Ruer : définition de ruer


Ruer : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

RUER, verbe

A. −
1. Empl. trans. ,,Jeter avec impétuosité`` (Ac. 1798-1878). Ruer des pierres (Ac. 1798-1878).
Fam. Ruer de grands coups. ,,Frapper de grands coups`` (Ac. 1798-1878).
Absol. ,,Jeter une pierre`` (Ac. 1798-1878). Il gage qu'il ruera plus loin que vous (Ac.1798-1878).
Proverbes, au fig. ,,Ses plus grands coups sont rués, en parlant D'un homme qui, après s'être signalé en quelque chose, après s'être porté à quelque chose avec ardeur, commence à se modérer, à se relâcher`` (Ac. 1798-1878). ,,Les plus grands coups sont rués , les plus grands efforts sont faits dans l'affaire dont il s'agit`` (Ac. 1835, 1878).
2. Empl. pronom. Se ruer (sur, contre, à, vers qqc., pour faire qqc.).
a) [Le suj. désigne un animé]
Se jeter avec impétuosité, brusquerie sur, vers quelqu'un, quelque chose; se précipiter. Ces hommes ennemis, qui s'étaient rués les uns à la gorge des autres, gisaient maintenant côte à côte (ZolaDébâcle, 1892, p. 500).Djouma (...) se rua soudain vers l'orée du sentier, et s'y tint en arrêt (Maran, Batouala, 1921, p. 150).Leurs plumes se hérissent. Ils se ruent l'un contre l'autre, le bec en avant, et frappent (Jeux et sports, 1967, p. 161).
Absol. Gervaise, brusquement, hurla. Virginie venait de l'atteindre à toute volée (...). Alors, elle se rua. On crut qu'elle voulait assommer l'autre (Zola, Assommoir, 1877, p. 400).
Se précipiter en grand nombre; aller en masse. En 1856, plus de six cents navires franchissent la Baie [de San-Francisco]; ils déversent des foules sans cesse renouvelées qui se ruent aussitôt à l'assaut de l'or (Cendrars, Or, 1925, p. 120).Le public américain se ruait pour écouter les films chantants (Sadoul, Cin., 1949, p. 220).
b) P. anal. [Le suj. désigne un élément naturel] Se précipiter avec force; survenir de manière insurmontable, imparable. Admets, dit Pécuchet, qu'un tremblement de terre ait lieu sous la Manche; les eaux se ruent dans l'Atlantique (Flaub., Bouvard, t. 1, 1880, p. 91):
Le vent s'est élevé du Rhône. Un orage doit boucher le défilé de Mondragon. Tout le jour, le fleuve du vent s'est rué dans les cuvettes de la Drôme. Monté jusqu'aux châtaigneraies, il a fait les cent coups du diable dans les grandes branches; il s'est enflé, peu à peu, jusqu'à déborder les montagnes et, sitôt le bord sauté, pomponné de pelotes de feuilles, il a dévalé sur nous. Giono, Colline, 1929, p. 28.
P. métaph. Durtal se rua (...) dans la pénitence (...) et il fut désormais un chrétien (Coppée, Bonne souffr., 1898, p. 165).Il n'est pas d'homme qui, sa décision prise et le remords d'avance accepté, ne se soit, au moins une minute, rué au mal avec une claire cupidité comme pour en tarir la malédiction (Bernanos, Soleil Satan, 1926, p. 213).
B. − Empl. intrans.
1. Vieilli. Lancer les bras, les jambes, frapper au hasard, se débattre. Rosny (...) nous raconte son histoire en ruant de tout le corps (Goncourt, Journal, 1887, p. 687).Il restait à quelques-uns la force de rire et de claquer le derrière du camarade en plongée. Le coup portait bien sur la chair suante. L'homme touché ruait au hasard, envoyant haut son pied nu (Hamp, Champagne, 1909, p. 101).
