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Lièvre

Variantes Singulier Pluriel
Masculin lièvre lièvres

Définitions de « lièvre »

Trésor de la Langue Française informatisé

LIÈVRE, subst. masc.

A. −
1. Petit animal au poil fauve, aux longues oreilles qui, grâce à de longues et puissantes pattes postérieures, est un excellent coureur. Fém. la hase. Tout éblouis encore (...) d'avoir vu les étangs glacés, les taillis où les lièvres détalent (Alain-Fournier, Meaulnes,1913, p. 37).Panturle est au bois des Vincents. Il a posé des collets à lièvres (Giono, Regain,1930, 1repart., 2, p. 53):
1. Un bond roux jaillit du trèfle. Vers le lièvre qui détalait, vers sa queue blanche, la mire du fusil, point noir, dansa devant l'œil anxieux de viser juste. Adam, Enf. Aust.,1902, p. 248.
[Avec une spécification géogr.] Lièvre arctique, d'Amérique, du désert.
Lièvre blanc. Synon. lièvre variable, lièvre des neiges, des Alpes.Lièvre de taille plus petite que le lièvre commun dont le pelage devient complètement blanc au commencement de l'hiver. Car il y a des marmottes, il y a même des renards à ces hauteurs, parfois il y a le lièvre des neiges qui est blanc (Ramuz, Gde peur mont.,1926, p. 101).
Plais. Lièvre de gouttière. Chat (Delesalle, Dict. arg.-fr. et fr.-arg., 1896, p. 164).
ZOOL. Mammifère herbivore de la famille des Léporidés (d'apr. Zool., t. 4, 1974, pp. 1034-1035 [Encyclop. de la Pléiade]).
SYNT. Lièvre farouche, insaisissable, peureux; le lièvre bondit, déboule; chasser, dénicher, lever un lièvre.
Rem. Le genre fém. est attesté dans qq. textes région. Parce que chez nous, on chasse la lièvre, comme on dit, à trois ou quatre (Pourrat, Gaspard, 1922, p. 88). Le fusil sur l'épaule, aux aguets de « la lièvre » qui fuit ou de la palombe qui se pose (Pesquidoux, Livre raison, 1932, p. 132).
2. Locutions
a) Gentilhomme* à lièvre (vieilli).
b) Adj./verbe + comme un lièvre
Peureux, craintif comme un lièvre. Un tel menteur, noir, chétif, peureux comme un lièvre et maraudeur en plus (Guèvremont, Survenant,1945, p. 259).
Courir, détaler, filer comme un lièvre. Courir, détaler, filer à toute vitesse. Vous auriez vu tous ces sales moricauds filer comme des lièvres, dès que nous paraissions (Zola, Débâcle,1892, p. 17).
c) [En parlant du comportement d'une pers. ou de l'un de ses attributs] De lièvre.Qui possède certaines caractéristiques, certaines des qualités que l'on prête au lièvre.
Bec*-de-lièvre.
Patte de lièvre. Favori. Rasé de frais, deux pattes de lièvre encadraient ses joues rondes (France, Pt Pierre,1918, p. 175).
Mémoire, cervelle de lièvre. Mémoire, intelligence déficiente. (Dict. xix et xxes.).
Plais. [P. allus. à cette expr.] :
2. Oh! Lièvres Vous n'allez tout de même pas laisser pleurer un Professeur Allons faites un petit effort Lièvres souvenez-vous Descendez-vous du singe Ou bien du kangourou... Prévert, Paroles,1946, p. 53.
Sommeil de lièvre. Sommeil très léger interrompu au moindre bruit. (Dict. xixeet xxes.).
Vie de lièvre. Vie tourmentée, malmenée. 21 décembre travaillé. Quel temps! Vie de lièvre! Et mon père! (Constant, Journaux,1811, p. 368).
d) [P. allus. à des vers ou à des thèmes tirés de fables de La Fontaine]
[P. allus. à la fable Le lièvre et la tortue] C'est ainsi que l'instinct tortue dépasse la science lièvre (Alain, Propos,1908, p. 41).
[P. allus. à la fable Le lièvre et les grenouilles] V. gîte A 2.
e) HÉRALD. Dessin figurant un lièvre dans diverses attitudes. Lièvre en forme, en gîte. C'étaient des armes parlantes un champ de sinople avec un mètre d'or mis en bande, accosté de deux lièvres courants d'argent (Sandeau, Sacs,1851, p. 2).
3. P. méton.
a) Chair de l'animal. Terrine de lièvre. Elle prenait sur le bout d'un couteau à large lame des tranches de veau piqué et de pâté de lièvre (Zola, Ventre Paris,1873, p. 673).Sur le fourneau, un civet de lièvre chantait dans la casserole (France, Pt Pierre,1918, p. 127).
b) Fourrure de l'animal. Un foulard autour du cou, une toque de lièvre sur ses cheveux blancs (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 395).
4. Loc. fig.
a) Vieilli. Bailler le lièvre par l'oreille à qqn. Payer quelqu'un de paroles, de promesses illusoires. Ce héros ne trompait pas. Il ne nous baillait pas le lièvre par l'oreille (Courier, Pamphlets pol., Réponses aux anon., 1822, p. 150).
