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Flambeau

Définitions du mot « flambeau »

Trésor de la Langue Française informatisé

FLAMBEAU, subst. masc.

A.− [Désigne un ustensile permettant de s'éclairer]
1. Torche, généralement formée de plusieurs mèches tortillées ensemble et enduites d'une matière inflammable, utilisée autrefois comme moyen d'éclairage. Flambeau de cire, de résine; éclat, lueur, lumière des flambeaux; allumer, éteindre un flambeau. Synon. brandon, cierge, chandelle.Une troupe de furieux armés de flambeaux se disposait à mettre le feu aux magasins (La Martelière, Robert,1793, II, 2, p. 18).Un maigre flambeau, dont la mèche allongée par la durée de la veille obscurcissoit la clarté, brûloit dans un coin du foyer (Chateaubr., Natchez,1826, p. 480):
1. Il vit une figure effrayante qui se tenait immobile et noire à son côté. Il la regarda pendant près d'une heure, sans oser faire un mouvement, retenant son haleine de peur d'éveiller l'attention de ce fantôme, prêt à se lever et à marcher vers lui. Le flambeau de résine, qui jetait le profil de Magnus au mur de la grotte, s'éteignit et le fantôme disparut sans que le moine eût compris que c'était son ombre. Sand, Lélia,1833, p. 313.
Aux flambeaux. [Gén. après un subst.] À la lumière des flambeaux, en portant des flambeaux à la main. Marche, promenade aux flambeaux. Le lendemain soir à minuit (...) les époux et les amis vinrent entendre une messe aux flambeaux (Balzac, Contrat mar.,1835, 314).Une manifestation aux flambeaux de voyous et de titis de paradis (Goncourt, Journal,1870, p. 613).Une fête populaire, avec défilé, tarantelles, retraite aux flambeaux (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 247).
En partic. Course au(x) flambeau(x), ou des flambeaux. Dans la Grèce antique, cérémonie religieuse, puis épreuve sportive consistant en une course de relais pendant laquelle les coureurs se transmettaient des torches enflammées (maintenue pour l'ouverture des Jeux olympiques). L'épreuve garde nettement le caractère d'un rite religieux : c'est le cas, par exemple, pour les courses au flambeau ou lampadédromies, courses de relais bien connues à Athènes (F. Chamoux, La Civilisation gr. à l'époque archaïque et class.,Paris, Arthaud, 1963, p. 220).
2. P. méton. [Désigne ce qui sert à porter des bougies ou des chandelles] Grand chandelier, torchère, candélabre. Flambeau d'argent, de bronze; flambeau à deux branches; bobèche de flambeau. Un flambeau de vieille forme, à deux bougies et à garde-vue (Balzac, Illus. perdues,1843, p. 56).Deux flambeaux de théâtre, en bois entouré de papier doré et munis chacun de plusieurs bougies (Gautier, Fracasse,1863, p. 24).Il atteignit sur la cheminée un de ses flambeaux à huit branches, d'argent massif, (...) et il en alluma les bougies (Bernanos, Imposture,1927, p. 366):
2. Herminien, saisissant un des flambeaux de cuivre posés près de là sur une console, invita du geste Albert à le suivre. À la lueur trouble et vacillante du flambeau que tenait Herminien, il était visible, à l'air de délabrement qu'il trahissait jusqu'à l'évidence, que le souterrain, complice de quelque amour secrète et criminelle, avait été depuis un temps immémorial livré à l'abandon. Gracq, Argol,1938, p. 171.
Rem. 1. Certaines divinités de la mythol. gréco-latine ont pour attribut le flambeau qui devient ainsi le symbole de certains sentiments, de vertus, de la philos., etc. susceptibles d'éclairer et de guider l'humanité (cf. les emplois fig. ou métaph.). « La Sagesse victorieuse des Vices » [de Mantegna] représente Minerve précédée de Diane, personnification de la chasteté, de la philosophie, armée de son flambeau (Gautier, Guide Louvre, 1872, p. 70). 2. La plupart des dict. gén. attestent un emploi de flambeau en termes de blason, désignant la représentation de flambeaux sur l'écu. Flambeau allumé, flambeau dont la flamme est d'un émail différent (Littré).
3. P. anal. [Désigne les astres] (Poét., vieilli). Le flambeau du jour. Le soleil. Souvent, d'un front pensif et d'un œil égaré, Des flambeaux de la nuit il suit la marche obscure (Constant, Wallstein,1809, I, 2, p. 14).Vers le soir (...) les sables tombèrent du ciel, et me laissèrent voir les étoiles : inutiles flambeaux qui me montrèrent seulement l'immensité du désert (Chateaubr., Martyrs, t. 2, 1810, p. 123):
3. L'univers est le temple, et la terre est l'autel; Les cieux en sont le dôme : et ces astres sans nombre, Ces feux demi-voilés, pâle ornement de l'ombre, Dans la voûte d'azur avec ordre semés, Sont les sacrés flambeaux pour ce temple allumés. Lamart., Médit.,1820, p. 155.
B.− Au fig. ou p. métaph.
1. [Désigne ce qui éclaire, guide intellectuellement ou moralement]
