La langue française

Croix

Sommaire

  • Définitions du mot croix
  • Étymologie de « croix »
  • Phonétique de « croix »
  • Évolution historique de l’usage du mot « croix »
  • Citations contenant le mot « croix »
  • Images d'illustration du mot « croix »
  • Traductions du mot « croix »
  • Synonymes de « croix »
  • Antonymes de « croix »

Définitions du mot « croix »

Trésor de la Langue Française informatisé

CROIX, subst. fém.

I.− Ensemble formé de deux branches ou de deux éléments qui se coupent à angle plus ou moins ouvert, généralement à angle droit.
A.− Usuel
1. [L'ensemble désigne une intersection quelconque] Croix de l'épée. Croix formée par la garde et la poignée de l'épée (cf. Vigny, Journal poète, 1841, p. 1149).
En partic. Intersection de deux routes. Synon. usuels croisée, croisement, carrefour.La croix de deux routes (Murger, Nuits hiver,1861, p. 129).
Au fig., PHILOS. Pierre d'achoppement (cf. crucial B 1). La croix de tous les systèmes (Renouvier, Essais crit. gén.,1864, p. 45).
2. [L'ensemble désigne une réalité à valeur de signe] De petites croix tracées à l'encre (Stendhal, Chartreuse,1839, p. 317).
Loc. verbale. Faire une croix (au bas d'un acte). Tracer une croix qui tient lieu de signature. Fais ta croix, ou signe (Erckm.-Chatr., Hist. paysan,t. 2, 1870, p. 243).
Au fig. Faire une croix (dans la cheminée). Noter un événement extraordinaire. Quand nous serons à dix, nous ferons une croix (Ac.1835-1932).Faire, tirer une croix (sur une chose, une personne). La rayer de sa pensée, y renoncer. Faire une croix sur cet obsédant souvenir (Clemenceau, Iniquité,1899, p. 243).Tirer une croix sur vingt mille hommes (Sartre, Mort âme,1949, p. 276).Marquer d'une croix (noire). Signaler comme dangereux ou néfaste :
1. ... dans le petit monde du poil et de la plume, Tarascon est très mal noté. Les oiseaux de passage eux-mêmes l'ont marqué d'une grande croix sur leurs feuilles de route, et quand les canards sauvages, descendant vers la Camargue en longs triangles, aperçoivent de loin les clochers de la ville, celui qui est en tête se met à crier bien fort : « Voilà Tarascon! ... Voilà Tarascon! » Et toute la bande fait un crochet. A. Daudet, Tartarin de Tarascon,1872, p. 6.
Loc. adv. En croix. En forme de croix. Bras, jambes en croix.
Arg. La croix des vaches. ,,Coup de couteau ou de rasoir porté au visage de celui ou de celle qui a failli aux lois du milieu`` (Carabelli, [Lang. de la pègre]).
B.− Emplois spéc.
1. ARCHIT. Intersection de la nef et du transept d'une église. Synon. croisée.La croix du transept (cf. Zola, Rêve,1888, p. 123).
2. ASTRON. La Croix du Sud. Constellation de l'hémisphère austral. La Croix du Sud, groupe de quatre étoiles (...) disposées en losange à peu près à la hauteur du pôle (Verne, Enf. cap. Grant,t. 1, 1868, p. 237).
3. BOTANIQUE
a) Fleur dont les pétales sont disposées en croix. Les croix jaunes des saponaires, les croix roses et blanches des juliennes de Mahon (Zola, Faute Abbé Mouret,1875, p. 1348).
b) Nom commun de différentes plantes, en particulier du lychnis chalcedonica (L.). Cf. Fournier 1961, p. 314.Des croix de Malte d'un rouge de bichromate de potasse vif (Huysmans, Oblat,t. 2, 1903, p. 133).
4. CONSTRUCTION
a) Vx. Croisée* d'une fenêtre. Une fenêtre en ogive, portant une croix de pierre (Soulié, Mém. diable,t. 1, 1837, p. 5).
b) Croix de Saint-André. Élément de charpente en forme d'X. Façades barrées de croix de Saint-André (Bertrand, Gaspard,1841, p. 50).
5. MAR. Intersection des vergues et des mâts. Synon. croisure.Croix, vergues transversales barrant les grands mâts droits (Verhaeren, Villes tentac.,1895, p. 132).
6. PÊCHE. Croix (de Saint-André). Carrelet pour la pêche. On lève la croix (...) pour pêcher le mercredi au jour (Pesquidoux, Chez nous,1923, p. 19).
7. TECHNOL. Croix de Malte. ,,Mécanisme convertissant un mouvement de rotation continue en rotation saccadée`` (Dew. Technol. 1973). Engrenage à croix de Malte.
II.− Objet en forme de croix.
A.− Instrument de supplice, fait d'un poteau surmonté d'une traverse, sur lequel, dans l'Antiquité, on suppliciait les condamnés à mort. La croix jadis (...) le supplice des esclaves (Claudel, Guerre 30 ans,1945, p. 587):
2. La mort même des capitaines siciliens, indignement condamnés par Verrès, n'est pas sans doute ce qui remuait le plus les maîtres du monde. Ce qui fit impression, c'est (...) qu'il fut convaincu d'avoir fait battre de verges et mettre en croix un citoyen romain. Michelet, Hist. romaine,t. 2, 1831, p. 209.
RELIG. CHRÉT.
1. [Nouveau Testament] Gibet sur lequel Jésus-Christ fut cloué et mis à mort :
3. Klopstock, dans son poëme immortel, a peint la conjuration de l'enfer contre le Messie. Le sacrifice est prêt à s'accomplir; les prêtres triomphent et le Fils de de l'homme est condamné. Suivi de sa mère, de ses disciples, des gardes romaines et de toute la Judée, il s'avance, chargé de sa croix, au lieu du supplice : il arrive sur Golgotha. Chateaubriand, Essai sur les Révolutions,t. 1, 1797, p. 335.
4. ... la croix est une balance où un corps frêle et léger, mais qui était Dieu, a soulevé le poids du monde entier. « Donne-moi un point d'appui, et je soulèverai le monde ». Ce point d'appui est la croix. Il ne peut y en avoir d'autre. Il faut qu'il soit l'intersection du monde et de ce qui n'est pas le monde. La croix est cette intersection. Weil, La Pesanteur et la grâce,1943, p. 98.
P. métaph. Souffrance du chrétien acceptée par amour de Dieu et unie à celle du Christ sur la croix. La croix du cœur, les souffrances rédemptrices assumées au sein même de l'existence (Maritain, Human. intégr.,1936, p. 83):
5. C'est la vie tourmentée, les traverses, les croix, les amertumes, qui bien méditées, ressenties dans la lumière de Dieu, font espérer en lui. Dupanloup, Journal intime,1873, p. 340.
P. ext. Épreuve, tourment pénible. [À propos d'une situation] :
6. Rentré dans Paris et remis à la meule où je suis condamné, je retire à grand'peine mon esprit des lointains que j'ai parcourus; je tâche à me replier, à reprendre avec un peu de cœur la vie attachée. Je voudrais étendre un peu d'onction sur la croix où la nécessité, que je vois venir avec ses clous et son marteau, va m'attacher. M. de Guérin, Correspondance,1835, p. 230.
[À propos d'une pers.] :
7. ... une fille à marier qui ne se marie pas est une croix très lourde à porter pour des parents honnêtes. Balzac, La Cousine Bette,1847, p. 80.
P. méton., arg. [À propos d'une pers.] ,,En argot des filles (...) client énervant et exigeant`` (Carabelli, [Lang. de la pègre]). ,,Individu sans valeur`` (Simonin, Pt Simonin ill., 1957, p. 97).
2. [Liturg. et vie chrét.]Invention de la vraie Croix, ou, rare, Croix de mai (cf. Camus, Le Cheval. Olmedo, 1957, p. 763). Fête célébrée le 3 mai (v. invention). Exaltation de la croix, ou, rare, croix de septembre (cf. Pourrat, Gaspard, 1925, p. 204). Fête célébrée le 14 septembre (v. exaltation). Chemin de (la) croix. Exercice de dévotion (v. chemin). Signe de (la) croix. Signe en forme de croix qu'une personne trace sur elle-même, sur une autre personne ou sur un objet, en diverses circonstances (lors d'une prière ou d'une action liturgique, pour marquer le début d'une entreprise importante, pour conjurer le mal ou la peur, etc.) :
8. Au bout de quelques minutes, Colomba se leva, l'œil sec, mais la figure animée; elle fit du pouce, à la hâte, le signe de croix familier à ses compatriotes et qui accompagne d'ordinaire leurs sermens solennels... Mérimée, Colomba,1840, p. 81.
3. [Théol. et spiritualité] Mystère de la mort rédemptrice de Jésus-Christ sur le calvaire :
9. Un christianisme sans croix, c'est ce que cherchent obscurément la plupart des chrétiens. La croix est un ornement qui se met sur les murs. La vraie, celle dont la croix sur un mur n'est que le signe, on n'en veut pas. Green, Journal,Le Bel aujourd'hui, 1955-58, p. 346.
4. P. ext. Religion chrétienne (dont la croix est le symbole). Combattre les ennemis des lis ou de la croix (Barante, Hist. ducs Bourg.,t. 3, 1821-24, p. 228).
SYNT. Arbre, bois, branches, ombre, pied de la croix; mise en croix; châtiment, supplice de la croix; déposition, descente, portement de croix; folie, mystère de la croix; bannière, étendard de la croix; dresser, élever, ériger, planter une croix; attacher, clouer, mettre en/sur la croix; monter sur la croix; descendre de la croix; porter, prendre sa croix; expier, mourir en croix/sur la croix; prêcher, faire triompher la croix; combattre, mourir pour la croix; la sainte, la vraie croix.
B.− Représentation sous forme d'insigne ou d'emblème de la croix de Jésus-Christ à laquelle est attachée une valeur de symbole religieux ou profane.
1. [Symbole chrét.] L'évêque (...) avec sa croix épiscopale au cou (Hugo, Misér.,t. 1, 1862, p. 23).
Loc. Jurer sur la croix. Faire un serment solennel sur la croix (cf. Barante, Hist. ducs Bourg., t. 4, 1821-24, p. 45).Marcher sur la croix. Renier la foi chrétienne, dont la croix est le symbole (cf. Zola, Faute Abbé Mouret, 1875, p. 1443).Prendre la croix (vx). Coudre sur son habit une croix d'étoffe pour marquer son engagement à la croisade; p. méton. s'engager pour la croisade. Synon. usuel se croiser(cf. Grousset, Croisades, 1939, p. 40).
SYNT. Croix d'argent, de bois, de feu, de granit, de marbre, de pierre; croix abbatiale, pastorale, pectorale; croix blanche, noire; grande, immense, large, haute, lourde, petite croix; surmonté d'une croix; baiser la croix.
En partic.
[Usage liturg.] Croix de procession. Croix portée en tête d'une procession. Les paroisses, précédées de leurs croix processionnelles (Renan., Souv. enf.,1883, p. 10).La croix et la bannière (cf. ce mot ex. 6 et 7). Adoration de la croix. Partie de l'office catholique du vendredi saint (cf. adoration ex. 8).
