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Régent, régente

Définitions du mot « régent, régente »

Trésor de la Langue Française informatisé

RÉGENT, -ENTE, adj. et subst.

I. − Adj. Qui exerce la régence. À l'Hôtel de Ville (...) fut proclamé un gouvernement de la Défense nationale, tandis que l'impératrice-régente quittait les Tuileries dans un fiacre (Bainville, Hist. Fr., t. 2, 1924, p. 215).La reine régente reconnaît son erreur; elle déclare que les pastoureaux seront traités en excommuniés (Faral, Vie temps st Louis, 1942, p. 264).
Prince Régent. Prince de Galles, qui gouverna l'Angleterre de 1811 à 1820, durant la démence de son père George III auquel il succéda sous le nom de George IV. Mais la lettre même de l'empereur au prince régent met hors de doute les intentions de la croyance réciproque (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 2, 1823, p. 417).
II. − Substantif
A. − Personne qui gouverne.
1. Celui, celle qui exerce le pouvoir, qui gouverne un état durant la minorité du souverain ou dans certaines circonstances exceptionnelles où il en est empêché (incapacité, absence). Le premier qui vint en France fut envoyé en ambassade près de la régente pendant la captivité de François Ier(Vigny, Mém. inéd., 1863, p. 43).Antoine de Vergy, gouverneur de Champagne, reçut, le 22 juin, du duc de Bedford, régent de France au nom de Henri VI, commission d'équiper mille hommes d'armes (A. France, J. d'Arc, t. 1, 1908, p. 80).
P. métaph. Ceux que l'Apôtre appelle « le prince de ce monde », « les régents de ces ténèbres », « les esprits de malice » (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 101).
2. HISTOIRE
a) Absol. [Avec une majuscule] . Philippe d'Orléans, régent de France pendant la minorité de Louis XV. Pour sceller la réconciliation des maisons de France et d'Espagne, Dubois et le Régent avaient arrangé un mariage entre Louis XV et une infante de cinq ans (Bainville, Hist. Fr., t. 1, 1924, p. 276).
Le Régent. Le plus beau diamant de la Couronne de France, acquis par Philippe d'Orléans alors qu'il était régent:
Le Régent (137 carats) est lui aussi originaire de Golconde et il pesait plus de 400 carats à l'état brut. (...) l'opération [la taille] dura deux ans et fournit une pierre magnifique, un peu teintée, mais dont l'eau égale en perfection la taille. Metta, Pierres préc., 1960, p. 68.
b) (Titre du) chef de l'état hongrois depuis la fin de l'Empire austro-hongrois jusqu'à celle de la Deuxième Guerre mondiale. La Hongrie avait été sur le point de se rendre aux alliés. Mais les Allemands, l'ayant appris, − « je ne sais comment », dit Staline, − avaient arrêté le régent Horthy (De Gaulle, Mém. guerre, 1959, p. 67).
c) Au fém. [Titre de la Vierge Marie au Moyen-Âge] V. commandement ex. de Péguy.
B. − Personne qui administre.
1. Vieilli. Celui qui dirige, administre (un établissement, un service). Les critiques littéraires et dramatiques de René Doumic, le régent de l'Académie Française (L. Daudet, Brév. journ., 1936, p. 133).
2. En partic.
Régent de la Banque de France. Membre du Conseil général de la Banque de France, élu par l'Assemblée générale des actionnaires, avant la nationalisation, et qui siégeait aux côtés des gouverneur, sous-gouverneurs et censeurs. Le plus jeune était le baron Noël Schoudler, régent de la Banque de France, l'un des grands-pères du nouveau-né et le mari de la petite femme aux cheveux gris et au teint frais (Druon, Gdes fam., t. 1, 1948, p. 13).
Officier de chancellerie romaine. Les cardinaux, les patriarches, les archevêques (...) les protonotaires apostoliques participants et honoraires, le régent de la chancellerie (...) tout un peuple ecclésiastique et toute l'innombrable « famille pontificale » (Goncourt, MmeGervaisais, 1869, p. 81).V. garde1ex. 6.
C. − Personne qui enseigne.
1. HIST. ÉDUC.
a) Celui qui enseignait dans une université, dans un collège sous l'Ancien Régime. Les professeurs s'appellent alors des « régents ». Le chef d'établissement, le « principal », qui, pratiquement, les choisit et les destitue, exerce sur eux une autorité qu'il tient de son ordre, de son supérieur, des statuts de son université ou des règlements scolaires édictés par le Roi (Encyclop. éduc., 1960, p. 125).
