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Rachat

Sommaire

  • Définitions du mot rachat
  • Étymologie de « rachat »
  • Phonétique de « rachat »
  • Citations contenant le mot « rachat »
  • Images d'illustration du mot « rachat »
  • Traductions du mot « rachat »
  • Synonymes de « rachat »
  • Antonymes de « rachat »

Définitions du mot « rachat »

Trésor de la Langue Française informatisé

RACHAT, subst. masc.

A. − [L'objet du rachat est une chose]
1. Action de racheter. Les rachats et reventes des effets transférables s'opèrent dans les mêmes formes et ont les mêmes conséquences que les achats et les reventes des effets au porteur (Boyard, Bourse et spécul., 1853, p. 249).En ce qui concerne l'automobile, le rachat par Michelin en 1936 des actions Citroën est une opération bien connue (Industr. fr. caoutch., 1965, p. 35):
1. À la mort de Paul Hannong (1760), son fils cadet Pierre-Antoine lui succède à Strasbourg et à Haguenau; mais sa vie déréglée le mène à la faillite et son frère aîné Joseph Hannong, après avoir vendu à l'électeur palatin Charles-Théodore la fabrique de Frankenthal qu'il avait héritée de son père, revient à Strasbourg et négocie le rachat des deux ateliers. G. Fontaine, Céram. fr., 1965, p. 57.
DR., BOURSE. Faculté de rachat. Synon. de faculté de réméré*. (Dict. xixeet xxes.).
DR. ADMIN. Rachat de cotisations. ,,Opération par laquelle l'affilié à un régime de retraite ou de sécurité sociale acquiert des droits à pension pour la période antérieure à son assujettissement obligatoire en payant les retenues ou les cotisations correspondant à son activité professionnelle pendant cette période`` (Admin. 1972).
2. DR. Action de se libérer de, action d'éteindre (une servitude, une obligation) par le versement d'une somme. Synon. remboursement.Rachat d'une concession, d'une redevance, d'une servitude. Il s'agit pour le peuple du rachat de la dîme, de la liquidation de la propriété (Proudhon, Révol. soc., 1852, p. 296).
Rachat de rente. ,,Acte par lequel le débiteur d'une rente perpétuelle se libère de l'obligation d'en servir les arrérages en versant au crédirentier [créancier d'une rente] une somme égale au capital représentatif de la rente`` (Cap. 1936).
B. − [L'objet du rachat est une pers.]
1. Action d'obtenir la mise en liberté moyennant rançon. Le rachat des captifs, des esclaves, des otages. Ils venaient apporter les offres secrètes du roi Charles pour le rachat de celle qui avait été à ses batailles (A. France, J. d'Arc, t. 2, 1908, p. 215).
2. Au fig.
a) RELIG. Rédemption, délivrance, pardon. L'homme étant la souris dont le diable est le chat, On appelle ceci Rédemption, Rachat, Salut du monde (Hugo, Religions et religion, 1880, p. 198).Le Vendredi-Saint tombait le jour de la fête de l'Annonciation, en sorte qu'une même journée ramenait la commémoration des deux mystères qui avaient commencé et terminé le rachat des hommes (A. France, Contes Tournebroche, 1908, p. 26):
2. Le sacrifice apparaît comme la procédure qui permet de nouer l'humain au divin, les hommes entre eux et l'homme à lui-même. Il est le foyer d'où rayonnent en grand nombre mythes et rites: mythes du médiateur, du juste souffrant, du héros, du martyr et du saint, mythes de la résurrection, du triomphe sur la mort, du rachat par le sang, etc. Philos., Relig., 1957, p. 36-1.
b) Action de se racheter moralement. Rachat des fautes. Les prostituées sont plus près de Dieu que les femmes honnêtes (...) car leurs péchés, sans malice et sans joie, portent en eux le rachat et le pardon (A. France, Lys rouge, 1894, p. 205).Réussirons-nous jamais à racheter les hideurs africaines, les ignominies commises par nos officiers au nom du peuple français. Mais non, nous ne le pourrons pas. − Car il n'y a pas de rachat (Péguy, Grippe II, 1900, p. 26).
Prononc. et Orth.: [ʀaʃa]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1174-80 « action de racheter (en payant une rançon) » (Chrétien de Troyes, Perceval, éd. F. Lecoy, 7559); 1443 raichet « réméré » (Hist. de Metz, V, 421 ds Gdf. Compl.); 1930 rachat de police d'assurance (Loi du 13 janvier, art. 77 ds Cap. 1936); 1936 rachat de concession (Cap.); 2. ca 1225 « dédit » (Reclus de Molliens, Karité, 156, 7 ds T.-L.); 1278 « action d'éteindre une obligation par le versement d'une indemnité » (C'est Watier Wallet pour Gontier de Biekeriel, A. Tournai ds Gdf. Compl.); 1623 rachat de rente (Sorel, Francion, éd. E. Roy, t. 1, p. 74); 1963 rachat de cotisation (Lar. encyclop.); 3. ca 1480 « rédemption, salut » (Mist. Viel Testament, éd. J. de Rothschild, 11333). Déverbal de racheter*. Fréq. abs. littér.: 128. Bbg. Keller (H.-E.). Notes d'étymol. gallo-rom. et rom. [Mél. Wartburg (W. von)] 1968, t. 2, p. 247.

