La langue française

Transpiration

Sommaire

  • Définitions du mot transpiration
  • Étymologie de « transpiration »
  • Phonétique de « transpiration »
  • Citations contenant le mot « transpiration »
  • Images d'illustration du mot « transpiration »
  • Traductions du mot « transpiration »
  • Synonymes de « transpiration »

Définitions du mot « transpiration »

Trésor de la Langue Française informatisé

TRANSPIRATION, subst. fém.

A. −
1. Excrétion de la sueur produite par les glandes sudoripares, qui est éliminée par les pores à la surface de la peau où elle se vaporise ou se condense en gouttelettes. Synon. exsudation (vx), sudation.Transpiration abondante, continuelle, cutanée, excessive; odeur, relent de transpiration; exciter, favoriser, réduire la transpiration; flux de transpiration. J'avais lu récemment dans un livre d'un grand savant que la transpiration était nuisible aux reins en faisant passer par la peau ce dont l'issue est ailleurs (Proust, Sodome, 1922, p. 642).
(Être) en transpiration. (Être) couvert de sueur. Si on va doucement, on risque une insolation. Mais si on va trop vite, on est en transpiration et dans l'église on attrape un chaud et froid (Camus, Étranger, 1942, p. 1135).
2. Sueur ainsi éliminée. Le prévenu est un gros homme (...) dont l'émotion se traduit par un croissant de transpiration sous les aisselles, sur la blouse (Goncourt, Journal, 1860, p. 764).
B. − BOT. Transpiration végétale. Émission dans l'atmosphère, sous forme de vapeur d'eau, de l'excès d'eau amené par la sève brute. Lorsque les feuilles sont bien développées elles transpirent plus ou moins (...) et produisent par cette transpiration des variations dans l'absorption (...) de la sève (Baudrillart, Nouv. manuel forest., t. 1, 1808, p. 43).
Prononc. et Orth.: [tʀ ɑ ̃spiʀasjɔ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) 1503 « évaporation » la resolution et transpiration dudict sang conculqué (Guidon en fr., 180d, éd. 1534 [Vaganay, Franç. mod.] ds Hug.); b) 1690 « sortie de la sueur par les pores de la peau » (Fur.); c) 1805 « sueur » (Cuvier, Anat. comp., t. 5, p. 216: on a trouvé de l'urée dans le résidu de la transpiration du « cheval »); 2. 1735 bot. (Buffon, Préf. à sa trad. de Hales, La Statique des végétaux, Paris, rééd. Paris, Imprim. de Monsieur, 1779, p. XII). Dér. de transpirer*; suff. -(a)tion*. Fréq. abs. littér.: 126.

Wiktionnaire

Nom commun

transpiration \tʁɑ̃s.pi.ʁa.sjɔ̃\ féminin

  1. Sueur ; exhalation humide à la surface de la peau.
    • Quant à l'ambiance, elle est faite de visions terrifiantes, de hurlements de douleur, de dégueulis rosâtres, de vomissements d'injures, de transpirations gluantes, de gémissements épouvantables, de pourrissements vivants, de râles atroces, de décompositions lentes et de morts qui n'en finissent plus... — (Gabriel Domenech, Éloge de l'ivresse, éd. Albin Michel, 1981, p. 24)
    • La promesse valait pour l'ensemble des chasseurs, dont la transpiration mêlée aux émanations alcoolisées d’après-rasage emboucanait l'atmosphère d'un suint pimenté. — (Michel Embareck, La mort fait mal, Gallimard, 2000 & Archipoche, 2013, chap.24)
    • Il s'ensuit diverses sensations physiques (p. ex., rougissements, tremblements, transpiration) et une contre-performance des fonctions cognitives (p. ex., problèmes de concentration, trous de mémoire). — (Stéphane Bouchard & Bernard Rivière, Les troubles anxieux, chap. 3 de Psychologie clinique de la personne âgée, sous la direction de Philippe Cappeliez, Philippe Landreville & Jean Vézina, Ottawa : Presses de l'Université d'Ottawa & Paris : Masson, 2000, page 57)
  2. (Botanique) Exhalation à la surface des végétaux.
    • Le plus étonnant est sans doute l’aisance avec laquelle saint Albert accepte les idées des anciens à propos de la transmutation des plantes. C’est ainsi qu’il considère le gui comme résultant de la transpiration de la sève de l’arbre qui le porte, […]. — (Jean Semal, Pathologie des végétaux et géopolitique, 1982)
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Littré (1872-1877)

