La langue française

Accueil > Dictionnaire > Définitions du mot « véridicité »

Véridicité

Définitions de « véridicité »

Trésor de la Langue Française informatisé

Véridicité, subst. fém.a) Attitude ou caractère d'une personne qui dit la vérité ou qui a le souci de la dire. Synon. véracité.La véridicité de cet historien est admirable (Ac.). Être tout le temps et brutalement sincère, c'est parfois ne l'être pas (...). La véridicité poussée à l'extrême vire en son contraire (Jankél., Traité des vertus, t. 2, 1970, p. 521).En partic. [À propos d'une faculté intellectuelle] Caractère fiable. La mémoire (...) appuie sa véridicité sur une affection qui ne saurait aller plus loin qu'elle-même: on saisit cela, qu'on pense ne se point tromper, et qu'on le pense de toutes ses forces, pour ainsi parler; mais non ceci, qu'en cela même on ne se trompe point (Renouvier, Traité de psychol. rationnelle, t. 1, 1912, p. 359).b) Caractère de ce qui est conforme à la vérité. D'où ce principe d'indéterminisme de l'histoire des sciences, si délicat à réduire: si je dis vrai au sens de [la mathématique de] Leibniz, je ne dis pas forcément « vrai » dans tous les cas. Je suis obligé de heurter de front ou le mathématicien pour qui le concept historique est chargé de sédiment, ou l'historien pour qui le concept vrai n'est parfois que le fossile. Bref: ou je connais la position du concept et j'ignore sa vitesse, son mouvement propre qui est sa véridicité, ou je connais sa vitesse et j'ignore sa position (M. Serres, Hermès, t. 1, La Commun., 1984 [1969], p. 84). [veʀedisite]. Att. ds Ac. dep. 1762. 1resattest. a) 1741 « caractère de vérité dans un récit, un témoignage, etc. » la véridicité de tous les certificats ([Desfontaines], Observ. sur les écrits mod., t. 27, p. 191), b) 1762 « caractère de celui qui est véridique » (Ac.); dér. sav. de véridique, suff. -(i)té*.

Wiktionnaire

Nom commun - français

véridicité \ve.ʁi.di.si.te\ féminin

  1. (Indénombrable) (Vieilli) (Rare) Caractère de celui qui est véridique.
    • Le régime de scientificité des sciences sociales équivaut à un régime de véridicité et non de vérité. — (Arnaud Fossier & Julien Souloumiac, Passeron entre Weber et Wiitgenstein, dans L’Interprétation, revue Tracés, n°4, novembre 2004, page 98)
    • La véridicité de ce témoin n’est pas contestée.
  2. (Indénombrable) (Vieilli) (Rare) Caractère de vérité dans un récit, dans un témoignage.
    • La véridicité se confirme donc quand le discours dit vrai conformément à son être, quand se présente en ressemblance la chose du discours. Elle diffère nécessairement d'un discours à l'autre. — (François Bousquet, La Vérité, Éditions Beauchesne, 1983, page 104)
    • La véridicité économique est une exigence morale rigoureuse, objective et naturelle dans la sphère de l'information. Et quand, pour des raisons impérieuses, la véridicité doit être écornée, filtrée, partialisée ou travestie […], elle glisse alors dans le champ politique, souvent contraint à la fausseté, au mensonge ou à la tromperie. — (Max Moreau, Une économie manipulée et floutée: Statistiques, sondages, notations, prédictions, L'Harmattan, 2010, page 15)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

VÉRIDICITÉ (vé-ri-di-si-té) s. f.
  • 1Caractère de vérité. Véridicité d'un discours, d'un témoignage.
  • 2En parlant des personnes, véracité. La véridicité d'un témoin.

REMARQUE

Véridicité n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 1762.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « véridicité »

Véridique.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Phonétique du mot « véridicité »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
véridicité veridisite

Citations contenant le mot « véridicité »