b) C'est là que gît le lièvre. C'est là que se trouve le nœud de l'affaire, le fond du problème. Cette vertu fondamentale. Voilà, sans doute, où gît le lièvre (Duhamel, Journal Salav.,1927, p. 18).
c) Chasser, courir, poursuivre deux, plusieurs lièvres (à la fois). Poursuivre deux, plusieurs buts en même temps. On ne court pas deux lièvres. On ne peut guère servir en même temps Proudhon et Victor Hugo (Hugo, Corresp.,1866, p. 519):
3. ... les chefs donnaient l'exemple de l'anarchie, où l'on voyait une politique incohérente poursuivant dix lièvres à la fois, et les lâchant tous l'un après l'autre... Rolland, J.-Chr., Foire, 1908, p. 763.
d) Chasser, courir le même lièvre. Poursuivre le même but, être engagé dans la même affaire que quelqu'un. Ampère et lui [M. de Sacy] ne se rencontraient que peu; ils ne chassaient pas, comme on dit, le même lièvre (Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t. 13, 1868, p. 237).
e) Lever un lièvre. Mettre au jour une question gênante et dissimulée. Au juste, vous levez le lièvre, monsieur l'observateur. J'aime aussi à mettre les choses noir sur blanc (Gracq, Syrtes,1951, p. 101).
f) Trouver le lièvre au gîte. Surprendre quelqu'un à l'improviste. (Dict. xixeet xxes.).
g) [P. allus. au proverbe Un lièvre va toujours mourir au gîte] V. gîte A 2.
B. − P. anal.
1. Individu, objet ayant certaines des qualités du lièvre.
a) [La vitesse] Lièvre mécanique, électrique. Dispositif imitant un lièvre destiné à entraîner les lévriers dans une course. Jusqu'au modeste pré de village où le lièvre électrique est remplacé par une peau de lapin tirée à la ficelle (Morand, Londres,1933, p. 142).P. anal. ,,Dans les courses de demi-fond, coureur se plaçant en tête pour assurer un train rapide et permettre à d'autres coureurs de faire un bon temps`` (Amsler 1971). En demi-fond, pas de bon chrono sans lièvre (Amsler 1971).
b) [La couardise] De fameux lièvres qu'on nous a donnés là! S'ils se sont cavalés ainsi, quand il n'y avait personne, hein? (Zola, Débâcle,1892, p. 43).Il [Jean-Jacques] fut lièvre ce jour-là, et s'enfuit par où il put (Alain, Propos,1925, p. 646).
2. Animal qui ressemble au lièvre.
a) [Chez les Mammifères]
Lièvre de Patagonie. Synon. sav. agouti.
Lièvre sauteur. Mammifère de la famille des Pédétidés vivant au Sud et à l'Est de l'Afrique (d'apr. Zool., t. 4, 1974, pp. 1004-1005 [Encyclop. de la Pléiade]).
b) [Dans d'autres classes d'animaux]
Lièvre de mer
[À cause de sa ressemblance avec un lièvre couché et des tentacules creusés comme les oreilles des Mammifères] Grand mollusque sans coquille. Synon. sav. aplysie.Un mollusque hideux qu'on appelle « lièvre de mer » (Flaub., Corresp.,1875, p. 266).
Poisson. Synon. sav. blennie.Blennie (...) appelée aussi chasseur, lièvre, bovecca (Coupin, Animaux de nos pays,1909, p. 130).
[P. allus. à la fable de La Fontaine Les oreilles du lièvre] Lièvre cornu. Animal mythique. Le Mirag, lièvre cornu habitant des îles de la mer (Flaub., Tentation,1856, p. 599).
REM.
Liévreux, -euse, adj. hapax.Qui manifeste l'agilité, la fébrilité d'un lièvre. Le liévreux et fiévreux rédacteur en chef (Barb. d'Aurev., Mémor. 2,1838, p. 243).
Prononc. et Orth. : [ljε:vʀ ̥]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1100 (Roland, éd. J. Bédier, 1780 : Pur un sul levre vait tute jur cornant); 1155 (Wace, Brut, 4738 ds T.-L. : Quant vient en guerre e en estur, Si semble lievre de pöur); ca 1176 (Chrétien de Troyes, Cligès, éd. A. Micha, 4500 : Malvés et coarz come lievres); 1316 (Geoffroy, Chron. métr., 692 ds T.-L. : ... a Mons em Pevre [Mons-en-Pevele] Où Flamenz füirent com lievre). 2. fig. a) ca 1200 (Poème moral, 338, ibid. : Cant il seit [li malz mïes] un riche home malement agrevet : « Or me vat bien », fait il, « un gras lievre ai trovet ». b) 1465 (G. Chastellain, Chron., éd. Kervyn de Lettenhove, t. 5, p. 276, 22 : vecy où git le lievre et le droit difficile du neud); 1663, 15 déc. lever un lièvre « être le premier à soulever une affaire » (Chapelain, Lettres, éd. Ph. Tamizey de Larroque, t. 2, p. 340 b). Du lat. lepus, leporis « lièvre ». Fréq. abs. littér. : 824. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 016, b) 865; xxes. : a) 1 590, b) 1 216. Bbg. Dauzat Ling. fr. 1946, p. 51. - Lenoble-Pinson (M.). Le Lang. de la chasse. Bruxelles, 1977, p. 18, 20, 32, 150, 179-210, 332. - Quem. DDL t. 19.