Expr., fam. ,,Ruer à tort et à travers. Frapper de tous côtés dans une foule`` (Ac. 1835, 1878).
2. [Le suj. désigne un quadrupède] Lancer vivement et avec force, énervement, mauvaise humeur, etc., les membres postérieurs en arrière et en l'air, en prenant appui sur les antérieurs et en baissant l'encolure; lancer une ruade. Des ânes trottinant et ruant sous le bâton d'âniers à tête rase (Gautier, Rom. momie, 1858, p. 267).
Ruer à la botte. [Le suj. désigne un cheval] Être très chatouilleux et ruer à l'approche ou au contact de l'éperon. (Ds Littré, Guérin 1892, Lar. Lang. fr.). Au fig. Être très susceptible; se rebiffer. (Ds Guérin 1892, Lar. Lang. fr.).
Ruer aux/dans les brancards. Ruer au moment de l'attellement. Au fig. [Le suj. désigne une pers.] Regimber, se rebeller, opposer de la résistance. Thérèse, affirmait-il ne ruait que dans les brancards. Libre, peut-être, n'y aurait-il pas plus raisonnable (Mauriac, Th. Desqueyroux, 1927, p. 275).
Ruer en vache. Porter un coup de pied à la manière d'une vache, c'est-à-dire en ramenant le membre postérieur sous la poitrine et en portant le coup de côté à hauteur de l'antérieur. (Ds Ac.).
Prononc. et Orth.: [ʀ ɥe], (il) rue [ʀy]. Martinet-Walter 1973: [ʀ ɥe], [ʀye] (13, 4). Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1120 « jeter impétueusement, projeter » (Benedeit, St Brendan, éd. I. Short et B. Merrilees, 1148); 2. ca 1170 pronom. « se précipiter, s'élancer » (Chrestien de Troyes, Erec, éd. M. Roques, 873); 3. 1326 « (d'un cheval) lancer vivement en arrière les pieds de derrière » (Vie de St Grégoire le Grand, 1312 ds Romania t. 8, p. 533). Du b. lat. *rutare « lancer », créé sur rutum supin de ruere « lancer, renverser, bousculer » et pronom. « se précipiter », comme intensif de ce verbe. Fréq. abs. littér.: 888. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 406, b) 1 419; xxes.: a) 2 296, b) 1 288.
DÉR. 1.
Ruement, subst. masc.,vieilli. a) Action de ruer. (Dict. xixeet xxes.). Synon. ruade.b) Action de se ruer. Synon. ruée.Il y eut un ruement général contre les murs, puis le flot de brutes reprit son cours vers le quai, où une bataille éclata entre les marins des deux nations (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Mais. Tellier, 1881, p. 1183).[ʀymɑ ̃]. 1resattest. a) 1306 « action de lancer » (Guillaume Guiart, Royaux lignages, I, 6773 ds T.-L.), b) 1877 « action de ruer » (A. Daudet, Journal des Débats, 2 août, 1repage ds Littré Suppl.); de ruer, suff. -ment1*.
2.
Rueur, -euse, adj.[En parlant d'un quadrupède] Qui rue; qui a l'habitude de ruer. Ânesse rueuse. Là! (...) Voilà comment on rend les chevaux rueurs! (Gyp, Gde vie, 1891, p. 179).En empl. subst. De ses cuisses de fer, (...) des reins, des genoux, le cavalier se maintient, colle au rueur (Morand, Air indien, 1932, p. 59).[ʀ ɥ œ:ʀ], fém. [-ø:z]. Att. ds Ac. dep. 1835. 1reattest. 1551 (Cottereau, Colum., II, 2 ds Gdf.); de ruer, suff. -eur2*; le mot est att. du xiiieau xves. au sens de « lanceur », v. Gdf.
BBG. − TLF. Notes de lexicogr. crit. Trav. Ling. Litt. Strasbourg. 1986, t. 24, n o1, p. 236.

