La langue française

Abreuver

Sommaire

  • Définitions du mot abreuver
  • Étymologie de « abreuver »
  • Phonétique de « abreuver »
  • Évolution historique de l’usage du mot « abreuver »
  • Citations contenant le mot « abreuver »
  • Images d'illustration du mot « abreuver »
  • Traductions du mot « abreuver »
  • Synonymes de « abreuver »
  • Antonymes de « abreuver »

Définitions du mot abreuver

Trésor de la Langue Française informatisé

ABREUVER, verbe trans.

Pourvoir abondamment en liquide des êtres vivants, le sol, certains matériaux, de manière à désaltérer ou imbiber jusqu'à saturation. (Emplois fig. possibles dans toutes les constr.).
I.− Emploi trans. [Sans ou avec obj. second.]
A.− Abreuver + obj. dir.
1. Sens propre
a) [L'obj. est un animé]
[Animal domestique] :
1. ... je veux un jour, en des bords retirés, Sur un riche coteau ceint de bois et de prés, Avoir un humble toit, une source d'eau vive, Qui parle, et, dans sa fuite et féconde et plaintive, Nourrisse mon verger, abreuve mes troupeaux. A. Chénier, Élégies,Souhaits de vie indépendante, 1794, p. 150.
2. Je m'assis à l'entrée du bocage, sur une des larges pierres qui sont au bord de la fontaine, et où l'on vient encore abreuver les vaches du village. Mmede Krüdener, Valérie,Préf. 1803, p. 54.
3. La nuit commence à pâlir lorsque nous arrivons sur les bords d'un petit lac, où les porteurs vont boire, abreuver les chevaux et se reposer un instant. A. Gide, Le Retour du Tchad,1928, p. 959.
[Personne] :
4. Sais-tu, les yeux vers le ciel, Ce que dit la pauvre veuve? − Un ange au fiel qui m'abreuve Est venu mêler son miel. V. Hugo, Les Chants du crépuscule,1835, p. 180.
5. Ainsi, je m'exécutais en plein : j'allais voiturer, nourrir, abreuver, loger, héberger mes électeurs;... L. Reybaud, Jérôme Paturot,1842, p. 330.
6. Est-ce que nous n'avons pas une véritable parenté de corps avec cette terre d'où nous sortons, où nous rentrons, qui nous porte, qui nous abreuve, qui nous nourrit comme une nourrice de ses mamelles? A. de Lamartine, Le Tailleur de pierre de Saint-Point,1851, p. 440.
7. On dit à cette mère d'abreuver son enfant; elle le fait tant bien que mal; on lui dit de pencher plus à droite ou plus à gauche la calebasse qu'elle incline vers la soif de l'enfant. A. Gide, Le Retour du Tchad,1928, p. 925.
b) [L'obj. est un inanimé]
[Un sol, une terre] :
8. Le printemps naissait sous les palmes; les abricotiers étaient en fleur, bourdonnant d'abeilles; les eaux abreuvaient les champs d'orge;... A. Gide, Si le grain ne meurt,1924, p. 603.
Emplois techn. :
CONSTR. ,,Mettre sur un fond poreux une couche d'huile ou d'enduit pour boucher les pores et rendre la surface lisse. Jeter de l'eau sur une paroi en maçonnerie avant d'appliquer un enduit, de façon à faciliter l'adhérence de celui-ci.`` (Lar. encyclop.).
EXPLOITATIONS SALINIÈRES. Abreuver une table ou un œillet, ,,introduire de l'eau de mer concentrée sur les tables salantes ou cristallisoirs.`` (Lar. encyclop.).
MAR. Abreuver un vaisseau, ,,y faire entrer de l'eau avant de le lancer, pour voir s'il n'y a pas une voie d'eau.`` (Littré).
MÉTALL. ,,En fonderie, s'infiltrer dans la masse du sable d'un moule, en parlant du métal liquide.`` (Lar. encyclop.).
PEAUSS. Abreuver une fosse, ,,recouvrir d'eau ou d'un jus tannant les cuirs empilés dans une fosse entre des couches de tan.`` (Lar. encyclop.).
PEINT. ,,Mettre sur un fond poreux une couche d'huile, d'encollage, de couleur ou de vernis, pour en boucher les pores et en rendre la surface unie.`` (Ac. 1878) :
9. On dit... abreuver quand on met une couche de colle de Flandre ou d'Angleterre, pour remplir les pores du bois, avant de mettre le vernis,... A.-J. Pernéty, Dict. portatif de peinture, sculpture et gravure, avec un traité pratique des différentes manières de peindre,1757, p. 1.
TONNELLERIE. Abreuver des tonneaux, des cuves, ,,les remplir d'eau pour faire gonfler le bois, et par ce moyen, s'assurer qu'ils ne fuient pas.`` (Lar. encyclop.) :
10. Abeurver. − Abeurver le persoué, − abreuver le pressoir, le remplir d'eau pour obtenir le gonflement du bois et rendre la maie étanche. Verr.-On. t. 1 1908, p. 4.
11. Les manutentions de transvasement se faisaient aux mains des désœuvrés par l'hiver : charpentiers, couvreurs, maçons, qui venaient abreuver et rouler les fûts. P. Hamp, Vin de Champagne,1909, p. 146.
2. [L'obj. désigne des besoins ou des désirs éprouvés par les hommes] Emploi fig. :
12. ... j'ai mis mon patriotisme à braver les dégoûts dont on ne cesse d'abreuver la soif que j'ai montrée d'aider mon pays de ces armes... P.-A. Beaumarchais, Époques,1793, p. 183.
