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Moucher

Définitions du mot « moucher »

Trésor de la Langue Française informatisé

MOUCHER, verbe

I. − Emploi trans.
A. −
1. Moucher le nez. Débarrasser le nez des mucosités qu'il contient en pratiquant une forte expiration et en s'aidant généralement d'un mouchoir. De plus, elle était [la petite fille] colère, (...) puis, elle avait l'affreuse habitude de se fourrer les doigts dans un nez qu'elle mouchait peu (Verlaine, Œuvres posth., t.1, Hist. comme ça, 1896, p.372).
a) [P. méton.] Ce n'est pourtant pas tellement attrayant, la vie humaine, avec ces mains qu'il faut laver, ces rhumes qu'il faut moucher, ces cheveux qui vous quittent!... (Giraudoux, Ondine, 1939, iii, 3, p.181).
b) P. anal.
Moucher une chandelle, une lampe. Couper le bout de la mèche consumée qui empêche la chandelle d'éclairer. Subtil [à Chantourné]: Je voudrais bien te voir allumer quarante-huit chandelles, toi, et les moucher surtout! Le jour où j'ai débuté dans l'emploi j'en ai éteint quinze (A. Dumas père, Trois entr'actes pour Amour méd., 1850, i, p.325).C'est lui le frère excitateur, celui qui est debout, le premier, pour sonner la cloche et réveiller les autres; il frotte les escaliers, il mouche les lampes, il accomplit encore des travaux plus humbles (Huysmans, Oblat, t.1, 1903, p.74):
1. Peut-être ces rôles de portiers, de palefreniers, d'hommes du peuple sont-ils d'abord pour donner emploi à toute la troupe; et il se peut que le mot soit réglé sur les moyens et la mémoire d'un acteur d'occasion, employé principalement à moucher les chandelles. Alain, Propos, 1921, p.224.
Au fig., fam. Remettre quelqu'un à sa place, lui dire son fait. Ce malotru, qui m'a rencontrée (...) et qui ne m'a pas saluée (...). Je vais le moucher; vous allez voir (A. France, Hist. comique, 1903, p.67):
2. Ce Breton [Geffroy] bretonnant avait le sens des formes et de la couleur, comme celui de la langue française. L'épais Sarcey ayant écrit que Diderot était un «pornographe», Geffroy le moucha vertement dans un article qui fit sensation. L. Daudet, Brév. journ., 1936, p.18.
Moucher le quinquet. Rabattre le caquet. Allons, mouche-lui le quinquet, ça l'esbrouffera (Th. Gautier dsLarch.1858, p.509).
Arg. ,,Tuer (enlever la flamme de la vie)`` (Larch. 1880). Il eut un arrêt brusque avec une sorte de recul, comme si une balle l'eût mouché net (La Varende, Nez-de-cuir, 1936, p.42).Ne bouge pas, mon petit lapin, sans quoi il va te moucher pour de bon (Giono, Bonh. fou, 1957, p.156).
Expr. pop. et fam. Moucher la chandelle. ,,Être décidé à mourir sans postérité`` (Delvau 1883). Dans cette brochure où il s'efforce de constater la diminution de la population du département, il exhorte, il adjure ses compatriotes de faire des enfants, de procréer, de renoncer à moucher la chandelle (Goncourt, Journal, 1862, p.1197).
Moucher les bourgeons. Synon. de ébouter.Voir Carrière, Encyclop. hortic., 1862, p.173.
Moucher le chanvre, un cordage, une pièce de bois. ,,En couper les parties dégradées`` (Bonn.-Paris 1859).
Moucher une arête. ,,Arrondir légèrement cette arête`` (Havard t.3 1881). On mouche les arêtes des seuils, des manches, des tableaux ou embrasures des portes et des fenêtres (Havardt.31881).
2. Moucher qqc.Émettre quelque chose par le nez. Moucher du sang:
