La langue française

Phare

Sommaire

  • Définitions du mot phare
  • Étymologie de « phare »
  • Phonétique de « phare »
  • Citations contenant le mot « phare »
  • Images d'illustration du mot « phare »
  • Traductions du mot « phare »
  • Synonymes de « phare »

Définitions du mot phare

Trésor de la Langue Française informatisé

PHARE1, subst. masc.

A. − Tour édifiée sur une côte, sur un îlot ou à l'entrée d'un port, surmontée d'une source lumineuse puissante, servant à guider la navigation maritime pendant la nuit. Gardien de phare; lanterne de phare. Alexandrie! La mer, les hommes, le colossal phare de marbre dont le miroir sauvait les hommes de la mer (Louys, Aphrodite,1896, p.164).Dans le phare sans gardien de Nividic, une sirène remplace automatiquement la lumière en cas de brume, et un canon à acétylène remplace automatiquement la sirène si elle tombe en panne (Ruyer, Cybern.,1954, p.79).V. exactitude ex. 3 et grossir I A ex. de Céline:
1. Je me souviens qu'un jour Madeleine et M. de Nièvres voulurent monter au sommet du phare. Il faisait du vent. Le bruit de l'air, que l'on n'entendait point en bas, grandissait à mesure que nous nous élevions, grondait comme un tonnerre dans l'escalier en spirale, et faisait frémir au-dessus de nous les parois de cristal de la lanterne. Fromentin, Dominique,1863, p.163.
En partic. Bateau-phare. V. bateau-feu/bateau-phare.
B. −
1. P. méton. Source lumineuse placée en haut de la tour; lumière émise par cette source. Phare à feu fixe, à éclats, à occultations; phare scintillant; phare-balai; portée d'un phare. Il vit briller comme une étoile le phare de Planier (Dumas père, Monte-Cristo,t.1, 1846, p.253).À la nuit, on apercevait le phare d'Agde, et le phare rouge tournant de Cette (Alain-Fournier, Corresp.[avec Rivière], 1914, p.377).Le feu de son cigare rougeoyait et s'éclipsait selon un rythme d'une régularité obsédante, ainsi qu'un phare intermittent (Arnoux, Algorithme,1948, p.297).
2. P. anal.
a) Foyer lumineux puissant placé en haut d'une tour ou d'une construction métallique peu élevée, servant à guider la navigation aérienne pendant la nuit. Phares d'un aéroport. Il serait judicieux de décaler les phares, de part et d'autre des routes aériennes fréquentées, plutôt que de jalonner exactement ces routes (A.-B. Duval, Hébrard, Nav. aér.,1928, p.86):
2. ... Casablanca essaya ses feux. La rampe de balisage découpa en rouge un morceau de nuit, un rectangle noir (...). Puis un second interrupteur brancha les phares. Ils versèrent la lumière au milieu du champ comme une flaque de lait. Saint-Exup., Courr. Sud,1928, p.53.
b) P. ext. Toute source lumineuse puissante généralement en position élevée, servant à éclairer une zone, un terrain déterminés pendant la nuit. Synon. projecteur.On creusait dans le sol toujours plus profondément des caves et des tunnels. Quinze millions d'hommes travaillaient dans la ville géante, à la lumière des phares, qui jetaient leurs feux le jour comme la nuit (A. France, Île ping.,1908, p.399).Jusque sous le mur du projecteur ils [les Berbères] trouvent le moyen de voler des sacs d'orge, et lorsque l'alarme est donnée et que le phare éclaire le terrain, c'est tout juste s'il fait miroiter dans la pierraille un peu du grain tombé par l'ouverture du sac (Tharaud, Marrakech,1920, p.27):
3. Parfois, un coup de feu trouait la nuit: c'était l'un de nos hôtes qui s'était fait surprendre au passage des barbelés par le pinceau lumineux d'un phare, et le lendemain matin nous apercevions son cadavre accroché à un cheval de frise. Ambrière, Gdes vac.,1946, p.178.
c) NAV. MAR. Phare hertzien ou radio-phare (radiophare). Poste émetteur radioélectrique installé dans un phare (supra A) envoyant des signaux captables par les navires et permettant à ceux-ci de s'orienter sans visibilité. L'opérateur d'un navire quelconque peut, en prenant les relèvements de plusieurs radiophares ou phares hertziens, déterminer son «point» (Encyclop. de la radioélectr., Paris, Chiron, 1946, p.508).Le Canada (...) a installé, sur l'île Charles (...) un radio-phare sans gardien qui est mis en marche par les transmetteurs de télécommunications des navires (M. Benoist, Pettier, Transp. mar.,1961, p.194).