Wiktionnaire

Nom commun - français

lièvre \ljɛvʁ\ masculin (pour la femelle, on dit : hase)

  1. (Mammalogie) Quadrupède mammifère, à longues oreilles, qui a les pattes de derrière plus longues que celles de devant, ce qui le rend très rapide à la course.
    • Les amateurs de la chasse prétendent que le lièvre est en proie à une agonie plus terrible pendant la poursuite des lévriers que lorsqu’il se débat entre leurs griffes. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Les lièvres de plaines ont les membres postérieurs très-longs, bien plus longs que les lièvres de montagne, or il est notoire que ces derniers sont moins vite forcés par les chiens que les lièvres des plaines. — (Jean Déhès, Essai sur l’amélioration des races chevalines de la France, École impériale vétérinaire de Toulouse, Thèse de médecine vétérinaire, 1868)
    • La carnassière, maintenant bien remplie, pesait à ses épaules le poids de deux forts lièvres. — (Alphonse de Châteaubriant, Monsieur des Lourdines, chapitre 2, 1910)
    • Plus loin, une vision rapide de chevaux lancés à toute vitesse, de selles rouges et de vêtements blancs envolés dans un nuage de poussière : des chasseurs à la poursuite de quelque gibier, lièvre ou gazelle probablement. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 54)
  2. (Mammalogie) Variante de lièvre d’Europe.
  3. (Par extension) La chair de cet animal.
    • Pâté de lièvre.
    • Civet de lièvre.
    • Un râble de lièvre.
  4. (Athlétisme) Coureur chargé de donner un rythme soutenu lors d'une course de fond ou demi-fond, de manière à favoriser un ou plusieurs concurrents.
  5. (Héraldique) Meuble représentant l’animal du même nom dans les armoiries. Il est normalement représenté comme le lapin, mais il est plutôt utilisé sous sa forme courante ou en forme. À rapprocher de bièvre, castor, connil, écureuil et lapin.
    • Écartelé : au premier et au quatrième de gueules plain, au deuxième d’argent à la branche de cornouiller tigée et feuillée de sinople, fruitée de gueules, en bande, au troisième d’argent au brin de sarriette de sinople fleuri de gueules en bande ; sur le tout de sinople au lièvre en forme d’argent, qui est de Cunelières → voir illustration « armoiries avec un lièvre »
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