TRANSPIRATION (tran-spi-ra-sion ; en vers, de cinq syllabes) s. f.
  • 1Exhalation continuelle, plus ou moins abondante, qui a lieu à la surface de la peau. Tantôt il donnait des remèdes qui faisaient suer ; et il montrait, par le succès des sueurs, combien la transpiration diminuée ou facilitée déconcerte ou rétablit toute la machine du corps, Fénelon, Tél. XVII. Sanctorius, dont les longues et curieuses expériences sur la transpiration ont rendu le nom immortel, apprit au monde savant que ce qui s'échappe de notre corps par cette sorte d'évacuation, dans l'espace de vingt-quatre heures et dans l'âge moyen, est aux autres évacuations en raison de cinq à trois, Bonnet, Contempl. nat. Œuv. t. VIII, p. 21. La transpiration est à son minimum au moment du repas et immédiatement après ; elle atteint son maximum pendant la digestion, Fourcroy, Conn. chim. t. IX, p. 201.

    Transpiration pulmonaire, celle qui se fait par la membrane muqueuse des voies pulmonaires. C'est en France seulement que l'on a considéré séparément la transpiration cutanée et la transpiration pulmonaire ; cette recherche est due à Lavoisier et à M. Seguin, Thenard, Traité de chim. t. III, p. 637, dans POUGENS.

    Transpiration insensible, nom inexact donné à la portion de sueur qui s'évapore à mesure qu'elle est versée à la surface de l'épiderme, sans pouvoir être recueillie. Il s'attacha beaucoup à étudier la transpiration insensible du corps humain, Fontenelle, Dodart.

    Fig. Cette querelle [de Bussy et de Roussillon] se doit passer en riant, ou par insensible transpiration, Sévigné, à Bussy, 19 août 1681.

  • 2Le produit lui-même de la transpiration. Une transpiration de mauvaise odeur. Éviter avec soin les transpirations arrêtées, Genlis, Maison rust. t. II, p. 243, dans POUGENS.
  • 3 Terme de botanique. Exhalaison humide à la surface des végétaux. La transpiration des plantes en octobre est à celle qui se fait en août, comme 2 1/2 à 9, Bonnet, Contempl. nat. VI, 3. Hales a reconnu qu'un soleil de près d'un mètre de hauteur perdait près d'un kilogramme de transpiration en douze heures, et transpirait dix-sept fois plus qu'un homme, Fourcroy, Conn. chim. t. VIII, p. 299.
  • 4 Fig. Indice. Tant de machines [contre Chamillart] ne pouvaient être en si grand mouvement sans quelque sorte de transpiration, Saint-Simon, 234, 121.

HISTORIQUE

XVIe s. La cholere [bile] qui excede, en partie s'exhale par insensible transpiration et sueurs, Paré, Introd. 6.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

TRANSPIRATION. Ajoutez :
5Exhalaison contagieuse (emploi vieilli). Comme si j'étais quelque archétype de poltronnerie, il croit que, par une transpiration imperceptible, je la vous aie communiquée, Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

TRANSPIRATION, s. f. en Médecine, action par laquelle les humeurs superflues du corps sont poussées dehors par les pores de la peau. Voyez Évacuation, Pore & Peau.

Il y a dans la peau une infinité de ces pores de la transpiration, dont les plus considérables sont les orifices des conduits qui viennent des glandes miliaires. Voyez Glande & Miliaire.

Quand la transpiration est assez abondante pour être apperçue par les sens, comme dans la sueur, on l’appelle la sensible transpiration ; quand elle échappe aux sens, comme dans l’état ordinaire du corps, elle prend le nom d’insensible transpiration. Voyez Sueur.

Lorsqu’on se sert simplement, & sans aucune addition ou adjectif, du mot transpiration, il s’entend toujours de l’insensible transpiration.

Transpiration s’emploie aussi par quelques auteurs pour signifier l’entrée de l’air, des vapeurs, &c. dans le corps par les pores de la peau. Voyez Air.

Cardan explique par le moyen de cette transpiration le phénomene prodigieux d’une femme, dont les urines de chaque jour pèsoient 27 livres ; quoique tous les alimens qu’elle prenoit, tant secs que liquides, n’allassent pas au-delà de quatre livres. Le docteur Baynard croit qu’il y a dans les hydropiques quelque transpiration semblable. Voyez Hydropisie.

Les anciens, Hippocrate, Galien, &c. connoissoient cette espece d’évacuation ; mais Sanctorius fut le premier qui la réduisit à quelques regles déterminées. On lui est redevable de l’invention & de la perfection de la doctrine de l’insensible transpiration.

