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Acculer

Sommaire

  • Définitions du mot acculer
  • Étymologie de « acculer »
  • Phonétique de « acculer »
  • Évolution historique de l’usage du mot « acculer »
  • Citations contenant le mot « acculer »
  • Vidéos relatives au mot « acculer »
  • Traductions du mot « acculer »
  • Synonymes de « acculer »

Définitions du mot acculer

Trésor de la Langue Française informatisé

ACCULER, verbe.

I.− Emploi trans. [Ce verbe est gén. suivi d'un compl. d'obj. second. introd. par les prép. à, contre, dans ou par des loc. prép.]
A.− [L'obj. second. est un subst. désignant une chose concr. ou un lieu] Pousser dans un endroit où tout recul est impossible.
1. [L'obj. dir. est une pers.] Pousser quelqu'un contre (gén. un mur) ou dans (gén. un coin) :
1. ... transportée de rage, elle se précipita sur moi, m'étreignit dans ses bras et me repoussa vers le cabinet. (...) Moitié riant, moitié résistant, je la repoussai, je l'acculai contre le mur, jusqu'à ce qu'elle voulût me frapper; alors je levai le poing sur elle,... G. Sand, Histoire de la vie,t. 3, 1855, p. 136.
2. Léo parvint à acculer l'ivrogne dans un coin et lui demanda des nouvelles de Marthe. J.-K. Huysmans, Marthe,1876, p. 93.
3. Félicité reculait toujours devant le taureau, et continuellement lançait des mottes de gazon qui l'aveuglaient, tandis qu'elle criait : − « Dépêchez-vous! Dépêchez-vous! » MmeAubain descendit le fossé, poussa Virginie, Paul ensuite, tomba plusieurs fois en tâchant de gravir le talus, et à force de courage y parvint. Le taureau avait acculé Félicité contre une claire-voie; sa bave lui rejaillissait à la figure, une seconde de plus il l'éventrait. Elle eut le temps de se couler entre deux barreaux, et le grosse bête, toute surprise, s'arrêta. G. Flaubert, Trois contes,Un cœur simple, 1877, p. 17.
4. Pourquoi n'avait-elle pas su ramener cette créature au fait? Si Gaspard avait été là, il l'aurait réduite et poussée jusqu'au mur où l'acculer, Gaspard avec sa tête en ordre, son idée terrible. H. Pourrat, Gaspard des montagnes,La Tour du Levant, 1931, p. 249.
Rem. Dans l'ex. 4, il s'agit d'un emploi fig., acculer contre le mur faisant image.
[L'obj. second. n'est pas exprimé] :
5. Un voleur qui a manœuvré pour échapper à un cercle de gendarmes, et qui, espérant toujours se sauver, s'est vu cerner, puis acculer peu à peu, n'est pas plus désespéré qu'Émile, qui brisait les ongles de sa volonté contre des difficultés insurmontables. L.-E.-E. Duranty, Le Malheur d'Henriette Gérard,1860, p. 22.
2. [L'obj. dir. est un animal] Acculer le blaireau dans (ou au fond de) son terrier :
6. ... j'ai ouï dire que le chamois, lorsqu'on l'accule aux abîmes, se retourne contre le chasseur... A. Daudet, Tartarin sur les Alpes,1885, p. 170.
7. Dans le jour, on peut l'[le blaireau] acculer au fond de son terrier en y faisant pénétrer un petit chien spécialement dressé dans ce but. H. Coupin, Animaux de nos pays,dict. pratique, 1909, p. 37.
3. Plus rarement. [L'obj. dir. est une chose] Faire buter quelque chose (par la partie postérieure) contre quelque chose; acculer une voiture (un attelage) contre le trottoir; acculer un canon à un tertre :
8. Que le pionnier en chef sur ces deux points s'aligne, Bien! De fondations tracez ici la ligne. Artilleurs! À ce tertre acculez le canon. La gueule sur la ville et sur la plaine. − Bon! A. de Lamartine, Toussaint Louverture,1850, III, 1, p. 1311.
9. ... puis poussant l'animal à reculons et faisant marcher les grandes roues devant les petites acculèrent l'attelage au parapet du pont... A. France, L'Île des pingouins,1908, p. 303.