LIÈVRE. n. m.
Quadrupède mammifère rongeur, à longues oreilles, qui a les pattes de derrière plus longues que celles de devant, ce qui le rend très rapide à la course. Un lièvre au gîte. Courir, faire lever, lancer le lièvre. Pâté de lièvre. Civet de lièvre. Un râble de lièvre. Fam., Être peureux comme un lièvre, Être fort peureux, fort timide. Fig. et fam., Lever le lièvre, Être le premier, dans une recherche, à signaler un fait significatif et important, le plus souvent dissimulé, ou Être le premier, dans une discussion, à soulever à l'improviste une question embarrassante. C'est lui qui a levé le lièvre. Il ne fallait pas lever ce lièvre-là. Prov. et fig., Il ne faut pas courir deux lièvres à la fois; qui court deux lièvres n'en prend aucun, Quand on poursuit deux affaires à la fois, on s'expose à ne réussir ni dans l'une ni dans l'autre. Fig. et fam., Courir le même lièvre, Ambitionner la même place, poursuivre la même affaire. Bec-de-lièvre, Difformité congénitale qui consiste à avoir la lèvre supérieure fendue. Avoir un bec-de-lièvre. Être-bec-de-lièvre.

Littré (1872-1877)

LIÈVRE (liè-vr') s. m.
  • 1Quadrupède sauvage, très léger à la course et fort timide, de l'ordre des rongeurs. Le lièvre est impur, parce que, quoiqu'il rumine, il n'a point la corne fendue, Sacy, Bible, Lévit. XI, 6. Un lièvre en son gîte songeait ; Car que faire en un gîte, à moins que l'on ne songe ? La Fontaine, Fabl. II, 14. Notre lièvre n'avait que quatre pas à faire, J'entends de ceux qu'il fait lorsque, près d'être atteint, Il s'éloigne des chiens, les renvoie aux calendes, La Fontaine, ib. VI, 10. Quand il vous plaira, je vous donnerai le divertissement de courre un lièvre, Molière, G. Dand. I, 8. Un capitaine qui n'ose rien tenter, qui a peur de son ombre comme un lièvre, Fénelon, Dial. des morts anc. Fabius, Annibal. Les lièvres dorment beaucoup, et dorment les yeux ouverts ; ils n'ont pas de cils aux paupières, et ils paraissent avoir les yeux mauvais, Buffon, Quadrup. t. II, p. 108.

    On a employé le sang de lièvre comme médicament. …Pour vous faire juger de l'état de ma jambe… je marche tant que je veux ; je mets d'une eau d'émeraude. …si j'en ai besoin, je mettrai du sang de lièvre, Sévigné, 1er juill. 1685.

    Prendre un lièvre à l'accroupie, le prendre le matin dans son terrier.

    Lièvre en forme, voy. FORME, n° 22.

    Terme de blason. Lièvre en forme, lièvre arrêté et assis sur ses pattes.

    Lièvres ladres, lièvres qui cherchent les eaux et se font chasser dans les étangs, les marais et autres lieux fangeux ; ils ont la chair de mauvais goût.

    Familièrement. Être peureux comme un lièvre, être fort peureux. Mon secrétaire a grand peur du tonnerre ; malgré tout son mérite, je lui vois le tempérament d'un lièvre, Maintenon, Lett. à Mme de la Viefville, 18 juin 1707.

    Lancer un lièvre, le faire partir de son gîte ; et fig. soulever une difficulté. Nous avons combattu et battu vos ennemis : ils avaient lancé deux lièvres, l'un en contrariété d'arrêt par une requête au grand conseil, l'autre par une requête civile, Sévigné, 531.

    Fig. Lever le lièvre, être le premier à faire quelque ouverture, à proposer quelque chose dont les autres ne s'étaient point avisés.

    Il a une mémoire de lièvre, il la perd en courant, ou, simplement, il a une mémoire de lièvre, se dit d'un homme qui n'a pas bonne mémoire, qui oublie facilement ce qu'on lui dit, ce qu'on l'envoie quérir. Nous sentons plus que jamais que la mémoire est dans le cœur ; car, quand elle ne nous vient point de cet endroit, nous n'en avons pas plus que les lièvres, Sévigné, 9 sept. 1671.

