La langue française

Donc

Sommaire

  • Définitions du mot donc
  • Étymologie de « donc »
  • Phonétique de « donc »
  • Citations contenant le mot « donc »
  • Traductions du mot « donc »
  • Synonymes de « donc »
  • Antonymes de « donc »

Définitions du mot « donc »

Trésor de la Langue Française informatisé

DONC, conj., adv. et particule.

Conjonction, adverbe et particule de coordination, dont la place est assez mobile dans la phrase, et qui sert tantôt à relier logiquement une phrase ou une proposition à une autre, tantôt à renforcer une phrase, une proposition ou un mot.
I.− Conjonction de coordination exprimant la conséquence ou la conclusion d'énoncés immédiatement antécédents (valeur logique; introduit une phrase, un membre de phrase ou une proposition)
A.− [Emploi en constr. simple]
1. [Pour introduire et exprimer le résultat, la conséquence de ce qui est exprimé précédemment, affirmation ou événement] Synon. en conséquence, par conséquent, partant, par suite, d'où.
a) [Pour exprimer la conséquence d'un fait énoncé dans la phrase précédente (après virgule, point virgule ou double point)] Il a souvent été en rapports avec Grey; il en parle donc, lui, en connaissance de cause (Martin du G., Thib.,Été 14, 1936, p. 516).J'ai pensé qu'Hector devait être encore enfermé; je suis donc montée par le petit escalier (Aymé, Cléramb.,1950, p. 75).
[Après une loc. verbale indiquant une nécessité ou une évidence : c'est donc que, il faut donc, il doit donc, vous voyez donc que...] À une heure, l'équipe de sœur Céline et de Léon allait revenir : avant une heure, il fallait donc que ce fût fait (Martin du G., Thib.,Mort père, 1929, p. 1296):
1. Vous allez déjeuner d'abord et vous visiterez le cloître ensuite. Seulement, je ne peux pas inviter une dame à la table des hôtes : il vous faudra donc manger hors de la clôture. T'Serstevens, L'Itinéraire espagnol,1963, p. 234.
[Dans une phrase elliptique du verbe, après un mot autre que le verbe, souvent en seconde position dans la phrase] :
2. Oh! C'est entendu, je ne suis pas une mère romaine. J'en conviens. Inutile donc que tu le redises et que je le redise sur tous les tons. Montherlant, L'Exil,1929, I, 4, p. 43.
[En partic., après des loc. verbales indiquant une nécessité ou une obligation : il faut donc que, il (ne) peut donc (pas), il est donc dans l'obligation de...] Je suis donc dans la désolante nécessité de procéder à des compressions de personnel (Camus, Caligula,1944, II, 5, p. 38).
b) [Pour exprimer la conséquence ultime résumant les conclusions partielles énoncées dans plusieurs phrases précédentes (lettres, discours, etc.)] La question est donc de savoir si... :
3. ... votre concierge m'a appris ce matin que vous étiez absent et ne rentriez que ce soir. Je suis moi-même obligé de partir pour Lyon lundi matin et ne pourrai repasser chez vous. Voudriez-vous donc avoir l'obligeance de remettre vous-même le manuscrit de Suarès à Valette à qui je l'ai annoncé? Claudel, Correspondance[avec Gide], 1906, p. 63.
[En partic., pour exprimer la conclusion d'un événement, le point d'une situation] Synon. enfin, ainsi, aussi, bref, en somme, en conclusion.Donc, en voiture, mon cher confrère, en voiture (Romains, Knock,1923, I, p. 7).
2. [Pour introduire la conclusion d'un raisonnement, notamment la troisième proposition d'un syllogisme]
a) [D'un raisonnement logique, souvent en corrélation avec or] :
4. − Tout doit rapporter, les choses animées et inanimées. − La terre est féconde, l'argent est aussi fertile, et le temps rapporte l'argent. − Or, les femmes ont des années comme nous; donc, c'est perdre un bon revenu que de laisser passer ce temps sans emploi. Vigny, Chatterton,1835, I, 2, p. 255.
Rem. La docum. atteste un emploi subst. Ce « donc » résume toute une plaidoirie (Guéhenno, Jean-Jacques, 1950, p. 28).
En partic. [En parlant du cogito* de Descartes] Je pense, donc je suis :
5. Un malade de Pitre et Régis, semblable à certains philosophes, passait la journée à se demander s'il existait : « Je pense, donc je suis, se dit-il, oui, mais je ne pense pas toujours. Et puis il faut une certaine quantité de pensée pour vivre : en ai-je la quantité suffisante? » Mounier, Traité du caractère,1946, p. 578.