3. P. métaph. ou au fig., le plus souvent littér. Personne ou chose qui éclaire, rayonne, qui est un guide, un modèle. Tous les François, les yeux attachés sur la couronne, attendent que ce phare qui ne les égara jamais, brille de nouveau pour les sauver au milieu des écueils (Chateaubr., Polém.,1818-27, p.516).[Le] monothéisme, phare de toute pensée et de toute conscience qui veut maintenir une foi, juger avec sérénité la marche de l'idée religieuse (Weill, Judaïsme,1931, p.221).Un des «phares» du cinéma muet, créateur du Septième Art ayant sa place aux côtés des Chaplin, Eisenstein et Griffith, Erich von Stroheim est un cinéaste mal connu (L'Express, 14 nov. 1966, p.47, col. 2):
4. ... notre déclaration (...) doit être un guide pour la politique des gouvernements. Mais elle doit aussi être un phare pour l'espoir des peuples, une plate-forme pour l'action des associations nationales ou internationales de caractère juridique. Déclar. univ. Dr. Homme,1949, p.19.
En appos. ou comme second élém. de subst. comp. Personne, objet, événement dont l'importance, l'influence, le rayonnement est considérable. Écrivain-phare, livre-phare, film-phare, ville-phare. L'homme-phare du combat pour la défense du consommateur. Celui qui, alors inconnu, s'attaqua à la puissante General Motors et la contraignit à retirer du marché un modèle de voiture considéré comme dangereux (L'Express,2 oct. 1972, p.31, col. 1).Dans les années 1956, Palmiro Togliatti (...) théorise l'idée qu'il peut y avoir plusieurs centres du communisme et que Moscou n'est pas forcément le pays phare (Le Nouvel Observateur,4 févr. 1974, p.33, col. 1):
5. Le «Boeuf sur le toit», les ballets russes de Diaghilev, le «Groupe des Six»: tous ces moments-phares de la vie artistique parisienne, Georges Auric, qui est mort hier à l'âge de 84 ans, y a été associé. L'Est Républicain,24 juill. 1983, p.17, col. 1.
C. −
1. Le plus souvent au plur.
a) Projecteur(s) lumineux placé(s) à l'avant d'un véhicule. Phares blancs, jaunes; allumer, éteindre ses phares; faire régler, vérifier ses phares. Une motocyclette effrénée, (...) qui approche vertigineusement avec son phare et son écrasement (Barbusse, Feu,1916, p.337).Une haute automobile noire stationnait, ses phares en veilleuse (Druon, Gdes fam.,t.1, 1948, p.32):
6. Tout Paris a vu l'automobile de M. Archdeacon, portant à l'avant son phare lumineux, passer le soir sur nos boulevards, couper les cochers ébahis et inonder de ses rayons ces obscurs blasphémateurs professionnels. La Locomotion automobile,15 oct. 1896, p.271 ds Quem. DDL t.6.
Phare à iode (le plus souvent au plur.). Phare équipé d'une lampe à iode. Je n'ai essayé la voiture qu'avec des phares blancs, et j'ai trouvé que pour des phares à iode, ils n'éclairaient pas très bien (La Prévention routière,févr. 1980, p.71, col. 3).
P. méton. Lumière émise par ce/ces projecteur(s). Hypnotisé par les phares de la locomotive, il était demeuré immobile au milieu de la voie (Tharaud, Dingley,1906, p.81).Une auto passa, le double triangle de ses phares chiné de pluie (Malraux, Espoir,1937, p.758).Une bête des bois que les autos ont prise dans leurs phares (Aragon, Rom. inach.,1956, p.174).
[Dans un cont. métaph.] M. Steeg prit la parole, et d'une voix grise, sans allumer ses phares, avec des détours, mais en homme qui connaît bien le pays, il s'achemina en petite vitesse vers le centre du problème (Barrès, Pitié églises,1914, p.241).Si l'on prétend, ce qui est peut-être présomptueux, arracher le sexe à l'ombre, aux tabous, il faut l'analyser, le comprendre. Ou tout au moins le tenter. Les articles de ce numéro constituent donc autant de coups de phare et d'interrogations (Le Sauvage,avr. 1975, p.14, col. 1).
b) [P. oppos. à codes et à veilleuses] Feux de route de grande intensité permettant de voir le plus loin possible. Être en phares; rouler en phares, plein phares. Sur la route, pour simplifier le passage de phare en code et vice versa, on a adopté la commande au pied par un contact (Chapelain, Techn. automob.,1956, p.312).
Appel de phares. Fonctionnement court, éventuellement répété des phares pour attirer l'attention. Bientôt une bagnole américaine nous suit et se met à nous lancer des appels de phares (San-Antonio, Béru et ces dames,Paris, éd. Presses Pocket, 1969 [1967], p.196).
2. En partic.
