Cou : définition de cou


Cou : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

COU, subst. masc.

A.− Partie amincie du corps qui, chez les vertébrés, unit la tête au tronc (cf. aussi col) :
1. Je me suis endormie sous la lucarne, et voilà maintenant que j'ai le torticolis. Mon pauvre cou... Elle le frotte à deux mains en riant. Bernanos, Dialogues des Carmélites,1948, 5etabl., 12, p. 1709.
SYNT. a) Cou et subst. Le cou du cheval, de l'éléphant; naissance du cou; vertèbres, muscles du cou. b) Cou et adj. (adj. relatifs au port du cou). Cou engoncé, rentré, tendu; (adj. relatifs à la forme du cou). Cou flexible, long, potelé. c) Cou et verbe. Couper, tordre, serrer le cou à qqn.
Rem. La forme du cou évoque souvent 2 notions opposées, celle de la grâce et celle de la force, notions traduites par l'image du cygne : Mon Dieu! s'écria la blonde Gaillefontaine, en redressant son cou de cygne avec un sourire amer (Hugo, N.-D. Paris, 1832, p. 287) et du taureau : Front très peu haut, mais assez large; visage sans nuances, comme taillé au couteau; cou de taureau continué tout droit par la tête, où l'on sent que la passion monte congestionner aussitôt le cerveau (Gide, Journal, 1905, p. 186).
P. méton. (cf. gorge serrée). Il se leva brusquement, le cou serré. Seules des larmes glissaient sur son visage (Barrès, Barbares,1888, p. 109).
Arg. Se jeter qqc. dans le cou. Boire ou manger (cf. Esnault, Notes compl. « Poilu », 1956).
Loc. et expr.
1. Loc. expr.
Sauter, se pendre, se jeter au cou de qqn. Embrasser avec effusion. Ils voudraient que les femmes leur sautassent au cou, leur fissent des avances (Renan, Drames philos., Eau Jouvence, 1881, V, 1, p. 502).
Prendre ses jambes à son cou. Se sauver :
2. [Alexandre à Paul] Et savez-vous je les ai revues ces beautés... mais le lendemain ce n'était plus pareil et j'ai pris mes jambes à mon cou. L. de Vilmorin, La Lettre dans un taxi,1958, p. 79.
Casser, tordre le cou. Tordre le cou à un poulet.
P. métaph. Et j'ai tordu le cou à la muse pour ne jamais l'entendre crier, geindre et bonimenter (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 208).
Arg. Tordre le cou à une bouteille. La boire.
Se rompre, se casser le cou. Se blesser, généralement à la suite d'une chute. Les filles faillirent se rompre le cou en descendant l'escalier (Brillat-Sav., Physiol. goût,1825, p. 363).
Saisir qqn par la peau du cou.
P. métaph. Les [les préceptes de Boileau] saisissant par la peau du cou (Gide, Journal,1946, p. 290).
2. Expr. fig.
a) Mettre la corde au cou à qqn. ,,Le mettre sous sa sujétion`` (Ac.). Se mettre la corde au cou. ,,Se mettre sous la domination de qqn`` (Ac.). En partic. Se marier. Laisser la bride sur le cou. Laisser à quelqu'un toute sa liberté. Il n'aimait ni les discussions, ni les soucis et laissait à ses enfants la bride sur le cou (Beauvoir, Mém. j. fille,1958, p. 35).Se monter le cou. Afficher un optimisme excessif. Et comme Yves, tout pâle, ne pouvait que répéter : « Ça, ce serait chic... » Jean-Louis le supplia encore de ne pas se monter le cou (Mauriac, Myst. Frontenac,1933, p. 74).
b) Jusqu'au cou. Complètement. Être dans le pétrin jusqu'au cou. Être dans l'embarras. Le ministère est tombé (...) nous sommes dans le pétrin jusqu'au cou (Maupass., Bel ami,1885, p. 283).Être endetté jusqu'au cou. Être dans une situation financière inextricable.