b) [D'un raisonnement de type mathématique (calcul)] Un grand garçon de dix-huit ans, qui voulait bien venir aussi, − ce qui faisait six; il ne restait donc qu'une place (Ramuz, Gde peur mont.,1926, p. 40).Le 21 octobre dernier (il y avait donc de cela six jours) (Gide, Voy. Congo,1927, p. 737).
B.− [Emploi en constr. liée; en association ou en corrélation]
1. [En association avec]
a) [une conj. de coordination ou de subordination] Et donc, si donc. Il [le sentiment national] est devenu (...) plus purement passionnel, plus parfaitement irrationnel et donc plus fort (Benda, Trah. clercs,1927, p. 26).Si donc l'on y introduit un jugement de valeur venu du dehors (Camus, Homme rév.,1951, p. 276).
b) [un adv.] Ainsi donc. Ainsi donc − ai-je bien compris? − Votre pensionnaire serait l'auteur du meurtre? (Bernanos, M. Ouine,1943, p. 1406).
c) [une prép.] Sans donc avoir besoin de demander à Tzara de se ressaisir (Breton, Manif. surréal.,2emanif., 1930, p. 161).
d) [une loc. verbale] Vous mettez du rouge : c'est donc que vous cherchez à plaire (Montherl., Celles qu'on prend,1950, II, 5, p. 806).
2. [En corrélation avec]
a) [un gérondif (quelques auteurs emploient ce tour)] Tout ce monde ayant perdu la raison, il faut donc que vous soyez juges (Camus, Esprits,1953, p. 449).
b) [une conjonction] Puisque, comme, si... c'est donc que. Voici donc mon secret, puisque vous l'exigez (Giraudoux, Siegfried,1928, II, 5, p. 104).
II.− Adverbe de rappel ou de reprise d'énoncés antécédents (valeur déictique, anaphorique; dans un exposé, un discours oral ou écrit, pour reprendre le fil du sujet, pour ramener l'interlocuteur ou le lecteur à ce dont il est question; mobile, l'adverbe peut se placer en tête de phrase, après le verbe ou après le sujet)
A.− [Après une digression, simple adv. de transition] Je disais donc que...; donc, pour en revenir à...; notre héros donc...
1. [Avec dire] La chaleur m'éprouve... Je vous disais donc qu'avant-hier (Gide, Faux-monn.,1925, p. 1116).
2. [Sans dire] Passons. Donc, tu as un peu pensé à ce que je te dis? (Giono, Regain,1930, p. 214).
B.− [Après une interruption ou une suspension]
1. [Une interruption] :
6. Tu m'écoutes? − Oui, maman... − Donc, nous avions fait un grand tour, par une de ces chaleurs! Colette, Sido,1929, p. 56.
2. [Une suspension] :
7. J'en suis donc à te dire ... Où diable en suis-je donc? M'y voilà. − Je disais qu'Hassan, près d'une femme, était très expansif : − Il voulait tout ou rien. Musset, Namouna,1832, p. 409.
III.− Particule servant à noter une réaction affective ou expressive devant une situation donnée, exprimée ou suggérée par le contexte (valeurs stylistiques en situation)
A.− [En construction simple, pour renforcer une phrase]
1. [affirmative] Le temps était donc venu où elle pourrait parler avec lui librement! (Montherl., Bestiaires,1926, p. 391).
2. [interrogative] Les enfants, où sont-ils donc? (Martin du G., Thib.,Sorell., 1928, p. 1189).
3. [exclamative] Mon Dieu! que vous êtes donc fraîche et jolie ce matin! (Labiche, Fille bien gardée,1850, 3, p. 286).
4. [impérative] Entrez donc, asseyez-vous donc, faites donc! Il dit d'une voix engageante : « Viens donc dîner un de ces soirs à la maison » (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 294).
B.− [En construction liée, dans des locutions exclamatives courantes du français parlé, plus ou moins familières, où donc est postposé, à valeur affective d'encouragement ou de réprobation]
1. Va donc!
a) Pop. ou très fam. Va donc, eh, espèce de...! (cf. aller II B 2 a).
b) [Pour encourager à qqc.] Elle lui disait... Oh! Ça me dégoûte de redire ça... − Va donc (Gide, Faux-monn.,1925, p. 955).
c) [Pour approuver] Va donc pour. Le rire que Michelle appelle « ton rire de bébé, ton rire idiot ». Va donc pour le rire idiot (Bernanos, M. Ouine,1943, p. 1369).
2. Mais allez donc + inf. (= essayez un peu, s.-ent. vous y arriverez difficilement). Mais allez donc essayer de faire entendre cela aujourd'hui (Gide, Journal,1943, p. 192).
3. Allons donc, allez donc! (iron., pour exprimer le doute, l'incrédulité). Toi, fuir par panique? Allons donc! Ça ne te ressemble pas (Sartre, Mort ds âme,1949, p. 141).
