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Ergot

Définitions du mot « ergot »

Trésor de la Langue Française informatisé

ERGOT, subst. masc.

A.− SC. NAT.
1. ZOOL. Appendice corné placé derrière le tibia ou le tarse de certains animaux.
a) [Chez les oiseaux et particulièrement chez les coqs] Doigt abortif, petit ongle pointu servant d'arme offensive. Ses ergots très-forts, sont préparés cependant pour tout autre chose que pour le combat (Michelet, Oiseau,1856, p. 186).Comme un ergot de coq de combat (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 375):
1. Les poules se disputèrent surtout les pissenlits, avec une telle voracité, une telle rage d'ailes et d'ergots, que les autres bêtes de la basse-cour entendirent. Alors, ce fut un envahissement. Zola, Faute Abbé Mouret,1875, p. 1458.
P. anal.
[En parlant d'une pers.] Se dresser, monter sur ses ergots. Se dresser sur ses pieds, se grandir pour se mettre en valeur. En voilà une de corsée, disait-elle, en voilà une de posée sur ses ergots (Reybaud, J. Paturot,1842, p. 78).Allongeant ou rétractant les membres, se dressant sur les ergots, exposant aux regards de tous sa jambe qu'il [le lutteur] avait toujours belle, et bombant ses reins encore incomparables, il voulait qu'on l'admirât, il exigeait qu'on l'applaudît (Cladel, Ompdrailles,1879, p. 195).
Au fig. Prendre une attitude fière et menaçante, être prêt à la riposte. J'ai trouvé ça, moi, dit Grandet en se dressant sur ses ergots (Balzac, E. Grandet,1834, p. 91).Minna, irritée, se dressait sur ses ergots pour répliquer (Rolland, J.-Chr.,Matin, 1904, p. 204).
[En parlant du démon; p. réf. à l'iconogr. pop., qui représente celui-ci avec des pattes de gros oiseau] Le démon m'avait imprimé son ergot au front (Balzac, Peau chagr.,1831, p. 185).
b) [Chez les mammifères à sabots] Formation cornée placée à l'arrière du boulet. Leurs pieds fourchus [des bœufs et des vaches] par l'écartement de leurs ergots entrent difficilement dans la terre, et de plus ils ont au-dessus et en arrière deux autres ergots en appendices (Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p. 245).
c) [Chez les carnivores et particulièrement le chien] Griffe qui se trouve à l'extrémité du cinquième doigt abortif. Son amble [de la chienne] nonchalant agitant à ses pattes de derrière, comme des pendeloques, ses doubles ergots (Colette, Cl. à l'école,1900, p. 231).
2. BOT. Champignon en forme de petite excroissance pointue qui parasite les épis de certaines céréales et constitue un danger pour qui le consomme. Ergot de blé, de seigle. La présence dans la farine d'ergot de seigle, de « lathyrus sativus » a pu être l'origine d'accidents graves d'ergotisme et de lathyrisme (Macaigne, Précis hyg.,1911, p. 251).Certaines spécialités à base d'ergot de seigle (Garcin, Guide vétér.,1944, p. 101):
2. Quand les blés ont la maladie. Et surtout les seigles. Cet ergot, cette carie du seigle, cette affreuse Pourriture sèche qui empoisonne Qui ose empoisonner le pain même. Péguy, Porche Myst.,1911, p. 283.
Rem. Dans ce domaine, la docum. atteste plusieurs subst. de la même famille. a) Ergostérol, subst. masc. Stérol répandu dans les végétaux et notamment dans l'ergot de seigle, qui peut se transformer en vitamine D sous l'influence des rayons ultraviolets. L'action préventive de l'ergostérol, extrait de l'ergot de seigle, a été remarquée par Tanret en 1889 (Bariéty, Coury, Hist. méd., 1963, p. 687). b) Ergotisme, subst. masc. Intoxication par du seigle ergoté (supra Macaigne, loc. cit.).
B.− P. anal.
1. ANAT. HUM. Ergot de Morand (dans la cavité des ventricules latéraux du cerveau). ,,L'Ergot de Morand, petit hippocampe ou calcar avis, saillie résultant du refoulement en dedans de la vésicule hémisphérique`` (Gérard, Anat. hum., 1912, p. 329).
2. TECHNOL. Petite pièce faisant saillie et destinée à servir de butée. Quand les ergots de la came touchent le contact, ils le ferment et un courant circule (Berkeley, Cerveaux géants,1957, p. 107).Une barre à mine munie à son extrémité de deux ergots situés de part et d'autre de la barre en sens opposé (Lambertie, Industr. pierre et marbre,1962, p. 53).
Prononc. et Orth. : [ε ʀgo]. Enq. : /eʀgo/. Ds Ac. 1694-1932. Ac. 1694 indique également argot, mais d'un usage moins commun (c'est une très anc. forme que Littré indique encore pour le Berry et le Genevois). Homon. ergo. Étymol. et Hist. I. Ca 1175 argoz « apophyse cornée située à l'arrière des pattes de certains animaux » (B. de Ste-Maure, Ducs Normandie, éd. C. Fahlin, 11711); ca 1440 fig. dancer sur les ergos (Martial d'Auvergne, Amant rendu cordelier, éd. A. de Montaiglon, 1643). II. a) 1651 arboric. argot (Bonnefons, Le Jardinier françois, p. 27); b) 1676 agric. Sologne ergot (Lettre de M. Dodart de l'Académie Royalle des Sciences ds Fr. mod. t. 18, p. 235); 1721 (Trév.). Orig. obsc. (FEW t. 22, 2, p. 13 et t. 21, p. 120 pour II b), peut-être à rattacher à une racine pré-romane *arg- désignant des choses pointues (cf. Hubschmid ds Z. rom. Philol., t. 71, p. 243, note 1 et Thes. praerom. II, 161). Fréq. abs. littér. : 58.
DÉR.
Ergotine, subst. fém.,chim. et pharm. Extrait d'ergot de seigle utilisé comme hémostatique et jadis, en obstétrique, pour accélérer l'accouchement. M. Michon (...) ordonna de l'ergotine, de la consoude (Michelet, Journal,1860, p. 519).Les sages-femmes hindoues utilisent, en guise d'ergotine, le verre pilé dans la bouse de vache (Sartre, Nausée,1938, p. 93). [ε ʀgɔtin]. Ds Ac. 1932. 1reattest. 1836 (Ac. Suppl.); de ergot terme d'agric., suff. -ine*. Fréq. abs. littér. : 3.
BBG. − Nigra (C.). Metatesi. Z. rom. Philol. 1904, t. 28, p. 6. − Rog. 1965, p. 41. − Sain. Sources t. 1 1972 [1925] p. 139.