b) Au xixes., celui qui enseignait dans les collèges communaux. Les principaux et régents des colléges communaux étaient au nombre de près de 2 000 avant les changements que l'application de la loi du 15 mars 1850 a introduits dans ces colléges (Vivien, Ét. admin., t. 1, 1859, p. 173).La même année, il [Jean Macé] est nommé régent de philosophie au collège d'Évreux (Cacérès, Hist. éduc. pop., 1964, p. 37).
c) Celui qui dirigeait une classe. S'élever au-dessus des hommes pour leur commander est le rôle agrandi d'un régent de classe (Balzac, L. Lambert, 1832, p. 130).L'abbé Égault, régent de troisième, devint mon maître de latin (Chateaubr., Mém., t. 1, 1848, p. 66).
2. Docteur Régent. ,,Titre qu'on donnait autrefois aux docteurs professeurs en théologie, en droit, en médecine`` (Ac. 1835-1935). Docteur Régent de la Faculté de Médecine de Paris (Ac.1835-1935).
3. Région. [Belgique] ,,Agrégé de l'enseignement secondaire inférieur`` (Hanse Nouv. 1983). Région. [Suisse romande] Synon. de maître d'école*.Régent de village (Littré). Soupé chez les Joseph Hornung, avec MM. Jousserandot, Giraud, Oltramare, Longchamp; deux Français et quatre Genevois (dont deux professeurs et deux régents) (Amiel, Journal, 1866, p. 541).
4. P. anal. Celui qui exerce une profonde influence sur les goûts, les tendances de ses pairs, de ses contemporains. L'autorité de Chapelain, avant l'avénement de Racine et de Boileau, faisait loi, et Marolles, avait eu la maladresse d'offenser mortellement ce lourd régent du goût public (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 14, 1857, p. 136).Les régents intellectuels de notre âge: c'est un nom que Sainte-Beuve aimait à donner aux trois professeurs de Sorbonne, Guizot, Villemain et Cousin (Thibaudet, Hist. litt. fr., 1936, p. 262).
Prononc. et Orth.: [ʀeʒ ɑ ̃], fém. [-ɑ ̃:t]. Ac. 1694, 1718: re-; 1740: ré-. Étymol. et Hist. A. 1261 « professeur d'université » (Serment des bourgeois et de l'université de Paris ds Doc. hist. inédits, éd. Champollion-Figeac, t. 2, 2epart., p. 69). B. 1. a) 1316 « celui qui gouverne pendant la minorité ou l'absence du souverain » (Traité du 1ersept. 1313 ds Isambert, Rec. gén. des anc. lois fr., t. 3, p. 147); b) 1662 en appos. à valeur adj. « qui gouverne pendant la minorité ou l'absence du souverain » (Mémoires de Monsieur le Duc de La Roche-Foucaut ds Rich. 1680: Déclarer une Reine Régente. Etablir une Reine Régente); 2. a) 1721 absol. le Régent « le Duc d'Orléans, régent pendant la minorité de Louis XV » (Montesquieu, Lettres persanes, t. 2, p. 44); b) 1842 le Régent « diamant de la couronne acheté par le Duc d'Orléans » (Ac. Compl.); 3. 1948 « chef de l'Etat hongrois (dep. 1919 et d'abord dans l'attente d'un éventuel rétablissement de la monarchie) » (Sartre, Mains sales, 2etabl., 1, p. 38). C. 1. a) Ca 1330 « celui qui dirige, gouverne, administre (un État, un pays, une cité, etc.) » (Guillaume de Digulleville, Pélerinage vie hum., 4262 ds T.-L.); b) 1835 spéc. Régent de la banque de France (Ac.); 2. 1550 adj. (Ronsard, Odes, III, XIV ds Œuvres, éd. P. Laumonier, t. 2, p. 34). Empr. au lat.regens, -tis part. passé de regere (v. régir), empl. en partic. en lat. médiév. comme adj. pour qualifier ou subst. pour désigner un membre de l'université exerçant effectivement le droit d'enseigner (regere) acquis par ses titres (v. O. Weijers, Terminologie des universités au XIIIes., Rome, 1987, pp. 293-299). Fréq. abs. littér.: 491. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1 339, b) 451; xxes.: a) 332, b) 501.
DÉR.
Régendat, régentat, subst. masc.,région. (Belgique). Cycle d'études conduisant au diplôme de régent; le diplôme lui-même. Il a fait son régendat ou son régentat ou sa régence au lieu d'école normale moyenne (Hanse Nouv. 1983). [ʀeʒ ɑ ̃da], [-ta]. 1reattest. 1958 (M. Grevisse, Petit courrier faisant suite à sa chron. Propos sur la langue fr. ds la Libre Belgique, 22 déc.); de régent, suff. -at*.