Wiktionnaire

Nom commun

rachat \ʁa.ʃa\ masculin

  1. Action de racheter.
    • Vendre avec faculté de rachat, à condition de rachat.
    • Le rachat des chemins de fer par l’État.
    • Autant de raisons pour considérer le rachat d'une entreprise par ses cadres. — (Serge Peffer, Edouard Abbeloos, Christine Collet, Vade-mecum du financement des PME, 2010)
  2. Paiement d’une certaine somme pour l’amortissement, pour l’extinction d’une rente, d’une pension.
    • Le rachat d’une rente, d’une pension, le rachat d’une servitude.
  3. Délivrance, rédemption.
    • Le rachat des captifs.
    • Le Seigneur a donné son sang pour le rachat du genre humain.
  4. (Finance) Opération de désinvestissement vis-à-vis d’un fonds financier.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

RACHAT. n. m.
Action de racheter. Vendre avec faculté de rachat, à condition de rachat. Le rachat des chemins de fer par l'État. Le rachat d'une rente, d'une pension, Le paiement d'une certaine somme pour l'amortissement, pour l'extinction d'une rente, d'une pension. On dit de même Le rachat d'une servitude.

RACHAT signifie aussi Délivrance, rédemption. Le rachat des captifs. Notre-Seigneur a donné son sang pour le rachat du genre humain.

Littré (1872-1877)

RACHAT (ra-cha ; le t ne se prononce pas et ne se lie pas) s. m.
  • 1Action de racheter. À peine avait-il vendu sa maison, que, se ravisant il en proposa le rachat à l'acquéreur.

    Terme de jurisprudence. Faculté ou pacte de rachat, faculté stipulée par le vendeur, de recouvrer la chose vendue, en remboursant dans un certain délai à l'acquéreur le prix ainsi que les frais et loyaux coûts que celui-ci a payés. On dit aussi faculté ou pacte de réméré. L'acquéreur à pacte de rachat ne peut user de la faculté d'expulser le preneur, jusqu'à ce que, par l'expiration du délai fixé pour le réméré, il devienne propriétaire incommutable, Code Nap. art. 1751.

    Le rachat d'une rente, d'une pension, le payement d'une certaine somme pour amortir, pour éteindre une rente, une pension. Nous sommes sur le point d'en voir une bien cruelle [une vérité], qui est le rachat de nos rentes sur un pied qui nous envoie droit à l'hôpital ; l'émotion est grande, mais la dureté l'est encore plus, Sévigné, Lett. à Pompone, 1er déc. 1664.