[Usage commémoratif] :
10. Si l'on rencontroit au coin d'une forêt le corps d'un homme assassiné, on plantoit une croix dans ce lieu, en signe de miséricorde. Cette croix demandoit au samaritain une larme pour un infortuné, et à l'habitant de la cité fidèle, une prière pour son frère. Chateaubriand, Génie du christianisme,t. 2, 1803, p. 165.
11. Je songe à vos milliers de croix de bois, alignées tout le long des grandes routes poudreuses, où elles semblent guetter la relève des vivants, qui ne viendra jamais faire lever les morts. Croix de 1914, ornées de drapeaux d'enfants, qui ressembliez à des escadres en fête, croix coiffées de képis, croix casquées, croix des forêts d'Argonne qu'on couronnait de feuilles vertes, croix d'Artois dont la rigide armée suivait la nôtre, progressant avec nous de tranchée en tranchée, croix que l'Aisne grossie entraînait loin du canon, et vous, croix fraternelles de l'arrière, qui vous donniez, cachées dans le taillis, des airs verdoyants de charmille, pour rassurer ceux qui partaient. Combien sont encore debout, des croix que j'ai plantées? Dorgelès, Les Croix de bois,1919, pp. 317-318.
SYNT. Croix de calvaire, de carrefour, de cimetière. Croix de mission. Croix élevée en souvenir d'une mission (cf. Chateaubr., Génie, t. 2, 1803, p. 276). Avoir, gagner la croix de bois (arg. des tranchées). ,,Être tué`` (Dauzat, Arg. guerre, 1918, p. 256).
Rem. On rencontre ds la docum. croix de (par) Dieu (vx). Alphabet commençant par le signe de la croix. Synon. région., vieilli croisette*. [Gaspard] apprit ses « heures de trois sous », c'est-à-dire sa croix de par Dieu, c'est-à-dire son abécédaire (Pourrat, Gaspard, 1922, p. 53).
2. [Symbole décoratif] Bijou en forme de croix. Une croix à la Jeannette en diamans (Jouy, Hermitet. 3, 1813, p. 162).Des pendants d'oreilles et une croix en vieil argent (Mallarmé, Dern. mode,1874, p. 713).
SYNT. Croix d'argent, d'or, d'améthyste(s), de/en diamant(s); croix huguenote. Petite croix soutenant la colombe du Saint-Esprit.
Croix de ma mère, Bijou. La croix-de-ma-mère entre ses maigres salières (H. Bazin, Vipère au poing,1948, p. 222).Au fig. Dénouement conventionnel d'une pièce de théâtre, fondé sur un signe de reconnaissance. Mon drame débute par où finissent les mélodrames, par la croix de ma mère (Giraudoux, Siegfried,1928, I, 6, p. 43).
C.− Symbole conventionnel ou honorifique, en forme de croix.
1. EMBLÉMATIQUE. Insigne, généralement une croix de formes diverses, servant d'emblème à un ordre de chevalerie, à un parti, etc. La manécanterie des Petits Chanteurs à la Croix de Bois (Enseign. mus.,t. 2, 1950, p. 6).
SYNT. Croix ansée. Croix en forme de T surmonté d'une anse. D'une main (...) la croix ansée et de l'autre une fleur de lotus (Du Camp, Nil, 1854, p. 143). Croix byzantine ou grecque. Croix à quatre branches égales. Croix gammée. Croix à quatre branches égales se terminant en Γ (gamma). Synon. svastika*. Un garçon nazi, croix gammée au bras (Green, Journal, 1950, p. 343). Croix latine. Croix dont la branche inférieure est plus longue que les autres. Croix lobée. Croix dont les branches sont arrondies à leur extrémité. La chasuble de deuil, avec ses croix lobées (Huysmans, En route, t. 2, 1895, p. 221). Croix de Lorraine. Croix à deux croisillons parallèles, celui du bas étant plus long que l'autre. Comme insigne la croix de Lorraine (De Gaulle, Mém., 1954, p. 79). Croix de Malte. Croix à quatre branches égales qui vont en s'élargissant à partir du centre. Le louis à la croix de Malte (Hist. et ses méth., 1961, p. 350). Croix de Saint-André. Croix en forme d'X. Spéc. Croix rouge. Croix rouge sur fond blanc, emblème des services de santé qui assure la neutralité en cas de conflit. Le drapeau à la croix rouge des voitures d'ambulance (Goncourt, Journal, 1870, p. 613).
En partic.
a) Décoration honorifique accordée à une personne physique ou morale, à titre civil ou militaire :
12. Sans parler des plus hautes distinctions qui me furent décernées par nos alliés : grand'croix de l'ordre du bain, croix de Saint-Georges, grand cordon de l'ordre de Léopold, qui honoraient en ma personne l'armée française tout entière, ... Joffre, Mémoires,t. 2, 1931, p. 142.
En emploi absolu. La croix. Croix de la Légion d'honneur. Le conseil de l'ordre de la Légion d'honneur enlèverait à Zola sa croix (Clemenceau, Iniquité,1899, p. 285).
Grand'croix, grand-croix, subst. fém. Distinction la plus élevée d'un ordre. Nominations (...) à la grand'croix de la Légion d'honneur (Goncourt, Journal,1863, p. 1343).
Grand'croix, grand-croix, subst. masc. Personne qui est élevée à la dignité la plus haute d'un ordre (cf. Barrès, Cahiers, t. 3, 1902-04, p. 170).
b) Vieilli. Insigne accordé à un élève méritant. L'aîné des deux garçons, décoré de la croix de mérite de son lycée (Jouy, Hermite,t. 2, 1812, p. 262).
SYNT. Croix de fer, de guerre, d'honneur, de la Légion d'honneur, de la Libération, de/du mérite; chevalier, commandeur, officier de la croix (+ nature de la décoration); avoir, demander, gagner, recevoir la croix (+ éventuellement, nature de la décoration); distribuer, donner, remettre la croix (+ éventuellement, nature de la décoration); arracher la croix; décorer de la croix (+ éventuellement, nature de la décoration).
2. HÉRALD. Pièce honorable de l'écu, de forme et de disposition très variées. Croix alésée, cantonnée, potencée; croix de sable :
13. ... un pavillon aux armes de Monte-Cristo, armes représentant une montagne d'or, posant sur une mer d'azur, avec une croix de gueules au chef, ce qui pouvait aussi bien être une allusion à son nom rappelant le calvaire, que la passion de Notre-Seigneur a fait une montagne plus précieuse que l'or, et la croix infâme que son sang divin a faite sainte, qu'à quelque souvenir personnel de souffrance et de régénération enseveli dans la nuit du passé de cet homme mystérieux. Dumas père, Le Comte de Monte-Cristo,t. 2, 1846, p. 383.
3. MONNAIE
Vx. Côté d'une pièce de monnaie portant l'empreinte d'une croix.
P. méton., arg., vieilli. ,,Écu de six francs`` (France 1907).
Loc. vieillies. Jouer à croix ou pile (cf. jouer à pile ou face*). N'avoir ni croix ni pile. Être sans argent.
Prononc. et Orth. : [kʀwa] ou [kʀwɑ]. La tendance mod. est de prononcer [a] ant. C'est la prononc. de Dub., Pt Rob., Pt Lar. 1968 et Lar. Lang. fr. Warn. 1968 admet [ɑ] post. ou [a] ant. Les dict. plus anc. transcrivent [ɑ] post. qui s'explique par l'infl. de r vélaire du groupe cr-, cf. Fér. 1768, Fér. Crit. t. 1 1787, Gattel 1841, Fél. 1851, Littré, DG, Passy 1914, Barbeau-Rodhe 1930. On transcrit encore [kʀwε] avant-dernier stade de l'évolution de la diphtongue -oi- (cf. aboyer) ds Land. 1834 et Besch. 1845. Le mot est admis ds Ac. 1694-1932. Fér. Crit. t. 1 1787 propose la graph. crois. Homon. : formes des verbes croire et croître. Étymol. et Hist. A. 1. 2emoitié du xes. « gibet fait de deux poteaux perpendiculaires » (Passion, éd. D'A. S. Avalle, 491); id. spéc. « instrument de torture du Christ » (ibid., 226); 1541 au fig. porter sa croix (Calvin, Institution de la religion chrétienne, 548 ds Littré); 1564 « supplice, peine » (Rabelais, Le Cinquième livre, éd. Marty-Laveaux, XVII, 66); 2. a) 2emoitié xiiies. [ms.] signe de croix (Image du Monde ds Romania, t. 21, p. 492, 453); b) 1579 faire la croix [le signe de la croix] sur le dos « dire adieu, renoncer » (Larivey, Le Laquais, III, 6 ds Hug.), cf. infra C 2. B. 1. 2emoitié xes. « représentation de la croix, crucifix » (Vie de Saint Léger, éd. J. Linskill, 146); 2. ca 1207 prendre la croix « se croiser, partir pour la croisade » (Villehardouin, La Conquête de Constantinople, éd. E. Faral, § 3); 3. av. 1590 « représentation particulière de la croix » croix bourguignonne (A. Paré, Œuvres complètes, éd. J.-F. Malgaigne, t. 1, IV, 9, p. 247); 4. 1680 « dignité (ordre de Malte) » (Rich.); 1836 avoir la croix [la croix de la Légion d'honneur, instituée en 1802] (Stendhal, L. Leuwen, t. 3, p. 420). C. 1. Ca 1160 en croiz « en forme de croix » (Enéas, éd. J. J. Salverda de Grave, 7543); 2. ca 1395 « marque en forme de croix faite sur une écriture » (J. Boutillier, Somme rural, p. 186, titre 30 ds Littré); 1851 au fig. faire une croix sur le passé (Murger, Scènes vie boh., p. 154). Du lat. class. crux, -ucis « croix, gibet » désignant spéc. la croix du Christ, en lat. chrét.; d'où dès l'époque class. « peine, tourment, châtiment » et en lat. chrét. « représentation de la croix; signe de la croix ». Fréq. abs. littér. : 5 736. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 7 330, b) 7 327; xxes. : a) 10 488, b) 7 904.
DÉR.
Croisiller, verbe trans.,rare. Disposer des éléments en forme de croix. Emploi limité au part. passé. a) Soit comme élément de forme composée à sens passif. Le papier rouge de la chambre était croisillé d'or (Hennique, Soir. Médan,Affaire Grand 7, 1880, p. 249).b) Soit comme adj. apposé. Qui comporte des éléments disposés en croix. Synon. croisillonné.La façade de la maison et sa terrasse (...) reprenaient à deux heures leur vrai visage croisillé de poutrelles, d'auvents et de persiennes chocolat (Colette, Seconde,1929, p. 21). 1reattest. 1879 (A. Daudet, Rois en exil, p. 74); de croix, suff. -ille*, dés. -er; cf. aussi prov. crousilhat, crousilhado « entrecroisé » ds Mistral; l'adj. croisillé « à dessins en forme de croix » (de ca 1170, Chr. de Troyes, Erec, éd. M. Roques, 1571, à 2equart xiiies. ds T.-L.) est dér. de l'a. fr. m. fr. croisille (xiiies. [mss B.E.] Erec, éd. Foerster, 1619, var., à xvies. ds Hug.).
BBG. − Archit. 1972, p. 148, 202. − Gottsch. Redens. 1930, p. 7, 217, 268, 335, 351. − Goug. Lang. pop. 1929, p. 30. − Rog. 1965, p. 102. − Sain. Arg. 1972 [1907], p. 102. − Thomas (A.). Nouv. Essais 1904, p. 243.