[L'obj. second. n'est pas exprimé] :
10. La maraîchère avait pris Balthazar par la bride, le poussant, acculant la voiture, les roues contre le trottoir. Puis, la planche de derrière enlevée, après avoir marqué ses quatre mètres sur le trottoir avec des bouchons de paille, elle pria Florent de lui passer les légumes, bottes par bottes. É. Zola, Le Ventre de Paris,1873, p. 608.
Région. Acculer un tombereau :
11. Acculer, v. a. − (...) Vider un tombereau en le renversant par l'arrière, le cul. Verr.-On. t. 1 1908, p. 11.
B.− [L'obj. second. est un subst. d'action ou d'état ou bien un inf.; l'obj. dir. est un subst. désignant une pers. ou bien un pays, un peuple (subst. coll.), une doctrine, un syst., etc.] Mettre (par force et sans autre issue possible) dans une position extrême, contraindre à une action (non souhaitée) :
12. Le livre de M. de Maistre est dirigé contre l'église gallicane. Quoique le jansénisme (nous l'avons assez établi) se sépare du gallicanisme, et qu'il y ait même entre eux une séparation profonde, bien qu'étroite d'apparence, M. de Maistre, dont c'est le jeu de pousser le gallicanisme et de l'acculer aux extrémités, débute par faire le procès au jansénisme... Ch.-A. Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 3, 1848, p. 161.
13. ... résumé de ces entretiens : Le comte Oberndorff a demandé, tout d'abord, si les alliés ont fixé des conditions aussi dures en vue d'acculer l'Allemagne à les refuser. Il est répondu que les alliés font connaître les conditions auxquelles ils peuvent accorder l'armistice. Il n'y a dans leurs intentions rien de caché. F. Foch, Mémoires,t. 2, 1929, p. 298.
14. C'est la mort qui donne son unité à la vie, en ce sens que seule une situation de catastrophe, en m'acculant à choisir entre ma vie et celle de mes amis, a le pouvoir de mettre globalement en question mon existence. L'éventualité de cet événement simple, ma mort, mon mourir, rassemble soudain tout ce que je suis comme corps dans une accolade également simple. Du mourir, le vivre reçoit toute la simplicité dont il est capable... P. Ricœur, Philosophie de la volonté,1949, p. 116.
15. La civilisation de l'image : Avec le xixesiècle s'achève la civilisation du livre. Le machinisme a d'abord hâté son accomplissement; mais bientôt, emporté par sa course, il l'a acculée à se dépasser. L'homme, traqué par la rapidité, avait préféré penser plutôt qu'éprouver; voici qu'à son tour, la pensée devient trop lente... R. Huyghe, Dialogue avec le visible,1955, p. 39.
Rem. Le suj. du verbe acculer est le plus souvent une pers. Cependant, except., il peut être un animal (ex. 3) ou une chose abstr. considérée comme détentrice d'un pouvoir (ex. 14, 15).
[L'obj. second. n'est pas exprimé] :
16. Je serais donc fort exposé à n'en jamais prendre aucune [de résolution], si les somnambules n'existaient pas. Je vais à leur repaire. Je les interroge. Je reçois le plus souvent des réponses molles et obscures; mais je pousse mon oracle, je l'accule, je le serre dans l'étau d'une alternative : oui ou non? Il se prononce. Me voilà soulagé. Si c'est non, j'oublie mon dessein, et je regarde passer les fiacres. Si c'est oui, je m'élance. J. Romains, Les Copains,1913, p. 34.
17. Il [A. Gide] nous entoure, nous accule, et nous contraint peu à peu à nous avouer pareil à lui-même, par toute la sympathie, par la subtile « connivence » qu'il faut lui consentir pour le rejoindre et nous perdre à sa suite. H. Massis, Jugements,t. 2, 1924, p. 20.
II.− Emploi pronom. S'acculer.[Correspond toujours à l'accept. A de l'emploi trans.]
A.− [L'obj. second. est exprimé]