13. Pour me rendre le repos, c'est une religion nouvelle qu'il me faudrait, où personne n'aurait encore puisé. C'est elle que je cherche. C'est là seulement que je pourrai abreuver la soif infinie qui me dévore. E. Quinet, Ahasvérus,1833, p. 228.
14. Accablez-la, foulez-la, abreuvez le désir, gorgez l'appétit, assouvissez la fantaisie; que le bruit des tambourins fasse saigner vos oreilles, que la fumée des viandes vous soulève le cœur de dégoût, et que le rassasiement de la femme vous donne envie de mourir. G. Flaubert, La Tentation de Saint Antoine,1reversion, 1849, p. 270.
15. O mon cœur! Je vous ai largement abreuvé. Ma chair, je vous ai soûlée d'amour. A. Gide, Les Nourritures terrestres,1897, p. 241.
B.− Abreuver + obj. dir. + obj. second. (prép. de)[L'obj. dir. désigne le plus souvent une pers.; l'obj. second. précise la matière de l'abreuvement]
1. Sens propre [L'obj. second. désigne un liquide] :
16. Il [Jack] essayait même de sourire à sa robuste garde-malade quand elle l'abreuvait de tisanes brûlantes. A. Daudet, Jack,t. 2, 1862, p. 340.
17. Place du Tertre, elle [Julie] nourrit sa petite ilote, l'abreuva de vin d'Asti. Colette, Julie de Carneilhan,1941, p. 139.
18. « Quand tu auras abreuvé la terre de tes larmes, jusqu'à une profondeur d'un pied, alors tu te réjouiras de tout. » A. Camus, Les Possédés,adapté de Dostoïevski, 1959, p. 966.
Rem. Dans l'ex. suiv. l'obj. second. est remplacé par un circ. de moyen (prép. avec) :
19. ... supposons qu'il appelle tous les arts pour orner le lieu de la fête dans ses diverses parties, et qu'il ordonne aux préparateurs d'employer pour la bonne chère toutes les ressources de l'art, et d'abreuver les convives avec ce que les caveaux contiennent de plus distingué;... J.-A. Brillat-Savarin, Physiologie du goût,1825, p. 268.
2. Au fig. [L'obj. second. désigne une entité abstr.]
En bonne part :
20. ... il m'a abreuvé une partie de la nuit d'attentions et de liqueurs fines, mais j'ai néanmoins gardé mon indépendance. H. Murger, Scènes de la vie de bohème,Préf. 1851, p. 132.
Rem. Except., l'obj. désigne une pers. :
21. Eh! vous faites bien, très-bien, fort bien de commencer vos lettres par vous-même. Servez d'abord le bon vin comme aux noces de Cana, abreuvez-moi de vous, mon amie, qu'est-ce qui peut m'intéresser davantage? E. de Guérin, Lettres,1840, p. 350.
Le plus souvent en mauvaise part :
22. Je ne m'abuse plus : soigneux de me déplaire, Il n'est pas un chagrin qu'il ne veuille me faire. Depuis que de l'hymen le nœud m'attache à lui, Il m'abreuva de honte, il m'abreuva d'ennui : ... G. Legouvé, La Mort de Henri IV,1806, II, 2, p. 367.
23. Le Christ pouvait-il mieux choisir le lieu de ses larmes? pouvait-il « arroser de la sueur de sang une terre » plus labourée de misères, plus abreuvée de tristesses, plus imbibée de lamentations? A. de Lamartine, Voyage en Orient,t. 1, 1835, p. 426.
24. Et toujours lorsqu'elles lui revenaient aux lèvres, ces exquises et funèbres plaintes évoquaient pour lui un site de banlieue, un site avare, muet, où, sans bruit, au loin, des files de gens, harassés par la vie, se perdaient, courbés en deux, dans le crépuscule, alors qu'abreuvé d'amertumes, gorgé de dégoût, il se sentait, dans la nature éplorée, seul, tout seul, terrassé par une indicible mélancolie, par une opiniâtre détresse, ... J.-K. Huysmans, À rebours,1884, p. 274.
25. ... l'innombrable armée des sans-talents, qui remplit les salles de théâtre et les bureaux de rédaction des journaux, épieront toutes tes actions dont ils feront des crimes, ils t'abreuveront d'outrages. Ils publieront sur toi mille et mille calomnies. A. France, La Vie en fleur,1922, p. 544.
26. Il est comme « cloué à la croix de sa fiction », il subit « l'influence hypnotisante d'un pan de vie fictif » (Adler). La fiction peut, à un moment donné, revêtir un caractère concret : cet enfant qui a été abreuvé de privations (notamment alimentaires) est pris d'une rage de possession et de conquête, ... E. Mounier, Traité du caractère,1946, p. 599.
II.− Emploi absolu [L'obj. inexprimé est un animé] Sens propre et parfois figuré :
27. Du vin! toujours du vin! crie-t-il aux domestiques, qui ne se lassent point d'abreuver à la ronde. L. Gozlan, Le Notaire de Chantilly,1836, p. 287.
28. Il est fêté, nourri, abreuvé, grisé pendant quelques jours, au bout desquels le marié, qui est le maire du village, lui donne une lettre de recommandation pour un ami de Valence. E. et J. de Goncourt, Journal,mars 1872, p. 876.
29. À toi, nature, je me rends; Et ma faim et toute ma soif. Et, s'il te plaît, nourris, abreuve. Rien de rien ne m'illusionne; ... A. Rimbaud, Derniers vers,Bannières de mai, 1872, p. 157.