a) [En parlant d'un principe, d'une vertu ou qualité, d'un sentiment, d'une idée, etc.; assez fréq. suivi d'un compl. déterminatif introd. par de désignant ce qui éclaire ou guide] Le flambeau du génie, de la justice, de la liberté, du progrès, de la vérité. Au flambeau de la raison s'évanouiront peu à peu les ténèbres qui fascinent les yeux de vos ennemis (Marat, Pamphlets,Offrande à la Patrie, 1789, p. 6).Sans l'hypothèse et la théorie qui sont les flambeaux qui dirigent l'homme, on n'expérimente pas et on reste dans un obscur empirisme (C. Bernard, Princ. méd. exp.,1878, p. 226).La science approchait avec le rayonnement de son flambeau (Bloch, Dest. du S.,1931, p. 196).
Rem. La docum. atteste qq. emplois de flambeau a) Désignant un défaut, avec l'idée d'éclat, de brillant trompeurs. L'égoïsme enchâssé dans l'art est le miroir aux alouettes, le flambeau qui fascine les faibles (Rolland, J.-Chr., Amies, 1910, p. 1215). b) P. compar., avec l'idée de qqc. qui brûle, qui enflamme ou enfièvre. Les paroles d'Étienne avaient été comme un flambeau pour Lucien, à qui le désir de se venger (...) tint lieu de conscience et d'inspiration (Balzac, Illus. perdues, 1843, p. 407).
b) [En parlant d'une pers. éminente, prestigieuse] Cette école vénitienne dont Titien est le flambeau (Delacroix, Journal,1823, p. 7).Rien n'eût égalé ce théâtre vivant (...) Si Dieu n'eût allumé l'autre flambeau : Shakspere [sic]! (Banville, Cariat.,1842, p. 30):
4. Il est, au plus profond de notre histoire humaine, Une sorte de gouffre, où viennent, tour à tour, Tomber tous ceux qui sont de la vie et du jour, Les bons, les purs, les grands, les divins, les célèbres, Flambeaux échevelés au souffle des ténébres; Là se sont engloutis les Dantes disparus, Socrate, Scipion, Milton, Thomas Morus, Eschyle, ayant aux mains des palmes frissonnantes. Hugo, Contempl.,t. 1, 1856, p. 170.
2. [Désigne ce qui entretient, excite, allume, fait naître qqc.; toujours suivi d'un compl. déterminatif introd. par de indiquant ce qui est entretenu ou provoqué] Le flambeau du fanatisme, de la haine, de la révolte, de la sédition. Cette religion (...) devenue un flambeau de discorde, un motif de meurtre et de guerre (Volney, Ruines,1891, p. 147).
Allumer, rallumer le flambeau de. Faire naître ou revivre, ranimer. Allumer le flambeau de la guerre civile. La liberté vient d'allumer le flambeau du génie (Condorcet, Esq. tabl. hist.,1794, p. 145).Sa présence inattendue ralluma le flambeau de mes souvenirs (Chateaubr., Mém.,t. 3, 1848, p. 128):
5. Admettons que (...) la commission exécutive et l'Assemblée Nationale (...) eussent appuyé, provoqué l'insurrection de la Péninsule, entraîné la démocratie allemande, rallumé le flambeau de la nationalité polonaise. Proudhon, Confess. révol.,1849, p. 143.
En partic., poét. et vieilli. Allumer le flambeau des jours, de la vie; éteindre le flambeau des jours, de la vie. Faible, à peine allumé, le flambeau de ses jours S'éteint (Chénier, Bucoliques,1794, p. 47).Nous ne voulions qu'allumer le flambeau de la vie (Nerval, Faust,1840, p. 196).
3. [P. allus. aux coureurs de la Grèce antique qui se transmettaient de main en main un flambeau (cf. supra A 1)] (Se) passer, (se) transmettre le flambeau. L'intelligence comme la vie n'est-elle pas le flambeau que les hommes se passent de main en main, selon l'usage antique (Barb. d'Aurev., Memor. 1,1836, p. 82).Les progrès n'ont été que rarement arrêtés, (...) non sans accident, le flambeau a passé de main en main (Vidal de La Bl., Princ. géogr. hum.,1921, p. 211):
6. L'humanité n'offre rien de nouveau. Son irrémédiable misère m'a empli d'amertume, dès ma jeunesse. Aussi, maintenant, n'ai-je aucune désillusion. Je crois que la foule, le troupeau sera toujours haïssable. Il n'y a d'important qu'un petit groupe d'esprits, toujours les mêmes, et qui se repassent le flambeau. Flaub., Corresp.,1871, p. 281.
Rem. La docum. (surtout pour le début du xixes.) et certains dict. gén. attestent de nombreux emplois fig. ou métaph. gén. vieillis, mais très vivants dans le lang. galant du xviieet du début du xviiies., sentis aujourd'hui comme des clichés pompeux : le flambeau de l'amour ou, p. ell., le flambeau, la passion amoureuse; le(s) flambeau(x) de l'hymen, le mariage; allumer le flambeau de l'hymen, se marier.
Prononc. et Orth. : [flɑ ̃bo]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1393 « torche » (Ménagier, t. 2, p. 112 ds T.-L.); 2. 1594, 27 déc. p. métaph. flambeau de la guerre (Lett. miss. de Henri IV, t. IV, p. 285 ds Gdf. Compl.); 3. 1680 « candélabre » (Rich.). Dér. de flambe*; suff. -eau*. Fréq. abs. littér. : 1 512. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 3 887, b) 3 072; xxes. : a) 1519, b) 553.

