La langue française

Encens

Définitions du mot « encens »

Trésor de la Langue Française informatisé

ENCENS, subst. masc.

A.− Résine aromatique d'origine orientale, qui dégage une odeur caractéristique en brûlant, notamment utilisée dans les cérémonies religieuses. Fumée, grain, nuage, odeur, parfum d'encens. Les gestes liturgiques des prêtres balinais sont une danse exécutée dans la vapeur de l'encens (Cuisinier, Danse sacrée,1951, p. 95):
1. Et peut-être ne fut-elle [Mathilde] jamais plus loin de Dieu que dans ces momens où, entourée de torrens d'encens, de chants divins et d'images sacrées, il lui sembloit que ces parfums, ces voix et ces anges lui répétoient qu'elle ne pouvoit être digne du ciel qu'en demandant aussi la mort de Malek Adhel. Cottin, Mathilde,t. 2, 1805, p. 253.
Brûler, offrir (de) l'encens à qqn. Rendre hommage à quelqu'un grâce à l'encens :
2. Berthier portait une espèce de culte à ses amours : à côté de sa tente, il en avait toujours une autre aussi magnifiquement soignée que le boudoir le plus élégant; elle était consacrée au portrait de sa maîtresse, auquel il allait jusqu'à brûler parfois des encens. Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène,t. 1, 1823, p. 132.
P. anal.
BOT. ,,Nom vulgaire du romarin officinal`` (Littré).
Rem. Attesté également ds DG et Guérin 1892.
Littér. Senteur parfumée :
3. Je suis parti vers la mer assez éloignée, tenant les copies si précieuses que je venais de recevoir; et le soleil dans toute sa force, la route éblouissante, et ni l'azur, ni l'encens des plantes brûlantes ne m'étaient rien, tant ces vers inouïs m'exerçaient et me possédaient au plus vivant de moi. Valéry, Variété III,1936, p. 15.
B.− Au fig. Louange extrême, flatterie excessive :
4. André Lhéry, romancier connu, dépouillait avec lassitude son courrier... Lettres de femmes, pour la plupart, les unes signées, les autres non, apportant à l'écrivain l'encens des gentilles adorations intellectuelles. Loti, Les Désenchantées,1906, p. 5.
Rem. On rencontre ds la docum. le dér. encensier, subst. masc. a) Bot. Synon. de romarin officinal (attesté ds Ac. Compl. 1842, Besch. 1845, Littré, DG, Lar. 19e-20e, Rob. et Quillet 1965). b) Vx. liturg. Synon. de encensoir. De l'encens avec encensier et cuiller (Faral, Vie temps St Louis, 1942, p. 198).
Prononc. et Orth. : [ɑ ̃sɑ ̃]. Passy 1914 indique, en outre, la var. [ɑ ̃sɑ ̃:s]. Grammont Prononc. 1958, p. 93, note cette prononc. pour le Midi; mais Buben 1935, § 217, souligne qu'il y a hésitation d'apr. Clédat, Bruneau et Nyrop et il cite D'Harvé : ,,Verlaine fait rimer ce vocable avec agaçants. Mais dans la conversation, on n'omet pas l's final``. Littré ajoute après la transcr. que le s se lie : un encens agréable [ɑ ̃sɑ ̃zagʀeabl̥]. Étymol. et Hist. Ca 1135 (Couronnement Louis, 730 ds T.-L.); 1626 plur. fig. (Pichou, Poésies sur la mort de Théophile ds Livet Molière). Empr. au lat. chrét.incensum « toute matière brûlée en sacrifice, encens ». Fréq. abs. littér. : 824. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 564, b) 1 420; xxes. : a) 1 279, b) 638.