3. La femme de ménage avait ordre de n'y toucher à rien, parce que, au moindre objet déplacé, et qu'il ne retrouvait pas tout de suite, M. de Coëtquidan faisait une colère. De sorte qu'il y avait tellement de poussière que le vieillard mouchait toujours du noir... Montherl., Célibataires, 1934, p.866.
3. Moucher qqn
[P. méton. de l'obj.] Mais vous me donnâtes, à l'âge où ma bonne me mouchait encore, une leçon d'honneur (A. France, Bonnard, 1881, p.28):
4. Mon père s'était éloigné, il détestait ce genre de discussions; dans le chemin, il me prit la main et la garda. C'était une main dure et réconfortante: elle m'avait mouchée à mon premier chagrin d'amour, elle avait tenu la mienne dans les moments de tranquillité et de bonheur parfait. Sagan, Bonjour tristesse, 1954, p.89.
Emploi pronom. Faire sortir ce qui est dans le nez. À chaque instant il se mouche bruyamment et crache dans son mouchoir (Renard, Journal, 1907, p.1105).Tu te mouches comme un bourgeois, solennellement, et tu toussotes dans ton mouchoir avec satisfaction (Sartre, Nausée, 1938, p.86):
5. Sur la fin de la maladie cette matière s'épaissit, devient moins corrosive, et le malade est obligé de se moucher souvent. Tant que dure ce rhume on perd totalement l'odorat et même le goût, ou du moins on est dégoûté et sans appétit. Geoffroy, Méd. pratique, 1800, p.117.
Au fig. Il n'y a pas si longtemps que le chagrin se mouche sur nos scènes (Colette, Jumelle, 1938, p.56).
Loc. et expr.
Pop., fam. Ne pas se moucher du pied, du coude. Avoir de grandes prétentions, se croire quelqu'un d'important. Si l'on nous voit chez nous un homme brave comme César, et qui ne se mouche pas du pied (...) Max avalerait trois voleurs, le temps de le dire (...) eh! bien, je dormirais plus tranquille (Balzac, Rabouill., 1842, p.414).Qu'est-ce que tu nous sors, reprit Gaspard, t'es pas marteau! Une gentille tite [= petite] fille comme ça pour les Boches? Non mais, regardes-y, tu t'mouches pas du pied (Benjamin, Gaspard, 1915, p.50):
6. Moi, Madame! Quand j'aurai dit que je fête une des patronnes de Madame, si la police envoyait trente gendarmes pour déranger quelque chose, soyez sûre qu'avant d'être arrivés à la Croix rouge qui est au milieu du village, pas un d'eux ne serait à cheval. Ils ne se mouchent pas du coude, non, les habitants de Sacca. Stendhal, Chartreuse, 1839, p.371.
Populaire
Se moucher dans ses doigts. ,,Être habile, intelligent, résolu`` (Littré).
Se moucher sur sa manche. Ne pas avoir encore d'expérience. Des farces un peu bien grosses, celles du temps qu'on se mouchait sur sa manche (Pourrat, Gaspard, 1922, p.184).
Arg. Se moucher d'un louis. Les garçons de jeu se mouchent fréquemment au tapis vert, ce qui leur permet d'escamoter un ou deux louis dans leurs mouchoirs (...). On dit d'un garçon qui escamote un louis de quelque manière que ce soit: Il s'est mouché d'un louis (Cavaillé ds Larch., Dict. hist. arg., 1878, p.248).
Proverbe. Qui se sent morveux se mouche. Que ceux qui se reconnaissent le défaut s'appliquent ce qu'on en dit. Qui se sent morveux, qu'il se mouche! (Arnoux, Roi, 1956, p.87).
B. − Espionner. Synon. moucharder (v. ce mot ex. 2).Du temps que l'on allait en guerre Comme à la cachoucha Combien de peuples il moucha, Il moucharda naguère (Toulet, Vers inéd., 1920, p.122).