1. [Le suj. est une pers.] S'appuyer contre quelque chose pour se défendre et n'être pas pris par-derrière (cf. s'adosser).
Au fig., rare. S'acculer dans une impasse. Se mettre dans une situation sans issue, ou sans issue favorable :
18. À force de s'ausculter, en errant ainsi, il finissait par s'acculer dans une impasse, aboutissait à cette conclusion : je ne pratique pas ma religion parce que je cède à d'ignobles instincts et je cède à ces instincts parce que je ne pratique pas ma religion. Mais ainsi au pied du mur, il regimbait, se demandant si cette dernière observation était bien juste... J.-K. Huysmans, En route,t. 1, 1895, p. 68.
2. [Le suj. est un animal] Se mettre contre quelque chose (l'arrière-train contre qqc.) :
19. Voici une chasse d'Abraham Hondius qui ferait pâlir tous les animaliers de notre époque. Une laie attaquée s'est acculée à un arbre et fait tête aux chiens; de ses pattes de devant étendues elle semble vouloir protéger ses marcassins, qui fuient épouvantés à travers les morsures et les abois. M. du Camp, En Hollande,1859, p. 21.
P. anal., rare. [En parlant de pers. comp. à des animaux] Se presser les uns contre les autres :
20. ... pendant que ceux qu'il contient sont accablés de ce désespoir que vous savez, celui-là ne connaît pas les accidents de la vie. Enfin, il s'échappe un cri universel de douleur immense d'entre les flancs du vaisseau, tandis que la mer redouble ses attaques redoutables. C'est le cri qu'a fait pousser l'abandon des forces humaines. Chacun s'enveloppe dans le manteau de la résignation et remet son sort entre les mains de Dieu. On s'accule comme un troupeau de moutons. Lautréamont, Les Chants de Maldoror,1869, p. 205.
3. [Le suj. est une chose (p. ex. une constr., une montagne)] S'appuyer (par sa partie postérieure) à quelque chose :
21. Le faubourg et sa redoute se prêtaient main-forte. Le faubourg s'épaulait à la redoute, la redoute s'acculait au faubourg. V. Hugo, Les Misérables,t. 2, 1862, p. 411.
22. ... ces déchirures, ces perspectives qui s'ouvrent tout à coup, donnant sur des amoncellements de rocs à figure de citadelles; ces groupes de sommets en dos d'âne, en dents de scie, dont la masse tourne, ayant obéi, on dirait, à un mouvement voulu, et semble travaillée et comme fouillée à coups de pouce; ces faisceaux d'aiguilles enfin, criblés de lumière, si hardis et si fins qu'ils se fondent dans la vibration aérienne. Ou bien ce sont des croupes monstrueuses accotées, avec des plis entre elles qui forment précipices, ou des croupes tournées les unes contre les autres comme pour s'acculer... J. de Pesquidoux, Le Livre de raison,t. 1, 1925, p. 174.
Rem. Dans l'ex. 22 s'acculer est à la forme réciproque.
B.− Emploi pronom. abs.
[Le suj. est une voiture, une charrette] Aller à cul, pencher à l'arrière :
23. Ils devaient tourner devant notre maison, pour prendre la rue Charles-Blanc. Ils laissaient s'acculer les charrettes : le feuillage et les branches des arbres faisaient frein sur la chaussée, et ainsi les voitures, dans la pente, tournaient plus aisément. J. Guéhenno, Journal d'un homme de quarante ans,1934, p. 113.
ÉQUIT. [En parlant d'un cheval] ,,Qui ne va pas assez en avant à chacune des voltes.`` (Quillet 1934), ou ,,Qui se cabre de telle sorte que sa croupe touche presque le sol.`` (Rob.).
III.− Emploi intrans., rare. ,,Pencher de manière... que l'arrière baisse.`` (DG).
[En parlant d'une voiture trop chargée à l'arrière] (cf. emploi II B).
MAR. [,,En parlant d'un navire dont on fait enfoncer l'arrière soit en chargeant particulièrement les cales arrières, soit en remplissant le peak arrière``] (Le Clère 1960, s.v. acculée). ,,Le tangage fait acculer le navire.`` (DG).
