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Éperon

Sommaire

  • Définitions du mot éperon
  • Étymologie de « éperon »
  • Phonétique de « éperon »
  • Évolution historique de l’usage du mot « éperon »
  • Citations contenant le mot « éperon »
  • Images d'illustration du mot « éperon »
  • Traductions du mot « éperon »
  • Synonymes de « éperon »

Définitions du mot éperon

Trésor de la Langue Française informatisé

ÉPERON, subst. masc.

A.− Domaine de l'équitation
1. Instrument métallique, s'adaptant au talon de la chaussure, garni à l'arrière d'une pointe acérée ou d'une molette, que le cavalier enfonce dans le flanc de sa monture pour l'exciter. Donner de l'éperon, un coup d'éperon à sa bête; piquer un cheval de l'éperon; faire sonner ses éperons. Des Espagnols galopant sur des chevaux ensanglantés par l'éperon gigantesque qui chaussait leur pied nu (Verne, Enf. cap. Grant,t. 1, 1868, p. 96).Les cavaliers (...) mènent leurs bêtes sans mors, sans éperons, sans étriers (T'Serstevens, Itinér. esp.,1963, p. 187):
1. Il la ramena trois fois à l'éperon, à la cravache, et quand la bête se bloquait, il la châtiait rudement. La main tordait les rênes comme un garrot, sciait les lèvres; les longues jambes lardaient le ventre à grands coups d'éperon. Vercel, Capitaine Conan,1934, p. 184.
Expr., HIST. [Les éperons en tant que symbole de la dignité de chevalier]
Chausser les éperons (à qqn.) Conférer la dignité de chevalier. Enfin, on lui a chaussé les éperons d'or, attributs du chevalier (Faral, Vie temps St Louis,1942, p. 32).
Gagner ses éperons. Faire ses premières armes avec distinction (Ac. 1835-1932). Au fig., vieilli. Se distinguer dans une première affaire. J'ai conquis mes éperons oratoires hier et ce matin (Lamart., Corresp.,1835, p. 150).Talleyrand (...) avait à gagner ses éperons; il était depuis quelques semaines seulement à la tête du ministère des affaires étrangères (Sainte-Beuve, Nouv. lundis,t. 12, 1863-69, p. 40).
2. P. méton. Stimulation provoquée au moyen de l'éperon. Cheval sensible à l'éperon. Il lui fit sentir [à sa rosse] l'éperon, elle fit un écart et fut sur le point de tomber (Stendhal, L. Leuwen,t. 1, 1836, p. 39):
2. ... ces hurlements achevèrent d'épouvanter le cheval que les deux coups de feu avaient si violemment ému. La noble bête se cabra, volta sur elle-même, devint sourde à la voix, indocile à l'éperon. Ponson du Terrail, Rocambole,t. 5, 1859, p. 463.
Au fig. [Suivi d'un compl. déterminatif] Stimulation. (Quasi-)synon. aiguillon.Les soldats (...) allongeaient maintenant le pas, gaillards, ranimés, sous l'éperon cuisant du péril (Zola, Débâcle,1892, p. 150):
3. Il [Stendhal] sentait dans sa chair secrète l'éperon de la vanité littéraire; mais il y sentait, un peu plus avant, l'étroite et bizarre morsure de l'orgueil absolu qui ne veut dépendre que de soi. Valéry, Variété II,1929, p. 89.
Proverbe. Il a plus besoin de bride* que d'éperon.
Spéc., GASTR., vieilli. Mets excitant l'appétit ou poussant à boire. Ce petit fromage de chèvre, jaspé et persillé de vert, était un excellent éperon à boire (Gautier, Fracasse,1863, p. 465).
B.− P. anal.
1. [L'éperon est une pointe métallique]
a) JEUX. Pointe métallique dont on arme les pattes d'un coq de combat. Un combat de coqs (...) armés d'éperons de fer, dont la gorge ouverte saignait (Zola, Germinal,1885, p. 1265).
b) MARINE
c) Spéc., HIST. Pointe métallique placée en avant de l'étrave et en dessous de la ligne de flottaison, destinée à percer la coque des navires ennemis. (Quasi-)synon. rostre.Les éperons des galères d'Octave se brisaient contre ces gros navires construits de fortes poutres cerclées de fer (Michelet, Hist. romaine,t. 2, 1831, p. 322).
d) P. ext. Partie saillante ou renforcée en avant de l'étrave d'un navire. Enfin on reconnut la trirème d'Hamilcar (...) et sous l'éperon qui terminait sa proue, le cheval à tête d'ivoire (Flaub., Salammbô,t. 1, 1863, p. 115).
P. anal., CH. DE FER. L'éperon d'une locomotive. Il eût écrasé sans doute les premiers buffles attaqués par l'éperon de la locomotive (Verne, Tour monde,1873, p. 153).
2. [Une saillie, une proéminence]
