Insigne : définition de insigne


Insigne : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

INSIGNE 1, adj.

Littéraire
A. − Qui est remarquable, digne d'attirer l'attention. Synon. éclatant, éminent, fameux; anton. banal, ordinaire, insignifiant.Bonheur, faveur, gloire, grâce, honneur, mérite, service, valeur insigne; occuper une place insigne. La blancheur insigne De la neige des monts et de l'aile du cygne (Banville, Exilés,1874, p. 33).Brusquement, l'héritage paternel l'avait investi d'une puissance inattendue : l'argent. Or, il n'était pas homme à négliger cette chance insigne (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 119):
... il tentait de forcer son indifférence stupide, prodiguant dans cette folle entreprise, jetant à pleines mains les puissances sacrées de son être, sa flamme insigne, tout le génie de sa charité. Bernanos, Imposture,1927, p. 494.
B. − Remarquable en bien ou en mal. Insigne faiblesse, folie, maladresse. Les gens qui (...) se figureraient pouvoir retrouver (...) une France politiquement, socialement, moralement pareille à celle qu'ils ont jadis connue commettraient une insigne erreur (De Gaulle, Mém. guerre,1954, p. 533).
[En parlant d'une pers.] Un homme qui eût marqué, soit comme grand législateur ou philosophe, soit comme insigne imposteur (Dupuis, Orig. cultes,1796, p. 403).Le vaisseau de mes insignes voleurs, battu toute la nuit par l'orage, venait de couler à fond à la vue de la rade (Nodier, Fée Miettes,1831, p. 167).Je reçus une invitation signée du nom d'un comte jadis célèbre (...). Bref, un insigne personnage et qui me priait en termes excellents de bien vouloir me rendre chez lui (Fargue, Piéton Paris,1939, p. 247).
Prononc. et Orth. : [ε ̃siɳ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1500 « remarquable, notable » (O. de Saint-Gelais, Énéide, éd. 1540, fo102, vods Delb. Notes mss : despouilles insignes); 2. 1546. iron. (Rabelais, Tiers livre, chap. XXXVIII, 57, éd. M.A. Screech, p. 263a : f [ol] insigne). Empr. au lat.insignis « qui porte une marque distinctive, remarquable, singulier (en bonne et mauvaise part), voyant ». L'attest. donnée par Gdf. Compl. (Les remonstrances ou la complainte de Nature à l'alchymiste errant, 649 ds Rose, éd. Méon, t. 4, p. 151), faussement datée du xives. dans plusieurs dict., ne convient pas; il s'agit en fait d'une interpolation de ca 1700 (cf. G. Roques ds R. Ling. rom. t. 38, p. 455).

INSIGNE 2, subst. masc.