4. Dis donc! dites donc! (pour attirer l'attention). Dis donc, tu ne le connais pas, Klein? (Malraux, Conquér.,1928, p. 33).
5. Pensez donc! Songe donc! (avec une nuance d'étonnement ou d'admiration). Nous ne nous connaissons pas bien encore. Songe donc, neuf ans de différence, c'était un abîme entre nous (Martin du G., Thib.,Pénitenc., 1922, p. 762).
6. (Mais) comment donc! (pour acquiescer). Synon. bien sûr, je vous en prie.− Oui, oui, on s'arrangera! Comment donc! Bien sûr! Tout de suite (Michaux, Plume,1930, p. 150).
7. Fi donc! (pour désapprouver). Il ne s'agit donc pas non plus de paroles, fi donc! Il s'agit d'une musique d'homme (Schaeffer, Rech. mus. concr.,1952, p. 57).
8. Adieu donc! À demain donc! Bonjour donc! Doña Prouhèze. − Adieu donc ici-bas! (Claudel, Soulier,1944, 3ejourn., 8, p. 806).
9. Hue donc! Eh bien donc! Hardi donc! etc. « Et hue donc! bourrique! Sue donc, esclave! Vis donc, damné! » (Baudel., Poèm. prose,1867, p. 29).
Prononc. et Orth. : [dɔ ̃:k] et, par élision, devant consonne, [dɔ ̃]. Mon Dieu! que vous êtes donc fraîche et jolie ce matin! Labiche, supra. Cependant l'élision opère avec les restrictions ou les extensions suiv. : elle n'opère pas ,,en tête de la phrase ou d'un membre de phrase`` (Barbeau-Rodhe 1930; c'est la position traditionnelle, v. en dernier lieu Pt Rob., Warn. 1968, Lar. fr.; en réalité, la non élision va de soi devant pause, y compris devant pause virtuelle, au début ou à l'intérieur de la phrase : Donc, tu as un peu pensé à ce que je te dis? Giono, supra; mais aussi ... plus parfaitement irrationnel et donc plus fort, Benda, supra); elle opère ,,parfois``, ,,après les mots interrogatifs et les verbes à l'impératif`` (Dub.; v. aussi Ortho-vert 1966), c'est-à-dire devant pause. Toi, fuir par panique? Allons donc! Sartre, supra. Ds Ac. dep. 1694. Var. donques ds Ac. 1694-1740, avec la mention ,,autrefois`` ds Ac. 1718 et 1740. La graph. donc indique, p. oppos. à donque(s), que le mot est soumis aux règles de l'élision (v. aussi adonc et onc). Les graph. dans Et donques, mon garçon me soutient que c'te loute a des poils blancs (Balzac, Paysans, 1844, p. 32) et dans Ben, quoi doncque? Vous v'là jà su' l'départ? (Martin du G., Gonfle, 1928, II, 5, p. 1203) sont facétieuses, bien que la non élision soit régulière ,,en tête de la phrase`` et ,,après les mots interrogatifs``. Mart. Comment prononce 1913, pp. 213-214, s'exprime comme si le phénomène d'élision était à son époque en progrès : ,,Devant une voyelle, il est encore correct ou élégant de lier [le c] : où êtes-vous donc allé? Mais cela même n'est pas indispensable.`` Sur le fait même de l'élision, dans ce cont., à cette époque, v. aussi Grammont Prononc. 1958, p. 94 : il y est don(c) allé, avec un c facultatif. Le phénomène est décrit en termes de liaison (la forme de base est [dɔ ̃], cf. Mart., loc. cit.) ou d'élision (la forme de base est [dɔ ̃:k], cf. Fél. 1851, Dub., Pt Rob., Warn. 1968). Le comportement de donc, quant à l'élision, est à peu près celui de cinq (v. ce mot). Homon. (dans le cas de l'élision) dom, don, dont. Étymol. et Hist. 980 dunc « alors » (Jonasfragment ds Förster et Koschwitz, Altfr. Übungsbuch, § 12); ca 1050 [Quant veit li pedre que mais n'avrat enfant] Donc [se porpenset] « id. » (St Alexis, éd. C. Storey, 38); ca 1175 exprime une conséquence, une conclusion Donc fet-il le vos dirai gié (Chr. de Troyes, Chevalier lion, éd. M. Roques, 3845); 1172-75 employé avec un impér. ce sachiez dons (Id., Chevalier charrette, éd. M. Roques, 171). Du lat. vulg. dunc (TLL s.v. dum, 2199, 60-65) d'orig. discutée; plus prob. résultat du croisement de dum (employé dans la lang. vulg., en enclise, joint à un impér. au sens de « donc », TLL loc. cit., 2201, 8-25) avec tum, tunc (cf. tunc = dum ds TLL loc. cit., 2214, 14, v. aussi Hofmann-Szantir, Lateinische Syntax, p. 617, § γ) ou donec (TLL loc. cit., 2199, 61) qu'issu de donique, forme élargie de donec (TLL s.v. donec, 1992, 45-49; Rheinfelder t. 1, § 794, t. 2, § 145). La finale a. fr. -que(s) est due à unquam. Fréq. abs. littér. : 62 591. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 99 099, b) 103 478; xxes. : a) 92 887, b) 70 315. Bbg. Pinchon (J.). Des Mots coordonnants. Fr. Monde. 1973, no96, pp. 49-50. − Quem. 2es. t. 2 1971.