30. Resserré dans un chef-d'œuvre, l'enthousiasme d'un beau génie se dilatera indéfiniment dans les âmes. La fontaine a jailli si fort qu'elle ne cessera plus dès lors d'abreuver. M. Barrès, Une enquête aux pays du Levant,t. 2, 1923, p. 158.
31. Et toi, vieux bétail, il te conduisait comme un jeune berger dans les invisibles prairies dont tu n'eusses rien su dire sinon que pour une minute tu te sentais comme allaité et rassasié et abreuvé. A. de Saint-Exupéry, Citadelle,1944, p. 846.
32. « Bienheureux », dit l'évangile, « ceux-là qui ont faim et soif de la justice ». Faim et soif comme quelque chose à boire qui abreuve et comme de pain pour le manger qui nourrisse. « Bienheureux », entendez-vous « Faim et soif »... C'est aujourd'hui même qu'il est bon d'avoir faim et soif! P. Claudel, Visages radieux,La Vocation de Saint Louis, 1947, p. 769.
III.− Emploi réfl. S'abreuver[Emploi le plus souvent fig.]
A. [Avec un compl. marquant l'orig.] S'abreuver à :
33. ... nul n'aura fait jaillir fontaine plus féconde, Où, depuis deux mille ans, sans la tarir, le monde S'abreuve et puise encore, ignorant aujourd'hui Qu'il boit à cette source et qu'elle coule en lui. A. Brizeux, Marie,1840, p. 95.
34. C'est devant leurs œuvres que plus tard, dans les musées, enfin modernisés et ouverts à tous, le peuple aimera se reposer de ses peines et anticiper sur ses vacances, comme les américains, aujourd'hui saturés de rationalisation, vont goulûment s'abreuver aux inquiétantes fantasmagories du surréalisme. A. Lhote, Peinture d'abord,1942, p. 160.
B. [Avec un obj. second.] S'abreuver de :
35. Abreuvez-vous journellement des eaux de la crainte du seigneur; abreuvez-vous en constamment, et jusqu'à vous enivrer de cette boisson salutaire. La crainte du seigneur est une seconde création pour l'homme. Elle éloigne de lui tous les maux. Elle absorbe toutes les autres craintes. Elle peut même absorber vos inquiétudes sur cette prescience qui vous tourmente, parce qu'elle peut vous unir à l'action universelle, et à l'éternelle continuité de la lumière. L.-C. de Saint-Martin, L'Homme de désir,1790, p. 94.
36. Elle suivait ses gestes, elle combattait avec lui, elle terrassait avec lui, elle s'enivrait de ses triomphes; et, sans le savoir, elle s'abreuvait à longs traits d'un ardent et impérissable amour. R. Toepffer, Nouvelles génevoises,1839, p. 90.
37. Son cerveau [de Louvel] nourrissait une seule pensée, comme un cœur s'abreuve d'une seule passion. F.-R. de Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 3, 1848, p. 37.
Rem. Le fait d'abreuver jusqu'à saturation, rapproche souvent ce verbe de absorber (ex. 35).
Stylistique − Lorsque le compl. (obj. premier) ne désigne pas des anim. ou des obj. techn., le verbe se prête facilement à des emplois fig.; d'où sa fréquence dans la lang. litt., et spéc. dans la lang. poét. Le sens propre est presque toujours perceptible dans ces emplois.
Prononc. ET ORTH. − 1. Forme phon. : [abʀ œve], j'abreuve [ʒabʀ œ:v]. Dub. 1966 et Pt Lar. 1968 transcrivent la 2esyllabe de abreuver avec [ø] fermé (cf. aussi DG qui transcrit [ø] pour tous les mots de la famille). D'apr. Grammont Prononc. 1958, pp. 49-50, cet [ø] fermé s'explique par harmonisation vocalique : ,,abreuve (abroèv), abreuvoir (abroèvwar), mais abreuver (abroévé)``. Cf. aussi Rouss.-Lacl. 1927, p. 40. Enq. : /abʀø2v/. Conjug. parler. 2. Dér. et composés : abreuvage, abreuvement (anc. abreuveur), abreuvoir. 3. Hist. − Le mot apparaît sous sa forme actuelle dès le xiiies. (cf. étymol.) et il est attesté régulièrement sous cette forme dans les dict. dep. Ac. 1740. Il entre dans la lang. au xiies. sous la forme abevrer (cf. étymol.); du xiieau xvies., on relève les var. suiv. (cf. ex. ds Gdf. Compl. et ds Hug.) : abeivre, aboivre, abovrer, abuvrer, abeuvrer. Nicot 1606 donne concurremment abbreuver et abruver. La forme avec redoublement de b est empl. comme vedette ds Fur. 1690, Ac. 1694, Fur. 1701 (parallèlement avec abreuver), Trév. 1704 et Ac. 1718. Rich. 1710 est le 1erà donner comme vedette unique la forme mod.
