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Branle-bas de combat : définition et origine de l'expression

Tout le monde s’agite… il faut que tout soit prêt avant de passer à l’action ! Tout s’accélère… c’est un branle-bas de combat ! Employée assez régulièrement dans notre vie quotidienne, l’expression « un branle-bas de combat » trouve son origine dans les navires de guerre, faisant référence au langage de la Marine. Quand et pour quelle raison utiliser cette expression française ? Quelle est sa signification et son origine ? Nous vous expliquons tout dans cet article. Bonne lecture !

Définition de l'expression « branle-bas de combat »

L’expression « un branle-bas de combat » signifie une grande agitation dans les préparatifs d’une opération ou d’une action, souvent menées dans l’urgence de manière désordonnée et bruyante. 

Souvent qualifié de remue-ménage, le branle-bas de combat caractérise la précipitation et l’effervescence qui règne avant de préparer un évènement important, inattendu ou potentiellement dangereux. Elle est synonyme d’affolement, d’agitation ou encore de pagaille.

En savoir plus sur la définition du mot « branle-bas » >

Origine de l'expression « branle-bas de combat »

Apparue au XVIIe siècle, cette expression, qui s’emploie communément dans un contexte guerrier, est empruntée au vocabulaire la Marine, comme « être au taquet » . Un « branle » désigne un hamac accroché dans les entreponts des grands voiliers d’autrefois, faisant office de lit pour le repos des matelots.

Pour l’anecdote, le mot « branle » utilisé pour désigner le hamac jusqu’au XVIIIe siècle provient de son mouvement oscillatoire suivant les balancements du navire lorsque celui-ci était en mer.

Lorsqu’un signal ou un ordre était émis signalant que le bateau allait être attaqué, chaque matelot devait, sans attendre, décrocher et enrouler son hamac ou encore « mettre à bas son branle », et libérer le plus rapidement l’entrepont, laissant la place nécessaire au combat à venir. Cela créait une certaine agitation générale et un bouleversement dans tout l’équipage, qui courait dans tous les sens.

Il faut savoir que les branles ainsi détendus, plaqués à proximité des embrasures, servaient également de pare-éclats avant le combat. C'est à partir du XIXe siècle que l'expression a commencé à être employée au sens figuré, symbolisant alors cette agitation désorganisée.

Le terme « branle-bas » est cependant encore utilisé dans la Marine afin de désigner les préparatifs de l’équipage au moment du lever et du coucher.

Exemples d'usage de l'expression « branle-bas de combat »

Yves entendit au-dessus de lui faire le branle-bas du soir, tous les hamacs qui s'accrochaient, et puis le premier cri des hommes de quart marquant les demi-heures de la nuit.

Pierre Loti, Mon frère Yves

Le matin, le branle-bas se fera à cinq heures et demie ; à six heures, déjeuner ; à six heures et demie, propreté du navire ; à huit heures, on hissera les couleurs ; à neuf heures, branle-bas de combat et inspection.

Edouard Moriac, Paris sous la commune

Le soir, à dix heures, branle-bas de combat.  

Pierre Loti, Journal intime

Quelques jours plus tard, une extraordinaire activité se manifesta à l'hôtel de Sécheron : c'était le branle-bas pour l'arrivée de l'illustre Lord.

André Maurois, Ariel ou la vie de Shelley 

En ce temps-là, écrit Paul-René Di Nitto, le travail commençait tôt sur les quais de Cette. Dès l’aube, c’était le branle-bas de combat de l’embauche. La truelle en main, Jules Brassens ne chôme pas et son fils, Jean-Louis qui prend la relève non plus. Ce dernier finira par se mettre à son compte, utilisant des compagnons en fonction de ses besoins.

Jean-Claude Lamy, Brassens le mécréant de Dieu.

Aux appels de cet étourneau,
Grand branle-bas dans Landerneau :
Tout le monde et son père accourt
Aussitôt lui porter secours.

Georges Brassens, À l’ombre du cœur de ma vie

Mais à ce rendez-vous un seul croiseur suffirait. Beatty, lui, signale à ses trois escadres : « Branle-bas de combat ».
Coups de clairon et, deux minutes après, les hommes ont disparu. Englouti par les écoutilles, l’équipage a regagné l’abri de la ceinture cuirassée, des ponts blindés, des casemates et des tourelles.

Paul Chack, Marins à la bataille.

Ce monstre d’argile et d’argent, qui remplissait les poches de tous les grands de ce monde, menaçait de s’effondrer ! Le branle-bas de combat a alors été décrété. Toutes les forces vives du cartel ont été réquisitionnés afin de sauver le monde !

Magnus Surya-Jin, Ces êtres de l’ombre.

Le second Alonzo rendit la barre au capitaine Valérie, puis se dirigea vers l’équipage et cria : « En position, branle-bas de combat ! Tous à vos postes ! Chargez les canons à bâbords ! Sortez les tromblons et les coutelas ! » 

Boris Akielaszek, De profundis.

Dans l’entrée de l’appartement, c’est le branle-bas de combat c'est le branle-bas de combat, cris étouffés et heurts, injures sifflées entre les dents de Jonathan […] 

Jean Basile, La jument des Mongols.

C’est le branle-bas de combat. Nous sommes allongés à plat ventre, rampant en plein milieu du poste allemand. Des balles sifflent autour de nous.

Marcel Bigeard, Ma vie pour la France

Branle-bas de nuit pour les rats, dans la ferme où le chat est jeune.

Sigrid Undset

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