Wiktionnaire

Adverbe

donc

  1. Alors, donc.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

DONC. Conjonction
qui sert à marquer la conclusion d'un raisonnement. Je pense, donc je suis. On l'emploie également pour marquer toute autre espèce d'induction, pour exprimer qu'une chose est ou doit être la conséquence, le résultat d'une autre, qu'elle a lieu en conséquence d'une autre. Ainsi donc vous refusez. Vous êtes donc bien décidé. Il faut donc vous obéir. Vous serez donc toujours le même. Vous voyez donc bien que j'avais raison. Donc, vous vous trompez! Votre père est donc arrivé. Ils partirent donc secrètement. Il sert encore à marquer une sorte d'étonnement, la surprise que l'on éprouve d'une chose à laquelle on ne s'attendait point. J'étais donc destiné à lui survivre! Voilà donc tout le fruit que j'ai retiré de mes soins! Qu'avez-vous donc? Que dit-il donc là? Qu'ai-je donc fait pour que vous me traitiez de la sorte? Quoi donc! il me résisterait? Allons donc! Il sert aussi à rendre plus pressante une demande, une injonction. Dites-nous donc comment la chose s'est passée. Répondez donc. Donnez-moi donc cela.

Littré (1872-1877)

DONC (don ou donk, suivant les cas : on prononce don, sans lier le c, quand il est placé dans le milieu de la phrase et qu'une voyelle ne le suit pas : Allons don nous promener ; jusqu'à quand prétendez-vous don me dicter des lois ? Au contraire, on prononce donk en faisant sentir le c, quand donc commence ou termine la phrase : Donk vous devez l'aider ; que pourrait-ce être donk ? Cependant on dit plutôt adieu don, que adieu donk. On prononce donk et on lie le c, quand donc, placé dans le milieu de la phrase, est suivi d'une voyelle : votre frère est don-k arrivé ? Même en ce dernier cas, Chifflet, Gramm. p. 208, remarque, pour son temps, qu'on prononçait don sans lier : qu'est-il don arrivé ?) conj.
  • 1Sert à marquer la conclusion qu'on tire d'un raisonnement. Vous avez fait une faute, il faut donc la réparer. Il se plaint, on l'a donc maltraité. Je pense, donc Dieu existe, car ce qui pense en moi je ne le dois point à moi-même, La Bruyère, XVI.
  • 2Exprime, en général, qu'une chose est ou doit être la conséquence d'une autre. Donc un nouveau labeur à tes armes s'apprête, Malherbe, II, 12. Donc votre aîeul Pompée au ciel a résisté Quand il a combattu pour notre liberté, Corneille, Cinna, II, 1. Donc jusqu'à l'oublier je pourrais me contraindre, Corneille, ib. IV, 3.
  • 3Sert souvent de simple transition pour revenir au sujet après une digression.
  • 4Sert à marquer une sorte d'étonnement, la surprise que l'on éprouve d'une chose à laquelle on ne s'attendait point. Ô sort, voilà donc de tes coups ? Et je n'ai donc vaincu que pour dépendre d'elle ? Racine, Androm. I, 2. Je suis donc un témoin de leur peu de puissance ? Racine, ib. II, 2. Mais pourquoi donc ces pleurs, ces regrets, cette fuite ? Voltaire, Zaïre, III, 7. Qu'est-ce donc que l'amour ? a-t-il donc tant d'empire ? Voltaire, Orphel. III, 4.
  • 5Sert aussi à rendre plus pressante une demande, une injonction. Dites donc ce qu'il y a. Gare donc !
  • 6 Ironiquement, allons donc ! marque d'incrédulité, de défi. Lui, oser prendre la parole en cette occasion ; allons donc !