    On dit de même : le rachat d'une servitude.

    Rachat de marchandises, payement d'une certaine somme, pour obtenir la restitution des marchandises capturées en mer par un corsaire.

  • 2Délivrance, rédemption. On était convenu de part et d'autre que le prix du rachat des prisonniers serait, par tête, de cinq cents livres pour une personne libre, et de la moitié pour un esclave, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. VII, p. 219, dans POUGENS. Les Thébains accordent la faculté du rachat aux captifs que le sort des armes fait tomber entre leurs mains, à moins que ces captifs ne soient nés en Béotie ; car alors ils les font mourir, Barthélemy, Anach. ch. 34.

    Le rachat du genre humain, la rédemption opérée par Jésus-Christ.

  • 3En matière féodale, somme à laquelle était estimé le revenu d'une année du fief qui devait le droit de relief.

REMARQUE

On a dit rachet. Le rachet [des prisonniers] est pour l'amour de vous…, Malherbe, le Traité des bienf. de Sénèque, VI, 13.

HISTORIQUE

XIIIe s. Li tiers cas, si est que nus fiés [nul fief] qui vient en descendant ne doit racat au segneur, Beaumanoir, XIV, 8.

XVe s. Le comte commanda que l'on ardist tout, si des rachats à argent les herauts n'avoient leur devoir, Froissart, II, II, 66. [II] le ferit si que il luy perça l'escu et le haulbert, et luy fist son glaive passer parmy le gros du cueur, et l'abatit mort sans rachapt, Perceforest, t. I, f° 82.

XVIe s. Rachapt est le revenu d'une année choisie en trois immediatement précedentes, le dit [l'arbitrage] des pairs, ou une somme de deniers pour une fois, au choix du seigneur, Loysel, 564.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

RACHAT. - HIST. Ajoutez : XIVe s. Franche personne, de franc ventre, sanz rachat [payement fait pour sortir de servage] et sanz aucun servage, Arch. nation. JJ 84, p. 500. (communiqué par SIM. LUCE).

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

RACHAT, s. m. (Jurisprud.) signifie en général, l’action de racheter quelque chose. Il y a plusieurs sortes de rachats.

Rachat ou remeré, en cas de vente d’un héritage ou autre immeuble, est l’action par laquelle le vendeur rentre dans le bien qu’il avoit vendu, en vertu de la faculté de rachat, qui étoit stipulée dans la vente.

Le domaine du roi, lorsqu’il est aliéné, est sujet à rachat ; cette faculté est toujours sousentendue, & est imprescriptible, de même que le domaine.

Dans les contrats de vente des biens des particuliers, la faculté de rachat n’a point lieu si elle est stipulée par cette clause ; le vendeur se réserve le droit de rentrer dans l’héritage vendu, en remboursant à l’acheteur le prix qu’il en a reçu.

La condition du rachat fait que l’acquéreur n’est point propriétaire incommutable tant que dure la faculté de rachat ; dans ce cas la vente n’est que conditionnelle ; c’est pourquoi l’acquéreur d’une maison ne peut expulser les locataires : il peut néanmoins dès le moment de son contrat, commencer à prescrire les hypotheques de son vendeur, & elle est entierement résolue & comme non faite, lorsque le vendeur rentre dans la chose en payant le prix ; c’est pourquoi il la reprend libre & franche de toutes charges que l’acheteur auroit pu y imposer.

Quand le tems de faculté de rachat n’est pas déterminé par le contrat, elle se prescrit comme toute action personnelle par 30 ans.

Il en est de même lorsque la faculté de rachat est stipulée indéfiniment, elle ne dure toujours que 30 ans.