Wiktionnaire

Nom commun

flambeau \flɑ̃.bo\ masculin

  1. (Vieilli) Torche de résine ou de cire qu’on porte à la main.
    • […] ; je descendis à la lueur des flambeaux dans cette habitation de gnomes, enfoncée sous terre d'environ quatre vingt pieds ; mais l’humidité, la fraicheur et la fumée des torches abrégèrent ma promenade. — (E.-F. Lantier, Voyages d'Antéor en Grèce et en Asie, Paris : chez Belin & chez Bernard, 2e édition revue, an VI, tome 1er, p.V (avant-propos))
    • Le Solitaire avait allumé un flambeau de pin ; il le tenait d’une main tremblante, au-dessus de la couche d’Atala. — (François-René de Chateaubriand, Atala, ou Les Amours de deux sauvages dans le désert)
    • Comme il ne s’y trouvait d’autre ouverture qu’une étroite meurtrière, cette enceinte eût été presque totalement obscure sans l’emploi de deux flambeaux ou torches, dont la lumière rouge et enfumée permettait de distinguer le toit arqué. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
  2. (En particulier) Chandelle, bougie.
    • La porte était à peine fermée derrière le prince que le roi de Navarre, escorté de deux pages qui portaient huit flambeaux de cire jaune sur deux candélabres, apparut souriant sur le seuil de la chambre. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre II)
  3. Chandelier de qualité qui porte ordinairement des bougies de cire.
    • Je vais vous en apporter, répondit le marquis qui […] descendit à tâtons dans le salon pour y venir prendre un flambeau afin d'aller chercher lui-même une carafe dans l’office. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
    • Paire de flambeaux portant une coquille sur le binet, un ornement rocaille sur le fût, et des canaux tournants sur la cloche. — (Exposition rétrospective de l'art français au Trocadéro (catalogue), Paris : Impr. L. Danel, 1889, page 217)
  4. (Héraldique) Meuble représentant une torche enflammée dans les armoiries. Quand la flamme est d’un autre émail, on la dit allumée. Quand elle est présentée flammes en bas, on la dit renversée. À rapprocher de falot, fanal, lampe, lampe de mineur et torche.
    • D’azur au flambeau d’or enflammé de gueules, qui est de la commune de Corbès du Gard → voir illustration « armoiries avec un flambeau »