Étymol. − Corresp. rom. : a. prov., cat. abeurar; esp. abrevar; port. abeberar; ital. abbeverare. 1. Ca 1100 « faire boire abondamment » (emploi fig.; trad.) Ps. d'Oxford, éd. F. Michel, 59, 3 : abevras nus del vin compunctium (cf. xiiies. forme abreuvas ds Liber psalm., LIX, 3 ds Ps. Oxford éd. F. Michel, Appendice 300 : A ton pueple durté monstras, De compunction l'abreuvas); 1164 « id. » (Chrét. de Troyes, Erec et Énide, éd. M. Roques, 2045 : Que les cuers dedanz en aboivrent); 2. 1155 « faire boire abondamment (un homme) » (sens propre) (Brut., éd. Arnold, 6604 : Bien les pout, bien les abevra... Assez suvent esteient ivre); « id. (un animal) » déb. xiiies., (Aymeri de Narbonne, éd. Demaison, 3911 ds T.-L. : ces chevax ferrent et moinent abuvrer). Du lat. vulg. *abbĭbĕrare, dér. de biber, subst. fém. « boisson », (Caesar Arelatensis, Regula monachorum, 22 ds TLL s.v., 1954, 65 : in prandio binas biberes... accipiant), dér. de biber, inf. syncopé de bibĕre « boire » (dep. Caton, Orig. frag., 121; cf. iies. av. J.-C. Fannius ds Annalium fragm. 2 ds TLL s.v., 1960, 33 : jubebat biber dari). Le lat. vulg. rend souvent « abreuver » par potāre (fréq. en lat. chrét. : voir Blaise et Ronsch, Itala und Vulg. s.v. cf. av. 1reattest. : Vulg., Ps. lix, 5 : potasti nos vino compunctionis). Aboivrer a subi l'infl. de l'a. fr. boivre (voir boire); abreuver est une forme métathétique de abevrer. HIST. − Le préf. a- apporte la notion de factitivité (« faire boire » d'où intervention d'une pers.), à laquelle peut s'adjoindre une idée de mouvement (« faire et mener boire ») ou une idée d'approche, d'atteinte d'une limite. Une idée d'abondance s'attache aussi au mot (« faire boire abondamment », « imbiber jusqu'à saturation »). On remarque enfin que les 1resattest. du mot sont fig. et appartiennent au lang. biblique. A.− « Faire boire abondamment », des hommes d'abord, puis des animaux (cf. étymol.), au propre et au fig. (cf. étymol.). Ce sens, vivant dep. le xiies., subsiste, mais dès Fur. 1690 il ne s'applique qu'à des animaux et particulièrement aux chevaux : En ce sens, il ne se dit qu'en parlant des chevaux et des bestiaux. Ac. 1718. Ce n'est qu'au xixes. qu'on le trouve à nouveau empl. en parlant des hommes (cf. sém.), et souvent de façon ironique : Il se dit quelquefois en parlant des personnes, et ordinairement par plaisanterie, Vous nous avez bien abreuvés. Ac. 1835. B.− « Imbiber d'eau ou d'un liquide » qqc., attesté dep le Moy. Âge. 2emoitié du xiies. : Si com la pluie qui bien arose et aboivre la terre. Commentaire sur les Psaumes, p. 141 (Gdf. Compl.) xvies. : Un drap abbreuvé d'eau, c'est trempé et outré d'eau. Nicot 1606. Ce sens subsiste et donne naissance à plusieurs emplois techn. (cf. inf., D). A connu cependant une restriction au xviiies. où il semble réservé à la pluie : Se dit aussi de l'effet de la pluye sur la terre, lorsqu'elle la penetre. (...) on dit que la terre est bien abbreuvée, quand il a bien pleu. Ac. 1718. C.− Au fig. 1. Dep. le xvies. : On dit par métaphore, Abbreuver aucun de quelque opinion ou persuasion, pour le remplir, imbuer et outrer de telle opinion ou persuasion. Nicot 1606. Très fréq. à cette époque, cf. les 32 ex. ds Hug., avec différentes constr. et différentes nuances de sens : − abreuver qqn « le pénétrer profondément (d'une croyance, d'une opinion, d'un goût...) »; − abreuver qqn de qqc. « l'en informer, lui en parler »; − abreuver qqn que « faire savoir à qqn que »; − estre abreuvé de qqc. « en avoir connaissance »; − abreuver « persuader faussement »; − estre abreuvé de qqn « se laisser tromper par qqn »; − se laisser abreuver de « se laisser amener à ». xviies. : Instruire, prevenir quelqu'un par quelque chose, et l'en remplir. (...). Tout le monde est abbreuvé de cette nouvelle. Fur. 1701. Il est vivant jusqu'au xixes., DG le dit vieilli. 2. P. ext. du sens précédent (cf. sup. B) « remplir, saturer » + notion abstr., vivant dep. le xiiies., subsiste : xiiies. : Et si les aboivrent de joie. Renaut de Beaujeu, Le Beau Desconneu, 4716 (Gdf. Compl.). xvies. : Tout le fiel.. Dont un amant fut jamais abreuvé. Malherbe, V, 27 (Littré). xviiies. : On dit aussi figurément, Abreuver quelqu'un de chagrins, pour Lui faire essuyer des peines d'esprit. Ac. 1798. D.− Emplois techn., cités ci-dessous dans l'ordre chronol. de leur apparition : 1. « Faire subir la question par l'eau », 1 attest. isolée xiiies. : Se il est pris sur celuy maufait, ou en est ataint par garens qu'il li virent faire, ou par ce que il le gehist en la cort par sa volenté, ou par ce c'on l'abevra, ou li fist hon aucun autre martire. Assises de Jerusalem, II, 82 (Gdf. Compl.). 2. Tonnellerie, abreuver les tonneaux, 1reattest. lexicogr. ds Nicot 1606, subsiste. 3. Agric. « arroser », 1reattest. lexicogr. ds Fur. 1690, subsiste. 4. Vernissage, 1reattest. lexicogr. ds Fur. 1701, subsiste. 5. Mar., 1reattest. lexicogr. ds Encyclop. 1751, subsiste. 6. Peint., 1reattest. lexicogr. ds Trév. 1771, subsiste. Cf. aussi sém. I, B, 2. − Rem. Le mot peut être empl. sans chang. de sens à la forme réfl. ou absolue.
STAT. − Fréq. abs. litt. : 507. Fréq. rel. litt. : xixes. : a) 1 084, b) 744; xxes. : a) 607, b) 463.
BBG. − Barb.Card. 1963. − Chabat t. 1 1875. − Chesn. 1857. − Dupin-Lab. 1846. − Jal 1848. − Littré-Robin 1865. − Nysten 1814-20. − Plais.-Caill. 1958. − Remig. 1963. − Will. 1831.