Wiktionnaire

Nom commun

croix \kʁwa\ féminin

  1. (Antiquité) Sorte de gibet où on attachait certains criminels.
    • Enfin, après l’avoir [C. Atilius Régulus] ainsi longtemps tourmenté par d’excessives douleurs et une cruelle insomnie, ils l’attachèrent à une croix, qui était le supplice le plus ordinaire chez les Carthaginois, et l’y firent périr. — (Charles Rollin, Histoire romaine)
  2. (Par métonymie) (Religion) Supplice de Jésus-Christ, cloué sur une croix.
    • Et, d’une infâme croix souffrant l’ignominie,
      Doit la mort aux ingrats qui lui devront la vie.
      — (Jacques Delille, Paradis perdu, XII)
  3. (Religion) Le bois même où Jésus-Christ fut attaché.
    • La vraie, la sainte croix.
  4. (Par extension) Le christianisme.
  5. (Par extension) (Dévotion religieuse) Affliction que Dieu enverrait aux hommes pour les éprouver.
  6. Simulacre représentant la croix de Jésus-Christ.
  7. Monument qu’on élevait autrefois aux lieux où étaient arrivés des accidents, où s’était commis un assassinat.
    • Dans une petite commune telle que Drain, l’épidémie de peste de 1563 fit 153 morts qui furent enterrés ensemble à l'endroit où se dresse la croix commémorative du Moulin-Moreau, sur la route de Saint-Laurent-des-Autels. — (Pierre-Louis Augereau, Les Mauges mystérieuses, Éditions Cheminements, 1994, page 103)
  8. (Ornement) Petit ornement, en forme de croix.
  9. Balisage en croix (9)
    Blason de gueules à la croix (9) d’argent
    Marque formée de deux traits perpendiculaires.
  10. Décoration de divers ordres de chevalerie.
  11. (Absolument) (France) La croix de la Légion d’honneur.
    • La Fanfarlo veut que son amant soit de l’Institut, et elle intrigue au ministère pour qu’il ait la croix. — (Charles Baudelaire, La Fanfarlo, 1847 ; Gallimard, 2012, collection Folio, page 72)
    • Ayant complété, cette année même, ses trente années de service obligatoire, on lui avait remis, au 1er janvier, la croix de la Légion d’honneur, qui récompense, dans ces administrations militarisées, la longue et misérable servitude — (on dit : loyaux services) — de ces tristes forçats rivés au carton vert. […]
      Chez lui, il disait « ma croix » à tout propos. Un tel orgueil lui était venu, qu’il ne pouvait plus même souffrir à la boutonnière des autres aucun ruban d’aucune sorte. Il s’exaspérait surtout à la vue des ordres étrangers — « qu’on ne devrait pas laisser porter en France »
      — (Guy de Maupassant , En famille, dans La maison Tellier, 1891, collection Le Livre de Poche, page 129)
    • « On ne peut pas m’accuser de chercher la croix. Mais ce que je fais me classe. Je sais que je vaux plus que tous ces gens, à qui on donnait du « monsieur » et qui vont jeter leurs êtres chers au fumier. » — (Jean Giono, Le hussard sur le toit, 1951, réédition Folio Plus, page 203)
  12. (Absolument) (Scolarité) La croix d'honneur, distinction hebdomadaire attribuée aux meilleurs élèves d'une classe.
    • – Encore un samedi que tu n’as pas la croix !
      Et elle ajoute sur le même diapason :
      – Et figurez-vous, madame la directrice, que j’y ai promis, quand elle aurait la croix, d’y payer le concert ou un jupon de laine : elle choisira.
      — (Léon Frapié, Les deux mères, dans Les contes de la maternelle, éditions Self, 1945, page 21)
    • – Pourvu que t’aies encore la croix pour venir me voir… ça fait si bien devant le monde ! soupire la mère Cœuret.
      À cause de la croix, il y a dans son regard une admiration triste et attendrie pour l’enfant qui est en quelque sorte changée et pour tout un ordre de choses, de gens, de faits appartenant à un domaine lointain, étranger. La croix signifie qu’on est en règle avec la société, que l’on jouit d’une certaine quantité de protection, de considération. La croix reconnaît et confère une série de « biens » qui ont manqué à la mère Cœuret pendant toute sa vie.
      — (Léon Frapié, La croix, dans Les contes de la maternelle, éditions Self, 1945, pages 30-31)
    • Enfin arrivait la remise solennelle des croix. Chaque classe en possédait un jeu hiérarchisé. La plus importante ressemblait à la Légion d’honneur, d’un module un peu plus grand, la deuxième était émaillée bleu, enfin, il y en avait deux ou trois autres plus petites et plus simples. […]
      C’était une récompense enviée. Les élus la gardaient une semaine, ils la portaient fièrement sur leur sarrau noir, attachée à l’aide d’un superbe ruban de satin rouge, vert ou bleu que les mamans savaient trouver « Chez Bébé », petite boutique de mercerie, papeterie, confiserie située en face de l’école.
      — (Édouard Bled, « Mes écoles », Robert Laffont, 1977, pages 63-64)
    • Elles n’avaient pas souvent la croix, la belle médaille de cuivre qu’on offre le samedi aux plus méritantes, les appliquées, les sages, les saintes nitouches qui reniflent l’arrivée de la maîtresse à cent mètres, tout de suite en position angélique. C’est la directrice en personne qui la remet, avec un baiser. Faut voir ce qu’elles rayonnent, les filles. Dès le lundi elles se ramènent avec, épinglée à la blouse avec un ruban superbe, à deux coques, quatre coques, une vraie fleur. Il y en a qui doivent la récurer au Miror. — (Annie Ernaux, La femme gelée, 1981, réédition Quarto Gallimard, page 351)
    • Bien sûr, la croix que la maîtresse épingle sur mon tablier et que je porte toute la semaine, il est impossible d’éviter qu’elle la voie et que ne se soulèvent en elle comme des vaguelettes de mécontentement, d’hostilité. — (Nathalie Sarraute, Enfance, Gallimard, 1983, collection Folio, page 215)
  13. (Vieilli) Le côté d’une pièce de monnaie opposé à la face et marqué autrefois d’une croix. On dit plutôt maintenant pile.
  14. Latte croisée que les maçons et couvreurs suspendent au bout d’une corde quand ils font une réparation au haut de la maison.
  15. Morceau de bois portant les têtes de chardon à carder.
  16. (Héraldique) Pièce honorable, réunion du pal et de la fasce.
  17. (Marine) Forme que prennent les deux câbles d’un bâtiment affourché, lorsqu’en évitant il passe par-dessous le câble qui ne travaille pas.
  18. (Transport) Type d'échangeur autoroutier, particulièrement au Luxembourg; l'apparence de l'infrastructure vue de dessus, est sensée évoquer la forme géométrique (calque littéral de l'all. Kreuz, même sens)[3].
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CROIX. n. f.
Sorte de gibet qui se compose d'un poteau et d'une traverse et où l'on attachait anciennement les criminels pour les faire mourir. Le supplice de la croix. L'empereur Constantin défendit qu'on punît les criminels par le supplice de la croix. Les bras de la croix. Le pied de la croix. Quand Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST était en croix, quand il fut élevé en croix, étendu sur la croix, attaché sur la croix, mis en croix, cloué sur la croix. Le mystère de la Croix, le sacrifice de la Croix, Le mystère de notre rédemption par la mort que JÉSUS-CHRIST souffrit sur la croix. Le chemin de la Croix. Voyez CHEMIN. La vraie Croix, la sainte Croix, ou absolument La Croix, Le bois de la croix où Notre-Seigneur fut attaché. Du bois de la vraie Croix. Adorer la vraie Croix. L'invention de la Croix. Voyez INVENTION. L'exaltation de la Croix. Voyez EXALTATION. Fig. et absol., La Croix, se dit, en poésie et dans le style soutenu, pour désigner la Religion chrétienne. L'étendard de la Croix. Faire triompher la Croix. Il se dit aussi des Figures de bois, d'or, d'argent, d'étoffe, de broderie, etc., faites pour représenter la croix de JÉSUS-CHRIST. On porte la croix à la procession. Le bâton de la croix. Mettre une croix, élever, planter une croix en quelque endroit. Croix d'or. Croix d'argent. Croix dorée. Croix de diamants. Croix d'évêque. Croix archiépiscopale. Croix pectorale. Il désigne aussi des Bijoux en forme de croix que les femmes portent au cou. Croix d'or. Croix d'argent. Croix de mission, Croix érigée dans une ville, dans un village en souvenir d'une mission qui a été prêchée à l'église. Fig., Aller au-devant de quelqu'un avec la croix et la bannière. Il faut l'aller chercher avec la croix et la bannière. Voyez BANNIÈRE. Prendre la croix, se disait de Ceux qui s'engageaient, par un vœu solennel, dans une croisade contre les infidèles ou les hérétiques, et qui, pour marque de ce vœu, portaient une croix sur leurs habits Le signe de la croix ou le signe de croix, Le signe que les chrétiens font ordinairement en portant la main au front, à la poitrine, puis à l'épaule gauche et à l'épaule droite, et en disant : " Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. " Faire le signe de la croix en se levant, en se couchant, etc. Il désigne au figuré une Affliction que Dieu nous envoie. Il faut que chacun porte sa croix en ce monde. C'est une croix, une grande croix que des enfants ingrats. Il a eu bien des croix dans sa vie. Il se dit par analogie en parlant de Choses qui sont mises en travers l'une sur l'autre, ou dont l'assemblage présente une figure à quatre branches. Des bâtons disposés en croix. Les pétales de cette fleur sont disposés en croix. Croix de Saint-André, Croix faite en forme d'X. Croix de Saint-Antoine, Croix faite en forme de T. Croix d'Anjou ou de Lorraine, Croix qui a deux traverses ou croisillons. Croix grecque, Celle dont les branches sont toutes les quatre d'égale longueur. Croix latine, Celle dont la branche inférieure est plus longue que les trois autres. On emploie surtout ces locutions en parlant des Églises formées de quatre nefs disposées en croix. Cette église est bâtie en croix grecque, en croix latine, forme la croix grecque, la croix latine. Il se dit particulièrement de la Décoration, à peu près en forme de croix, que portent les membres de plusieurs ordres de chevalerie. La croix de la Légion d'honneur, la croix d'honneur, ou simplement La croix. Donner. accorder la croix à quelqu'un. Il a reçu la croix. Distribuer des croix. Par extension, Grand-croix, Celui qui a le grade le plus élevé dans la plupart des ordres de chevalerie dont la décoration a la forme d'une croix ou d'une étoffe. Les grands-croix de l'ordre de la Légion d'honneur. Croix de Guerre, Décoration accordée à ceux qui se sont distingués par leur bravoure dans la Grande Guerre. La Croix Rouge, Emblème adopté par les sociétés de secours aux blessés militaires. Le brassard de la Croix Rouge. Le pavillon de la Croix Rouge. Il se dit aussi de l'Ensemble de ces sociétés de secours. Il se dit encore d'une Marque formée de deux traits croisés, que l'on fait avec la plume, avec le crayon, ou autrement sur du papier, sur un mur, etc. Faire une croix au bas d'un acte, quand on ne sait pas signer. Marquer quelque chose d'une croix. Fig. et fam., Faire une croix, se dit en parlant d'une Chose singulière qui mérite d'être notée. Quand nous serons à dix, nous ferons une croix.

