Torchon : définition de torchon


Torchon : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

TORCHON, subst. masc.

A. − Vieilli. Bouchon de paille. Ces vieux chapeaux sur un torchon de paille qu'on plante dans les blés pour effrayer les moineaux (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 2, 1870, p. 236).J'ai rencontré au seuil de la grange celui qui tordait de longs torchons de paille, et, les fixant avec de l'écorce de coudrier, les lovait en grands plats pour la pâtée des poules (Giono, Solit. pitié, 1932, p. 201).
Spécialement
MINES ET CARR. ,,Poignée de paille tortillée ou nattée, qu'on met sous une pierre de taille pour l'empêcher de s'écorner, pour garantir ses arêtes pendant qu'on la travaille, qu'on la transporte ou qu'on la retourne`` (Jossier 1881).
PÊCHE. Flotteur constitué de brins de joncs réunis en faisceau et monté sur une ligne, utilisé pour pêcher au vif. (Dict. xxes.).
B. −
1. Rectangle de toile grossière qui sert à certains travaux ménagers, notamment à essuyer la vaisselle ou à frotter les meubles. Torchon humide, mouillé, sale; torchon de cuisine, de vaisselle; torchon à mains, à poussière; faire, ourler, raccommoder un torchon. J'ai vu, j'ai couvert de clins d'yeux Une fille qui dans la Marne Lavait des torchons radieux (Hugo, Chans. rues et bois, 1865, p. 107).C'est l'heure où, dans un brouhaha recrudescent de chaises repoussées, de torchons claquants, de croûtons écrasés, va s'accomplir le dernier rite de la singulière cérémonie (Ponge, Parti pris, 1942, p. 53).
P. métaph. J'ai un appétit à désillusionner un jeune homme de dix-huit ans... Passons le torchon de l'oubli! (Goncourt, Journal, 1862, p. 1052).
ART CULIN. Au torchon. Égoutté, cuit dans un torchon. Jambon au torchon. À la carte, j'ai noté le foie gras maison au torchon (Le Monde loisirs, 1ermars 1986, p. 19, col. 1).
PAPET. Papier torchon. Papier utilisé pour la gouache et l'aquarelle, et fabriqué avec certains chiffons. Ce flacon [de Chine] d'une qualité exceptionnelle, aux roses les plus doucement roses, a le charme d'une franche et riante aquarelle sur une feuille de papier torchon (E. de Goncourt, Mais. artiste, t. 2, 1881, p. 231).
Région. (Belgique). ,,Serpillière`` (Dopp. Région. 1978). (Lorraine). Torchon de plancher. ,,Serpillière``. (Ds H. Walter, Le Fr. dans tous les sens, Paris, R. Laffont, 1988, p. 169).
2. Loc. verb.
Au fig., fam.
Ne pas mélanger les torchons et les serviettes. Traiter différemment les gens en fonction de leur valeur ou de leur niveau social. Je n'aime pas qu'on mélange les torchons et les serviettes car je me vante d'être de la race suspecte des torchons, et non de la brillante famille des serviettes, dressées en forme de mitres ou de bonnets d'âne (Cocteau, Poés. crit. I, 1959, p. 11).
Le torchon brûle. V. brûler II A 3.
Pop. Mettre la viande en torchon/dans le torchon. Se mettre au lit. Déjà dix heures, les amis, dit Bertrand (...). Il est temps de mettre la viande en torchon (Barbusse, Feu, 1916, p. 201).
3. Coup de torchon
a) Nettoyage sommaire d'un meuble ou d'une pièce. Donner un coup de torchon. La chambre étincelait de propreté, le plancher arrosé de frais (...), la lourde table encore humide du coup de torchon de l'homme de service (Courteline, Train 8 h. 47, Début, 1885, p. 176).Les chambres aussi sont bien négligées, mais avec un coup de torchon et un peu de goût, on pourrait en tirer quelque chose de coquet (Dabit, Hôtel Nord, 1929, p. 16).