Prononc. − 1. Forme phon. : [akyle], j'accule [zakyl]. Pour le redoublement du c, cf. accabler. Enq. : /akyl/. Conjug. parler. 2. Dér. et composés : accul, acculée subst. fém., acculement. Cf. cul.
Étymol. ET HIST. I.− A.− Ca 1200 pronom. « s'appuyer de son postérieur contre qqc. » (Renart, 9136-9139, éd. M. Roques : Or, dan Bernart, qui fort rains as, Va si t'acule a cel huiset, Et si l'entrueve un pestitet, tant que li leus i puist entrer); 1534 id. « s'asseoir » (Marot, L. I. de la Métamorphose, III, 193 : [Argus] occupe et gaigne legerement le hault d'une montaigne Assez loingtaine où se sied et acule, Et là séant en toutes partz spécule); d'où terme de manège, 1678 id. « se dit d'un cheval dont la croupe s'approche trop du centre de la volte » (Guillet, Les arts de l'homme d'épée : Dans le manège un cheval s'accule lorsque maniant sur les voltes, il ne va pas assez en avant à chacun de ses temps ou de ses mouvements en sorte que ses épaules n'embrassent pas assez de terrain et que sa croupe s'approche trop du centre de la volte. Votre cheval s'acule et s'entable tout à la fois); 1751 « se jeter sur sa croupe (d'un cheval qu'on tire en arrière) » (Encyclop. s.v. : acculer a un autre sens parmi le vulgaire et se dit d'un cheval qui se jette et s'abandonne sur la croupe en désordre lorsqu'on l'arrête ou qu'on le tire en arrière). − 1863, Littré. B.− 1564 trans. « pousser (une bête) dans un endroit où elle ne peut plus reculer » (Ch. Estienne, L'Agriculture et la maison rustique, p. 150 b : Il est requis de mettre les bassets par le dessous devers la vallée, afin d'acculer les tessons sur le haut du costau). C.− P. anal. 1. av. 1307 trans. « repousser contre » (G. Guiart, Branches des Royaux Lignages, II, 7043 ds T.-L. : souz les arbres retenues, S'estoient (les eschieles) a destre tenues, Ou l'en ainçois les acula); 2. 1532 « renverser » (Rab., I, 23 ds Hug. : De sa lance... rompoit un huys, enfonçoit un harnoys, acculloyt un arbre, enclavoyt un aneau), attest. isolée; 3. 1532 « éculer (un soulier) » (Id., I, 11, ibid. : Tousjours se vaultroit par les fanges... aculoyt ses souliers). − 1835; 4. 1564 pronom. « se retirer au fond de son terrier (du blaireau) » (Ch. Estienne, Op. cit., ibid.) : pour cette cause faut ... avoir ... demie douzaine de bons chiens bassets, pour le moins, qui ayant chacun un collier au col, large de trois doigts et garny de sonnettes, pour l'entrée des terriers, à fin que les tessons s'acculent plustost, et aussi que les colliers les garderont d'estre blessez. II.− Fig. a) 1247 trans. « tourner le dos à qqc. » (Huon le Roi de Cambrai, Li Regrès Nostre Dame, 62, 7 (éd. Langfors) : Trestous li mons mout tost l'acule [la chair, après la séparation de l'âme et du corps]); b) 2emoitié xiiies. « pousser à la dernière extrémité, ruiner (qqn) » emploi fig. (Le Dit de Cointise, v. 153, 157 ds R. Lang. Rom., 68 pp. 184-193 : Et quant ele l'a deffulé De son mari, tost aculé L'a pour autrui ki le rafule; Par cointien [cointier?] son mari acule, Ki cointement l'ot afulee); 2emoitié xives. « pousser, faire tomber dans un piège » (G. de S. André, Libvre du bon Jeh., 1961 ds Gdf. Compl. : Les Angloys estoient aculez); c) 1549 « retarder, différer (un procès) » (R. Estienne Dict. français lat. s.v. : acculer ung proces qui estoit en beau chemin, In medio litis curriculo remoram admouere). − 1625. Dér. de cul*, préf. a-*; dés. -er.
STAT. − Fréq. abs. litt. : 92.
BBG. − Bar 1960. − Baudr. Chasses 1834. − Grandm. 1852. − Gruss 1952. − Jal 1848. − Le Clère 1960. − Littré-Robin 1865. − Mots rares 1965. − Remig. 1963. − Soé-Dup. 1906. − Thomas 1956. − Will. 1831.

