Pomme : définition de pomme


Pomme : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

POMME, subst. fém.

A. − Fruit à pépins du pommier, généralement de forme ronde, de couleur et de saveur variables selon les espèces, à pulpe ferme et dont le jus fermenté produit le cidre. Des mains rampantes ramassent les trognons de pommes (Colette,Cl. école, 1900, p.242).Je n'avais fait que l'entrevoir, perché sur un pommier dont il gaulait les pommes (Gide,Journal, 1916, p.580).
SYNT. Pomme acide, douce, jaune, mûre, pourrie, rouge, sauvage, sure, talée, verte; pomme à cidre, à cuire; pomme d'api*; pomme de merveille; pomme de reinette*; croquer, éplucher, peler une pomme; mordre dans une pomme; quartier, trognon de pomme; eau-de-vie, jus, sirop, sucre de pommes; conserve, production de pommes.
Pomme d'abricot. Variété de pomme utilisée dans la fabrication du cidre. V. nectar ex. 2.
Pomme à couteau. Pomme cultivée pour être consommée crue. Je greffai les pommiers pour obtenir plusieurs variétés de pommes à couteau (Debatisse,Révol. silenc., 1963, p.129).
En appos. Vert pomme. Il avait fallu passer pour lui de la pitié pour le mauvais habit vert pomme que tout le monde lui avait connu dans sa jeunesse, à l'envie pour ses chevaux normands (Stendhal,Rouge et Noir, 1830, p.142).
[La pomme entre dans de nombreuses préparations culinaires] Pommes au four; beignets, compote, gâteau, gelée de pommes; charlotte, chausson, tarte aux pommes; boudin aux pommes (à la compote de pommes). L'oncle Adolphe (...) a mangé silencieusement sa marmelade de pommes (Gyp,Souv. pte fille, 1928, p.199).
1. [La pomme est un symb. et l'objet de nombreuses allus. littér., hist., sc.]
a) [Allus. à l'Ancien Testament] Pomme (du paradis terrestre). Fruit de l'arbre défendu du paradis terrestre. L'amerture du pépin De la sombre pomme d'Ève (Hugo,Chans. rues et bois, 1865, p.41):
1. Si je vous dis: «Quoi! vous avez soutenu que vous reconnaissez comme dogme et article de foi le premier livre de la Genèse, avec sa côte, sa pomme et son serpent», vous me répondez: «Ce sont des symbolesVigny,Journal poète, 1862, p.1378.
P. métaph. Serais-je donc sans belles et folles amours? (...) Vivrais-je sans éprouver ces rages de coeur qui grandissent la puissance de l'homme? (...) Non! j'ai mordu la pomme parisienne de la civilisation (Balzac,Béatrix, 1839, p.118).À quarante ans, la femme et surtout celle qui a goûté à la pomme empoisonnée de la passion, éprouve un effroi solennel (Balzac,Pts bourg., 1850, p.67).
Croquer, cueillir la pomme. Se laisser séduire. Séduite un beau matin par le Serpent fait homme, Aux rameaux du Plaisir, Jeanne a cueilli la pomme (Rollinat,Névroses, 1883, p.171).
b) [Allus. myth.]
Pommes (du jardin des Hespérides). Pommes d'or qui étaient gardées par un dragon et qu'Hercule enleva. Ô belles plantes hespérides gardées par ces dragons immondes, ce n'est pas ma faute si je suis forcé d'accoler votre souvenir à celui de ces ignobles pourceaux dont le Majorquin est plus jaloux et plus fier que de vos fleurs embaumées et de vos pommes d'or (Sand,Hiver à Majorque, 1842, p.17).
Pomme de discorde*.
c) [Réf. littér. et hist.] Pomme (de Guillaume Tell):
2. gessler: (...) prépare-toi à tirer une pomme sur la tête de ton fils, mais je te le conseille, vise bien, car si tu n'atteins pas ou la pomme ou ton fils, tu périras. tell: Seigneur, quelle action monstrueuse me commandez-vous? qui! moi, lancer une flèche contre mon enfant! non, non, vous ne le voulez pas, Dieu vous en préserve! ce n'est pas sérieusement, seigneur, que vous exigez cela d'un père. Gessler: Tu tireras la pomme sur la tête de ton fils, je le demande et je le veux. Staël,Allemagne, t.3, 1810, p.11.
d) [Allus. sc.] La pomme de Newton (qui, en tombant de l'arbre, lui aurait fait découvrir les lois de l'attraction universelle). Tous les assistants étaient plongés dans le recueillement. L'un d'eux fut tout à coup distrait par les oscillations d'une lampe et cette circonstance vulgaire devint pour Galilée la pomme de Newton (Revue des Deux Mondes ds Lar. 19e).
2. [La pomme entre dans de nombreuses expr.]
Haut comme trois pommes. Tout petit. La tête tondue d'un petit chasseur de l'Impérial, haut comme trois pommes, surgit (Colette,Entrave, 1913, p.72).
Aux pommes (pop.). Excellent, parfait. Dans deux ou trois jours (...) i's [les Allemands] nous serviront un p'tit concert aux pommes (...) tu les entendras ronfler dans l'bois, les pruneaux! (Genevoix,Seuil guitounes, 1918, p.119).
Donner la pomme. Donner la prééminence, distinguer. Synon. donner la palme (v. palme1).Dans cette assemblée, c'est à elle que j'aurais donné la pomme (Ac.1835).
Être dans les pommes cuites. Être dans un état de fatigue, d'usure. Je compte encore livrer l'assaut à votre paresse et vous rendre plus jeune que moi. Ce ne sera pas beaucoup dire quant au physique; car je suis un peu dans les pommes cuites, comme vous verrez (Sand,Corresp., t.1, 1830, p.99).Jeter des pommes cuites à un acteur, le reconduire à coups de pommes cuites (vieilli). ,,Lui manifester violemment son mécontentement`` (Ac. 1935).
Tomber dans les pommes (fam.). S'évanouir. [Gowan Stevens] se bourre d'alcool comme un régiment de gentlemen, démolit sa bagnole, se ressoûle à mort et tombe dans les pommes (Camus,Requiem, 1956, 1repart., 2etabl., p.840).
B. − P. anal.
1. Production végétale dont la forme ressemble à celle de la pomme.
Pomme d'amour. V. amour VII C.
Rem. Pomme d'amour désigne aussi une pomme caramélisée, rouge et présentée au bout d'un bâtonnet de bois: Ils se sentaient la gorge aride et les yeux creux. Tant de trompettes glapissant aux lèvres d'enfants endimanchés, tant de pommes d'amour sucées au bout de leur petit bâton (Genevoix, Mains vides, 1928, p.56).
Pomme de cajou*.
Pomme de chêne. Synon. de noix de galle*.
Pomme d'églantier. ,,Excroissance velue produite sur les branches de l'églantier par la piqûre d'un insecte`` (Littré).
Pomme épineuse. Fruit du datura. Parmi les Solanées à capsules, (...) se trouve la Pomme épineuse (Plantefol,Bot. et biol. végét., t.2, 1931, p.424).
Pomme-grenade. Synon. de grenade1*.Non point la rose seulement, mais l'olivier, et la vigne, et la pomme-grenade! (Claudel,Tobie et Sara, 1940, iii, 2, p.1265).
Pomme de pin*.
Pomme de rose. Synon. de jambose. (Ds Lar. Lang. fr.).
Pomme de sauge. ,,Excroissance qui se trouve sur la sauge passifère et qui est le fruit de la piqûre d'un insecte`` (Littré).
Pomme de terre. V. ce mot.
2. Objet ou partie d'objet arrondi(e) en forme de pomme. Pomme de chenet(s), d'escalier, de lit; sceptre à pomme. Sa canne de jonc, à pomme d'argent, tremblait sous sa main entre ses cuisses creuses (A. France,Orme, 1897, p.189).L'escalier privé se perdait dans le noir. À peine pouvais-je distinguer la pomme de la rampe (Sartre,Nausée, 1938, p.99):
3. Est-il beau quand il dort! Prenez-lui donc la tête sur votre épaule, Madame Couture. Bah! il tombe sur celle de Mademoiselle Victorine: il y a un dieu pour les enfants. Encore un peu, il se fendait la tête sur la pomme de la chaise. Balzac,Goriot, 1835, p.206.
Pomme d'arrosoir. Partie mobile arrondie et percée de petits trous, s'ajustant au bec de l'arrosoir. La pluie monotone, infinie, qui tombait des pommes d'arrosoirs sur les plantes touffues (A. Daudet,Femmes d'artistes, 1874, p.46).
Pomme de douche. Partie arrondie et percée de petits trous, fixée sur le flexible de la douche. Des hampes calcinées au bout desquelles pendaient des feuilles noires et des disques de la forme des pommes de douche (Huysmans,Oblat, t.1, 1903, p.109).