Au fig. Épuration radicale d'éléments indésirables; élimination qui laisse place nette. La guerre allait donner le « coup de torchon » indispensable, et (...) l'ensemble de l'économie, et de la société, en sortirait ragaillardi (Romains, Hommes bonne vol., 1938, p. 161).Je discerne même à gauche, chez certains, comme une nostalgie du coup de torchon. C'est à croire que la guerre d'Espagne n'a pas eu lieu, que l'histoire de France ne leur a rien appris (Mauriac, Nouv. Bloc-Notes, 1960, p. 291).
b) Arg. Rafle. Synon. coup de serviette*.Jamais nous n'aurions pu supposer qu'un coup de torchon au coin de la rue Racine (...) occuperait ainsi l'opinion mondiale (L. Daudet, Dev. douleur, 1931, p. 255).
4. Arg. milit. Coup de sabre ou d'épée. C'était bonne épée de guerre, et bonne à donner de bonnes buffes et bons torchons (...) La buffe était un soufflet, un coup de plat, le torchon un coup de tranchant (A. France, J. d'Arc, t. 2, 1908, p. 280).
Loc. verb. Se donner, se rafraîchir d'un coup de torchon. Se battre au sabre. (Dict. xixes.; ds Rob. 1985).
C. − Fam.
1. Écrit sans valeur; article de journal, journal méprisable, sans valeur. Celui-ci (...) fit la gaffe de me présenter ce Lazare, qui venait de me consacrer un éreintement soigné, mais insignifiant, dans je ne sais quel petit torchon (L. Daudet, Temps Judas, 1920, p. 102).Il tendait la feuille à Marie-Jeanne. − « Cet immonde torchon payé par les fonds secrets (...) » (Bourget, Actes suivent, 1926, p. 54).
2. Vieux
a) Femme sale et mal soignée. Synon. souillon.De l'ancien petit torchon, s'était dégagée une fille très brune, l'air fin et joli, qui avait la gorge dure, des membres élastiques et forts des fausses maigres (Zola, Terre, 1887, p. 95).
b) Femme de mauvaise vie. Écoute, lui dit-elle, si je te revois avec ce petit torchon de Cadine... Ne dis pas non. (...) Je ne comprends pas comment un bel homme comme toi puisse se plaire avec cette traînée, cette sauterelle (Zola, Ventre Paris, 1873, p. 666).
3. Région. Café, restaurant typique. Des bandes de fêtards commencent à se répandre en ces lieux (les Halles) pour y finir la nuit dans quelque petit torchon renommé (A. Breton, L'Amour fou, IV, 1949 [1937], p. 68 ds Rob. 1985).
Prononc. et Orth.: [tɔ ʀ ʃ ɔ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1174-78 « coup (qu'on donne) » (Etienne de Fougères, Manières, éd. R. A. Lodge, 1103); 1836 coup de torchon « lutte à coups de poings » (Henry, Chanson ds Larch. 1865, p. 312); 2. a) fin xiies. « bouchon de paille, de foin servant en particulier à s'essuyer le derrière » (Audigier, éd. O. Jodogne, 53); xiiies. « bouchon de paille, de foin » (Vie des Pères, Ars. 3641, fo4c ds Gdf., s.v. tourçon); b) 1680 « petite natte de paille que l'on place sous les pierres taillées, pour protéger les arêtes » (Rich.); 3. a) ca 1330 « morceau de grosse toile servant à différents usages » (Girart de Roussillon, éd. E. B. Ham, 2401); ca 1393 « id. » (Ménagier, éd. G. E. Brereton et J. M. Ferrier, II, 195); b) ca 1700 fait comme un torchon « vêtu malproprement » (Fénelon, t. XIX, p. 5 ds Littré); 1718 torchon « femme très malpropre » (Ac.); 1873 « prostituée de bas étage » (Zola, Ventre Paris, p. 666); 4. 1798 le torchon brûle, le torchon brûle entre eux « il y a entre eux un sujet de discorde » (Ac.). Dér. de torcher*; suff. -on*; cf. aussi pour le sens 1, le m. fr. recevoir la torche « être battu » (ca 1450, Arnoul Greban, Mystère de la Passion, éd. O. Jodogne, 3769); 4 dér., à l'aide du suff. -on*, de torche* « flambeau ». Fréq. abs. littér.: 279. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 39, b) 508; xxes.: a) 834, b) 378. Bbg. Hotier Cirque 1973 [1972] p. 143. − Quem. DDL t. 16, 38.