    Mener une vie de lièvre, être poursuivi, harcelé, tourmenté. Je menai, comme on dit, une vie de lièvre pendant huit jours, Lesage, Est. Gonz. 22.

    Gentilhomme à lièvre, gentilhomme qui avait peu de revenu, et qui était réduit à vivre de sa chasse. Le gentilhomme à lièvre, qui va chasser chez ses voisins sans en être prié, et qui chasse moins pour son plaisir que pour le profit, Buffon, Ois. t. II, p. 44.

    Fig. Bailler le lièvre par l'oreille, amuser quelqu'un, le leurrer, le tromper. Me bailla gentiment le lièvre par l'oreille, Régnier, Sat X. Il [Napoléon] ne nous baillait pas le lièvre par l'oreille, jamais ne nous leurra de la liberté de la presse ni d'aucune liberté, Courier, Réponse aux anonymes.

    Fig. Prendre le lièvre au corps, aller directement à ce qui est essentiel, locution tirée du lévrier qui saisit le lièvre par le corps. Je vous aime par bien des raisons, mais surtout parce que vous m'aimez ; celle-là est fort pressante, et prend le lièvre au corps, Sévigné, 578.

    Fig. Courir le même lièvre, ambitionner la même place, rechercher la même femme, etc. Nous sommes ici tous trois dans le même équipage, nous y faisons tous trois la même chose, et peut-être courons-nous tous trois le même lièvre, Dancourt, Charivari, sc. 5.

  • 2 Terme de chirurgie. Bec de lièvre, vice de conformation, dans lequel la lèvre supérieure est fendue. Avoir un bec de lièvre. Être bec de lièvre.
  • 3Lièvre changeant, espèce de lièvre propre aux climats froids et qui est plus grand d'un quart que le nôtre, ainsi dit parce que son pelage est différent en hiver et en été.

    Lièvre des Patagons, lièvre pampa, différents noms de l'agouti.

    Lièvre sauteur, l'helamys, rongeur voisin des gerboises, habitant le cap de Bonne-Espérance.

  • 4 Terme d'astronomie. Le Lièvre, nom d'une constellation de l'hémisphère austral (on met une majuscule en ce sens).
  • 5Lièvre marin, genre de mollusques qu'on nomme aussi aplysie.

    Lièvre de mer, lièvre marin, se dit aussi du cycloptère lump et de la blennie ocellée, poissons.

  • 6Lin de lièvre, voy. LIN.

PROVERBES

C'est vouloir prendre les lièvres au son du tambour, c'est entreprendre ouvertement et avec éclat ce qui se devrait faire en cachette et adroitement.

C'est là que gît le lièvre, c'est là le secret, le nœud de l'affaire.

Il ne faut pas courir deux lièvres à la fois ; qui court deux lièvres n'en prend aucun, c'est-à-dire quand on poursuit deux affaires à la fois, on s'expose à ne réussir ni dans l'une ni dans l'autre. Oh dame ! on ne court pas deux lièvres à la fois, Racine, Plaid. III, 3. Je sais qu'il ne faut pas courir deux lièvres ni deux tragédies à la fois, Voltaire, Lett. Richelieu, 5 juill. 1773.

HISTORIQUE

XIe s. Pour un sul levre [il] vat tute jor cornant, Ch. de Rol. CXXXII.

XIIe s. Plus il a d'enemis que lievres en essart [lande], Sax. XXIX. [Je] Ne doi mie avoir cuer [cœur] de lievre, Quant por lui sui en ceste queste, la Charrette, 1100.

XIIIe s. Cil qui fait grant force comment on doit depecier [découper] le lievre et la geline, Latini, Trésor, p. 382. Et si sunt il plus gentil homme, Que cil qui vont chacier as lievres, la Rose, 17952.

XIVe s. L'en congnoist l'aage d'un lievre au nombre des pertuis qui sont dessoubs la queue ; car pour tant de pertuis, tant d'ans, Ménagier, II, 4.

XVe s. Sire, dist la dame, besoin fait vieille trotter, et cremeur [crainte] fait lievres tumber, Perceforest, t. IV, f° 50. Ce n'est pas viande preste que lievre en genestai, Leroux de Lincy, Prov. t. I, 176. Et vecy où gist le lievre et le droit difficile du neu, Chastelain, Ducs de Bourg. III, 166.