Lorsque le délai du rachat est fixé par le contrat, il faut se conformer à la convention, néanmoins lorsque ce délai est fixé au-dessous de 30 ans, si à l’expiration du terme l’acquéreur ne fait pas déchoir le vendeur de la faculté de rachat, elle se proroge jusqu’à 30 ans. Pour empêcher cette prorogation, & purger le rachat, il faut obtenir un jugement qui déclare le vendeur déchu de la faculté de rachat, c’est ce que l’on appelle un jugement de purification.

Cette prorogation de la faculté de rachat, n’a pas lieu néanmoins, quand la faculté est stipulée par contrat de mariage, en donnant en dot une maison ou autre immeuble.

Le tems du rachat ayant commencé contre le vendeur majeur, continue à courir contre le mineur, sans espérance de restitution, sauf son recours contre son tuteur.

En cas d’exercice de la faculté de rachat, le vendeur gagne les fruits du jour de la demande.

Lorsque le rachat ou remeré est exercé dans le tems porté par le contrat, la vente ne produit point de droits au profit du seigneur.

Voyez Dumoulin de contr. usur. quest. 52, n. 372, Henrys, tome I. liv. IV, quest. 76. Bretonn. eod. Coquille, sur Nivernois, ch. iv. art. 23, & quest. 260. Recueil de la Combe, & les mots Faculté, Remeré, Vente.

Rachat, ou remboursement d’une rente ou pension, est l’acte par lequel on éteint cette rente ou pension en remboursant le sort principal de cette rente ou pension.

Le rachat n’a pas lieu ordinairement pour les rentes ou pensions viageres, à moins que cela ne soit reglé autrement par le titre, ou par convention entre les parties intéressées.

Mais on peut toujours racheter les rentes constituées à prix d’argent ; cette faculté de rachat ne se prescrit point.

A l’égard des rentes foncieres, elles sont non-rachetables de leur nature, à moins que le contraire ne soit stipulé.

Mais la faculté qui est donnée par le contrat, de racheter des rentes de bail d’héritage, assises sur des maisons de la ville & fauxbourgs de Paris ou autres villes, est imprescriptible ; ce qui a été ainsi établi pour la décoration des villes, & afin que les maisons ne soient pas abandonnées ; on excepte néanmoins de cette regle les rentes, qui sont les premieres après le cens. Voyez Paris, art. 121 ; Orleans, 271, & les commentateurs. Voyez aussi les mots, Offres, Principal, Remboursement, Rente.

Rachat ou relief, en matiere féodale, pris dans son véritable sens, signifie l’action de racheter du seigneur un fief qui étoit éteint ; mais dans l’usage présent, il signifie le droit que le nouveau vassal paye au Seigneur pour les mutations qui sont sujettes à ce droit.

Dans quelques coutumes singulieres, telles que la rue d’Indre, art. 9, le droit de vente en héritage s’appelle aussi rachat, & est de 20 deniers pour livre ; mais communément quand on parle de rachat, où relief, cela ne s’entend qu’en matiere féodale.

L’origine & l’étymologie du mot rachat, vient de ce que les fiefs dans leur premiere institution, n’étoient point héréditaires, mais seulement pour la vie de celui qui en avoit été investi ; de maniere qu’à la mort du vassal, le fief servant étoit éteint à son égard, & retournoit au seigneur dominant, à moins qu’il n’en fît une nouvelle inféodation en faveur de quelqu’un des héritiers.

Le fief ainsi éteint, étoit censé tombé en la main du seigneur ; & c’est pourquoi, lorsque le seigneur dominant le rétablissoit en faveur d’un nouveau vassal, cela s’appelloit relever le fief, & l’acte, par lequel on le retablissoit ainsi, s’appelloit le relief, ou comme qui diroit le relévement du fief qui étoit tombé ou devenu caduc : le terme de relief est employé en ce sens dans plusieurs coutumes, telles que Péronne, Auxerre, Hesdin, &c.