a) ANAT. Partie en saillie dans une cavité qu'elle tend à diviser ou dans un tissu à structure homogène qu'elle tend à renforcer (d'apr. Méd. Biol. t. 2 1971). Guérison des anus contre nature consistant à repousser l'éperon avec un instrument « ad hoc » (C. Bernard, Notes,1860, p. 176).
b) ARCHIT. Ouvrage saillant en maçonnerie, angulaire en plan, construit en avant d'une pile de pont pour le protéger ou contre un mur pour le soutenir. (Quasi-) synon. bec.Chaque pile [du pont Saint-Esprit, sur le Rhône] est percée à jour au-dessus des éperons (Stendhal, Mém. touriste,t. 1, 1838, p. 283).Ces statues sont posées latéralement et du même côté, par rapport aux becs saillants ou aux éperons qui renforcent ces tours contre la sape et qui augmentent les flanquements (Viollet-le-Duc, Archit.,1872, p. 242).
c) BOT. Appendice tubuleux du calice ou de la corolle d'une fleur. Le calice de la capucine, les pétales de la violette ont un éperon (Ec.1835-1932).
d) Dans le domaine de la géogr.Partie saillante, avancée d'un relief montagneux. Éperon rocheux, calcaire. Le Potawmack sera navigable jusqu'au dernier éperon des Alléghénys (Crèvecœur, Voyage,t. 1, 1801, p. 174).Saint-Gilles (...) construisit sur l'éperon rocheux qui surplombe la gorge de la Qadicha, une forteresse (Grousset, Croisades,1939, p. 75):
4. ... une attaque menée par trois corps d'armée, ayant pour objectif la crête de Vimy (côtes 119, 140, 132). Deux attaques de flanc : l'une au nord de l'attaque principale visant la crête de Notre-Dame-de-Lorette et l'éperon nord de Souchez, puis la cote 119; l'autre, au sud, en direction de la croupe 96-93 (1 500 mètres sud de Bailleul) et s'étendant jusqu'à la Scarpe. Joffre, Mémoires,t. 2, 1931, p. 73.
Faire éperon, s'avancer en éperon. Faire saillie, s'avancer en saillie. Telle cathédrale (...) faisant éperon au bord du fleuve (Proust, J. filles en fleurs,1918, p. 838).L'hôtel et le village, accrochés à un versant, s'avançaient en éperon au-dessus du torrent (Estaunié, Sil. camp.,1925, p. 59).
e) Dans le domaine de la zool.Petit appendice sur la partie postérieure de la patte de certains animaux. Chez le coq (...) l'éperon court et rond chez les jeunes s'allonge et, chez les vieux, devient une pointe (Vialar, Fusil,1960, p. 53).
Prononc. et Orth. : [epʀ ɔ ̃]. Warn. 1968 note [εpʀ ɔ ̃] pour le lang. cour. À ce sujet cf. émeraude. Comme pour ce mot, la conservation dans la graph. du second e muet donne l'impression d'une syll. ouverte, ce qui explique le timbre fermé de l'initiale ainsi que la présence de l'accent aigu. Le mot est admis ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Ca 1100 esperun équit. (Roland, éd. J. Bédier, 345); 2. 1428 esperon « pointe de la proue d'un navire » (Ballade ds Voyage de Jérusalem du seigneur d'Anglure, 112 ds T.-L.), attest. isolée; de nouv. 1552 (Est., s.v. rostra); 3. 1556-60 archit. (F. Bournon, Hist. gén. de Paris, La Bastille, p. 256); 4. 1605 [éd.] ergots et esperons [du coq] (O. de Serres, Théâtre d'agriculture, 350 ds Littré); 5. 1801 « avancée en pointe d'un contrefort montagneux » (Crèvecœur, loc. cit.). De l'a. b. frq. *sporo, au sens 1, cf. l'a. h. all. sporo (Graff t. 6, col. 357), all. Sporn « id. »; sporo est attesté en b. lat. au ixes. (calcar : sporonus, spora ds CGL t. 2, p. 572, 21). Fréq. abs. littér. : 453. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 722, b) 968; xxes. : a) 551, b) 459.
DÉR.
Éperonnier, subst. masc.,vx. Celui qui fabrique, vend des éperons et autres instruments métalliques de monte. Faites-lui faire (...) un mors, (...) par notre éperonnier (Courier, Lettres Fr. et It.1805, p. 695).La plupart des dict. enregistrent un emploi en zool. ,,Oiseau de Chine dont le mâle porte à chaque pied deux ergots ou éperons`` (Ac. 1932). [epʀ ɔnje]. Seules transcr. mod. ds Passy 1914 et Lar. Lang. fr. Cf. éperon pour la var. cour. avec [ε] ouvert à l'initiale. Le mot est admis ds Ac. 1694-1932. 1resattest. a) 1292 esperonnier « celui qui fabrique ou vend des éperons (Rôle de la Taille de Paris, éd. H. Géraud, p. 49a), b) 1771 ornith. (Buffon, Hist. nat., t. 17, Oiseaux, vol. 2, p. 370); de éperon, suff. -ier*. Fréq. abs. littér. : 2.
BBG. − La Landelle (G. de). Le Lang. des marins. Paris, 1859, p. 58, 123, 124. − Mat. Louis-Philippe, 1951, p. 287. − Rommel 1954, p. 112.