Pomme de senteur. Petit récipient dans lequel on mettait autrefois des parfums. Eh bien, René, votre valet de chambre, ne peut-il préparer pour eux des pommes de senteur pareilles à celles que vous envoyâtes à Jeanne d'Albret, deux heures avant sa mort? (A. Dumas père, Henri III, 1829, i, 1, p.122).
Spécialement
ARCHIT. Motif de décoration en forme de pomme. (Dict.xxes.).
Pomme de pin. V. pin B 1 c.
BOT. Coeur d'un légume formé de feuilles serrées disposées en boule. Une pomme de choux, de laitue (Ac.).
MARINE
Pomme de mât. ,,Petit bloc en bois, de forme cylindrique, conique ou sphérique, ajusté à l'extrémité de la flèche d'un mât, ou au sommet d'un bâton de pavillon`` (Gruss 1952). Quant à ce dernier [un chien bulgare], il ronflait toutes les nuits auprès de son tonneau, la face aux étoiles, avec l'ombre des agrès qui lui marbraient la peau du ventre selon le roulis et l'ombre portée de la pomme du mât qui lui faisait comme un trou noir au beau milieu du visage (Cendrars,Bourlinguer, 1948, p.216).
Pomme de racage. ,,Boule de bois que l'on enfile sur les cordages dans le but de faciliter les déplacements des vergues le long du mât`` (Gruss 1952).
3. Pomme d'Adam*.
4. Populaire
a) Tête, figure; p.méton., personne. Si tu me fais appeler à ton bureau, où tu me défends toujours de mettre les pattes, je pense que c'est pas uniquement pour te rincer l'oeil de ma pomme? (Gyp,Cayenne, 1899, pp.43-44).Ma, ta, sa pomme. Moi, toi, lui, elle. T'en tires pas un croc pour ta pomme (Céline,Mort à crédit, 1936, p.685).Vous en faites pas, vous entendrez parler de ma pomme (Riv.-Car.1969).
Se sucer la pomme. ,,S'embrasser`` (Esn. 1965).
b) Personne naïve, crédule. Synon. cave (arg.), poire (pop.).C'est une vraie pomme! [À mon hôte clandestin: Recherché par la police] Je vais m'arranger pour pas rester plus longtemps chez toi. (...) − [Mon hôte à sa femme:] Tu l'entends, cette pomme, qui veut nous quitter[?] (Simonin,Touchez pas au grisbi, 1953, p.135).
Empl. adj. Je te parie qu'il en tient pour Catherine et qu'il pensait: «Faut-il que je sois pomme pour l'avoir fourrée dans les pattes de Nacrelle!» (H. Bazin,Lève-toi, 1952, p.169).
c) Expressions
Se payer la pomme de qqn. Se moquer de quelqu'un. Synon. se payer la tronche* de qqn.Omessa, qu'est un brave homme Qui n'aim' pas les quiproquos, Occit l'officier d'turcos Qui s'était payé sa pomme (E. Blévert,Chansons de faubourgds France1907).
En avoir gros sur la pomme. Être plein de dépit. Synon. en avoir gros sur la patate*.Je peux dire qu'elle était en rage... Elle en avait gros sur la pomme... Elle arrêtait plus de glapir (Céline,Mort à crédit, 1936, p.549).
REM.
Pommage, subst. masc.,agric., région. a) ,,Cru du cidre ou production de cidre en Normandie`` (Fén. 1970). Georges (...) me fit part de ses ambitions électorales, se plaignit du pommage de l'année (Coppée,Contes en prose, 1882, p.189).b) Nom qu'on donne en Normandie aux diverses variétés de pommiers. Un pommage précoce. (Dict. xixeet xxes.).
Prononc. et Orth.: [pɔm]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1100 «fruit du pommier» [ici, sert de symb.] (Roland, éd. J. Bédier, 386: En sa main tint [Roland] une vermeille pume: Tenez, bel sire, dist Rollant a sun uncle, De trestuz reis vos present les curunes); 1121-34 (Philippe de Thaon, Bestiaire, 1356 ds T.-L.); ca 1165 pumes sauvages (Guillaume d'Angleterre, éd. M. Wilmotte, 432); ca 1210 (Raoul de Houdenc, Méraugis, 5297 ds T.-L.: [Meraugis] ... si sains com une pome); 1225-30 (Guillaume de Lorris, Rose, éd. F. Lecoy, 802: Deduiz fu biaus e lonc e droiz...; la face avoit con une pome, Vermeille e blanche tot entor); ca 1270 (Richard le Beau, 169 ds T.-L.: ...Et la mamielle que ot dure Li sousliewe sa viestëure, Rëonde aussi con une pomme); 2. p.ext. a) ca 1200 pume de pin (Beuve de Hantone, I, 674, ibid.); ca 1256 poume de paradis «banane» (Régime du corps de Aldebrandin de Sienne, 99, 6, ibid.); id. pume citrine (id., 148, 20, ibid.); 1549 pomme d'amour (Est.); pome grenate; pome d'orange, v. grenade, orange; pomme de terre, v. ce mot; b) ca 1393 «coeur de chou disposé en boule» (Ménagier, II, 143 ds T.-L.); 3. fig. a) 1remoit. xiiies. allus. au fruit défendu du paradis terrestre dont la tradition a fait une pomme [Gen. III, 1-9] (Robert Grosseteste, Château d'Amour, éd. J. Murray, 120); 1355 (Miracles de N.-D., éd. G. Paris et U. Robert, XVI, 819); b) 1626 pomme de discorde, allus. à la pomme jetée par la Discorde parmi les déesses et que le berger Pâris dut attribuer à la plus belle (D'Aubigné, Hist. universelle, éd. Amsterdam, 1626, t.1-2, col. 1073). B. Nom donné à divers objets sphériques 1. a) 1260 «boule creuse de cuivre renfermant de la braise pour se chauffer les mains» (Album de Villard de Honnecourt, ms. Paris B.N. fr. 19093, 17d, éd. H. R. Hahnloser, p.45: pume de keuvre de .II. moities clozeice); b) 1269-78 pome d'ambre «objet, bijou en forme de pomme où l'on enfermait du parfum» (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 19002); c) 1694 pomme de pin «élément de décor» (Corneille t.2, p.256); 2. 1680 pomme d'arrosoir (Rich.); 3. 1730 mar. pommes de raque (Savary Suppl. d'apr. FEW t.9, p.156b; éd. 1741, t.3, col. 938); 1773 pomme de tournevire «gros bourrelet de fil fait sur le cordage de tournevire pour l'empêcher de riper ou de glisser sur le cabestan» (Bourdé de Villehuet, Manuel des marins, t.2, p.159). C. 1. av. 1519 «sein d'une femme» (Cl. Marot, Epistre de Maguelonne à P. de Prov., 43 ds OEuvres, éd. C. A. Mayer, t.3, p.116); 1640 pomme d'Adam (Oudin Curiositez, s.v. pomme). D. 1. 1867 pop. «tête» (Delvau); 1881 se sucer la pomme (lang. pop. d'apr. Esn.); 2. 1890 ma pomme «moi» (arg. des voyous, ibid.), v. Renson, pp.470-471; 3. 1895 empl. adj. pop. «sot» (Esn.). Du lat. poma, plur. neutre coll., pris comme subst. fém. sing., de pomum «fruit d'un arbre, fruit à pépins ou à noyau», qui, en lat. tardif (Italie du Nord, partie du domaine rhéto-rom. et majeure partie du domaine ibéro-rom.), a pris le sens de «pomme» (dep. Marcellus Empiricus, déb. ves.) entrant en concurrence avec le class. malum (sur les rapports entre les deux mots, v. FEW t.9, p.157b); pour le procédé de formation, cf. pêche (et esp. prisco, ibid., t.8, p.267b), poire* (et rhéto-rom. pair, per, ibid., t.8, p.576a), prune* (et calabrais prunu, ibid., t.9, p.496a). Pomum est demeuré au sens de «fruit» en roum., ital., a. cat., a. esp. (ibid., t.9, p.157b); dans le domaine gallo-rom., il est représenté par le subst. masc. a. fr. pon, pom (ca 1100 «pommeau de l'épée» Roland, 684; ca 1140 «boule en forme de pomme surmontant un toit, une tente» Voyage de Charlemagne, éd. G. Favati, 263; ca 1200 «pomme» Sermo de Sapientia ds Dialogue Grégoire, 295, 1 ds T.-L.; demeuré en pic. et en wallon; v. aussi pomeau) et l'a. prov. pom (ca 1180 «boule de métal surmontant une tente» Girart de Roussillon, éd. W.M. Hackett, 170 et 928, cf. fin xiies. Bertran de Born, éd. C. Appel, 28, 5; fin xiie-déb. xiiies. «pomme» Raimbaud de Vaqueiras ds Rayn., 1195-1200 Guiraud de Calançon, ibid.; ca 1330 «pommeau de l'épée» Pseudo-Turpin ds Levy Prov.).
STAT.Pomme et comp. (pomme de terre notamment). Fréq. abs. littér.: 2149. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1654, b) 3842; xxes.: a) 4368, b) 3041.
BBG.Boulan 1934, p.116. _ Dauzat Ling. fr. 1946, p.257. _ Lew. 1968, p.71. _ Lommatzsch (E.). Blumen und Früchte. Z. fr. Spr. Lit. 1966, t.76, pp.327-333. _ Quem. DDL t.6, 12.