Phare antibrouillard (le plus souvent au plur.). Phare puissant dont le faisceau est dirigé vers le sol et éclaire les bas-côtés de la route. Ce carènage porte également un phare antibrouillard, placé comme il se doit (R. techn. motocycliste,juin 1949, p.38b ds Quem. DDL t.18).Les feux complémentaires, et plus particulièrement les phares antibrouillards si utiles dans la mauvaise saison, jouissent d'une grande vogue auprès du public (H. Kummel, Toute une usine électrique sur roue,Zurich, éd. Metz, 1965, p.346).
Phare code ou absol. code. V. code A 2.
Phare de recul. Phare de moyenne puissance placé à l'arrière de véhicule, facilitant les manoeuvres de nuit. En passant par le «phare de recul permettant les manoeuvres de nuit» et l'allume-cigarettes automatique, vous arrivez à peine à doubler le prix de la voiture sèche (P. Daninos, Sonia, les autres et moi,Paris, Plon, 1952, p.34).
Girophare. V. giro-.
3. P. anal.
a) P. anal. (de forme avec celle du projecteur et d'empl.). En compos. Depuis longtemps les lampes-phares, de système trop perfectionné pour la brousse, sont hors d'usage (Gide, Retour Tchad,1928, p.906).V. ailé ex. 4.
b) ÉLECTRON. Lampe phare ou triode phare ou tube phare. Triode dont les électrodes sont très rapprochées pour permettre le fonctionnement aux très hautes fréquences par la réduction du temps de transit entre les électrons (d'apr. R. Chicault, Électron., Paris, éd. Techn. de l'Ingénieur, 1967, § 2140):
7. ... lorsque le temps de transit des électrons entre cathode et anode devient de l'ordre de grandeur de la période des oscillations à produire, il se produit des déphasages qui rendent impossible le fonctionnement. Deux voies s'ouvrent pour y remédier. L'une d'elles (...) consiste à fabriquer des triodes munies d'électrodes planes ou cylindriques très rapprochées: elle a conduit aux «triodes phares» qui permettent d'atteindre des longueurs d'ondes de 5 cm. Hist. gén. sc.,t.3, vol. 2, 1964, p.278.
D. −
1. Phare funéraire ou phare de cimetière. Synon. lanterne (des morts) (v. lanterne I B 1 a).
2. Phare (d'église). Grand chandelier ou lustre portant circulairement un grand nombre de lampes. [Dès les premiers siècles du christianisme] on avait donné un grand développement au luminaire des temples en réunissant sur des couronnes de métal (...) un grand nombre de lampes ou de cierges. L'ensemble prit les noms de phare, de roue; on lit dans Anastase que le pape Sylvestre fit faire un phare d'or pur (Lenoir, Archit. monast.,1856, p.137).
Prononc. et Orth.: [fa:ʀ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist.1. a) 1548 phare «tour construite à l'entrée d'un port ou à proximité d'une côte et portant à son sommet un feu servant à guider les vaisseaux pendant la nuit» (Rabelais, Quart Livre, éd. R. Marichal, ch. II, p.38, ligne 5); 1636 «feu allumé au sommet d'un phare» (Monet); b) 1654 au fig. (Cyrano de Bergerac, Pédant joué, IV, 4 ds Rob.); 2. a) 1599 fare «lanterne à l'avant d'une galère» (Hornkens, Rec. de dict. françoys, espaignolz et latins, Bruxelles); 1660 phare (Oudin Esp.-fr.); b) 1896 «projecteur à l'avant d'un véhicule» ici phare d'automobile (La Locomotion automobile, loc. cit.); 3. 1690 «chandelier portant circulairement plusieurs cierges» (Fur.); 4. 1863 aviat. phares et balises de navigateurs aériens (La Landelle, Aviation, p.234 ds Guilb. Aviat., p.601); 5. 1893 phare de cimetière (DG). Empr. au lat. pharus, pharos (lui-même empr. au gr. φ α ́ ρ ο ς «phare» du nom fém. Φ α ́ ρ ο ς de l'île de Pharos, dans la baie d'Alexandrie, célèbre par son phare) qui a d'abord désigné le phare de Pharos puis au iers. tout phare, en partic. l'un des premiers construits en Italie, celui de Messine; ce dernier étant construit sur un détroit, son nom Faro désigna le détroit de Messine et donna en a. ital. un subst. faro «détroit» (Batt.) qu'à la faveur du commerce maritime et des croisades l'a. fr. empr. comme nom propre et nom commun au sens de «détroit (de Messine)» ca 1195 (Ambroise, Guerre sainte, 515 ds T.-L.: Meschines siet el chief de Sezille Desus le Far). Fréq. abs. littér.: 672. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 568, b) 1008; xxes.: a) 897, b) 1293. Bbg. Archit. 1972, p.176. _Ball (R. V.). Nouv. dat. pour le vocab. de l'automob. Fr. mod. 1975, t.43, p.52. _Quem. DDL t.6, 16.

