voie appienne, la voie flaminienne, la voie latine, où l’on voyoit les sépuchres des Collatins, des Scipions, des Serviliens ; des Marcellus, &c. objets propres à porter les passans à l’imitation. des grands hommes qui étoient couchés dans ces tombeaux, & dont les noms étoient gravés sur chacun. (D. J.)

Sépulture des Chinois, (Hist. de la Chine.) les sépultures de ce peuple sont hors des villes, & autant qu’on le peut sur des hauteurs ; souvent on y plante des pins & des cyprès. Jusqu’à environ deux lieues de chaque ville, on trouve des villages, des hameaux, des maisons dispersées çà & là, & diversifiées de bosquets & de petites collines couvertes d’arbres, & fermées de murailles. Ce sont autant de sépultures différentes, lesquelles forment un point de vue qui n’est point désagréable.

La plûpart des sépulchres chinois sont bien blanchis, & faits en forme de fer à cheval. On écrit le nom de la famille sur la principale pierre. Les pauvres se contentent de couvrir le cercueil de chaume, ou de terre élevée de cinq à six piés, en forme de pyramide ; plusieurs enferment le cercueil dans une petite loge de brique, représentant un tombeau.

Pour ce qui est des grands & des mandarins, leurs sépultures sont d’une assez belle structure. Ils construisent une voute dans laquelle ils renferment le cercueil : ils forment au-dessus une élevation de terre battue, haute d’environ douze piés & de huit ou de dix pouces de diametre, qui a à-peu-près la figure d’un chapeau ; ils couvrent cette terre de chaux & de sable, dont ils font un mastic, afin que l’eau ne puisse pas y pénétrer ; ils plantent tout autour avec symmétrie des arbres de différentes especes. Vis-à-vis est une longue & grande table de marbre blanc & poli, sur laquelle est une cassolette, deux vases & deux candelabres aussi de marbre. De part & d’autre, on range en plusieurs files des figures d’officiers, d’eunuques, de soldats, de lions, de chevaux sellés, de chameaux, de tortues, & d’autres animaux en différentes attitudes, qui marquent du respect & de la douleur, autant que leurs artistes sont capables d’exprimer les passions ; vous trouverez les détails de leurs funérailles au mot Funérailles des chinois. (D. J.)

Sépulture, (Critiq. sacrée.) les Juifs avoient grand soin d’ensevelir les morts, & tenoient à deshonneur d’être privés de la sépulture ; aussi étoit-ce chez eux un office de charité que ce dernier soin, comme on le voit par Tobie, qui s’en faisoit un devoir, malgré les défenses de Sennachérib, & quoiqu’il courût risque de la vie en osant enterrer les corps des israélites qu’on exposoit aux bêtes.

Jérémie, ch. viij. 1. menace les grands, les prêtres, & les faux prophetes qui ont adoré les idoles, de faire jetter leurs os hors de leurs sépultures, comme le fumier qu’on jette sur la terre. Le même prophete, ch. xxij. 19. prédit que Johakim, roi de Juda, qui se plongeoit dans toutes sortes de crimes, seroit jetté à la voirie.

Les Juifs cependant n’avoient point de lieu déterminé pour la sépulture des morts ; plusieurs de leurs tombeaux étoient faits dans le roc ; d’autres étoient dans les villes, à la campagne, sur les chemins, dans les jardins. Les tombeaux des rois de Juda étoient creusés sous la montagne du temple, comme l’insinue Ezéchiel, quand il dit, ch. xliij. 7. qu’à l’avenir la montagne sainte ne sera plus souillée par les cadavres des rois. Le tombeau que Joseph d’Arimathie avoit préparé pour lui-même, & qu’il destina pour le corps du Sauveur, étoit dans son jardin. Saül fut enterré sous un arbre, & Moïse, Aaron, Eléazar, Josué, le furent dans des montagnes.

Maimonides, il est vrai, fait mention du cercueil où les Juifs mettoient les morts, avant que de les déposer en terre ; mais il parle plutôt de la maniere dont les juifs dispersés ensevelissoient leurs morts, que de celle qui étoit en usage parmi eux, lorsqu’ils habitoient leur propre pays. On croit donc que du tems de J. C. après avoir préparé les corps, avant que de les mettre dans le sepulchre, ils les posoient liés de bandes & enveloppés d’un linceul, sur de petits lits, & les plaçoient ainsi dans les grottes qui étoient leurs sépulchres. Les raisons qu’on a d’en juger ainsi, sont 1°. que dans l’histoire de la sépulture & de la résurrection de J. C. il n’est fait aucune mention de cercueil. Il n’y est parlé que du linceul & des bandes de toile, dont le corps du Sauveur fut enveloppé. 2°. La même chose paroît dans l’histoire de la résurrection de Lazare. S’il avoit été enfermé dans un cercueil, J. C. ne pouvoit lui dire, Lazare, sors dehors. Il auroit fallu ouvrir le cercueil auparavant, comme il fallut ôter la pierre qui fermoit l’entrée du sépulchre, afin que Lazare en pût sortir ; ou il faudroit supposer un miracle que J. C. n’a point voulu faire, parce qu’il n’en fait point de superflu ; c’est pour cela qu’il fait ôter la pierre, avant de commander à Lazare de sortir. 3°. Dans l’histoire de la résurrection du-fils de la veuve de Naïn, Jésus s’approche du mort, & lui dit : jeune homme, levez-vous : comment auroit-il pu se lever, s’il eût été enfermé dans un cercueil ?