acculer -

Wiktionnaire

Verbe

acculer \a.ky.le\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : s’acculer)

  1. Pousser dans un endroit où la fuite est impossible.
    • Si un chevalier pouvait acculer son adversaire à l’extrémité de la lice, de manière à lui faire toucher la palissade de sa personne ou de ses armes, cet ennemi serait tenu de s’avouer vaincu, […]. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Jaqen esquiva sa taillade en dansant, dégaina lui-même, accula l'homme dans un coin grâce à une averse de coups et l'y tua d'une pointe au coeur. — (George R. R. Martin, A Clash of Kings, Traduction de l’anglais par Jean Sola, 1998)
  2. (Figuré) Confronter quelqu’un, à une difficulté, sans possibilité d’échappatoire.
    • L’inspecteur vous aura dit que j’étais une fille de rien, est-ce vrai ? Que je courais les hommes comme une chienne ? Oui ? que je vous empaumais sans doute ? consciente de l’impasse où je vous acculais ? — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • C'est vrai qu'c'est faux de croire qu'les tantes acculent
      Leur nièce à cette union ridicule
      — (Boby Lapointe, Aubade à Lydie en do)
  3. (Figuré) (Absolument) Ne laisser aucune échappatoire à.
    • Meng Hongwei a été acculé à la démission dimanche après avoir mystérieusement disparu pendant plus de dix jours. Le flou demeure autour de cette affaire. — (Le Monde, Ce que l’on sait de la démission du patron chinois d’Interpol, Le Monde. Mis en ligne le 8 octobre 2018)
    • Il est acculé aux expédients.
  4. (Équitation) (Pronominal) Ne pas aller assez en avant à chacune des voltes, en parlant d’un cheval.
    • Le cheval s’accule.
  5. (Marine) Synonyme de culer.
  6. (Anjou) Faire basculer une remorque, la benne d'un camion vers l'arrière pour en décharger le contenu. [1] [2]

Verbe

acculer \Prononciation ?\

  1. Pousser.

Verbe

acculer \Prononciation ?\ 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Faire basculer une benne pour la vider.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ACCULER. v. tr.
Pousser quelqu'un dans un endroit où il ne puisse plus reculer. Il le poursuivit l'épée à la main et l'accula contre la muraille. Notre armée était acculée à la montagne. Se voyant poursuivi par quatre hommes, il s'accula contre la muraille et se défendit longtemps. Il se dit aussi en parlant des Sangliers, des loups, des renards, etc. Les chiens avaient acculé le sanglier, le loup, le renard. Le blaireau était acculé dans son terrier. Fig., Acculer quelqu'un à une difficulté, à une impossibilité, et elliptiquement, Acculer quelqu'un. Il est acculé aux expédients. En termes de Manège, Le cheval s'accule, Il ne va pas assez en avant à chacune des voltes.

Littré (1872-1877)

ACCULER (a-ku-lé) v. a.
  • 1Pousser dans un accul. Les chiens avaient acculé le sanglier. Le prince d'Orange se retrancha à la hâte [à l'abbaye de Pure] et se repentit bien de s'y être laissé acculer si promptement, Saint-Simon, 11, 126.
  • 2 Fig. Acculer quelqu'un, le mettre dans l'impossibilité de répondre, d'agir.
  • 3S'acculer, v. réfl. S'adosser. Poursuivi par quatre hommes, il s'accula contre la muraille et se défendit.
  • 4 En termes de manége, le cheval s'accule lorsque, arrivé sur ses voltes, il marche de côté en rapprochant sa croupe du centre ; lorsqu'il recule vers un obstacle et y reste fixé contre la volonté du cavalier ; ou encore lorsqu'il se jette brusquement sur les jarrets au moment où on l'arrête.