  • Balzac répond en défendant ses personnages et son procédé. Il utilise deux arguments pour contrer le reproche d’immoralité. Le premier est un argument de véridicité : hélas, l’humanité se comporte mal, et le romancier de mœurs ne peut mentir en la faisant plus vertueuse qu’elle ne l’est. Les « tendances dépravées de l’homme » sont bien réelles, et la scène finale du Lys dans la vallée ne fait que montrer comment la chair se bat contre l’esprit (peu importe qu’elle l’emporte ou non). De même, Vautrin n’est pas un personnage « gigantesque » et donc susceptible d’admiration, il est tellement vrai qu’un homme lui ressemblant existe (Vidocq). Le second argument, en revanche, porte sur l’efficacité romanesque : si au lieu de montrer la lutte du corps et de l’esprit dans un drame individuel passionnant (ce qui implique une participation) ou dans un individu aux dons extraordinaires, le romancier s’était limité à la représentation de la vie la plus ordinaire et fade, combien de lecteurs aurait-il pu avoir ? Il fallait bien faire de Vautrin un géant, pour qu’il représente les forces souterraines qui agitent la société ; il fallait faire de lui une exception pour qu’il incarne un principe. De même, il faut peindre un séducteur formidable, si l’on veut montrer les « cinq cents dandys » que contient une génération. Réussir la mise en scène d’« un honnête homme », d’un « personnage faisant le bien » est une entreprise excessivement difficile ; le romanesque a ses contraintes morales. , The Balzac Review/Revue Balzac, n° 5/2022 : "Morality /La morale"
  • MB - Le travail de l’histoire n’est pas nécessaire pour la réparation, correction ou compensation de toute injustice ; il l’est en revanche pour ces injustices qu’on appelle « historiques » – ce qui s’entend de la manière suivante : est « historique » une injustice aujourd’hui qui plonge ses racines dans le passé et qui n’a jamais été réparée – voire jamais diagnostiquée comme injustice – dans le passé. Le travail de l’histoire est alors indispensable pour déterminer la nature de l’injustice du passé et les mécanismes, continus ou discontinus, individuels ou structurels, par lesquels ses effets se sont prolongés dans le présent. L’histoire toutefois n’est pas juge du passé : mettre au jour ces mécanismes par le travail propre des historiens (constitution d’un fond d’archives et évaluation de la nature des archives, diagnostic porté sur l’absence ou le silence des archives, recueil de témoignages et croisement des sources, méthodologie du soupçon, enquêtes de véridicité) n’entraîne pas par là même l’évaluation normative sur la légitimité de la réparation, encore moins sur sa nature. Dans le cas de crimes de masse ou crimes contre l’humanité (comme la traite et l’esclavage colonial en France selon la loi dite « Taubira » de mai 2001), le travail des historiens a souvent été mis en regard de celui des juges au sein d’institutions pénales, dont la fonction était d’identifier et punir des criminels pour des faits strictement délimités. L’hypothèse soutenue ici est que le travail des historiens sur la traite et l’esclavage est lui-même une forme de réparation, qui peut s’effectuer indépendamment des tribunaux : c’est cette forme de réparation qui porte sur la reconnaissance (au sens de l’attestation) d’injustices qui ont été oubliées ou déniées ou dont les effets actuels ont été occultés ou minimisés. , Politique(s) - Magali Bessone : '' Ce qui exige d’être réparé, ce ne sont pas les crimes du passé, irréparables, mais les structures persistantes '' - Libération.fr
  • Au travers des cinq sens, de la mémoire et des connexions neuronales, la réalité nous apparaît évidente. Mais cette réalité ne sera jamais la même que celle d’une autre personne. Personne ne pourra jamais vivre exactement la même situation, avec la même perception : chacun vit son propre film et les « convictions » ne sont que des illusions que notre Faiseur de réalité fabrique pour nous. Si on rentre dans cette optique, il apparaît clairement la difficulté de communication entre individus, car c’est extrêmement difficile pour un être humain de questionner la véridicité de sa perception. « Je sais ce que je vois ! » dirions-nous, eh bien, c’est troublant de se rendre compte de la manière dans laquelle le cerveau fabrique notre réalité, comme un artisan infatigable, jour et nuit, en piochant dans notre mémoire et en projetant nos perceptions. Le Suricate Magazine, Cerebrum, une conférence-spectacle d’utilité publique au Martyrs • Le Suricate Magazine
  • En se posant des questions et en remettant en doute la crédibilité d’une information, il devient plus facile de prendre un pas de recul et d’en analyser la véridicité.   Le Journal de Montréal, Coronavirus: se prémunir contre les fausses nouvelles | JDM
  • Je crois sincèrement que vous faites de votre mieux pour améliorer les choses, à chaque déplacement vous inaugurez des  hôpitaux, des écoles, des centres pour les orphelins et les collégiens. Vous avez la volonté de rendre notre pays meilleur, je sens la sincérité dans vos gestes et je vois la véridicité dans vos yeux. J’aime beaucoup la franchise avec laquelle vous parlez dans vos discours, c’est pourquoi les marocains vous respectent et vous estiment. Club de Mediapart, Lettre aux vingt ans de Majesté | Le Club de Mediapart

Traductions du mot « véridicité »

Langue Traduction
Anglais truthfulness
Espagnol veracidad
Italien veracità
Allemand wahrhaftigkeit
Chinois 真实性
Arabe الصدق
Portugais veracidade
Russe правдивость
Japonais 誠実さ
Basque egiazkoak
Corse verità
Source : Google Translate API

Antonymes de « véridicité »

Véridicité

Retour au sommaire ➦

Partager