Pomme : définition du Wiktionnaire

Nom commun

pomme \pɔm\ féminin

  1. Fruit comestible du pommier à la chair croquante et à la peau colorée et variée suivant les variétés. — Note : C’est un faux-fruit au sens botanique.
    • La pomme est un fruit charnu à 5 loges cartilagineuses, issues des 5 carpelles du pistil floral et contenant les pépins, anciens ovules fécondés et futures graines. — (Delahaye Thierry, Vin Pascal, Le Pommier, Actes Sud, Le Nom de l’arbre, 1997, page 33)
    • Comment se priver d’un fruit riche en vitamines, en sucres, en sels minéraux et en acides organiques… ? […] « Une pomme chaque jour éloigne le médecin ». — (Delahaye Thierry, Vin Pascal, Le Pommier, Actes Sud, Le Nom de l’arbre, 1997, page 63)
    • Un jour ils le mandèrent au salon et lui dirent, avec toute la douceur et la bienveillance possible, que la veille, dînant au château voisin, ils avaient mangé des pommes et des poires si parfumées, si savoureuses, si exquises, que tous les convives en avaient exprimé leur admiration. — (Hans Christian Andersen, Le Jardinier et ses maîtres)
    • Je vais m’étendre dans la prairie, sous un pommier aux pommes vertes et dures. Je peux dormir au-dessous d’elles, je peux les contempler sans crainte, et même sans l’appréhension d’avoir à inventer, l’une tombant, les lois du monde. — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
    • […] mais l’on n’était qu’en juin et, sauf pour les poires de moisson qui mûrissent en août, il fallait encore attendre longtemps avant de savourer concurremment les pommes du verger et la vengeance désirée. — (Louis Pergaud, Une revanche, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
  2. Tout objet en forme de pomme.
    1. Partie d’un arrosoir, souvent amovible, par laquelle l’eau s’échappe en pluie.
      • La pomme d’arrosoir.
    2. Partie d’une douche, percée et arrondie, fixée au bout d’un flexible de douche, pour se laver.
    3. (Architecture) Motif décoratif en forme de pomme.
    4. (Botanique) Cœur d’un chou, d’une laitue.
  3. Fruit de plusieurs végétaux.
    • Pomme de cajou, pomme épineuse.
  4. Fruit interdit du paradis terrestre.
    • Eve croqua la pomme.
    • Il faut avouer, que notre mère Ève était bien gourmande, d’avoir mangé de la pomme. — (Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, La Curiosité)
  5. (Cuisine) (Par ellipse) Pomme de terre.
    • Pommes frites.
  6. (Familier) Tête, visage d’une personne.
    • Il s’est bien payé ma pomme.
  7. (Familier) Par extension, accompagné d’un adjectif possessif : forme pronominale désignant la personne elle-même. Synonymes : moi (mézigue, bibi), toi, lui, etc.
    • Et tu sais qui a gagné au final ? Ma pomme !
    • OK, je veux bien écraser le champignon, mais les amendes ce sera pour ta pomme.
  8. (Familier) Personne naïve, dont on se moque facilement.
    • C’est la reine des pommes !
    • C'est le carreau-loupe qui vient de disparaître, hé, pomme ! — (Hervé Bazin, Cri de la chouette, Grasset, 1972, réédition Le Livre de Poche, page 222)
  9. (Figuré) Prix de beauté, par allusion au mythologique jugement de Pâris.
    • Elle mérite la pomme.
  10. (Canada) (Généralement péjoratif de la part des Amérindiens) Personne amérindienne acculturée par les Blancs.
    • Car bien que transplantée dans le terreau d'une famille ukrainienne aimante, Sandy n'en a pas moins, de sa jeunesse jusqu'à sa vie adulte, vécu cet héritage comme une malédiction la confinant à la haine de soi. Devenue une « pomme » au fil des ans, terme utilisé pour qualifier ces Amérindiens rouges à l'extérieur et blancs à l'intérieur, javellisés par la pression d'avoir à correspondre à la culture majoritaire, la journaliste, épaulée par son ami Kyle et le guide spirituel Joe Bush Sr., troquera sa pelure pour une peau d'ours, éminent symbole de sa reconversion. — (Nuit blanche, n° 152, automne 2018, page 48)
  11. Armoiries avec 3 pommes (sens héraldique)
    (Héraldique) (Rare) Meuble représentant un disque de couleur verte dans les armoiries. Il s’agit d’un ancien nom utilisé pour le tourteau de sinople. À rapprocher de besant, besant-tourteau, buse, gulpe, guse, heurte, œil de faucon, ogoesse, plate, somme, tourteau, tourteau-besant et volet.
    • D'argent à trois tourteaux de sinople (pommes) mal-ordonnés, qui est du Hundred Vemmenhög en Suède → voir illustration « armoiries avec 3 pommes »
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Pomme : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

POMME. n. f.
Fruit à pépin, de forme ronde et de saveur agréable. Pomme de reinette, d'api, de calville. Pomme pourrie. Pomme ridée. Pomme lapée. Pomme sauvage. Mordre dans une pomme. Compote de pommes. Gelée de pommes. Sucre de pommes. Pelure de pomme. Faire cuire des pommes. Des pommes cuites au four. Pomme à cidre, Pomme qui ne se mange ordinairement pas et dont on fait du cidre. Fig., La pomme d'Adam, La grosseur qui paraît au nœud de la gorge. Fig., Pomme de discorde, Sujet de division entre des personnes qui étaient bien ensemble. Cette succession a été la pomme de discorde, une pomme de discorde entre eux. Fig., Jeter des pommes cuites à un acteur, Le reconduire à coups de pommes cuites, Lui manifester violemment son mécontentement. Fig., Donner, décerner la pomme à une femme signifie, par allusion au mythologique jugement de Paris, Juger qu'elle l'emporte en beauté sur les autres femmes de la même assemblée, de la même société. Dans cette assemblée, c'est à elle que j'aurais donné la pomme. On dit dans le même sens Elle mérite la pomme, elle obtiendrait la pomme.