Wiktionnaire

Verbe

abreuver \a.bʁœ.ve\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : s’abreuver)

  1. Faire boire (un animal, particulièrement un cheval).
    • Abreuvez ces chevaux.
    • Cet éleveur est un ami de l’environnement : il se vante de produire lui-même une partie de la nourriture de ses animaux, de forer lui-même le sol pour les abreuver, d’être autosuffisant en paille, de mettre un filtre pour le fuel et de fabriquer plein d’électricité grâce à des panneaux photovoltaïques. — (Professeur Canardeau, Après les 1 000 vaches, les 4000 veaux !, Le Canard Enchaîné, 20 septembre 2017, page 5)
  2. (Pronominal) Boire, en parlant d’un animal.
    • C’est dans cette mare que les bestiaux du village s’abreuvent.
  3. (Pronominal) (Familier) Boire en grande quantité.
    • Il s’abreuve d’excellent vin.
  4. (Pronominal) (Figuré) Consommer ou être entouré en grande quantité.
    • Des hoquets de dégoût convulsèrent de nouveau leurs faces hâlées, zébrées de rides : depuis un mois, ils avaient bu de l’eau dans laquelle mijotait ce noyé ; depuis un mois tout le pays s’abreuvait de cette pourriture. — (Louis Pergaud, Un petit logement, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Atteint d'un mal nommé porphyrie, le pauvre garçon est contraint de s'abreuver de sang humain pour conjurer sa langueur chronique. — (François Rivière, Dracula, cent ans et toutes ses dents, dans Libération (journal), 31 décembre 1987)
    • S’abreuver de larmes, de haine, de fiel.
      Il s’abreuve aux sources les plus pures de la science.
  5. (Par extension) Arroser (une plante, une terre).
    • La pluie a bien abreuvé les terres, Elle les a bien pénétrées, bien humectées.
    • Ces prairies, ces plantes ont besoin d’être abreuvées, Il faut qu’on les arrose.
  6. (Figuré) Adresser, particulièrement des paroles, en grande quantité.
    • Dans une réunion électorale à Bazeilles, les assistants ont abreuvé de quolibets un contradicteur qui affirmait: "Si l'ouvrier est malheureux, c'est par rapport aux riches"". — (Henri Manceau, Des luttes ardennaises, 1969)
    • Il s'était mis en tête de leur ouvrir les yeux par le biais de textes orientés dont il les abreuvait. Une véritable frénésie de photocopiages artisanaux (la ronéo à alcool). Plus il en faisait, plus il était mal reçu, chahuté, puis malmené. — (Jean-Pierre Koffel, L'inspecteur Kamal fait chou blanc, Éditions Fennec, 1999, page 39)
  7. (Figuré) (Voix passive) Être saturé de quelque chose.
    • Il est abreuvé de ces réunions. En fin de journée, elle était abreuvée de ce porte-à-porte.
  8. (Technique) Mettre sur un fond poreux une couche d’huile, d’encollage, de couleur ou de vernis, pour en boucher les pores et en rendre la surface unie.
  9. (Technique) Remplir (un tonneau) d'eau pour le faire gonfler afin de le rendre étanche.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ABREUVER. v. tr.
Faire boire. Dans ce sens, il ne se dit proprement qu'en parlant des bêtes, et particulièrement des chevaux. Abreuvez ces chevaux. C'est dans cette mare que les bestiaux du village s'abreuvent. Il se dit aussi en parlant des Personnes, et ordinairement par plaisanterie. Vous nous avez bien abreuvés. J'ai abreuvé toute la troupe. Il s'abreuve d'excellent vin. Fig., La pluie a bien abreuvé les terres, Elle les a bien pénétrées, bien humectées. On dit aussi Ces prairies, ces plantes ont besoin d'être abreuvées, Il faut qu'on les arrose. Fig., Abreuver quelqu'un de chagrins, de dégoûts. Abreuver de douleurs, d'ennuis, d'humiliations, d'amertume. S'abreuver de larmes. S'abreuver de fiel. Un homme abreuvé de fiel et de haine. Abreuver des tonneaux, des cuves, Les remplir d'eau pour en faire gonfler le bois afin qu'ils ne coulent point. En termes d'Arts, il signifie Mettre sur un fond poreux une couche d'huile, d'encollage, de couleur ou de vernis, pour en boucher les pores et en rendre la surface unie.