Torchon : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

TORCHON, subst. masc.

A. − Vieilli. Bouchon de paille. Ces vieux chapeaux sur un torchon de paille qu'on plante dans les blés pour effrayer les moineaux (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 2, 1870, p. 236).J'ai rencontré au seuil de la grange celui qui tordait de longs torchons de paille, et, les fixant avec de l'écorce de coudrier, les lovait en grands plats pour la pâtée des poules (Giono, Solit. pitié, 1932, p. 201).
Spécialement
MINES ET CARR. ,,Poignée de paille tortillée ou nattée, qu'on met sous une pierre de taille pour l'empêcher de s'écorner, pour garantir ses arêtes pendant qu'on la travaille, qu'on la transporte ou qu'on la retourne`` (Jossier 1881).
PÊCHE. Flotteur constitué de brins de joncs réunis en faisceau et monté sur une ligne, utilisé pour pêcher au vif. (Dict. xxes.).
B. −
1. Rectangle de toile grossière qui sert à certains travaux ménagers, notamment à essuyer la vaisselle ou à frotter les meubles. Torchon humide, mouillé, sale; torchon de cuisine, de vaisselle; torchon à mains, à poussière; faire, ourler, raccommoder un torchon. J'ai vu, j'ai couvert de clins d'yeux Une fille qui dans la Marne Lavait des torchons radieux (Hugo, Chans. rues et bois, 1865, p. 107).C'est l'heure où, dans un brouhaha recrudescent de chaises repoussées, de torchons claquants, de croûtons écrasés, va s'accomplir le dernier rite de la singulière cérémonie (Ponge, Parti pris, 1942, p. 53).
P. métaph. J'ai un appétit à désillusionner un jeune homme de dix-huit ans... Passons le torchon de l'oubli! (Goncourt, Journal, 1862, p. 1052).
ART CULIN. Au torchon. Égoutté, cuit dans un torchon. Jambon au torchon. À la carte, j'ai noté le foie gras maison au torchon (Le Monde loisirs, 1ermars 1986, p. 19, col. 1).
PAPET. Papier torchon. Papier utilisé pour la gouache et l'aquarelle, et fabriqué avec certains chiffons. Ce flacon [de Chine] d'une qualité exceptionnelle, aux roses les plus doucement roses, a le charme d'une franche et riante aquarelle sur une feuille de papier torchon (E. de Goncourt, Mais. artiste, t. 2, 1881, p. 231).
Région. (Belgique). ,,Serpillière`` (Dopp. Région. 1978). (Lorraine). Torchon de plancher. ,,Serpillière``. (Ds H. Walter, Le Fr. dans tous les sens, Paris, R. Laffont, 1988, p. 169).
2. Loc. verb.
Au fig., fam.
Ne pas mélanger les torchons et les serviettes. Traiter différemment les gens en fonction de leur valeur ou de leur niveau social. Je n'aime pas qu'on mélange les torchons et les serviettes car je me vante d'être de la race suspecte des torchons, et non de la brillante famille des serviettes, dressées en forme de mitres ou de bonnets d'âne (Cocteau, Poés. crit. I, 1959, p. 11).
Le torchon brûle. V. brûler II A 3.
Pop. Mettre la viande en torchon/dans le torchon. Se mettre au lit. Déjà dix heures, les amis, dit Bertrand (...). Il est temps de mettre la viande en torchon (Barbusse, Feu, 1916, p. 201).
3. Coup de torchon
a) Nettoyage sommaire d'un meuble ou d'une pièce. Donner un coup de torchon. La chambre étincelait de propreté, le plancher arrosé de frais (...), la lourde table encore humide du coup de torchon de l'homme de service (Courteline, Train 8 h. 47, Début, 1885, p. 176).Les chambres aussi sont bien négligées, mais avec un coup de torchon et un peu de goût, on pourrait en tirer quelque chose de coquet (Dabit, Hôtel Nord, 1929, p. 16).