POMME se dit, par extension, de Diverses productions végétales de forme plus ou moins ronde : Pomme de pin, Le fruit que produit le pin, le sapin (voyez plus bas un autre sens). Pomme de chêne, ou Noix de galle, Excroissance en forme de boule, produite ordinairement sur les feuilles du chêne par la piqûre d'un insecte. Pomme d'églantier, Excroissance velue produite aussi, sur les branches du rosier sauvage, par la piqûre d'un insecte. Pomme de terre, Plante de la famille des Solanées, dont les racines sont garnies de tubercules comestibles, auxquels on donne le même nom. Pomme de terre rouge, jaune, violette. Pomme de terre de Hollande. Arracher des pommes de terre. Fécule de pommes de terre. Pommes de terre bouillies, sautées, à l'huile, à la maître d'hôtel, en purée. Pommes de terre frites ou, populairement, Pommes frites. Pomme d'amour. Voyez TOMATE.

POMME se dit aussi des Feuilles des choux et des laitues, lorsqu'elles sont encore compactes et ramassées. Une pomme de choux. Une pomme de laitue. Il se dit encore des Divers ornements de bois, de métal, etc., faits en forme de pomme ou de boule. Des pommes de lit. La pomme d'un chenet. La pomme d'une canne. Une canne à pomme d'or, à pomme d'ivoire. Pomme d'arrosoir, Sorte d'entonnoir fermé au gros bout par une plaque percée de petits trous permettant à l'eau de l'arrosoir de tomber en pluie; le petit bout s'adapte au tuyau de l'arrosoir. En termes d'Architecture, Pomme de pin, Ornement de sculpture qu'on place dans les angles des plafonds de corniche, ou au sommet des coupoles, etc. La pomme de pin du tombeau d'Adrien se voit encore au jardin du Belvédère, à Rome. En termes de Marine, La pomme d'un mât, Boule de bois, de forme aplatie, qui surmonte chaque mât d'un bâtiment.

Pomme : définition du Littré (1872-1877)

POMME (po-m') s. f.
  • 1Sorte de fruit à pepins, de forme ronde, bon à manger. Il [Escobar] ne dit pas qu'on peut tuer un homme Qui sans raison nous tient en altercas, Pour un fétu ou bien pour une pomme, Mais qu'on le peut pour quatre ou cinq ducats, La Fontaine, Ballade sur Escobar. C'est alors [par les casuistes] que l'on sut qu'on peut pour une pomme, Sans blesser la justice, assassiner un honme, Boileau, Sat. XI. Envoyer des nouvelles à Genève, c'est justement envoyer des pommes en Normandie, Bayle, Lett. p. 553, dans POUGENS.

    Pomme à cidre, pomme qu'on ne mange point et dont on fait du cidre.

    On les apaisera comme un enfant avec une pomme, se dit de ceux dont la colère s'apaise facilement.

    Il s'est donné à plus de diables qu'il n'y a de pommes en Normandie, se dit d'un homme qui a fait de grandes imprécations.

  • 2Les botanistes appellent pomme, un fruit charnu couronné par les lobes du calice, avec lequel l'ovaire était soudé, et renfermant plusieurs loges, formées par des valves membraneuses ou ligneuses
  • 3Sucre de pomme, voy. SUCRE.
  • 4Pomme tapée, pomme séchée au four.
  • 5Pomme cuite, pomme qui a été exposée au feu, et que la cuisson a rendue molle. Une nourriture simple, de pommes cuites, par exemple, vous ne seriez pas présentement tourmenté de la goutte, Lesage, Gil Blas, II, 2.

    Il lui a rendu, à coups de poing, la tête comme une pomme cuite, il lui a fait beaucoup de meurtrissures à la tête.

    Familièrement. Son petit visage de pomme cuite, son air mou, Rousseau, Conf. I.

    On l'abattrait à coups de pommes cuites, se dit d'une place faible, mal fortifiée. D'abord on a cru ici qu'il ne fallait que des pommes cuites pour ce siége, Sévigné, 170. Sur quoi M. Leti réfute fortement ceux qui s'imaginent qu'on peut renverser la France à coups de pommes cuites, et montre aux alliés qu'ils doivent faire de grands préparatifs pour réduire au bon pied cette formidable puissance, Bayle, Lett. 6 juin 1691.

  • 6Nom qu'on donne dans le style familier au fruit de l'arbre qui a causé le péché d'Adam dans le paradis terrestre. Toi… Qui, par l'éclat trompeur d'une funeste pomme Et tes mots ambigus, fis croire au premier homme…, Boileau, Sat. XI. Et vous, jardin de ce premier bonhomme, Jardin fameux par le diable et la pomme, Voltaire, le Mondain.
  • 7Par allusion à la Discorde qui jeta une pomme parmi les déesses en disant : à la plus belle. Pomme de discorde, chose contentieuse que plusieurs personnes veulent avoir. De ce qu'il avait jeté cette pomme de discorde parmi de telles concurrentes, Hamilton, Gramm. 7.

    Par allusion à la fable du berger Pâris qui fut chargé d'adjuger la pomme de la Discorde. Il n'est pas une cité Qui dispute sans folie, à Grenade la jolie La pomme de la beauté, Hugo, Orient. 31.

    Donner la pomme à une femme, juger qu'elle l'emporte en beauté sur les autres femmes de la même assemblée, de la même société.

    On dit dans le même sens : elle mérite la pomme, elle obtiendrait la pomme.

    Il a emporté la pomme, se dit de celui qui a emporté un prix, une chose contestée. Et je ne doute point… qu'à son jugement vous n'emportiez la pomme Des plus grandes beautés de Capoue ou de Rome, Mairet, Sophon. III, 2.

  • 8 Terme de mythologie. Les pommes du jardin des Hespérides, pommes d'or qui étaient gardées par un dragon et qu'Hercule enleva. Vos fruits [des orangers] aux écorces solides Sont un véritable trésor, Et le jardin des Hespérides N'avait point d'autres pommes d'or, La Fontaine, Psyché, I, p. 14. Homère fait un roman qu'il donne pour tel ; car personne ne doutait que Troie et Agamemnon n'avaient non plus été que la pomme d'or, Pascal, Pens. XIV, 6, éd. HAVET.
  • 9Pomme de pin, le fruit que produit le pin, le sapin. Ayant vu des paysannes mettre des pommes de pin dans leurs armoires, pour les garantir des teignes, il [Réaumur] trouva dans cette méthode l'idée excellente d'employer la térébenthine pour faire périr ces insectes, Sennebier, Art d'observ. t. II, p. 340, dans POUGENS.

    Pomme de pin, ornement de sculpture qu'on place dans les angles des plafonds de corniche, ou au sommet des coupoles.

  • 10Pomme d'amour, voyez TOMATE.

    Dans certaines localités, pomme d'amour désigne la baie d'un arbrisseau qu'on y nomme pommier d'amour, et qui est le solanum pseudo-capsicum, dit aussi amome des jardiniers, faux piment, morelle, cerisette, petit cerisier d'hiver, oranger du savetier.

  • 11Pomme épineuse, nom du fruit du datura stramonium, L.

    Pomme épineuse d'Égypte, nom vulgaire du datura fastueux dont le nom spécifique vient de l'ampleur de ses fleurs.

  • 12Pomme-figue, synonyme de sans-fleur.

    Pomme de chien, nom donné au fruit de la belladone mandragore.

  • 13Pomme de raquette, fruit du cactier en raquette.

    Pomme rose, fruit d'une espèce de citronnier.

    Pomme de paradis, banane.

  • 14Pomme de chêne ou noix de galle, voy. GALLE 1.

    Pomme d'églantier, excroissance velue produite sur les branches de l'églantier par la piqûre d'un insecte.

