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Ogre

Définitions de « ogre »

Trésor de la Langue Française informatisé

OGRE, OGRESSE, subst.

A. − Personnage mythique apparaissant dans les légendes et les contes, où il est représenté comme un(e) géant(e) effrayant(e), avide de chair humaine, en particulier de celle des petits enfants. On récite qu'autrefois la dame de ce haut château était une ogresse qui mangeait les enfants comme on fait des agneaux ou des cabris (Pourrat,Gaspard,1922, p.118):
1. La Picarde pouvait indéfiniment recommencer le conte où ce héros substitue les couronnes des filles de l'Ogre aux bonnets de ses soeurs endormies, les sauve ainsi du monstre. C'était une joie sans limites et toujours nouvelle d'apprendre qu'il dérobait les bottes de sept lieues au sommeil du géant, et s'en servait ensuite pour le bafouer. Adam,Enf. Aust.,1902, p.32.
Au fém. Épouse de l'ogre:
2. −Va-t'en, petit, répondit la femme, ou mon mari te mangera. Mais n'est-ce pas toi qui es venu ici déjà, il y a quelque temps? Sais-tu que ce jour-là, justement, mon mari a perdu l'un de ses sacs d'or? −C'est étrange, madame, dit Jacques. Je suis sûr que je pourrais vous expliquer ce qui s'est passé. (...) Ces paroles excitèrent tellement la curiosité de l'ogresse qu'elle fit entrer Jacques et lui donna quelque chose à manger. Jacques et le haricot géant ds G. Giraudin, J. Vigo, L'Oiseau-lyre,Paris, Hachette, 1978, p.28.
P. compar. [En parlant d'un être hum.] Avoir un appétit d'ogre; dévorer comme un ogre. Manger avec excès ou goulûment. Christophe s'extasiait la bouche pleine, et mangeait comme un ogre; il avait la capacité formidable de son père et de son grand-père, qui eussent englouti une oie entière (Rolland,J.-Chr.,Révolte, 1907, p.570):
3. Sans doute, on pouvait reprendre dans le dîner deux ou trois petites choses par-ci par là; et cependant les convives s'étaient gorgés comme des ogres, preuve qu'il n'était pas si mauvais. Flaub.,Bouvard,t.1, 1880, p.53.
B. − P. anal.
1. Personne vorace:
4. Les Anciens étaient fort sages, qui faisaient suivre les funérailles de repas abondants en viandes, copieux en vins (...). J'aimerais en ce moment accomplir ce rite philosophique très idoine à sécher les pleurs. −En d'autres termes, dit Blazius, tu voudrais manger. Polyphème, ogre, Gargantua, Gouliaf, tu me dégoûtes. Gautier,Fracasse,1863, p.156.
2. Personne que l'on redoute
a) à cause de sa cruauté. Victoire Delamour (...) était une jeune personne douce, bien élevée, sortant du couvent, et toujours maladive, lorsque cet ogre de Saint-Just arriva à Molinchart (Champfl.,Bourgeois Molinch.,1855, p.45).
En partic. [P. allus. au fait que les guerres menées par Napoléon 1erdécimaient la jeunesse] L'Ogre (de Corse). [Surnom donné par les royalistes à Napoléon 1er] . D'autres (...) faisaient des voeux pour que le petit caporal, l'ogre, le prisonnier, abordât les côtes de France (Chateaubr.,Mém.,t.2, 1848, p.550).Monsieur de Lessay (...) était entré dans la conspiration de Georges contre le Premier Consul; l'instruction l'ayant ignoré ou méprisé, il ne figura pas parmi les accusés; il ne pardonna jamais cette injure à Bonaparte, qu'il nommait l'ogre de Corse (A. France,Bonnard,1881, p.390).
b) à cause de son aspect effrayant ou intimidant. Jeanne, souriante, regardait ce bon géant qu'on disait un ogre au seul aspect de ses moustaches (Maupass.,Une Vie,1883, p.148):