A. −
1. Marque extérieure d'une dignité, d'une charge ou d'un grade. Synon. emblème, signe, symbole.Insigne(s) d'un grade, de la royauté; insignes impériaux, royaux; arborer, porter, recevoir, revêtir un insigne. L'huissier revint avec cette espèce de batte en ébène qui, depuis un temps immémorial, est l'insigne de leur fonction et qu'on appelle une verge (Balzac, Splend. et mis.,1846, p. 426).L'insigne de l'Ordre de la Libération consistera dans un écu, portant un glaive surchargé d'une Croix de Lorraine (De Gaulle, Mém. guerre,1954, p. 342):
Leur attitude (...) se caractérisait par un respect exagéré, et qui ne paraissait pas feint, des insignes et des représentants du pouvoir. Lorsqu'on les poussait dans le bureau de police, ils saluaient chacun à la ronde avec une sorte d'emphase cérémoniale et exaltée... Gracq, Syrtes,1951, p. 168.
P. métaph. Insignes ouvertement portés de la philosophie chrétienne, ils [les textes philosophiques du Moyen Âge] sont les signes sensibles de l'aide prêtée par la révélation à la raison (Gilson, Espr. philos. médiév.,1931, p. 152).
HIST. ROMAINE. Vêtement d'un magistrat ou attribut de sa dignité. Les douze villes étrusques, qui selon Denys, envoyèrent à Tarquin l'Ancien la prétexte, le sceptre et la chaise curule, insignes de la suprématie, faisaient hommage à leur métropole Tarquinies (Michelet, Hist. romaine, t. 1, 1831, p. 91).
2. P. anal. Marque distinctive. Revêtue des bijoux et des insignes du luxe (Baudel., Salon,1846, p. 122).
B. − P. ext. Petit emblème en métal ou en tissu qui est le signe distinctif de l'appartenance à un groupe, à une association. Insigne d'un parti. Sa casquette de drap ornée de l'insigne de l'A.C.F. (Hamp, Champagne,1909, p. 87).Ils étaient (...) plus de cent guides diplômés du Club Alpin Suisse, dont ils arboraient l'insigne, croix blanche sur champ rouge, à leur revers (Peyré, Matterhorn,1939, p. 15).
Prononc. et Orth. : [ε ̃siɳ]. Att. ds Ac. dep. 1835. Étymol. et Hist. 1. 1484 plur. « marque distinctive d'une dignité, d'une fonction, d'un grade » (Reg. du Cons. d'Etat de Ch. VIII ds Godefroy, Observ. sur l'Hist. de Charles VIII, éd. 1684, p. 441 ds Gdf. : les insignes de legat), attest. isolée dans ce sens; à nouv. en 1804 (d'apr. Lar. 19e1873, à propos du couronnement de Napoléon) et en 1821 (ibid.); 1823 (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 2, p. 362); 2. 1909 « signe distinctif porté par les membres d'un groupement » (Hamp, loc. cit.). Empr. au lat.insignia, plur. du subst. neutre insigne « signe, marque distinctive; insigne d'une fonction, d'une dignité, d'un grade ». Cf. enseigne1.
STAT.Insigne1 et 2. Fréq. abs. littér. : 527. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 687, b) 674; xxes. : a) 749, b) 842.

Insigne : définition du Wiktionnaire

Adjectif

insigne \ɛ̃.siɲ\ masculin et féminin identiques

  1. Qui s’impose à l’attention par son caractère.
    • Une grâce, une faveur insigne.
    • Ce fut un personnage insigne.
  2. (Par extension) Qui s’impose ; que l’on met en valeur.
    • Le président du Brésil, à qui revenait l’insigne honneur de prononcer le premier discours de la session, est alors en grande forme. — (Bruno Meyerfeld, Qui est Ysani Kalapalo, « l’Indienne de Bolsonaro » ?, Le Monde. Mis en ligne le 7 octobre 2019)
  3. Il se prend en mauvaise part, en parlant des choses et des personnes.
    • Au Tchad, nous changerons nos chevaux de réquisition (qui sont d’insignes rosses) et nos bêtes de somme contre des chameaux pour continuer notre route dans la zone désertique d'Agadem. — (Louis Alibert, Méhariste, 1917-1918, Éditions Delmas, 1944, p. 23)
    • Êtes-vous conscients qu’en ne me disant rien vous êtes d’une cruauté insigne ? — (Amélie Nothomb, Attentat, Albin Michel, Paris, 1997, p. 45)

Nom commun

insigne \ɛ̃.siɲ\ masculin

  1. Marque distinctive d’un grade, d’une dignité. — Note : Il s’emploie dans cette acception le plus souvent au pluriel.
    • Chaque année, les chanoinesses élisaient entre elles la bâtonnière, dont les fonctions consistaient à porter les insignes du chapitre noble, dans les processions générales et à l’inauguration du souverain. — (Léopold Devillers, Mémoire historique et descriptif sur l’église de Sainte-Waudru à Mons, Mons, 1857, p. 90)
    • On avait placé sur le cercueil les insignes du défunt, les insignes de son grade.
  2. Ce qui sert à distinguer les membres de tel ou tel groupement.
    • Acceptons que le courage militaire demeure l’apanage d’une caste enfantine et bruyante, et ne se répande pas, comme l’a fait la Légion d’honneur, son insigne, parmi les professeurs, les contrôleurs, les peintres… — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
    • Bientôt, Bert fit l’emplette d’un complet de cycliste, avec la casquette, l’insigne et tous les accessoires. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 12 de l’éd. de 1921)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Insigne : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

INSIGNE. adj. des deux genres
. Qui s'impose à l'attention par son caractère. Bonheur insigne. Malheur insigne. Une grâce, une faveur insigne. Je lui ai des obligations insignes. Il se dit quelquefois des Personnes. Ce fut un personnage insigne. Il se prend en mauvaise part, en parlant des Choses et des personnes. C'est une fausseté insigne, une insigne fausseté. Une calomnie insigne. Un insigne faussaire. Un insigne fripon.