PHARE2, subst. masc.

MARINE
A. − Phare ou phare carré. ,,Ensemble des voiles pontées par un mât gréé de voiles carrées`` (Soé-Dup. 1906). Le gréement du grand mât et celui du mât d'artimon s'appellent respectivement: phare du grand mât et phare d'artimon (Galopin, Lang. mar.,1925, p.54).Les nefs ou caravelles de transition avec phare carré aux deux mâts comme la Santa Maria deviennent les trois-mâts barques (Charcot, Chr. Colomb,1928, p.61).
B. − Phare de l'avant. ,,Mât de misaine avec ses vergues, ses voiles et son gréement`` (Gruss 1952, 1978). Le beaupré et le misaine étaient gréés de voiles carrées, et les autres mâts de voiles latines. De cette façon, les phares carrés d'avant étaient adaptés à la navigation grand largue et à grande distance, et les phares d'arrière à la marche au plus près et au cabotage (P. Rousseau, Hist. transp.,1961, p.127).Phare de l'arrière. ,,Grand mât et mât d'artimon avec leur gréement`` (Gruss 1952, 1978).
Prononc. et Orth.: [fa:ʀ]. Att. ds Ac. 1935. Étymol. et Hist. 1832 mar. (Raymond: Phare, le grand mât, ainsi que le mât de misaine, avec l'ensemble de leurs vergues et de leurs voiles). Empl. partic. de phare1*.

Wiktionnaire

Nom commun

phare \faʁ\ masculin

  1. Tour construite à l’entrée d’un port ou à proximité d’une côte, et portant à son sommet un feu qui sert à guider les vaisseaux pendant la nuit.
    • En revenant, nous apercevons à la pointe des haies des lumières de phares luire de tous les côtés de la presqu’île, un phare à éclat, un feu tournant, un feu fixe. — (Alphonse Daudet, La moisson au bord de la mer, dans Contes du lundi, 1873, Fasquelle, collection Le Livre de Poche, 1974, page 218.)
    • …des phares éloignent les navires des dangers ou les conduisent dans les ports abrités par des digues construites en luttant contre les tempêtes. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
  2. Fanal placé sur cette bâtisse.
    • Phare à feu fixe, à feu tournant, à feu intermittent, à feu changeant.
  3. Feu destiné à guider les avions dans la nuit.
    • Le phare d’un aéroport.
  4. (Par extension) Toute source lumineuse de puissante intensité, projecteur.
    • Parfois, un coup de feu trouait la nuit: c’était l’un de nos hôtes qui s’était fait surprendre au passage des barbelés par le pinceau lumineux d’un phare, et le lendemain matin nous apercevions son cadavre accroché à un cheval de frise. — (Ambrière, Grandes vacances, 1946, p.178.)
  5. Projecteur puissant placée à l’avant d’un véhicule (automobile, locomotive, avion, etc.) et qui sert à éclairer la route pendant la nuit.
    • Mets tes phares, la luminosité baisse.
    1. (Par métonymie) Lumière de ces projecteurs.
      • Une auto passa, le double triangle de ses phares chiné de pluie. — (Malraux, L’Espoir, 1937, p.758)
      • Une bête des bois que les autos ont prise dans leurs phares. — (Aragon, Le Roman inachevé, 1956, p.174)
    2. (Automobile) Les feux de route, par opposition à code et veilleuse.
      • En plein phares.
  6. (Marine) Ensemble des voiles d’un mât.
    • Un phare carré.
    • Bob demandait des bateaux !… Eh bien ! il n’aurait jamais imaginé qu’il pût en exister tant que cela — P’tit-Bonhomme non plus — les uns amarrés ou mouillés, les autres entrant ou sortant, les uns arrivant des pays d’outremer, les autres en partance pour les régions lointaines, ceux-ci avec le phare élégant de leur voilure gonflée à la brise, ceux-là troublant de leurs puissantes hélices les eaux de la baie de Cork. — (Jules Verne, P’tit Bonhomme, ch. 2-7, J. Hetzel et Cie, Paris, Illustrations par Léon Benett, 1891)
  7. (Par analogie) Personne ou chose dont le rayonnement est considérable.
    • Un des « phares » du cinéma muet, créateur du Septième Art ayant sa place aux côtés des Chaplin, Eisenstein et Griffith, Erich von Stroheim est un cinéaste mal connu. — (L’Express, 14 nov. 1966, p.47, col. 2)
  8. Armoiries avec un phare (8)
    (Héraldique) Meuble représentant l’édifice du même nom dans les armoiries. Il s’agit souvent d’une représentation du bâtiment du lieu. Souvent, le feu est représenté avec un autre émail. Il peut être représenté avec ses éclats représentant la lumière issue du phare allumé. Comme les châteaux, il peut être ajouré, maçonné, ouvert. À rapprocher de beffroi, donjon et tour.
    • D’argent au phare de sable ouvert et ajouré du champ, allumé de gueules mouvant de la pointe, qui est de la commune de Jametz de la Meuse.