Wiktionnaire

Adjectif

régent \ʁe.ʒɑ̃\

  1. Qui régit, qui gouverne l’État pendant la minorité ou l’absence du souverain.
    • Le prince régent.
    • La reine régente.
    • Docteur régent, titre qu’on donnait autrefois aux docteurs professeurs en théologie, en droit, en médecine.

Nom commun

régent \ʁe.ʒɑ̃\ masculin (pour une femme on dit : régente)

  1. Personne qui régit, qui gouverne l’État pendant la minorité ou l’absence du souverain.
    • Le régent du royaume.
    • Nommer une régente.
    • Dubois et Daubenton menèrent rondement cette intrigue matrimoniale, faisant en sorte que l'idée parût venir de Philippe V qui la proposa en septembre 1721 au Régent. Celui-ci fit semblant d'être agréablement surpris. — (Dirk Van der Cruysse, Madame Palatine, Éditions Fayard, 2014)
  2. (Vieilli) Celui qui enseignait dans un collège.
    • Il y arriva dans les premiers jours de novembre 1603 , accompagné de Gaultier Donaldson, son compatriote . Le 22 de ce mois il fut nommé régent de la troisième classe du collège académique. — (Jean-Baptiste-Joseph Boulliot, Biographie ardennaise ou Histoire des Ardennais qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs vertus et leurs erreurs, Paris, 1830, vol.2, p.60)
    • Le maître d’école, ou régent , est recruté par le consistoire de chaque Église, qui lui fournit un logement et une indemnité assez faible, complétée par un « écolage » payé par les parents. — (L’enseignement protestant au XVIIe siècle, sur le site du Musée virtuel du Protestantisme, 2014)
    • Lorsque je l’envoyai au collège, il trouva de la peine ; mais il se raidissait contre les difficultés ; et ses régents se louaient toujours à moi de son assiduité et de son travail.— (Molière, Le Malade Imaginaire, 1673.)
  3. Membre du conseil général de la Banque de France.
    • Régent de la Banque de France.

Forme d’adjectif

régente \ʁe.ʒɑ̃t\

  1. Féminin singulier de régent.

Nom commun

régente \ʁe.ʒɑ̃t\ féminin (pour un homme on dit : régent)

  1. Femme assurant le rôle de régent.
    • Il ordonna, de sa petite voix, que sa mère serait régente pour avoir soin de son éducation ; en d'autres termes, il commanda qu'elle lui commandât, l’éduquât, le châtiât. — (Jules Michelet, Histoire De France au dix-septième siècle : Henri IV & Richelieu, Paris : chez Chamerot, 1857, p. 203)
    • on n’a jamais dit de Blanche de Castille (1188-1252), ou d’Anne de Beaujeu (1461-1522), ou de Marie de Médicis (1573-1642), ou d’Anne d’Autriche (1601-1666), etc. qu’elles étaient Régents de France, mais Régentes de France. — (Mettre au féminin – Guide de féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre, Fédération Wallonie-Bruxelles, 2014, 3e éd. (1re éd. 1994), page 49)

Forme de verbe

régente \ʁe.ʒɑ̃t\

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de régenter.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de régenter.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de régenter.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de régenter.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de régenter.