Wiktionnaire

Nom commun

encens \ɑ̃.sɑ̃\ masculin

  1. Espèce de résine aromatique dont on fait souvent usage dans les cérémonies religieuses.
    • En religion, la fumée de l’encens symbolise la prière qui monte vers Dieu. — (Gauthier Vaillant L’encens - Journal La Croix, page 14-15, 20 septembre 2015)
    • L’encens ne brûle plus sur nos autels ; nos harpes, nos tambourins et nos trompettes sont muets. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • L’encens, qui était une gomme résineuse, était exclusivement réservé aux cérémonies religieuses. — (Marcel Hégelbacher, La Parfumerie et la savonnerie, 1924)
    • Un souffle de parfum qu’elle porte, une odeur d’encens et de fleurs, vient à moi, et à ce parfum qui la désigne comme un vrai nom, je la reconnais […] — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
    • Quelques hommes seulement prirent part aux obsèques et peu de femmes même, de celles qui profitent de toutes les occasions pour sortir leurs vêtements noirs, leurs toquets de crêpe et qui aiment renifler l’odeur de l’encens. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
  2. (Figuré) Louange.
    • Grand Roi, si jusqu'ici, par un trait de prudence,
      J'ai demeuré pour toi dans un humble silence,
      Ce n'est pas que mon cœur, vainement suspendu,
      Balance pour t'offrir un encens qui t'es dû;
      Mais je sais peu louer; et ma muse tremblante
      Fuit d'un si grand fardeau la charge trop pesante,
      Et, dans ce haut éclat où tu te viens offrir,
      Touchant à tes lauriers, craindrait de les flétrir.
      — (Nicolas Boileau, Discours au roi)
    • En 1606, il fut admis en présence de Henri IV pour lui lire des fragments d'un poème héroïque qu'il composait à sa louange. Le monarque, qui aimait l’encens, l'encouragea à mener son épopée à bonne fin. — (Eugène Haag et Émile Haag, La France protestante ou Vies des protestants français qui se sont fait un nom dans l'histoire, Paris et Genève : Joël Cherbuliez, 1858, vol. 8, page 10)
    • La parole de Johnson agit sur lui comme les gestes d’un enchanteur ; elle captiva tout de suite cette âme adoratrice et servile qui cherchait un autel où brûler son encens. — (Julien Green, Samuel Johnson, dans Suite anglaise, 1972, Le Livre de Poche, pages 9-10)
  3. Encens de Jacob : Autre nom du benjoin.
  4. Encens puant : Autre nom de l'absinthe.

Nom commun

encens \Prononciation ?\ masculin

  1. Encens.
    • Or te portérent e encens — (La vie de saint Gilles, édition de Bos et Paris, p. 64, c. 1170. Manuscrit porterent.)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ENCENS. n. m.
Espèce de résine aromatique dont on fait souvent usage dans les cérémonies religieuses. Encens mâle. Grain d'encens. L'encens croît dans l'Arabie. L'odeur de l'encens est pénétrante. Brûler de l'encens sur les autels. La fumée de l'encens. Donner de l'encens, Brûler de l'encens devant quelqu'un ou quelque chose, pour accomplir une cérémonie religieuse. Il refusa de donner de l'encens aux idoles. On dit aussi quelquefois Offrir de l'encens. Il signifie au figuré Louange outrée dont on flatte quelqu'un. Il ne refuse pas l'encens le plus grossier. Respirer avec volupté l'encens.

Littré (1872-1877)

ENCENS (an-san ; l's se lie : un an-san-z agréable) s. m.
  • 1Nom vulgaire de la résine appelée, en matière médicale, oliban. L'encens croit dans l'Arabie et dans l'Inde. Les lieux où croît l'encens, où murmure l'abeille, Ducis, Abufar, I, 5.
  • 2Composition que l'on brûle comme parfum, particulièrement dans les cérémonies religieuses, mélange d'oliban et de gommes-résines communes. Que je vous dois d'encens, grands dieux qui m'exaucez ! Corneille, Hor. III, 2. … Mais depuis qu'en ces lieux Sa voix rend aux mortels les réponses des dieux, Et qu'il envoie au ciel les encens de nos temples, Rotrou, Antig. v, 6. Grands dieux… Je vous promets pourvu qu'il [un sanglier] ne m'attrape pas, Quatre livres d'encens…, Molière, Prince d'Él. I, 2. Il n'a pas daigné brûler de l'encens sur mes autels, Fénelon, Tél. VIII. Puissent jusques au ciel vos soupirs innocents Monter comme l'odeur d'un agréable encens ! Racine, Esth. I, 2. Qu'il est doux de voir sa pensée, Avant de chercher ses accents, En mètres divins cadencée, Monter soudain comme l'encens ! Lamartine, Harm. I, 1.