Wiktionnaire

Nom commun

ergot \ɛʁ.ɡo\ masculin

  1. Petit éperon pointu osseux et corné de la patte des oiseaux galliformes mâles.
    • Les ergots d’un coq
    • (Figuré) Se dresser sur ses ergots, se tenir sur ses ergots, monter sur ses ergots, prendre une attitude hautaine et agressive.
    • Nicole se haussa sur ses petits pieds comme un jeune coq sur ses ergots. — (Alexandre Dumas, Joseph Balsamo, 1846)
  2. Doigt supplémentaire chez certaines races de chiens
    • On lui coupe l'ergot, a dit Maman, pour pas qu'elle se l'accroche quelque part quand elle court, — (Jamey Bradvury, Sauvage, traduction de Jacques Mailhos)
  3. Petite pièce servant de butée ou de clavette sur une pièce plus massive
  4. (Par analogie) Petite branche morte d’un arbre fruitier.
  5. (Agriculture) Maladie cryptogamique qui attaque le blé, le seigle et qui rend dangereux le pain qu’on fait de ce grain ainsi gâté→ voir ergot de seigle.
    • La rouille et le charbon ou nielle ne se montrent guère que dans les années pluvieuses et sur les récoltes ensemencées trop tard ; l’ergot du seigle est très-rare. — (Louis Graves, Précis statistique sur le canton d'Auneuil, arrondissement de Beauvais (Oise), Beauvais : chez Achille Desjardins, 1831, p.80)
  6. (Typographie) Petit trait horizontal rattaché le plus souvent à gauche du fut de la lettre minuscule s long, de la lettre minuscule eszett, ou de la lettre minuscule l dans certaines polices de caractères.
    • Cet ergot sur le l minuscule devint, par la suite, une caractéristique des caractères exclusifs de l’Imprimerie royale. — (Yves Perrousseaux, Histoire de l’écriture typographique, Le xviiie siècle, tome I/II, 2010, p. 13)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ERGOT. n. m.
Espèce de petit ongle pointu, que quelques animaux ont à la patte. Les ergots d'un coq, d'un chien. Fig., Se dresser sur ses ergots, se tenir sur ses ergots, monter sur ses ergots, Prendre une attitude hautaine et agressive. Il se dit, par analogie, d'une Petite branche morte d'un arbre fruitier. Il est aussi le nom d'une Maladie qui attaque le blé, le seigle et qui rend dangereux le pain qu'on fait de ce grain ainsi gâté.