Ruer : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

RUER, verbe

A. −
1. Empl. trans. ,,Jeter avec impétuosité`` (Ac. 1798-1878). Ruer des pierres (Ac. 1798-1878).
Fam. Ruer de grands coups. ,,Frapper de grands coups`` (Ac. 1798-1878).
Absol. ,,Jeter une pierre`` (Ac. 1798-1878). Il gage qu'il ruera plus loin que vous (Ac.1798-1878).
Proverbes, au fig. ,,Ses plus grands coups sont rués, en parlant D'un homme qui, après s'être signalé en quelque chose, après s'être porté à quelque chose avec ardeur, commence à se modérer, à se relâcher`` (Ac. 1798-1878). ,,Les plus grands coups sont rués , les plus grands efforts sont faits dans l'affaire dont il s'agit`` (Ac. 1835, 1878).
2. Empl. pronom. Se ruer (sur, contre, à, vers qqc., pour faire qqc.).
a) [Le suj. désigne un animé]
Se jeter avec impétuosité, brusquerie sur, vers quelqu'un, quelque chose; se précipiter. Ces hommes ennemis, qui s'étaient rués les uns à la gorge des autres, gisaient maintenant côte à côte (ZolaDébâcle, 1892, p. 500).Djouma (...) se rua soudain vers l'orée du sentier, et s'y tint en arrêt (Maran, Batouala, 1921, p. 150).Leurs plumes se hérissent. Ils se ruent l'un contre l'autre, le bec en avant, et frappent (Jeux et sports, 1967, p. 161).
Absol. Gervaise, brusquement, hurla. Virginie venait de l'atteindre à toute volée (...). Alors, elle se rua. On crut qu'elle voulait assommer l'autre (Zola, Assommoir, 1877, p. 400).
Se précipiter en grand nombre; aller en masse. En 1856, plus de six cents navires franchissent la Baie [de San-Francisco]; ils déversent des foules sans cesse renouvelées qui se ruent aussitôt à l'assaut de l'or (Cendrars, Or, 1925, p. 120).Le public américain se ruait pour écouter les films chantants (Sadoul, Cin., 1949, p. 220).
b) P. anal. [Le suj. désigne un élément naturel] Se précipiter avec force; survenir de manière insurmontable, imparable. Admets, dit Pécuchet, qu'un tremblement de terre ait lieu sous la Manche; les eaux se ruent dans l'Atlantique (Flaub., Bouvard, t. 1, 1880, p. 91):
Le vent s'est élevé du Rhône. Un orage doit boucher le défilé de Mondragon. Tout le jour, le fleuve du vent s'est rué dans les cuvettes de la Drôme. Monté jusqu'aux châtaigneraies, il a fait les cent coups du diable dans les grandes branches; il s'est enflé, peu à peu, jusqu'à déborder les montagnes et, sitôt le bord sauté, pomponné de pelotes de feuilles, il a dévalé sur nous. Giono, Colline, 1929, p. 28.
P. métaph. Durtal se rua (...) dans la pénitence (...) et il fut désormais un chrétien (Coppée, Bonne souffr., 1898, p. 165).Il n'est pas d'homme qui, sa décision prise et le remords d'avance accepté, ne se soit, au moins une minute, rué au mal avec une claire cupidité comme pour en tarir la malédiction (Bernanos, Soleil Satan, 1926, p. 213).
B. − Empl. intrans.
1. Vieilli. Lancer les bras, les jambes, frapper au hasard, se débattre. Rosny (...) nous raconte son histoire en ruant de tout le corps (Goncourt, Journal, 1887, p. 687).Il restait à quelques-uns la force de rire et de claquer le derrière du camarade en plongée. Le coup portait bien sur la chair suante. L'homme touché ruait au hasard, envoyant haut son pied nu (Hamp, Champagne, 1909, p. 101).
