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Hoquet

Sommaire

  • Définitions du mot hoquet
  • Étymologie de « hoquet »
  • Phonétique de « hoquet »
  • Citations contenant le mot « hoquet »
  • Traductions du mot « hoquet »
  • Synonymes de « hoquet »

Définitions du mot hoquet

Trésor de la Langue Française informatisé

HOQUET, subst. masc.

A. −
1. Contraction spasmodique du diaphragme entraînant une secousse brusque du thorax et de l'abdomen, accompagné d'un bruit caractéristique causé par le resserrement subit de la glotte et la vibration des cordes vocales; bruit ainsi produit; répétition de ces contractions. Être secoué de hoquets, par un/des hoquet(s); pousser un/des hoquet(s). Elle baissait la tête, elle avait de petits hoquets qui secouaient l'énorme paquet de cheveux blonds dont elle chargeait sa nuque (Zola, E. Rougon,1876, p. 252).La chorée du diaphragme se traduit par un hoquet incessant et douloureux (Garcin, Guide vétér.,1944, p. 130).
Loc. verb. Avoir, donner, faire passer le hoquet; (se) guérir du hoquet. Perdre le hoquet (Ac.). Toutefois, il faut convenir que dès qu'il a le hoquet, rien qu'en surgissant, elle le lui fait passer (Renard, Poil Carotte,1894, p. 316).Vous vous guérirez du hoquet si vous arrivez à bâiller. Mais comment bâiller? On y arrive très bien en mimant d'abord la chose, par étirements et bâillements simulés; l'animal caché, le même qui vous donne le hoquet sans votre permission, sera mis ainsi dans la position de bâiller, et il bâillera (Alain, Propos,1922, p. 378).
En partic. Hoquet(s) de la mort, de l'agonie; dernier(s) hoquet(s). Hoquet(s) survenant parfois au moment de la mort. Le 3 mai, Napoléon se fit administrer l'extrême-onction et reçut le saint viatique. Le silence de la chambre n'était interrompu que par le hoquet de la mort mêlé au bruit régulier du balancier d'une pendule (Chateaubr., Mém., t. 2, 1848, p. 666).Dès le seuil de la chambre, elle aperçut Virginie étalée sur le dos (...) MmeAubain, au pied de la couche (...) poussait des hoquets d'agonie (Flaub., Cœur simple,1877, p. 43).Ce que je redoute d'elle [la mort], est-ce l'angoisse physique, l'angoisse du dernier hoquet? (Mauriac, Nœud vip.,1932, p. 96).V. agonique ex. 3.
Hoquet épidémique. Hoquet très tenace, pouvant durer plusieurs jours, constituant en particulier le signe de maladies des centres nerveux (cf. May ds Nouv. Traité Méd., fasc. 4, 1925, p. 54). Une forme [d'atteinte encéphalitique] particulièrement curieuse est celle qui se caractérise uniquement par un hoquet incoercible . C'est ainsi que des crises de hoquets épidémiques ont été observées à Vienne et à Paris vers 1919-1920 (Quillet Méd.1965, p. 346).
2. P. anal.
a) Bruit rauque provoqué par une gêne brusque de la respiration, accompagnant souvent une forte émotion. Avoir des hoquets de rire; une voix coupée de hoquets. Elle releva la tête, rassérénée (...). Elle était encore secouée par ces hoquets qui suivent les pleurs, et sa gorge battait la soie de son corsage (Péladan, Vice supr.,1884, p. 120).Il entendait Mélanie pleurer, son tablier sur la tête, avec des hoquets de larmes, comme un lointain aboiement (Chardonne, Dest. sent., I, 1934, p. 119).Les efforts que faisait M. de Froberville pour qu'on n'entendît pas son rire l'avaient fait devenir rouge comme un coq, et malgré cela c'est en entrecoupant ses mots de hoquets de joie qu'il s'écria d'un ton miséricordieux : « Oh! pauvre tante Saint-Euverte, elle va en faire une maladie! (...) » (Proust, Sodome,1922, p. 684).