Littré (1872-1877)

CROIX (kroî ; l'x se lie : une croî-z argentée) s. f.
  • 1Sorte de gibet où l'on attachait, dans l'antiquité, certains criminels. Le supplice de la croix. Il le fit attacher en croix au pied du rocher, Vaugelas, Q. C. liv. VII. Les haches et les croix sont lasses de trépas, Rotrou, St Gen. II, 8. Un soldat qui gardait les croix vit de la lumière dans le monument, Saint-Évremond, Matrone d'Éphèse. Ils l'attachèrent à une croix qui était un supplice ordinaire chez les Carthaginois, et l'y firent périr, Rollin, Hist. anc. Œuvres, t. I, p. 330, dans POUGENS. La colère du roi n'étant pas encore assouvie, il fit voir un spectacle horrible aux yeux même des vainqueurs ; ces deux mille hommes étant restés du massacre, après qu'on fut las de tuer, il les fit attacher en croix le long du rivage, Rollin, ib. t. VI, p. 289. À la croix, il [Jésus] regarde dans les prophéties ce qui lui restait à faire, il l'achève, et dit enfin : Tout est consommé, Bossuet, Hist. II, 6. Aussitôt qu'il [Jésus] fut à la croix, le voile qui couvrait le sanctuaire fut déchiré de haut en bas, et le ciel fut ouvert aux âmes saintes ; c'est au sortir de la croix et des horreurs de son supplice qu'il parut à ses apôtres, glorieux et vainqueur de la mort, afin qu'ils comprissent que c'est par la croix qu'il devait entrer en la gloire et qu'il ne montrait point d'autre voie à ses enfants, Bossuet, ib. La croix est la vraie épreuve de la foi, le vrai fondement de l'espérance, le parfait épurement de la charité, en un mot le chemin du ciel ; Jésus-Christ est mort à la croix, il a porté sa croix toute sa vie ; c'est à la croix qu'il veut qu'on le suive, et il met la vie éternelle à ce prix, Bossuet, ib. Et, d'une infâme croix souffrant l'ignominie, Doit la mort aux ingrats qui lui devront la vie, Delille, Par. perdu, XI.
  • 2Le bois même où Jésus-Christ fut attaché. La vraie, la sainte croix.

    Invention de la sainte croix, Exaltation de la sainte croix, nom de deux fêtes que l'Église romaine célèbre : la première le 3 mai, en mémoire de ce que sainte Hélène, mère de Constantin, trouva la vraie croix ; la seconde le 14 septembre, en mémoire de ce que Héraclius rapporta sur le Calvaire la vraie croix enlevée quatorze ans auparavant par Cosroès roi de Perse.

    Fig. Mettre une injure, une disgrâce, son ressentiment au pied de la croix, se résigner, pardonner pour l'amour de Dieu.

  • 3 Par extension, le christianisme. Faire triompher la croix. L'étendard de la croix. La prédication du mystère de la croix est folie à ceux qui périssent et ne paraît un effet de la puissance de Dieu qu'à ceux qui se sauvent, c'est-à-dire à nous, Bossuet, Hist. II, 11. Un ouvrage [le monde] dont il [l'homme] entendait la sagesse ne l'a point touché ; un ouvrage lui est présenté où son raisonnement se perd, et où tout lui paraît folie, c'est la croix de Jésus-Christ, Bossuet, ib. La conversion du monde ne devait être l'ouvrage ni des philosophes ni même des prophètes ; il était réservé au Christ, et c'était le fruit de sa croix, Bossuet, ib. Constantin devenu la conquête de la croix, Massillon, Pet. car. Drap. Paris va révérer le martyr de la croix, Voltaire, Zaïre, II, 3. Quand la croix, si honteuse et si dure aux pervers, N'aurait pas subjugué le perfide univers, à sa morale seule on la croirait divine, Bernis, Relig. vengée, X.
  • 4 Terme de dévotion. Affliction que Dieu envoie aux hommes pour les éprouver. Aussi le corps se plaint, le corps gémit sans cesse, Accablé sous les moindres croix, Corneille, Imit. I, 21. La loi la plus propre à l'Évangile est celle de porter sa croix, Bossuet, Hist. II, 6. Jésus ne promet que des afflictions et des croix, Bossuet, Serm. Sept. Les croix que Dieu nous envoie, Bossuet, Souff. 2. Leurs croix leur sont insupportables, Fléchier, Serm. I, 95. On a bien de la peine à se convaincre de la bonté avec laquelle Dieu accable de croix ceux qu'il aime, Fénelon, XVIII, 430. Les dégoûts du monde sont des croix forcées qui nous viennent sans nous consulter, Massillon, Car. Dégoûts. Porter les croix que sa bonté nous ménage, Massillon, Av. Affl. Un lien mal assorti devient votre croix de tous les jours, Massillon, ib. Il faut trouver le secret de porter sa croix, Massillon, Car. Samar. Le monde nous fournit des croix et des afflictions, Massillon, ib. Mot. de conv.

    Chacun a sa croix, chacun a ses peines, ses souffrances.

  • 5Simulacre représentant la croix de Jésus-Christ. Élever, planter une croix. Porter une croix. Tandis qu'il assiégeait Maxence dans Rome, une croix lumineuse lui parut en l'air devant tout le monde avec une inscription qui lui promettait la victoire… Le lendemain il gagna cette célèbre bataille qui défit Rome d'un tyran et l'Église d'un persécuteur ; la croix fut étalée comme la défense du peuple romain et de tout l'empire, Bossuet, Hist. I, 11. Jusqu'au jour, où des morts perçant la voûte sombre, Une voix, dans le ciel les appelant sept fois, Ensemble éveillera ceux qui dorment à l'ombre De l'éternelle croix, Lamartine, Méd. 22. Il fallut de longs efforts pour arracher à la tour du Grand-Yvan [au Kremlin] sa gigantesque croix ; l'empereur voulait qu'à Paris le dôme des Invalides en fût orné, Ségur, Hist. de Nap. VIII, 10.

    Aller, marcher avec la croix et la bannière, se dit d'une solennité ecclésiastique, quand, en procession et avec la croix et la bannière de l'église, on va recevoir un grand dignitaire de l'église, un évêque, un cardinal, etc.

    Fig. Aller au-devant de quelqu'un avec la croix et la bannière, aller à sa rencontre, le recevoir avec beaucoup d'appareil.

    Il faut aller le chercher avec la croix et la bannière, se dit de celui avec lequel on est obligé de faire de grandes cérémonies

    Terme de jurisprudence des temps barbares et aussi du moyen âge. Jugement de la croix, jugement qui se faisait par la croix, sans qu'on sache exactement en quoi l'épreuve consistait ; cependant les érudits pensent que celui qui subissait ce jugement était mis au pied d'une croix, les bras étendus en croix, et qu'il était condamné s'il ne pouvait garder cette position un temps déterminé ou aussi longtemps que son adversaire. Charlemagne ordonna que, s'il survenait quelque différend entre ses enfants, il fût terminé par le jugement de la croix ; Louis le Débonnaire borna ce jugement aux affaires ecclésiastiques, Montesquieu, Esp. XXVIII, 18.

    Croix qu'on élevait autrefois aux lieux où était arrivé un accident, où s'était commis un assassinat.

    Croix de Saint-André ou croix de Bourgogne, croix en forme d'X.

    Dans la charpente, croix de Saint-André se dit de l'assemblage de poteaux ou de pièces de bois qui se coupent diagonalement et qui arc-boutent les pièces d'un pan de charpente.

    Croix de Saint-André s'est dit de pièces de bois disposées en croix de Saint-André sur lesquelles le bourreau étendait le criminel qu'il allait rouer.

    Croix de Saint-André se dit du pavage d'une place à laquelle aboutissent quatre rues.

    Dans la marine, croix de Saint-André se dit d'une forte sangle placée quelquefois en sautoir sur l'avant de la misaine pour la fortifier.

    Croix grecque, croix dont les quatre branches sont d'égale longueur. Croix latine, croix dont la branche inférieure est plus longue que les trois autres. Une église est bâtie en croix grecque, en croix latine, quand elle représente une croix grecque, une croix latine : le plan de l'église de Sainte-Geneviève à Paris est une croix grecque ; celui de l'église Notre-Dame est une croix latine.

  • 6Petit ornement, en forme de croix. Cette croix dont cent fois mes soins vous ont parée, Peut-être entre vos mains est-elle demeurée Comme un gage sacré de la fidélité Que vous deviez au Dieu que vous avez quitté, Voltaire, Zaïre, I, 1.

    Croix pectorale, croix d'or, d'argent ou de diamants que les archevêques, évêques, etc. portent suspendue au cou.

    Prendre la croix, s'enrôler dans une croisade contre les Mahométans ou les hérétiques ; locution qui vient de ce que les croisés portaient sur leurs vêtements la figure d'une croix. Tout le monde prit donc la croix et les armes, Montesquieu, Rom. 23. Adémar de Monteil, évêque du Puy, demanda le premier à entrer dans la voie de Dieu et prit la croix des mains du pape ; plusieurs évêques suivirent son exemple… tous les fidèles promirent de respecter les décisions du concile, et décorèrent leurs vêtements d'une croix rouge, de drap ou de soie ; ils prirent dès lors le nom de croisés, Michaud, Hist. des crois. I, an 1095.

    Privilège de la croix, privilége qu'avaient les croisés de n'être pas poursuivis pour dettes, de ne pas payer d'intérêt des sommes à eux prêtées, de ne payer ni collectes ni tailles.

    Filles de la Croix, filles vivant en communauté dont l'occupation était de tenir des écoles chrétiennes et d'instruire les personnes de leur sexe ; l'institut est de 1265.

    Chanoines de la Sainte-Croix, chanoines réguliers fondés par Théodore de Celles en 1211, qui suivaient la règle de saint Augustin, qui étaient vêtus de blanc avec un scapulaire noir et une croix blanche et rouge par-dessus et qui, en chantant l'office au chœur, portaient l'aumusse noire.

  • 7Le signe de la croix, signe que les chrétiens font en portant la main au front, à la poitrine, puis à l'une et à l'autre épaule.

    Fig. Quand je le vis entrer, je fis un grand signe de croix, j'éprouvai de la surprise, de la peur.

  • 8Croix de par Dieu, croix de par Jésus, alphabet où l'on apprenait à lire aux enfants, ainsi dit parce que le titre est orné d'une croix, qui se nommait croix de par Dieu, c'est-à-dire croix faite au nom de Dieu. C'est un homme qui sait la médecine à fond, comme je sais ma croix de par Dieu, Molière, Pourc. I, 7. Ce siècle-là [de Louis XIV] est en tout supérieur au vôtre depuis l'astronomie jusqu'à la croix de par Dieu, Courier, Lett. II, 210.

    Fig. Les commencements tout à fait élémentaires. Prétend-il nous renvoyer à la croix de par Dieu ?

    En être encore à la croix de par Dieu, être obligé de recommencer une affaire, quelque procédure mal faite. isposition en forme de croix. Les pétales des crucifères sont disposés en croix. Avoir, mettre les jambes en croix. Il met ses bras en croix, Pascal, Proph. 28.

    Baiser les pouces en croix, faire les vœux les plus ardents pour le succès d'une affaire.

    La croix de l'épée, sorte de croix que formait la poignée des épées des chevaliers et que forme encore la poignée de l'épée quand on n'en considère que la partie horizontale et la partie perpendiculaire.

    Mariage sur la croix de l'épée, sorte de promesse militaire de mariage. Il entre avec un homme à lui dans ce couvent, trouve Mlle de Vaubrun qui l'attendait, la prend, la met dans un carrosse, la mène chez M. de Gesvres, fait un mariage sur la croix de l'épée, couche avec elle, et, ce matin, dès la pointe du jour, ils ont disparu tous deux, et on ne les a pas encore trouvés, Sévigné, t. IX, Lett. 871, p. 3, dans POUGENS.

    Terme de botanique. Croix de Calatrava ou de Saint-Jacques, espèce d'amaryllis.

    Croix de chevalier de Jérusalem ou de Malte, ou, simplement, croix de Jérusalem, plante d'ornement.

    Croix de Saint-André, croisette velue.

    Croix de Lorraine, espèce de cactus.

  • 9Marque formée de deux traits croisés. Faire une croix au bas d'un acte quand on ne sait pas signer. Marquer quelque chose d'une croix.

    Fig. Il faut faire la croix, faire une croix à la cheminée, se dit quand quelqu'un fait quelque chose de singulier, qui ne lui est pas habituel, quand il commet une grosse sottise. Quand nous serons à dix, nous ferons une croix, Molière, l'Étour. I, 11.

    Faire une croix, se dit surtout quand on voit une personne entrer dans une maison où elle n'était pas venue depuis longtemps.