Adjectif

phare \faʁ\ masculin

  1. (Par apposition) Indique une idée de mise en valeur, en relief, de rayonnement, d’importance primordiale, d’influence considérable.
    • Le « Boeuf sur le toit », les ballets russes de Diaghilev, le « Groupe des Six » : tous ces moments-phares de la vie artistique parisienne, Georges Auric, qui est mort hier à l’âge de 84 ans, y a été associé. — (L’Est Républicain, 24 juillet 1983, p.17, col. 1.)
    • En France, une équipe de l’Institut des biomolécules Max-Mousseron de Montpellier est engagée depuis une quinzaine d’années dans le domaine de la mécanochimie. Elle a notamment obtenu des résultats inédits dans un domaine phare : la synthèse de biomolécules de type peptides.— (Frédéric Lamaty, Une chimie sans solvants, c’est possible, Libération le 13 avril 2017)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

PHARE (fa-r') s. m.
  • 1 Tour dressée sur un cap, sur un point éminent d'une côte, sur la jetée d'un port, et portant à son sommet une lanterne où s'allume, pendant la nuit, un feu connu des navires qu'il guide au milieu des ténèbres, Jal

    Phare d'Alexandrie, une des sept merveilles du monde.

  • 2Le fanal placé sur le phare. Phare à éclipse.
  • 3 Fig. Dans le style élevé, ce qui guide. Louis, permets-moi de le dire : Tu reçus un grand don des cieux, Lorsqu'ils te donnèrent l'empire Qu'avaient possédé tes aïeux ; Mais c'est une grâce plus rare D'avoir aujourd'hui pour ton phare Un Richelieu dans tes États, Godeau, Ode à Louis XII. Ce phare [les marbres capitolins] qui luit encore aujourd'hui au haut du Capitole, nous sert à guider nos pas au travers des siècles de la république, Le P. Catrou, dans DESFONTAINES. Vois-tu ce feu lointain trembler sur la colline ? Par la main de l'amour c'est un phare allumé, Lamartine, Médit. II, 2.
  • 4Le phare de Messine, nom du détroit qui sépare la Sicile de l'Italie. À Naples et aux environs, on dit provinces en deçà du Phare pour le continent, et provinces au delà du Phare pour la Sicile, ces pays étant les uns en deçà, les autres au delà du détroit.
  • 5 Terme de marine. Nom donné à l'ensemble des vergues et de leurs voiles. Le phare de l'avant tient au mât de misaine. On dit les phares de l'arrière, en parlant de ceux du grand mât et du mât d'artimon ; mais, quand on emploie cette expression au singulier, on entend, par le phare de l'arrière, celui du grand mât, Legoarant
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

PHARE, s. m. (Littérature.) tour construite à l’entrée des ports ou aux environs, laquelle par le moyen des feux qu’on y tient allumés, servent sur mer à guider pendant la nuit ceux qui approchent des côtes.

Ces tours étoient en usage dès les plus anciens tems. Leschès, auteur de la petite Iliade, qui vivoit en la trentieme olympiade, en mettoit une au promontoire de Sigée, auprès duquel il y avoit une rade où les vaisseaux abordoient. Il y avoit des tours semblables dans le pirée d’Athenes & dans beaucoup d’autres ports de la Grece. Elles étoient d’abord d’une structure fort simple ; mais Ptolomée Philadelphe en fit faire une dans l’île de Pharos, si grande & si magnifique, que quelques-uns l’ont mise parmi les merveilles du monde. Cette tour, élevé l’an 470 de la fondation de Rome, prit bientôt le nom de l’île ; on l’appella le phare, nom qui depuis a été donné à toutes les autres tours servant au même usage. Voici l’histoire des phares d’après un mémoire de dom Bernard de Montfaucon, inseré dans le recueil de Littér. tom. VI.

Les rois d’Egypte joignirent l’île de Pharos à la terre par une chaussée, & par un pont qui alloit de la chaussée à l’île. Elle avoit un promontoire ou une roche contre laquelle les flots de la mer se brisoient. Ce fut sur cette roche que Ptolomée fit bâtir de pierre blanche la tour du phare, ayant plusieurs étages voûtés, à-peu-près comme la tour de Babylone, qui étoit à huit étages, ou plutôt, comme Hérodote s’exprime, à huit tours l’une sur l’autre.