Quoi qu’il en soit, aussitôt que quelqu’un chez les Juifs étoit mort, ses parens & ses amis, pour marquer leur douleur de sa perte, déchiroient leurs habits, se frappoient la poitrine, & mettoient de la cendre sur leurs têtes. La pompe funebre étoit accompagnée de joueurs de flutes, d’hommes & de femmes gagées pour pleurer. Voyez Pleureurs & Pleureuses.

Sépulture, s. f. (Archit.) c’est le lieu où sont les tombeaux d’une famille, comme étoit la chapelle des Valois à S. Denis en France.

Les mahometans sont curieux de sépultures qu’ils bâtissent en forme de petites chapelles d’une architecture fort délicate. Ils appellent tarbes, celles des fondateurs des mosquées qui en sont proches. Daviler. (D. J.)

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « sépulture »

Provenç. sepultura, sebultura ; espagn. sepultura ; ital. sepoltura ; du lat. sepultura, de sepultum, supin de sepelire.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Du latin sepultura (« derniers devoirs, sépulture »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « sépulture »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
sépulture sepyltyr

Citations contenant le mot « sépulture »

  • Les devoirs de la sépulture ne sont pas les derniers devoirs des amis. De Denis Diderot / Jacques le Fataliste et son maître , 
  • A chaque sépulture, il y a un homme qui reçoit le fardeau de la main de l'homme qui va se reposer. De François René de Chateaubriand / Réflexions politiques , 
  • Si coucher avec une jeune fille de quinze ans est un détournement de mineure, coucher avec une femme de plus de soixante-dix ans est une violation de sépulture. De José Artur , 
  • L'anthropophagie, qui a connu une certaine vague en Afrique noire au cours des siècles, est en très nette régression. Pourtant le procédé, outre son intérêt gastronomique, évitait tous les frais de funérailles et de sépulture. De Léo Campion , 
  • Une fouille préventive, avant la construction d'une maison d'habitation, vient de permettre la découverte d'une sépulture romaine de 1600 ans environ à Autun (Saône-et-Loire). « Une très belle découverte, car il s'agit de la plus grande sépulture trouvée à la fois sur Autun et sur le nord de la France », précise Nicolas Tisserand, responsable adjoint du chantier engagé début juin. « Si elle s'était trouvée en ville, dans le secteur de la cathédrale d'Autun, elle aurait disparu depuis bien longtemps », reconnaît l'archéologue. Les racines d'Augustodunum, l'ancien nom d'Autun, remontent à 2000 ans, aux débuts de l'Empire romain. Après Lyon, la ville était à l'époque aussi connue que Lille ou Toulouse. leparisien.fr, Archéologie : une sépulture romaine de 1600 ans découverte à Autun - Le Parisien
  •           Historiquement, les violations de sépulture ont toujours été rares, perpétrées la plupart du temps par des simples d'esprit, des pervers nécrophiles ou des membres de secte satanique. L'affaire reste cependant considérée comme d'une grande gravité. Club de Mediapart, Violation de sépulture ou la belle endormie | Le Club de Mediapart
  • La série de vols sur les tombes d’enfant se poursuit à Dison. Une deuxième mère a constaté que des objets déposés sur la sépulture de sa fille ont disparu. sudinfo.be, Après la sépulture de la petite Julie, la tombe de Lya victime d’un vol au cimetière de Dison: «Je ne comprends pas comment on peut faire ça»
  • Plaques de cuivre et bouton dans une sépulture d'enfant. Fourreau en cuivre et couteaux en fer dans une sépulture d'enfant. , Un tombe-fantôme du XIXe siècle mise au jour sur la péninsule de Yamal - Russia Beyond FR
  • Au cœur du cimetière de Rochechouart, une drôle de sépulture se dresse, attirant l’œil. Non, ce n’est pas un mirage, il s’agit d’un très grand tonneau. Cette sépulture, c’est celle de Léonce Chabernaud. Voici son histoire. www.lepopulaire.fr, Connaissez-vous l'histoire du tonneau de Léonce, à Rochechouart ? - Rochechouart (87600)
  • Les devoirs de la sépulture ne sont pas les derniers devoirs des amis. De Denis Diderot / Jacques le Fataliste et son maître , 
  • A chaque sépulture, il y a un homme qui reçoit le fardeau de la main de l'homme qui va se reposer. De François René de Chateaubriand / Réflexions politiques , 
  • Si coucher avec une jeune fille de quinze ans est un détournement de mineure, coucher avec une femme de plus de soixante-dix ans est une violation de sépulture. De José Artur , 
  • Pourtant le procédé, outre son intérêt gastronomique, évitait tous les frais de funérailles et de sépulture. De Léo Campion , 
  • « Une très belle découverte, car il s'agit de la plus grande sépulture trouvée à la fois sur Autun et sur le nord de la France », précise Nicolas Tisserand, responsable adjoint du chantier engagé début juin. leparisien.fr, Archéologie : une sépulture romaine de 1600 ans découverte à Autun - Le Parisien

Images d'illustration du mot « sépulture »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « sépulture »

Langue Traduction
Anglais burial
Espagnol entierro
Italien sepoltura
Allemand beerdigung
Chinois 葬礼
Arabe دفن
Portugais enterro
Russe захоронение
Japonais 埋葬
Basque ehorzketa
Corse sepultura
Source : Google Translate API

Synonymes de « sépulture »

Source : synonymes de sépulture sur lebonsynonyme.fr

Combien de points fait le mot sépulture au Scrabble ?

Nombre de points du mot sépulture au scrabble : 10 points

Sépulture

Retour au sommaire ➦

Partager