Wiktionnaire

Nom commun

éperon \e.pʁɔ̃\ masculin

  1. (Équitation) Pièce de métal à deux branches, qui s’adapte au talon du cavalier et dont l’extrémité pointue ou portant une molette sert à piquer les flancs du cheval pour le stimuler.
    • En effet, […], le cheval releva la tête et hennit comme pour annoncer son arrivée, et, cette fois, sans que son maître eût besoin de l’exciter ni de la parole ni de l’éperon, il redoubla d’ardeur, …. — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
    • Et, enfonçant les éperons dans les flancs de sa monture qui hennit de douleur, il partit à fond de train. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
    • Toute proportion gardée, je pourrais comparer ce mouvement à celui du cheval qui vient de prendre, tout-à-coup, un violent coup d’éperon près de la sous-ventrière. — (Dieudonné Costes & Maurice Bellonte, Paris-New-York, 1930)
  2. (Botanique) Prolongement en forme de tube de la corolle ou du calice (ne concerne parfois qu’un pétale ou sépale particulier).
  3. (Marine) Partie de la proue d’un bâtiment qui se termine en pointe et qui a plus ou moins de saillie en avant.
    • L’éperon supportait la figure qui donnait son nom au vaisseau.
    • L’éperon des galères antiques était armé de fer.
  4. (Maçonnerie)
    1. Sorte de fortification en angle saillant qu’on élève au milieu des courtines, ou devant des portes, pour les défendre.
    2. Ouvrage en pointe qui sert à rompre le cours de l’eau, devant les piles des ponts, ou sur les bords des rivières.
    3. Tout pilier qu’on construit extérieurement d’un mur de terrasse de distance en distance, et qui se lie avec le corps du mur pour tenir la poussée des terres (Contrefort, anciennement contre-fort).
  5. (Géographie) Partie d’un contrefort, d’une chaîne de collines ou de montagnes qui se termine en pointe.
  6. (Héraldique) Meuble représentant l’objet du même nom dans les armoiries. Il est composé d’une branche en métal en U avec une tige au bout de laquelle se trouve une molette à six rais mais le nombre peut varier d'un illustrateur à l’autre. Il est représenté en pal, la molette vers le chef (haut). Dans les représentations anciennes, il est parfois muni d’une sangle en cuir. À rapprocher de molette d’éperon.
    • D’azur, à trois éperons d’or, qui est de la commune de Lécluse du Nord → voir illustration « armoiries avec 3 éperons »
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ÉPERON. n. m.
Petite branche de fer ou d'autre métal, qui s'adapte aux talons, dont la pointe ou les pointes servent à piquer le cheval afin de modifier son mouvement. Branche d'éperon. Molette d'éperon. Ce cheval est tendre, est sensible à l'éperon. Dur à l'éperon. Enfoncer l'éperon. Donner de l'éperon. Chausser les éperons. Déchausser les éperons. Gagner ses éperons, Faire ses premières armes avec distinction. Cela se dit, au propre, des anciens chevaliers; et on le dit au figuré de Quelqu'un qui a bien mérité, qui justifie d'une manière brillante les avantages, les