Pour obtenir du seigneur ce relief ou relevement du fief, on composoit avec lui à une certaine somme pour laquelle on rachetoit de lui le fief, & cette composition s’appelloit le rachat, ou droit de rachat, c’est-à-dire, ce que l’on payoit pour le rachat. De sorte qu’anciennement le rachat étoit différent du relief. On entendoit par relief, le rétablissement du fief ; & par le terme de rachat, l’on entendoit la finance qui se payoit pour ce rétablissement.

Mais bien-tôt on confondit le rachat avec le relief, de maniere que ces deux termes furent reputés synonymes, quoiqu’ils ne le soient pas en effet ; car le relief du fief est constamment différent du rachat, ou droit qui se paye pour le relief, ou pour relever le fief. Néanmoins dans l’usage on confond tous ces termes, relief, droit de relief, rachat, droit de rachat ; & l’on se sert indifféremment, des termes relief & rachat, tant pour exprimer l’investiture accordée au nouveau vassal, que pour désigner la finance qui se paye en ce cas au seigneur pour le relief du fief, c’est-à-dire pour en obtenir la prorogation.

Les fiefs étant devenus héréditaires, ce qui n’étoit d’abord qu’une grace de la part du seigneur, passa en coutume, & devint un droit. Il ne dépendit plus des seigneurs d’accorder ou refuser le relief du fief ; ils conserverent seulement le droit d’exiger le rachat pour ce relief dans les mutations sujettes au rachat.

Le droit de rachat ou relief est inconnu dans la plûpart des pays de droit écrit. Les fiefs y sont simplement d’honneur ; mais il y a des lods & mi-lods, qui sont une espece de rachat ou relief pour les rotures.

En Lorraine, ce droit se nomme reprise du fief ; en Dauphiné, placitum vel placimentum ; en Poitou, rachat ou plect, qui est un droit moins fort que le rachat, mais qui a lieu à toute mutation de vassal. En d’autres pays ou l’appelle mutagium ; en Languedoc on l’appelle à capto, arriere-capte ; & en Bourbonnois, mariage, une espece de rachat, qui se paye pour les rotures ; celle d’Orleans appelle ce rachat des rotures, relevaisons à plaisir ; & celle de Reims, essoignes.

On ne connoît point le rachat ou relief en Bourgogne.

Quelques coutumes ne l’admettent que de convention ; telles sont les coutumes de Nevers, la Rochelle, Aunis & Auvergne.

Le droit de relief ou rachat n’a pas toujours été fixé ; les seigneurs l’exigeoient, suivant leur autorité ou leurs besoins, ainsi que l’observe Galand, en son traité du franc-aleu, chap. vj. Presque toutes les coutumes n’étoient encore que des usages non écrits & fort incertains ; mais Charles VII. ayant ordonné en 1453, qu’elles seroient mises par écrit, la rédaction des coutumes mit un frein aux exactions des seigneurs, en fixant ce qu’ils pourroient prétendre pour les profits de fief.

La plûpart des coutumes fixent le relief ou rachat au revenu d’un an ; les unes donnent le revenu de la premiere année qui suit la foi & hommage ; d’autres une année prise dans les trois précédentes ; d’autres, comme Paris, article 47, donnent au seigneur le choix de trois choses ; savoir, le revenu d’un an, ou une somme offerte par le vassal, ou le dire de prudhommes ; d’autres coutumes ont fixé le rachat, suivant la qualité du fief ; d’autres enfin, suivant le nombre des mesures de terre qu’il contient ; mais le droit le plus général pour le rachat ou relief, est le revenu d’un an ; c’est pourquoi anciennement on l’appelloit aussi annate, ainsi que l’observe Galand, du francaleu, p. 170.

Le rachat ou relief féodal, n’a lieu en général que dans les mutations qui arrivent autrement que par vente ou autre acte épuipollent à vente.

Quelques coutumes dans lesquelles il n’est jamais dû de quint, donnent le relief ou rachat à toutes mutations ; tel est l’usage pour les fiefs qui se gouvernent suivant la coutume du Vexin françois.