Au fig. Épuration radicale d'éléments indésirables; élimination qui laisse place nette. La guerre allait donner le « coup de torchon » indispensable, et (...) l'ensemble de l'économie, et de la société, en sortirait ragaillardi (Romains, Hommes bonne vol., 1938, p. 161).Je discerne même à gauche, chez certains, comme une nostalgie du coup de torchon. C'est à croire que la guerre d'Espagne n'a pas eu lieu, que l'histoire de France ne leur a rien appris (Mauriac, Nouv. Bloc-Notes, 1960, p. 291).
b) Arg. Rafle. Synon. coup de serviette*.Jamais nous n'aurions pu supposer qu'un coup de torchon au coin de la rue Racine (...) occuperait ainsi l'opinion mondiale (L. Daudet, Dev. douleur, 1931, p. 255).
4. Arg. milit. Coup de sabre ou d'épée. C'était bonne épée de guerre, et bonne à donner de bonnes buffes et bons torchons (...) La buffe était un soufflet, un coup de plat, le torchon un coup de tranchant (A. France, J. d'Arc, t. 2, 1908, p. 280).
Loc. verb. Se donner, se rafraîchir d'un coup de torchon. Se battre au sabre. (Dict. xixes.; ds Rob. 1985).
C. − Fam.
1. Écrit sans valeur; article de journal, journal méprisable, sans valeur. Celui-ci (...) fit la gaffe de me présenter ce Lazare, qui venait de me consacrer un éreintement soigné, mais insignifiant, dans je ne sais quel petit torchon (L. Daudet, Temps Judas, 1920, p. 102).Il tendait la feuille à Marie-Jeanne. − « Cet immonde torchon payé par les fonds secrets (...) » (Bourget, Actes suivent, 1926, p. 54).
2. Vieux
a) Femme sale et mal soignée. Synon. souillon.De l'ancien petit torchon, s'était dégagée une fille très brune, l'air fin et joli, qui avait la gorge dure, des membres élastiques et forts des fausses maigres (Zola, Terre, 1887, p. 95).
b) Femme de mauvaise vie. Écoute, lui dit-elle, si je te revois avec ce petit torchon de Cadine... Ne dis pas non. (...) Je ne comprends pas comment un bel homme comme toi puisse se plaire avec cette traînée, cette sauterelle (Zola, Ventre Paris, 1873, p. 666).
3. Région. Café, restaurant typique. Des bandes de fêtards commencent à se répandre en ces lieux (les Halles) pour y finir la nuit dans quelque petit torchon renommé (A. Breton, L'Amour fou, IV, 1949 [1937], p. 68 ds Rob. 1985).
Prononc. et Orth.: [tɔ ʀ ʃ ɔ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1174-78 « coup (qu'on donne) » (Etienne de Fougères, Manières, éd. R. A. Lodge, 1103); 1836 coup de torchon « lutte à coups de poings » (Henry, Chanson ds Larch. 1865, p. 312); 2. a) fin xiies. « bouchon de paille, de foin servant en particulier à s'essuyer le derrière » (Audigier, éd. O. Jodogne, 53); xiiies. « bouchon de paille, de foin » (Vie des Pères, Ars. 3641, fo4c ds Gdf., s.v. tourçon); b) 1680 « petite natte de paille que l'on place sous les pierres taillées, pour protéger les arêtes » (Rich.); 3. a) ca 1330 « morceau de grosse toile servant à différents usages » (Girart de Roussillon, éd. E. B. Ham, 2401); ca 1393 « id. » (Ménagier, éd. G. E. Brereton et J. M. Ferrier, II, 195); b) ca 1700 fait comme un torchon « vêtu malproprement » (Fénelon, t. XIX, p. 5 ds Littré); 1718 torchon « femme très malpropre » (Ac.); 1873 « prostituée de bas étage » (Zola, Ventre Paris, p. 666); 4. 1798 le torchon brûle, le torchon brûle entre eux « il y a entre eux un sujet de discorde » (Ac.). Dér. de torcher*; suff. -on*; cf. aussi pour le sens 1, le m. fr. recevoir la torche « être battu » (ca 1450, Arnoul Greban, Mystère de la Passion, éd. O. Jodogne, 3769); 4 dér., à l'aide du suff. -on*, de torche* « flambeau ». Fréq. abs. littér.: 279. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 39, b) 508; xxes.: a) 834, b) 378. Bbg. Hotier Cirque 1973 [1972] p. 143. − Quem. DDL t. 16, 38.