  • 15Pomme de sauge, excroissance qui se trouve sur la sauge pomifère, et qui est le produit de la piqûre d'un insecte, vraisemblablement un cynips.
  • 16Pomme de terre, plante dont les racines sont garnies de tubercules bons à manger, originaire des contrées centrales de l'Amérique, depuis la Caroline jusqu'au Chili, importée et cultivée en Europe depuis le XVIe siècle ; elle trouva peu d'accueil en France ; c'est Parmentier, d'où le nom de parmentière qu'elle a un moment porté, qui en généralisa chez nous la culture. Les pommes de terre seraient un luxe sur nos tables si nos champs n'en produisaient pas, et qu'il fallût les faire venir à grands frais de l'Amérique septentrionale, d'où elles viennent originairement, Condillac, Comment. gouvern. I, 27. Il établit dans sa terre la culture des pommes de terre, production inconnue en France dans sa jeunesse, Condorcet, Duhamel. Les pommes de terre qu'on destine pour la table doivent être mises dans une cuve ou dans un tonneau, avec des feuilles sèches de noyer ou de chêne, par couches alternatives, Genlis, Maison rustique, t. II, p. 462, dans POUGENS.

    Maladie de la pomme de terre, sorte d'affection qui atteint les pommes de terre encore dans le sol et qui les rend impropres à être mangées.

    Eau-de-vie de pommes de terre, eau-de-vie faite avec la pomme de terre.

  • 17Pomme d'Adam, nom vulgaire de la saillie formée par le cartilage thyréoïde à la partie antérieure du cou de l'homme.
  • 18Pomme se dit des feuilles des choux et des laitues, lorsqu'elles sont compactes et ramassées.
  • 19Ornement de bois, de métal, etc. fait en forme de pomme ou de boule.
  • 20Pomme d'arrosoir, sorte d'entonnoir fermé au gros bout par une plaque percée d'une grande quantité de petits trous pour laisser arriver l'eau en pluie sur la terre ; le petit bout s'adapte au goulot de l'arrosoir.
  • 21 Terme de marine. Sphère de bois, plus ou moins aplatie vers ses pôles, suivant l'usage auquel elle est destinée.

    Pomme d'un mât, sphère de bois extrêmement aplatie dont on couvre la tête d'un mât.

    Pomme de racage, sphère de bois, percée diamétralement d'un trou qui reçoit le bâtard du racage.

    Bourrelet fait d'une masse d'étoupe et de bitord, tournés autour d'un cordage et recouverts d'un travail fait en filet.

    Pommes gougées, pommes ayant une cannelure d'une certaine profondeur à leur circonférence équatoriale, et percées, d'un pôle à l'autre, d'un trou perpendiculaire à cette cannelure. Pomme gougée et cochée, pomme portant une cannelure perpendiculaire à la première, et faite de telle sorte qu'elle embrasse en partie un cordage auquel on veut faire adhérer cette sphère. La pomme gougée, comme la pomme cochée, sert au passage d'une manœuvre courante.

  • 22 Terme de serrurier. Râteau en pomme, celui qui porte de petites pommes au bout de ses tiges.
  • 23Pomme de mer, nom vulgaire des oursins.

HISTORIQUE

XIe s. En sa main [il] tint une vermeille pume, Ch. de Rol. XXVIII.

XIIIe s. De le [la] navée de puns, [on payera] une coupe [sorte de mesure] de puns, Tailliar, Recueil, p. 475. Blancheflur traïrai [j'empoisonnerai] en pomme ou en cerise, Berte, LXXVI. La face avoit [Déduit] cum une pomme, Vermoille et blanche tout entour, la Rose, 808. Et s'en entrent dans le cuer [chœur] o ses barons qui portent sa corone et la pome, Ass. de J. I, 30.

XIVe s. Pommes de chou, Ménagier, II, 5. Une pomme d'argent à chauffer mains en hiver, De Laborde, Émaux, p. 456.

XVe s. Une pomme de cristal ronde à refroidir mains, De Laborde, ib. p. 455. Si n'osera nullement Choses celestiaument Comparer ne que une pomme, Deschamps, Poésies mss. f° 82.

XVIe s. Il prenoit son passe-temps à leur jouer plusieurs tours, qui estoient (comme on dit en proverbe) jeux de pommes, c'est à dire jeux qui plaisent à ceux qui les font, Despériers, Contes, CXII. M. le connestable, qui estoit un grand capitaine, disoit qu'il ne vouloit que des pommes cuites pour les abattre [les murs], Lanoue, 580. Le patient usera aussi de quelque pomme aromatique [boule parfumée], Paré, IX, 13. Ayant odoré une pomme de senteur envenimée, subit le visage luy enfla…, Paré, XXIII, 10. La pomme de l'artichau excede en bonté celle de la carde, Paré, 518. Les pommes d'amour, de merveille, et dorées, demandent commun terroir et traittement, comme aussi communement servent-elles à couvrir cabinets et tonnelles, De Serres, 563. Entendans parler en cest endroit des pommes vulgaires, laisserons les pommes de coin, les pommes de grenade, d'orange, de pin, et autres portans ce titre, pour estre remarquées à leurs speciales appelations, De Serres, 685. Les noms suivans. comme les plus remarquables de ce siecle et en ces climats-ci, nous serviront de guide, la melle ou pomme-appie, ainsi ditte de Claudius Appius qui du Peloponese l'apporta à Rome, la roze, le court-pendu, la reinette, le blanc-dureau, la passe-pomme, la pomme-de-paradis, la pomme-de-curtin, de rougelet, de rambure, de chastinier… s'en treuvent… des noires, comme la pomme de caluau, noir en l'escorce, blanc en la chair… Il y a peu de pommes d'esté, ne s'en recognoissant guere plus que de deux especes, l'une est la petite pomme saint-jan, meure environ le commencement de juillet, l'autre est du mois d'aoust, ditte de grillot, De Serres, 685. Le suc des pommes de chesne, non du tout meures, De Serres, 967. Ce grand capitaine se resolut à la fin de mordre à la pomme de ceste ligue, Brantôme, Pescayre. Proposa de se faire aimer par force et contre nature, par le moyen d'un philtre ou poison amatoire, qu'il composa en une pomme de Venus, appellée vulgairement pomme d'amours ou pomme folle, Alector, roman, p. 26, dans LACURNE. Trois pommes rondes, d'or, à mectre senteurs, en chascune desquelles y a ung myrouer et ung caderan, De Laborde, Émaux, p. 456.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

POMME. - ÉTYM. Ajoutez : Le bas-latin pomum au sens de pomme est dans un texte du Xe siècle, Boucherie, Rev. des langues romanes, t. VI, p. 459.

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Pomme : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

POMME, s. f. (Jardin.) fruit à pepin très-connu, que produit le pommier. Les pommes sont rondes ou oblongues, & elles sont attachées à l’arbre par une queue qui est très-courte ; elles varient pour la grosseur, la couleur & le goût, selon les différentes espepeces de pommier. On les distingue en pommes d’été & pommes d’hiver ; ces dernieres durent si long-tems, qu’il y en a de plusieurs sortes qui peuvent se conserver pendant deux ans. On divise aussi ces fruits par leurs bonnes, médiocres ou mauvaises qualités, & ces dernieres font le plus grand nombre. On en compte environ douze sortes des meilleures, & peut-être quinze des médiocres. On fait aussi une différence des pommes qui sont bonnes à cuire & à faire des compotes ; à cet égard la reinette l’emporte sur toutes les autres. Il y a aussi des especes de pommes cultivées qui sont douçâtres jusqu’à être fades, & d’autres qui sont âpres, aigres & austeres, que l’on nomme pommes sûres, & que l’on cultive aussi malgré leur goût détestable ; mais ces mauvais fruits servent à faire le cidre. On peut faire avec les pommes sauvages d’assez bon vinaigre qui se garde long-tems. Enfin les pommes de bonne qualité sont fort saines lorsqu’elles sont cuites, & on fait un sirop de ces fruits qui est de quelqu’usage en Médecine. Voyez le mot Pommier.

Pomme, (Diete, Pharmac. & Mat. méd.) fruit du pommier, & l’un des plus communs de tous ceux dont nous usons à titre d’aliment.