b) Synon. de haut-le-cœur.Hoquet de dégoût :
1. Elle avait fermé les yeux, elle était blanche et son front s'était couvert de sueur. « Mal au cœur », balbutia-t-elle en étouffant un hoquet dans son mouchoir. Au bout d'un instant, elle rouvrit les yeux. « Ça passe, c'est ce vin rouge... » Beauvoir, Mandarins,1954, p. 229.
c) Phénomène, secousse spasmodique accompagnée ou non de bruit. Le train (...) se remettait en marche, avec des hoquets sourds et profonds (Zola, M. Ferat,1868, p. 7).Le hoquet des sources nouvelles qui crevaient au milieu des pâtures, les ruisseaux qui léchaient les herbes à gros lappements de langue (Giono, Chant monde,1934, p. 106).À travers le torchis de la masure, crevé depuis longtemps par la gelée, la bise soufflait si fort que la grêle flamme du foyer se couchait chaque fois sur les cendres avec un hoquet de fumée (Bernanos, Crime,1935, p. 777).
B. − MUS. MÉDIÉV. ,,Type de composition où deux (ou plusieurs) voix sont parsemées de silences, de telle sorte que l'une se tait lorsque l'autre se fait entendre et vice versa`` (Mus. 1976; dict. xixeet xxes.). Machaut (...) écrit en « double hoquet », c'est-à-dire en contrepoint entremêlé de silences alternés, une pièce d'« organum pur » (Gastoué, Prim. mus. fr.,1922, p. 63).Chez les modernes, les souvenirs du H[oquet] se retrouvent dans les pauses suspensives, les syncopes, les rythmes à contre-temps, qui sont devenus un moyen d'expression chez les musiciens dramatiques (Brenet, Dict. prat. et hist. mus.,1926, p. 197) :
2. ... le « hoquet », regardé par les didacticiens comme une des parties essentielles de la musique mesurée (...) était une phrase harmonique dans laquelle une ou plusieurs parties étaient entrecoupées ou interrompues par des silences. E. de Coussemaker, L'Art harmonique aux xiieet xiiiesiècles, Paris, A. Durand et V. Didron, 1865, p. 83.
Prononc. et Orth. : [ɔkε] init. asp. Att. ds Ac. dep. 1694. Homon. hockey, O.K. Étymol. et Hist. 1. 1310 mus. anc. (G. du Bus, Fauvel, 1347 ds T.-L. : Hoquès, motès et chançonnetes); 1erquart xives. (Estampies, éd. W.O. Streng-Renkonen, VI, 47, cf. n. p. 53); 2. 1385 « coup » (doc. ds Du Cange, s.v. hoquetus 2); 3. [1464 icquet « mouvement convulsif du diaphragme » (J. Lagadeuc, Cathol. ds Gdf. Compl.)] xves. hoquet (d'apr. FEW t. 4, p. 451a); 1608 aux derniers hoquets (Cayet, Chron. nov., p. 294 ds Gdf. Compl.). Dér. de l'onomat. hok- exprimant le bruit d'un coup, d'un choc donné, précédé d'une aspiration; cf. les var. apophoniques en i, a, e, ü (FEW, loc. cit., pp. 451b-452a). Fréq. abs. littér. : 287. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 79, b) 476; xxes. : a) 742, b) 450. Bbg. Bambeck (M.). Galloromanische lexikalia... In : [Mél. Gamillscheg (E.)]. München, 1968, p. 64. - Sain. Sources t. 2 1972 [1925], p. 17; t. 3 1972 [1930], p. 175.