B.− [P. anal. de forme]
1. Col d'un vase, goulot d'une bouteille :
3. Sous le couvercle soulevé [du panier], parmi des paquets de linge, passaient le coin d'un peigne enveloppé dans du papier, et le cou d'un litre mal bouché. Zola, La Conquête de Plassans,1874, p. 906.
2. Spéc. Cou de cygne
a) MAR. ,,Forte cheville que porte la ferrure terminant l'extrémité d'en dedans d'un gui et qui vient s'introduire dans le piton d'un cercle placé sur le mât`` (Gruss 1952).
b) MÉCAN. ,,Partie de l'avant-train d'une voiture à quatre roues qui est courbée`` (Chesn. 1857) :
4. Les voitures les plus ordinaires [à Brunswick] sont des calèches à quatre roues (...) Ces voitures sont à flèche, assez rarement à cous de cygne. Stendhal, Journal,t. 2, 1808, p. 437.
c) AMEUBL. Motif style Empire :
5. Mes yeux, accoutumés aux lits étoilés, aux fauteuils à cous de cygne, aux chenets en sphynx, (...) regardaient avec une sorte de terreur les grands bahuts sculptés... Hugo, Alpes et Pyrénées,1885, p. 110.
Prononc. et Orth. : [ku]. Ds Ac. depuis 1694. Rouss.-Lacl. 1927, p. 167, rappelle que ,,les graphies archaïques sol, fol, col, etc., quand ces mots n'étaient pas liés à une voyelle suivante, devaient se lire sou, fou, cou, etc.`` Homon. coud (de coudre), coup, coût. Quillet 1965 signale que certains écrivent se monter le cou alors qu'il faudrait écrire se monter le coup. Cou-de-cygne [kuḓsiɳ]. Au plur. des cous-de-cygne. Écrit avec trait d'union uniquement ds Pt Lar. 1906, Lar. encyclop. et Lar. Lang. fr.; écrit sans trait d'union ds Ac. 1835 et 1878, Besch. 1845, Lar. 19e-20e, Guérin 1892, Rob., Quillet 1965. Certains dict. renvoient à col-de-cygne (cf. Pt Lar. 1906, Lar. 20e, Quillet 1965). Étymol. et Hist. A. 1. « Partie du corps », a. fr. col, v. ce mot; cou sing. ca 1170 (B. de Ste-Maure, Ducs Normandie, éd. C. Fahlin, 13756); 4equart xives. jusques au cou (Froiss., II, III, 114 ds Littré); 1644 se jeter au cou de qqn (Corn., Le Ment., II, 5, ibid.); av. 1650 la bride sur le cou (Vaugelas ds Trév. 1704); 2. élément de composition dans la dénomination de certains oiseaux 1767 cou rouge « rouge-gorge » (Salerne, Hist. nat. éclaircie dans une de ses parties, l'ornithologie, Paris ds Roll. Faune t. 2, p. 260); 1829 cou-coupé (Boiste). B. P. anal. 1. 1172-74 col del pié (G. de Pont-Ste-Maxence, St Thomas, éd. E. Walberg, 1936, vers 2085; var. kou del pé, ms. Bibl. nat. 13513, 1remoitié xiiies. ds Gdf. Compl.); 2. 1690 « partie étroite et allongée d'une bouteille » (Fur.); 3. élément de composition dans la dénomination de certains végétaux 1732 cou de chameau (Trév.); 1832 cou-de-cigogne (Raymond); 4. 1808, 13 avr. cou de cygne « partie courbe qui dans une voiture à quatre roues, réunit la caisse à l'avant-train » (Stendhal, supra ex. 4). Doublet de col*, à partir du régime plur. cous de ce mot. Fréq. abs. littér. : 5 707. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 6 229, b) 11 582; xxes. : a) 10 107, b) 6 670. Bbg. Darm. Vie 1932, p. 141. − Dauzat Ling. fr. 1946, p. 14. − Gottsch. Redens. 1930, passim.Guiraud (P.). Mél. d'étymol. arg. Cah. Lexicol. 1970, t. 16, no1, p. 70. − Rog. 1965, p. 24.