Expr., fam. ,,Ruer à tort et à travers. Frapper de tous côtés dans une foule`` (Ac. 1835, 1878).
2. [Le suj. désigne un quadrupède] Lancer vivement et avec force, énervement, mauvaise humeur, etc., les membres postérieurs en arrière et en l'air, en prenant appui sur les antérieurs et en baissant l'encolure; lancer une ruade. Des ânes trottinant et ruant sous le bâton d'âniers à tête rase (Gautier, Rom. momie, 1858, p. 267).
Ruer à la botte. [Le suj. désigne un cheval] Être très chatouilleux et ruer à l'approche ou au contact de l'éperon. (Ds Littré, Guérin 1892, Lar. Lang. fr.). Au fig. Être très susceptible; se rebiffer. (Ds Guérin 1892, Lar. Lang. fr.).
Ruer aux/dans les brancards. Ruer au moment de l'attellement. Au fig. [Le suj. désigne une pers.] Regimber, se rebeller, opposer de la résistance. Thérèse, affirmait-il ne ruait que dans les brancards. Libre, peut-être, n'y aurait-il pas plus raisonnable (Mauriac, Th. Desqueyroux, 1927, p. 275).
Ruer en vache. Porter un coup de pied à la manière d'une vache, c'est-à-dire en ramenant le membre postérieur sous la poitrine et en portant le coup de côté à hauteur de l'antérieur. (Ds Ac.).
Prononc. et Orth.: [ʀ ɥe], (il) rue [ʀy]. Martinet-Walter 1973: [ʀ ɥe], [ʀye] (13, 4). Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1120 « jeter impétueusement, projeter » (Benedeit, St Brendan, éd. I. Short et B. Merrilees, 1148); 2. ca 1170 pronom. « se précipiter, s'élancer » (Chrestien de Troyes, Erec, éd. M. Roques, 873); 3. 1326 « (d'un cheval) lancer vivement en arrière les pieds de derrière » (Vie de St Grégoire le Grand, 1312 ds Romania t. 8, p. 533). Du b. lat. *rutare « lancer », créé sur rutum supin de ruere « lancer, renverser, bousculer » et pronom. « se précipiter », comme intensif de ce verbe. Fréq. abs. littér.: 888. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 406, b) 1 419; xxes.: a) 2 296, b) 1 288.
DÉR. 1.
Ruement, subst. masc.,vieilli. a) Action de ruer. (Dict. xixeet xxes.). Synon. ruade.b) Action de se ruer. Synon. ruée.Il y eut un ruement général contre les murs, puis le flot de brutes reprit son cours vers le quai, où une bataille éclata entre les marins des deux nations (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Mais. Tellier, 1881, p. 1183).[ʀymɑ ̃]. 1resattest. a) 1306 « action de lancer » (Guillaume Guiart, Royaux lignages, I, 6773 ds T.-L.), b) 1877 « action de ruer » (A. Daudet, Journal des Débats, 2 août, 1repage ds Littré Suppl.); de ruer, suff. -ment1*.
2.
Rueur, -euse, adj.[En parlant d'un quadrupède] Qui rue; qui a l'habitude de ruer. Ânesse rueuse. Là! (...) Voilà comment on rend les chevaux rueurs! (Gyp, Gde vie, 1891, p. 179).En empl. subst. De ses cuisses de fer, (...) des reins, des genoux, le cavalier se maintient, colle au rueur (Morand, Air indien, 1932, p. 59).[ʀ ɥ œ:ʀ], fém. [-ø:z]. Att. ds Ac. dep. 1835. 1reattest. 1551 (Cottereau, Colum., II, 2 ds Gdf.); de ruer, suff. -eur2*; le mot est att. du xiiieau xves. au sens de « lanceur », v. Gdf.
BBG. − TLF. Notes de lexicogr. crit. Trav. Ling. Litt. Strasbourg. 1986, t. 24, n o1, p. 236.