L’extraordinaire hauteur de cette tour faisoit que le feu que l’on allumoit dessus paroissoit comme une lune, c’est ce qui a fait dire à Stace :

Lumina noctivagæ tollit Paros æmula lunæ.

Mais quand on le voyoit de loin, il sembloit plus petit, & avoit la forme d’une étoile assez élevée sur l’horison, ce qui trompoit quelquefois les mariniers, qui croyant voir un de ces astres qui les guidoient pour la navigation, tournoient leurs proues d’un autre côté, & alloient se jetter dans les sables de la Marmarique.

Le géographe de Nubie, auteur qui écrivoit il y a environ 650 ans, parle de la tour du phare comme d’un édifice qui subsistoit encore de son tems ; il l’appelle un candélabre, à cause du feu & de la flamme qui y paroissoit toutes les nuits. Il n’y en a point, dit-il, de semblables dans tout l’univers ; quant à la solidité de sa structure, elle est bâtie de pierres très dures jointes ensemble avec des ligatures de plomb. La hauteur de la tour, poursuit-il, est de trois cens coudées ou de cent statures ; c’est ainsi qu’il s’exprime pour marquer que la tour avoit la taille de cent hommes, en comptant trois coudées pour la taille d’un homme. Selon la description du même auteur, il falloit qu’elle fut fort large en bas, puisqu’il dit qu’on y avoit bâti des maisons. Il ajoute que cette partie d’en bas, qui étoit si large, occupoit la moitié de la hauteur de cette tour ; que l’étage qui étoit au-dessus de la premiere voûte étoit beaucoup plus étroit que le précédent, ensorte qu’il laissoit une galerie où l’on pouvoit se promener. Il parle plus obscurement des étages supérieurs, & il dit seulement qu’à mesure qu’on monte, les escaliers sont plus courts, & qu’il y a des fenêtres de tous côtés pour éclairer les montées.

Pline dit que ce phare coûta huit cens talens, qui à raison de quatre cens cinquante livres sterlings pour chaque talent, supposé que ce soit monnoie d’Alexandrie, font la somme de trois cens soixante mille livres sterlings. Sostrate Gnidien qui en fut l’architecte, sentant tout le prix de son travail, craignit l’envie & la basse jalousie, de tout tems ennemies du vrai mérite, s’il en faisoit parade & s’il ne l’appuyoit d’une puissante protection. Touché également de l’amour de la gloire & de celui du repos, il voulut concilier l’un avec l’autre. Dans cette vûe il dédia ce phare au roi, par une inscription toute à son avantage ; mais il ne la grava que sur du plâtre, proprement plaqué sur une autre inscription contenant ces mots : Sostrate Gnidien, fils de Dixiphane, a consacré cet ouvrage aux dieux nos conservateurs & au salut des navigateurs. Par cet artifice la premiere dédicace ne subsista guere que pendant la vie du roi, le plâtre se détruisant peu-à-peu, & l’autre parut alors, & a transmis le nom de Sostrate à la postérité. Fischer a représenté le phare de Sostrate dans son Essai d’Architecture historique, planche IX. liv. I.

Le phare d’Alexandrie, qui communiqua son nom à tous les autres, leur servit aussi de modele. Hérodien nous apprend qu’ils étoient tous de la même forme. Voici la description qu’il en donne à l’occasion de ces catafalques qu’on dressoit aux funérailles des empereurs. « Au-dessus du premier quarré il y a un autre étage plus petit, orné de même, & qui a des portes ouvertes ; sur celui-là il y en a un autre, & sur celui-ci encore un autre, c’est-à-dire jusqu’à trois ou quatre, dont les plus hauts sont toujours de moindre enceinte que les plus bas, de sorte que le haut est le plus petit de tous ; tout le catafalque est semblable à ces tours qu’on voit sur les ports & qu’on appelle phares, où l’on met des feux pour éclairer les vaisseaux, & leur donner moyen de se retirer en lieu sûr ».

Il y a eu plusieurs phares en Italie. Pline parle de ceux de Ravenne & de Pouzzol ; Suétone fait aussi mention du phare de l’île Caprée, qu’un tremblement de terre fit tomber peu de jours avant la mort de Tibere. Il ne faut pas douter qu’on n’en ait fait encore bien d’autres.