REMARQUE

Dans les premières éditions de son dictionnaire, l'Académie tolérait l'expression d'acculer ses souliers ; mais les dernières ne permettent plus que le verbe éculer. Acculer s'est dit autrefois en ce sens (voy. l'historique).

HISTORIQUE

XIII. s. Or donc, Bernart, qui fors rains as, Va, si t'accule à cel huiset, Et si l'entr'ovre un petitet, Ren. 13345.

XVIe s. …où se sied et accule, Et là, seant, en toute pars specule, Marot, IV, 48. Il se veaultroyt par les fanges, acculoyt [mettait à cu, éculait] ses souliers, Rabelais, Garg. I, 11. De sa lance, rompoyt ung huis, enfonceoyt ung harnois, aculoit une arbre, Rabelais, Garg. I, 23. Où Dragut se voyant aculé et amusant les chrestiens de quelque petit fort…, D'Aubigné, Hist. I, 39.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

ACCULER (Manége.) se dit lorsque le cheval qui manie sur les voltes ne va pas assez en avant à chacun de ses tems & de ses mouvemens ; ce qui fait que ses épaules n’embrassent pas assez de terrein, & que sa croupe s’approche trop près du centre de la volte. Cheval acculé, votre cheval s’accule & s’entable tout à la fois. Les chevaux ont naturellement de l’inclination à s’acculer en faisant les demi-voltes. Quand les Italiens travaillent les chevaux au répolon, ils affectent de les acculer. Acculer a un autre sens parmi le vulgaire, & se dit d’un cheval qui se jette & s’abandonne sur la croupe en desordre lorsqu’on l’arrête, ou qu’on le tire en arriere. Voyez Volte, Répolon. &c. (V)

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Étymologie de « acculer »

(Siècle à préciser) Dérivé de culer avec le préfixe ac-.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Accul.

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Phonétique du mot « acculer »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
acculer akyle

Évolution historique de l’usage du mot « acculer »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « acculer »