Cou : définition du Wiktionnaire

Nom commun

cou \ku\ masculin

  1. (Anatomie) Partie du corps qui joint la tête aux épaules.
    • Son cou était un peu long peut-être ; mais ces sortes de cous sont les plus gracieux, et donnent aux têtes de femmes de vagues affinités avec les magnétiques ondulations du serpent. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
    • Dans cette agréable attitude, sa tête, inclinée vers son pied, étalait un cou de proconsul, large et fort, et laissait deviner l’ornière des omoplates, revêtues d’une chair brune et abondante. — (Charles Baudelaire, La Fanfarlo, 1847 ; Gallimard, 2012, collection Folio, page 53.)
    • Et puis, il a desserré peu à peu le crin, dégagé le cou. Il s’est assuré que la bête est indemne, la strangulation inefficace encore. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Cou : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

COU. (On dit quelquefois Col devant une voyelle et dans certaines expressions.) n. m.
Partie du corps qui joint la tête aux épaules. Les vertèbres du cou. Porter un enfant à son cou. Appréhender quelqu'un au col. Par extension, Le cou d'un cheval, d'un chien. Le cou d'une cigogne, d'un héron. Tordre le cou à un poulet. Sauter au cou, se jeter au cou de quelqu'un, L'embrasser avec beaucoup d'empressement, de tendresse, d'affection. On dit aussi familièrement Se pendre au cou de quelqu'un, Avoir les bras passés autour de son cou et l'embrasser à plusieurs reprises. Cet enfant est toujours pendu au cou de sa mère. Fig. et pop., Prendre ses jambes à son cou, Partir au plus vite. Couper le cou à quelqu'un. Voyez DÉCAPITER. Fig., Tendre le cou, S'offrir en victime, subir la violence et l'injustice sans résister. Devant cette indigne persécution il ne sut que tendre le cou. Fam. et par exagération, Se casser le cou, Se blesser en tombant. Fig. et fam., Mettre la corde au cou à quelqu'un, Le mettre sous sa sujétion. Se mettre la corde au cou, Se mettre sous la domination de quelqu'un. Fig. et fam., Être plongé jusqu'au cou dans les affaires, dans les plaisirs, Y être profondément engagé. Cou-de-pied, Partie supérieure et antérieure du pied près de son articulation avec la jambe. Le col ou le cou d'une bouteille, d'une cruche, d'un matras, etc., Cette partie longue et étroite par laquelle on emplit et on vide ces vases.

Cou : définition du Littré (1872-1877)

COU (kou ou COL) s. m.
  • 1La partie du corps qui unit la tête au tronc. Le héron au long bec emmanché d'un long cou, La Fontaine, Fabl. VII, 4. Voyez un peu ce cou d'ivoire s'arrondir sur ces belles épaules, Marmontel, Contes moraux, Lauret. Elle offre, en détournant sa tête éblouissante, D'un cou semé de lis la beauté ravissante, Delille, Géorg. I.

    Populairement et par pléonasme. Il sera pendu par son cou.

    Avoir un cou de grue, le cou d'une grue, avoir le cou long et grêle.

    Avoir un cou de cygne, avoir le cou blanc et gracieux, en parlant d'une femme. On dit aussi pour louer le cou d'une femme : cou d'ivoire, d'albâtre, de lis.

    Se jeter au cou de quelqu'un, l'embrasser avec effusion. Elle se jette au cou de ce pauvre vieillard, Corneille, le Ment. II, 5. La petite d'Hudicourt a été huit ou dix jours à la cour toujours pendue au cou du roi, Sévigné, 172. Télémaque se jeta au cou de Mentor, Fénelon, Tél. XXII. Télémaque saute à son cou, Fénelon, ib. X. Je voulus me jeter à son cou pour l'embrasser, Fénelon, ib. IV.

    Mettre la corde au cou, passer la corde autour du cou de quelqu'un pour le pendre ; et fig. ruiner, perdre. La trop grande indulgence de son père lui a mis la corde au cou, Dict. de l'Acad.

    Se mettre la corde au cou, se perdre soi-même, se mettre dans une position d'où on ne peut se tirer.

    Mettre le pied sur le cou de quelqu'un, lui faire violence.

    Couper le cou, trancher la tête. Cette révolte n'empêcha pas Antiochus de faire couper le cou au grand prêtre Onias, Voltaire, Phil. III, 139.

    Tordre le cou, donner la mort. Pour le dîner on tordra le cou à quelques poulets. J'aimerais… que monsieur Satan vous vînt tordre le cou, Molière, l'Étour. I, 11.

    Être dans l'eau jusqu'au cou. Y être presque totalement plongé. Son maître était jusqu'au cou dans les boues, La Fontaine, Or.