Ruer : définition du Wiktionnaire

Verbe

ruer \ʁɥe\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se ruer)

  1. (Vieilli) (Transitif) Jeter ou lancer vivement.
    • Ma mère, l’œil sur une grosse loupe cerclée de cuivre, s’émerveillait, comptant les cristaux ramifiés d’une poignée de neige qu’elle venait de cueillir aux mains même de l’Ouest rué sur notre jardin... — (Colette, Sido, 1930, Fayard, page 19.)
    • Celui dont le tour était arrivé sortait du rang pour la liberté de ses mouvements et ruait son bâton. — (Tir à l’oie et arrochage des coqs (Champagne), dans la Revue de folklore français et de folklore colonial, Larose, 1936, vol.7-8, page 36)
    • Mais l'Italie était fachiste, direz-vous. Et puis après ? Si elle était antiboche ? Fachiste ou non, vous l’avez ruée dans les bras de Hitler. — (Charles Maurras, ‎Votre bel aujourd’hui: dernière lettre à Monsieur Vincent Auriol, président de la IVe République, Librairie Arthème Fayard, 1953, p. 444)
    • Arrocher est un vieux mot champenois qui signifie jeter des pierres, ruer des bâtons vers un but. — (Bernard Coussée, Le coq: folklore et mythologie d'un oiseau, à compte d'auteur, 1992, page 52)
  2. (Vieilli) (Intransitif) Agiter ou projeter vivement ses membres ; se débattre.
    • La bave aux lèvres la malheureuse tentait d'arracher violemment ses vêtements mais ses douleurs semblaient si vives qu'elle ne parvenait qu'à se mettre en sang. Se rongeant la peau de ses ongles elle ruait en tout sens. — (Alexandre Cadet-Petit, La femme, un roman de plus de 69 pages, Desnel, 2008, page 165)
  3. Lancer vivement en arrière ses pattes de derrière, en parlant d’un équidé.
    • La veille, le long d'une rivière qui coulait dans une étroite vallée entre des montagnes, le cheval rua. Il m'envoya dans les airs depuis le haut d'une butte en surplomb au-dessus de la rivière, […]. — (Les Portugais au Tibet: les premières relations jésuites (1624-1635), traduites & présentée par Hugues Didier, Paris : Chandeigne-Librairie Portugaise, 1996, page 192)
    • Et ce n'est pas qu'il trottât mal, ou qu'il ruât, ou qu'il fût encore plus âne que les autres ânes. — (Vladimir Volkoff, Les Brumeurs de la mer : Olduvai͏̈, Julliard/L'Âge d'Homme, 1980, p.222)
  4. (Pronominal) Se jeter impétueusement sur quelqu’un, sur quelque chose.
    • Suis-je une brute inconsciente, livrée au despotisme de l’instinct, vouée au fatalisme de la perversité ? Un fou que le sang attire comme des lèvres de femme, et qui se rue au meurtre, comme on se rue à l’amour ? — (Octave Mirbeau, Contes cruels : La Chanson de Carmen (1882))
    • On craignait qu'à l'occasion du programme d'aide les capitaux américains ne se ruassent sur l'Europe. Il n'y a pas eu de vague américaine sur l'Europe de l'OECE. — (Gérard Bossuat, L'Europe occidentale à l'heure américaine: 1945-1952, Éditions Complexe, 1992, page 184)
    • Rozan prévint son ami et tous deux se ruèrent sur la douche afin d'éviter que cet étonnant produit ne leur décapât complètement la peau ! — (Philippe Durant, Belmondo, nouvelle édition revue & augmentée, éd. Robert Laffont, 2011)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Ruer : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

RUER. v. intr.
Il se dit d'un Cheval, d'un mulet, etc., qui lance vivement en arrière le pied ou les pieds de derrière. Prenez garde à ce cheval, il rue. Ruer en vache se dit d'un Cheval qui porte le pied de derrière sous la poitrine jusqu'à la jambe de devant, comme font les vaches, et en frappe la personne occupée au pied ou à la jambe de devant.

SE RUER signifie Se jeter impétueusement sur quelqu'un, sur quelque chose. Après l'avoir menacé, il se rua sur lui et le maltraita. Les invités se ruèrent sur le buffet. Fig., Ruer dans les brancards, Regimber.

Ruer : définition du Littré (1872-1877)

RUER (ru-é), je ruais, nous ruions, vous ruiez ; que je rue, que nous ruions, que vous ruiez v. a.
  • 1Jeter avec impétuosité (sens qui a vieilli). Elle sauva le ciel et rua le tonnerre Dont Briare mourut, Malherbe, II, 12. Ah ! je devais du moins lui jeter son chapeau, Lui ruer quelque pierre, ou crotter son manteau, Molière, Sgan. 16.
  • 2Ruer de grands coups, frapper de grands coups (locution qui a vieilli).
  • 3 V. n. Lancer une pierre. Il gage qu'il ruera plus loin que vous (emploi vieilli).

    Ruer à tort et à travers, frapper de tous côtés dans une foule.

  • 4Se dit d'un cheval, d'un mulet, etc. qui lance avec force les pieds de derrière en l'air. Il suffit de relever fortement la tête de l'animal pour l'empêcher de ruer. L'archevêque a de grandes pensées ; mais plus il est vif, plus il faut s'approcher de lui comme des chevaux qui ruent, Sévigné, 19 janv. 1689. M. Durnol s'emporta, il donna un grand coup de pied à l'enfant, qui lui dit en pleurant : ah ! je conviens que l'âne de Balaam parlait, mais il ne ruait pas, Voltaire, Mél. litt. Lettre de Cubstorf.