Forme d’adjectif

régente \ʁe.ʒɑ̃t\

  1. Féminin singulier de régent.

Nom commun

régente \ʁe.ʒɑ̃t\ féminin (pour un homme on dit : régent)

  1. Femme assurant le rôle de régent.
    • Il ordonna, de sa petite voix, que sa mère serait régente pour avoir soin de son éducation ; en d'autres termes, il commanda qu'elle lui commandât, l’éduquât, le châtiât. — (Jules Michelet, Histoire De France au dix-septième siècle : Henri IV & Richelieu, Paris : chez Chamerot, 1857, p. 203)
    • on n’a jamais dit de Blanche de Castille (1188-1252), ou d’Anne de Beaujeu (1461-1522), ou de Marie de Médicis (1573-1642), ou d’Anne d’Autriche (1601-1666), etc. qu’elles étaient Régents de France, mais Régentes de France. — (Mettre au féminin – Guide de féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre, Fédération Wallonie-Bruxelles, 2014, 3e éd. (1re éd. 1994), page 49)

Forme de verbe

régente \ʁe.ʒɑ̃t\

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de régenter.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de régenter.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de régenter.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de régenter.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de régenter.

Forme d’adjectif

régente \ʁe.ʒɑ̃t\

  1. Féminin singulier de régent.

Nom commun

régente \ʁe.ʒɑ̃t\ féminin (pour un homme on dit : régent)

  1. Femme assurant le rôle de régent.
    • Il ordonna, de sa petite voix, que sa mère serait régente pour avoir soin de son éducation ; en d'autres termes, il commanda qu'elle lui commandât, l’éduquât, le châtiât. — (Jules Michelet, Histoire De France au dix-septième siècle : Henri IV & Richelieu, Paris : chez Chamerot, 1857, p. 203)
    • on n’a jamais dit de Blanche de Castille (1188-1252), ou d’Anne de Beaujeu (1461-1522), ou de Marie de Médicis (1573-1642), ou d’Anne d’Autriche (1601-1666), etc. qu’elles étaient Régents de France, mais Régentes de France. — (Mettre au féminin – Guide de féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre, Fédération Wallonie-Bruxelles, 2014, 3e éd. (1re éd. 1994), page 49)

Forme de verbe

régente \ʁe.ʒɑ̃t\

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de régenter.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de régenter.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de régenter.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de régenter.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de régenter.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

RÉGENT, ENTE. adj.
Qui régit, qui gouverne l'État pendant la minorité ou l'absence du souverain. Le prince régent. La reine régente. Il s'emploie aussi comme nom. Le régent du royaume. Nommer une régente. Le régent, Diamant de la couronne de France qui fut acheté par le régent Philippe d'Orléans.

RÉGENT se disait autrefois de Ceux qui enseignaient dans un collège. Régent de philosophie, de rhétorique. Docteur régent, Titre qu'on donnait autrefois aux docteurs professeurs en théologie, en droit, en médecine. Docteur régent de la Faculté de Médecine de Paris. Régent de la Banque de France, Titre de chacun des membres qui composent le conseil général de la Banque.

Littré (1872-1877)

RÉGENT (ré-jan, jan-t') adj.
  • 1Qui exerce la régence. Le prince régent, la reine régente.

    Substantivement. Le régent, la régente du royaume. Après avoir fait sentir aux ennemis durant tant d'années l'invincible puissance du roi, s'il fallut agir au dedans pour la soutenir, je dirai tout en un mot : il fit respecter la régente, Bossuet, Louis de Bourbon.

    Se dit, absolument, de Philippe d'Orléans, régent de France pendant la minorité de Louis XV.

    Nom d'un diamant de la couronne, évalué 12 millions, et qui fut acheté par Philippe d'Orléans.

    Tabac du régent, tabac à priser, préparé avec des aromates.

  • 2 S. m. Régent de la banque de France, membre du conseil général de la Banque.
  • 3Un des officiers de la chancellerie romaine.
  • 4 Autrefois, ceux qui enseignaient dans un collége ; dès le XIIe siècle, regere scholas signifiait professer ; on s'habitua à dire par abréviation regere ; magister regens était un maître qui enseignait, Ch. Thurot, De l'organisat. de l'enseign. dans l'univ. de Paris au moyen âge, p. 90. Outre ces instructions publiques et communes, le régent peut encore beaucoup servir aux écoliers, par l'attention qu'il a sur leur conduite, Rollin, Traité des Ét. Devoirs des régents.

    Fig. Écoutons les régents du monde sur ce sujet, Pascal, dans COUSIN. Mais lui, qui fait ici le régent du Parnasse, N'est qu'un gueux revêtu des dépouilles d'Horace, Boileau, Sat. IX.