5. yvonne: Elle se cache? michel: Enfin... elle a peur de la famille. yvonne: Nous ne sommes pas des ogres. michel: (...) Il est bien naturel que Madeleine ait le trac. Cocteau,Parents,1938, II, 6, p.243.
3. [Avec un compl. prép. introd. par de ou un adj. précisant la cause] Personne qui contrarie le bon goût, les idées reçues ou qui constitue une menace. Ces grands bourgeois de lettres (...) s'approchent à pas comptés de l'ogre bolcheviste avec force salamalecs (Mauriac,Journal 1,1934, p.83).Elles étaient trois qui avaient accepté pour continuer à soigner les malades d'abandonner le vêtement religieux. Que pensaient-elles de cet ogre d'impiété qu'était Barbentane? (Aragon,Beaux quart.,1936, p.147).
4. Arg., empl. subst. fém. Femme qui exploite des prostituées; tenancière d'un établissement mal famé. L'Ogresse alors est, pour la fille (...) une seconde providence; elle lui loue, moyennant trois ou quatre francs par jour, une toilette qui peut bien valoir (...) de 30 à 40 francs, et que la pauvre fille garde quelquefois des mois entiers (Vidocq,Voleurs,t.1, 1836, p.297).Tranquille, elle [l'hôtesse] fume (...) en promenant de table en table son sourire de bonne ogresse (Colette,Music-hall,1913, p.234).
Prononc. et Orth.: [ɔgʀ], fém. [-εs]. Att. ds Ac. dep. 1740, le fém. dep. 1835. Étymol. et Hist. 1. a) 1181-90 «païen féroce» (Chrétien de Troyes, Perceval, éd. F. Lecoy, 5964); ca 1300 «géant des contes de fées, représenté comme se nourrissant de chair humaine» (Corresp. entre Pharamond et Meliadus ds R. Lang. rom. t.35, 233, 108); 1697 ogresse «fille d'ogre» (Ch. Perrault, Le Petit Poucet, p.210); b) 1740 il mange comme un ogre (Ac.); 1819 ogre «personne qui mange beaucoup» (Boiste); 2. 1740 «personne méchante qui fait peur» (Voltaire, Lettre Cideville, 5 mai ds Littré). Prob. altération, par métathèse du -r- due peut-être à l'infl. de mots tels que bougre*, de *orc, du lat. Orcus «nom d'une divinité infernale» puis «les enfers» eux-mêmes (cf. ital. orco «croque-mitaine», sarde orcu «démon», cat. orc «personne gênante» qui font préférer l'hyp. lat. Orcus à celle de REW3, 6048 qui fait remonter le mot à Hongrois, à cause des dévastations des Hongrois (Hongres, Oïgours) dans l'Occident au Moyen Âge). Hyp. aussi appuyée par un sermon prononcé par saint Eloi et dirigé contre les superstitions païennes ; il interdisait d'évoquer quatre dieux romains: Neptune (lutin*), Orcus, Diane (a. fr. gene «sorte de fée malfaisante»), Minerve. Au xviies. on trouve aussi ogrine pour ogresse (1694, Gherardi, Théâtre it. ds DG). Fréq. abs. littér.: 163.
DÉR. 1.
Ogrerie, subst. fém.OEuvre littéraire où apparaissent des personnages cruels ou effrayants. Nous voilà donc toujours frappant à la porte du bourreau (...). Quel épisode pour un de ces romans qu'on faisait il y a quelques années! Mais le temps n'est plus de ces ogreries littéraires (Nerval,Lorely,1852, pp.62-63). [ɔgʀ ə ʀi]. 1resattest. 1845 «caractère d'un ogre» (Besch. Suppl.), 1852 ogreries littéraires (Nerval, loc. cit.); de ogre, suff. -erie*.
2.
Ogresque, adj.Qui tient de l'ogre. À toutes les époques où de grandes batailles ont lieu entre les masses et le pouvoir, le peuple se crée un personnage ogresque, s'il est permis de risquer un mot pour rendre une idée juste (Balzac,Cath. de Médicis,Introd., 1843, p.6). [ɔgʀ εsk]. 1reattest. 1843 id.; de ogre, suff. -esque*.
BBG.Huet (G.). Ogre dans le Conte du Graal de Chrétien de Troyes. Romania. 1908, t.37, pp.301-305. _ Migl. Nome propr. 1968 [1927], p.314. _ Sain. Arg. 1972 [1907], p.95, 173; Sources t.1 1972 [1925], p.265; t.3 1972 [1930], p.111, 534.