    Et fig. Je puis vous promettre, s'il se détermine à ce que vous voulez, de m'y mettre jusqu'au cou pour le succès, Saint-Simon, 510, 281.

    Fig. Tendre le cou, s'offrir comme une victime, subir quelque grande violence ou injustice sans résister.

    Fig. Rompre le cou à quelqu'un, à une affaire, l'empêcher de réussir.

    Se rompre, se casser le cou, se blesser grièvement en tombant ; et fig. perdre tous ses avantages, toutes ses espérances.

    Prendre ses jambes à son cou, s'enfuir au plus vite… Rendez-moi mon bijou, Et je prends, pour partir, mes jambes à mon cou, Regnard, Démocr. V, 5.

    Avoir son cou chargé de quelque chose, porter une charge considérable, avoir une grave responsabilité.

    Fig. Ta main sera sur le col de tes ennemis, Bossuet, Hist. II, 2. Ce peuple [juif] était d'un cou roide et dur d'entendement, Voltaire, Phil. II, 136.

  • 2Le cou ou le col d'une bouteille, la partie longue et étroite par laquelle on l'emplit et on la vide.

    Cou de chemise, voy. COL.

  • 3Cou de cygne, partie courbée de l'avant-train d'une voiture.

    Terme de marine. Cou de cigogne, cou de cygne, tige en fer fixée au pont.

    Terme de manége. Cou de cygne, encolure en cou de cygne, encolure de certains chevaux.

  • 4 Terme de zoologie. Cou-blanc, nom du motteux.

    Cou-jaune, nom de la fauvette de St-Domingue (sylvie pendante de Latham).

    Cou-rouge, le rouge-gorge.

    Cou-tors, le torcol.

    Cou-coupé, le gros bec du Sénégal.

  • 5 Terme de botanique. Cou de chameau, narcisse des prés (narcissus pseudo-narcissus, L.).

    Cou de cigogne, géranium commun dans les bois.

REMARQUE

Col est une forme archaïque qui est d'un usage rare, excepté quand il s'agit du goulot d'un vase, d'un passage dans une montagne, de la partie d'une chemise qui entoure le cou, etc.

HISTORIQUE

XIe s. De son col [il] jete ses grandes pels de martre, Ch. de Rol. X.

XIIe s. Au col le comte [au cou du comte], Ronc. p. 26. Et son col blanc, son chef blond et luisant, Couci, V.

XIIIe s. Asseiz plus, ce poeiz savoir, L'acheta [le paradis] sainz Piere et sainz Poulz, Qui de si precieux avoir, Com furent la teste et li coux, L'aquistrent, se teneiz à voir [vrai], Rutebeuf, 127. Les bras au col doit l'en [l'on] mener Son anemi pendre ou noier, la Rose, 7462.

XVe s. Et ce est l'aise des Brabançons ; car, où que ils soient, ils veulent estre en vins et en viandes et en delices jusques au cou, Froissart, II, III, 114.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

COU. Ajoutez :
6 Dans l'Aunis, casser le cou à un fût, le faire tourner sur lui-même, de manière que chaque fond occupe la place de celui qui lui est opposé, Gloss. aunisien, p. 91.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Cou : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

COU, sub. m. (Anatomie.) la troisieme partie du tronc & la plus mince, située entre la tête & la poitrine.

Le cou en général est divisé en gorge ou partie antérieure, en chignon ou partie postérieure, & en parties latérales. La gorge commence par une éminence qu’on nomme la pomme, & se termine par une fossette. Le chignon commence par une fossette appellée le creux de la nuque, qui s’efface en descendant.

Il ne faut point négliger ou passer légerement l’examen du cou, comme ont fait quelques anatomistes ; il faut au contraire que ceux qui enseignent l’Anatomie le démontrent exactement, & que ceux qui étudient le corps humain en ayent une parfaite connoissance : c’est pour cela qu’Aristote, Rufus, Oribase, Coiter, Vésale, Riolan, & les modernes qui les ont suivis, n’ont pas oublié le cou dans les divisions qu’ils ont faites du corps humain ; ils l’ont soigneusement distingué des autres parties, parce que l’on ne sauroit le rapporter ni à la tête ni au thorax.

Des parties du cou. On doit donc remarquer attentivement dans le cou toutes les parties dont il est composé ; savoir,

1°. Les tégumens communs.