Littré (1872-1877)

ERGOT (èr-go ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel, l's se lie : des èr-go-z aigus ; ergots rime avec repos, travaux, etc.) s. m.
  • 1Ongle pointu, éperon qui est à la partie postérieure du pied de certains oiseaux. Les ergots d'un coq. Un coq qui monte sur ses ergots. Le P. le Vassor attrapa les poules [des moines], leur coupa le bec et les ergots avec un couperet et les jeta aux moines par-dessus la haie, Saint-Simon, 79, 27. Cet ergot [l'ergot naissant coupé à un jeune coq], qui n'est pas plus gros qu'un grain de chènevis, quand on l'insère dans la duplicature de la crête coupée, y prend racine et croît en six mois de demi-pouce ; au bout de quatre ans, il devient une corne de trois à quatre pouces de longueur, Bonnet, Consid. corps organ. Œuvres, t. VI, p. 77, dans POUGENS.

    Fig. et familièrement. Se lever, monter sur ses ergots, le prendre sur un ton fier et menaçant. La femme incontinent montant sur ses ergots : Je t'ai tout apporté, disoit-elle en colère…, L'avare dupé ou L'homme de paille, I, 3, 1662, dans FR. MICHEL, Argot.

    Être sur ses ergots, être d'une humeur fière et impérieuse. Junon donc revenait d'Argos, Dame toujours sur ses ergots, Scarron, Virg. VII. Et sur ses ergots comme un coq, Scarron, ib. IV.

  • 2 Terme de vétérinaire. Tubercule corné, placé en arrière de la région du boulet, chez les mammifères monodactyles et didactyles. L'ergot n'est que la trace des doigts manquant à ces animaux.

    Terme de vénerie. Ongles de surcroît d'un chien.

    Par plaisanterie. Et puis Jupin, chargé de laine, Commençait à manquer d'haleine, Et n'allait plus que d'un gigot, Ayant une épine à l'ergot, Scarron, Typhon, IV.

  • 3 Terme de jardinier. Portion de branche morte qui reste sur les arbres fruitiers et qu'on doit retrancher.
  • 4 Terme de botanique. Ergot de blé, ergot de seigle, corps droit ou courbe et allongé de 1 à 4 centimètres, rarement plus, occupant la place du grain de blé ou de seigle. L'ergot de seigle est formé par une espèce de champignon de l'ordre des tuberculariées, la sphacelidie ergot de M. Fée ; il est très vénéneux. Le seigle dégénéré ou altéré, et qu'on nomme blé cornu ou ergot, n'est bon qu'à jeter, il cause des maladies funestes, Dict. des arts et mét. Amsterd. 1767, Boulanger.
  • 5 Terme d'anatomie. Ergot de Morand, petite éminence recourbée qui est dans la cavité digitale des ventricules latéraux du cerveau.

HISTORIQUE

XIIe s. [De morts] En fu si junchée la place, Qu'en sanc i sunt desqu'as argoz, Benoit de Sainte-Maure, II, 9539.