Les vaisseaux par lesquels se fait la transpiration, s’ouvrent obliquement sous les écailles de l’épiderme ou de la surpeau, ils sont d’une petitesse inconcevable. Suivant un calcul de Leewenhoeck, il paroît que l’on peut couvrir avec un grain commun de sable, cent vingt-cinq mille embouchures ou orifices extérieurs de ces vaisseaux. Voyez Cuticule ou Épiderme, Glande miliaire, &c.

De chaque point du corps, & par toute l’étendue de la cuticule, il transude continuellement une humeur subtile qui sort de ces vaisseaux.

Des expériences bien confirmées ont appris que la quantité de matiere poussée au-dehors par cette voie, étoit plus considérable que celle qui se rendoit par toutes les autres. Voyez Selle, Urine, &c.

En supposant une diete modérée, un âge moyen, & une vie commode, Sanctorius a trouvé en Italie que la matiere de l’insensible transpiration étoit les de celle que l’on prenoit pour aliment ; de-sorte qu’il n’en restoit que les pour la nutrition, & les excrémens du nez, des oreilles, des intestins, de la vessie. Voyez Excrément.

Le même auteur démontre, que l’on perd en un jour par l’insensible transpiration autant qu’en quatorze jours par les selles ; & en particulier, que pendant la durée de la nuit, on perd ordinairement seize onces par les urines, quatre par les selles, & plus de quarante par l’insensible transpiration.

Il observe aussi qu’un homme qui prend dans un jour huit livres d’alimens, en mangeant & en buvant, en consume cinq par l’insensible transpiration : quant au tems, il ajoute que cinq heures après avoir mangé, cet homme a transpiré environ une livre ; depuis la cinquieme heure jusqu’à la douzieme, environ trois livres ; & depuis la douzieme jusqu’à la seizieme, presque la moitié d’une livre.

La transpiration insensible surpasse donc de beaucoup toutes les évacuations sensibles prises ensemble. Et il suit des expériences de Sanctorius, qu’on perd davantage en un jour par la transpiration, qu’en quinze jours par tous les autres émonctoires. Voyez Emonctoire.

Borelli dit que les avantages de l’insensible transpiration sont si considérables, que sans elle les animaux ne pourroient pas conserver leur vie.

La transpiration est absolument nécessaire dans l’économie animale, pour purifier la masse du sang, & le débarrasser de quantité de particules inutiles & hétérogenes, qui pourroient le corrompre. De-là vient que quand la transpiration ordinaire est arrêtée, il survient tant de maladies, particulierement de fievres, de gratelles, &c.

La transpiration est nécessaire à l’organe du toucher, parce qu’elle empêche les mamelons de la peau d’être desséchés, soit par l’air, soit par l’attouchement continuel des corps extérieurs.

Le froid empêche la transpiration en resserrant les pores de la peau, & épaississant les liqueurs qui circulent dans les glandes cutanées. La chaleur au-contraire augmente la transpiration, en ouvrant les conduits excrétoires des glandes, & en augmentant la fluidité & la vélocité des humeurs. Voyez Froid, &c.

Les grands symptômes d’un état parfait de santé & les principaux moyens de la conserver, sont d’entretenir beaucoup de subtilité, d’uniformité & d’abondance dans la matiere de l’insensible transpiration, & aussi, quand elle augmente après le sommeil, &c. au-contraire, le défaut de ces qualités est le premier symptôme assuré, & peut-être la cause des maladies. Voyez Santé & Maladie.

La transpiration se fait, s’entretient, s’accroît par les visceres, les vaisseaux, les fibres ; par le mouvement ou un exercice qui aille jusqu’aux premieres apparences de la sueur, par un usage modéré des plaisirs, en dormant sept ou huit heures, se couvrant bien le corps, & néanmoins ne le chargeant pas de couverture : la gaieté, une nourriture légere fermentée & néanmoins solide, & qui n’est pas grasse, un air pur, froid, pesant, &c. contribuent beaucoup a la transpiration. Le contraire de toutes ces choses, de même que l’augmentation des autres excrétions, la diminuent, l’empêchent, l’alterent.

On voit donc la cause, les effets, &c de cette matiere de la transpiration, de son usage pour conserver la souplesse & la flexibilité des parties, en leur rendant ce qu’elles ont perdu ; mais principalement en conservant l’humidité des mamelons nerveux, en les entretenant frais, vigoureux, propres à être affectés par les objets, & à transmettre à l’ame leurs impressions. Voyez Nerf, Sensation, &c.