  • En quoi consiste cette chasse ? À découpler une meute de chiens qui va poursuivre un animal soigneusement choisi et tenter de le forcer, c’està-dire de l’acculer. À ce moment-là, le piqueur ou le maître d’équipage « sert » (tue) le cerf à la dague ou de plus en plus souvent à la carabine. C’est donc une chasse axée entièrement sur le chien. Ce dernier retrouvant son instinct de prédateur va courir derrière un animal et tenter de le prendre. Nous sommes donc au coeur des mécanismes naturels. La chasse à courre dépeuple-t-elle nos forêts ? Absolument pas. Ce n’est pas une chasse facile. L’animal ruse. Les chiens perdent « la voie » (la piste) et s’égarent bien souvent. , Comprendre la chasse à courre - Le Betteravier français
  • C’est toujours le chien des déterreurs, qu’il s’agisse du renard ou du blaireau. Il arrive qu’on lui donne du renfort avec des teckels. Le chien doit acculer l’animal. En surface on entend ses récris. Il « suffit » de creuser et d’arriver sur la scène du drame. , Terrier attitude - Le Betteravier français
  • Le chef du gouvernement, Elyès Fakhfakh, ne semble pas devoir laisser des plumes dans l’empoignade qui l’oppose, ce jeudi au Parlement,  à une partie de l’opposition décidée à l’acculer dans ses derniers retranchements. D’abord, parce que le mouvement Ennahdha a volé à son secours  en proclamant qu’il n’a nullement l’intention de lui retirer sa confiance. Ensuite, le parti qui l’a en aversion, Qalb Tounès, pense que le retrait de confiance à Fakhfakh n’est pas envisageable actuellement. « Il faut attendre les résultats de l’enquête judiciaire et des travaux de la commission parlementaire à ce sujet », a  expliqué son président, Nabil Karoui. Une commission créée aujourd’hui même et qui sera présidée par le député  Iyadh Elloumi de Qalb Tounes aussi , ayant vocation à  enquêter sur « le conflit d’intérêts impliquant le chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh.Il est vrai que ce dernier s’est arrangé pour  retirer le tapis sous les pieds de ses contempteurs en annonçant solennellement devant les députés avoir cédé volontairement ses actions à une société faisant partie d’un groupement d’entreprises qui traite avec l’Etat pour éviter tout conflit d’intérêts. C’était lors de la séance plénière qui devait se pencher sur le  bilan des 100 premiers jours à la primature et sur le programme gouvernemental, à tous les niveaux, face au défi de l’après-pandémie de Covid-19. Il a estimé que les accusations formulées à son endroit ne ciblent pas uniquement la personne du chef du gouvernement, mais affectent la crédibilité des marchés publics en général et l’intégrité de la haute instance de la commande publique, ce qui est « inacceptable ».Le chef du gouvernement n’en pas moins concédé que ce dossier représentait un aspect de conflit d’intérêts, pour asséner aussitôt  qu’il ne s’agit pas d’un soupçon de corruption ou d’enrichissement illicite. Au demeurant, il ne s’est pas fait faute d’exprimer son étonnement de la diabolisation de « toute personne ayant investi son argent et contribué à impulser l’activité économique du pays », notant que le taux d’investissement en Tunisie a régressé à un niveau ne dépassant pas les 16% actuellement.La quête d’une décrue !Pour autant, l’affaire ferait-elle long feu au lendemain de la  vague de critiques  qui déferlait sur les réseaux sociaux et dans un certain nombre de médias, en raison de l’acquisition par Fakhfakh d’actions dans une entreprise qui participe à des marchés publics, et ce, avant de prendre ses fonctions à la tête du gouvernement ? Le président de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc), Chawki Tabib, s’était borné à évoquer dans des déclarations à la presse nationale cette affaire de conflit d’intérêts dans laquelle est impliqué le chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh.La société, au sein de laquelle Fakhfakh détient des actions, avait décroché (avec le groupement Valis) un marché public avec l’Agence nationale de gestion de déchets pour l’exploitation de décharges pour une valeur de plus 44 millions de dinars. L’examen des offres, dont celle soumise par le groupement Valis, s’est fait le 25 décembre 2019 et l’octroi du marché à ce groupement, le 14 février 2020, selon l’agence nationale de gestion des déchets.Le chef du gouvernement avait fait sa déclaration du patrimoine le jour même où il a prêté serment en tant que chef de gouvernement, le 27 février 2020, après que l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) lui a accordé sa confiance. Toutefois, « il  n’a pas mentionné, en complément de sa déclaration de patrimoine, les parties avec lesquelles son entreprise traitait car la fiche de déclaration du patrimoine, elle-même, ne l’y oblige pas », avait noté le président de l’Inlucc.La commission parlementaire ferait-elle mieux ?Devrait-on en savoir plus au travers  de la commission parlementaire  dont la création a été annoncée en marge de la séance plénière de ce jeudi ?  