    Donner de l'encens, brûler de l'encens devant quelqu'un ou devant quelque chose, pour accomplir une cérémonie religieuse. Choisis de leur donner ton sang ou de l'encens [aux dieux du paganisme], Corneille, Poly. v, 2.

  • 3 Fig. Hommage, louange, flatterie. Mais vous avez cent fois notre encens refusé, La Fontaine, Fabl. X, 1. Les flatteurs, par exemple, cherchent à profiter de l'amour que les hommes ont pour les louanges, en leur donnant tout le vain encens qu'ils souhaitent, Molière, l'Am. méd. III, 1. Et dont, à tout propos, les molles complaisances Donneraient de l'encens à mes extravagances, Molière, Mis. II, 5. Il allait porter son encens avec peine sur les autels de la fortune, Fléchier, M. de Mont. L'on jette sans y penser quelques grains de l'encens qu'on doit à Dieu sur le monde, Fléchier, Mar. Th. Vendre au plus offrant son encens et ses vers, Boileau, Sat. I. Qui d'un indigne encens profanent tes autels, Boileau, Disc. au roi. Je ne puis, en esclave à la suite des grands, à des dieux sans vertus prodiguer mon encens, Boileau, ib. Les femmes adorées Reçoivent cet encens que l'on doit à vos yeux, Voltaire, Zaïre, I, 1. Alamon, c'est le nom de ce prince imbécile, Avalait cet encens, Voltaire, Éd. d'un prince. Je viens à vos genoux en soupirs caressants D'un vers adulateur vous prodiguer l'encens, Chénier, Élég. 38. Brûlons-nous pour une coquette Un encens d'abord accueilli ? Béranger, Vieillesse.

    Un grain d'encens, un peu de flatterie.

    Au plur. Ce que tu vaux est en toi-même ; Tu fais ton prix par tes vertus ; Tous les encens d'autrui sont encens superflus, Corneille, Imit. II, 6. Et ces hautes vertus que de vous il hérite Vous donnent votre part aux encens qu'il mérite, Corneille, Vict. du roi. Aux encens qu'elle donne à son héros d'esprit, Molière, F. sav. I, 1. Pour moi je ne vois rien de plus sot à mon sens Qu'un auteur qui partout va gueuser des encens, Molière, ib. III, 5. Cet empire que tient la raison sur les sens Ne fait pas renoncer aux douceurs des encens, Molière, ib. I, 1. Ce soin que vous vouliez bien prendre de faire valoir nos bonnes intentions et nos services, de porter nos vœux et nos encens aux pieds du trône…, Fléchier, Compl. à M. de Châteauneuf.

  • 4 Terme de botanique. Nom vulgaire du romarin officinal (famille des labiées), dit encore encensier.

    PROVERBE

    Selon les gens, l'encens.

REMARQUE

Sur ces vers de Corneille : Mais quoique vos encens le traitent d'immortel, Cette grande victime est trop pour ton autel, Mort de P. I, 1. Voltaire a prétendu qu'on ne pouvait pas dire encens au pluriel. La raison est qu'on ne compte pas l'encens, qu'on ne dit ni un ni deux encens, à moins qu'on ne veuille désigner des espèces différentes. Dans le sens général, ce mot n'a donc point de pluriel. Cependant il est certain aussi qu'au XVIIe siècle on ne faisait pas cette distinction, et qu'encens se disait très bien au pluriel pour louanges, flatteries. Aujourd'hui la distinction est établie, et on ne dit plus : brûler, offrir des encens, mais de l'encens.

HISTORIQUE

XIIe s. Encontre lei [contre la loi] encens [il] volt offrir al altel, Rois, p. 391. Plus soef olent [sentent] que encens ne piment, Ronc. p. 102. Del saint encens porter el temple s'enhardi ; Deus s'en ert [était] cureciez, de liepre le feri [frappa], Th. le mart. 74.