    Terme de musique. Signe qui marquait un trille. La croix ne s'emploie plus que dans la basse chiffrée pour indiquer les intervalles augmentés, etc.

  • 10Décoration de divers ordres de chevalerie. La croix de Malte, du Saint-Esprit, de Saint-Louis, de la Légion d'honneur. Souvent ce lâche effronté Porte l'habit militaire Avec la croix au côté, Béranger, Judas. Mon fils le baron, Quoiqu'un peu poltron, Veut avoir des croix ; Il en aura trois, Béranger, Carabas. …Ailleurs de vieux guerriers, Échangeant pour du pain, en les baignant de larmes, Ces croix prix de leur sang et l'honneur de leurs armes, Delille, Homme des champs, IV, Var et add.

    Absolument, la croix, celle de la Légion d'honneur. Il a eu la croix pour une action d'éclat.

    S. m. Grand-croix, celui qui a le grade le plus élevé dans la plupart des ordres de chevalerie dont une croix est l'insigne. Le corps du grand maître d'Aubusson fut porté à l'église Saint-Jean sur les épaules des principaux grand-croix, Bouhours, Hist. d'Aubusson, liv. VI. Il [Renau] fut fait conseiller du conseil de marine et grand-croix de l'ordre de Saint-Louis, Fontenelle, Renau.

    S. f. Grand'croix, la décoration même que portent les grand-croix. On assure qu'il va recevoir la grand' croix de la Légion d'honneur.

  • 11Le côté d'une pièce de monnaie opposé à la face et marqué autrefois d'une croix. Croix ou pile. Sans croix ne pile et n'ayant rien en somme Qu'un vieil habit…, La Fontaine, Mazet.

    Croix ou pile, croix et pile, croix-pile, sorte de jeu de hasard où l'un des joueurs jette une pièce de monnaie en l'air, l'autre nommant le côté qu'il veut de la pièce et gagnant si la pièce tombée présente ce côté. AEeas, en tout fort habile, Voulut qu'on jouât à croix-pile, Scarron, Virg. trav. V. Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est, Pascal, Moyens, 1. Il y a un chaos infini qui nous sépare ; il se joue un jeu à cette distance infinie où il arrivera croix ou pile ; que gagnerez-vous ? Par raison, vous ne pouvez affirmer ni l'un ni l'autre ; par raison, vous ne pouvez nier aucun des deux, Pascal, Pensées, part. II, art. 3. Supposons que l'on projette en l'air une pièce large et très mince dont les deux grandes faces opposées que nous nommerons croix et pile soient parfaitement semblables ; cherchons la probabilité d'amener croix une fois au moins en deux coups, Laplace, Essai philos. sur les probabilités, au commencement.

    Je les jetterais à croix ou à pile, à croix et à pile, à croix-pile, se dit de deux choses dont le choix est indifférent.

  • 12 Terme d'astronomie. Croix australe, croix du Sud, nom d'une constellation de l'hémisphère austral.

    Grande Croix, le carré de Pégase.

  • 13Latte croisée que les maçons et couvreurs suspendent au bout d'une corde quand ils font une réparation au haut de la maison. Là je trouve une croix de funeste présage ; Et des couvreurs grimpés au toit d'une maison En font pleuvoir l'ardoise et la tuile à foison, Boileau, Sat. VI.

    Croix géométrique ou bâton de Jacob, instrument composé d'un long bâton et d'un autre plus court mis en croix, dont les pilotes se servaient pour prendre les hauteurs.

    Terme de vénerie. Croix de cerf, petit cartilage en forme de croix, qui se trouve dans le cœur du cerf.

    Morceau de bois portant les têtes de chardon à carder.

  • 14Croix de mer, l'huître appelée manteau.

    Pierre de croix, nom d'une sorte de pierre. M. Bucquet a donné à l'Académie un mémoire sur la pierre à qui sa configuration singulière a fait donner le nom de pierre de croix, Condorcet, Bucquet.

  • 15 Terme de manége. Faire la croix à courbettes ou à ballottades, faire exécuter à un cheval des sauts, tels qu'ils simulent la figure d'une croix.
  • 16 Terme de blason. La réunion du pal et de la fasce. La croix est une des douze pièces honorables de l'écu.

    Croix à degrés, celle dont le pied est posé sur une sorte d'escalier.

    Croix de Toulouse, croix vidée, tréflée et pommelée d'or, qui se met sur les armoiries qu'on prétend être descendues du ciel.

    Croix de Lorraine, croix qui a deux traverses ou croisillons.

  • 17 Terme de marine. Forme que prennent les deux câbles d'un bâtiment affourché, lorsqu'en évitant il passe par-dessous le câble qui ne travaille pas.

    Être en croix, se dit des vergues brassées perpendiculairement à leurs mâts.

SYNONYME

CROIX, AFFLICTIONS. Croix est du langage de la dévotion et exprime les peines que Dieu envoie aux hommes pour les éprouver. Afflictions n'implique rien de pareil ; c'est le terme général qui indique les souffrances morales, sans se rapporter ni à une religion particulière ni à une dispensation de la Providence.

HISTORIQUE

XIe s. [La lance] Dont nostre sire fut en la cruiz navret, Ch. de Rol. CLXXIX.

XIIe s. Monnayers [nous] ferons querre, lues que [dès que] pourrons ainçois ; D'acier leur ferons faire angevins et mansois [monnaies] ; Du quint de nostre terre aurons piles et crois, Sax. XXXIII.

XIIIe s. Et par la grace de Dieu si advint que li quens Thiebaus de Champaigne et de Brie prist la crois, Villehardouin, II. Sachiez que la renommée de cil saint homme alla tant qu'ele vint à l'apostoille de Rome, Innocent, et l'apostoille envoya en France et manda al prodome que il empreschast des croiz [croisades] par s'autorité, Villehardouin, I. L'espieu jusqu'à la croi [il] lui fait au corps couler, Berte, III. Dame Dieu, qui en croi fu pour nous estendus, ib. XXIV. En croi sur l'herbe drue doucement [elle] se couchoit, ib. XXVIII. Piteusement [elle] fait croi de ses bras sur son pis, ib. XX. Ens en la sainte crois pour ton peuple sauver, ib. XLIII. Li trahitres a pris à dire, Rist et fist crois en mi sa chiere [visage], Lai d'Ignaur. Coustume est en moult de liex qu'on fet crois de pierre ou de fust es quarrefors des quemins ou en autres liex, Beaumanoir, XXV, 24. Et lors frere Remon ala dire au roy, qui estoit en croiz sur le pont de la nef, tout deschaus, en pure cote…, Joinville, 283. Et ont renoncié au privilege de croix prise ou à prendre, Du Cange, crux. Alors fu une croiserie [croisade] Dont on portoit la crois partie ; Les crois furent, si come semble, De blanc et de vermeil ensemble, Du Cange, ib. Et lors fist l'en un croisement, Dont on portoit la croix devant, Du Cange, ib.

XIVe s. [Que] Jehan, la vigile de l'ascension nostre Seigneur y portast un confanon ou baniere de l'eglise de Landricourt aux processions et crois, en la compaignie du curé et des gens d'icelle ville, Du Cange, crux. Le quel Jehan lui respondi qu'il renioit Dieu et la croix de Beleen, s'il mouroit jà par autres mains que par les siennes, Du Cange, ib. La premiere letanie en trois manieres est appelée, au premier letanie gregnour ; au secont est dite procession de sept fourmes, au tierz est dite croix noires, Du Cange, ib. Car la table estoit d'or ; en croix aloit ployant Par charnieres d'or fin qui bien furent seant, Guesclin. 9095. Et dois savoir que si croix [barres faites en croix sur une écriture] y a…, Bouteiller, Somme rural, p. 186, titre 30, dans LACURNE. Le moulin à vent et tout ce qui se meut et tourne à celuy moulin, est meuble ; et tout ce qui ne se tourne, c'est à sçavoir l'estache du moulin, l'estanfique et croix qui le porte, tout ce est heritage, ID. ib. titre 74, p. 431.

XVe s. Si se refroida grandement de cette croix [croisade] emprise et preschée, et contremanda ses officiers, Froissart, I, I, 63. Par despit [l'hôtelier] m'a dit : est-ce maniere De delivrer trois chevaulx la sepmaine Sans croix avoir ; vuidez, allez arriere ; Vous n'arez plus de moy ne foing n'aveine, Deschamps, Poésies mss. f° 208, LACURNE. Là comptent hault, et ne leur chault du pris, Tant qu'il ne m'est demeuré croix ne pille, Deschamps, ib. f° 275. À la porte de mon logis et de ma chambre me firent plus de cent croix blanches et des rymes contenant que…, Commines, III, 6. Il lui fit bailler cinquante mil florins à la croix sainct André, Commines, III, 6. Le roy eut nouvelles de l'empereur qu'il avoit fait rafreschir ceulx de la dicte ville de Nuz… et partant mist le dit duc de Bourgogne [qui l'assiégeait] à sa croix de par Dieu [le mit au même point qu'il était au commencement du siége], Chr. scandal. de Louis XI, p. 228, dans LACURNE. Quant à moi, je croy qu'on va plus à la court pour la croix d'or et d'argent [pièces de monnaie] que pour l'amour de celle de cedre et de cyprès où Dieu souffri mort, le Jouvencel, f° 25, dans LACURNE. Se aucun damné [condamné] ou fuitif s'enfuit à l'eglise ou en cymitiere ou en lieu saint, ou si il s'aert [s'attache] à une croix qui soit fichée en terre, la justice laye le doit laisser en paix par le privilege de l'eglise, si qu'elle ne mette la main à luy, Du Cange, crux.

XVIe s. Le numbre de nos croix c'est à dire afflictions, ennuiz, fascheryes est selon le numbre de noz varletz, Rabelais, Pant. V, 17. Qu'un chacun porte sa croix, Calvin, Instit. 548. Toute sa vie n'a esté qu'une espece de croix perpetuelle, Calvin, ib. Mon frere, marquez-moi ceux qui ne sont pas bons, et y faites une croix, Despériers, Contes, I. Parquoy Caesar le feit mettre en croix, Amyot, Anton. 104. Mettre un pied en croix par dessus l'autre [croiser les jambes], Amyot, Que la vertu se peut apprendre, 4. Elle commanda aux bourreaux qu'ilz crucifiassent et attachassent son corps à trois croix, Amyot, Artax. 21. Ce muscle s'en va obliquement, croisant le premier en croix bourguignonne, Paré, IV, 15. Chacune maison a sa croix et passion, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 270.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

CROIX.
13Ajoutez :

La Croix ou le Cygne, constellation de l'hémisphère boréal.

19Barre de fer transversale, portée par la douille de l'ancien épieu ; elle lui est réunie par une chaînette.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

CROIX, s. f. (Hist.) instrument composé de deux pieces de bois, qui se coupent & se traversent ordinairement à angles droits.

Le pere Pezron fait venir le mot crux du celtique croug & crouas, quoique peut-être on puisse avec autant de raison dire que croug & crouas sont dérivés de crux.

La croix étoit anciennement le supplice des malfaiteurs & des esclaves. On la plantoit en differens endroits pour inspirer de la terreur aux scélérats, comme on faisoit autrefois les estrapades, & comme on fait encore aujourd’hui en quelques occasions les potences. Selon Sozomene, Constantin converti au Christianisme abolit le premier le supplice de la croix, qui jusque-là avoit toûjours été en usage chez les Romains. Il l’avoit aussi été chez les Assyriens, les Egyptiens, les Perses, les Carthaginois, & même les Grecs, comme il paroît par les auteurs profanes.

A l’égard du crucifiement ou de la maniere dont on attachoit les criminels à la croix, on peut voir ce que nous en dirons au mot Crucifiement.