Littré (1872-1877)

ABREUVER (a-breu-vé) v. a.
  • 1Faire boire des animaux. Rivière où l'on a coutume d'abreuver les bestiaux. Les puits qu'ils avaient creusés pour abreuver leurs troupeaux. On mena abreuver nos chevaux, Sévigné, 155.
  • 2Faire boire abondamment quelqu'un. Il abreuva largement la compagnie. On l'abreuvait pour lui faire perdre la raison et s'emparer de lui. Le cruel d'une main semblait m'ouvrir le flanc, Et de l'autre à longs traits m'abreuver de mon sang, Créb. Atrée, II, 2.
  • 3Mouiller, pénétrer d'eau, arroser. La terre est abreuvée. Ces prairies ont besoin d'être abreuvées. Le sol est abreuvé d'eau. Les cèdres qu'abreuve la rosée du ciel. Une grande abondance d'humeurs abreuve cette plaie ; il faut la dessécher.
  • 4 Fig. Remplir, saturer. Abreuver quelqu'un d'outrages. On abreuve les alliés de dégoûts. Tout le fiel… Dont un amant fut jamais abreuvé, Malherbe, v, 27. Tout le fiel dont on vous abreuva, Bourdaloue, Pens. t. III, p. 362. On dit aussi, dans un sens opposé, l'abreuver de joie.
  • 5 En termes d'art, mettre sur un fond poreux une couche d'huile, d'encollage, de couleur ou de vernis pour en boucher les pores et en rendre la surface unie.

    Terme de tonnelier. Abreuver des tonneaux, les emplir d'eau pour s'assurer s'ils ne fuient point.

    En termes de marine, abreuver un vaisseau, y faire entrer de l'eau, avant de le lancer, pour voir s'il n'y a pas une voie d'eau.

  • 6S'abreuver, v. réfl. Les chevaux s'abreuvent ici. Après s'être abreuvé de vin S'abreuver largement. Les puits où vont le soir s'abreuver nos troupeaux, Ducis, Abuf. I, 5.
  • 7Être humecté. La terre s'abreuve des pluies fécondantes. Le sol de la Grèce devait s'abreuver de sang. La javeline s'abreuve de leur sang.
  • 8 Fig. S'abreuver de larmes. Il s'abreuva du sang de la république. Néron s'abreuva de sang. Il s'abreuve aux sources les plus pures de la science. De son mortel poison tout courut s'abreuver, Boileau, Sat. XI.

HISTORIQUE

XIIIe s. Chascuns des vins se fit plus digne Par sa bonté, par sa puissance, D'abevrer bien le roi de France, Bat. des vins, Fabl. de Barb. 2e éd. t. II, p. 154. Li prudomme cui estoit cele fontaine, la fit aler por tout son champ pour lou abeuvrer, L. de just. 27. Qu'il ne l'abeivre [la bête achetée] ne face abevrer la matinée, et après rendre la, se elle ne lui siet, Ass. de Jér. I, 213. En un lit tout seul [elle] les coucoit [couchait les deux enfants], Andeux [tous deux] paissoit et abevroit, Fl. et Bl. 195. Et pour bien faire en ceste poine, Au souverain bien [la sagesse] la [l'âme] ramoine, Dont jonesse la dessevroit, Qui de vanités l'abevroit, la Rose, 4558. Et qu'il devra estre abevrés, Dès ains neïs qu'il soit sevrés…, ib. 10665. Tous les en aboivre à ses mains, Mès les uns plus, les autres mains [moins], ib. 6849. Je euz fain, vous me saoulastes, Et si euz soif, vous m'abruvastes, J. de Meung, Tr. 1418.

XIVe s. Et si n'ara chascuns, tant qu'il porra durer, Qu'un soel pain de fourment tous les jours à disner, Et un lot d'iawe aussi pour son corpz abuvrer, Baud. de Seb. IX, 568.

XVe s. Le duc de Bretagne suivit l'opinion du roi de France moult legerement, car il estoit, du temps passé, si abeuvré de l'information de son cousin le duc de Flandre, pour la rebellion de l'Eglise, que son cœur ne s'inclina onques à croire Clement pape, Froissart, III, IV, 36.