Présidée par le député Iyadh Elloumi du parti Qalb Tounes,  elle est  composée majoritairement de l’opposition, entre autres le président du bloc parlementaire Qalb Tounes, le président du bloc Coalition Al-Karama, quatre députés du bloc Qalb Tounes et deux députés du bloc Al-Karama.Selon Elloumi, le bureau de l’ARP a été informé de la création de la commission et sera amené à en faire le constat et à la désignation du reste de ses membres parmi les autres groupes parlementaires et ce, selon le principe de la représentation proportionnelle.Pour sa part, Nabil Karoui, président du parti Qalb Tounes a appelé le président de la République à reconsidérer son choix pour Elyes Fakhfakh à la tête du gouvernement, suite à son implication dans une affaire de suspicion de conflit d’intérêts. Dans une déclaration de presse au siège du parlement au Bardo, en marge de la séance de dialogue avec le chef du gouvernement, Karoui a indiqué que le retrait de confiance de Fakhfakh n’est pas envisageable actuellement. « Il faut attendre les résultats de l’enquête judiciaire et des travaux de la commission parlementaire à ce sujet », a-t-il ajouté.Pour le président de Qalb Tounes, « le chef du gouvernement doit se justifier et expliquer les circonstances de cette affaire, surtout que l’actuel gouvernement s’était présenté comme étant le gouvernement le plus intègre et celui qui allait combattre la corruption ». Il a, toutefois, estimé que seule la justice est en mesure de trancher cette question, loin des procès d’intention dans les médias et les réseaux sociaux. African Manager, Sous le feu de l’hémicycle, Fakhfakh cherche une échappatoire. L’aurait-il trouvée ? - African Manager
  • "Ce sont des enfants fragilisés, physiquement et psychologiquement. Ils ont vécu, vu et subissent trop de choses. Un moment donné, leur mère se sentent acculées à les faire retourner en France sans elles", explique Maître Marie Dosé. "On est en train d'acculer les mères à se séparer de leurs enfants et on rajoute du traumatisme au traumatisme", déplore l'avocate pénaliste au barreau de Paris. RTL.fr, Enfants de jihadistes rapatriés en France : ce que l’on sait
  • Sait-on encore interroger le temps ? Surdéterminé, sur-thématisé, sur-théorisé, l’inflation du temps écrase et condamne au florilège : entre mémoire et projet, succession et simultanéité, instant et durée, progrès et décadence, irréversibilité et répétition…, comment ne pas ressasser Sénèque ou Augustin, Newton ou Einstein, Heidegger ou Bergson, Proust ou Freud… ? Comment ne pas réduire des pages éternelles à un catalogue de poncifs surannés ? Les pensées et représentations du temps sont déjà temporelles. Depuis le temps qu’on le rumine, comment ne pas acculer à l’ennui – paradoxale expérience d’un temps qui ne passe plus ? Après qu’il crée et avant qu’il ne tue, le temps exténue. Toujours, nous sommes déjà dans le temps. Pourtant, malgré son omniprésence, on n’en perçoit que les effets et les traces dans l’espace, sans le voir lui-même ; le temps échappe là où il nous emprisonne. Paradoxalement, l’outrance de ses œuvres et de ses outrages le dissimule. Face à la fausse évidence du temps, il en subsiste au contraire, à contretemps, la recherche de ses transgressions, de ses contre-évidences : eschatologie gnostique, uchronie littéraire, mais aussi inactuel de Nietzsche, anachronisme comme méthode d’histoire de l’art selon Didi-Huberman, peuples sans histoire relatés par Eliade, pathologies de la perception disloquée du temps selon Minkowski, délitement du temps et vacuité de l’attente sans événement déployées par Beckett, méditation de la chute du temps chez Cioran… Le temps n’en finit pas de finir et de définir notre finitude. Peut-être écrit-on encore et encore le temps moins pour le saisir et le retenir que pour tenter de lui échapper ? — Aurélien Demars , Revue Alkemie, n° 27 : « Le temps »
  • Peu importe ici que la conclusion de cet épisode corresponde ou non à une « réalité » : elle se montre éminemment cohérente avec le propos de l’ensemble de la série, qui entend sonder « l’art » d’acculer un suspect aux aveux, ou de l’amener à dévoiler un secret dont la mise au jour l’effraie plus encore que l’acte dont on le suspecte. Ne pas manquer non plus, à ce titre, le premier épisode de la partie française, Emilie (écrit par Frédéric Mermoud, Mathieu Missoffe et George Kay), dans lequel Sara Giraudeau se montre bouleversante en victime de l’attentat du Bataclan. Le Monde.fr, Télévision : « Criminal », ou « l’art » d’acculer un suspect aux aveux

Vidéos relatives au mot « acculer »

Traductions du mot « acculer »

Langue Traduction
Anglais corner
Espagnol acorralar
Italien accantonare
Allemand in die enge treiben
Portugais acuar
Source : Google Translate API

Synonymes de « acculer »

Source : synonymes de acculer sur lebonsynonyme.fr
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