Les pommes & principalement les pommes crues, sont un des fruits dont les auteurs de Médecine ont dit le plus de mal. Hippocrate, Galien, les plus célebres d’entre les Arabes, les auteurs de l’école de Salerne, les anciens commentateurs de cet ouvrage, & plusieurs auteurs de Médecine plus modernes en ont représenté l’usage comme peu salutaire, & même dangereux, comme capable d’engendrer des vents & de la bile noire ; de produire la fievre, la dyssenterie, des vertiges, des palpitations, la pierre des reins, de faire perdre la mémoire, d’affoiblir la vue, &c. L’expérience réitérée, journaliere, constante, prouve que ce sont-là des imputations vagues, gratuites, fausses. Les pommes même crues, mangées modérément lorsqu’elles sont bien mûres & saines, sont un aliment indifférent dans la plûpart des cas pour tous les sujets sains, & un aliment très-salutaire pour toutes les personnes qui se trouvent, soit habituellement, soit par accident échauffées, pressées d’une soif opiniâtre, tourmentées de rapports nidoreux, semi-putrides, qui sont sujettes aux coliques bilieuses, aux digestions fongueuses, &c. C’est une très-bonne ressource contre le mauvais état de l’estomac qui suit l’ivresse & la gloutonnerie, hesternam crapulam, que de manger quelques pommes crues. Les ivrognes prétendent de plus que ce secours les préserve de l’ivresse, & même qu’il la dissipe.

Les meilleures pommes sont celles qui sont douces, aigrelettes, & bien parfumées ; telles que la pomme de reinette, & le calville blanc. La chair de la pomme d’api est peut-être un peu trop dure, & souvent indigeste par cette qualité.

Les pommes crues doivent être cependant interdites aux estomacs foibles, & qui refusent les crudités ; car il est vrai que la pomme doit être regardée, par la fermeté de sa chair, comme étant, pour ainsi dire, éminemment crue, ægrè domabilis. L’expérience confirme cette observation. L’excès des pommes donne de véritables indigestions. Voyez Indigestion. On les rend presqu’entieres, & avec des tranchées très vives ; au lieu que les figues, le raisin, la pêche, &c. mangés avec le même excès, ne donnent que le devoiement simple, ou, ce qui est la même chose, ne font que purger. On peut observer facilement cette différence chez les enfans qui sont fort sujets à ces sortes d’incommodités par l’usage immodéré des divers fruits.

Les pommes cuites, soit à la maniere la plus vulgaire, en les exposant devant le feu, ou bien en les mettant au four, soit avec le sucre, sous forme de compote ou de marmelade, soit enfin leur décoction épaissie avec du sucre en consistance de gelée ; toutes ces préparations, dis-je, & sur-tout les plus simples, les pommes cuites devant le feu ou au four, fournissent un aliment léger, & aussi salutaire qu’agréable, tant pour les personnes en santé, que pour les convalescens, & tous ceux qui ont besoin d’une nourriture bienfaisante, légere, & qui en même tems lâche doucement le ventre. Outre cette derniere propriété légerement medicamenteuse, qui est fort évidente, on les regarde encore comme douées d’une vertu pectorale, ou bechique adoucissante, qui n’est pas à beaucoup près aussi manifeste. Cependant les pommes cuites sont d’un fort bon usage dans les rhumes, à quelque titre que ce soit, aussi-bien que la tisane qu’on prépare avec leur suc ou leur décoction, & à laquelle on ajoute communément le chiendent & les fruits doux, comme jujubes, dates, raisins secs, &c. On fait entrer souvent aussi la pomme dans les tisanes ordinaires & domestiques que l’on fait boire aux malades dans les maladies aiguës ; & c’est un de ces ingrédiens indifférens qui conviennent très-bien par cela même à ce genre de boisson. Voyez Tisane.

La pomme ne se cuit point par la friture dans les beignets, on doit donc en estimer les qualités dans cette préparation sur le pié des pommes crues.

Les pommes cuites réduites en pulpe, ou sous forme de cataplasme, sont encore un bon remede extérieur, capable de ramollir & de calmer la douleur, lorsqu’on l’applique sur les tumeurs inflammatoires, résistantes & douloureuses. Cette application est surtout très bonne dans l’ophtalmie recente, & accompagnée de beaucoup de douleur, & sur-tout lorsque cette maladie est principalement palpébrale. On emploie aussi à ce dernier usage la pomme pourrie ; mais il paroît que la pulpe cuite d’une pomme saine & bien mûre vaut mieux.

On prépare avec le suc de pommes un sirop simple, qui doit être rangé avec ceux qui sont purement agréables. On ne lui connoît point d’autre qualité bien réelle.

La pomme donne aussi son nom à plusieurs sirops médicamenteux composés, entre lesquels celui qui est appellé sirop de pommes du roi Sapor, est le plus célebre. En voici la préparation, selon la pharmacopée de Paris, qui est réformée, c’est-à-dire, différente à plusieurs égards de celle des vieux dispensaires.

Sirop de pommes composé, ou du roi Sapor. Prenez séné mondé, demi-livre ; semences de fenouil, une once ; clous de girofle, un gros : faites infuser pendant un jour, dans quatre livres de suc de pommes de reinette, trois livres de suc de bourrache, & autant de suc de buglosse ; faites bouillir légerement ; après l’infusion prescrite, passez & exprimez ; faites bouillir de nouveau le marc dans s. q. d’eau, passez encore avec expression ; mêlez les deux colatures ; &, avec quatre livres de sucre, clarifiez & cuisez en consistance de sirop.

On peut, ce me semble, faire sur la préparation de ce sirop, d’après les bonnes regles de l’art, les observations suivantes. 1°. Ces regles déclarent vaine & puérile la longue infusion du séné demandée, au lieu de sa décoction longue ou courte, puisque c’est sans doute une vue très-illusoire que de ménager des principes volatils, en les faisant passer par le moyen de l’infusion, dans une liqueur que l’on expose ensuite à une très-longue décoction, telle qu’elle est nécessaire pour réduire environ douze livres de liqueur en consistance de sirop avec quatre livres de sucre ; car pour obtenir cette consistance, il faut dissiper par une forte ébullition neuf à dix livres de liqueur.

Secondement, la nouvelle décoction du marc de la premiere expression paroîtra au-moins une manœuvre fort singuliere à ceux qui remarqueront que c’est un second extrait du séné, de girofle & de semences de fenouil que l’on obtient par cette seconde décoction, & qui sauront qu’il est bien connu en Chimie, que ces seconds extraits sont en général plus austeres, plus terreux, moins salins, moins médicamenteux que ceux qu’on obtient par une premiere décoction ; que celui du séné en particulier est à peu-près sans vertu médicamenteuse, & qu’il est plutôt âcre, tormineux, que purgatif ; que l’usage constant de ne faire bouillir le séné que très-légerement, ou même de n’en faire que l’infusion, paroît fondé sur des observations constantes, &c. & enfin que cette nouvelle décoction, ne fit-elle que multiplier inutilement le volume d’eau à dissiper par la suite, seroit un péché pharmaceutique grave.

On pourroit encore se recrier sur les longues décoctions des aromates employés à titre de correctifs, d’après les idées des anciens. Voyez Correctif ; & observer que Lémeri a mieux fait de substituer à cette inutile décoction du girofle & des semences de fenouil, l’infusion du safran dans le sirop tout fait & encore chaud. Un nouet de girofle pilé introduit dans le même tems de la préparation, l’aromatiseroit aussi très-bien.

Le sirop de pomme composé est un léger purgatif, qui contient par once l’extrait d’un peu moins d’un gros de séné. On l’ordonne assez souvent dans les potions purgatives.

La pharmacopée de Paris fait son sirop de pommes helléborisé en décuisant le précedent avec une infusion d’hellébore noir, & cuisant de nouveau la liqueur en consistance de sirop, qu’elle aromatise avec le safran.

Ce sirop, qui est peu d’usage, est recommandé pour purger les mélancholiques & les foux ; contre les obstructions de la rate, du pancréas, du mesentere, & pour exciter les regles. La dose en est depuis demi-once jusqu’à une once.

On fait entrer les pommes dans la composition de plusieurs onguens, auxquels elles ont donné le nom de pommade. Ce nom est devenu ensuite générique, & synonyme de celui d’onguent, soit qu’il entrât des pommes dans leur composition, ou qu’il n’y en entrât point. Pommade est le nom honnête des onguens ; & ce dernier est devenu, pour ainsi dire, obscene, ou, si l’on veut, burlesque même dans la bouche des gens de l’art.