II. − Emploi intrans. Chasser de son nez les humeurs. Moucher beaucoup. Le tabac à priser fait moucher (Thomas1956).Hier et aujourd'hui, chaleur complète (...) et pas un souffle de vent, pas même au bord du golfe de la Seyne, cet endroit maudit qui nous a tant fait éternuer et moucher (Sand, Corresp., t.4, 1861, p.255).
MÉD. VÉTÉR. ,,Se dit du cheval dont le jetage s'écoule par les naseaux`` (Cass.-Moir. 1979).
Prononc. et Orth.: [muʃe], (il) mouche [muʃ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Fin xies. «presser les narines pour en faire sortir les mucosités» (Raschi, Gl., éd. A. Darmesteter et D. S. Blondheim, t.1, p.98); 1190 absol. (Renart, éd. M. Roques, 8504); 2. 1380 «ôter le bout de lumignon d'une chandelle» (Roques t.2, Paris, B.N. Lat. 13032, 3419); 3. fig. 1464 «remettre à sa place» (La Farce de Maistre Pathelin, éd. R. T. Holbrook, 1001: Comment il a esté mouché! − N'ay-je pas bien fait mon devoir); 1839 se faire moucher (Stendhal, Chartreuse, p.37); 4. 1752 moucher un cordage (Littré). Du lat. tardif muccare (vies., trad. lat. d'Oribase d'apr. Ern.-Meillet) dér. de muccus «morve», var. de mucus. Fréq. abs. littér.: 339. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 207, b) 665; xxes.: a) 699, b) 483.
DÉR. 1.
Mouchage, subst.a) Subst. masc. Action de moucher, de se moucher. Je me souviendrai de toi... quand j'aurai des bonbons. Dans la classe de la directrice, tout en assurant le mouchage des nez et l'équilibre des bambins, parfois mobiles sur leurs bancs comme des feuilles au vent (Frapié,Maternelle,1904, p.42).(...) Il ne peut plus se moucher de même qu'il ne peut plus uriner «car le mouchage ou l'urinage me font le même effet que la masturbation» (Janet, Obsess. et psychasth., 1903, p.72).Arg. Abstention malthusienne. Mouchage de chandelle (Bruant1901, p.5).b) Subst. fém. ,,Fécule de manioc exprimée`` (Besch. 1845). [muʃa:ʒ]. 1resattest. a) 1831 «action de moucher, spécialement la chandelle. Peu usité» (Acad. Dict., Suppl. ds Quem. DDL t.5), b) 1904 mouchage des nez (Frapié, op. cit., p.157); de moucher, suff. -age*.
2.
Moucherie, subst. fém.Flux de mucosités s'écoulant par les narines. Le vieil officier, fort enrhumé, allait perpétuellement dans une chambre voisine et poussait un tiroir de commode pour dissimuler sa moucherie (Goncourt, Journal, 1863, p.311). [muʃ ʀi]. 1reattest. 1689, 2 mai (Mmede Sévigné, Lettre à Mmede Grignan ds Lett. inéd., éd. Capmas, t.II, p.292 ds Littré); de moucher, suff. -ie*.
3.
Mouchure, subst. fém.a) Ce que l'on retire du nez en se mouchant. (Dict. xixeet xxes.). P. méton. Le fait de se moucher. Augustin disait: «Laisse! laisse!» Largilier releva et étendit sur son dos une des couvertures douces et chaudes, tombée devant la chaise-longue. − Ferme la porte à clef, entendit-il, parmi de petits sanglots, mêlés de toux et de mouchures (Malègue, Augustin, t.2, 1933, p.484).b) Spéc. α) Mar. ,,Parties roides et trop dures qu'on retire du chanvre`` (Littré; dict. xixes.). β) Technol. ,,Morceau de bois coupé sur le bout d'une pièce`` (Littré; dict. xixeet xxes.). Dans l'expr. mouchure de chandelle. ,,Bout de lumignon d'une chandelle lorsqu'on l'a mouchée`` Littré; dict. xixeet xxes.). [muʃy:ʀ]. Ac. 1694 et 1718: -cheure; 1740-1878: -chure. 1resattest. 1690 a) moucheure de chandelle (Fur.), b) 1800 «mucosité qu'on enlève du nez» (Boiste); de moucher, suff. -ure*.
BBG.Quem. DDL t.6, 19.