Torchon : définition du Wiktionnaire

Adjectif

torchon \tɔʁ.ʃɔ̃\ masculin

  1. Qui néglige l’entretien et la propreté.
    • Ni même le modèle au-dessous, moins distingué, plus torchon, les frotteuses d’évier à se mirer dedans, les accommodatrices de restes, et celles qui sont à la sortie de l’école un quart d’heure avant la sonnerie, tous devoirs ménagers accomplis ; les bien organisées jusqu’à la mort. — (Annie Ernaux, La femme gelée, 1981, réédition Quarto Gallimard, page 325)

Nom commun

torchon \tɔʁ.ʃɔ̃\ masculin

  1. (France) Sorte de serviette de grosse toile, dont on se sert pour essuyer la vaisselle, la batterie de cuisine, les meubles, etc.
    • Le cabaretier, très digne, essuya le marbre d'un coup de torchon. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 142)
    • L'aubergiste, en leur donnant des coups de torchon, fit partir le vieillard et l'enfant. — (Eric-Emmanuel Schmitt, L'Évangile selon Pilate, Albin Michel, 2000. Prologue)
  2. (Belgique) (Canada) Serpillière.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  3. (Familier)
    1. Journal, magazine que l'on méprise.
      • Celui-ci (…) fit la gaffe de me présenter ce Lazare, qui venait de me consacrer un éreintement soigné, mais insignifiant, dans je ne sais quel petit torchon. — (L. Daudet, Temps Judas, 1920, page 102)
      • Il tendait la feuille à Marie-Jeanne. − « Cet immonde torchon payé par les fonds secrets. » — (Bourget, Actes suivent, 1926, page 54)
    2. Texte mal rédigé et mal présenté.
      • Toutes ces réflexions accompagnant mon recopiage appliqué du DM de maths, je loupe une ligne. Excédée, je blancote à tout-va et fais de ma copie un torchon. — (Margaux Guyon, Latex, etc., Éditions Plon, 2011, chap. 10)
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Torchon : définition du Littré (1872-1877)

TORCHON (tor-chon) s. m.
  • 1Serviette de grosse toile dont on se sert pour essuyer la vaisselle, les meubles, etc. Un paquet de torchons. La véritable reine reprenait un bon teint frais et vermeil ; mais elle était crasseuse, court-vêtue, et faite comme un petit torchon qu'on aurait traîné dans la cendre, Fénelon, t. XIX, p. 5.

    Fig. et populairement. Le torchon brûle à la maison, il y a une querelle de ménage.

    Populairement, entre soldats, se donner un coup de torchon, se rafraîchir d'un coup de torchon, se battre au sabre, à l'épée.

    Populairement. Se mettre dans ses torchons, se coucher.

  • 2Morceau de vieux linge pour essuyer les planches de l'imprimeur en taille-douce.
  • 3 Terme de construction. Poignée de paille tortillée, ou petite natte de paille très épaisse, servant à garantir les arêtes des pierres, quand on les remue.
  • 4 Adj. Papier torchon, sorte de papier pour l'aquarelle et la gouache.

HISTORIQUE

XIIe s. Cil escuier le prenent à gaber, De grans torchons li pristrent à ruer, Et l'un sor l'autre et enpaindre et boter, Bat. d'Alesch. v. 3401. En la sale fu mult traïtres apelé ; De tutes parz i fu hautement escrié ; Nis [même] torgeluns d'estraim unt après lui geté, Th. le mart. 46.