XVIe s. Les coqs bataillent du bec et des argots, Paré, Animaux, 16. Subtilz renards et grands mangeurs d'images, Pour hault monter, contrefont les bigots, Puis, quand ils sont huchez sur leurs argots, Au monde font de merveilleux dommages, Guill. Crétin, dans JAUBERT, Glossaire.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

ERGOT, s. m. (Hist. nat.) C’est ainsi que l’on appelle une sorte de corne molle qui se trouve derriere le boulet du cheval, qui est recouverte par le poil du fanon. On a aussi donné le même nom aux châtaignes ou lichenes du même animal, qui sont de petites tumeurs sans poil, de la grosseur d’une châtaigne, & de la consistence d’une corne molle : il y en a une dans chacune des quatre jambes, placée, dans celles de devant, en-dedans du bras, un peu au-dessus & à côté du genou ; & dans les jambes de derriere, un peu au-dessus & à côté du jarret. Mais les ergots proprement dits, sont derriere les boulets du cheval & des animaux à pié fourchu : ceux-ci en ont deux à chaque pié ; ils sont composés chacun d’une corne de même nature que celle des sabots de chaque doigt. On nomme, en terme de chasse, les ergots du sanglier, du cerf, du chevreuil, &c. les gardes. On a aussi donné le nom d’ergot aux éperons du coq. Voyez Coq. (I)

Ergot, (Agricult. & Econom. domest.) maladie singuliere dont le seigle est attaqué. Quelques-uns donnent ce nom au grain même qui est attaqué de la maladie, & qu’on appelle aussi blé cornu ; & ces noms viennent en général de ce que le grain de seigle malade a quelque ressemblance avec la figure d’un ergot de coq. Langius, medecin & savant naturaliste, est un des auteurs qui ont le mieux décrit cette maladie du seigle, & ses effets funestes. Voyez Act. Lips. 1718, p. 309. Les grains attaqués sont plus gros que les autres ; d’une couleur noire ; ont un goût acre ; sont fendus en plusieurs endroits, suivant leur longueur, &c. Le seigle ergoté, mêlé dans le pain, produit des effets funestes : c’est sur-tout en 1709 qu’on l’a observé. Les seigles de la Sologne contenoient près d’un quart de blé-cornu, que les pauvres gens négligeoient de séparer du bon grain, à cause de l’extreme disette qui suivit le grand hyver : le pain infecté de ce blé, donna à plusieurs une gangrene affreuse, qui leur fit tomber successivement & par parties tous les membres. Voyez mém. acad. des Sciences, 1709, pag. 63.

La plûpart des auteurs qui ont parlé de cette maladie, l’attribuent aux brouillards qui gâtent les épis. M. Tillet, directeur de la monnoie de Troyes, combat cette explication, dans une excellente dissertation sur la cause qui corrompt les grains de blé dans les épis ; dissertation couronnée avec justice par l’académie de Bordeaux en 1754, & imprimée dans la même ville en 1755. Comment, dit-il, les brouillards qui produisent l’ergot dans le seigle, ne produisent-ils jamais cette maladie dans l’orge, dans l’avoine, ni même dans une quantité prodigieuse d’épis de froment sans barbe, & où l’on ne voit presque jamais d’ergot ? D’ailleurs les brouillards couvrant ordinairement une certaine partie de terrein, devroient produire un effet assez général ; or souvent un épi est ergoté, sans que son voisin le soit ; un arpent est ergoté, sans que l’arpent voisin ait souffert : un épi même n’est jamais entierement ergoté. Enfin le seigle qui est au haut des pieces ensemencées, est attaqué de l’ergot, comme celui qui est au bas, & qui sembleroit devoir plus souffrir de l’humidité & du brouillard ; & le seigle est ergoté dans les années seches comme dans les pluvieuses. A ces preuves on peut ajoûter les suivantes. L’ergot n’est pas une maladie particuliere au seigle, il attaque la plante appellée gramen loliaceum, le gramen micosuros de la plus petite espece, & l’ivraie. Ces trois plantes sont ergotées dans des lieux & des tems secs, comme dans des lieux & des tems humides. Souvent ces plantes ne souffrent point de l’ergot dans des lieux inondés, où le seigle & le froment sont noyés sans ressource. L’ergot ne vient donc point de l’humidité.

M. Tillet croit devoir plûtôt l’attribuer à la piquûre de quelqu’insecte ; en examinant plusieurs grains de seigle ergotés, il y a apperçû un petit ver à peine sensible aux yeux : ce ver renfermé dans un gobelet de crystal avec le grain ergoté, se nourrit de ce grain, & le consomme. En ce cas l’ergot seroit semblable à plusieurs maladies qu’on observe dans d’autres plantes, & qui sont causées de même par des piquûres d’insectes. Voyez Galle, &c.