2°. Les vertebres qui servent aux mouvemens de la tête & du cou, & qui sont ordinairement au nombre de sept, renfermant la moelle de l’épine qui fournit les nerfs cervicaux.

3°. Les arteres & les veines. Les arteres sont les carotides externes & internes, les vertébrales, & les cervicales. Les veines sont les jugulaires externes & internes, les vertébrales, & les cervicales.

4°. Les nerfs considérables de la paire vague & de l’intercostal, les diaphragmatiques, les vertébraux, les cervicaux, &c.

5°. Une portion de la trachée-artere, & sur-tout le larynx, lequel s’avançant par-devant, forme cette éminence ou grosseur que nous appellons la pomme d’Adam, d’ordinaire plus apparente aux hommes qu’aux femmes, parce que les femmes ont en cet endroit de grosses glandes qui leur rendent le cou plus arrondi, & la gorge plus pleine. Quand on mange ou qu’on boit, il arrive que cette grosseur monte & puis descend ; la cause de ce mouvement est que lorsque nous avalons quelque chose, la descente de l’aliment oblige alors le larynx, par une méchanique nécessaire, à s’élever ; ce qui facilite la chûte de l’aliment dans l’estomac.

6°. Le pharinx, une portion de l’œsophage, les muscles peauciers, les sterno-mastoïdiens, les sterno-hyoïdiens, les tiro-hyoïdiens, les omo-hyoïdiens, &c.

7°. Plusieurs glandes, parmi lesquelles la plus considérable est la glande thyroïde ; les autres petites glandes qu’on découvre par la dissection, & qui deviennent quelquefois fort considérables dans les écroüelles.

8°. Des muscles qui servent aux divers mouvemens du cou ; car cette partie du corps, outre la flexion & l’extension, peut s’incliner sur les côtés, & se tourner à droite & à gauche en maniere de pivot. Tous ces mouvemens qui paroissent toûjours accompagnés de ceux de la tête, dépendent de l’action de plusieurs muscles, dont les uns sont situés à la partie antérieure du cou, les autres à sa partie postérieure, & les autres sur ses parties latérales. Il n’y en a que deux dans la partie antérieure ; on les nomme les longs fléchisseurs du cou : on en compte huit dans la partie postérieure, quatre de chaque côté, auxquels on ajoûte tous les petits muscles qui se rencontrent le long du cou, & qu’on a nommés, eu égard à leur situation, inter-épineux & inter-transversaires. Les muscles situés sur les côtés du cou sont les deux scalenes.

Tous ces muscles sont très-composés, multipliés, entrelacés, & ont toûjours paru très-difficiles à bien disséquer & à décrire avec netteté. D’ailleurs, ils varient beaucoup dans leurs attaches & leurs communications réciproques. Parmi ces muscles particuliers au cou, M. Winslow en ajoûte deux autres qui sont rapportés à ceux de la tête, & nommés l’un le grand oblique, & l’autre le petit droit ; mais nous n’entrons point dans ce genre de discussions. Voyez les mém. de l’acad. des Scienc. 1730.

9°. Enfin plusieurs ligamens, les uns inter-musculaires, les autres latéraux, & d’autres encore qui s’étendent comme une membrane depuis l’occiput jusqu’aux deux dernieres vertebres.

La nécessité du cou. Quelques voyageurs racontent qu’il y a des peuples qui n’ont point de cou ; la tête, disent ces auteurs, est posée chez ces peuples immédiatement sur la poitrine : mais ou ces voyageurs ont cru nous en imposer par une fable pitoyable ; ou étant de mauvais physiciens, ils ont vû des hommes dont les épaules étoient élevées de maniere que la tête paroissoit dans l’entre-deux, & ils ont pris ces hommes-là pour des hommes sans cou. Il ne peut pas plus y avoir dans le monde de gens sans cou, que de gens sans tête.

En effet, le cou est une partie dont la nécessité saute aux yeux. Sans nous attacher à le prouver, il suffira de dire que comme nous avons besoin de mouvoir la tête en divers sens, ces mouvemens seroient presque tous impossibles sans le cou : c’est pour faciliter ces mouvemens que le cou est d’une grosseur médiocre ; si son diametre avoit été égal à celui du crane, la tête n’auroit pû s’incliner commodément en-devant, & la mâchoire inférieure auroit trouvé un obstacle, quand elle auroit été tirée par les muscles digastriques.