Nom commun

flambeau \Prononciation ?\

  1. Flambeau.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

FLAMBEAU. n. m.
Chandelier à plusieurs branches. Flambeau d'argent. Il signifait aussi Torche de résine ou de cire qu'on portait à la main. Certaines divinités de la Fable, telles que l'Amour, l'Hymen, la Discorde, Bellone, etc., sont ordinairement représentées avec un flambeau à la main. Il n'est plus guère employé dans cette acception que dans l'expression Retraite aux flambeaux (Voyez RETRAITE) et dans quelques locutions figurées. Le flambeau du jour, Le soleil. Le flambeau de la nuit, des nuits, La lune. Les célestes flambeaux, Les étoiles. Le flambeau, les flambeaux de l'hymen.

Littré (1872-1877)

FLAMBEAU (flan-bô) s. m.
  • 1Plusieurs mèches longues d'environ trois pieds, jointes ensemble et plongées un certain nombre de fois dans de la cire chaude et fondue, qu'on laisse après égoutter et refroidir, et qu'on allume quand on en a besoin pour éclairer dans les rues et dans les cours. Les ombres, les flambeaux, les cris et le silence…, Racine, Brit. II, 2. Ne pourrions-nous pas avec un peu de flambeaux mettre le feu dans la ville, si parmi nous il était permis de faire le mal pour le mal ? Fénelon, t. XXII, p. 462. Ses troupes étaient dans le faubourg, le flambeau à la main ; une faible porte de bois et un fossé déjà comblé étaient les seules défenses d'Altona, Voltaire, Charles XII, 7. Cent mille flambeaux enfermés dans des cylindres de cristal de roche éclairaient les dehors et l'intérieur de la salle à manger, Voltaire, Princ. de Babyl. 3. Irai-je… Joindre un sceptre étranger au sceptre de mes pères Et les flambeaux d'hymen aux flambeaux funéraires ? Voltaire, Mér. II, 7.

    Flambeau de poing, flambeau de cire qu'on porte à la main. On entendit une petite barque ; on demande : " Qui va là ? " J'avais ma réponse toute prête, et en même temps je vois sortir par la petite porte M. de Lavardin avec cinq ou six flambeaux de poing devant lui, Sévigné, Lett. 20 sept. 1675.

    Aux flambeaux, à la lumière des flambeaux. Ceux qui font des visites aux flambeaux, Sévigné, 171. Nous revînmes le soir aux flambeaux, Sévigné, 521. Les plaisirs de notre jeunesse, reproduits par notre mémoire, ressemblent à des ruines vues aux flambeaux, Chateaubriand, Pensées et max.

    Fig. Marche au flambeau de l'espérance Jusque dans l'ombre du trépas, Lamartine, Méd. I, 8.

  • 2Il se dit des chandelles de cire ou de suif qu'on allume pour éclairer l'intérieur des maisons. Allumez les flambeaux. Apportez des flambeaux. L'autel étincelait des flambeaux d'hyménée, Voltaire, Mérope, V, 6. Bien des dates manquaient à ce journal sans suite, Soit qu'il eût déchiré la page à peine écrite, Ou soit que Marthe en eût allumé ses flambeaux, Lamartine, Jocel. Prol. Tandis que le flambeau, par les heures rongé, S'use pour éclairer l'entretien prolongé, Lamartine, Harm. III, 6.
  • 3 Par métonymie du contenant pour le contenu, chandelier. Flambeau d'or, d'argent, de bronze. Les torches de cire qu'on portait à la main, et qu'on appelait flambeaux, ayant été diminuées de grosseur, entrèrent dans les grands chandeliers qu'on nomma dès lors chandeliers à flambeaux et, pour faire plus court, flambeaux, De Laborde, Émaux, p. 318.
  • 4 Terme de blason. Flambeau allumé, flambeau dont la flamme est d'un émail différent.
  • 5 Poétiquement. Les flambeaux de la nuit, les célestes flambeaux, les étoiles.

    Le pâle flambeau de la nuit, des nuits, la lune.