Langius croit qu’il y a de l’ergot nuisible à ceux qui en mangent, & de l’ergot qui ne l’est pas. M. Tillet croit que l’ergot est toûjours nuisible, mais qu’il doit être pour cela en certaine quantité.

Le froment, selon les observations de M. Tillet, est aussi sujet à l’ergot, mais le cas est rare : la poussiere des grains ergotés ne paroît pas contagieuse comme la poussiere des grains de froment cariés. Voyez l’article Grains, où nous donnerons un extrait plus étendu de l’excellent ouvrage de M. Tillet ; ouvrage également recommandable par l’importance de l’objet qu’il se propose, & par l’intelligence avec laquelle il l’a rempli.

L’auteur, depuis la publication de sa dissertation imprimée à Bordeaux en 1755, dédiée & présentée au Roi au mois de Mai de la même année, a ajoûté à cette dissertation de nouvelles réflexions, fruit de ses nouvelles expériences, & imprimées à Paris dans le cours du même mois de Mai. Voici en peu de mots un précis de ce qu’on lit sur l’ergot dans ces nouvelles recherches.

M. Tillet a trouvé quelques épis ergotés, tant dans les endroits où il avoit semé le seigle pur, que dans ceux où il avoit été sali avec la poussiere de quelques ergots broyés ; preuve que cette poussiere n’a rien de contagieux pour le grain.

Il a conservé, malgré le grand froid, plusieurs des insectes ou petites chenilles qu’il avoit trouvées dans les grains ergotés. Quelques-unes se changerent en assez jolis papillons d’une très-petite espece, semblables à d’autres que M. Tillet avoit vûs sur la surface de l’eau d’un cuvier exposé au soleil, & qu’il ne se rappelle point d’avoir vûs en plaine campagne. Ces papillons avoient attaché à des grains de seigle des œufs qui avoient produit les petites chenilles, auxquelles les ergots ont servi de nourriture. Il y a apparence, suivant les observations de M. Tillet, que l’ergot commence à se former par le suintement de la liqueur contenue dans le grain altéré par l’insecte.

Parmi un grand nombre d’ergots, il n’y en a qu’un très-petit nombre qui contiennent des chenilles ; la plûpart des grains, altérés simplement par l’insecte, selon M. Tillet, ne reçoivent point d’œufs, ou les œufs périssent. Quelquefois une chenille consomme entierement l’ergot, & n’y laisse que l’écorce, qui sert alors comme d’enveloppe à l’insecte.

S’il y a des années où l’ergot est très-commun, & d’autres où il est très-rare, il est facile d’expliquer ces différences par le tems plus ou moins favorable à la propagation des chenilles, les accidens qui peuvent les faire périr, &c. C’est ainsi qu’il y a des années où les arbres à fruit souffrent considérablement, & d’autres où ils sont très-peu endommagés, selon que l’année est plus ou moins favorable à la production des insectes qui dévorent ces fruits. (O)

Ergot, s. m. (Manége, Maréchallerie.) Nous appellons de ce nom un corps d’une consistance plus ou moins molle, d’un volume plus ou moins considérable dans certains chevaux que dans d’autres, & d’une forme vague & irréguliere, qui est situé sur chaque jambe derriere le boulet, & que le fanon recouvre ; communément il a moins de dureté que la châtaigne, & cette espece de corne est dénuée toûjours de poil. Je ne sais quelle est l’intention des Maréchaux, qui pratiquent sur ce corps une incision cruciale, & qui le fendent ainsi dans le cas des enflûres des jambes, des boulets, & dans celui des eaux, des mules traversines, des grappes, &c. ce qu’ils appellent desergoter. Je ne leur ferai néanmoins aucune question à cet égard, parce que je suis très persuadé que leur réponse ne présenteroit rien de satisfaisant. Ce dont je ne suis pas moins assûré, c’est qu’une pareille opération est inutile, & en pure perte. (e)

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Étymologie de « ergot »

Berry, argot, arigot ; génev. argot ; champ. artot. Origine inconnue. Le mot est très ancien sous la forme d'argot.