Moucher, verbe intrans.a) ,,Aller comme des mouches, aller et venir en parlant de lettres, de billets, de chansons`` (Littré). Les billets cachetés [entre Harlay père et fils] et avec le dessus [l'adresse] mouchaient [volaient comme des mouches] d'une chambre à l'autre (La Varende,Saint-Simon,1955, p.285).b) Pêche. Monter une ligne à la mouche (supra II A). De temps en temps un poisson sautait avec un plouf, je ne réussis pas à en avoir un, seulement les cercles concentriques [allant s'élargissant] autour de l'endroit où il avait mouché... (Cl. Simon, La Route des Flandres,1960, 139 ds Rob. Suppl. 1970).

Wiktionnaire

Verbe

moucher \mu.ʃe\ transitif pronominal 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se moucher)

  1. Souffler par les narines pour en faire sortir les mucosités.
    • Il toussait, se raclait la gorge, se mouchait en trompette, […] — (Marcel Pagnol, Le temps des secrets, 1960, collection Le Livre de Poche, page 327)
    • Les deux se sont rapprochées de moi pour me convertir, mais un sale gamin, habillé en petit poulbot, est venu se faire moucher par sa maman. — (Étienne Liebig, Comment draguer la militante, La Musardine, 2012)
    • (Pronominal)[…] ; j’ai un faible pour la délicatesse ! La preuve ? Vous ne me verrez jamais me moucher dans les rideaux de votre salon […]. — (Frédéric Dard, San Antonio : Du mouron à se faire, Fleuve noir, 1955)
    • Dans ce cas ([…]), il la traitait de gourde. Si son trou de balle lui tombait du cul, disait-il, elle ne saurait même pas où le chercher. Si la cervelle était de la poudre à canon, elle ne pourrait pas se moucher sans risquer l'explosion. — (Stephen King, Bazaar, trad. de l'anglais par William Desmond, éd. Albin Michel, 1992, Dixième chapitre)
    • Moucher du sang, rendre du sang par le nez en se mouchant.
    • Se moucher fréquemment, bruyamment. Si cet enfant pouvait moucher, il serait soulagé. Il ne mouche presque point.
    • C’est un homme qui ne se mouche pas du pied, c’est un homme qui a de grandes prétentions.
    • Il ne se mouche pas du coude avec une saucisse, c’est un homme qui ne s’embête pas.
  2. Ôter le bout du lumignon d’une chandelle, d’une bougie, d’une lampe, lorsqu’il empêche celle-ci de bien éclairer.
    • Le nain moucha la bougie de sa lanterne, et l’arquebusier distingua des traits ridés et amaigris, des yeux brillants de malice et une barbe blanche de givre. — (Aloysius Bertrand, Gaspard de la nuit, 1842)
    • Elle mouchait la chandelle qui clairait sur le bord de l’évier, quand la porte s’ouvrit. — (Louis Pergaud, Le retour, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • La foule maintenant envahit la rue. La procession est au dernier reposoir. Dans quelques minutes, elle sera là. Vivement Ernestine mouche ses bougies. — (Germaine Acremant, Ces dames aux chapeaux verts, Plon, 1922, collection Le Livre de Poche, page 237.)
  3. Éteindre une chandelle en pinçant la flamme.
    • Marchand aide l’Empereur à se coucher et sort de la chambre en mouchant les chandelles. C’est la nuit. — (Marie La Palme Reyes, L’Acte manqué ou L’Empereur et le Loup de Mer, 2005)
    • Il est possible de moucher la flamme, en pinçant la mèche entre 2 doigts, empêchant ainsi la combustion. — (Comment est fabriquée une bougie végétale - Bougie-Bougies.com)
  4. (Figuré) (France) (Populaire) Dire son fait à quelqu’un.
    • Je l’ai mouché.
    • Il s’est fait moucher.
    • Ce n’est tout de même pas de notre faute, si l’Adélaïde vous a mouché ce matin, et si le curé vous a engueulé. — (Marcel Aymé, La jument verte, Gallimard, 1933, collection Le Livre de Poche, pages 250-251.)
    • Je suis mouchée, mais héroïque aux yeux des miens. — (Marie de Gandt, Sous la plume. Petite exploration du pouvoir politique, Paris, Éditions Robert Laffont, 2013, page 27)