Une trop grande transpiration occasionne des foiblesses, des défaillances, des morts subites ; une trop petite, ou même une suppression totale de cette action fait que les vaisseaux capillaires se dessechent, se flétrissent & périssent : il arrive aussi que les plus grands émonctoires en sont obstrus, ce qui trouble la circulation, & rend les humeurs caustiques : de-là viennent la putridité, la crudité, les fievres, les inflammations, les aposthemes ou les abscès. Voyez Maladie.

Pour déterminer l’état & les qualités de la transpiration nécessaires à juger de la disposition du corps, Sanctorius inventa une chaise à peser, avec laquelle il examinoit la quantité, les degrés de transpiration, dans différentes circonstances du corps, sous différentes températures de l’air, dans différens intervalles qu’il mettoit à boire, à manger, à dormir, &c. Voyez Chaise de Sanctorius.

Quelques-uns des phénomenes les plus extraordinaires, qu’il a observés par ce moyen, sont que quelques tems après avoir mangé, la transpiration est moindre qu’en tout autre tems : que la transpiration est la plus grande entre la cinquieme & la douzieme heure après les repas ; que l’exercice soit en allant à cheval, en carrosse, en bateau, &c. soit en jouant à la paume, en patinant, & surtout les frictions vives sur la peau, sont des moyens merveilleux pour provoquer la transpiration ; que lorsqu’on sue elle est moindre qu’en tout autre tems ; & que les femmes transpirent toujours beaucoup moins que les hommes.

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Étymologie de « transpiration »

De transpirer, avec le suffixe -ation.
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 Dérivé de transpire avec le suffixe -ation.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « transpiration »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
transpiration trɑ̃spirasjɔ̃

Citations contenant le mot « transpiration »

  • Pour être heureux, le mariage exige un continuel échange de transpirations. De Napoléon Bonaparte
  • Le génie est fait de un pour cent d'inspiration et de quatre-vingt-dix-neuf pour cent de transpiration. Thomas Alva Edison, Interview in Life, 1932
  • L’inspiration ne rime pas forcément avec la transpiration. De Bertrand Lavier / Les Inrocks - 12 Juin 2002
  • Le génie est fait d'un pour cent d'inspiration et de quatre-vingt-dix-neuf pour cent de transpiration. De Thomas Edison / Life
  • Pourquoi transpire-t-on ? Comment la transpiration se fabrique-t-elle ? Désagréable, voire handicapante pour certains, la transpiration est pourtant nécessaire au bon fonctionnement de notre corps. Dans l’émission Sans rendez-vous, sur Europe 1, le docteur Damien Mascret nous aide à comprendre les mécanismes de ce phénomène corporel. Europe 1, Transpiration : cinq questions pour comprendre ce phénomène essentiel pour notre corps
  • Si vous ne le saviez pas encore, votre alimentation jouerait un impact majeur sur votre corps, notamment sur la transpiration. Par conséquent, certains aliments peuvent provoquer une odeur à la transpiration, mais cela dépend d'une personne à l'autre. amomama.fr, Transpiration : cinq choses à ne pas faire pour lutter contre elle
  • La sueur est sécrétée par les pores de la peau ainsi que les glandes sudorales et eccrines présentes sous l’épiderme. La transpiration est produite par l’organisme afin de maintenir une température corporelle de 37 degrés. Autre action de la sudation : elle permet d’évacuer les déchets métaboliques. Femme Actuelle, Hyperhidrose : les différents traitements contre la transpiration excessive : Femme Actuelle Le MAG
  • Cheveux : 3 gestes pour lutter contre la transpiration Public.fr, Cheveux : 3 gestes pour lutter contre la transpiration
  • Parfois vous allez transpirer peu importe ce que vous faites, même si vous passez la journée le cul sur une chaise. Donc la meilleure chose à faire, c’est de porter des sous-vêtements faits de matières synthétiques qui éloignent la transpiration de la peau et la rejettent à l’extérieur du vêtement où elle va mieux pouvoir s’évaporer plutôt que de provoquer la moiteur. GQ France, Comment ne plus jamais transpirer de l’entrejambe | GQ France

Images d'illustration du mot « transpiration »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « transpiration »

Langue Traduction
Anglais sweat
Espagnol sudor
Italien sudore
Allemand schweiß
Chinois
Arabe عرق
Portugais suor
Russe пот
Japonais
Basque izerdi
Corse sudore
Source : Google Translate API

Synonymes de « transpiration »

Source : synonymes de transpiration sur lebonsynonyme.fr
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