Wiktionnaire

Nom commun - français

ogre \ɔɡʁ\ masculin (pour une femme, on dit : ogresse)

  1. (Fantastique) Personnage de conte de fées, sorte de monstre, de géant qui passe pour se nourrir de chair humaine, spécialement de celle des enfants.
    • […] à un enfant turbulent : Il y a des jours où l’absence d’ogre se fait cruellement sentir. — (Alphonse Allais, Les Pensées)
    • […] on eût dit qu’il y avait dans cette cave un de ces ogres faméliques, gigantesques héros des légendes populaires, et dont nul ne force impunément la caverne. — (Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires, 1844)
  2. (Figuré) Mangeur vorace ; goinfre.
    • Avoir un appétit d’ogre.
  3. (Figuré) Personne possessive.
    • Ces ogres et ces ogresses n’ont heureusement plus de dents et en sont réduits à vous manger des yeux. — (François Mauriac, Le Mystère Frontenac, 1933, réédition Le Livre de Poche, page 161)
  4. (Vieilli) (Argot) Repris de justice tenancier d’un tapis-franc.
    • Un tapis-franc, en argot de vol et de meurtre, signifie un estaminet ou un cabaret du plus bas étage.
      Un repris de justice, qui, dans cette langue immonde, s’appelle un ogre, ou une femme de même dégradation, qui s’appelle une ogresse, tiennent ordinairement ces tavernes, hantées par le rebut de la population parisienne ; forçats libérés, escrocs, voleurs, assassins y abondent.
      — (Eugène Sue, Les Mystères de Paris, §1, 1842-1843)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

OGRE. n. m.
Personnage des contes de fées, sorte de monstre, de géant qui passe pour se nourrir de chair humaine. Il a un féminin : OGRESSE. Fam., Manger comme un ogre, Manger beaucoup, de fort appétit.

Littré (1872-1877)

OGRE (o-gr'), OGRESSE (o-grè-s'), s. m. et f.
  • 1Espèce de monstre qu'on supposait se nourrir de chair humaine, et qui est un personnage des contes de fées. L'ogre déjoué par le petit Poucet.

    Fig. Petits poucets de la littérature, S'il vient un ogre, évitez bien sa dent, Béranger, Préf.

    Familièrement. Manger comme un ogre, manger excessivement. L'ogre a dîné ; peuples, payez la carte ; Faites un roi, morbleu ! faites un roi, Béranger, Belges.

  • 2 Fig. et familièrement. Homme méchant, surtout d'une méchanceté barbare, et effrayant. Le prince royal de Prusse [plus tard Frédéric II], à qui son ogre de père permettait à peine de lire, n'attend pas que ce père soit mort pour oser faire imprimer la Henriade ; il a fait fondre en Angleterre des caractères d'argent, Voltaire, Lett. Cideville, 5 mai 1740.

    Nom donné par moquerie aux hommes qui font les terribles, les pourfendeurs. L'ogre [un mari jaloux et duelliste] est bâti de telle sorte qu'il lui faut absolument de la chair fraîche [des gens qu'il soupçonne de courtiser sa femme et qu'il puisse appeler en duel], Ch. de Bernard, le Paratonnerre.

  • 3Dans le langage d'argot, ogre, agent de remplacement, escompteur, usurier.

    Ogresse, revendeuse à la toilette, qui loue des effets aux filles de joie.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

OGRE, s. m. (Gram.) sorte de monstre, de géant, d’homme sauvage, qu’on a imaginé & introduit dans les contes où il mange les petits enfans : l’ogre est contemporain des fées.

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Étymologie de « ogre »

(XIIe siècle) Du latin Orcus (« divinité infernale, enfer »).
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(XIIe siècle) Du latin Orcus (« divinité infernale, enfer »).
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Anc. espagn. huergo, uerco ; esp. mod. ogro, ogre, huerco, triste ; ital. orco ; napolit. huorco ; anglo-sax. orc, démon infernal ; du lat. orcus, enfer, dieu de l'enfer, d'après Diez (orcus, d'après Maury, est un mot étrusque). On a longtemps prétendu que ogre venait de Hongrois, à cause des dévastations que les Hongres, ou Hongrois, ou Oïgours avaient faites dans l'Occident, au moyen âge. La forme du mot dans les langues romanes ne se prête pas à cette dérivation.

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Phonétique du mot « ogre »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
ogre ɔgr
ogresse ɔgrɛs

Citations contenant le mot « ogre »