Wiktionnaire

Nom commun

hoquet (h aspiré)\ɔ.kɛ\ masculin

  1. Secousse, choc, heurt.
    • L'un contre l'autre jetés
      Au moindre hoquet qu’ils trouvent.
      — (La Fontaine, Fables, V, 2 : « Le pot de fer et le pot de terre »)
  2. Mouvement convulsif du diaphragme, qui s’accompagne d’une espèce de son articulé.
    • Des hoquets de dégoût convulsèrent de nouveau leurs faces hâlées, zébrées de rides : depuis un mois, ils avaient bu de l’eau dans laquelle mijotait ce noyé ; depuis un mois tout le pays s’abreuvait de cette pourriture. — (Louis Pergaud, Un petit logement, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • « Il faudrait peut-être le faire dégueuler », dit-il.
      Honoré emporta son garçon dans la cour pour lui mettre un doigt dans la gorge. Le bruit des hoquets, puis de la coulée de délivrance, arriva jusque sur la table.
      — (Marcel Aymé, La jument verte, Gallimard, 1933, collection Le Livre de Poche, page 142.)
  3. (Désuet) Empêchement.
    • M. de Retz se disposa à se faire recevoir au parlement ; il y trouva un hoquet auquel il n'avait pas lieu de s'attendre ; son habit fut contesté par les magistrats. — (Saint-Simon, 264, 38)

Nom commun

hoquet \Prononciation ?\ masculin

  1. Secousse.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  2. Hoquet, secousse du diaphragme.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  3. (Musique) Phrase harmonique dans laquelle une ou plusieurs parties étaient entrecoupées ou interrompues par des silences.
    • Les uns vont chantant le motet,
      Les autres font double hoquet.
  4. (Droit) Chicane, interruption, objection, difficulté → voir hoquelerie
    • Si eux se complaignent de ceux qui se sont entremis des impositions au temps passé ou d'aucuns nos officiers, faites leur sommerement et de plain oster tous houquez, fuites et cavillations. — (Ordonn. des rois, t. II, page 558)
  5. Intermittence.
    • a hoquets, par intermittence, à plusieurs reprises.
  6. Coup.
    • Iceluy Perrinet fist un petit hoquet de sa main au menton du dit Simon.
  7. Piège, surprise.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

HOQUET. (H est aspirée.) n. m.
Mouvement convulsif du diaphragme, qui s'accompagne d'une espèce de son articulé. Avoir le hoquet. Faire passer le hoquet. Faire perdre le hoquet. Hoquet de la mort, Le hoquet qui survient ordinairement aux mourants.

Littré (1872-1877)

HOQUET (ho-kè ; le t ne se lie pas ; au pluriel, l's se lie : des ho-kè-z et… ; hoquets rime avec traits, paix, succès, etc.) s. m.
  • 1Contraction spasmodique du diaphragme, avec secousse brusque, bruit inarticulé tout particulier, et resserrement subit de la glotte. Avoir le hoquet. La vieille, après cette hyperbole, Pour un temps perdit la parole, Et puis, ayant fait un hoquet, Reprit en ces mots son caquet, Scarron, Virg. VI. Mme de Durfort se meurt d'un hoquet d'une fièvre maligne, Sévigné, 521. N'êtes-vous point de ceux [de ces galants]… à qui beaucoup de vin fait sortir la tendresse, Qui vont en cet état aux pieds de leur maîtresse Exhaler les transports de leurs brûlants désirs, Et pousser des hoquets en guise de soupirs ? Regnard, Démocrite, IV, 7. Il [Molière] voulut jouer dans le tragique, mais il n'y réussit pas ; il avait une volubilité dans la voix et une espèce de hoquet qui ne pouvait convenir au genre sérieux, mais qui rendait son jeu comique plus plaisant, Voltaire, Vie de Molière. Quant à M. Agnant [un personnage du Dépositaire], il n'est point un ivrogne à balbutiements et à hoquets, c'est un buveur du quartier…, Voltaire, Lett. d'Argental, 4 juin 1770.

    Le hoquet de la mort, le hoquet qui survient souvent aux mourants. Il n'y a plus rien à espérer de ce malade ; il est dans le dernier hoquet de la mort, Richelet.

    Fig. Par hoquets, à bâtons rompus. M. le duc d'Orléans voyait Stairs au Palais-Royal par les derrières ; il m'en parla [de la triple alliance] tard et par hoquets, Saint-Simon, 430, 227.