REMARQUE

1. Et donc qui se disait au commencement du XVIIe siècle, et que Vaugelas admet encore, n'est plus usité.

2. Donques est une forme ancienne, encore employée par Molière, et que la poésie pourrait se permettre. Donques, si le pouvoir de parler m'est ôté, Pour moi, j'aime autant perdre aussi l'humanité, Molière, le Dép. II, 7. Donques votre lumière a donné de l'ombrage, Donc vous êtes couvert d'un éternel nuage, Mairet, Sophon. V, 9.

HISTORIQUE

Xe s. Dunc, ço dixit, si fut Jonas, Fragm. de Valenc. p. 468.

XIe s. Dunc [il] rendra le chatel [l'avoir], Lois de Guill. 4. Heli qui dunc [alors] ert [était] evesques, Rois, 2. Pechet fereit qui dunc lui fesist plus, Ch. de Rol. XVI.

XIIe s. Donc die, et nous l'orons [ouïrons], Ronc. p. 22. Qui m'ira donc mes angardes faisans ? ib. p. 34. Diex ! que ferai ? dirai lui [à elle] mon courage ? Irai-je lui dont s'amour demander ? Quesnes, Romancero, p. 83. Et quant j'ai mis en lui [elle] m'entencion, Dont ne doi-je chanter, se de lui [elle] non, Couci, II. Donques ai-je toute joie enhaïe, ib. …Diex ! i faudrai-je donc ? Oïl, par Dieu, tels est ma destinée, Et tel destin m'ont doné li felon, ib. VI. Se fins amis …Doit joie avoir pour servir leaument, Dont doi-je bien par droit estre joieus, ib. VII. Qui dont veïst le duc sur un cheval gascon Poindre parmi les rues…, Sax. VIII. Quant l'aurez salué, don lui dites coment Guiteclins de Sassogne envers nous entreprent, ib. XX.

XIIIe s. Se vous voulez la serve par no [notre] conseil mener, Dont ne lui faites mie du cor la vie oster, Berte, XCVII.

XVIe s. Qui est celuy doncques si inhumain, Qu'en tout ennuy ne loue ce bon Pere ? Marot, I, 297. Qui dira donc, qu'un seul cas fortuit Soit entre nous, il n'est pas bon chrestien, Marot, I, 299. Quelqu'un donc me disoit l'aultre jour que…, Montaigne, I, 158. Le premier doncques qu'il desfeit fut un voleur nommé Periphetes, Amyot, Thés. 10.

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Étymologie de « donc »

Provenç. donc, dunc, doncas, alors, donc ; catal. doncs ; anc. espagn. doncas ; anc. ital. dunqua ; ital. mod. dunque ; pays de Come, donch ; vénitien, donca. Ce mot présente des difficultés. On trouve dans de très-anciens textes ad tunc pour alors ; Diez en tire adonc, ce qui en effet explique la substitution, dans toutes les langues romanes, du d au t de tunc ; et il regarde adonc comme la forme primitive, et donc comme une abréviation par aphérèse de la première voyelle. Cela est très satisfaisant pour le sens, donc ayant eu évidemment la signification d'alors, et le passage d'alors à donc se comprenant sans peine. Mais, sans parler du retranchement de l'a initial dans le français, qui en offre si peu d'exemples avérés, les formes en as, doncas, en a, dunqua, en e, dunque, ne se prêtent pas à la dérivation de tunc, tandis qu'elles se prêtent à la dérivation de unquam, ce mot ayant donné unca, unqua, oncas, onke ; de sorte que, quant à la forme, donc serait de-unquam ; mais alors c'est le sens qui fait difficulté. Ces deux alternatives étant posées, on peut penser pourtant que cet adverbe composé de-unquam a pris la signification d'alors et les significations subséquentes, comme l'adverbe composé de-usque a pris le sens de jusque.