  • La numéro 1 française (42e au classement WTA en simple) poursuit une carrière paradoxale, loin des espérances qu’elle avait fait naître en simple (10e mondiale en 2017), mais ogresse du double avec sa partenaire historique, la Hongroise Timea Babos. Elle a été l’héroïne de l’équipe de France de Fed Cup l’an dernier, pour un titre qu’elle ne pourra pas défendre en 2020, Covid-19 oblige. LA VDN, Pouille, Mladenovic, Parmentier, le tennis nordiste dans l’incertitude
  • Le roman progresse ainsi, déstabilisateur et addictif, entre réalisme et fantastique, jusqu’à ce moment où la mère se jette sur sa fille et la mord, d’un coup, très fort. Avant de s’excuser : « Hippolyte, je suis désolée. Je ne sais pas ce qui m’a pris. » Télérama, Livre pour ados : “Ogresse”, un conte ravageur au charme vénéneux
  • Après une année 2013 véritable feu d’artifice, où Nadau était venu, de même que les Baréjadis, qui participent à des manifestations itinérantes, le marché s’était tu à Bramevaque, sonnant le glas des Médiévales. Lundi dernier, les artisans et producteurs locaux ont retrouvé le chemin de ce petit village perdu au cœur de la Barousse. Pas si perdu d’ailleurs puisque c’est là-bas que les comtes de Comminges avaient leur château. L’histoire raconte même que Marguerite, comtesse de Comminges, y fut enfermée par son troisième mari, Mathieu de Foix. Nadine Peyroulet raconte la légende : "C’était une ogresse qui se nourrissait de sang ou de cœur de nouveau-né pour garder la jeunesse éternelle. Un jour arriva où il ne resta plus de bébés au village, elle les avait tous craqués. On lui donna donc un veau. Mais sa digestion fut coupée par les meuglements ou plutôt les pleurs de la vache à laquelle on avait retiré son petit. Elle comprit alors le chagrin des femmes dont elle mangeait les enfants. Les pleurs furent entendus dans toute la contrée, et on nomma le village Bramevaque : la vache qui brame". Il existe au moins deux autres légendes et des faits historiques pour expliquer le nom de la commune, ce qui montre bien tout l’imaginaire et la richesse que génère ce lieu. ladepeche.fr, Le marché revient à Bramevaque - ladepeche.fr
  • Le journal est un ogre qui tue ceux grâce auxquels il vit. De Robert Desnos
  • L’ogre de la guerre a trop longtemps dévoré le plus pur de la substance de l’humanité. De Frédéric Passy
  • L’ogre fisc a l’appétit du lion envers les uns, mais la sobriété du chameau à l’égard des autres. De Paul Morand
  • Il y a des moments où l'absence d'ogres se fait cruellement sentir. De Alphonse Allais
  • "L'appétit de l'ogre Amazon"? Seulement "ogre" ? Pourquoi pas non plus "hydre capitaliste malfaisante qui exploite les masses laborieuses" ?La jeune génération de "journalistes" du Figaro est à gauche toute ! Mais il est probable que monsieur Dassault n'a pas envie de se fâcher avec l'état macronien, qui est, avec l'Inde, son seul client pour le Rafale.Et puis même si les lecteurs fidèles se désabonnent, il restera toujours les subventions à la presse... Le Figaro.fr, L’appétit de l’ogre Amazon dans les jeux vidéo
  • La pièce de Stanislas Cotton « Mes papas, l’ogre et moi », nous décrit un monde d’aujourd’hui, avec des sujets de société essentiels à la réflexion pour les esprits ouverts. Club de Mediapart, «  Mes papas, l’ogre et moi" de Stanislas Cotton, un prénom pour la vie | Le Club de Mediapart
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  • Née à Kérity à côté de Paimpol dans les Côtes-du Nord le 7 octobre 1874, rien ne prédisposait Jeanne Weber, née Moulinet, à être surnommée par la presse et l’opinion publique « l’ogresse de la Goutte d’Or ». La jeune femme voit le jour dans un foyer modeste, son père est pêcheur, sa mère partage son temps entre le jardin potager familial et quelques ménages. Aînée d’une famille de dix enfants, elle ne fréquente pas les bancs de l’école et aide à tenir la maison et élever ses frères et sœurs, jusqu’à l’âge de 14 ans. Comme de nombreuses Bretonnes de son rang et de son âge, elle quitte alors sa famille pour trouver du travail à Paris. Elle débarque donc en 1890 à la gare Montparnasse et décroche rapidement une place de domestique chez un architecte. Elle s’occupe des enfants de son employeur, et ce dernier n’hésite pas à la rejoindre régulièrement dans sa chambre de bonne pour coucher avec elle. Un jour, alors qu’elle a 19 ans, Jeanne tombe enceinte et le bourgeois lui demande d’avorter, finance l’opération et la congédie pour éviter le scandale, tout en lui adressant une lettre de recommandation. Le Telegramme, Jeanne Weber, l’ogresse de la Goutte d’Or - Histoire - Le Télégramme

Traductions du mot « ogre »

Langue Traduction
Anglais ogre
Espagnol ogro
Italien orco
Allemand oger
Chinois 食人魔
Arabe غول
Portugais ogro
Russe великан-людоед
Japonais
Basque ogro
Corse ogre
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Synonymes de « ogre »

Source : synonymes de ogre sur lebonsynonyme.fr

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