XVIe s. L'encens est un arbre qui croist en Arabie. - On sophistique l'encens avec resine de pin, Paré, XXVI, 15. Herbe d'absinthe ou encens puant, Fouilloux, Fauconn. f° 28, dans LACURNE.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ENCENS. Ajoutez :
5 Arbre d'encens, plusieurs arbres produisant des résines, tels que les amyris, les bursera, les icica, etc. Baillon, Dict. de bot. p. 247.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

ENCENS, s. m. (Hist. nat. des drogues.) en latin thus masculum, olibanum off. λίϐανος, Théophr. & Diosc. λιϐανωτὸν, Hippoc. substance résineuse, d’un jaune-pâle ou transparent, en larmes semblables à celles du mastic, mais plus grosses. Voici ce qu’en dit M. Geoffroy, qui en a parlé avec le plus de briéveté & de vérité.

L’encens est sec & dur, d’un goût un peu amer, modérément acre & résineux, non desagréable, & d’une odeur pénétrante. Lorsqu’on le jette sur le feu, il devient aussi-tôt ardent, & répand une flamme vive qui a peine à s’éteindre : il ne coule pas comme le mastic. Si on le met sous les dents, il se brise aussitôt en petits morceaux ; mais il ne se réunit point comme le mastic, & on ne peut pas le rouler comme lui dans la bouche, parce qu’il s’attache aux dents.

Les gouttes d’encens sont transparentes, oblongues & arrondies ; quelquefois elles sont seules, quelquefois il y en a deux ensemble, & elles ressemblent à des testicules ou à des mammelles, selon qu’elles sont plus ou moins grosses : c’est de-là que viennent les noms ridicules d’encens mâle & d’encens femelle. Quelquefois il y a quatre ou cinq gouttes d’encens de la grosseur d’un pois ou d’une aveline, qui sont par hasard attachées à l’écorce de l’arbre d’où elles ont découlé. On estime l’encens qui est blanchâtre, transparent, pur, brillant, sec.

L’encens a été connu non-seulement des Grecs & des Arabes, mais aussi de presque toutes les nations, & dans tous les tems. Son usage a été très-célébré & très-fréquent dans les sacrifices ; car autrefois on les faisoit avec de l’encens, & on s’en servoit, comme l’on s’en sert encore à-présent, pour exciter une odeur agréable dans les temples. Cette coûtume a presque passé parmi toutes les nations, dans toutes les religions, & dans tous les lieux.

Les auteurs ne conviennent pas du pays natal de l’encens. Quelques-uns prétendent qu’il n’y a que l’Arabie qui le produit ; & encore que ce n’est pas ce pays-là tout entier, mais seulement la partie que l’on appelle Saba. D’autres veulent que l’Ethiopie, dont quelques peuples s’appellent Sabéens, porte aussi cette racine odoriférante.

Nous sommes encore moins certains de l’arbre qui fournit l’encens. Pline en parle fort obscurément, & suppose que c’est le terebinthe. Théophraste assûre qu’il est haut de cinq coudées, branchu, & que ses feuilles ressemblent à celles du poirier. D’autres cependant, dit-il, soûtiennent qu’il est semblable au lentisque ; & d’autres, qu’il a l’écorce & les feuilles du laurier. Diodore de Sicile lui donne la figure de l’acacia d’Egypte, & les feuilles de saule. Garzias assûre que l’arbre de l’encens n’est pas fort haut, & que ses feuilles sont semblables à celles du lentisque. Thevet au contraire soûtient qu’il ressemble aux pins qui fournissent de la résine.

Ce que quelques-uns appellent parfum ou encens des Juifs (parce qu’ils s’en servoient souvent dans leurs temples), est une masse seche, un peu résineuse, rougeâtre en écorce, qui a l’odeur pénétrante du storax liquide. Cette masse est faite des écorces de l’arbre appellé rosa-mallas, que l’on fait bouillir, & que l’on exprime après que l’on en a tiré le storax liquide : elle n’est bonne qu’à brûler.

La manne d’encens n’est autre chose que les miettes ou les petites parties qui se sont formées de la collision des grumeaux d’encens, par le mouvement de la voiture ou autrement.

La suie d’encens est cette manne d’encens, brûlée de la maniere qu’on brûle l’arcançon pour faire du noir de fumée.

L’écorce d’encens est l’écorce de l’arbre thurifere. Elle a presque les mêmes qualités & la même odeur que l’encens, aussi fait-on entrer cette écorce dans la composition des parfums enflammables ; mais on n’en apporte plus guere, & l’on substitue à sa place l’encens des Juifs.