Denis de Bysance, géographe, cité par Pierre Gilles, fait la description d’un phare célebre situé à l’embouchure du fleuve Chrysorrhoas, qui se dégorgeoit dans le Bosphore de Thrace. Au sommet de la colline, dit-il, au bas de laquelle coule le Chrysorrhoas, on voir la tour Timée d’une hauteur extraordinaire, d’où l’on découvre une grande plage de mer, & que l’on a bâtie pour la sureté de ceux qui navigeoient, en allumant des feux à son sommet pour les guider, ce qui étoit d’autant plus nécessaire que l’un & l’autre bord de cette mer est sans ports, & que les ancres ne sauroient prendre à son fond ; mais les Barbares de la côte allumoient d’autres feux aux endroits les plus élevés des bords de la mer pour tromper les mariniers & profiter de son naufrage, lorsque se guidant par ces faux signaux, ils alloient se briser sur la côte ; à présent, poursuit cet auteur, la tour est à demi ruinée, & l’on n’y met plus de fanal.

Un des plus célebres phares que l’on connoisse, & qui subsistoit encore en 1643, c’est celui de Boulogne sur mer, Bononia, qui s’appelloit aussi autrefois Gessoriacum. Il semble qu’il n’y ait pas lieu de douter que ce ne soit de ce phare dont parle Suétone dans la vie de l’empereur Caïus Caligula qui le fit bâtir. Il y a d’autant plus lieu de croire que l’histoire ne fait mention que d’un phare bâti sur cette côte, & qu’on n’y a jamais remarqué de trace d’aucun autre.

Cette tour fut élevée sur le promontoire ou sur la falaise qui commandoit au port de la ville. Elle étoit octogone ; chacun des côtés avoit, selon Bucherius, vingt-quatre ou vingt-cinq piés. Son circuit étoit donc d’environ deux cens piés, & son diametre de soixante-six. Elle avoit douze entablemens ou especes de galeries qu’on voyoit au-dehors, en y comprenant celle d’en bas cachée par un petit fort que les Anglois avoient bâti tout-autour quand ils s’en rendirent maîtres en 1545. Chaque entablement ménagé sur l’épaisseur du mur de dessous, faisoit comme une petite galerie d’un pié & demi ; ainsi ce phare alloit toujours en diminuant, comme nous avons vû des autres phares.

Ce phare étoit appellé depuis plusieurs siecles turris ordans, ou turris ordensis. Les Boulonnois l’appelloient la tour d’ordre. Plusieurs croient, avec assez d’apparence, que turris ordans ou ordensis s’étoit fait de turris ardens, la tour ardente, ce qui convenoit parfaitement à une tour où le feu paroissoit toutes les nuits.

Comme il n’y a point d’ouvrage fait par la main des hommes qui ne périsse enfin, soit par l’injure du tems, soit par quelque autre accident, la tour & la forteresse tomberent. Voici comment ; cette partie de la falaise ou de la roche qui avançoit du côté de la mer, étoit comme un rempart qui mettoit la tour & la forteresse à couvert contre la violence des marées & des flots ; mais les habitans y ayant ouvert des carrieres pour vendre de la pierre aux Hollandois & à quelques villes voisines, tout ce devant se trouva à la fin dégarni, & alors la mer ne trouvant plus cette barriere, venoit se briser au-dessous de la tour, & en détachoit toujours quelques pieces ; d’un autre côté, les eaux qui découloient de la falaise, minoient insensiblement la roche, & creusoient sous les fondemens du phare & de la forteresse, de sorte que l’an 1644, le 29 de Juillet, la tour & la forteresse tomberent en plein midi. C’est encore un bonheur qu’un boulonnois, plus curieux que ses compatriotes, nous ait conservé la figure de ce phare ; il seroit à souhaiter qu’il se fût avisé de nous instruire de même sur ses dimensions.

Ce phare, bâti par les Romains, éclairoit les vaisseaux qui passoient de la Grande-Bretagne dans les Gaules. Il ne faut point douter qu’il n’y en eût aussi un à la côte opposée, puisqu’il y étoit aussi nécessaire pour guider ceux qui passoient dans l’île. Plusieurs personnes croyent que la vieille tour qui subsiste aujourd’hui au milieu du château de Douvre, étoit le phare des Romains : d’autres pensent que ce phare étoit situé où est le grand monceau de pierres & de chaux qu’on voit auprès du château de Douvre, & que les gens du pays appellent la goutte du diable.

L’archevêque de Cantorbéry envoya au P. Montfaucon un plan de ce qu’il croyoit être le phare de Douvre. En fouillant dans un grand monceau de masures, par l’ordre de cet archevêque, on trouva un phare tout-à-fait semblable à celui de Boulogne, sans aucune différence, ce qui fait juger que celui qui est encore aujourd’hui sur pié, ne fut fait que quand l’ancien eut été ruiné.