récompenses qu'il obtient. Fig., Ce cheval n'a ni bouche ni éperon. Voyez BOUCHE. Fig. et fam., N'avoir ni bouche ni éperon. Voyez BOUCHE. Fig. et fam., Il a plus besoin de bride que d'éperon. Voyez BRIDE. Par analogie, on donne souvent, dans la longue didactique, le nom d'Éperon à ce qui en rappelle la forme, par exemple à l'Ergot que certains animaux, tels que les coqs, ont derrière la patte vers le bas, et que les chiens ont derrière les pattes de devant; à la Pointe d'acier dont on arme le coq de combat; à cette Partie de la proue d'un bâtiment qui se termine en pointe et qui a plus ou moins de saillie en avant. L'éperon supportait la figure qui donnait son nom au vaisseau. L'éperon des galères antiques était armé de fer; à une Sorte de fortification en angle saillant, qu'on élève, ou au milieu des courtines, ou au-devant des portes, pour les défendre; à Tout ouvrage en pointe qui sert à rompre le cours de l'eau, devant les piles des ponts, ou sur les bords des rivières; à Certains ouvrages de maçonnerie terminés en pointe, faits en dehors d'un bâtiment ou d'une muraille, pour les soutenir; en termes de Botanique, à une Pointe, à un prolongement en cornet, que l'on remarque à la base du calice, de la corolle ou des pétales de certaines fleurs. La fleur de la linaire, du pied d'alouette est terminée en éperon. Le calice de la capucine, les pétales de la violette ont un éperon. Il se dit aussi, en termes de Topographie, de la Partie d'un contrefort, d'une chaîne de collines ou de montagnes qui se termine en pointe.

Littré (1872-1877)

ÉPERON (é-pe-ron) s. m.
  • 1Petite branche de métal qui s'adapte aux talons, et est armée à l'extrémité d'une espèce de roue en étoile dont les pointes servent à exciter le cheval.

    Anciennement. Chausser les éperons, faire chevalier ; locution qui vient de ce que, en armant le nouveau chevalier, on lui chaussait ses éperons.

    Familièrement. Gagner ses éperons, se distinguer à sa première affaire ; et fig. bien mériter par ses actes

    Fig. Cet homme a besoin d'éperon, il a besoin d'être excité, poussé.

    Il a plus besoin de bride que d'éperon, d'être retenu que d'être poussé. Notre esprit assez souvent n'a pas moins besoin de bride que d'éperon, Boileau, Longin, Sublime, ch. 2.

    Chausser de près les éperons à quelqu'un, poursuivre de près quelqu'un qui s'enfuit. Les ennemis se retiraient, notre cavalerie leur chaussa les éperons. Locution qui vieillit.

    Donner un coup d'éperon jusqu'à un certain endroit, y courir, y aller en diligence.

    Ce cheval n'a ni bouche ni éperon, il a la bouche dure et n'est pas sensible à l'éperon. Et fig. Cet homme n'a ni bouche ni éperon, il est stupide, insensible.

    Terme de manége. Souffrir l'éperon, se dit d'un cheval peu sensible à cette manière de la conduire. Avoir l'éperon délicat et fin, fuir l'éperon, connaître l'éperon, s'attacher à l'éperon, se manier aisément avec l'éperon, expressions qui toutes désignent un cheval facile à conduire et à stimuler.