  • 2 Fig. Choc, heurt. [Le pot de fer et le pot de terre] L'un contre l'autre jetés Au moindre hoquet qu'ils trouvent, La Fontaine, Fabl. V, 2.

    Par extension, empêchement. M. de Retz se disposa à se faire recevoir au parlement ; il y trouva un hoquet auquel il n'avait pas lieu de s'attendre ; son habit fut contesté par les magistrats, Saint-Simon, 264, 38.

  • 3 Terme de la musique du moyen âge. Phrase harmonique dans laquelle une ou plusieurs parties étaient entrecoupées ou interrompues par des silences, Coussemaker, l'Art harmonique, p. 83.

HISTORIQUE

XIVe s. Les uns vont chantant le motet, Les autres font double hoquet, Gace de la Buigne, Hist. litt. de la France, t. XXIV, p. 751. Iceluy Perrinet fist un petit hoquet de sa main au menton du dit Simon, Du Cange, hoquetus. Si eux se complaignent de ceux qui se sont entremis des impositions au temps passé ou d'aucuns nos officiers, faites leur sommerement et de plain oster tous houquez [difficultés], fuites et cavillations, Ordonn. des rois, t. II, p. 558.

XVe s. On fait de quatre causes mille, Escriptures de grant argent, Onques ne fut tant de hoquès [obstacles, chicanes] Qu'il y a, et finablement Onques ne vy tant de procès, Deschamps, Poésies mss. f° 326. Icellui Caton getta un sien baston à bergier, appellé hoquet, au suppliant, Du Cange, hoquetus.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

HOQUET, s. m. (Médec.) λυγμὸς, singultus ; c’est une sorte de lésion de fonction, qui est de la nature des affections convulsives ; elle consiste donc dans une contraction subite & plus ou moins répétée des membranes musculaires de l’œsophage qui se raccourcit par cet effet & soûleve l’estomac & le diaphragme ; tandis que celui-ci entrant en même tems en convulsion, opere une prompte & courte inspiration, avec une sorte de vibration sonore des cordes vocales, se porte par conséquent en en-bas avec effort violent, & comprime d’autant plus fortement l’estomac qu’il couvre, que celui-ci est plus tiré en en-haut par le raccourcissement de l’œsophage : en sorte qu’il se fait là des mouvemens opposés, qui tendent à rapprocher & à éloigner les deux extrémités de ce conduit ; entant que l’orifice supérieur de l’estomac auquel il se termine, & le haut de la gorge, deviennent comme les deux points fixes de l’œsophage tiraillé douloureusement dans toute son étendue, qui éprouve d’une maniere simultanée un raccourcissement dans toutes ses membranes, par sa contraction convulsive, & une violente tension en sens contraire de toutes ces mêmes membranes, par la dépression de l’estomac qu’opere la contraction du diaphragme.

Le hoquet n’est donc autre chose qu’un mouvement convulsif de l’œsophage & du diaphragme, qui se fait en même tems dans ces deux organes, avec une prompte inspiration courte & sonore.

La cause efficiente du hoquet est moins connue que ses effets, qui sont très-sensibles & très-manifestes, selon l’exposition qui vient d’en être faite. Mais dans quelque cas que ce soit, on ne peut le regarder que comme un effort de la nature, qui tend à faire cesser une irritation produite dans quelque partie du diaphragme, ou dans l’orifice supérieur de l’estomac, qui donne lieu à l’action combinée des fibres musculaires, dont les secousses peuvent détacher ou expulser la matiere irritante. Voyez Effort.

Le hoquet est à l’estomac ou au diaphragme ce qu’est l’éternument par rapport à la membrane pituitaire, la toux pour les voies de l’air dans les poûmons, le ténesme pour le boyau rectum, &c. Voyez Eternument, Toux, Ténesme

Cet effort de la nature dans le hoquet peut être symptomatique ou critique, selon que la cause irritante est de nature à pouvoir être emportée ou non : mais il dépend toûjours d’une irritation dans quelques-uns des organes principalement affectés ; & il doit être attribué essentiellement à celle du diaphragme, qu’il soit affecté immédiatement ou par communication.