Insigne : définition du Littré (1872-1877)

INSIGNE (in-si-gn') adj.
  • 1Qu'on distingue à quelque signe remarquable ; digne d'être remarqué, d'être distingué en bien ou en mal, en parlant des choses. Rigueur insigne, Tristan, Mariane, II, 2. S'il a cette vertu, cette valeur insigne, Corneille, Nicom. II, 3. Malheur insigne, Mairet, Soliman, I, 5. Et par cet apologue insigne entre les fables, La Fontaine, Fabl. III, 2. Mais si l'on peut prétendre à cet honneur insigne, Racine, Théb. V, 3. Hélas ! d'où nous viendra cette insigne faveur ? Racine, Athal. III, 7. Ton arrogance insigne Ne mériterait pas qu'on te fit cet honneur, Voltaire, Tancr. III, 6. Il aurait dû périr par un supplice insigne, Voltaire, Triumv. IV, 6. Joyeuse né d'un sang chez les Français insigne, Voltaire, Henr. III. Je vous entends, mes fils ; en ces combats insignes, Vous jurez de briller entre tous mes guerriers, Gilbert, la Mort de Louis X.

    Il se dit particulièrement de quelques églises collégiales qui, sans jouir des priviléges des églises cathédrales, étaient supérieures à d'autres collégiales. L'insigne église de…

  • 2Il se dit dans le même sens, en parlant des personnes. Un personnage insigne par ses services. Il y respectera la vertu la plus digne Dont l'épreuve ait jamais fait une femme insigne, Rotrou, Venceslas, II, 2.

    Insigne pris absolument ne s'accole guère qu'à des noms exprimant un vice, un défaut, et dès lors a une signification défavorable. Un insigne fripon. Ses soins ne purent faire Qu'elle échappât au temps, cet insigne larron, La Fontaine, Fabl. VII, 5. Ce fut un sot en son temps très insigne, La Fontaine, Mandr. Où ne se glorifie-t-on pas de ces damnables victoires [sur les femmes], où ne célèbre-t-on pas ces insignes corrupteurs de la pudeur qui font gloire de tendre des piéges si sûrs que nulle vertu n'échappe à leurs mains impures ? Bossuet, Concupisc. 16.

HISTORIQUE

XVIe s. Faire quelque insigne poltronnerie, Nuits de Straparole, t. II, p. 128, dans LACURNE. Un voleur insigne, Montaigne, II, 130.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Insigne : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

* INSIGNE, adj. (Gramm.) qui se fait distinguer par quelque qualité peu commune. Il se dit des choses & des personnes, & se prend tantôt en bonne, tantôt en mauvaise part : ce fut un scélérat insigne ; après avoir été long-tems mon ami, il inventa contre moi une calomnie insigne qui lui fit perdre ses amis, & qui éloigna de lui les indifférens à qui mon innocence fut connue. César s’est signalé par sa valeur, Socrate par sa vertu, Sulli rendit à la nation un service insigne, par le bon ordre qu’il introduisit dans les finances. Ce fut en lui une marque insigne d’un grand jugement, que d’avoir tout rapporté à la population & à l’agriculture ; & ceux qui s’écarterent dans la suite de ces principes, & tournerent leurs vûes du côté des traitans & des manufacturiers, prirent l’accessoire pour le principal.