Le galipot s’appelle gros encens ou encens commun, à la différence de l’oliban, qu’on nomme encens fin.

L’encens marbré est une des especes de barras. Voyez Barras.

L’encens des Indes, qu’on appelle vulgairement encens de Mocha, quoiqu’il ne vienne point de cette ville d’Arabie, arrive en Europe par les vaisseaux des compagnies des Indes ; on l’apporte en masse, quelquefois en petites larmes, mais toûjours fort chargé d’ordure. Il est rougeâtre, & d’un goût un peu amer. Quelques épiciers-droguistes le vendent pour vrai oliban : c’est de leur part une erreur ou une tromperie.

L’encens de Thuringe est, comme on le dit dans le dictionnaire de Trévoux, la résine que fournissent les pins de la Thuringe, & sur-tout du territoire de Saxe, qui abonde en forêts de ces sortes d’arbres. Les fourmis sauvages en retirent de petits grumeaux qu’elles enfoüissent dans la terre quelquefois jusqu’à quatre piés de profondeur. Là cette poix, par la chaleur soûterreine, reçoit un nouveau degré de coction, & se réduit en masse : on la tire ensuite de terre par gros morceaux, & c’est ce qu’on appelle encens de Thuringe, qu’on vend hardiment pour de l’encens. Voyez l’Orictographie de M. Schut. Article de M. le Chevalier de Jaucourt.

Encens, (Pharmacie & Mat. méd.) Cette résine entre dans beaucoup de compositions pharmaceutiques officinales. Les Grecs, & les Arabes sur-tout, l’employoient fréquemment ; ils regardoient l’encens pris intérieurement, comme bon contre différentes maladies de la tête, de la poitrine, le flux de ventre, & les fleurs blanches : ils le recommandoient pour la toux, le crachement de sang, la diarrhée, & la dyssenterie.

Quercetanus (Duchêne), in arte med. pract. vante beaucoup contre la pleurésie, une pomme creusée dans laquelle on a mis une dragme d’encens en poudre, & que l’on fait cuire au feu ; il la fait prendre au malade, & lui donne trois onces d’eau de chardon beni : ensuite il le fait bien couvrir pour le faire suer. Riviere assûre qu’il a vû plusieurs personnes guéries par ce remede.

Quelques auteurs recommandent l’encens dans les fumigations de la tête, pour les catarrhes, le vertige, le corryza, & celles de l’anus pour la chûte de cette partie.

Les anciens brûloient l’encens, & en recevoient la suie ou le noir de fumée, qu’ils estimoient beaucoup dans les inflammations des yeux.

Mathiole recommande pour la chassie & la rougeur des yeux, de l’eau-rose dans laquelle on a éteint en différentes fois trente grains d’encens allumés à une bougie. On passe cette eau à-travers un linge blanc, & on frote le coin des yeux avec une plume.

Quelques personnes se servent d’un grain d’encens qu’ils appliquent sur une dent douloureuse, dans l’intention de la faire pourrir.

Nous employons aujourd’hui fort rarement l’encens, & on ne s’en sert guere dans les boutiques que pour les préparations officinales où il est demandé. Il entre dans les eaux antinéphrétiques & thériacales, dans le mithridate, dans les trochisques de karahé, dans les pilules de cynoglosse & de styrax, dans les baumes de Fioraventi & du Commandeur, & dans un grand nombre d’emplâtres. (b)

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Étymologie de « encens »

Du latin incensum (« bûcher offert au dieu, holocauste »), dérivé de incendere qui donne incendie.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Provenç. encens, ensens, ences, eces, esses ; catal. encens ; espagn. incienso ; portug. et ital. incenso ; du latin incensum, brûlé, de incendere, brûler (voy. INCENDIE).