L’irritation peut être produite dans l’estomac par la trop grande quantité d’alimens, qui distend douloureusement les parois de ce viscere, sur-tout à son orifice supérieur, lorsque le reste de ses tuniques ont assez de force pour résister à la distension qu’ils éprouvent. L’irritation de l’estomac peut aussi être l’effet de l’acrimonie des matieres qui y sont contenues, ou de celles des médicamens évacuans d’une nature trop violente ; des poisons qui dépouillent les tuniques nerveuses du glu naturel, de la mucosité dont elles sont enduites, & les exposent à des impressions trop fortes ; ou de l’action méchanique du cartilage xiphoïde enfoncé ; ou de toute autre qui peut avoir rapport à celle-ci.

La cause irritante peut aussi être appliquée aux parties nerveuses du diaphragme, par une suite de l’inflammation, de l’engorgement de ce muscle, ou par un dépôt, une métastase d’humeurs acres dans sa substance, c’est-à-dire dans le tissu cellulaire qui pénetre dans l’interstice de ses fibres, ou entre les membranes dont il est comme tapissé, ou par extension de l’inflammation du foie, de l’estomac, & de l’irritation de ce dernier.

Un grand nombre d’observations concernant les différentes causes qui donnent lieu au hoquet, ne laissent pas douter que le diaphragme ne soit l’organe qui est principalement mis en jeu dans cette lésion de fonctions ; tant lorsqu’il est affecté immédiatement, que lorsqu’il ne l’est que par communication. Ce qui le prouve d’une maniere convaincante, c’est que l’on peut contrefaire le hoquet à volonté ; ce qui ne peut avoir lieu qu’autant qu’il est l’effet d’un mouvement musculaire que l’on peut exciter volontairement. Mais il n’est pas moins vrai que l’estomac est le plus souvent le siége de l’irritation qui se communique aisément au diaphragme, surtout lorsque c’est l’orifice supérieur, c’est-à-dire le cardia, qui est principalement affecté ; d’autant plus que ces deux parties reçoivent des nerfs de la même distribution, qui est celle de la huitieme paire.

Les enfans éprouvent assez fréquemment le hoquet à cause de l’irritabilité du genre nerveux, qui est plus grande dans le bas âge que dans les adultes, & de la disposition qu’ils ont à ce que les alimens contractent une acrimonie acide dans leur estomac. Les remedes délayans, adoucissans, les absorbans, de légers purgatifs, peuvent suffire pour emporter la cause du hoquet dans ces différens cas, ou le changement de nourrice, s’il y a lieu de soupçonner la mauvaise qualité du lait.

Pour trouver un grand nombre d’observations sur les différentes causes du hoquet & sur des causes singulieres rares de cet accident, il faut consulter les œuvres de Marcel Donat, hist. mirab. lib. II. celles de Skenkius, observ. lib. III. Bartholin, observ. cent. 2. fait mention d’un hoquet entr’autres, qui n’avoit pas discontinué pendant quatre ans.

Le hoquet qui survient dans les maladies aiguës est toûjours un signe fâcheux ; dans les fievres ardentes, dans les fievres malignes, il est le plus souvent l’avant-coureur de la mort. Il est toûjours très-funeste, lorsqu’il est causé par les vices du diaphragme, sur-tout lorsque c’est par communication de l’inflammation du foie. Il est fort à craindre pour les suites, lorsqu’il survient dans la passion iliaque, dans les violentes coliques, dans les hernies, & après les grandes hémorrhagies, les évacuations excessives de toute espece ; parce que dans tous ces cas il annonce des attaques de convulsions, qui sont presque toûjours un très-mauvais symptome. Voyez Spasme.