La pulpe de pomme entre dans la pommade blanche & dans la pommade rouge des boutiques ; entre, c’est-à-dire, est demandée dans les dispensaires. Le sirop de pomme composé entre dans les pilules aloétiques émollientes, & dans l’opiate mesentérique. (b)

Pomme d’Adam, (Botan.) pommum Adami, nom donné par quelques botanistes au limon fructu aurantii de Ferrarius, Hesper. 313. Voyez Orange & Limon, ou Citron

Pommes d’amour, (Jardinage.) lycopersicon, est une des plantes des plus hautes que nous ayons dans les jardins, & on la soutient avec des baguettes. Sa tige se partage en plusieurs rameaux garnis tout du long de feuilles découpées, dentelées, & de couleur d’un verd pâle. Des fleurs jaunes naissent entre les feuilles par bouquets le long de ces rameaux, & en forme de rosette. Ses fruits forment de petites pommes rondes, de couleur d’un jaune rougeâtre, renfermant la graine.

Cette fleur robuste est d’une culture fort aisée, se seme en pleine terre, & veut être souvent arrosée.

Pomme d’amour, voyez plus bas Pomme dorée.

Pomme de canelle. (Botan.) cachiment espagnol, fruit d’Amérique très-commun aux îles Antilles ; il est plus gros que le poing, presque rond, & couvert de tubercules qui lui donnent extérieurement quelque ressemblance avec la pomme de pin ; sa peau est moyennement épaisse, flexible & d’une couleur verte tirant sur le jaune lorsque le fruit est mûr ; l’intérieur renferme une substance blanche, presqu’en bouillie, dont le goût approche de celui d’une crême cuite très-sucrée, & parfumée d’une petite odeur d’ambre & de cannelle fort agréable. Cette pomme contient plusieurs semences longuettes, assez dures, & ressemblantes à des petits haricots bruns ; guanabanus fructu aureo, & molliter aculeato. Voyez les différentes especes de cachiment dans l’ouvrage du P. Plumier, minime.

Pomme dorée, ou pomme d’amour, (Botan.) ce sont deux noms vulgaires de la plante, qui a été mise par la plûpart des botanistes entre les especes de solanum ; mais Tournefort en a fait un genre différent, sous le nom de lycopersicon, parce que son fruit est partagé en plusieurs loges, & que celui du solanum ne l’est pas. Voyez Lycopersicon. (D. J.)

Pomme épineuse, stramonium, genre de plante à fleur monopétale, en forme d’entonnoir, & profondement découpée. Le pistil sort du calice, il est attaché comme un clou à la partie inférieure de la fleur, & il devient dans la suite un fruit le plus souvent arrondi, & souvent garni de piquans, qui est divisé en quatre loges par une cloison en forme de croix ; ces loges ont chacune un placenta, & plusieurs semences qui y sont attachées : ses semences ont ordinairement la forme d’un rein. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante.

Pomme épineuse, (Botan.) voyez Stramonium.

Pomme épineuse, (Médec.) noix metel, herbe aux sorciers, herbe du diable, &c. toute cette plante est absolument venéneuse dans l’usage intérieur, & de l’ordre des poisons stupéfians, enivrans, causant des vertiges, le délire, &c. Voyez Poison. Quant à son usage extérieur, on se sert assez fréquemment des feuilles de cette plante réduite sous forme de cataplasme, ou bien sous celle d’onguent, étant convenablement pilée avec du sain-doux, contre la brûlure, les hémorrhoïdes & les tumeurs inflammatoires très douloureuses. On emploie presque indifféremment dans ces cas les feuilles de pomme épineuse, ou celles des morelles. Voyez les articles Morelle. (b)

Pomme de merveille, momordica, genre de plante dont les fleurs sont monopétales, en forme de cloche ouverte, & découpées ordinairement de façon qu’elles paroissent être composées de cinq pétales. Il y a de ces fleurs qui sont stériles, & qui n’ont point d’embryon ; les autres sont placées sur un embryon qui devient dans la suite un fruit dont la forme approche plus ou moins de celle d’une poire ; il est creux, charnu ; il s’ouvre par une force élastique, & jette au-dehors ses semences qui sont couvertes d’une coëffe ou d’une enveloppe applatie & ordinairement crénelée. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante.

Pomme de merveille, (Botaniq.) voyez Momordica.

Pomme de merveille, (Mat. méd.) balsamine mâle ou rampante. C’est de la haute opinion que les Pharmacolistes ont eue de la vertu vulnéraire balsamique de cette plante, que lui est venu le nom de balsamine, c’est-à-dire balsamique par excellence. Ce n’est cependant que son fruit dont on fait usage ; on ne l’emploie que sous une seule forme, & pour l’extérieur seulement : ce remede extérieur unique est une huile par infusion & par décoction préparée avec le fruit mûr & mondé de ses semences. Cette huile est fort vantée dans les livres, dans la piqûure des tendons, où il est clair qu’elle ne vaut rien ; & pour les hémorrhoïdes, les gersures des mamelles, les engelures, la brûlure, la chûte du fondement, &c. & encore donnée en lavement dans l’accouchement difficile, les coliques intestinales, violentes, &c. tous usages dans lesquels on peut mettre raisonnablement les succès, s’ils sont réels, sur le compte de l’huile comme telle. (b)

Pomme de terre, (Botan.) racine tubéreuse, oblongue, inégalé, quelquefois grosse comme le poing, couverte d’une écorce brune ou rouge, ou noirâtre, blanche en-dedans & bonne à manger ; C’est la racine de l’espece de solanum, nommée solanum tuberosum esculentum. C. B. P. 167. I. R. H. 149. Ray, Hist. 675.

Cette plante pousse une tige à la hauteur de deux ou trois piés, & même plus dans les pays chauds, grosse comme le pouce, velue, tachetée de petits points rougeâtres, creuse, cannelée, rameuse, pleine de suc. Ses feuilles sont rangées par paires le long d’une côte, velues, sans queues, entre-mêlées çà & là d’autres petites feuilles arrondies. Ses fleurs sont des rosettes découpées en cinq pointes, soutenues par un calice verdâtre, blanches, avec cinq étamines à fleurs jaunes dans leur milieu ; quand ces fleurs sont passées, il leur succede des fruits ronds, d’un rouge brun dans leur maturité, & plein de suc. Ils contiennent plusieurs semences menues & arrondies, semblables à celles de la morelle ordinaire.

Cette plante, dont la tige périt tous les ans, a été d’abord apportée de Virginie en Angleterre, d’où elle a passé dans les autres contrées de l’Europe. Elle se multiplie considérablement ; & c’est la seule espece de solanum dont l’usage intérieur soit sans mauvais effet.

Plusieurs Indiens, au rapport d’Acosta, vivent de la racine de cette plante qu’ils font cuire, & qu’ils assaisonnent à leur maniere ; lorsqu’ils la veulent conserver du tems, ils la coupent par tranches & la font sécher au soleil. Les Européens la cuisent sous la cendre, en ôtent ensuite la peau & l’assaisonnent ; son goût naturel approche de celui du panais. (D. J.)

Pomme de terre, Topinambour, Batate, Truffe blanche, Truffe rouge, (Diete.) cette plante qui nous a été apportée de la Virginie est cultivée en beaucoup de contrées de l’Europe ; & notamment dans plusieurs provinces du royaume, comme en Lorraine, en Alsace, dans le Lyonnois, le Vivarais, le Dauphiné, &c. Le peuple de ces pays, & sur-tout les paysans, font leur nourriture la plus ordinaire de la racine de cette plante pendant une bonne partie de l’année. Ils la font cuire à l’eau, au four, sous la cendre, & ils en préparent plusieurs ragoûts grossiers ou champêtres. Les personnes un peu aisées l’accommodent avec du beurre, la mangent avec de la viande, en font des especes de beignets, &c. Cette racine, de quelque maniere qu’on l’apprête, est fade & farineuse. Elle ne sauroit être comptée parmi les alimens agréables ; mais elle fournit un aliment abondant & assez salutaire aux hommes, qui ne demandent qu’à se sustenter. On reproche avec raison à la pomme de terre d’être venteuse ; mais qu’est-ce que des vents pour les organes vigoureux des paysans & des manœuvres ? (b)

Pomme d’Adam, en terme d’Anatomie, c’est une protubérance dans la partie antérieure de la gorge. Voyez Gorge.