    Le flambeau du monde, le soleil. Et le flambeau du monde achève sa carrière, Tristan, Mariane, V, 2.

  • 6Fig Il se prend pour ce qu'on représente avec un flambeau soit pour éclairer soit pour brûler. Le flambeau de l'hymen, le mariage. Allumer le flambeau de l'hymen, se marier. Il faut bien que je pleure ; Mon insensible amant ordonne que je meure ; Et quand l'hymen pour nous allume son flambeau, Il l'éteint de sa main, pour m'ouvrir le tombeau, Corneille, Hor II, 5. [Ils n'ont point] Allumé le flambeau d'un hymen odieux, Racine, Bérén. II, 2. Achille… Recherche votre fille et d'un hymen si beau Veut dans Troie embrasée allumer le flambeau, Racine, Iphig. I, 1. L'hymen n'est point toujours entouré de flambeaux, Racine, Phèdre, V, 1.

    Le flambeau de la guerre, de la discorde. Les voisins dont les pratiques De nos rages domestiques Ont allumé le flambeau, Malherbe, II, 2. Ils porteraient chez nous le flambeau de la guerre, Mairet, Mort d'Astrub. I, 1. Cette adoption [de René d'Anjou par Jeanne 1re] fut un double flambeau de discorde entre la France et l'Espagne, Voltaire, Mœurs, 74.

    Le flambeau de l'amour. Si Psyché n'est à moi, je ne suis plus l'Amour ; Oui, je romprai mon arc, je briserai mes flèches, J'éteindrai jusqu'à mon flambeau ; Je laisserai languir la nature au tombeau, Molière, Psyché, V, 6. C'est moi qui ai mis le flambeau fatal dans le sein du chaste Télémaque, Fénelon, Tél. VII.

    Le flambeau de la vie, la vie même. Meurs, mais quitte du moins la vie avec éclat, Éteins-en le flambeau dans le sang de l'ingrat, Corneille, Cinna IV, 3. …De vos jours prêts à se consumer Le flambeau dure encore et peut se rallumer, Racine, Phèdre, I, 3. Et de David éteint rallumé le flambeau [la race], Racine, Athal. I, 2.

  • 7Les lumières qui éclairent la raison, l'esprit, l'intelligence. Est-ce que le monde n'a plus besoin du flambeau de la doctrine ? Patru, Plaidoyer 4, dans RICHELET. L'homme, venez au fait, n'a-t-il pas la raison ? N'est-ce pas son flambeau, son pilote fidèle ? Boileau, Sat. VIII. Il est étrange qu'un homme [Newton] ait pu faire de telles découvertes ; mais cet homme s'est servi du flambeau des mathématiques, le seul flambeau qui éclaire, Voltaire, Lett. à M. L. C. 23 déc. 1768. Lorsque ta raison, par l'âge confirmée, Pour éclairer ta foi te prêtait son flambeau, Voltaire, Zaïre, I, 1.

    Dans le style élevé ou poétique, se dit des personnes éminentes par leurs lumières. Flambeaux de nos conseils, prêtres qui m'entendez, Delavigne, Paria, IV, 3.

  • 8 Terme de mer. Flambeau de la mer, titre d'un ancien livre servant de guide aux marins caboteurs,

    Flambeau de signaux, artifice nommé aussi feu ou artifice de conserve.

  • 9 Terme de botanique. Flambeau du Pérou, cierge épineux, cactus peruvianus, L.
  • 10Chaudière dans laquelle on fait l'épreuve du sucre pour le raffiner ; ainsi dite parce que, sur la fin de l'opération, on fait un feu si violent que la masse du fluide semble étinceler.

HISTORIQUE

XIVe s. Flambeaux de une livre la piece, Ménagier, II, 4.

XVIe s. Cuides-tu par ta plainte Soulever un tombeau, Et d'une vie esteinte Rallumer le flambeau ? Du Bellay, J. II, 47, recto. [Le lion] Allume de ses yeux les deux flambeaux ardents, Du Bellay, J. III, 66, recto. Prenez ces chandeliers, vous autres : allons, monsieur. - Foeneste : Vous me faittes grand despit, que ne dites-vous ces flambeaux ? Ils sont de bon argent, D'Aubigné, Faen. II, 19. Il ne laissa pas neantmoins de rester et de se placer le soir entre les flambeaux qui attendoient le roy, D'Aubigné, Vie, XCVIII. Trois chandelliers à flambaulx, De Laborde, Émaux, p. 318. Ung chandellier d'argent, faict en lyon, portant ung flambeau en la gueulle, De Laborde, ib.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

FLAMBEAU. Ajoutez :
11Artifice d'éclairage composé d'un faisceau de brins de fil mal tordu, enduits d'une composition éclairante.