Verbe 1

moucher \Prononciation ?\ transitif (voir la conjugaison)

  1. Rogner.
  2. Tuer.
    • Aussi ne se passoit il gueres d'heures sans qu'il n'y eust quelqu'un de mouché.

Verbe 2

moucher \Prononciation ?\ transitif (voir la conjugaison)

  1. Courir pour se débarrasser des mouches.
  2. Espionner.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MOUCHER. v. tr.
Presser les narines pour en faire sortir les mucosités. Il s'emploie surtout avec le pronom personnel. Se moucher fréquemment, bruyamment. Absolument, Si cet enfant pouvait moucher, il serait soulagé. Il ne mouche presque point. Moucher du sang, Rendre du sang par le nez en se mouchant. Prov. et fig., Qui se sent morveux se mouche. Voyez MORVEUX. Fig. et fam., C'est un homme qui ne se mouche pas du pied, C'est un homme qui a de grandes prétentions. En parlant d'une Chandelle, d'une bougie, d'une lampe, etc., il signifie Ôter le bout du lumignon, lorsqu'il empêche la chandelle, la bougie, la lampe, etc., de bien éclairer. Moucher une chandelle, une bougie, une lampe.

MOUCHER signifie, figurément et populairement, Dire son fait à quelqu'un. Je l'ai mouché. Il s'est fait moucher.

Littré (1872-1877)

MOUCHER (mou-ché) v. a.
  • 1Presser les narines pour en faire sortir les mucosités. Il [Diogène] vit un jour un homme qui se faisait chausser par un esclave ; tu ne seras pas content, dit-il, jusqu'à ce qu'il te mouche ; de quoi te servent tes mains ? Rollin, Hist. anc. t. XII, p. 500, dans POUGENS.

    Absolument. Si cet enfant pouvait moucher, il serait soulagé. Le tabac fait moucher.

    S. m. Action de moucher, de se moucher. Tous les mouchers, toussers…, Pascal, Pens. XXV, 63, éd. HAVET. Le fréquent moucher [de la duchesse de Bourgogne] répondait aux cris du prince son beau-père, Saint-Simon, 293, 243.

  • 2Moucher du sang, rendre du sang par le nez en se mouchant.
  • 3 Par extension, ôter le bout du lumignon qui empêche une chandelle de bien éclairer. Vous ferez encore des mouchettes et des vases destinés pour y éteindre ce qui aura été mouché des lampes, Sacy, Bible, Exode, XXV, 38. En feignant de la moucher, Qu'on éteigne la lumière, Béranger, Censure.

    Moucher une chandelle avec le pistolet, tirer si juste que la balle coupe la mèche. Vous aurez le plus grand plaisir du monde à voir moucher des chandelles à coups de pistolets, toutes les fois que vous en voudrez avoir le passe-temps, Scarron, Lettres, Œuv. t. I, p. 188.

    Populairement. Moucher quelqu'un, remettre quelqu'un à sa place, lui infliger une correction, le battre. Tu vas te faire moucher, tu vas recevoir une correction, te faire rosser.

  • 4 Terme de marine. Couper l'extrémité d'un cordage qui s'effile, d'une pièce de bois qui ne se termine pas par une surface unie.
  • 5Se moucher, v. réfl. Faire sortir ce qui est dans le nez. Moi, je leur soutiens qu'un homme qui n'a pas l'air que nous avons en France, est un homme qui fait tout de mauvaise grâce, qui ne sait ni marcher, ni s'asseoir, ni se lever, ni tousser, ni cracher, ni éternuer, ni se moucher ; qu'il est par conséquent un homme sans manières, Boissy, Français à Lond. sc. 1. Mais quand on voit arriver la secousse, Qu'avant la fin le parterre à grand bruit Se mouche, tousse, Tout est dit, Panard, Œuv. t. III, p. 378, dans POUGENS. On voit, dans Juvénal, un mari demander le divorce, parce que sa femme se mouchait souvent, Mongez, Instit. Mém. hist. et litt. anc. t. IV, p. 308.