XVIe s. La torpille qui stupefie le bras de celuy qui la touche, le lievre marin qui gaste les poulmons, Paré, XXIII, 5. En petit buisson trouve on grant lievre, Cotgrave Et ces lievres fuyards armés à millions Qui rioient en tirant la barbe à ces lions [aux capitaines huguenots tués à la Saint-Barthélemy], D'Aubigné, Tragiques, les Fers.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

LIÈVRE. Ajoutez :

7On dit qu'un cheval a une tête de lièvre, lorsque les oreilles sont rapprochées, le front et le chanfrein convexes et étroits
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France Terme

Athlète qui prend momentanément la tête d'une course en peloton et lui imprime un train soutenu, de manière à favoriser un ou plusieurs concurrents.

FranceTerme, Délégation générale à la langue française et aux langues de France

Étymologie de « lièvre »

Wallon, lîv ; Maine, gueuvre ; Berry, lieuve, lieube ; picard, lieuve, yeuve ; génev. la lièvre ; du lat. lepus, leporem ; bas-lat. leborem.

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(Date à préciser) Du latin lĕpŏrem, accusatif de lĕpus (« lièvre »). Masculin en latin classique (genre conservé en français), le mot était probablement passé au féminin en latin populaire, d’où le genre féminin de ses aboutissements en espagnol, en italien et en occitano-roman.
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Phonétique du mot « lièvre »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
lièvre ljɛvr

Fréquence d'apparition du mot « lièvre » dans le journal Le Monde

Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.

Évolution historique de l’usage du mot « lièvre »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « lièvre »

  • Le coeur bat plus délicieusement à relancer un lion qu'à débusquer un lièvre.
    William Shakespeare
  • Bien qu'entouré d'amis sincères, le lièvre fut mangé par les chiens.
    Ignacy Krasicki — Fables, les Amis
  • On n’attrape pas de lièvre avec un tambour.
    Proverbe auvergnat
  • On ne trouve pas de lièvre sans terrier, ni de femme sans excuse.
    Proverbe anglais
  • Mieux vaut tenir un lapin que poursuivre, un lièvre.
    Proverbe occitan
  • Même le lièvre comprend qu'il ne doit pas manger l'herbe de son terrier.
    Proverbe chinois
  • Le sang s'enflamme plus vite à relancer un lion qu'à faire lever un lièvre !
    William Shakespeare — Henry IV, première partie, I, 3, Hotspur
  • Le lièvre appartient à celui qui le prend.
    Proverbe français
  • La société de chasse de Saint-Urcisse les Nemrods a organisé les 10,11 et 12 janvier son traditionnel brevet de chasse sur lièvre sans arme en collaboration avec Beauville, Engayrac et Dondas. Ce fut l’occasion de retrouver 12 meutes de chiens de chasse avec Beagles, Beagle-Harriers, Harriers, Porcelaines et Petits Gascon Sintongeois qui ont dû chasser le lièvre sur une durée totale d’1h et demi.
    ladepeche.fr — Saint-Urcisse. Brevet de chasse sur lièvre sans arme - ladepeche.fr
  • Un Lièvre est né pendant le confinement. Ses affiches commencent à décorer les maisons d’Hazebrouck et environs. Derrière ce nom d’artiste, se cachent Grégoire et Ludivine, 28 ans, elle native du marais aux lièvres, lui Hazebrouckois d’adoption depuis dix ans. «  Il se trouve que nous avons un mur dans notre maison dédié aux souvenirs de voyages, on y accroche les affiches de pays ou de villes traversés. Je me suis dit qu’à Hazebrouck et en Flandre, le patrimoine méritait aussi d’être mis en valeur  », raconte ce passionné d’art et de dessin qui dit avoir...
    La Voix du Nord — Hazebrouck : sur ses affiches, le Lièvre promeut le patrimoine de la ville
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Traductions du mot « lièvre »

Langue Traduction
Anglais hare
Espagnol liebre
Italien lepre
Allemand hase
Chinois 野兔
Arabe أرنبة
Portugais lebre
Russe заяц
Japonais 野ウサギ
Basque hare
Corse lepre
Source : Google Translate API

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Nombre de points du mot lièvre au scrabble : 8 points

Lièvre

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