REMARQUE

L'exemple suivant montre la différence entre lumière au sens de bougie, chandelle, lampe et le flambeau proprement dit. Les lumières mesmes ne peuvent pas résister à l'humide fraischeur qui y domine ; on ne peut y aller qu'avec des flambeaux, Mém. de G. MARINIER, dans Lettres, etc. de Colbert, t. V, p. 577.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

FLAMBEAU, s. m. sorte de luminaire que l’on fait avec des meches un peu épaisses que l’on couvre de cire, & qui sert à éclairer la nuit dans les rues aux enterremens & aux illuminations, &c.

Les flambeaux sont différens des torches & des cierges. Voyez Cierge, Torche.

Ils ont une figure quarrée ; ils sont quelquefois de cire blanche, plus souvent de cire jaune ; ils sont ordinairement composés de quatre meches d’un pouce d’épais & environ trois piés de long, d’une sorte de chanvre filé & à moitié tors.

Pour les former, on se sert d’une cueillere comme pour les torches & les cierges ; on verse premierement la cire fondue sur le haut des différens bâtons qui sont suspendus, & on laisse couler cette cire jusqu’en bas : cela se répete par deux fois : ensuite on laisse sécher ces bâtons à qui on a donnée plusieurs couches de cire ; après on les roule sur une table, & on les joint au nombre de quatre ensemble, en les soudant avec un fer tout rouge. Quand ils sont joints on coule dessus de la cire, jusqu’à ce qu’ils ayent le poids convenable ; c’est ordinairement d’une livre & demie ou deux livres : pour les finir, on se sert d’une sorte de polissoire ou repassoire de bois qu’on promene le long des angles faits par l’union des branches. Voyez Bougie.

Les flambeaux des anciens étoient différens des nôtres ; ils étoient de bois, sechés au feu ou autrement : ils y en employoient de différentes sortes ; celui dont on se servoit le plus ordinairement étoit le pin. Pline rapporte que de son tems on employoit aussi à cet usage le chêne, l’orme, & le coudrier. Dans le septieme livre de l’Énéide, il est parlé d’un flambeau de pin ; & Servius remarque sur ce passage, que l’on en faisoit aussi de cornouiller. Chambers. Voyez l’article suivant.

Flambeau ; on appelle ainsi, en terme d’Artificier, une espece de brandon de feu fait de pin ou de sapin, ou de quelque autre bois semblable, dont les anciens se servoient non-seulement dans leurs maisons, pour leurs propres usages, mais aussi à la guerre, pour mettre le feu aux machines des ennemis, quand ils en étoient assez proches pour pouvoir les lancer avec le bras.

Quoique ces flambeaux ne soient plus d’usage, je ne laisserai pas d’en donner ici la construction.

Faites fondre sur des charbons ardens dans un pot de cuivre, comme seroit un chauderon, ou bien dans un pot de terre vernissé, huit onces de salpetre, avec seize onces ou une livre de soufre, quatre onces de colophone, deux onces de poix noire, une once de cire, & deux onces de térébenthine. Mettez dans cette composition ainsi fondue, du linge bien sec & bien net, ou à son défaut de l’étoupe aussi bien seche & bien nette : tournez ce linge jusqu’à ce qu’il soit bien imbibé de cette liqueur chaude : vous en envelopperez un bâton assez long, avant qu’elle soit refroidie, & vous le lierez fortement avec du fil d’archal, pour que la composition s’y attache mieux. Vous aurez un flambeau, qui étant allumé ne pourra être éteint ni par le vent, ni par la pluie ; il pourra même brûler dans l’eau ; & on ne le peut éteindre qu’en l’étouffant dans du sable ou de la cendre. Chambers.

Flambeau, (Orfévrerie, Chauderonnerie.) Nous donnons encore ce nom à de grands chandeliers de table : il y en a d’or, d’argent, de vermeil, de cuivre, &c.