    Il n'a pas le loisir de se moucher, se dit d'un homme fort occupé.

PROVERBES

Qui se sent morveux se mouche (voy. MORVEUX).

Il ne se mouche pas du pied, c'est un homme habile, intelligent, résolu. Certes, monsieur Tartufe, à bien prendre la chose, N'est pas un homme, non, qui se mouche du pied, Molière, Tart. II, 3. Un des tours d'agilité familiers aux anciens saltimbanques consistait à saisir le pied à deux mains et à se le passer vivement sous le nez. De là, cette façon de parler triviale pour dire un homme grave, digne, considérable : c'est un homme qui ne se mouche pas du pied.

Il ne se mouche pas du pied, il y paraît sur sa manche, se dit quand, ne croyant pas à l'habileté du personnage dont il est question, on veut faire tourner le proverbe à son désavantage ; car, qu'il y paraisse sur la manche, c'est signe de malpropreté.

Cela était bon du temps qu'on se mouchait sur la manche, se dit pour mépriser une coutume ancienne. Du temps qu'on se mouchait sur la manche, du temps que le monde était fort simple, était comme un enfant, Génin, Récréat. t. I, p. 89. Ne voudriez-vous point supprimer les mouchoirs, parce qu'autrefois on se mouchait sur la manche ? Dancourt, Fête de village, I, 2.

Ne pas se moucher sur sa manche, ne pas se laisser mener comme un enfant (lequel se mouche sur sa manche). J'ai grand' peur qu'un bourreau de beau-père ne m'ait promis plus de beurre que de pain ; je ne me mouche pas sur ma manche, comme vous savez, et il en faudrait venir…, Scarron, le Marquis ridicule, dans GÉNIN, Récréat. t. I, p. 88.

HISTORIQUE

XIIIe s. Que ses doiz arde [brûle] à les mouchier [les chandelles], Gautier de Coincy, p. 571. En la chiere [face] [il] li crache et moche, Ren. 14989.

XVe s. Comment il a esté mouché ! N'ay-je pas bien fait mon devoir ? Patelin.

XVIe s. Avecques ses dardz, de mille pas loing, il esmouchoyt une bougie sans l'estaindre, Rabelais, Pant. IV, 24. Il se mouschoyt à ses manches, il mourvoyt dedans sa souppe, Rabelais, Garg. I, 11. Or mouchez voz nez, petits enfans, Rabelais, Pant. préf. Un temps fut que sans grand respect, On lachoit à table le pet… Et qu'on se mouchoit à la nappe, Saint-Gelais, (75) … Par là il se poussa, Et aux plus hauts honneurs du palais s'avança, Ayant mouché [abusé] les rois avec telle prattique, Du Bellay, J. IV, 85, verso. Pour ung sysiaux à moucher la chandelle, De Laborde, Émaux, p. 400.

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Étymologie de « moucher »

Du latin tardif muccare dérivé de muccus (« morve »).
Le sens de « remettre à sa place » correspond à moquer.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

(Verbe 1) De moiche (« mèche »), proprement « ôter la mèche » (→ voir plume et plumer).
(Verbe 2) De mouche (« mouche »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Wallon, mokî, moucher une chandelle ; picard, mouker ; du lat. fictif mucare, de mucus, morve. Mucus, morve, et mungere, moucher, ont le même radical : sanscr. muc, muncāmi, rejeter, répandre ; grec, ἀπο-μύσσ-ω, se moucher, μυϰ-τὴρ, nez.