    Au féminin. Instruit, formé par leurs leçons fréquentes, Bientôt l'élève égala ses régentes, Gresset, Ver-vert, ch. II.

    Aujourd'hui, régent, professeur dans un collége communal. Le régent de la rhétorique.

  • 5Anciennement, docteur régent, titre des docteurs professeurs en théologie, en droit, en médecine.

HISTORIQUE

XVe s. Et croit monseigneur que ceux de Nantes soient en nouvel traité avecques le jeune regent de France, lequel on doit à celle toussaint couronner, Froissart, II, II, 73. Messire Jean de Hainaut qui estoit regent et gardien de tout le pays, Froissart, I, I, 115. Tel doit estre regent, Lent de pugnir, aux bons non faire ennui, Et aux mauvais rendre droit jugement, Deschamps, Vertu nécess. au pr.

XVIe s. Le premier prince qui se feit appeller regent de nostre France fut Philippe le Long pendant la grossesse de la royne Clemence sa belle sœur veufve du roy Louys Hutin, Pasquier, Rech. II, p. 133, dans LACURNE. Nous avons non-seulement appelez regens ceux qui enseignoient la jeunesse en humanité et aux arts, mais aussi docteurs regens en decret, en medecine et aux lois, Pasquier, ib. IX, p. 791. Aimer mieulx estre regent et precepteur d'erreur et de mensonge, que d'estre disciple en l'eschole de verité, Montaigne, II, 224.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

RÉGENT. Ajoutez :
6En Bretagne, se dit de l'agent d'un propriétaire dont l'emploi consiste à surveiller les métayers et à toucher les redevances. Quand notre Jeanne sera grande, Si le fils de notre régent En mariage la demande, Nous donnerons tout notre argent, P. Dupont, la Chanson des Bœufs.
7Régent de village, nom, dans la Suisse romande, du maître d'école. La commune [de Vallorbe, près de Lausanne] s'intéressa à ces expériences [de pisciculture], et quelques centaines de francs furent mis annuellement à la disposition du régent pour l'aider dans son entreprise, Bouchon-Brandely, Journ. offic. 28 oct. 1873, p. 6589, 2e col.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

RÉGENT du royaume, (Hist. de France.) c’est celui qui gouverne l’état pendant la minorité des rois, ou dans quelques autres circonstances particulieres, comme absence, maladie, &c. Il scelloit autrefois les actes de son propre sceau, & non de celui du roi mineur ; mais cet usage fut abrogé sous le regne de Charles VI. en 1407. Charles V. avoit déja fait en Octobre 1374, une ordonnance plus importante, par laquelle il déclare que s’il meurt avant que son fils soit entré dans l’âge de 14 ans, le duc d’Anjou son frere, sera régent du royaume, jusqu’à ce que le jeune roi soit entré dans sa quatorzieme année. Dans le même mois il fit une autre ordonnance qui porte, que s’il meurt avant que son fils aîné soit entré dans sa quatorzieme année, la reine aura la tutelle de ses enfans, fils & filles, jusqu’à ce que le roi soit parvenu à l’âge de quatorze ans, & qu’avec elle les ducs de Bourgogne & de Bourbon seront tuteurs ; & que si la reine, par mort, mariage ou autrement, ne peut être tutrice, le duc de Bourgogne sera tuteur, & à son défaut le duc de Bourbon.

Il étoit tems, dit M. Henault, de mettre ordre à l’abus des régences, qui absorboit l’autorité royale. Dans la premiere & la seconde race, le roi n’étoit majeur qu’à vingt-deux ans, & pendant sa minorité, les actes étoient scellés du sceau du régent. Cet usage étoit fondé sur l’opinion que le roi n’étoit point roi qu’il n’eût été sacré, & ce sacre étoit différé par le régent le plus long tems qu’il pouvoit : aussi voyons-nous que même encore sous la troisieme race, où la puissance des régens étoit fort diminuée, les rois faisoient sacrer leurs fils de leur vivant, pour assurer leur état, que l’autorité du régent pouvoit rendre incertain.

Cette matiere est trop vaste pour la traiter dans toute son étendue ; il suffira de quelques remarques.