Mais plus le cou est nécessaire, plus sa structure est admirable ; plus elle est composée, & plus il y a d’accidens différens auxquels il est sujet : car ses tégumens externes, ses glandes, ses vertebres, ses ligamens, ses muscles, ses nerfs, ses vaisseaux, peuvent souffrir une quantité de maladies dangereuses ou mortelles, dont la connoissance est très-intéressante. Nous n’en donnerons ici qu’une énumération générale ; les détails appartiennent à chaque article en particulier.

Des maladies du cou en général. 1°. Les abcès, les tumeurs inflammatoires, érésipélateuses, pierreuses, œdémateuses, hydropiques, écroüelleuses, skirrheuses, affectent le cou, & sont plus ou moins dangereuses à proportion qu’elles sont plus ou moins externes, & qu’elles compriment plus ou moins les parties internes. Les anevrysmes & les varices dans ces parties, ne doivent être ni ouvertes ni comprimées ; il faut seulement les soûtenir dans leur état.

2°. Il faut mettre au rang des grandes maladies du cou ses blessures, qui sont ici plus dangereuses que dans d’autres parties musculeuses, à cause du grand assemblage d’organes & de divers vaisseaux, comme aussi par la structure de la partie, qui ne permet ni la compression ni la ligature de ces vaisseaux. Le prognostic des différentes plaies du cou dépend encore des parties affectées ; les plaies des arteres de cette partie, celles de la moelle épiniere, des gros nerfs, des jugulaires internes, des carotides, de la trachée-artere, de l’œsophage coupé, sont presque toûjours incurables ; celles des jugulaires externes sont très-guérissables, si l’on y remédie à tems : celles qui n’affectent que la peau & les chairs, demandent les traitemens des plaies ordinaires.

3°. La luxation incomplette des vertebres du cou est d’un péril très-éminent, à cause de la moelle épiniere qu’elles renferment, du larynx, du pharynx, & des gros vaisseaux de cette partie. Dans la luxation complette, le malade meurt sur le champ ; dans l’incomplette, il meurt ordinairement : si l’on ne réduit promtement la luxation, il meurt presque toûjours ; il meurt même très-souvent, quoiqu’on n’ait pas différé la réduction : enfin l’on desire sur l’art de cette réduction une meilleure méthode que celle qu’on a mis en usage jusqu’à présent.

4°. Le cou peut être courbé de telle sorte, qu’il fait pancher la tête du côté droit ou du côté gauche. Ce défaut vient de naissance, par un accouchement laborieux ; ou par accident, comme par une brûlure, par la contraction spasmodique d’un des muscles mastoïdiens, par un trop grand relâchement de quelqu’un de ces muscles, par une abondance d’humeurs catarrheuses, par un ligament contre nature. Le premier cas n’admet point de remede ; les autres en demandent de prompts, d’éclairés, & qui soient opposés aux causes.

5°. Quelquefois on distend les vertebres du cou, en prenant la tête d’un enfant par-dessous avec les deux mains, & le soûlevant en l’air ; badinage dangereux, & qu’il faut éviter. S’il ne naît de ce badinage qu’une distension légere, & de la roideur dans le cou, il faut le frotter avec des huiles nerveuses, & l’entourer d’un linge trempé dans ces huiles ; s’il arrive de la dislocation, il faut recourir promptement au secours de l’art.

Des prognostics au sujet du cou. L’examen du cou n’est point indifférent dans la pratique de la Medecine ; on en peut tirer des prognostics utiles, & j’en vais donner quelques exemples.

1°. La couleur du cou rouge, livide, noire, sans fievre ni accidens, indique dans le malade les maux auxquels il est sujet, & demande l’application des topiques. Les tumeurs qui se forment extérieurement, & qui viennent de l’intérieur par métastase, sont communément un bon signe.

2°. Une pulsation visible, fréquente, & forte des carotides, dans les fievres & les maladies aiguës, annonce de violens maux de tête, le délire, la phrénésie, les convulsions, s’il ne survient point d’hémorrhagie, ou si l’on omet de porter au mal des remedes convenables. Ces symptomes dans les maladies chroniques, viennent d’ordinaire de la viscosité du sang & des humeurs : dans l’esquinancie & autres maladies du cou & de la gorge, cette pulsation marque de l’embarras dans le cours libre du sang.