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Du latin impérial dunc, croisement entre dumque, forme allongée dum « allons ! » et de tunc « alors ».
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Du latin dunc.
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Phonétique du mot « donc »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
donc dɔ̃k

Citations contenant le mot « donc »

  • J'oublie tout, donc je suis. De Jacques Sternberg / Toi ma nuit
  • On me remarque donc j'existe. De Xavier Pommereau / Ado à fleur de peau
  • Je me fais peur donc je suis. De Xavier Pommereau / Ado à fleur de peau
  • Je jouis, donc je rêve ; je souffre, donc j'existe. De Marie Valyère
  • Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive, Hâtons-nous, jouissons ! De Alphonse de Lamartine / Premières méditations poétiques
  • Applique-toi donc à ce que tu peux. De Epictète / Manuel
  • Choisir, donc exclure. De Henri Bergson
  • Boire est humain, donc buvons. De Proverbe latin
  • Je bois donc je suis. De W.C. Fields
  • Je pense, donc je suis. De René Descartes / Discours de la méthode
  • Je pompe donc je suis. De Jacques Rouxel / Les Shadoks
  • J’écris, donc je deviens. De Raoul Mille / Le roman de Marie Bashkirtseff
  • Je m'indigne, donc je suis. De Gyorgy Balint
  • J'ai mal, donc je vis. De Monique Bosco
  • Mais qui donc a créé Dieu ? De Anonyme / Le nouveau catéchisme
  • La notion de taxi désigne donc bien au départ le fameux compteur indiquant le prix de la course à payer, et par métonymie a ensuite signifié le véhicule servant au transport privé (en opposition au transport public ou en commun) de passagers moyennant paiement. DH Les Sports +, Hep ! Taxi ! Quelle est donc l'origine de ce moyen de transport ? - DH Les Sports+
  • Raccourcir l’année d’une seconde serait donc une solution pour faire correspondre le temps solaire et le temps atomique. Il s’agirait là d’une grande première. Les scientifiques ont déjà eu recours à un ajustement de ce type 27 fois depuis 1970 mais il s’agissait, à chaque fois, de l’ajout d’une seconde intercalaire. Le dernier ajustement a eu lieu le 31 décembre 2016​. , La rotation de la Terre s’accélère, 2021 pourrait donc être raccourcie d’une seconde
  • « C’est du basket, je fais ce que j’aime, je fais ça depuis que j’ai 3 ans donc ça vient facilement pour moi. » LaMelo Ball Basket Infos, LaMelo Ball dans l'histoire : « Je fais ça depuis que j'ai 3 ans donc ça vient facilement »
  • A la machine à café de la RTS, les langues n’ont pas tardé à se délier. Le 3 novembre, l’humoriste et chroniqueur radio Yann Marguet s’est fendu d’une chanson parodique : « Tu as couvert Darius / Les collègues ne parlaient que de ça / T’en fais un beau de reporter pour rater une info comme ça. » Le secret était donc de Polichinelle ? « Ce n’était pas un secret. Ça devait sortir tôt ou tard », commente un employé. Plusieurs journalistes de différents supports avaient envisagé de creuser pour finalement abandonner, faute de moyens. Il fallait un média de l’ampleur du « Temps » pour se lancer dans un sujet qui a mobilisé trois journalistes et nécessité des mois d’investigations. , Où est donc passé Darius Rochebin ?

Traductions du mot « donc »

Langue Traduction
Anglais so
Espagnol entonces
Italien pertanto
Allemand damit
Chinois 所以
Arabe وبالتالي
Portugais então
Russe так
Japonais そう
Basque beraz
Corse cusì
Source : Google Translate API

Synonymes de « donc »

Source : synonymes de donc sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « donc »

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