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « insigne »

Étymologie de insigne - Littré

Lat. insignis, de in, en, dans, et signum, signe, marque.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de insigne - Wiktionnaire

Du latin insignis (« qui porte une marque distinctive »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Étymologie de insigne - Wiktionnaire

Pour l’adjectif, du latin insignis (« reconnaissable »), pour le nom, du latin insigne.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « insigne »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
insigne ɛ̃siɲ play_arrow

Citations contenant le mot « insigne »

  • Suivant l’article 2 du décret pris par le Chef de l’Etat, les attributs et insignes officiels sont de quatre ordre: l’écharpe, l’insigne, l’épinglette et la cocarde. Leur port est obligatoire suivant les cérémonies suivantes, les fetes et cérémonies officielles, les visites officielles des autorités gouvernementales et hautes personnalités dans la collectivité, lors des célébrations de mariages, et enfin les obsèques d’un élu local de la collectivité territoriale de rattachement. Villes et Communes, Conseillers régionaux: Paul Biya dévoile les caractéristiques des insignes et attributs - Villes et Communes
  • Marie-Eve Merle-Blondeau, présidente du Souvenir français du comité des deux Balaruc, a profité de ce moment solennel pour remettre au jeune Mathis Rigal l’insigne de porte-drapeau pour les trois années durant lesquelles il a assumé cette mission hautement symbolique, qui consiste à rendre hommage, au nom de la nation française, aux combattants et aux disparus. midilibre.fr, Balaruc-le-Vieux : un insigne pour Mathis, porte-drapeau depuis 3 ans - midilibre.fr
  • Selon l’article 10, l’insigne des conseillers municipaux et régionaux est fixé sur une épingle double horizontale de 25 millimètres en bronze doré. L’épinglette est un émail de 18 millimètres ayant les mêmes caractéristiques listées à l’article 8. L’insigne est arboré lors des sessions de l’organe délibérant, et lors des manifestations publiques. – L’insigne des conseillers régionaux est un émail de 36 millimètres de diamètre, constitué au centre d’un blason émaillé aux couleurs nationales avec, sur la partie rouge, une balance de justice reposant sur un glaive, surmontés d’une étoile. La balance, le glaive et l’étoile sont d’or. Le blason se détache sur fond doré, entouré d’un cercle émaillé vert sur lesquels apparaissent en exergue et en lettres dorées les mots : “Conseiller régional” et “Regional Councillor” avec en dessous, l’année de l’élection du conseiller. L’ensemble est entouré d’un rayonnement en bronze doré. – L’insigne des conseillers municipaux est un émail de 36 millimètres de diamètre, constitué au centre d’un blason émaillé aux couleurs nationales avec, sur la partie rouge, une balance de justice reposant sur un glaive, surmontés d’une étoile. La balance, l’épée et l’étoile sont d’or. Le blason se détache sur fond doré, entouré d’un cercle émaillé rouge sur lesquels apparaissent en exergue et en lettres dorées les mots : “Conseiller municipal” et “Municipal Councillor” avec en dessous, l’année de l’élection du conseiller. (Article 9) Cameroon Radio Television, Les caractéristiques des insignes et attributs des élus locaux
  • Bien que l’organisation ait déclaré que ses agents se sont identifiés et portaient des insignes du CBP, elle a noté que «Les noms des agents n’ont pas été affichés en raison des récents incidents de doxing contre le personnel des forces de l’ordre» – contrecarrer les allégations selon lesquelles leurs uniformes étaient entièrement non marqués, sans patchs d’identification. News 24, Le CBP dit qu'un manifestant de Portland dans un clip d'enlèvement viral était un suspect d'agression et de vandalisme, nie que les officiers ne portent aucun insigne - News 24
  • L'homme qui se sent réellement puissant ne veut rien devoir au costume ; il prétend être reconnu sans les insignes, et être acclamé tout nu. De Alain

Images d'illustration du mot « insigne »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « insigne »

Langue Traduction
Corse insignia
Basque bereizgarria
Japonais バッジ
Russe значок
Portugais distintivo
Arabe شارة
Chinois 徽章
Allemand abzeichen
Italien distintivo
Espagnol insignia
Anglais badge
Source : Google Translate API

Synonymes de « insigne »

Source : synonymes de insigne sur lebonsynonyme.fr


mots du mois

Mots similaires