1°. La régence étoit distinguée de la tutelle, & ne se confondoit pas dans la même personne, en sorte que, par exemple, Charles V. avoit donné la tutelle de son fils à la reine son épouse, & la régence au duc d’Anjou, ce qui n’eut pas lieu, parce que la reine mourut avant Charles V. La reine Blanche, mere de S. Louis, fut la premiere qui réunit ces deux titres, que l’on distingua toujours, mais que l’on ne sépara jamais depuis Charles V. 2°. Les rois ont disposé de la régence par leurs testamens, & leurs dispositions ont été suivies. 3°. Charles IX. est le premier qui ait déclaré solemnellement sa majorité. 4°. Le premier de nos rois qui ait voulu apporter quelque réglement sur les régences, est Philippe le Hardi : il rendit deux ordonnances, l’une étant encore en Afrique, & l’autre à son retour, par lesquelles il vouloit que son fils fût déclaré majeur à quatorze ans, mais ces ordonnances n’eurent pas d’exécution. Après lui, celles même de Charles V. furent contredites pendant la minorité de Charles VI. lequel rendit à son tour deux déclarations conformes à celles du roi son pere. Abregé chron. de l’histoire de France, pag. 321.

C’est une maxime sage dans tout royaume héréditaire, que celle qui veut que le plus proche parent soit régent du royaume, avec l’autorité du roi, en attendant la majorité du roi mineur. Cette coutume étant bien connue de tout le monde dans un gouvernement, il arrive que chaque officier de l’état prend ses mesures de loin, pour obéir au régent futur durant sa régence, comme il obéira au roi même après sa minorité. C’est pourquoi la mere de Louis XIV. fut déclarée régente en 1643, avec toutes les prérogatives de régente, malgré le testament du roi son mari, qui lui ôtoit sa principale prérogative, qui consiste à pouvoir soi-même se choisir un conseil. Mais ce ne sont-là que des exemples. Il faudroit peut-être une loi qui assurât cette régence à la mere seule du roi, au plus proche heritier de la couronne, non-obstant les testamens & autres actes du roi dernier mort contraires à la loi. Nous avons la coutume, mais une loi écrite a une toute autre force, parce que ce sont des articles fondamentaux de grande importance dans un état. (D. J.)

Régent, terme de chancellerie romaine, est le second officier de cette chancellerie, entre les mains duquel se remettent toutes les expéditions de la daterie, & qui distribue les suppliques à des abbréviateurs pour dresser les minutes des bulles. Voyez Daterie.

Régent, se dit aussi d’un professeur public des arts ou sciences, qui tient une classe dans un college. Voyez Université, College, &c.

L’université est composée des docteurs, professeurs & régens. Régent & écolier sont des termes relatifs.

Régent ne se dit guere que des basses classes ; comme régent de rhétorique, régent de seconde, &c. Ceux de philosophie s’appellent plutôt professeurs. Voyez Professeur.

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Étymologie de « régent »

Lat. regentem, part. prés. de regere (voy. RÉGIR).

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Du latin regens.
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Phonétique du mot « régent »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
régent reʒ

Citations contenant le mot « régent »

  • Si la vérité nous fait parfois défaut, c’est parce que nous avons commencé à lui manquer, en prétendant la régenter et la connaître. De Christian Bobin / Le huitième jour de la semaine
  • Exiger l’homme sans passions, c’est vouloir régenter la nature. De Antoine de Rivarol / L’esprit de Rivarol
  • Reine des anges au pécheur indulgente, Tournez vos yeux, maternelle régente, Vers vos enfants. De Clément Marot / Rondeaux
  • La mort de Jean de Nepomuk entraine l'union seigneuriale, une rébellion des nobles tchèques, qui dure de 1394 à 1402. Les nobles bohémiens ligués font emprisonner leur roi en 1394 et nomment son cousin Jobst de Moravie, régent du royaume. Grâce à l'intervention de son frère Sigismond, il est libéré et remonte sur le trône (en échange de quoi, Venceslas, sans enfant, reconnait Sigismond comme son héritier). Techno-Science.net, 🔎 Jan Hus - Définition et Explications

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Traductions du mot « régent »

Langue Traduction
Anglais regent
Espagnol regente
Italien reggente
Allemand regent
Chinois 摄政
Arabe الوصي
Portugais regente
Russe регент
Japonais 摂政
Basque erregeorde
Corse regente
Source : Google Translate API

Régent

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