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Phonétique du mot « moucher »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
moucher muʃe

Citations contenant le mot « moucher »

  • Qui veut moucher autrui doit avoir les doigts propres ! De Proverbe danois
  • Craignez de vous moucher trop fort, de crainte de rendre l’âme. De Paul Claudel / Journal
  • Chaque soir, pendant les représentations d'une pièce de théâtre, c'est sur la même réplique que les spectateurs enrhumés se mettent à se moucher ; c'est le moment où la pièce faiblit. De Marcel Pagnol
  • Qui se sent morveux qu'il se mouche est un proverbe correct et régulier, car il n'y a aucune raison pour que j'aille moucher le nez d'un type que je ne connais pas, que je n'ai jamais vu et dont je n'ai strictement rien à foutre. De Pierre Dac
  • Pour se moucher, il faut utiliser, de préférence, un mouchoir en papier à usage unique qu’il faudra ensuite jeter dans une poubelle. Une fois jeté, le mouchoir en papier emporte tous les microbes avec lui.  A la maison, la poubelle doit être, de préférence, munie d’un couvercle.  , MSA - Les gestes barrières : protégez-vous et protégez les autres
  • Pour se moucher, mieux vaut utiliser ceci. TrashTalk, La NBA impose un protocole sanitaire toujours plus strict pour la reprise des matchs : interdiction de se moucher dans le maillot du voisin TrashTalk
  • Il est donc rappelé les gestes barrières : se laver régulièrement les mains ou utiliser une solution hydro-alcoolique, tousser ou éternuer dans son coude ou un mouchoir, se moucher dans un mouchoir à usage unique puis le jeter, éviter de se toucher le visage, respecter une distance d’un mètre avec les autres, saluer sans se serrer la main et arrêter les embrassades. , Somme : Un rappel bien utile au respect des mesures sanitaires | Le Bonhomme Picard
  • – se moucher dans un mouchoir à usage unique à éliminer immédiatement dans une poubelle ; D!CI TV & Radio, Alpes de Haute-Provence : la préfecture rappelle les dispositions réglementaires en vigueur dans le cadre de l'organisation de l'Aïd Al-Adha | D!CI TV & Radio
  • C'était un peu leur baptême du feu. Jean Castex et ses ministres étaient à l'Assemblée nationale hier pour de délicieuses "Questions au gouvernement". On en retient que Dupont-Moretti s'est offert un premier grand numéro oratoire, que le député Ratenon s'est fait sérieusement moucher par le nouveau "MOM" Sébastien Lecornu et que Jean-Luc Mélenchon s'est moqué de la vitesse d'élocution du Premier ministre. Ça vole toujours très haut chez les Insoumis. Clicanoo.re, [Editorial] Ni de gauche, ni de gauche | Clicanoo.re
  • A quelques semaines de l'hiver, des experts affirment que vous ne devriez pas vous moucher quand vous avez la grippe. Mais reprenons depuis le début. Avoir le nez bouché signifie que vous n'arriverez pas à bien dormir, que la nourriture n'aura pas bon goût et que vous allez vider des boîtes et des boîtes de mouchoirs en papier, en plus d'être irrité et de ne pas être capable de faire du sport correctement. GQ France, Pourquoi vous ne devriez pas vous moucher quand vous avez la grippe | GQ France
  • Votre bébé est enrhumé, son nez est congestionné. La solution : le moucher. Si cette opération est souvent redoutée par certains parents, elle est pourtant essentielle pour que l’enfant puisse respirer. Quelle est la meilleure technique ? Quels sont les outils adéquats ? Découvrez les astuces pour laver le nez votre enfant dans les règles de l’art. Femme Actuelle, 6 astuces pour moucher correctement bébé : Femme Actuelle Le MAG

Images d'illustration du mot « moucher »

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Traductions du mot « moucher »

Langue Traduction
Anglais blow your nose
Espagnol sonarse la nariz
Italien soffiarsi il naso
Allemand nase schneuzen
Chinois 擤鼻涕
Arabe أنفض مافي خشمك
Portugais assoar o nariz
Russe сморкаться
Japonais 鼻をかむ
Basque putzatu sudurra
Corse sopra u nasu
Source : Google Translate API

Synonymes de « moucher »

Source : synonymes de moucher sur lebonsynonyme.fr

Moucher

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