XVIe s. Puis en passant au milieu de la plaine, De grans ruisseaux de sang s'abrevera, Marot, IV, 322. Quand les plis de leurs hoquetons furent abbreuvés d'eau, ils les chargerent encore plus, Amyot, Timol. 38. Les Romains sortiz pour aller au fourrage ou pour abbreuver leurs chevaulx, Amyot, Ant. 50. Chascun en ayant esté abbruvé cent fois [d'un récit], Montaigne, I, 35. Les premiers discours, de quoi on lui doibt abruver l'entendement…, Montaigne, I, 172. Toutes leurs idoles s'abruvent de sang humain, Montaigne, I, 229. Son esponge estoit abruvée de diverses peintures, Montaigne, I, 254. La sotte imagination dont leur maistre des sentences les a abbruvez leur a perverti l'entendement, Calvin, Inst. 1128. Quand on viendroit abreuver la mule sus laquelle montoit sa femme…, Despériers, Cont. 92. Encor que tout fust conduit secretement au possible, si est-ce que chacun en fut abreuvé [informé], Yver, 562. Fol est qui se met en enqueste ; car le plus souvent qui mieux abreuve [ses témoins], mieux preuve, Loysel, 770.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

ABREUVER un vaisseau, c’est y jetter de l’eau, après qu’il est achevé de construire, & l’en remplir entre le francbord & le serrage pour éprouver s’il est bien étanché, & s’il n’y a pas de voie d’eau. (Z)

Abreuver, est aussi le même qu’arroser ; on le dit particulierement des prés où l’on fait d’abord venir l’eau d’une riviere, d’une source, ou d’un ruisseau dans une grande rigole ou canal situé à la partie supérieure des terres, & divisé ensuite par les ramifications de petits canaux dans toute l’étendue d’un pré. Cette maniere d’abreuver les prairies établie en Provence & en Languedoc les rend extrémement fertiles lorsqu’elle est faite à propos. La trop grande quantité d’eau, si elle y séjournoit, rendroit les prés marécageux. (K)

Abreuver un cheval, c’est-à-dire le faire boire ; ce qu’il faut avoir soin de faire deux fois par jour. (V)

* Abreuver. Les Vernisseurs disent de la premiere couche de vernis qu’ils mettent sur le bois, qu’elle l’abreuve.

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Étymologie de « abreuver »

Du latin adbibere devenu abbiberare en latin populaire, et dérivé de bibere (« boire »).
Les équivalents, dans les langues romanes sont abbeverare en italien, abeberar en portugais, abrevar en espagnol, le catalan abeurar adoptant une forme proche de l’ancien français aboivrer, abevrer (→ voir boivre) dont abreuver est issu par métathèse.
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Wall. abuvrer, abovrer ; picard, abruvrer ; provenç. abeurar ; espagn. abrevar ; ital. abbeverare ; bas-lat. abeverare, abebrare ; de ad, indiquant la direction de l'action, et bibere, boire (voy. BOIRE). L'ancien français est abeuvrer, sauf de rares exceptions, plus près de l'étymologie ; c'est au XVIe s. que l'r s'est déplacée définitivement et qu'on a dit abreuver.

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Phonétique du mot « abreuver »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
abreuver abrœve

Évolution historique de l’usage du mot « abreuver »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « abreuver »