La maniere de traiter le hoquet doit être réglée selon la nature de sa cause connue ; lorsqu’il dépend de quelque irritation légere dans l’estomac, occasionnée par la trop grande quantité d’alimens, ou par leur dégénération en matieres acrimonieuses, le lavage, comme l’eau seule froide ou chaude, qui favorise le passage des alimens dans les intestins, qui aide l’estomac à se vuider des matieres qui pechent par leur quantité ou par leur qualité, en les détrempant, en les entraînant, en émoussant leur activité, suffit pour faire cesser le hoquet, qui est très souvent d’un caractere si benin, qu’il ne dure que quelques momens, & ne peut pas être regardé comme un symptome morbifique ; ensorte qu’il ne demande aucun traitement, parce que la nature se suffit à elle même, par les secousses convulsives en quoi il consiste, pour faire cesser ce qui produit l’irritation. L’éternument spontané ou excité à dessein, délivre souvent du hoquet, par la même raison.

Mais si sa cause est plus rébelle & qu’il fatigue beaucoup, lorsqu’il ne peut être attribué qu’à la quantité ou à la qualité des matieres qui sont dans l’estomac, on est souvent obligé d’avoir recours aux vomitifs ou aux purgatifs, pour les évacuer & faire cesser par ce moyen l’impression irritante, dans les cas où le lavage, les boissons adoucissantes comme le petit-lait, les huiles douces prises pures, ou que l’on rend miscibles avec beaucoup d’eau. Voyez Huile. Les émulsions & tisannes émulsionnées, antispasmodiques, ou tous autres secours de cette nature, qui sont très-bien indiqués, ont été employés sans le succès desiré.

S’il y a lieu de juger que le hoquet dépend de quelque affection spasmodique de l’estomac ou de quelqu’autre partie voisine du diaphragme, ou que le diaphragme lui-même soit atteint d’une pareille affection, les juleps, les émulsions hypnotiques, les narcotiques, sont alors les remedes convenables. Le laitage, les mucilagineux, les huileux, sont employés utilement pour corriger le mauvais effet des matieres acres, corrosives, des poisons qui ont dépouillé de sa mucosité, de son enduit naturel la surface interne des tuniques de l’estomac, & l’ont rendu trop irritable. Voyez Poison. Les cordiaux, toniques, astringens, comme la thériaque, le diascordium, le kinna, la diete analeptique, sont indiqués lorsque le hoquet survient après une évacuation trop considérable, telle qu’une hémorrhagie, une diarrhée, &c.

Mais s’il doit être attribué à quelque disposition inflammatoire des organes affectés dans ce cas, ou des parties voisines, on doit le combattre par les moyens indiqués, c’est-à-dire par les saignées, & en général par le traitement anti-phlogistique avec les nitreux. Le hoquet est alors du nombre des symptomes que produit l’inflammation de l’estomac, du foie, ou du diaphragme. Voyez Estomac, Foie, &c. Inflammation.

Enfin, si le hoquet dépend d’une cause mécanique qui irrite l’estomac ou le diaphragme, comme l’enfoncement du cartilage xiphoïde de quelque côté, l’effet ne cesse pas que l’on n’ait corrigé la cause par les moyens indiqués selon les regles de l’art, on travaille en conséquence à relever le cartilage par des emplâtres, des ventouses, des crochets, &c. (Voyez Xiphoïde), & on calme l’irritation par la saignée & les autres moyens appropriés déjà mentionnés. On corrige le vice des côtes par la réduction de la luxation ou de la fracture. Voy. Côté, Réduction, Luxation, Fracture.

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Étymologie de « hoquet »

(1310) D’une onomatopée hoc [1], bruit d'un coup, d'un choc, précédé d'une aspiration → voir hic et hiccup en anglais.
Voir cependant l’ancien français hoquet (« secousse, hoquet ») clairement dérivé de l’ancêtre de hocher, ce qui en ferait le doublet de hochet.
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Wallon, hikéte ; génev. loquet (où l'article le s'est confondu avec le mot, faute d'aspirer l'h) ; sanscrit, hikk, avoir le hoquet ou soupirer, en latin singultire. D'après Diez, c'est une onomatopée ; bas-breton, hok, hik ; angl. hickup. En ce cas, il faut penser que hoquet signifiant coup, difficulté, chicane, et, dans la Fontaine, choc, a pris ces sens métaphoriques, parce que le hoquet lui-même est un coup ou choc que le corps éprouve très sensiblement.