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Étymologie de « flambeau »

(Date à préciser) Mot dérivé de flambe avec le suffixe -eau.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Du français flambeau.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Flambe ; saintong. chllambâ.

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Phonétique du mot « flambeau »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
flambeau flɑ̃bo

Évolution historique de l’usage du mot « flambeau »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « flambeau »

  • L'avenir, messieurs, c'est la foi de notre âge, c'est le flambeau du passé, l'étoile du présent. De Jean-Jacques Ampère / Mélanges littéraires
  • Le savant dont les moeurs sont déréglées ressemble à un aveugle qui porte un flambeau dont il éclaire les autres, sans pouvoir s'éclairer lui-même. De Mocharrafoddin Saadi / Le jardin des roses
  • Il est impossible de porter à travers la foule le flambeau de la vérité sans roussir ici et là une barbe ou une perruque. De Georg Christoph Lichtenberg / Aphorismes
  • Les souvenirs sont nos forces. Quand la nuit essaie de revenir, il faut allumer les grandes dates, comme on allume des flambeaux. De Victor Hugo / Commémoration de l’anniversaire du 24 février 1848
  • On déclame contre les passions sans songer que c'est à leur flambeau que la philosophie allume le sien. De Marquis de Sade
  • L'avenir, c'est la foi de notre âge : c'est le flambeau du passé, l'étoile du présent. De Jean-Jacques Ampère / Mélanges littéraires
  • Et semblables aux coureurs ils se transmettent le flambeau de la vie. Lucrèce en latin Titus Lucretius Carus, De natura rerum, II, 79
  • Soyez à vous-même votre propre flambeau. De Bouddha
  • Le flambeau de l'hymen est une lanterne sourde. De Samuel Richardson / Pamela or Virtue Rewarded
  • Les hommes se transmettent la vie comme les coureurs se passent le flambeau. De Lucrèce
  • La vérité est un flambeau qui luit dans un brouillard sans le dissiper. De Claude Adrien Helvétius / Notes, maximes et pensées
  • Les plaisirs de la jeunesse reproduits par la mémoire sont des ruines vues au flambeau. De François René de Chateaubriand / Mémoires d’outre-tombe
  • Nous ne pouvons tenir un flambeau pour illuminer le chemin d’un autre sans éclairer le nôtre. De Ben Sweetland
  • Cultiver les sciences et ne pas aimer les hommes, c’est allumer un flambeau et fermer les yeux. De Proverbe chinois
  • En attendant, nous continuons de croire que, le Président Alassane OUATTARA a, la contrainte morale de reprendre ce flambeau, et n’a d’autres choix que de se positionner comme le candidat du RHDP à l’élection présidentielle de 2020, une idée partagée par nos différentes bases et par bien d’ivoiriens, même si nous sommes conscients du potentiel en sein du RHDP. Mais, il faut du travail pour préparer cette relève. Connectionivoirienne.net, Côte-d’Ivoire: "Ouattara a la contrainte morale de reprendre ce flambeau" (Comité de soutien des jeunes, CSJ-ADO 2020) - Connectionivoirienne.net
  • Les héritiers du chanteur, fabuleux griot disparu fin mai, reprennent le flambeau avec les rythmes mandingues, ou en fusionnant avec les danses latines, voire en régénérant l’afro-pop… depuis le Mexique. Trois disques chauds du moment. Télérama, Après la mort de Mory Kanté, trois disques qui reprennent le flambeau de l’afro-pop guinéenne
  • L’histoire d’un château, racontée par d’étranges personnages, simplement éclairés de flambeaux. Un moment d’histoire, de magie pour les enfants : c’est ce que propose à nouveau le château de Villandraut (Gironde). , Gironde. Villandraut : les visites au flambeau du château vont reprendre | Le Républicain Sud-Gironde

Images d'illustration du mot « flambeau »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « flambeau »

Langue Traduction
Anglais torch
Espagnol antorcha
Italien torcia
Allemand fackel
Chinois 火炬
Arabe شعلة
Portugais tocha
Russe факел
Japonais 松明
Basque zuzi
Corse torcia
Source : Google Translate API

Synonymes de « flambeau »

Source : synonymes de flambeau sur lebonsynonyme.fr

Flambeau

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