    Par extension. Les Hollandais racontent que le casoar se sert de ses pieds pour sa défense, ruant et frappant par derrière comme un cheval selon les uns, et selon les autres…, Buffon, Ois. t. II, p. 316.

    Ruer à la botte, se dit de la défense du cheval qui cherche, avec l'un de ses pieds postérieurs, à frapper la jambe du cavalier au moment où il la ferme, ou lorsqu'il monte à cheval.

    Ruer en vache, se dit d'un cheval qui porte le pied de derrière jusqu'à la jambe de devant, et en frappe, comme font les vaches, la personne occupée à cette jambe de devant.

    Fig. Voilà une chose qui ne mord ni ne rue, se dit d'une chose qui ne peut faire ni bien ni mal.

  • 5Se ruer, v. réfl. Se jeter impétueusement sur quelqu'un ou sur quelque chose. Cependant on fricasse, on se rue en cuisine, La Fontaine, Fabl. IV, 4. Le loup, prêt à se ruer sur la bergerie, voit les bergers armés et les chiens en garde ; tout affamé qu'il est, il se retire pour cette fois, Bossuet, 1er sermon, Pentecôte, 2. Et, chacun vainement se ruant entre deux, Boileau, Sat. III. Roguet avec sa colonne se rua brusquement sur le centre et au milieu de leur camp, où il entra pêle-mêle avec eux, Ségur, Hist. de Nap. X, 5. Gomorrhe, Sodome… L'ardente nuée Sur vous s'est ruée, ô peuples pervers, Hugo, Orientales, 1.
  • 6 Fig. Être porté, frappé, en parlant de coups. Tous les matins, il [Monseigneur] allait prendre du chocolat chez Mlle de Lislebonne ; là se ruaient les bons coups, Saint-Simon, 96, 15. Apparemment que les grands coups s'y ruaient [chez Mme de Maintenon] pour le successeur [de Chamillart], Saint-Simon, 235, 136.

REMARQUE

M. Auguste Barbier a fait ruer monosyllabe : Que faisaient-ils, tandis qu'à travers la mitraille Et sous le sabre détesté La grande populace et la sainte canaille Se ruaient à l'immortalité ? Ïambes, la Curée.

HISTORIQUE

XIIe s. Pois [puis] ruerent Absalon en une grant fosse de cele lande, et jeterent pierres sur lui, Rois, p. 187.

XIIIe s. Et li prevoz de Paris fait jurer iceus quatre homes seur sains, que… se il i trevent poisson porri ou mauvès, que il le feront ruer en Saine, Liv. des mét. 267. Tant en i vient parmi la rue, Qui n'i puet avenir s'i rue, Ren. 11622. Et li vilains qui vint après, Leva la hache quant vint près ; Son coup rua de grant aïr [colère], ib. 2073.

XIVe s. Et si ne dois nul temps ruer De ta bouche male parole, J. Bruyant, dans Ménagier, t. II, p. 16.

XVe s. Si y avoit souvent des rencontres, des escarmouches et des rués par terre des uns et des autres…, Froissart, I, I, 114. Encores, quant à mariage, Tendroie cellui à plus saige Qui la laide femme prendroit, Que cil qui la belle tendroit ; Car à la belle chascuns rue, Deschamps, Poés. mss. f° 501. Mais grans chevaulx s'arreste et va le pas, Quant il est fait, sanz ruer en tout cas, Deschamps, Ball. des chevaux. Qui ne luy pouvoit donner luy ruoit [parlant de quelqu'un à qui tout le monde fait amitié], Aresta amorum, p. 335, dans LACURNE.