Le droit de relief ou rachat n’est pas acquis du moment que le fief est ouvert ; il faut qu’il y ait mutation de propriétaire, c’est-à-dire, un nouveau vassal.

Le droit est dû aux mutations de vassal, mais toute mutation de vassal ne donne pas ouverture au rachat ou relief. En effet, suivant le droit commun, les mutations en directe en sont exemptes.

La mutation par la succession collatérale, est le cas le plus ordinaire du rachat ou relief. Il est pareillement dû pour démission de biens & donation en collatérale, ou à un étranger : le curateur créé à une succession vacante par la renonciation de l’héritier, doit aussi le relief. Il en est dû pareillement en cas de substitution, lorsque celui qui est appellé est simplement collatéral du dernier possesseur.

Le mari ni la femme ne doivent rien, pour ce qui leur demeure de la communauté, soit jusqu’à concurrence de leur moitié, ou même au-delà, à cause du droit indivis que chacun d’eux a en la totalité.

Le don en usufruit ne produit point de rachat, ni le don mutuel en propriété, lorsque les biens compris dans ce don sont de la communauté.

Quoique le relief ne soit dû communément que pour la mutation de propriétaire, néanmoins lorsqu’une fille, propriétaire d’un fief, vient à se marier, son mari doit la foi & le rachat ou relief, qu’on appelle relief de mariage, le mari est considéré en ce cas comme un nouveau vassal ; mais la coutume de Paris & plusieurs autres, exemptent de ce droit le premier mariage des filles, & cette jurisprudence a été étendue aux autres coutumes qui ne distinguent point.

La mort du bénéficier donne aussi ouverture au rachat ; & pour les chapitres, colleges ou communautés, c’est la mort de l’homme vivant & mourant, mais cela n’a lieu qu’au profit des seigneurs particuliers, nos rois ayant affranchi de ces droits les bénéficiers qui ont des fiefs dans leur mouvance.

On appelle rachat abonné ou ameté, celui par lequel le seigneur est convenu à perpétuité à une certaine somme.

Enfin on appelle rachat rencontré, lorsque deux causes de rachat concourent en même tems, ou que pendant le cours du premier il y a ouverture à un second.

Le seigneur qui a le choix d’une des trois choses dont on a parlé pour le relief ou rachat, doit consommer son option dans les 40 jours, après les offres du vassal.

Lorsque le seigneur opte le revenu d’une année, il doit jouir en bon pere de famille, & comme auroit fait le vassal ; il a tous les fruits naturels, civils & industriaux, même les profits casuels du fief ; il ne peut pas déloger le vassal, sa femme, ni ses enfans : il doit se contenter des lieux nécessaires pour serrer les fruits.

Le seigneur qui jouit du fief de son vassal pour le rachat, doit pendant cette année acquitter les charges du fief qui sont inféodées.

Quand le fief du vassal se trouve affermi sans fraude, le seigneur doit se contenter de la redevance portée par le bail.

Si le fief ne consiste qu’en une maison occupée par le vassal, celui-ci doit en payer le loyer, à dire d’experts.

Sur le rachat, ou relief, voyez les coutumes au titre des fiefs, & leurs commentateurs, les traités des fiefs, notamment celui de Guyot, titre du relief. Voyez aussi les mots Fief, Mutation, Profits de fief, Relief. (A)

Rachat des autels, (Hist. ecclés.) droit que s’arrogerent les moines, dans le neuf, dix & onzieme siecles, de faire le service divin, en succédant aux vicaires des églises. Les évêques à la mort des vicaires, avoient le droit incontestable de pourvoir aux autels ; mais dans ces tems malheureux, les moines avides, souffrant avec peine d’être privés de l’administration des autels, userent de leur crédit pour retirer le culte divin des mains des évêques, moyennant une certaine somme que l’on appella pour lors le rachat des autels, redemptio altarium ; ce fut-là la principale plainte d’Yves de Chartres dans la lettre qu’il écrivit au pape Urbain, qui tint en 1094 le concile de Clermont, où par le septieme canon, les évêques furent rétablis dans leur ancien droit, mais le rachat des autels ne laissa pas que de subsister encore long-tems. (D. J.)