Le nom de phare s’étendit bien davantage que celui de mausolée. Grégoire de Tours le prend en un autre sens. On vit, dit-il, un phare de feu qui sortit de l’église de saint Hilaire, & qui vint fondre sur le roi Clovis. Il se sert aussi de ce nom pour marquer un incendie : ils mirent, dit-il, le feu à l’église de saint Hilaire, & firent un grand phare ; & pendant que l’église brûloit, ils pillerent le monastere : un brûleur d’église étoit par conséquent un faiseur de phares.

On appella phares dans des tems postérieurs, certaines machines où l’on mettoit plusieurs lampes ou plusieurs cierges, & qui approchoient de nos lustres ; elles étoient de diverses formes.

Ce mot phare a encore été pris en un sens plus métaphorique ; on appelle quelquefois phare tout ce qui éclaire en instruisant, & même les gens d’esprit qui servent à éclairer les autres : c’est en ce sens que Ronsard disoit à Charles IX.

Soyez mon phare, & garde d’abymes
Ma nef qui tombe en si profonde mer.


(Le chevalier de Jaucourt.)

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Étymologie de « phare »

Via le latin Pharus qui donne l’italien et l’espagnol faro ou le portugais farol, du grec ancien Φάρος, Pháros, nom de l’île où se trouvait le Phare d’Alexandrie.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Φάρος , île près d'Alexandrie, qui donna son nom au phare célèbre qu'on y avait bâti.

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Phonétique du mot « phare »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
phare far

Citations contenant le mot « phare »

  • Les hommes, j'entends les hommes qui ont l'espoir de la victoire de l'homme, jugent des phares à leur clarté, et non à l'ombre qui tourne après elle. Louis Aragon, Littératures soviétiques, Denoël
  • La moralité n'est bien souvent qu'une affaire d'éclairage et tu es le gardien de ton propre phare. Marcel Jouhandeau, Éléments pour une éthique, Grasset
  • Le génie est le phare. Dieu est l’étoile. De Victor Hugo / Choses vues
  • La phare illumine les mers. Le fard enlumine les filles. De Alphonse Allais / Le Chat noir - 25 Janvier 1890
  • Les diamants sur une tête laide sont comme un phare sur un écueil ; ils avertissent. De Izarn de Freyssinet
  • J’aime votre patrie au ciel toujours pur - Paradis qui se berce entre les flots d’azur - Où le soleil brûlant, comme un phare féerique - Couvre de ses rayons le sol de l’Amérique […] De Victor Hugo / poème publié en 1902 dans le Jornal do Brasil attribué à Victor Hugo
  • Il en est des défauts comme des phares des automobiles: seuls ceux des autres nous aveuglent. De Maurice Druon
  • Il en est des défauts, comme des phares d'automobiles. Seuls ceux des autres nous aveuglent. De Maurice Druon
  • Les phares de l'humanité sont des hommes que l'humanité éclaire en feignant d'en être éblouie. De Raoul Pradeau / Avant-propos au catalogue de la jeune gravure contemporaine
  • Historien maritime, Jacques Péret a enrichi l’ouvrage qu’il avait déjà consacré au "roi des phares".  SudOuest.fr, Le Phare de Cordouan ? "C’est un château !"
  • Visite libre du phare de Gatteville du samedi 19 septembre au dimanche 20 septembre à Phare de Gatteville Unidivers, Visite libre du phare de Gatteville Phare de Gatteville Gatteville-le-Phare samedi 19 septembre 2020
  • Phare d’atterrissage, constitué d’une élégante tour en béton armé blanche à section hexadécimale, réalisée avec la technique des coffrages glissants, Classé Monument Historique depuis 2012. Etre en bonne condition physique pour l’ascension du phare. (Dernière montée à 17h). Unidivers, Phare de l’Armandèche Phare Les Sables-d'Olonne samedi 19 septembre 2020
  • Le phare a été transformé en chambres d’hôtes dans les années 2000. © Benjamin Durand , REPORTAGE. Une nuit insolite dans un phare transformé en chambres d’hôtes - Redon.maville.com
  • Le phare des baleines est surnommé la Tour Eiffel de l’île de Ré, c’est l’un des sites emblématiques de Charente-Maritime. Situé à la pointe nord de l’île, c’est un édifice exceptionnel et hors du temps. Franceinfo, Le phare des baleines, haut symbole de l’île de Ré

Images d'illustration du mot « phare »

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Traductions du mot « phare »

Langue Traduction
Anglais lighthouse
Espagnol faro
Italien faro
Allemand leuchtturm
Chinois 灯塔
Arabe منارة
Portugais farol
Russe маяк
Japonais 灯台
Basque itsasargi
Corse far
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Synonymes de « phare »

Source : synonymes de phare sur lebonsynonyme.fr
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