XVIe s. Il ferroyt les cigalles, se ruoyt très bien en cuysine, Rabelais, Garg. I, 11. Je mors, je rue, je frappe, Rabelais, ib. I, 33. Ilz se ruerent sur eulx, et tascherent à leur oster leur argent, Amyot, Rom. 36. Les lions, sans aucunes armes, ne faignent point de s'aller ruer au milieu d'un troupeau de bestes timides, Amyot, Caton, 27. Les chevaux irritez et courroucez ruoient des pieds de derriere, Amyot, Eum. 22. Pour nous garantir du coup qu'on nous rue, Montaigne, I, 48. Quand je seray venu à ceste proposition et qu'il faudra ruer les grands coups de part et d'autre, H. Estienne, Précell. édit. FEUGÈRE, p. 38. Encores n'a pas failli qui a à ruer, Cotgrave

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Ruer : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

RUER, v. n. (Maréchalerie.) se dit du cheval qui détache une ruade. Voyez Ruade. Il faut couper un cheval sujet à ruer : c’est un excellent remede contre ce vice. Voyez Chatrer.

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « ruer »

Étymologie de ruer - Littré

Berry, roucher ; du lat. ruere, pousser, lancer, pour srovo, du rad. sanscr. sru, couler : c'est faire couler, faire aller, Curtius, n° 517.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de ruer - Wiktionnaire

(XIIIe siècle) Du bas latin *rutare (« lancer »), intensif créé sur rutum, le supin de ruere « lancer, renverser, bousculer » et « se ruer ».
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « ruer »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
ruer rµe play_arrow

Conjugaison du verbe « ruer »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe ruer

Citations contenant le mot « ruer »

  • De plus en plus d'études tendent à montrer que la consommation d'aliments riches en probiotiques a des effets bénéfiques pour la santé. Toutefois, nul besoin de se ruer sur les compléments alimentaires : ces aliments probiotiques peuvent parfaitement s'intégrer dans votre alimentation quotidienne. Futura, Vidéo : 5 aliments probiotiques pour développer votre flore intestinale
  • Il y a aussi des comptes à régler au sein du PC et du parti Génération.s, où les communiqués pro-Girard ont fait ruer dans les brancards. "Ils avaient le fusil sur la tempe", soupire un cadre, pour qui cet épisode aura eu le mérite de percer à jour "le caractère clanique et autoritaire" d'Anne Hidalgo. À Paris, le temps ne suffira peut-être pas à panser les plaies.  France Inter, À Paris, la majorité en ordre dispersé après la démission de Christophe Girard
  • Plusieurs raisons expliquent bien sûr cet engouement. L’occasion est un marché beaucoup plus dynamique que le neuf. Plus de 5,5 millions de ventes en 2019 pour le premier contre 2,2 millions pour le second. Les consommateurs ne s’y trompent pas. A quoi bon se ruer sur un véhicule sorti d’usine alors que sa valeur fond pour la plupart des modèles de près d’un tiers en seulement un an. MoneyVox Actu, Voiture d'occasion : la bonne affaire de l'après-confinement
  • Ça, c’est sûr. Le voilà comblé. Il faut s’y ruer et tout faire pour que la librairie Scarlett perdure. Comme une urgence intellectuelle vitale. Var-Matin, Scarlett, une librairie vient de s’installer au cœur de Saint-Tropez - Var-Matin
  • Elle ne se reconnaît pas dans les dérives du féminisme et tient à le faire savoir, quitte à ruer dans les brancards. Dans une tribune publiée dans Le Monde, la fille du président François Mitterrand n'y va pas par quatre chemins en utilisant des formules chocs pour dénoncer ces nouveaux courants – sans les nommer – qui donnent des leçons de morale expéditives en détruisant « psychiquement et socialement » leurs cibles sur la place publique. Le Point, Mazarine Pingeot fustige les nouvelles féministes et leur « morale de la haine » - Le Point
  • Cela n'a pas empêché une escouade de "papas" de participer depuis lors à chaque manifestation nocturne. Et de se ruer en avant dès qu'une grenade lacrymogène explose en faisant vrombir leurs souffleurs à feuilles. LaProvence.com, France - Monde | A Portland, les "mamans" font le mur pour protéger les manifestants | La Provence

Images d'illustration du mot « ruer »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « ruer »

Langue Traduction
Corse pattighjà
Basque jaurtiketa
Japonais キック
Russe удар
Portugais pontapé
Arabe ركلة
Chinois
Allemand trete
Italien calcio
Espagnol golpear
Anglais kick
Source : Google Translate API

Synonymes de « ruer »

Source : synonymes de ruer sur lebonsynonyme.fr

Mots similaires