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En ancien français argot, peut-être d'un radical *arg- désignant une chose pointue → voir argutus, « vif, piquant » en latin et l’ancien français ergotis (« argutie, chicane »).
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Phonétique du mot « ergot »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
ergot ɛrgo

Évolution historique de l’usage du mot « ergot »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « ergot »

  • A quoi bon ergoter, il vaut mieux écouter. De Wang Fu
  • L’ergot du seigle est un champignon parasite qui produit une substance, les alcaloïdes, qui peuvent contaminer la farine et le pain. On n’autorise pas plus de 0,5g d’ergots par kilo de céréales. La dernière affaire est celle du "pain maudit" dans le Gard en 1951, qui a fait sept morts et a entraîné l’internement psychiatrique d’une cinquantaine de personnes. Europe 1, L'ergot de seigle, la graine qui rend fou
  • Afin de détecter les alcaloïdes de l’ergot, des toxines dangereuses pour l’homme et les animaux, produites par une moisissure et infectant le plus souvent le seigle et le blé, Neogen a développé un kit à format bandelette simple et rapide d’utilisation. Jusqu’alors les seules options pour la détection de ces toxines étaient des méthodes complexes de laboratoire ou des … Agro Media, Détection des alcaloïdes de l'ergot : Neogen lance le premier kit d’analyse rapide | Agro Media
  • Dans un contexte où la maîtrise de l’enherbement des parcelles et l’entretien des bordures des champs se compliquent, la présence d’ergot n’est pas si rare dans plusieurs régions françaises. Après la récolte, les sclérotes tombés au sol constituent une source de contamination pour les campagnes suivantes. Terre-net, Limiter la présence de sclérotes dans les lots de céréales
  • Dans un contexte où la maîtrise de l’enherbement des parcelles et l’entretien des bordures des champs se compliquent, la présence d’ergot n’est pas si rare dans notre région fait observer Arvalis. Journal Paysan Breton - Hebdomadaire technique agricole, Lutter contre l'ergot | Journal Paysan Breton
  • Au mois d'août 1951, les habitants du village de Pont Saint-Esprit (Gard) vont être la proie d'un étrange mal : le pain maudit. En cause ? Le pain du boulanger Roch-Briand, gangréné par un champignon : l'ergot de seigle. Des habitants déambulent nuitamment, l'un se jette dans le Rhône, l'autre se prend pour un avion à réaction... Bilan : 5 morts et des centaines de victimes d'hallucinations. Et l'on se souvient alors que le LSD est un dérivé de composés de l'ergot de seigle... France Culture, De l'ergot dans le pétrin - Ép. 1/2 - Pain maudit à Pont Saint-Esprit
  • Au chapitre des remarques désobligeantes, notons deux choses : une béquille latérale à l'ergot ennuyant à trouver du bout du talon et surtout un contacteur inséré dans une cuvette et horripilant à manipuler. Soit ils ont de longs doigts fins, soit ils n'ont jamais vraiment essayé de verrouiller la direction chez Moto Guzzi, mais dans un cas comme dans l'autre, on lutte pour tourner la clef au verrouillage. Chiant, tout simplement et sans autre mot. Caradisiac.com, Essai - Moto Guzzi V85 TT Travel : Confirmation réussie !
  • La thèse de l'ergot de seigle. Après plusieurs jours, deux médecins de Pont-Saint-Esprit ont une piste : le pain. L'aliment est finalement le seul point commun entre tous les malades qui ont tous consommé le pain du meilleur boulanger de la ville. Un professeur de la faculté de Montpellier estime que le mal mystérieux qui gagne les habitants proviendrait ainsi de l'ergot de seigle, un champignon parasite du blé. "C'est la théorie que je soutiens", confie Hubert Delobette. "C’est un champignon qui se développe à la faveur d’une humidité importante sur le seigle et contient des alcaloïdes, proches du LSD", souligne le spécialiste. Et l'analyse des viscères d'une des trois premières victimes va dans ce sens. Ce serait bien l'ergot de seigle qui serait à l’origine de la folie qui a atteint des habitants du village. Europe 1, L'affaire de Pont-Saint-Esprit : un mystère toujours pas résolu

Traductions du mot « ergot »

Langue Traduction
Anglais lug
Espagnol arrastrar
Italien aggetto
Allemand schleppen
Chinois 吊耳
Arabe العروة
Portugais arrastar
Russe волочение
Japonais ラグ
Basque lug
Corse luglia
Source : Google Translate API

Synonymes de « ergot »

Source : synonymes de ergot sur lebonsynonyme.fr

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