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Phonétique du mot « encens »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
encens ɑ̃sɑ̃

Évolution historique de l’usage du mot « encens »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « encens »

  • L’homme qui pardonne à son ennemi en lui faisant du bien ressemble à l’encens qui embaume le feu qui le consume. De Proverbe indien
  • Un peu d'encens brûlé rajuste bien des choses. Savinien de Cyrano de Bergerac, La Mort d'Agrippine
  • La critique des sots est l'encens du génie. De Charles Hubert Millevoye
  • Que ne fait-on passer avec un peu d’encens ? De Jean-Pierre Florian / Fables
  • L’encens gâte plus de cervelles Que la poudre n’en fait sauter. De Pesselier / Fables nouvelles
  • Entre eux les gens de lettres se suffoquent d'encens ou s'inondent de fiel. De Georges-Louis Leclerc de Buffon / Académie - 15 mai 1775
  • On ne se donne pas bonne conscience uniquement en brûlant de l'encens et en vénérant des statues, encore faut-il des actes de justice et de bonnes actions. De Lao She / Quatre générations sous un même toit
  • De plus, l’encens symbolise nos prières qui montent vers Dieu. L’odeur de l’encens qui émane des grains brûlants et s’élève dans son parfum particulier symbolise aussi la prière. La prière, c’est l’abandon de l’âme à Dieu, l’élévation de la pensée et de l’esprit vers le ciel, l’aspiration du cœur à des biens invisibles et éternels. Lorsque les grains d’encens sont posés sur des charbons ardents, une douce odeur s’en dégage. De même, si le cœur est embrasé par les flammes de l’amour divin et d’une ardente dévotion, alors notre prière se libère de toute chose terrestre et s’élève vers le Seigneur tel un doux et précieux parfum. Ainsi, notre prière sera reçue favorablement et sera exaucée par Dieu. Aleteia : un regard chrétien sur l’actualité, la spiritualité et le lifestyle, Comment l’encens favorise la prière personnelle
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  • Un nombre restreint de Dresseurs recevront bientôt une visite spéciale du Professeur Willow ! Si vous êtes invité à participer à ce test, il vous expliquera qu'il travaille sur un type d'encens spécial. Cet encens n'apparaîtra pas dans votre sac d'objets, mais sera activé lorsque le Professeur Willow vous le donnera. Une fois par jour, il attirera un Pokémon qui apparaîtra uniquement pour vous. N'oubliez pas de consulter le jeu chaque jour pour savoir quel Pokémon apparaît ! GAMERGEN.COM, Pokémon GO : des boîtes gratuites et des rencontres Pokémon quotidiennes garanties pour bientôt ! - GAMERGEN.COM
  • « Le marché Huile essentielle d’encens mondial croît à un TCAC élevé au cours de la période de prévision 2020-2026. L’intérêt croissant des particuliers pour cette industrie est la principale raison de l’expansion de ce marché. Selon le Rapport, le marché Huile essentielle d’encens devrait croître à un TCAC de xx % au cours de la période de prévision (2019-2027) et dépasser une valeur de XX USD d’ici la fin de 2027. » Thesneaklife, Impact du marché Huile essentielle d’encens mondial de Covid-19 (2020 à 2027) | AMBE PHYTOEXTRACTS PRIVATE LIMITED(IN), AROMAAZ INTERNATIONAL(IN), AVA PLANT CO., LTD.(TH), BO INTERNATIONAL(IN) – Thesneaklife
  • Si vous n'êtes pas encore au niveau 40, c'est le moment d'accumuler pas mal de points d'expérience. La meilleure stratégie serait de vous positionner dans une zone assez dense en raids et de la parcourir avec un encens et un oeuf chance en attendant de pouvoir participer aux raids autour de vous. Vous pouvez aussi utiliser un Leurre Moussu, qui permet d'attirer toujours plus d'insectes ! Jeuxvideo.com, Pokémon GO, événement Insectomania : comment en profiter au maximum ? Notre guide - Actualités - jeuxvideo.com
  • J'ai également eu carabing et escargaume en apparition via l'encens ! Pokekalos.fr, Pokémon GO : détails de l'événement Insectomania 2020 !

Traductions du mot « encens »

Langue Traduction
Anglais incense
Espagnol incienso
Italien incenso
Allemand weihrauch
Chinois
Arabe عطور
Portugais incenso
Russe ладан
Japonais お香
Basque intsentsua
Corse incensu
Source : Google Translate API

Synonymes de « encens »

Source : synonymes de encens sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « encens »

Encens

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