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Dénominal de hocquier, hochier (« secouer ») avec le suffixe -et.
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Phonétique du mot « hoquet »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
hoquet ɔkɛ

Citations contenant le mot « hoquet »

  • La plupart des remèdes contre le hoquet sont faits pour amuser les autres. De Bill Watterson / Calvin et Hobbes - Fini de rire !
  • Quand l'épée est dans votre gorge, que se passe-t-il en cas de hoquet ? De Woody Allen
  • Quand un train passe sur une plaque tournante, les wagons ont l'air d'avoir le hoquet. De Jules Renard / Journal 1887-1892
  • La vulgarisatrice scientifique Scilabus tente d’expliquer scientifiquement le phénomène du hoquet dans sa dernière vidéo. Un sujet plus complexe qu’il n’y paraît… Télérama, Sur YouTube, Scilabus explore les mystères du hoquet
  • Le hoquet résulte d’une contraction spasmodique du diaphragme et des muscles intercostaux, immédiatement suivie de la fermeture des cordes vocales au niveau du larynx. Marie Claire, Ce qu'il peut se cacher derrière un simple hoquet - Marie Claire
  • Qui n’a jamais entendu, enfant, « si tu as le hoquet, c’est parce que tu grandis ! ». Si elle fait sourire, cette affirmation mérite un éclairage. Réponse avec le Dr Sylvie Lenoir, pédiatre à la clinique de L’Union. « Bien sûr, c’est faux, il n’y a aucun rapport de causalité entre le hoquet et la croissance. Mais si cette croyance persiste, c’est peut-être parce qu’il faut la prendre à l’envers ! En effet, les fœtus et les bébés ont souvent le hoquet pour des raisons anatomiques et il devient rare en grandissant. Le nerf phrénique, qui innerve le diaphragme et en provoque la contraction, est situé à proximité des voies digestives, donc, quand un bébé avale ou rote ou fait une fausse route, ça peut déclencher un hoquet. Les femmes enceintes peuvent sentir ce phénomène : lorsque les coups dans le ventre sont très rythmés, il ne s’agit pas de mouvements mais bien d’un hoquètement du bébé. ladepeche.fr, Vrai ou faux : les enfants ont-ils le hoquet parce qu'ils grandissent ? - ladepeche.fr
  • Quand il débarque à l'improviste et ne dure que quelques instants, le hoquet a plutôt tendance à amuser l'entourage de celui qui en est victime. Mais dès qu'il commence à durer et qu'on ne parvient pas à le faire passer, il peut s'avérer particulièrement pénible. En principe, tout le monde est susceptible d'avoir le hoquet, pour une raison simple : nous avons tous, nous, humains, un diaphragme, muscle qui a un rôle fondamental dans la ventilation pulmonaire. Parfois, il lui arrive - mais aussi à d'autres muscles liés à la mécanique respiratoire - d'être pris de spasmes répétés. Quand cela arrive, la glotte se resserre brutalement, rendant plus difficile l'arrivée de l'air, ce qui génère le bruit caractéristique du hoquet. Le Telegramme, Santé. Qu'est-ce qui provoque le hoquet ? - LeTelegramme Soir

Traductions du mot « hoquet »

Langue Traduction
Anglais hiccup
Espagnol hipo
Italien singhiozzo
Allemand schluckauf
Chinois
Arabe الفواق
Portugais soluços
Russe икота
Japonais しゃっくり
Basque hiccups
Corse sughi
Source : Google Translate API

Synonymes de « hoquet »

Source : synonymes de hoquet sur lebonsynonyme.fr
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