Nous ajouterons seulement ici, que les critiques sont fort partagés sur cet article. Les principaux points de leur dispute consistent à savoir si on y attachoit le patient avec trois cloux ou avec quatre : si ses piés étoient immédiatement attachés à la croix ou s’ils étoient posés sur un petit tasseau qui servoit à les appuyer : si l’on commençoit par planter la croix en terre pour y attacher ensuite le patient par le moyen d’un échafaud élevé à la hauteur de l’endroit où ses piés devoient être placés, ou si l’on attachoit le patient à la croix avant que de l’élever & de la planter, comme les peintres le représentent dans le crucifiement de Jesus-Christ ; enfin si le crucifié étoit entierement nud ou couvert. (G)

Croix (Invention de la sainte), fête très-ancienne dans l’Eglise, & qu’on célebre le 3 de Mai, en mémoire de ce que Ste Helene mere du grand Constantin trouva la croix de Jesus-Christ enfoncée en terre sous le mont Calvaire. Cette princesse fit bâtir une église au même endroit pour y conserver une partie de la croix, & fit porter le reste à Rome, où elle fut placée dans une église somptueuse que fit bâtir l’empereur, & qu’on nomma l’église de sainte croix de Jérusalem.

Théodoret dit qu’en creusant pour faire cette recherche, on trouva trois croix, celle de Jesus-Christ, & celles des deux voleurs qu’on avoit crucifiés avec lui, & qu’on trouva même le titre que Pilate avoit fait mettre au-dessus de la croix de Jesus-Christ, mais détaché, ensorte qu’on ne pouvoit découvrir quelle étoit celle du Sauveur, mais qu’on la reconnut par l’application qu’on en fit à une femme dangereusement malade qui fut guérie sur le champ. S. Paulin, dans son épître xxxj. à Severe, dit qu’on coucha un cadavre d’abord sur deux de ces croix, qui ne produisirent aucun effet, mais qu’il ressuscita lorsqu’on l’eut approché de la troisieme, qu’on reconnut à ce signe éclatant pour être celle de Jesus-Christ. (G)

Croix (Exaltation de la sainte), fête qu’on célebre dans l’Eglise Romaine le 14 de Septembre, en mémoire de ce que l’empereur Heraclius rapporta au Calvaire, l’an 642, la vraie croix qui en avoit été enlevée 14 ans auparavant par Cosroés roi des Perses, lorsqu’il prit Jérusalem sur l’empereur Phocas. Voyez Exaltation.

Croix (Porte-), cruciger ; c’est dans l’église Romaine un clerc ou chapelain d’un évêque, archevêque ou primat, qui porte une croix devant le prélat dans les occasions solennelles. Le pape a une croix qu’on porte devant lui partout. On porte aussi celle d’un patriarche partout devant lui, excepté à Rome. Les primats, métropolitains, ceux qui ont droit de porter le pallium, font porter la croix devant eux dans tous les lieux de leurs jurisdictions respectives. Cet usage ne remonte, pour les quatre patriarches d’Orient, qu’au concile de Latran, tenu en 1215 sous Innocent III, encore Grégoire IX. ne leur permit-il pas de la porter en présence des cardinaux. Depuis, les papes ont accordé la croix aux archevêques de Bourges, de Cologne, d’Auch, de Gnesne, de Cantorberi, d’York, &c. & enfin aux évêques. La croix de ceux-ci est simple, celle des archevêques a deux branches en-travers, & celle du pape en a trois. Il ne paroît pas que les archevêques Grecs ayent fait porter une croix devant eux. Mais comme on portoit une lampe allumée devant les empereurs, cette marque d’honneur fut accordée au patriarche de Constantinople, & ensuite, selon Balsamon, aux archevêques de Bulgarie & de Chypre, & à quelques autres métropolitains. C’est l’origine du bougeoir qu’on porte aux offices, & même à la messe, devant les évêques, & même devant les curés de Paris. Thomass. Discipl. ecclés. part. IV. liv. I. c. xxxjx. (G)

Croix pectorale ; c’est une croix d’or ou d’argent ou de quelqu’autre matiere précieuse, même de diamans, que les évêques, archevêques, &c. portent pendue au cou. On la nomme pectorale, parce qu’elle descend sur la poitrine, pectus. Les abbés & abbesses réguliers & régulieres en portent aussi. C’est une dévotion autorisée par plusieurs exemples de l’église greque & latine. Jean diacre nous représente S. Grégoire dans son mausolée, avec ce qu’il appelle filateria, c’est-à-dire un reliquaire d’argent pendu au cou. S. Grégoire expliquant lui-même ce terme, dit que c’est une croix enrichie de reliques. Innocent III. dit, que par cette croix les papes ont voulu imiter la lame d’or que le grand-prêtre des Juifs portoit sur le front. Les évêques ont depuis imité les papes. Thomassin. Ibid. (G)

Croix (Ordre de la) ou croisade. Ordre de chevalerie composé seulement de dames, & institué en 1668 par l’impératrice Eléonor de Gonzague femme de l’empereur Leopold, en reconnoissance de ce qu’elle avoit recouvré une petite croix d’or, dans laquelle étoient renfermés deux morceaux du bois de la vraie croix. Cette croix d’or avoit échappé à l’embrasement d’une partie du palais impérial, & fut retrouvée dans les cendres. Le feu, dit-on, avoit brûlé la boîte où elle étoit renfermée, & fondu le crystal, sans toucher au bois de la vraie croix. (G)

Croix de S. André ; c’est une croix composée de deux pieces de bois égales & passées en sautoir. On la nomme ainsi, parce qu’on prétend que ce fut avec une pareille croix que l’apôtre saint André fut martyrisé à Patras en Achaïe. La croix de S. André est l’instrument du supplice des assassins, voleurs de grand-chemin, & autres malfaiteurs que l’on condamne à la roüe. Le bourreau les étend & les lie sur cette croix posée sur un échafaut, & leur y brise les bras, les jambes, les cuisses, & les reins. V. Roue. (G)

Croix (Filles de la), Hist. ecclés. communauté de filles instituée en 1265 à Roye en Picardie, & répandue de-là à Paris & dans d’autres villes. Elles tiennent écoles & instruisent les jeunes personnes de leur sexe. Il y en a de deux sortes ; les unes ont fait les trois vœux simples de pauvreté, de chasteté, & d’obéissance ; les autres ont conservé toute leur liberté. Elles ont les unes & les autres chacune un supérieur qui gouverne toutes les maisons de leur congrégation.

Croix (Jugement de la), Hist. mod. il étoit en usage en France au commencement du jx. siecle, & consistoit à donner gain de cause à celui des deux parties qui tenoit le plus long tems ses bras élevés en croix. Il semble que cette maniere comique & folle de décider les différends des particuliers, ne pouvoit venir que dans l’esprit des Indiens du Paraguay nouvellement convertis au Christianisme. Article de M. le Chevalier de Jaucourt.

Croix, (Jurisprud.) est la marque que le procureur de celui qui est condamné aux dépens, met sur les articles de la déclaration dont il est appellant. Voyez ci-devant Croiser.

Croix de cens, signifie un sur-cens, comme qui diroit croît de cens, incrementum censûs. Dumoulin, sur le §. 51. de l’ancienne coûtume de Paris, gl. 1. n°. 17. & Loiseau, tr. du déguerpissement, liv. I. ch. v. n°. 7. se sont trompés en disant que le croix de cens n’a pas été ainsi nommé de l accroissement du cens, mais de ce qu’anciennement, & jusqu’au tems d’Henri II, toute la petite monnoie qui servoit à payer le cens étoit marquée d’une croix. On reconnoît le contraire par une ordonnance de Philippe de Valois, du 6 Janvier 1347, qui porte, art. jx. que tous cens & croix de cens se payeront, &c. On peut voir aussi ce que dit Brodeau dans son commentaire sur le tit. des censives de la coûtume de Paris, n. 23. le gloss. de M. de Lauriere, tom. II. p. 306. & 307. & la note de M. Secousse, sur l’ordonnance de 1347.

Croix, marquée par quelqu’un qui ne sait pas écrire, autrefois tenoit lieu de signature. Heribal, comte du palais sous le regne de Louis le Débonnaire, dans un cartulaire du monastere de Casaure, mit ainsi sa souscription, signum Heribaldi comitis sacri palatii, qui ibi fui, & proter ignorantiam litterarum signum S. crucis seci. Depuis que l’usage des lettres est devenu commun, cela ne se pratique plus guere que parmi des gens du peuple, & sur-tout de la campagne ; mais une simple croix ou marque n’est plus regardée comme une signature qui ait l’effet de rendre un acte valable ; ceux qui ne savent point signer ne peuvent s’obliger par écrit que pardevant notaire.

Croix, peine ; autrefois, à S. Geniez dans le Languedoc, on bouchoit d’une croix la porte de ceux qui refusoient de payer la taille. Ordonnance du roi Jean, du 3 Mars 1356. (A)

Croix, en termes de Blason. On la définit une piece de l’écu composée de lignes quadruples, dont deux sont perpendiculaires, & les deux autres transversales ; car il faut les imaginer telles, quoiqu’elles ne soient pas tracées exactement, mais qu’elles se rencontrent deux à deux en quatre angles droits près du point de fasce de l’écusson. Voyez Piece.

Elle n’occupe pas toûjours le même espace dans le champ de l’écu ; car quand elle n’est point chargée, cantonnée ni accompagnée, elle ne doit occuper que la cinquieme partie du champ : mais si elle est chargée, elle doit occuper le tiers. V. Croisette.

Cette armoirie fut accordée originairement à ceux qui avoient exécuté ou au moins entrepris quelque action d’éclat pour le service de Jesus-Christ & pour l’honneur du nom chrétien, & est regardée par plusieurs comme la plus honorable de tout le Blason. Ce qui la rendit fort fréquente, ce furent sans doute les expéditions & les voyages multipliés qu’on fit en la Terre-sainte ; car la plûpart de ceux qui en revinrent, chargerent leur écu d’une croix, & la croix devint une enseigne militaire.

On prétend que dans ces guerres saintes les Ecossois portoient la croix de S. André, les François une croix d’argent, les Anglois une croix d’or, les Allemands de sable, les Italiens d’azur, les Espagnols de gueules.

On compte trente-neuf différentes sortes de croix usitées dans le Blason, dont voici les noms ; les descriptions des principales d’entr’elles termineront cet article : Croix vuidée, croix ondée-vuidée, croix patée-frangée, croix patée-fichée sur le pié, croix patée sur trois pates, & fichée sur la quatrieme ; croix engrelée, croix patonnée, croix fleurie, croix patonnée-vuidée, croix avelane, croix patée avec l’ambel, croix fourchée, croix recroisettée, croix recroisettée-fichée en pointe, croix boutonnée, croix pommée, croix ordée, croix dégradée-fichée, croix potencée, croix potencée-fichée, croix du calvaire, croix recroisettée à degrés, croix patriarchale, croix ancrée, croix moulinée, croix cléchée, croix fleurdelysée, croix double fichée, croix à seize pointes, croix moulinée, croix ragulée, croix pointée-vuidée, croix pallée, croix en tau, ou croix de S. Antoine, croix vuidée & coupée, croix coupée-percée, croix moulinée percée en losanges, croix moulinée percée en quatre, croix en sautoir, ou croix de S. André, dont on parlera plus en détail à son rang, aussi-bien que des autres.