    Journée des éperons, bataille perdue par les Français à Guinegate [1513], ainsi nommée parce que les Français firent plus usage de leurs éperons que de leurs armes ; et la bataille de Courtray [1302], perdue par les Français, ainsi dite à cause de la grande quantité d'éperons que les Flamands vainqueurs prirent sur les chevaliers tués dans la bataille.

  • 2 Par analogie, ergot des coqs.
  • 3Ergot que les chiens ont aux jambes de devant.
  • 4 Terme de botanique. Prolongement postérieur de la base du calice ou de la corolle de certaines fleurs.

    Terme de jardinage. Branches courtes, droites, parallèles à l'horizon.

    Éperon de la Vierge ou de chevalier, plante, pied d'alouette (delphinium consolida, L.).

  • 5 Terme d'anatomie. Petite saillie formée, dans l'intérieur des artères, par leur membrane interne, au niveau de chacune de leurs divisions.

    Terme d'entomologie. Certaines épines insérées à l'extrémité du tibia de quelques insectes.

  • 6Partie de la proue d'un bâtiment terminée en pointe. L'éperon, qu'on appelait rostrum, était à fleur d'eau ; c'était une poutre qui avançait, munie d'une pointe de cuivre et quelquefois de fer, Rollin, Hist. anc. Œuvr. t. IV, p. 569, dans POUGENS. Leurs gros vaisseaux, portés sur les rochers des côtes voisines, brisés les uns contre les autres, entr'ouverts dans leurs flancs par les éperons des galères athéniennes, couvraient la mer de leurs débris, Barthélemy, Anach. Introd. part. II, sect. 2.

    Aujourd'hui les éperons des vaisseaux cuirassés sont des masses d'acier, à bord tranchant, qui occupent toute la hauteur de la proue.

  • 7 Terme de guerre. Fortification en angle saillant, qui se fait au milieu des courtines, sur les bords des rivières, etc. pour garantir une place.
  • 8Tout ouvrage en pointe qui sert à rompre le cours de l'eau.

    Terme de marine. Pointe de rocher qui rompt les lames à l'entrée d'un havre.

    Ouvrage de maçonnerie terminé en pointe et servant d'appui à un bâtiment, à une muraille. Une assez haute portion de tour gothique avec l'éperon qui la soutient, Diderot, Salon de 1767, Œuvres, t. XIV, p. 486, dans POUGENS.

    Terme de géologie. Saillie brusque que présente le contre-fort d'une chaîne de montagnes.

  • 9 Fig. et familièrement. Rides qui se forment au coin de l'œil des vieillards.
  • 10 Terme d'eaux et forêts. Instrument pour repiquer en glands les clairières des bois.
  • 11Anciennement, couper les éperons, dégrader un chevalier.
  • 12Ordre de l'Éperon, ordre institué en 1266 par le roi de Naples.

    Ordre de l'Éperon d'or, ordre institué en 1559 à Rome par les papes, pour récompenser le mérite civil.

HISTORIQUE

XIe s. Esperuns d'or [il] ad en ses piez fermez, Ch. de Rol. XXVI.

XIIe s. Et [il] li chaussa son premier esperon, Ronc. p. 29.

XIIIe s. Li Barrois le saisit par le col, et feri cheval des esporons, et le traist par force de bras des archons, Chr. de Rains, p. 40. Se j'estoie montés sor mon ceval et le feroie [piquais] des esperons parmi enfans ou par presse de gent, Beaumanoir, LXIX, 6.

XVe s. Monterent à cheval, et au fraper des esperons entrerent en la ville de Courtray ; car il n'y avoit deffense, nul contredit, Froissart, II, p. 226, dans LACURNE.