Quelques-uns croient, par une imagination fort étrange, qu’elle a été ainsi appellée d’un morceau du fruit défendu que mangea Adam, & qui s’arrêtant en cet endroit, occasionna cette protubérance.

Mais ce n’est réellement que la partie convexe du premier cartilage du larynx, appellé scutiforme. Voyez Larynx & Scutiforme.

Pommes-de-pin, (Littérat.) elles étoient employées non-seulement dans les mysteres de Cybele, mais encore dans ceux de Bacchus, dans ses sacrifices, dans les orgies, & dans les pompes ou processions. On offroit même des sacrifices de pommes de pin, & on en voyoit souvent sur les autels de Cybele, de Bacchus & d’Esculape. (D. J.)

Pomme-de-pin, terme d’Architecture, est un ornement de sculpture, qui se met dans les angles du plafond de la corniche ionique de Vignole avec des denticules, ou sur les vases d’amortissemens, &c.

Pomme d’ambre, (Parfum.) on fait les pommes d’ambre avec des poudres odoriférantes, auxquelles on joint des huiles essentielles qu’on reçoit dans de la cire, du storax liquide, ou du mucilage de gomme adraganth, avec un peu de térébenthine pour les rendre ténaces au besoin ; ensuite, en les humectant de quelque liqueur convenable, on leur donne telle figure & telle grandeur qu’on juge à propos. On y mêle aussi quelquefois de l’ambre, dont elles ont pris leur nom. Cette espece de parfum n’est plus d’usage. (D. J.)

Pommes, (Marine.) ce sont certains ornemens faits comme de grosses boules de bois qu’on met sur mer aux flammes, aux girouettes & aux pavillons.

Pommes de flammes. Ce sont des manieres de pommes de bois que l’on tourne en rond ou en cul-de-lampe, & qui se mettent à chaque bout de bâton de la flamme.

Pommes de girouettes. Les pommes de girouettes sont en cul-de-lampe : on les met au haut des fers des girouettes, pour les empêcher de sortir de leur place. L’an 1666, l’électeur de Brandebourg, le prince d’Orange, & plusieurs autres princes & grands seigneurs étant allés visiter l’armée navale de Hollande, il y eut un matelot qui, pour les divertir, monta à la girouette du grand mât, & se mit sur la pomme la tête en-bas & les deux piés en l’air.

Pomme de pavillon. Les pommes de pavillon se mettent sur le haut du bâton de pavillon & d’enseigne, & sont tournées rondes & plates. Les pommes de pavillon du grand mât & celle d’enseigne, ou du pavillon de l’arriere, doivent avoir de diametre un pouce par chaque deux piés de la largeur du bâtiment.

Pommes de raque, voyez Raque.

Pomme, (Critique sacrée.) ce mot, dans l’Ecriture, s’étend à toutes sortes de fruits d’arbres bons à manger. Elles mangerent tout ce qui se trouva de fruits sur les arbres, quidquid pomorum in arboribus fuit, Exod. x. 15. Moïse, dans la bénédiction qu’il donne à la tribu de Joseph, lui souhaite poma cæli, solis, lunæ ac collium æternorum, Deuter. xxxiij. 14. c’est-à-dire les fruits qui croissent par les influences du ciel, par la chaleur du soleil & l’humidité de la lune, & qui viennent sur les montagnes & les collines : façon de parler orientale, qui désigne toutes sortes de prospérités. Le psalmiste se plaint de ce que les ennemis ont réduit Jérusalem, in pomorum custodiam, Ps. lxxviij. 1. c’est-à-dire, en un désert, en une cabane de sentinelle qui garde les fruits. Des vaisseaux chargés de toutes sortes de fruits sont nommés naves poma portantes, Ps. xxxj. 26. (D. J.)

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Étymologie de « pomme »

Étymologie de pomme - Littré

Berry, poume ; picard, peime ; prov. pom, s. m. et poma, s. f. ; esp. et ital. pomo ; du lat. pomum, fruit à pepin ou à noyau.

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Étymologie de pomme - Wiktionnaire

(XIIe siècle) Du moyen français pomme[1], de l’ancien français pome, pume[2], du bas latin poma (« fruit du pommier »), du latin poma, pluriel neutre de pomum (« fruit [à pépin ou noyau] »), dont le sens dérive en « fruit du pommier » en bas latin en Gaule et dans le nord de l’Italie et qui remplace le latin classique mālum (« fruit du pommier »)[3]. Cognat du catalan poma (« pomme »).
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Phonétique du mot « pomme »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pomme pɔm play_arrow

Citations contenant le mot « pomme »

  • Un orteil ? Non, une pomme de terre. C’est la conclusion à laquelle a abouti la police britannique après avoir mobilisé de grands moyens, alertée par une promeneuse qui pensait avoir trouvé des restes humains. Journal L'Union, Des restes humains? Non, une pomme de terre, conclut la police britannique
  • Tout vient à point à qui sait attendre. Après six mois d’attente, les producteurs de pommes de terre vont enfin pouvoir être indemnisés « pour compenser les pertes résultant de l’évacuation des pommes de terres non transformées vers d’autres débouchés, dans le contexte de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 ». C’est ce qu’indique FranceAgrimer sur son site internet. Terres et Territoires, Pomme de terre : l'aide "Covid" enfin ouverte - Terres et Territoires
  • Des millions de gens ont vu tomber une pomme, Newton est le seul qui se soit demandé pourquoi. De Bernard Baruch
  • Si tu as une pomme, que j’ai une pomme, et que l’on échange nos pommes, nous aurons chacun une pomme. Mais si tu as une idée, que j’ai une idée et que l’on échange nos idées, nous aurons chacun deux idées. De George Bernard Shaw
  • Mettez un enfant dans un berceau avec une pomme et un lapin. S'il mange le lapin et joue avec la pomme, je vous achète une voiture neuve ! De Harvey Diamond
  • Une pomme par jour éloigne le médecin, pourvu que l'on vise bien. De Winston Churchill
  • Chaque pomme est une fleur qui a connu l'amour. De Félix Leclerc / Le Calepin d'un flâneur
  • Pour être ridée, une bonne pomme ne perd pas sa bonne odeur. De Proverbe breton
  • Quand vous avez très faim, une pomme de terre n’a pas de peau. De Proverbe créole
  • La pomme de terre, le légume de la cabane et du château. De Louis de Cussy
  • Il suffit d'une pomme pourrie pour gâter tout le tas. De Michel de Northgate / Ayenbite of Inwist
  • Idée de génie : mettre la pomme de Newton dans la brouette de Pascal. De Roland Bacri
  • L'univers est résumé dans un trognon de pomme. De Marc Gendron / Titre à suivre
  • Une pierre donnée par un ami est une pomme. De Proverbe marocain
  • Une pomme par jour éloigne le médecin. De Proverbe anglais
  • La pomme est pour le vieux singe. De Proverbe français
  • Il y a peu à choisir entre des pommes pourries. William Shakespeare, La Mégère apprivoisée, I, 1, Hortensio The Taming of the Shrew, I, 1, Hortensio
  • Pour une année où il y a des pommes, n'y a pas de pommes ; mais pour une année où n'y a pas de pommes, y a des pommes. Adolphe Philippe, dit Dennery puis dit d'EnneryAnicet Bourgeois, La Fille du paysan

Traductions du mot « pomme »

Langue Traduction
Corse apple
Basque sagarra
Japonais 林檎
Russe яблоко
Portugais maçã
Arabe تفاحة
Chinois 苹果
Allemand apfel
Italien mela
Espagnol manzana
Anglais apple
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Synonymes de « pomme »

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