3°. Les douleurs du cou dans les maladies aiguës, présagent des parotides & des douleurs de tête ; dans les mélancholiques, un délire prochain. Il faut guérir ces maux d’après la connoissance de la cause.

4°. Dans les maladies aiguës, la contorsion du cou est dangereuse, & désigne qu’il y a quelque cause cachée dans le cerveau qui produit cet effet convulsif ou paralytique. Si cette contorsion naît des muscles roides, on la traitera par des linimens émolliens, & en étendant par art la partie retirée.

Le torticolis qui naît de la mauvaise configuration des vertebres, doit être prévenu dans les commencemens par un bandage, sans quoi le mal est sans remede ; & c’est l’ordinaire.

5°. La sueur froide autour du cou seulement, prognostique la longueur ou le danger dans les maladies aiguës.

6°. Le cou long & grêle est, choses égales, un présage de la phthysie : la raison n’est pas difficile à trouver. Quand on rencontre huit vertebres au cou, on n’en trouve qu’onze au dos au lieu de douze, & onze côtes de chaque côté. Dans ce cas la longueur du cou diminue la cavité de la poitrine ; cette cavité est moins considérable : ainsi le sang qui circule alors plus difficilement dans le tissu pulmonaire, produit plus aisément les tubercules qui se forment dans les poumons, & qui donnent le commencement à la phthysie, suivant les idées de Morton, un des meilleurs auteurs sur cette matiere ; & comme alors la respiration est moins libre, l’on comprend sans peine les maladies du poumon qui peuvent naître de cette conformation.

7°. Ceux dont le cou est fort court, n’ont dans cette partie que six vertebres au lieu de sept ; & l’on prétend qu’ils sont plus sujets que les autres hommes à l’apoplexie. Cela vient, dit-on, de ce qu’à proportion que le cou diminue en longueur, la caisse de la poitrine augmente, & par conséquent la masse des poumons. Or quand la masse des poumons est trop considérable, il s’y peut former plus aisément des engorgemens, qui interrompent la circulation dans la tête & dans les autres parties, puisque le sang qui vient au cœur ne peut plus passer dans les poumons : d’ailleurs, lorsque le cou est trop court, le moindre mouvement est fort considérable dans chaque vertebre ; ainsi les arteres vertébrales sont plus aisément comprimées, Cependant ces raisons ne sont peut-être pas fort solides ; car il n’est pas assez sûr que ceux qui ont le cou court soient plus sujets à l’apoplexie que les autres hommes, ou du moins ce fait auroit encore besoin d’être mieux constaté.

8°. Plutarque prétend que le cou gros est une marque d’orgueil ; ce qui pris à la lettre est faux : mais il arrive que dans les accès de cette passion, le sang s’arrêtant dans les vaisseaux du cou par la respiration devenue moins libre, rougit, grossit, tuméfie cette partie. Et c’est aussi là le sens qu’il faut donner au passage de Job dans lequel il caractérise le superbe, ch. xv. v. 26. en disant : Superbus armatur pingui cervice, c’est-à-dire, tumefactâ cervice. Art. de M. le Chevalier de Jaucourt.

Cou de chameau, (Jard.) est une espece de narcisse. Voyez Narcisse.

Cou du cheval, (Manege.) voyez Encolure. Cheval qui a le cou roide, voyez Roide. Plier le cou à un cheval, voy. Plier. Mettre la bride sur le cou, c’est laisser aller un cheval à sa fantaisie. (V)

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « cou »

Étymologie de cou - Wiktionnaire

(Siècle à préciser) De l’ancien français col, du latin collum.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Étymologie de cou - Littré

Picard et bourguig. co ; provenç. col, espagn. cuello ; ital. collo ; du latin collum. Dans l'ancien français, au nominatif singulier, li cols ou li cous (cou, prononciation qui est devenue la plus habituelle parmi nous) ; au régime, le col (col, prononciation qui est restée dans quelques cas exceptionnels).