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Étymologie de « rachat »

Re…, et achat.

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Mot dérivé de achat avec le préfixe r-.
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Phonétique du mot « rachat »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
rachat raʃa

Citations contenant le mot « rachat »

  • L'ethnographie n'est-elle pas une tentative de rachat et un symbole d'expiation de l'Occident ? De André Reszler / L'Intellectuel contre l'Europe
  • Un consortium mené par le fonds d’investissement souverain saoudien a retiré jeudi son offre controversée de rachat du club anglais de Newcastle pour un montant de 300 millions de livres (333 M EUR), annoncent plusieurs médias britanniques. , Sport | Rachat de Newcastle : le fonds d'investissement saoudien jette l'éponge
  • Au terme d’un mois de joutes médiatiques, le camp de l’industriel franco-tunisien Mohamed Ayachi Ajroudi a annoncé avoir déposé son offre de rachat de l’Olympique de Marseille. Le montant n’a pas été clairement formulé, mais celui-ci doit couvrir le prix d’acquisition du club par Frank McCourt en 2016, ainsi que les dettes et dépenses relatives au fonctionnement depuis ce moment-là. Le clan Ajroudi s’engage aussi à payer le montant nécessaire pour régler le différend avec l’UEFA au sujet de la mauvaise gestion comptable de l’OM. Capital.fr, Rachat de l’OM : “Nous sommes prêts à payer 300, 500 ou même 700 millions”, estime l’avocat de Mohamed Ajroudi - Capital.fr
  • Linklaters et White & Case sont intervenus sur une offre de rachat d’obligations et sur la nouvelle émission obligataire d’un montant total de 300 millions d’euros de Mercialys. , Linklaters et White & Case sur une offre de rachat d'obligations de Mercialys - LE MONDE DU DROIT : le magazine des professions juridiques
  • La commissaire européenne Margrethe Verstager a jusqu’au 31 juillet pour autoriser ou non le rachat de Bombardier Transport par Alstom. Un dossier sensible qui rappelle qu’en matière de concurrence et de concentration, le droit européen s’impose. La Croix, Rachat de Bombardier : Alstom dans l’attente du « feu vert » de Bruxelles
  • Projet de rachat de l'OM : Ajroudi fait une dernière offre... LaProvence.com, OM | Projet de rachat de l'OM : Ajroudi fait une dernière offre à McCourt et lui adresse un ultimatum | La Provence
  • Bernard Arnault ne s'interdit rien. Patron de Louis Vuitton, l'homme d'affaires français de 71 ans négocierait actuellement avec le fonds Elliott Management pour le rachat de l'AC Milan. Et selon le journal Il Giornale, ce dernier souhaiterait attiré l'un de ses compatriotes dans ce projet de rachat, afin d'en faire sa tête de gondole : Kylian Mbappé. Foot National, PSG : Mbappé, tête de gondole du projet de rachat d'un géant italien ?
  • Les rumeurs vont bon train autour du Stade Malherbe depuis quelques jours mais, pour l'heure, la voix du staff malherbiste ne s'est pas faite entendre. Alors rachat ? Olivier Pickeu comme nouvel entraineur?  Un point sur la situation s'impose.  France 3 Normandie, Football : Le Stade Malherbe de Caen sera-t-il racheté par un fond d'investissement américain ?

Images d'illustration du mot « rachat »

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Traductions du mot « rachat »

Langue Traduction
Anglais redemption
Espagnol redención
Italien redenzione
Allemand erlösung
Chinois 赎回
Arabe فداء
Portugais redenção
Russe выкуп
Japonais 償還
Basque amortizazio
Corse redenzione
Source : Google Translate API

Synonymes de « rachat »

Source : synonymes de rachat sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « rachat »

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