XVIe s. Je ne pouvois fournir de rennes [rênes] pour les premiers ; ces derniers ont usé mes esperons, D'Aubigné, Hist. I, 156. Ils poursuivirent leur victoire en tuant jusques dans l'eau, à la merci et sous les esperons des galeres, D'Aubigné, ib. I, 246. On avoit basti au milieu du pont deux demi-esperons qui se flanquoient bien, D'Aubigné, ib. II, 350. Le ressentiment de la roine d'Escosse servit d'espron pour faire partir cette grande armée, D'Aubigné, ib. III, 199. L'os de l'esperon ou petit focile de la jambe, Paré, IV, 31. Les ergots et esperons hautement posés à costé des jambes [chez le coq], De Serres, 350. Que Millan seroit bientôt revoltée, et qu'il esperoit aller jusques dedans Millan avec un esperon de bois [sans difficulté], Rob. de la Mark, Seign. de Fleuranges, Mém. ms. p. 160, dans LACURNE.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ÉPERON. Ajoutez :
13La veine de l'éperon, veine qui est voisine du lieu où l'éperon pique d'ordinaire. Le barbe avait probablement été malade ; car plusieurs épingles entourées d'un nœud de crin, et fixées, soit au cou de Scham, soit sur le trajet de la veine de l'éperon (les Anglais la saignent quelquefois), témoignaient que le barbe avait dû perdre beaucoup de sang, E. Sue, Godolphin Arabian, ch. VI.

Dicton normand : Il faut le saigner à la veine de l'éperon, se dit en parlant de quelqu'un qu'on soupçonne de faire le malade.

14 Terme de chirurgie. Éperon, saillie résultant, dans l'anus contre nature, de l'adossement des deux portions de l'intestin accolées l'une à l'autre derrière l'ouverture fistuleuse. Mémoire sur les anus contre nature dépourvus d'éperons, Velpeau, Paris, 1836.
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Étymologie de « éperon »

Wallon, sporon ; provenç. espero ; espagn. esperon, espolon ; portug. espora, esporão ; ital. sperone, sprone ; de l'anc. h. -allem. sporo au nominatif, sporon à l'accusatif ; gaélique, spor. Le radical spor tient peut-être au sanscrit sphar, agiter.

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De l’ancien français esperon, du vieux-francique *sporo.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « éperon »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
éperon epœrɔ̃

Évolution historique de l’usage du mot « éperon »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « éperon »

  • L'impôt sur le revenu agit comme le mors ; l'impôt sur le capital agit comme l'éperon. De Emile de Girardin / Le socialisme et l'impôt
  • Sans mors, sans éperon, sans bride, partons à cheval sur le vin pour un ciel féerique et divin ! Nous fuirons sans repos ni trêve, vers le paradis de mes rêves ! De Charles Baudelaire
  • L'honneur doit être un éperon pour la vertu, et non pas un étrier pour l'orgueil. De Charles Cahier / Proverbes et aphorismes
  • Je fais, en traversant les groupes et les ronds, Sonner les vérités comme des éperons. Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, I, 4, Cyrano , Fasquelle
  • On éperonne toujours le cheval qui galope. De Pline l’Ancien
  • Entre bride et l’éperon De toutes choses gît la raison. De Proverbe français
  • Aucun cheval ne bouge sans quelques coups d’éperon. De Diana Evans / 26a
  • Il faut user de sa langue avec certaines gens comme on se sert d'éperons pour les chevaux ; rarement, mais toujours vigoureusement. De Xavier Forneret
  • Je fais, en traversant les groupes et les ronds - Sonner les vérités comme des éperons. De Edmond Rostand / Cyrano de Bergerac
  • De l’éperon,centre équestre et d’équitation 17700 Saint Georges du Bois Saint-Georges-du-Bois Charente-Maritime Unidivers, Séjour Nature et Equitation 9-14 ans De l’éperon,centre équestre et d’équitation Saint-Georges-du-Bois lundi 10 août 2020
  • Le programme de ce deuxième semestre est en cours d’élaboration. Et sous la chênaie, face à l’éperon rocheux, le nouveau Cahier 14 passait de main en main, ainsi que le dernier Carnet de mémoire " La vallée de l’Orbiel, un passé industriel ". Des publications disponibles aux lieux habituels. lindependant.fr, Lastours : un conseil d’administration en plein air, face aux châteaux - lindependant.fr

Images d'illustration du mot « éperon »

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Traductions du mot « éperon »

Langue Traduction
Anglais spur
Espagnol estimular
Italien sperone
Allemand sporn
Chinois 刺激
Arabe حافز
Portugais espora
Russe шпора
Japonais 拍車
Basque akuilu
Corse spurisce
Source : Google Translate API

Synonymes de « éperon »

Source : synonymes de éperon sur lebonsynonyme.fr
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