La Colombiere fait mention de 72 sortes de croix différentes ; nous n’en nommerons ici que celles que nous n’avons pas nommées plus haut, telles que la croix remplie, qui n’est autre chose qu’une croix chargée d’une autre croix ; la croix partie, c’est-à-dire moitié d’une couleur & moitié d’une autre ; la croix écartelée, c’est-à-dire dont les quartiers opposés sont de différentes couleurs ; la croix de cinq pieces, c’est-à-dire celle qui est de cinq couleurs différentes ; la croix moussue & abaissée, la croix croissantée, la croix fourchée à trois pointes, la croix pometée de trois pieces, la croix recrenelée, la croix pointée, la croix ancrée & sur-ancrée, la croix ancrée avec des têtes de serpent, la croix ailée, la croix exhaussée, la croix rayonnante, ou qui répand à l’entour des rayons de gloire ; la croix de Malte, la croix du S. Esprit, la croix fourchée à la maniere des anciennes fourchettes, la croix à huit pointes, la croix bourdonnée, la croix cramponnée & tournée, la croix cablée, la croix inclinée, la croix de patenôtre, c’est-à-dire faite de grains de chapelet ; la croix de treffle, la croix fleuronnée, la croix vuidée, cléchée & pommetée ; la croix crenelée & baltillée, la croix à quatre branches pour chaque bras, la croix arrondie, la croix & demie, la croix étoilée ou en étoile, la croix cordée, la croix doublée de six pieces ensemble, la double croix fendue en pal, la longue croix coupée en pieces & démembrée, la croix coupée ou divisée en fasce, de deux couleurs contraires à celle du champ ; le chevron surmonté d’une demi-croix, quatre queues d’hermine en croix, les bouts de l’hermine opposés l’un à l’autre au milieu ; quatre pieces de vair disposées en croix, & contrepointées au centre ; la croix ou l’épée de S. Jacques ; une croix potencée cramponnée au bras dextre supérieur avec une potence vers le milieu de la fleche. Menetr. Trév. & Chambers.

Voilà toutes les différentes sortes de croix qu’on trouve dans les deux auteurs que nous avons cités. Elles peuvent n’être pas toutes usitées en France ; mais le Blason est pour tous les pays, & il est bon d’en connoître au moins les termes.

Et ce n’est pas seulement par rapport aux croix qu’il y a une si grande variété ; il y en a tout autant par rapport à plusieurs autres pieces usitées, & singulierement par rapport aux lions & à leurs parties, dont la Colombiere compte quatre vingt-seize positions différentes. Leigls ne parle que de quarante-six croix différentes ; Sylvanus Morgan, de vingt-six ; Upton, de trente ; Joannes de Bado-aureo, de douze ; & plusieurs autres qu’il est inutile de nommer ici, différens nombres plus ou moins grands.

Upton à la vérité convient qu’il n’ose entreprendre de détailler toutes les différentes croix usitées dans les armoiries, parce qu’elles sont, dit-il, innombrables ; c’est pourquoi il ne parle que de celles qu’il a vûes en usage de son tems. Voici les principales :

La croix ordinaire se nomme croix pleine, crux plena, comme celle de Savoie, &c.

Aspremont en Lorraine, de gueules à la croix d’argent. Elle est dite engrelée, quand elle a une espece de dentelle sur tous les bords.

D’Aillon du Lude, d’azur à la croix engrelée d’argent. Elle est dite patée, quand ses quatre extrémités s’élargissent, comme Argentré en Bretagne, d’argent à la croix patée d’azur. Elle est dite alezée, ou coupée, ou rétrécie, quand de nul de ses bouts elle ne touche aux bords de l’écu.

Aintrailles, d’argent à la croix alezée de gueules.

Celle des Squarciafichi, de Genes, est d’autant plus extraordinaire, qu’étant potencée, c’est-à-dire, terminée par quatre plates-bandes ; elle est repotencée ou cramponnée en quatre endroits au bout droit d’en-haut, au droit du côté dextre, & aux deux d’en-bas.

Celle de Damas est ancrée, c’est-à-dire, crochue en ses extrémités, comme les ancres des vaisseaux.

Celle des Allegrains est non-seulement ancrée, mais partie de l’un à l’autre d’argent & de gueules, l’écu étant contreparti de même ; ainsi on dit :

Allegrain, parti de gueules & d’argent, à la croix ancrée, contrepartie de l’une à l’autre.

Celle des Venasques, semblable à celle des comtes de Tolose, dont ils se disent descendus, est vuidée, c’est à-dire percée à jour ; cléchée, c’est-à-dire qu’elle a ses quatre extrémités, comme les anciens anneaux de clés ; & pommetée, c’est-à-dire qu’à chaque angle des anneaux il y a une pomme ainsi on blasonne ces armoiries d’or à la croix vuidée, cléchée & pommetée de gueules.

La croix des Sauteraux, de Dauphiné, est accompagnée de quatre oiseaux de proie d’argent, bequés, membrés & grilletés d’or : on dit bequé pour le bec, membré pour les jambes, grilleté pour les sonnettes.

La croix des Kaer en Bretagne, est dite en termes d’armoiries, gringolée, c’est-à-dire que ses extrémités se terminent en têtes de serpens, que le vulgaire nomme gargouilles, & par corruption, gringoles : ainsi il faut blasonner, Kaer en Bretagne, de gueules a la croix d’hermine gringolée d’or.

Celles de Des-Escures, en Bourbonnois, est ancrée, & chargée d’une étoile en cœur, c’est-à-dire au milieu ou au centre de la croix.

Des-Escures, de sinople à la croix ancrée d’argent, chargée en cœur d’une étoile de sable.

Il s’en peut faire de cordes & de cables, comme celle qu’Upton donne en Angleterre à un nouvel annobli, de deux tortils de cables. Ces croix se disent cablées.

Hurleston ; en Angleterre, d’argent à une croix de quatre queues d’hermine aboutée.

Laurencs, d’argent à une croix écotée de gueules.

Bierley, d’argent à une croix recroisetée de gueules.

Villequier, de gueule à une croix fleurdelisée d’or, accompagnée de douze billettes de même.

Troussel, une croix patée & fleurdelisée.

Delisle, une croix pommetée.

Rubat, une croix potencèe.

La Chastre, une croix ancrée de vair.

La croix des Tohestke, en Silésie, est une croix que nous nommons croix de Lorraine, parce qu’une semblable croix est l’ancienne devise de la maison de Lorraine. C’est une croix greque alezée à double traverse ; la traverse la plus haute, plus courte que la basse : ici la plus basse est cramponnée à senestre. Il faut donc dire, porte d’azur à la croix de Lorraine d’argent, cramponnée au flanc senestre de la traverse d’en-bas.

Celle de Saliceta, à Genes, est bretessée ou recroisetée à double.

Celle des Weyers, au pays du Rhin, est recercelée en ses extrémités, & chargée en cœur d’un écusson de sable à trois besans d’or.

Herschfelt, abbaye d’Allemagne, a pour armoiries une croix de Lorraine, dont le pié est enhendé : ce terme vient de l’espagnol enhendido, qui signifie refendu. Ces croix à refente sont communes dans les armoiries d’Allemagne.

Celle de Tigny est alezée, patée & écartelée.

Celle du Bosc, en Normandie, est échiquetée.

Celle des Truchses, fourchettée.

Celle de S. Gobert, trefflée.

Celle de la Riviere, frettée.

Des Ardinghelli, losangée.

De Viri, ouverte en fer de moulin.

Echaute, porte celle de Lorraine.

La croix longue sur un mont, avec une couronne d’épines & les clous, se nomme croix du calvaire. Les peres Théatins la portent ainsi, parce que leur congrégation commença le jour de l’exaltation de la sainte Croix.

Celle qui la suit, se dit perronnée.

Celle des Manfredi de Lucques est retranchée & pommetée.

Celle des Knolles, d’Angleterre, est resarcelée d’or.

Celle des Roussets est au pié fiché.

La suivante est de losanges.

La pénultieme, guivrée.

Et la derniere a le pié cramponné comme le flanc senestre de la pointe. (V)

Croix de Jerusalem ou de Malte, flos constantinopolitanus, (Botanique & Jardin.) est une espece de lychnis à qui l’on a donné le nom de croix de Jerusalem ou de Malte. C’est une plante dont les tiges, hautes de deux piés, se partagent en plusieurs rameaux dont les longues feuilles se terminent en pointes, & qui ont à leurs extrémités des fleurs à cinq feuilles disposées en ombelle, comme autant de croix ; de couleur d’écarlate, ou blanche, ou variée. Ces fleurs se convertissent en fruits de figure conique, qui contiennent beaucoup de semence, ce qui les multiplie. Ces croix viennent en été dans toutes sortes de terres, aiment le grand soleil, & on les place dans les parterres. (K)

Croix de S. André, (Bot. & Jardin.) est une allée qui, en croisant une autre de traverse, forme la figure d’une croix allongée. Ces sortes d’allées se rencontrent dans un parterre également comme dans un bois. (K)

Croix, terme d’Architecture. Sous ce nom on entend un monument de piété qui se plaçoit indistinctement autrefois dans les cimetieres, les places publiques, les carrefours, les marchés, les grands-chemins, les routes principales, &c.

Les croix aujourd’hui semblent réservées pour les cimetieres & les devants des églises ; on les éleve sur des piés-d’estaux ornés d’architecture & enrichis de sculpture, surmontées sur des gradins & entourées de bornes. Dans nos grands-chemins, nos places & autres lieux publics, l’on préfere les obélisques, les pyramides & les fontaines, ainsi qu’on le remarque dans les bois de Vincennes & de Boulogne, sur la route de Juvisy, &c. & l’on ne voit plus guere de ces monumens de piété que sur la route de S. Denys, où se remarquent quantité de ces monumens dans le goût gothique.

On appelle aussi croix, les amortissemens placés au-dessus des portails & des faîtes des monumens sacrés. Enfin on appelle croix greque ou latine dans une église, la partie qui traverse l’église entre le chœur & la nef. Voyez Église. (P)

Croix, (Marine.) On dit, il y a une croix sur les cables ; ce qui signifie que les cables qui sont mouillés, sont passés l’un sur l’autre. (Z)

Croix de S. André, (Charpenterie.) servent a remplir & à entretenir les combles & pans de bois où ils sont employés. Voyez Pl. du Charpentier, fig. 17.

* Croix, (Manufact. en drap.) morceau de bois dont le nom désigne assez la figure, sur lequel sont montées les têtes de chardon qui servent au lainage des étoffes.

* Croix, (Manuf. en drap.) petite courroie de cuir qui appartient à la manicle des Tondeurs de draps. Voyez Manicle.

* Croix, (Manuf. de fer-blanc.) marque que ces Manufacturiers placent sur le fond des barrils qu’ils remplissent de fer-blanc : elle désigne que ce fer est de la sorte la plus forte : elle s’imprime avec un fer chaud : elle donne au fer-blanc le nom de fer à la croix, qui se vend plus cher que l’autre.

Croix, en terme de Fourbisseur, sont deux sortes de bras recourbés en-dessous, qui passent au haut du corps de la garde, l’un dessous la branche, & l’autre vis-à-vis ; ce qui avec le corps représente effectivement une croix. Voy. la fig. Pl. du Ciseleur-Damasquineur.

Croix, Faire la croix à courbettes, à ballotades, en termes de Manege, c’est lorsqu’on fait ces sauts en-avant, en-arriere & de côté tout d’une haleine, de façon qu’ils forment la figure d’une croix sur le terrein.

Quelques-uns ont dit aussi faire la croix à caprioles, ce qui ne se peut pas ; car les chevaux qui feroient des caprioles en-arriere, sembleroient tenir du ramingue & du rétif, & ne travailleroient pas selon la justesse du manege : outre qu’un cheval, quelque vigoureux qu’il soit, ne peut faire d’une haleine toute la croix à caprioles. Voyez Ramingue, Rétif, Capriole. (V)

Croix, en terme de Metteur en œuvre, est une piece d’ajustement à l’usage des femmes, dont la figure est semblable à une croix, ce qui l’a fait appeller ainsi.