  • Traduire le théâtre, c'est d'abord et avant tout savoir lire le théâtre, porter son regard sur un texte et s'en abreuver, se couler dans une matière linguistique et s'y fondre... De Isabelle Famchon
  • On avait souhaité qu’un sang impur abreuve nos sillons sans savoir qu’un jour un déluge de sons impurs abreuverait nos microsillons. De Jacques Sternberg / Pensées
  • Voilà l’image qu’il offre de sa mission au Sénégal et qui le pousse à menacer de ses foudres Xibaaru dont le tort est de l’avoir dénoncé. Peine perdue pour lui et ses sbires, car ils ne pourront jamais nous intimider. Son garde-chiourme, véritable laquais ne perd cependant rien pour attendre. Nous avons pu identifier le numéro de téléphone à partir duquel il a appelé pour nous abreuver d’insultes. Un numéro qui est le 7723615- – et Xibaaru se réserve le droit des suites à donner. Xibaaru, Un laquais de Samba Ndiobène Kâ abreuve d’injures Xibaaru
  • Chaque été, le village multiplie sa population par cinq. La plupart des habitants saisonniers s’installent dans des résidences secondaires et dans des gîtes, attirés par l’exceptionnelle qualité de paysages, la tranquillité, le plaisir de la randonnée. Mais les tourbières, les burons, le jaune amer des gentianes attirent aussi une foule d’urbains motorisés en mal d’espace et de bon air. Une tendance que le confinement de ce printemps pourrait encore accentuer. Chaque été déjà, la petite place autour de l’immense fontaine au centre du village, qui permet d’abreuver un troupeau de 30 vaches en même temps, devient le cirque d’une agaçante circulation automobile. Il y a bien un parking à l’orée du village et de la réserve naturelle, mais il ne suffit pas à canaliser le flux de véhicules. La polémique enfle sur la marche à suivre face à ces hordes de visiteurs. Pour certains habitants, «il faudrait se gendarmer, organiser, protéger, interdire». D’autres souhaitent vivre cachés pour être heureux et refusent désormais de parler aux journalistes pour éviter d’attirer plus de monde encore. Libération.fr, Municipales : dans un village d'Auvergne, un quart des électeurs candidats - Libération
  • Chaque été déjà, la petite place autour de l’immense fontaine, qui permet d’abreuver un troupeau de 30 vaches, devient le cirque d’une agaçante circulation automobile. Il y a bien un parking à l’orée du village et de la réserve naturelle, mais il ne suffit pas. La polémique enfle sur la marche à suivre. Pour certains habitants, «il faudrait se gendarmer, organiser, protéger, interdire». D’autres souhaitent vivre cachés pour être heureux. Libération.fr, Dans un village d’Auvergne, un quart des électeurs candidats - Libération
  • Après vérifications, aucun signalement de terrain relatif à un niveau anormal de mortalité piscicole, ni d’autres animaux ayant pu s’abreuver avec de l’eau potentiellement polluée n’a été signalé. Courrier picard, Somme polluée à la soude: ce que l’on sait ce mercredi soir
  • Boire de l’eau n’est pas l’unique solution pour rester hydrater. Pour ceux qui n’aiment pas son goût ou qui oublient de s’abreuver quotidiennement, vous pouvez déguster des fruits et des légumes. Certains contiennent plus de 90 % de leur poids en eau, ajoutés aux vitamines et aux fibres. Ils sont alors parfaits pour se désaltérer tout en profitant d’une gourmandise estivale. Biba Magazine, Chaleur : les 15 fruits et légumes à consommer pour bien s’hydrater
  • Le coronavirus aura donc fait encore plus de dégâts sur l’économie qu’on ne l’avait imaginé jusqu’ici. Je ne vais pas vous abreuver de chiffres, mais plutôt de citations (elles sont tirées de ce rapport du FMI publié hier). L'Opinion, Les inquiétantes prévisions du FMI pour la France – Economie | L'Opinion
  • Les boiteries, notamment les affections podales, constituent, par leur fréquence et leur importance économique la troisième maladie en élevage bovin après les problèmes de reproduction et les mammites. Les conséquences des boiteries sont multiples, les coûts et pertes économiques liés aux boiteries sont les soins aux animaux engendrant du travail supplémentaire. Les conséquences sont également à considérer au niveau de l’individu, un animal boiteux éprouvant plus de difficultés à se déplacer compte tenu de la douleur. L’animal boiteux va moins s’alimenter et s’abreuver, et en conséquence produira moins de lait. Parallèlement, les performances de reproduction peuvent être altérées car la détection des chaleurs est rendue plus délicate du fait d’une limitation du chevauchement. Pour toutes ces raisons, le risque de réforme anticipée est 8,4 fois plus élevé chez un animal boiteux par rapport à un animal sain.Plusieurs affections du pied peuvent notamment conduire à des boiteries, qui se traduisent par une gêne à la locomotion. Chez la vache laitière, trois maladies principales sévissent a l’état enzootique dans les troupeaux : la fourbure subaiguë, le fourchet (ou dermatite interdigitée) et la maladie de Mortellaro (encore appelée dermatite digitée).Des performances de production et de reproduction dégradéesDans tous les pays laitiers européens, la maladie de Mortellaro s’est fortement développée au début des années 2000, favorisée par l’évolution des modes d’élevage (introduction d’animaux, tailles de cheptels en augmentation avec un diminution de la main d’œuvre, stabulations libres et logettes…) D’autres facteurs de risques ont été identifiés par les scientifiques qui se sont penchés sur le problème. Ainsi les vaches atteintes présentent fréquemment une note d’état corporel élevée, et c’est probablement la dégradation de l’immunité des vaches grasses qui explique le phénomène. La maladie de Mortellaro touche d’ailleurs surtout les animaux confrontés à une situation de stress – le stress étant connu pour défavoriser l’immunité. C’est par exemple le cas des génisses qui reviennent de l’exploitation où elles ont été élevées sur l’exploitation principale et qui sont prêtes à vêler. Le stade de gestation et la nouvelle dynamique au sein du troupeau font que les génisses récemment arrivées mangent moins et se reposent peu, source de stress pour l’animal.La race apparaît également comme une variable à prendre en compte : les vaches Holstein sont davantage plus touchées que les Montbéliardes, les Brunes ou les Vosgiennes. Un fait qui peut s’expliquer par des différences de conformation des onglons. Ceux-ci plus anguleux chez les Holsteins favorisent l’exposition du bulbe à l’humidité du sol, ce qui ramollit la peau et la corne, et favorise la pénétration des germes. Mais il ne faut pas non-plus négliger les différences métaboliques : les vaches à haute productivité laitière présentent un plus grand risque de désordres métaboliques, comme la sub-acidose. Cet état entraîne l’absorption de substances à effet vasculaire notamment au niveau des petits vaisseaux sanguins du pied. La perturbation de la vascularisation générée par ces substances va entraîner des décollements de la corne des pieds. Apparaissent alors des fissures dans le sabot, dans lesquelles les bactéries du sol peuvent facilement s’infiltrer et occasionner des abcès par exemple… , Prévenir et détecter la dermatite digitée - La Terre de Chez Nous - Franche-Comté Belfort

Images d'illustration du mot « abreuver »

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Traductions du mot « abreuver »

Langue Traduction
Anglais water
Espagnol beber
Italien abbeverare
Allemand tränken
Portugais abeberar
Source : Google Translate API

Synonymes de « abreuver »

Source : synonymes de abreuver sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « abreuver »

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