XIIIe s. Et li boef, qu'il soient d'un torsoun chescun jour bien frotez, et par tant amenderont, Bibl. des ch. 4e série, t. II, p. 368.

XVe s. Mon gallant [l'enfant prodigue] fut mis en cueilleur de pommes, habillé comme un brusleur de maisons, nud comme un ver ; vix ei remansit camisia nette comme un torchon de cuisine, nouée sur l'épaule pour couvrir sa pauvre peau, Michel Menot, Sabbato secundae domin. Quadrages. Sire chevalier sauvage, estes vous party des forests pour donner telz torchons [coups] ? Sire, dit le chevalier, pour donner telz coups et autres suis je party des forests, Perceforest, t. III, f° 6.

XVIe s. De là avint chose qui ne s'est gueres veue ailleurs, c'est que, comme les assiegez jettoient des torchons d'artifices pour tirer aux pionniers, on jettoit au loin ces feux à coups de canon, D'Aubigné, Hist. II, 369. Torchon de paille, Cotgrave

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Torchon : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

TORCHON, s. m. terme de Lingere, morceau de grosse toile, d’une aune ou une aune & demie, plus ou moins, qu’on ourle, qu’on marque, & dont on se sert dans le ménage pour torcher & essuyer la vaisselle, les meubles, les planchers, &c.

Torchon, ou Torches, terme de Maçon, ce mot se dit dans les atteliers, de vieilles nattes usées, ou de gros bouchons de paille qu’on met sur les pierres lorsqu’on les monte de la carriere, ou qu’on les transporte, pour empêcher qu’elles ne s’écornent ; ainsi on dit un bar armé de ses torchons. (D. J.)

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Étymologie de « torchon »

Étymologie de torchon - Littré

Torche, dans le sens de bouchon de paille ; wallon, toirchon.

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Étymologie de torchon - Wiktionnaire

(Date à préciser) De l’ancien français torçon → voir torche et -on.
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Phonétique du mot « torchon »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
torchon tɔrʃɔ̃ play_arrow

Citations contenant le mot « torchon »

  • Une fois la manœuvre effectuée, utilisez un autre torchon légèrement imbibé d’eau tiède pour rincer. Pour sécher le tapis, équipez-vous d’une serviette pour l’essorer, puis laissez-le à l’air libre. Attention à ne pas rouler le tapis s'il n'est pas sec, «on risque de l’abîmer ou de glisser dessus et de se blesser à la prochaine séance», signale Marcia Segal. Madame Figaro, Odeurs, microbes... Comment nettoyer efficacement son tapis de yoga ? - Madame Figaro
  • Ce sont les émissions de Ruquier qui sont des torchons. Le Point, « Hypocrisie », « vénalité »... Le torchon brûle entre Ruquier et Barma - Le Point
  • Via le site Footy Headlines, la tenue extérieur de l'Inter Milan a fuité. Un maillot déjà comparé à un torchon par les supporters. Orange Sports, Inter : Quand le nouveau maillot qui a fuité est comparé à un torchon
  • Il ne faut pas mêler les torchons et les serviettes. De Proverbe français
  • Etre torchon. Ne pas se mélanger avec les serviettes.
  • A chaque guenille correspond toujours son torchon. De Michel Michaud / L'amour atomique
  • Toute guenille trouve son torchon. De Proverbe québécois

Images d'illustration du mot « torchon »

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Traductions du mot « torchon »

Langue Traduction
Corse asciugamani
Basque tea eskuoihala
Japonais ティータオル
Russe чайное полотенце
Portugais toalha de chá
Arabe منشفة الشاي
Chinois 茶巾
Allemand geschirrhandtuch
Italien strofinaccio
Espagnol paño de cocina
Anglais tea towel
Source : Google Translate API

Synonymes de « torchon »

Source : synonymes de torchon sur lebonsynonyme.fr


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