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Phonétique du mot « cou »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
cou ku play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « cou »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « cou »

  • Nouveau vol à l’arraché à Montpellier : lundi, un groupe de cinq jeunes individus a brusquement encerclé un Montpelliérain de 76 ans, qui attendait le tramway à la station Comédie, sur la ligne 1. Avant qu’il ne puisse comprendre ce qu’ils voulaient, l’un d’eux lui a sauté dessus pour arracher sa chaîne en or qu’il portait autour de cou. Le groupe a aussitôt pris la fuite. , Montpellier : nouvel arrachage de chaîne de cou, un voleur de colis démasqué | Métropolitain
  • Le rapport sur le marché mondial Casque tour de cou Bluetooth est une avancée solide tirée par l’utilisation dans les principaux marchés en développement. Plus de chances de développement se présenter quelque part dans la fourchette de 2020 et 2029 contrastent avec quelques années en arrière, ce qui suggère le rythme rapide des progrès. Selon le développement financier mondial, la mesure du marché Casque tour de cou Bluetooth est évaluée à partir de $$ millions de dollars en 2018. Le marché Casque tour de cou Bluetooth doit dépasser plus de $$ millions US $$ par 2029 à un TCAC de XX% dans la trame de période d’estimation donnée. La Casque tour de cou Bluetooth scène de marché et la scène marchande ainsi qu’un examen SWOT des principaux vendeurs sont clarifiés. Les acteurs remarquables du marché mondial des Casque tour de cou Bluetooth sont les suivants Jabra, LG, Motorola, Plantronics, Samsung, Sans marque / Générique, Mpow, UAWEI, Apple (Beats), Panasonic, Yamaha. boursomaniac, Casque tour de cou Bluetooth Marché || Analyse et prévisions de récupération du COVID-19 2020-2029: Jabra, LG and Motorola - boursomaniac
  •  Un chant d’amour. Israël-Palestine, une histoire française, Alain Gresh (scénario), Hélène Aldeguer (dessin). Editions de La Découverte, 192 pages, 22 ... Courrier picard, Belgique : le maire de Bruges a été poignardé au cou
  • Alors que nous approchons rapidement du milieu de l’année, c’est le bon moment pour regarder vers l’avenir et les tendances du marché Cancer de la tete et du cou que nous verrons probablement plus en 2020. Ce record se penchera plus des détails sur un certain nombre de traits particuliers à l’apparence. INFO DU CONTINENT, Cancer de la tete et du cou Marche etude SWOT, Chiffre d'affaires, analyse PESTEL and volume|Sanofi S.A., Pfizer Inc., Eli Lilly and Company - INFO DU CONTINENT
  • Les allégories ont un avantage sur les hommes. On ne peut pas leur tordre le cou. De Alain Pontaut / La Tutelle
  • Tords le cou à la poule qui mange chez toi et ponds chez autrui. De Proverbe espagnol
  • Une oie va pliant le cou, mais à ses yeux rien n'échappe. De Le Talmud / Megilla
  • Qui doit se casser le cou trouve un escalier dans les ténèbres. De Proverbe italien
  • Quand on est dans la merde jusqu’au cou, il ne reste plus qu’à chanter. De Samuel Beckett
  • Celui qui regarde au-dessus de soi a mal au cou. De Proverbe arabe
  • L’homme est la tête, la femme est le cou ; la tête regarde là où le cou tourne. De Proverbe russe
  • L'homme porte son destin attaché au cou. De Le Coran
  • Avec une bourse au cou, personne ne peut être pendu. De Proverbe russe
  • Quand on coupe les oreilles, le cou s’inquiète. De Proverbe guinéen
  • La corde neuve démange le cou de la chèvre. De Proverbe malinké
  • Prends l’éloquence et tords-lui son cou ! De Paul Verlaine
  • Buvons ! Lavons-nous le cou par dedans. De François Béroalde de Verville
  • Bague au doigt, corde au cou. De Proverbe québécois
  • Doucement ne casse pas le cou. De Proverbe guadeloupéen
  • Sous leur tête mobile, un cou blanc, délicat, Se plie, et de la neige effacerait l'éclat. André de Chénier, Idylles

Images d'illustration du mot « cou »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « cou »

Langue Traduction
Corse u collu
Basque lepoan
Japonais
Russe шея
Portugais pescoço
Arabe رقبه
Chinois 颈部
Allemand hals
Italien collo
Espagnol cuello
Anglais neck
Source : Google Translate API

Synonymes de « cou »

Source : synonymes de cou sur lebonsynonyme.fr

Mots similaires