Personne n’ignore que les croix se portent au cou. On distingue de trois sortes de croix ; branlante, croix à la dévote, & croix d’évêques ou de chevaliers. Voyez ces mots à leur article.

Croix à la dévote, en terme de Metteur en œuvre, est un ornement de femmes qui leur tombe du cou sur le sein : elles ont pour l’ordinaire un coulant d’un dessein qui est assorti au leur. Voyez Coulant.

Croix d’Evêque, en terme de Metteur en œuvre, est pour l’ordinaire une croix d’or mat, ou quelquefois émaillée. Il est aussi difficile d’en déterminer le dessein, que de fixer le caprice & la mode.

Croix, (Hist. mod. & Monnoyage.) Autrefois, & encore aujourd’hui, dans plusieurs états de l’Europe on mettoit une croix sur les monnoies à la place de l’effigie. Voyez Effigie, Pile.

En France toutes les monnoies porterent depuis le commencement de la monarchie & pendant la premiere race de nos Rois, l’effigie du prince regnant. Cet usage ne fut pas continué sous la seconde ; après le regne de Louis le Débonnaire, on ne voit plus de monnoie à croix.

Henri II. par édit de 1548, ordonna que sa pourtraiture, d’après son pourtrait, seroit gravée & empreinte sur les monnoies d’or, d’argent… &c. ce qui a été continué jusqu’à présent.

Croix de S. André, terme de Riviere, charpente qui porte en décharge la lisse d’un pont.

Croix de cerf, (Venerie.) c’est un os que l’on trouve dans le cœur de cet animal : il a à-peu-près la forme d’une croix. On croit que mis en poudre dans du vin, c’est un remede pour les femmes en travail, & que pendu au cou en amulette, il soulage dans les palpitations de cœur.

Croix ou pile, (analyse des hasards.) Ce jeu qui est très-connu, & qui n’a pas besoin de définition, nous fournira les réflexions suivantes. On demande combien il y a à parier qu’on amenera croix en jouant deux coups consécutifs. La réponse qu’on trouvera dans tous les auteurs, & suivant les principes ordinaires, est celle-ci : Il y a quatre combinaisons,

Premier coup. Second coup.
Croix. Croix.
Pile. Croix.
Croix. Pile.
Pile. Pile.

De ces quatre combinaisons une seule fait perdre, & trois font gagner ; il y a donc 3 contre 1 à parier en faveur du joüeur qui jette la piece. S’il parioit en trois coups, on trouveroit huit combinaisons dont une seule fait perdre, & sept font gagner ; ainsi il y auroit 7 contre 1 à parier. Voyez Combinaison & Avantage. Cependant cela est-il bien exact ? Car pour ne prendre ici que le cas de deux coups, ne faut-il pas réduire à une les deux combinaisons qui donnent croix au premier coup ? Car dès qu’une fois croix est venu, le jeu est fini, & le second coup est compté pour rien. Ainsi il n’y a proprement que trois combinaisons de possibles :

Croix, premier coup.
Pile, croix, premier & second coup.
Pile, pile, premier & second coup.


Donc il n’y a que 2 contre 1 à parier. De même dans le cas de trois coups, on trouvera

Croix.
Pile, croix.
Pile, pile, croix.
Pile, pile, pile.

Donc il n’y a que 3 contre 1 à parier : ceci est digne, ce me semble, de l’attention des Calculateurs, & iroit à réformer bien des regles unanimement reçûes sur les jeux de hasard.

Autre question. Pierre joüe contre Paul à cette condition, que si Pierre amene croix du premier coup, il payera un écu à Paul ; s’il n’amene croix qu’au second coup, deux écus ; si au troisieme coup, quatre, & ainsi de suite. On trouve par les regles ordinaires (en suivant le principe que nous venons de poser), que l’espérance de Paul, & par conséquent ce qu’il doit mettre au jeu est quantité qui se trouve infinie. Cependant il n’y a personne qui voulût mettre à ce jeu une somme un peu considérable. On peut voir dans les mémoires de l’académie de Petersbourg, tome V. quelques tentatives pour résoudre cette difficulté ; mais nous ne savons si on en sera satisfait ; & il y a ici quelque scandale qui mérite bien d’occuper les Algébristes. Ce qui paroît surprenant dans la solution de ce problème, c’est la quantité infinie que l’on trouve pour l’espérance de Paul. Mais on remarquera que l’espérance de Paul doit être égale au risque de Pierre. Ainsi il ne s’agit que de savoir si le risque de Pierre est infini, c’est-à-dire (suivant la véritable notion d’infini) si ce risque est tel qu’on puisse toûjours le supposer plus grand qu’aucun nombre fini assignable. Or pour peu qu’on réfléchisse à la question, on verra que ce risque est tel en effet. Car ce risque augmente avec le nombre des coups, comme il est très-évident par le calcul. Or le nombre des coups peut aller & va en effet à l’infini, puisque par les conditions du jeu le nombre n’est pas fixé. Ainsi le nombre indéfini des coups est une des raisons qui font trouver ici le risque de Pierre infini. Voyez Absent & Probabilité.

Selon un très-savant géometre avec qui je raisonnois un jour sur cette matiere, l’espérance de Paul & son enjeu ne peut jamais être infini, parce que le bien de Pierre ne l’est pas ; & que si Pierre n’a, par exemple, que 220 écus de biens, il ne doit y avoir que 21 coups, après lesquels on doit cesser, parce que Pierre ne sera pas en état de payer. Ainsi le nombre des coups possibles est déterminé, fini, & égal à 21, & on trouvera que l’espérance de Paul est . Quoique cette somme ne soit plus infinie, je doute que jamais aucun joüeur voulût la donner. Ainsi cette solution, toute ingénieuse qu’elle est, ne paroît pas d’abord résoudre la difficulté. Cependant toutes choses bien examinées, il me semble qu’on doit en être satisfait. Car il ne s’agit pas ici de la peine ou de la facilité que Paul doit avoir à risquer la somme en question, il s’agit de ce qu’il doit donner pour joüer à jeu égal avec Pierre ; & il est certain que ce qu’il doit donner est la somme ci-dessus. Paul seroit un fou sans doute de la donner ; mais il ne le seroit, que parce que Pierre est un fou aussi de proposer un jeu où lui Pierre peut perdre en une minute des sommes immenses. Or, pour joüer avec un fou à jeu égal, il faut se faire fou comme lui. Si Pierre joüant en un seul coup, parioit un million qu’il amenera pile, il faudroit que chacun mît au jeu un demi-million : cela est incontestable. Il n’y a pourtant que deux insensés qui pussent joüer un pareil jeu.

Nous remarquerons à cette occasion, que pour rendre plus complettes, & pour ainsi dire plus usuelles, les solutions de problèmes concernans les jeux, il seroit à souhaiter qu’on pût y faire entrer les considérations morales, relatives, soit à la fortune des joüeurs, soit à leur état, soit à leur situation, à leur force même (quand il s’agit des jeux de commerce), & ainsi du reste. Il est certain, par exemple, que de deux hommes inégalement riches qui joüent à jeu égal suivant les regles ordinaires, celui qui est le moins riche risque plus que l’autre. Mais toutes ces considérations étant presque impossibles à soûmettre au calcul à cause de la diversité des circonstances, on est obligé d’en faire abstraction, & de résoudre les problèmes mathématiquement, en supposant d’ailleurs les circonstances morales parfaitement égales de part & d’autre, ou en les négligeant totalement. Ce sont ensuite ces circonstances, quand on vient à y faire attention, qui font croire le calcul en faute, quoiqu’il n’y soit pas. Voyez Avantage, Jeu, Pari, &c. (O)

Croix, (Sainte.) Géog. île de l’Amérique septentrionale, l’une des Antilles.

Croix, (Sainte-) Géog. petite ville de France dans la haute Alsace.

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Étymologie de « croix »

Du moyen français croix[1], de l’ancien français crois, croiz, cruz, du latin crux, crŭcem (« gibet, croix »)[2].
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Wallon, creûs ; rouchi, cro ; Berry, queroix, queroué ; picard, cros ; provenç crotz ; espagn. cruz ; ital. croce ; du latin crux, crucem.

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Phonétique du mot « croix »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
croix krwa

Évolution historique de l’usage du mot « croix »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « croix »

  • La vraie croix Est faite de livres, De dollars et de francs. De Stephen Crane / Ma croix
  • La croix est vide, parce qu'elle t'attend. De Sören Kierkegaard
  • Quand je vois le Christ en croix, les bras m'en tombent. De Paul Claudel / Journal
  • Les hommes couverts de croix me font penser à un cimetière. De Francis Picabia / Manifeste Funny-Guy - 1921
  • Cette façon, si remarquable chez un chrétien, de porter sa croix, mais en sautoir. De François Mauriac / Bloc-notes
  • La douleur et la souffrance sont des croix personnelles. On est toujours seul à les porter. De Dominique Lévy-Chédeville / L'homme aux passions tristes
  • Tuez vos dieux à tout jamais Sous aucune croix l'amour ne se plaît. De Renaud / La ballade nord-irlandaise
  • Rien de stable et de prospère ne s'établit sans la croix et la souffrance. De Benoît Desforêts / Le p'tit gars du colon
  • Ce bois dont la croix est faite ne manquera jamais. Paul Claudel, L'Otage, I, 1, Sygne , Gallimard
  • Il arrive parfois, lorsqu'on se met en croix, Que les clous vont blesser quelqu'un derrière soi. Francis Jammes, Géorgiques chrétiennes, Mercure de France
  • La mort signe d'une croix. De Claude Bauwens / Non au jeu de queues de cerises
  • La croix est l'échelle des cieux. De Proverbe français
  • Mieux vaut porter sa croix que la traîner. De Proverbe breton
  • Le fuyard est un homme qui n'a pas plus de goût pour la croix de guerre que pour la croix de bois. De André Prévot
  • Au fond, il n'y a qu'un seul chrétien, et il est mort sur la croix. De Friedrich Nietzsche
  • Quand nous n'avons pas une grande croix à porter, nous la fabriquons avec deux bâtonnets. De Armando Palacio Valdés / Symphonie pastorale
  • Tout le sensible a besoin de la croix, tout l'intelligible doit passer par la tombe. De Saint Maxime le Confesseur / Les sentences
  • La Finlande a discrètement retiré ces dernières années des croix gammées qui ornaient quelques avions de son armée de l'air, en les remplaçant par des aigles, un symbole moins infamant que le svastika adopté par les nazis. leparisien.fr, La Finlande retire discrètement la croix gammée de l’emblème de ses forces aériennes - Le Parisien
  • De nombreuses églises à domicile ont également été fermées par les autorités. Pour certains chrétiens, l’ambition du gouvernement est clairement de faire disparaître le symbole de la foi chrétienne de la sphère publique. Si la plupart des membres du clergé local ne protestent pas face aux autorités, certains encouragent les fidèles à protéger leurs croix et à prendre des photos pour conserver des preuves. Aleteia : un regard chrétien sur l’actualité, la spiritualité et le lifestyle, Chine : des centaines de croix démolies au prétexte d’enfreindre les règles d’urbanisme
  • Toutes ces croix sont implantées le long des chemins du village et sont amoureusement entretenues par des voisins et fleuries tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) au long de l'année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.). Techno-Science.net, 🔎 Calvaires et croix de Rombach-le-Franc - Définition et Explications

Images d'illustration du mot « croix »

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Traductions du mot « croix »

Langue Traduction
Anglais cross
Espagnol cruzar
Italien attraversare
Allemand kreuz
Chinois 交叉
Arabe تعبر
Portugais cruz
Russe пересекать
Japonais クロス
Basque gurutze
Corse croce
Source : Google Translate API

Synonymes de « croix »

Source : synonymes de croix sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « croix »

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